IndonésieHistoire
Les années 1950 sont marquées nombreuses rébellions séparatistes ("Darul Islam" pour la création d'un Etat islamique en Indonésie, "République des Moluques du Sud", mouvements du Permesta dans le nord de Célèbes et du PRRI à Sumatra Ouest). En 1955 se tiennent les premières élections parlementaires. En 1957, Soekarno dissout l'assemblée constituante issue des élections de 1955 et établit la "démocratie dirigée".
En 1955 se tient la conférence de Bandung. L'Indonésie est un des plus fervents défenseurs du principe de non-alignement et d'indépendance du Tiers-Monde. Toutefois, le pays se rapproche du camp socialiste.
Dans les années 1960, les tensions montent dans la population, et plus encore dans l'armée entre conservateurs et pro-communistes. Lors du "mouvement du 30 septembre 1965", six généraux accusés par des officiers de gauche de fomenter un coup d'état contre Soekarno sont tués. Le général Soeharto organise la répression et ordonne la dissolution du Parti communiste indonésien (PKI), que l'armée accuse d'avoir organisé le coup. On estime qu'entre 500 000 et 1 million le nombre de victimes des massacres qui s'ensuivent. En mars 1966, Soeharto force Soekarno à lui transférer le pouvoir.
Pendant les trente années suivantes, Soeharto exerce un pouvoir autoritaire. L'Indonésie s'ouvre à l'investissement étranger, qui reste en fait limité au secteur pétrolier. Le pays connait une relative stabilité politique et amorce un développement économique, d'abord grâce aux revenus du pétrole puis, avec la chute du prix du brut en 1986, grâce à une politique de libéralisation qui provoque un essor de l'investissement étranger.
En avril 1997, la chute de la bourse de Bangkok en Thaïlande déclenche la crise financière asiatique. L'Indonésie entre dans une grave crise économique qui provoque des mouvements de protestation dans tout le pays et mènent aux émeutes de Jakarta de mai 1998 et à la démission de Soeharto. Son vice-président, B. J. Habibie, devient président.
En 1999 se tiennent les premières élections démocratiques depuis 1955. Abdurrahman Wahid, surnommé "Gus Dur", est nommé président. Il est destitué en 2001. Sa vice-présidente, Megawati Soekarnoputri, devient présidente. En 2004, grâce à un amendement de la constitution, se tient la première élection présidentielle au suffrage direct. Susilo Bambang Yudhoyono est élu président.
Géographie
Les 17 000 îles de l'Indonésie (dont 6 000 habitées) sont réparties autour de l'équateur donnant à ce pays un climat tropical. Il existe deux saisons : la sèche (qui est humide malgré tout) de mai à octobre et la pluvieuse de novembre à avril. Si la température oscille entre 25 et 35°C au niveau de la mer, elle perd en altitude 2°C tous les trois cent trente mètres, et l'on trouve ainsi des montagnes couvertes de neiges éternelles en Indonésie.
Les plus grandes îles sont Java où habite près de 60 % de la population, Sumatra, Bornéo (qui est partagée avec la Fédération de Malaisie), la Papouasie occidentale (Papua, auparavant appelée Irian Jaya, qui correspond à la moitié ouest de l'île de Nouvelle-Guinée) et Célèbes.
L'Indonésie se situe dans une zone de friction tectonique, sur la ceinture de feu du Pacifique. Près de l'ile de Sulawesi se connectent 3 plaques (Pacifique, Philippines, Indo-Australie) et le bloc de Sunda (qui se meut indépendamment de l'Eurasie). Cela explique que cette zone volcanique soit la plus active du monde avec environ cent trente volcans en activité, dont un certain nombre dans l'archipel (par exemple le célèbre et disparu Krakatoa). Les tremblements de terre sont donc fréquents et souvent suivis de tsunamis. Le tsunami du 26 décembre 2004 a fait, d'après le bilan provisoire du 19 janvier 2005, au moins 220 000 morts.
L'île de Roti, située dans la province de Nusa Tenggara Est et à 170 km du territoire australien des îles Ashmore et Cartier, est la terre la plus méridionale de l'Indonésie (cette situation entraîne notamment des conflits entre la pratique traditionnelle de la pêche et le droit international).
L'Indonésie est composée de plus de 17 000 îles, dont environ 6 000 habitées. Elles sont de taille et de nature très diverses.
Espace très étendu et aux populations très variées, l'Indonésie est un État unitaire qui, en 1999, a accordé une certaine autonomie aux kabupaten (départements), qui sont par ailleurs des subdivisions des provinces. Ces dernières sont aujourd'hui (2007) au nombre de 33, 7 ayant été créées depuis 2000, généralement sur la base de spécificités culturelles et historiques.
Java, une île montagneuse et volcanique, n'est pas la plus grande île mais occupe une place centrale dans l'archipel. La densité, avec près de 1000 hab./km², y est beaucoup plus élevée que sur les autres grandes îles. Java est ainsi, et de loin, l'île la plus peuplée : 120 millions d'habitants, plus de la moitié de la population du pays. On y trouve la plupart des grandes villes dont Jakarta, la capitale.
Sumatra est la plus grande île entièrement indonésienne, elle se touve dans l'ouest de l'archipel . Elle occupe 470 000 km², et compte près de 50 millions d'habitants. Sumatra est un ancien producteur de pétrole. En particulier, la compagnie américaine Caltex produit dans la province de Riau la moitié du brut indonésien. Aceh dans le nord de l'île était le plus grand producteur de gaz naturel dans les années 1980 et 1990 mais ses réserves sont en voie d'épuisement.
L'île de Bornéo est en majorité indonésienne sous le nom de Kalimantan. Sa partie nord est constituée des états de Sarawak et Sabah, qui appartiennent à la Malaisie, et du sultanat de Brunei. Kalimantan Est est un important producteur de pétrole et la première région productrice de gaz naturel d'Indonésie. Kalimantan est également le principal producteur de charbon, de bois et d'huile de palme du pays.
Les Petites Îles de la Sonde, à l'est de Java, sont formées d'une multitudes d'îles petites ou moyennes. Elles comptent environ 12 millions d'habitants. Parmi elles se trouvent notamment Bali, le seul véritable centre touristique indonésien, et Timor, dont la partie orientale, ancienne colonie portugaise et non néerlandaise, a acquis son indépendance en 2002, après un référendum en 1999 qui a été suivi de violences.
Les Moluques sont un archipel peuplé d'à peine 2 millions d'habitants. Entre 1999 et 2003, y eurent lieu de graves violences entre chrétiens et musulmans.
La moitié occidentale de la Nouvelle-Guinée, dans l'est, est indonésienne depuis 1969. L'autre partie forme l'État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ces territoires sont peu densément peuplés. Il existe diverses ethnies locales, mais on y trouve également des migrants venus de Java et Madura dans le cadre d'une politique dite de "transmigration" initiée en 1905 par le gouvernement coloniale de ce qui était alors les Indes néerlandaises pour soulager les îles surpeuplées de l'archipel.
Démographie
La presque totalité des Indonésiens parlent des langues austronésiennes. La génétique linguistique, qui vise à reconstituer la filiation à travers le temps d'un ensemble de langues apparentées entre elles, tend à situer à Taiwan le berceau de ces langues. Une étude sur la variation du chromosome Y menée à l'université de Stanford en Californie par un groupe de biologistes des États-Unis, d'Italie, du Royaume-Uni et de Taiwan conclut à un héritage paternel dans la majorité des habitants d'Indonésie et d'Océanie provenant de populations établies dans la région depuis le pléistocène (c'est-à-dire il y a plus de 10 000 ans avant le présent, donc antérieurement aux migrations austronésiennes). Cette étude montre par ailleurs un apport génétique chez les Indonésiens en provenance du nord (Philippines et Taiwan) associé à des populations d'agriculteurs, donc datant du néolithique.
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