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Billet avion La Rochelle Lille

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Billet avion pour Lille (France)
 

Lille

Présentation

Lille (Rijsel en flamand) est la plus grande ville de la région Nord-Pas-de-Calais, préfecture du Nord (département) et chef-lieu du Nord-Pas-de-Calais.

Lille avec 226 800 habitants, est la principale ville de Lille Métropole Communauté urbaine comptant 1,2 millions d'habitants avec les villes de Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq. Elle appartient également à une vaste conurbation qui s'étend en Belgique avec les villes de Mouscron, Courtrai, Tournai et Menin, totalisant 1,8 millions d'habitants. Son nom en ancien français (L'Isle), comme en flamand (Ryssel, Rijsel en flamand moderne ou en néerlandais moderne), provient d'une île sur la Deûle. Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, anciens territoires du Comté de Flandre mais ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand : Lille a toujours été une ville de langue romane.

Géographie

Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, c'est-à-dire d'anciens territoires du Comté de Flandre mais ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand, contrairement à Dunkerque. Ainsi, à l'opposé d'une idée légendaire parfois répandue, Lille n'a donc jamais été une ville de langue flamande, mais de dialectes romans.

La ville de Lille est située aux environs de 20 mètres d'altitude dans un élargissement de la vallée de Deûle. À cet endroit, les derniers affleurements crayeux (Sénonien et Turonien) de la région naturelle du Mélantois plongent à l'ouest sous les Weppes, et, au nord, sous le Baroeul, deux régions de reliefs modérés développés dans le sable landénien et l'argile yprésienne. La couverture sédimentaire récente (pléistocène) est omniprésente, sous forme de loess sur les versants ou d'alluvions en fond de vallées.

La Deûle est une petite rivière au débit faible perdue dans une large vallée, très fortement anthropisée dès le Moyen Âge. Les multiples états de ses canalisations et aménagement, dans un contexte de relief très peu marqué, rendent difficile la perception de son tracé originel.

Le loess a alimenté de nombreuses briqueteries qui ont fourni la ville, jusque dans la seconde partie du XXe siècle. La craie, appelée localement pierre de Lezennes a été largement exploitée pour la construction, en carrières souterraines (à la périphérie de Lille, principalement à Loos et à Emmerin, au sud, et à Lezennes, au sud-est). Ces anciennes carrières sont matérialisées dans les champs par des ouvertures clôturées (les catiches). La craie, matériau bon marché, était traditionnellement utilisée en mélange avec la brique (créant les rouges-barres).

On rencontre à Lille les principaux traits des climats tempérés océaniques : les amplitudes thermiques saisonnières sont faibles, les précipitations ne sont négligeables en aucune saison. Les hivers y sont doux et les étés frais.

Histoire de Lille

Capitale des Flandres françaises, Lille aurait été fondée en 640 par Lydéric. Elle n'apparaît dans les chartes qu'à partir de 1054. Le site actuel de la ville recèle des traces d'occupation antérieure (préhistoire, époque gallo-romaine). La ville se développe grâce à son emplacement privilégié de traversée de la Deûle, et à ses relations avec les autres villes du prospère comté de Flandre. Une foire au drap est fondée au XIIe siècle.

La ville a une tradition de résistance armée. Elle est la ville la plus assiégée de France. Ses canonniers constituaient une confrérie très respectée.

Lille est réunie une première fois au domaine royal de 1304 à 1369, après la bataille de Mons-en-Pévèle. À cette date, elle devient une des trois capitales des possessions du duc de Bourgogne, Philippe II le Hardi. Elle passe en 1477 aux Habsbourg.

Au XVIe siècle, la ville est touchée par les guerres de religion : première répression en 1555, puis guerre des Hurlus (rebelles protestants). À partir de 1560 ; ils tentent de prendre Lille en 1580 et 1582. XVIIe siècle, La ville est prise par les armées françaises en 1667 par Vauban en huit jours (20-27 juillet) simultanément avec Douai, et le rattachement est officialisé en 1668, au traité d'Aix-la-Chapelle. D'Artagnan est gouverneur de la ville. Vauban fortifie la ville et en est nommé gouverneur en 1668. En 1708, La citadelle capitule lors de la guerre de Succession d'Espagne, après la bataille de Wattignies. La ville reste jusqu'en 1713 aux mains de la coalition européenne. Au début du XIXe siècle, la ville s'industrialise : le blocus continental stimule son industrie textile et la ville passe de 53 000 habitants en 1800 à 200 000 en 1891. En 1896, Gustave Delory est le premier maire socialiste de France.

Durant la première guerre mondiale, la ville est occupée par les Allemands d'octobre 1914 à octobre 1918. Durant cette période elle est endeuillée et pour partie détruite par la violente explosion du dépôt de munition dit "des dix-huit ponts", dont le bruit sera entendu jusqu'au milieu des Pays-Bas. C'est à Lille que fut mis en place le principal réseau de renseignement à l'arrière les lignes allemandes. Créé en fin 1914, il fut dirigé par Louise de Bettignies. Un monument Lillois rend hommage aux fusillés de ce réseau de résistance. En 1929, la ville est durement touchée par la crise économique : un tiers des Lillois est dans la misère en 1935[réf. nécessaire].

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville se reconstruit sur ses industries traditionnelles (dont le textile) et devra affronter les crises industrielles à partir des années 1970. Dans les années de crise, le patrimoine architectural est malmené. Il faudra attendre les années 1990 pour que les lillois prennent conscience du mal réalisé et ne se remettent à promouvoir leur patrimoine.

Dans les années 1990, la ville se modernise (Euralille, LGV Nord etc.) et joue de sa position géographique pour tenter de s'imposer comme plaque tournante du commerce entre l'Angleterre, le Bénélux et la France.

Les quartiers de Lille

Contrairement à la plupart des villes médiévales, Lille ne s'est pas développée de manière circulaire autour d'un hyper-centre. Elle se présente plutôt comme une mosaïque de quartiers, avec chacun une physionomie et un dynamisme propre. Le Vieux-Lille n'est que l'un d'eux, largement excentré vers le nord. La compréhension et la lecture de la trame urbaine nécessitent quelques repères topographiques et historiques.

Les quartiers défavorisés correspondent particulièrement à un croissant s'étendant au Sud et à l'Ouest de la ville. Les quartiers de Moulins, Faubourg de Béthune et Lille-Sud sont classés zones franches urbaines et hébergeant environ 15% de la population de la ville. Ces quartiers ont tendance à stagner malgré les efforts de la municipalité.

Les quartiers du Vieux-Lille, de Wazemmes et de Saint-Maurice Pellevoisin connaissent une évolution particulièrement positive. Les raisons de ces évolutions sont bien différentes. On peut citer principalement la beauté et la richesse historique pour le Vieux-Lille, la vivacité de la vie associative et artistique pour Wazemmes et la proximité de nouvelles infrastructures commerciales et de transports (Euralille, gare Lille-Europe) pour Saint-Maurice Pellevoisin.


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France

Présentation

La France, officiellement la République française (souvent appelée l'hexagone dans la presse), est un pays constitué d'un territoire situé en Europe et nommé Métropole ainsi que de territoires situés outre-mer. La France est l'État de l'Union européenne dont le territoire européen est le plus étendu. Ce territoire, situé en Europe occidentale, est bordé par l'océan Atlantique à l'ouest, par la Manche (qui la sépare du Royaume-Uni) et la mer du Nord au nord, par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie à l'est, et par la mer Méditerranée, l'Andorre, Monaco et l'Espagne au sud. Par les DOM-TOM, la France est également bordée par les Pays-Bas, le Brésil, le Suriname, l'Australie, mais aussi par l'océan Pacifique, l'océan Indien, la mer des Caraïbes, etc.

La France est, parmi tous les grands États européens, le plus anciennement constitué, autour d'un domaine royal initialement centré sur l'Île-de-France, sa capitale étant Paris. Membre du Conseil de l'Europe, c'est l'un des pays fondateurs de l'Union européenne, de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et fait partie de l'Union latine, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de la Francophonie et du Groupe des huit (G8).

Les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur la démocratie et les droits de l'homme et du citoyen de 1789, dont elle est la patrie d'origine.

Militairement, la France est membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) - elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002 - et dispose de la dissuasion nucléaire.

Son économie est de type capitaliste avec une intervention étatique non négligeable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, depuis une trentaine d'années, des réformes successives ont entraîné un désengagement progressif de l'État de plusieurs entreprises publiques.

Au cours du « Grand Siècle Â», la France a été façonnée par les arts et la philosophie. Berceau des « Lumières Â», elle a influencé les révolutions américaines, puis la Révolution française a insufflé l'élan et l'exemple démocratique dans le monde entier, développant des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité. La culture française rayonne au-delà du cadre européen : du fait des explorations de la Renaissance, des XVIIIe et XIXe siècles, la France a diffusé sa culture et sa langue à de nombreux peuples, au Canada, en Afrique, mais aussi dans quelques régions du Moyen Orient, d'Asie et du Pacifique. Sa gastronomie est de réputation mondiale. De nos jours la France subit de plus en plus l´influence culturelle des États-Unis.

Le français est la langue officielle de la République, mais on y compte aussi 77 langues régionales.

Histoire

La France actuelle, pays de langue romane mais de superstrat germanique, occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie « hommes libres Â», qui se forma tardivement et s'installa sur une partie des terres de l'Empire romain.

Francia désigne à l'origine la région du nord de l'Europe, peuplée, ou plutôt dominée, par un peuple de guerriers germaniques qui se nomment eux-mêmes les Francs. Francia n'a alors pas une connotation politique mais plutôt géographique ou sociologique, comme Maghreb ou Balkans au XXIe siècle. Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élit un chef de guerre nommé roi des Francs, et se place librement sous son autorité pour les affaires militaires. La guerre étant considérée comme la valeur par excellence de l'homme libre, franc finit par devenir synonyme de libre.

En 1204, le mot Francia désigne, pour la première fois, le territoire sur lequel s'exerce l'autorité de ce roi des Francs, qui commence sporadiquement à se nommer rex Francie. Cette autorité se limite encore à celle qu'autorise le lien de vassalité, et ne porte donc que sur les seigneurs eux-mêmes, à l'exclusion de leurs territoires, de la population de ceux-ci, et même des propres vassaux de ces seigneurs. On peut donc par exemple rapprocher cet événement de l'utilisation à partir de 1957 d'Europe dans un sens politico-économique. Ceci ouvre toutefois la porte au concept d'une autorité civile du roi sur un territoire. Mais il faut attendre le XVe siècle pour que ce concept soit reconnu, bon gré mal gré, sinon accepté (guerre folle), par la plupart des seigneurs.

Au début du XVIe siècle le concept de « chose publique Â» fait une réapparition timide après avoir disparu avec la chute de l'empire romain. En 1499, le contrat de mariage du roi de France, qui dispose de la propriété de la France, tente, sans succès, de constituer un engagement non seulement entre les signataires, mais aussi entre leurs descendants, et même leurs successeurs. La nationalité française est définie à cette époque.

C'est aussi vers cette époque qu'un embryon d'État commence progressivement à se mettre en place. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, le roi est un nomade qui se déplace avec toute son administration, ne restant jamais plus de quelques semaines dans la même résidence, ce qui limite singulièrement les possibilités de centralisation des fonctions étatiques.

Au début du XVIIe siècle, la politique étrangère de la France commence à dépasser les seules agressions militaires directes. Richelieu introduit la diplomatie comme une façon de faire mener ses guerres par d'autres pays.

La révolution française constitue l'acte de naissance de la Nation française, et du peuple français en tant qu'acteur politique. Il ne s'agit alors pourtant encore que de concepts tout théoriques. Ce sont les guerres napoléoniennes, et surtout les grandes guerres de 1870, 1914 et 1939 qui font de la Nation française une image mentale partagée par les Français. Les difficultés économiques liées à la mondialisation du début et de la fin du XXe siècle exacerbent (comme dans le reste de l'Europe) ce sentiment national en un nationalisme.

La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur. L'un des sites les plus anciens (- 1 800 000 ans), contesté par certains auteurs, est le site de Chilhac (Haute-Loire). Plusieurs sites français ont donné leur nom à des faciès culturels, tels que l'Acheuléen, le Moustérien, le Solutréen ou le Magdalénien. Le territoire national compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur dont la plus connue est sans doute Lascaux (Dordogne, -15 000). À partir de -7000 environ, la région entre dans le Néolithique, le plus ancien village connu étant le site de Courthézon (Vaucluse), daté de 4560 av. J.-C. environ.

Arrivés vers -900 sur le territoire de la France actuelle, les Celtes en occupent l'ensemble au IIIe siècle av. J.-C.. Vers 680 av. J.-C., le littoral méditerranéen voit l'arrivée des premiers colons grecs, avec la fondation du comptoir d'Antibes.

La Gaule passe sous la domination romaine vers 125 av. J.-C. pour la Gaule narbonnaise, et en 51 av. J.-C., après la guerre des Gaules, pour le reste du territoire. Sous l'Empire, une civilisation gallo-romaine prospère se développe, apportant à la France une base de culture latine et conduisant indirectement à la christianisation, qui s'opère lentement du IIe au VIe siècle.

La Gaule connaît à partir du Ve siècle l'époque des migrations barbares, avec la présence de plusieurs peuples, notamment les Burgondes, les Wisigoths et les Francs.

Une grande partie des régions constituant la France actuelle sont réunies sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs Â» qui s'exerce sur ce que l'on appelait encore la Gaule tire sa légitimité et son unité de sa romanité culturelle. Mais il est partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages des héritiers de Clovis (dynastie des Mérovingiens). Ces royaumes ultérieurs s'appellent Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Bordeaux).

À partir du milieu du VIIIe siècle Pépin le Bref, roi des Francs non mérovingien, étend considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire par son fils Charlemagne et son petit-fils Louis le Pieux. Après la mort de Louis, son domaine est partagé en trois parties où l'autorité centrale s'effondre rapidement, ramenant l'organisation de la région à la situation antérieure : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie, domaine d'un empereur très théorique. La partie orientale correspond à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne). Des descendants de Charlemagne  Â»Â” les Carolingiens  Â»Â” conservent une influence symbolique sur des territoires correspondant très grossièrement à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet est élu roi des Francs.

Hugues Capet, en modifiant les règles de succession, crée les conditions qui permettront, au long des siècles suivants, la constitution de la France. Ses descendants, les Capétiens règnent alors sur la France, en trois dynasties successives (Capétiens directs, Valois et Bourbons), jusqu'en 1792 lorsque Louis XVI est déposé lors de la Révolution française, puis durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.

Les premiers rois de la dynastie étendent progressivement le domaine royal, consolident la royauté franque malgré l'opposition des Plantagenêts, qui se matérialise par la guerre de Cent Ans. Mais ce n'est qu'à la fin du XIIe siècle que Philippe Auguste étend pour la troisième fois en un millénaire l'autorité du roi des Francs des Pyrénées à la Manche. C'est à cette époque qu'on commence à employer l'expression royaume de France, et que celui-ci acquiert un poids comparable à celui de l'Angleterre ou du Saint Empire romain germanique. Les derniers siècles du Moyen Âge, marqués par les crises de la Guerre de Cent Ans et de la peste noire, renforcent finalement l'autorité royale, qui ne devient incontestable qu'au XVe siècle, avec Louis XI.

À la fin du Moyen Âge l'Espagne des rois catholiques et les possessions des Habsbourg s'unissent, ce qui donne naissance à l'empire de Charles Quint. François Ier et son fils Henri II luttent contre cette nouvelle puissance avec des succès et des revers. Mais les guerres de religion qui marquent la seconde moitié du XVIe siècle et le règne des derniers Valois (François II, Charles IX, Henri III) éloignent la France du théâtre européen.

Il faut attendre Henri IV, puis Louis XIII et son ministre Richelieu, pour que la prépondérance espagnole soit remise en cause au profit de la France. Malgré la disparition prématurée de ces acteurs, l'équilibre des forces est rétabli puis renversé, par de grands politiques comme Mazarin, notamment en 1648 (traité de Westphalie) et 1659 (traité des Pyrénées).


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La Rochelle

Présentation

La Rochelle est une commune française, capitale de l'Aunis et préfecture du département de la Charente-Maritime, dans la région Poitou-Charentes. Ses habitants sont appelés Rochelais.

Située en bordure de l'océan Atlantique, au coeur du pertuis d'Antioche, et protégée des tempêtes par la barrière des îles de Ré, d'Oléron, d'Aix et Madame, la ville est avant tout un complexe portuaire de premier ordre depuis le XIIe siècle.

Cité millénaire et dotée d'un riche patrimoine, La Rochelle est aujourd'hui devenue une ville administrative et tertiaire qui conserve son titre de Porte océane. Depuis le 19 mai 1988, elle est reliée à l'île de Ré par le plus long pont de France.

Histoire

Faute de trouver des traces d'occupation des lieux antérieures à la fondation de la ville au Xe siècle, le site marécageux de La Rochelle a parfois été considéré comme inhabité avant cette époque.

Pourtant, d'après l'historien Louis-Étienne Arcère, des Alains venus de l'Est se seraient implantés dans cette région déserte et marécageuse au Ve siècle, habitant dans des huttes et vivant de la pêche, du cabotage et de la viticulture.

De récentes découvertes ont permis d'établir que tous les promontoires de la côte d'Aunis avaient été habités à l'époque gallo-romaine. On a ainsi retrouvé des traces de marais salants de grande taille datant de -8 à -2 et les fondations de deux imposantes et luxueuses villas romaines. Ces villas, dont l'une se trouve à Saint-Éloi et l'autre aux Minimes, constituaient le centre d'un vaste domaine agricole du Ier siècle au IVe siècle. Leur découverte a confirmé que les Romains occupaient le site, exploitant les ressources de la baie de La Rochelle.

Un petit hameau appelé Cougnes, dont l'origine reste imprécise, et vivant de l'exploitation de marais salants, est vraisemblablement le quartier le plus ancien connu de la cité de La Rochelle. En se développant, les habitations de Cougnes se rapprochent progressivement de la mer, jusqu'à ce qu'aux environs du IXe siècle, une cité de pêcheurs appelée Rupella (petite roche) soit fondée sur un promontoire rocheux au milieu des marais, origine du nom de la ville de La Rochelle. Une tour de défense carrée, appelée tour Maulevault, ainsi qu'une église, l'église Notre-Dame-de-Cougnes, sont construites à cette époque.

Au Xe siècle, en l'an 961, Guillaume d'Aquitaine octroie à La Rochelle une charte concernant le droit d'ancrage et de lestage des navires. À cette époque, le port primitif se situe au pied de la tour de la Lanterne sur le ruisseau du Lafond. Il sera déplacé plus tard à son emplacement actuel.

Situé au fond d'une baie abritée des fureurs de l'océan par les ÃŽle de Ré et d'Oléron, alimenté par des sources d'eau douce, le lieu convient parfaitement à l'implantation d'un port. Ce faisant, le port de La Rochelle joue dès le XIIe siècle, et durant tout le Moyen Âge, un rôle de premier ordre.

En 1130, après la prise de Châtelaillon dont le seigneur Isembert était propriétaire des terres rochelaises, Guillaume X, duc d'Aquitaine, fait édifier une première enceinte autour de La Rochelle, et en 1137, il affranchit la ville des tutelles féodales, faisant de son port un port libre. Fort de cette caractéristique, le port devient le plus grand de toute la côte atlantique, et connaît trois siècles ininterrompus de prospérité, commerçant principalement du vin de La Rochelle, qui est une importante production régionale s'étendant jusqu'à Cognac et qui est alors très réputé, ainsi que du sel.

Aux XIIe siècle et XIIIe siècle, les routes des Templiers convergent toutes vers La Rochelle, faisant ainsi de la ville leur port sur l'Atlantique. Le XIIe siècle est également marqué par l'influence d'Aliénor d'Aquitaine, qui après s'être séparée du roi Louis VII de France, épouse en secondes noces le futur roi Henri II d'Angleterre en 1152, faisant de l'Aquitaine, ainsi que de La Rochelle, une province anglaise en 1154. De par sa situation géographique et son importance, le Vieux-Port voit s'ouvrir à lui les marchés de l'Angleterre et de l'Europe du Nord, très demandeurs des vins régionaux et du sel des marais du littoral.

Une nouvelle enceinte de protection est érigée autour de la ville entre 1160 et 1170, tandis que le château de Vauclair est construit par Henri II d'Angleterre un peu avant la fin du XIIe siècle. L'enceinte du château, qui couvre plus d'un hectare, est protégée par un rempart orné de quatre grosses tours d'angle, reliées entre elles par des courtines au parapet crénelé, et entourée de profondes douves. Le château domine alors le port primitif de La Rochelle, situé à l'estuaire des cours d'eau de La Moulinette à l'Est, de Rompsay au Nord-Est et le chenal de la Verdière au Nord.

En 1196, l'armateur rochelais Alexandre Aufrédy décide d'envoyer les sept navires de sa flotte commerciale à l'aventure vers les côtes africaines, chargés de sel et de vin. Les années passent mais ses navires ne reviennent pas. Ruiné, Alexandre Aufrédy se voit obligé de vendre l'intégralité de ses biens, dont son hôtel particulier, pour payer ses dettes, et est réduit à la mendicité. En 1203, il est sauvé de la misère par le retour inespéré de sa flotte commerciale qu'il croyait perdue, et dont la cargaison d'or, d'ivoire, d'épices et de bois précieux refait sa fortune. En remerciement au Ciel, il décide de consacrer sa vie et sa fortune aux pauvres, et fonde un hôpital portant son nom où, avec sa femme, il soignera les malades jusqu'à sa mort.

Entre-temps, en 1199, Aliénor d'Aquitaine a renouvelé la charte de commune octroyée par son père, Guillaume X d'Aquitaine, et concédé à la ville des exonérations de taxes royales, ainsi que des pouvoirs politiques et judiciaires étendus. Démocrates bien avant l'heure, les habitants de La Rochelle en profitent pour procéder à la première élection d'un maire dans l'Histoire de France, en la personne de Guillaume de Montmirail. Les extensions de la charte communale autorisant également la ville à battre la monnaie, Jean d'Angleterre y fait établir en 1215 un atelier monétaire. La monnaie royale qui y est frappée porte la lettre H comme marque de fabrique.

En 1222, le roi d'Angleterre Henri III décide de renforcer l'influence anglaise en Aunis. Ainsi donc, le 4 décembre, il édicte une charte prescrivant aux Rochelais d'établir un port dans l'ouest de la ville et de la fortifier, et le 8 avril 1223, il leur ordonne de commencer les travaux. De son côté, Louis VIII, roi de France, prend prétexte du fait que les conditions du traité de 1217 n'étaient toujours pas remplies pour lancer une campagne destinée à s'emparer des possessions anglaises en France.

En effet, après sa victoire sur Jean sans Terre à la bataille de la Roche-aux-Moines, en 1214, les barons anglais lui avaient promis la couronne d'Angleterre. Cependant, ces derniers revinrent sur leur décision le 11 septembre 1217 en signant le traité de Lambeth, qui octroyait la couronne à Henri III moyennant certaines compensations, dont le paiement d'une forte somme d'argent au roi de France.

Ainsi, sur les ordres du roi Louis VIII, Mathieu II de Montmorency entame le siège de La Rochelle le 15 juillet 1224, et la libère de la domination anglaise le 3 août 1224. La ville revient alors sous la couronne de France, tout en conservant ses privilèges. En représailles, Henri III signe à Londres une charte communale à Bordeaux, qui jusqu'à présent devait passer par La Rochelle pour exporter son vin de Bordeaux, et qui désormais prend la prédominance du commerce du vin avec l'Angleterre.

En 1241, une nouvelle guerre éclate entre la France et l'Angleterre. Henri III d'Angleterre débarque à la tête de son armée, mais est vaincu par Louis IX, nouveau roi de France, et est contraint de céder l'île de Ré à la couronne de France par un traité en date du 7 avril 1243.

Au cours de la guerre de Cent Ans, la ville change régulièrement de mains, passant des Anglais aux Français et inversement, au gré des traités. De ce fait, elle se voit octroyer dès 1338, par le roi d'Angleterre, des lettres de sauvegarde l'autorisant, malgré la guerre entre les deux Couronnes, à trafiquer librement avec toutes les possessions anglaises.

En 1356, le roi Jean II de France, dit le Bon, est vaincu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Emmené à Londres, il est forcé en 1360, en plus de verser une rançon de 3 millions d'écus d'or (soit 11,64 tonnes d'or), de signer le traité de Brétigny en échange de sa libération. Le traité cède de nombreux territoires à la couronne d'Angleterre, dont la ville de La Rochelle. Ce nouveau passage sous la domination anglaise est très mal perçu, et la ville manifeste une importante résistance à cette annexion. Finalement, suite aux pressantes interventions du roi de France et à l'assurance donnée par le roi d'Angleterre que les privilèges seront maintenus, les Rochelais déclarent « Nous aourerons (honorerons) les Anglais des lèvres, mais les coeurs ne nous mouveront pas Â».

La Rochelle est pillée en 1370 par une chevauchée anglaise. Le 22 juin 1372, la bataille de La Rochelle marque le début du siège de La Rochelle, commandé par le connétable Bertrand du Guesclin sur ordre de Charles V. La flotte anglaise de Jean de Hastings, comte de Pembroke est détruite par la flotte franco-espagnole, le roi de France ayant obtenu l'appui du roi de Castille. Le 15 août 1372, les Rochelais chassent la garnison anglaise de leur ville grâce à une ruse du maire Jean Chaudrier. Cependant, ils refusent de laisser entrer le connétable Bertrand du Guesclin dans les murs de la ville, désirant négocier leur retour dans le Royaume de France moyennant une extension de leurs anciennes chartes. Le roi Charles V accepte finalement de confirmer les privilèges de la ville, lui donnant ainsi une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir royal. Les rochelais laissent alors entrer Bertrand du Guesclin dans leurs murs le 23 août 1372, faisant de La Rochelle une ville définitivement française.

Le 8 janvier 1373, désireux de remercier les Rochelais d'avoir chassé les Anglais de la ville, Charles V confère au maire, à ses échevins et à leurs successeurs, un droit de noblesse héréditaire et perpétuel. Il crée également le gouvernement d'Aunis, distinct de la Saintonge. Néanmoins, il fait détruire le château Vauclair, symbole de pouvoir, et dont les pierres servent à édifier la muraille du Gabut. Le Corps de Ville fait également construire la tour de Moureiles, destinée à conserver les papiers consacrant les privilèges et les registres. Le port de La Rochelle est quant à lui transféré à son emplacement actuel.

En 1376, après 31 ans de travaux interrompus par la rupture des fondations dans les premières années de la construction et par l'occupation anglaise ensuite, la tour Saint-Nicolas est achevée. Destinée à défendre la passe du port, elle héberge son premier capitaine ainsi que les soldats préposés à sa garde en 1384. Quelques années après la tour Saint-Nicolas, la tour de la Chaîne est édifiée sur l'autre rive. Elle est ainsi nommée en raison du fait qu'elle a pour fonction de tendre la chaîne fixée dans la tour Saint-Nicolas et fermant l'accès au port. Les deux tours deviennent emblématiques du Vieux-Port de La Rochelle, dont elles constituent la majestueuse porte d'entrée.

En 1422, la charpente d'une maison où se tient une réunion s'écroule, tuant et blessant de nombreuses personnes. Le Dauphin Charles, futur Charles VII, qui y participait, s'en sort miraculeusement indemne.

En octobre 1429, Jeanne d'Arc confond la supercherie de sa plus célèbre émule, Katherine de La Rochelle, qui prétendait qu'une inspiration sacrée l'avait invitée, non pas à aller à la guerre, mais à exhorter le peuple à apporter son argent au roi pour délivrer le pays.

Dans les années 1530 et suivantes, la population de La Rochelle se convertit au protestantisme, pour être entièrement huguenote au début des guerres de religion.

Dans le cadre de la politique générale de centralisation du gouvernement menée par François Ier. Charles Chabot, seigneur de Jarnac et gouverneur de La Rochelle sous l'autorité de Henri d'Albret, oeuvre à anéantir les privilèges de La Rochelle. En 1530, il supprime notamment le corps de ville et la mairie élective, héritage de 1199, et réduit le nombre d'échevins, au prétexte que la ville se servait des recettes de l'octroi pour renforcer ses fortifications. Le 1er avril 1536, Charles Chabot s'attribue un mandat de maire perpétuel de La Rochelle, ce qui lui attire la haine de la population. Des émeutes éclatent, que Charles Chabot tente de mater en faisant procéder à des exécutions publiques.

Le 12 avril 1541, un édit royal étend l'impôt de la gabelle à La Rochelle et au pays d'Aunis, qui en étaient jusque là exemptés par leurs privilèges. Les habitants protestent, et de nouveaux troubles et émeutes éclatent en 1542. Le gouverneur Charles Chabot fait alors venir une garnison de 200 soldats afin de se protéger du peuple, mais ces derniers se livrent à de nombreux abus et ne font qu'exacerber la colère de la population, qui se soulève et les chasse des la ville, obligeant Charles Chabot à s'enfuir et à retourner sur ses terres de Jarnac. Le 30 décembre 1542, c'est François Ier lui-même qui, arrivant de Cognac, se rend à La Rochelle. Le 1er janvier 1543, il rencontre les notables rochelais et pardonne finalement la ville en la maintenant dans ses privilèges.

Entre 1562 et 1598, l'Aunis et la Saintonge sont déchirées par huit guerres de religion successives. Les terres sont dévastées, les églises et abbayes détruites, et les pillards foisonnent dans les campagnes. De terribles épidémies éclatent.

Le 14 septembre 1565, à l'occasion de son tour de France royal (1564-1566), le roi Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Médicis, de sa Cour et précédé par le connétable Anne de Montmorency, fait son entrée dans la ville de La Rochelle, où il reçoit un accueil hostile de la part des habitants. En représailles, il prend des mesures pour brider l'indépendance des rochelais : il réduit le corps de ville à 24 échevins, destitue tous les officiers de la ville et confie les défenses de la ville au gouverneur Charles Chabot, précédemment chassé de la ville.

En début d'année 1568, poussé par l'intense propagande menée par les pasteurs, le maire protestant François Pontard, nommé par Charles Chabot, soulève la ville contre les catholiques. Ces derniers fuient hors des murs, mais 13 prêtres sont arrêtés, égorgés et jetés à la mer du haut de la tour de la Lanterne, qui prendra à l'occasion le surnom de « tour des Prêtres Â». Les églises Notre-Dame-de-Cougnes, Saint-Sauveur et Saint-Barthélemy sont détruites, leurs pierres servant à renforcer les murailles. Les troubles se répandent dans la région, où les pillages et les massacres se multiplient. Des catholiques de Luçon sont massacrés par des Rochelais, tandis que des catholiques massacrent des calvinistes à Mirambeau, à Saintes et à Saint-Sorlin.

L'île de Ré se range aux côtés de La Rochelle, qui se proclame république indépendante et calviniste, en adoptant officiellement les idées réformistes et en rejoignant le parti protestant, ce qui ne manque pas d'inquiéter le pouvoir royal, et qui a d'importants retentissements dans le monde protestant. En effet, avec ses 22 000 à 23 000 habitants, la ville est parmi les plus grandes du Royaume de France, et elle est également riche du commerce développé avec l'Espagne, l'Angleterre et les pays d'Europe du Nord, ce qui en fait une cité d'une importance exceptionnelle pour l'époque.

Charles IX charge alors Blaise de Montluc et Charles Chabot de Jarnac de reprendre le port de l'Atlantique. Blaise de Montluc arme une flotte de 500 arquebusiers d'élite dans le port de Brouage, et l'envoie prendre l'île de Ré, où après de terribles combats, les protestants sont massacrés. Il envoie ensuite ses troupes à Saint-Jean-d'Angély faire la jonction avec celles de Chabot de Jarnac et du comte de Lude, gouverneur du Poitou. Leurs troupes s'apprêtent à marcher sur La Rochelle lorsque la paix de Longjumeau est signée entre Charles IX et le prince de Condé le 23 mars 1568, et publiée à La Rochelle le 27 mars 1568. Dès son retour dans la ville, le gouverneur Chabot de Jarnac fait bannir François Pontard, mais furieux que le roi ait rendu de nouveau la mairie élective, il quitte La Rochelle.

En novembre 1568, Jeanne d'Albret prend la tête du mouvement protestant et emmène son fils, Henri de Navarre, rejoindre les chefs protestants à La Rochelle, qu'elle administre dans tous les domaines, à l'exception des affaires militaires. Elle assure la communication avec les princes étrangers alliés, dont elle tente de conserver le soutien, surtout après la mort de prince de Condé, assassiné le 13 mars 1569. Elle refuse de se rendre après la défaite de Moncontour, et se montre intraitable lors des négociations de Saint-Germain-en-Laye, mais s'incline devant la volonté de négocier de ses coreligionnaires. Elle quitte La Rochelle en août 1571, pour revenir sur ses terres.

Le 5 août 1570, la paix de Saint-Germain-en-Laye, signée entre le roi Charles IX et l'amiral Gaspard de Coligny, octroie aux protestants quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire. La Rochelle devient le « Boulevard de la Réforme Â». Théodore de Bèze, qui arrive de Genève, vient présider le second synode protestant, lors duquel le texte fondateur de l'Église réformée de France est rédigé.

Deux ans plus tard, dans la nuit du dimanche 24 août 1572, a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy, qui met un terme à la paix et plonge le royaume de France dans l'horreur du fanatisme religieux, que le roi Charles IX ne parvient pas à endiguer. De nombreux huguenots s'enfuient vers La Rochelle, place forte protestante.

Charles IX charge alors François de La Noue, qui a échappé au massacre, d'une délicate mission de conciliation entre les habitants de La Rochelle et le pouvoir royal. Les rochelais, ulcérés par la tragédie qui vient de se jouer, refusent toute négociation. N'oubliant pas ses convictions huguenotes et sentant que la guerre est proche, François de la Noue démissionne de ses engagements royaux et organise la défense de la ville. En novembre 1572, La Rochelle refuse de recevoir le gouverneur royal Armand de Gontaut-Biron et sa garnison.

Le 2 février 1573, le duc d'Anjou, frère du roi et futur Henri III, incite François de La Noue à se rendre dans des conditions favorables, tout en exigeant une reddition sous trois jours. Faisant face au refus de ses coreligionnaires extrémistes, qui pour certains l'accusent de traîtrise, François de la Noue quitte la ville pour attendre l'issue du siège de La Rochelle au camp royal, sans prendre part aux combats. Le roi Charles IX ordonne alors au duc d'Anjou de faire le siège de La Rochelle, ce qu'il entreprend dès le 11 février 1573, à la tête d'une armée de 28 000 hommes. Après huit assauts infructueux, des pertes énormes, et ayant été élu roi de Pologne entre temps, il signe la paix de La Rochelle le 24 juin 1573 et abandonne le siège.

Le 11 juillet 1573, la paix de Boulogne met fin à la quatrième guerre de religion en remettant en vigueur les clauses d'Amboise. Elle permet aux protestants d'obtenir la liberté de conscience, mais ils perdent Cognac et La Charité-sur-Loire et n'obtiennent la liberté de culte que dans trois villes : La Rochelle, Montauban et Nîmes. François de La Noue, occupe alors la fonction de général de La Rochelle de 1574 à 1578.

En 1590, les Rochelais obtiennent du roi Henri IV l'autorisation d'ériger une nouvelle enceinte, baptisée « enceinte huguenote Â» ou « enceinte Henri IV Â», et plus fortifiée que la précédente. Entre 1596 et 1612, six grands bastion royaux sont édifiés, ce sont les bastions des Grands-Lapins, des Petits-Lapins, de Cougnes, des Fonderies ou des Fours-à-chaux, de Maubec ou du Petit-Genève, et de Saint-Nicolas. La porte Maubec est reconstruite en 1611, suivie par la porte de Cougnes en 1613, et la porte Neuve renforcée en 1622.

La ville ayant conquit son statut de ville libre devient un centre de ralliement pour les Huguenots, et initie une période de liberté, de prospérité et d'épanouissement qui s'étend jusqu'en 1620. Elle n'échappe cependant pas aux épidémies de peste, qui ravagent le continent européen. Frappée à plusieurs reprises en 1585, en 1602 et en 1604, elle voit sa population être décimée. Les malades sont transportés dans le quartier de Mireuil, lieu consacré aux pestiférés.

Le 29 mars 1614, le corps municipal de La Rochelle entérine une charte dont les 29 articles édifient l'administration de la ville. Les Rochelais s'insurgent contre Jean Louis de Nogaret de la Valette, Duc d'Épernon, et représentant du roi.

De 1620 à 1628, Louis XIII, qui entend mettre fin aux privilèges politiques dont bénéficient les protestants depuis les guerres de religions, mène une politique de rétablissement de l'autorité militaire de l'État. En réaction, de 1621 à 1625, les provinces de Saintonge, de Guyenne et de Languedoc se soulèvent, menées par Henri II de Rohan, et de véritables opérations militaires ont lieu autour de La Rochelle, Saint-Jean-d'Angély, Montauban et Montpellier.

En mai 1621, La Rochelle proclame son indépendance, et la constitution d'un « Ã‰tat protestant Â» est établie. Excédé par les Rochelais qui veulent faire de leur ville une république, le roi Louis XIII confie en juin 1621 au duc d'Épernon le soin d'investir la ville.

Le 6 octobre 1621, à la tête d'une flotte de 22 navires, Jean Guiton défait, après deux heures de combats, les 40 navires royalistes, commandés par Isaac de Razilly, et venus faire le blocus de la ville. Le 9 octobre 1621, Isaac de Razilly reçoit 5 navires en renfort du gouverneur de Brouage, mais essuie un nouvel échec, et est chassé des eaux rochelaises. Le 6 novembre 1621, Jean Guiton apprend que 18 navires du Roi sont à Brouage pour se faire radouber. Il prend de nouveau la tête de la flotte rochelaise, et défait la flotte ennemie, capturant deux navires royalistes avec leurs équipages, le Saint-François et le Saint-Louis. Les Rochelais sont désormais maîtres de la mer, et ravagent le pays entre la Loire et la Garonne.

En octobre 1622, le duc de Guise emmène une flotte largement supérieure en nombre et en armement à l'encontre de la flotte rochelaise. Les combats sont furieux, et durent plusieurs jours. La flotte rochelaise, bien qu'essuyant de lourdes pertes, fait preuve de beaucoup d'audace et de courage, prenant même l'avantage et allant jusqu'à bouter le feu au navire amiral de la flotte ennemie. Mais surpassée par le nombre et l'armement des navires adverses, la flotte rochelaise est gravement endommagée et affaiblie. Elle est défaite et sur le point d'être écrasée lorsque finalement la Paix de Montpellier est signée avec les protestants, le 18 octobre 1622, alors même que le combat naval se déroule encore. Le traité de paix confirme l'édit de Nantes et entraîne la fin du siège, augmentant le prestige de la ville, qualifiée de « ville imprenable Â». Cependant, seules La Rochelle et Montauban restent des places fortes huguenotes. Les activités des huguenots de La Rochelle auront convaincu Richelieu de doter la France d'une véritable politique navale, et il crée à cet effet la Marine royale en 1624.

En 1625, les hostilités reprennent. En janvier, le duc de Rohan lève une armée protestante de 5 500 hommes à Soubise, ce qui agite tout le Poitou, et en février, il prend l'île d'Oléron. Les anglais se rallient à la cause réformée, mais leur intervention, conduite par George Villiers, duc de Buckingham, est un échec. Le 17 septembre 1625, Jean de Saint-Bonnet de Toiras et Henri II de Montmorency défont la flotte de Soubise. Après s'être emparé d'une partie de la flotte de Soubise, Jean de Saint-Bonnet de Toiras fait route vers La Rochelle à la tête de 90 vaisseaux et environ 16 000 hommes. Suite à sa victoire sur Soubise, Jean de Saint-Bonnet de Toiras est fait comte, et est nommé gouverneur de l'île de Ré, qui est dès lors perdue pour les protestants. Le 1er décembre 1625, Richelieu lance la construction d'une circonvallation de 12 km autour de La Rochelle, armée de 11 forts et 18 redoutes, dont le Fort-Louis et le Fort de Marillac, placés de part de d'autre de la baie de La Rochelle.

Le 5 février 1626, la paix de La Rochelle est signée, et renouvelle la paix de Montpellier. La ville accepte de recevoir un commissaire royal et de rendre aux catholiques les biens qui leur ont été pris, en échange de quoi le roi s'engage à détruire le Fort-Louis, qui fait peser une menace permanente sur la ville et ses accès maritimes et terrestres. Cependant, le cardinal de Richelieu refuse d'honorer cet engagement, et entend bien soumettre la ville et retirer au parti huguenot ses privilèges, qui lui apparaissent comme une négation du pouvoir royal.

En 1627, Henri de Rohan est vaincu à Privas. Pendant ce temps la pression sur La Rochelle, où Richelieu est décidé à en finir, s'accroît de mois en mois. En tant que haut lieu du protestantisme, la ville est soutenue par l'Angleterre, qui y voit également un moyen de freiner le développement de la marine française. Appelé à la rescousse par les Rochelais, l'amiral George Villiers de Buckingham appareille de Portsmouth le 27 juin 1627, à la tête d'une flotte qui compte près de 110 vaisseaux et 16 000 hommes, avec l'intention de faire respecter par le roi de France ses engagements. Apprenant la chose, Richelieu se saisit du prétexte pour déployer 20 000 hommes autour de la ville et faire fortifier les îles de Ré et Oléron. Jean de Saint-Bonnet de Toiras dispose alors de deux forts pour défendre l'île de Ré, celui de Saint-Martin-de-Ré et celui de La Flotte, ainsi que 2 000 fantassins et 200 cavaliers aguerris.

La ville étant menacée par les troupes royales, les rochelais hésitent à franchir le pas de la révolte, et le maire de La Rochelle, Jean Guiton, se voit contraint de refuser l'accès du port au duc de Buckingham, qui se tourne alors vers l'île de Ré et débarque avec 100 cavaliers et 5 000 fantassins le 22 juillet 1627 à Saint-Blanceau. L'armée française est surpassée en nombre et contrainte à se retirer dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Le duc de Buckingham commence alors un siège qui va durer un peu plus de trois mois, et au cours duquel il se montre d'une cruauté implacable à l'égard des habitants de l'île.

Le 10 septembre 1627, les Rochelais découvrent que les troupes royales sont en train de creuser des tranchées jusqu'aux fortifications de la ville et les accueillent à coups de canons. Les artilleurs du Fort-Louis répliquent, marquant le début du Grand Siège de La Rochelle. Le cardinal de Richelieu organise le blocus de la ville, faisant couper toutes les voies de communication terrestres.

Début octobre, Jean de Saint-Bonnet de Toiras, découragé par le manque de vivres et l'impossibilité d'être secouru, entame des transactions avec le duc de Buckingham concernant les conditions de sa capitulation. C'est alors qu'une flotille de la Royale, en provenance des Sables-d'Olonne, arrive devant la rade de Saint-Martin-de-Ré. Elle est envoyée par Richelieu qui redoute que les Anglais conquièrent l'île de Ré, ce qui leur permettrait de soutenir La Rochelle. Bien que se faisant étriller par la flotte anglaise, les courageux marins parviennent à briser le blocus anglais à deux reprises, et une trentaine de chaloupes chargées de plus de 800 soldats, de vivres, de munitions et de vêtements, arrivent à accoster auprès de la citadelle, ravitaillant les assiégés pour plus d'une centaine de jours.

Le 6 novembre 1627, le duc de Buckingham, qui lui aussi a reçu des renforts, tente un ultime assaut contre le fort de Saint-Martin-de-Ré, mais ne parvient toujours pas à le prendre. Entre-temps, 8 000 hommes des troupes françaises menées par le maréchal Henri de Schomberg parviennent à débarquer à Sainte-Marie-de-Ré, et à déloger les anglais. Jean de Saint-Bonnet de Toiras se joint alors à Henri de Schomberg, et les troupes françaises poursuivent les anglais jusqu'à Loix, où l'armée du duc de Buckingham va subir de lourdes pertes. Le 7 novembre 1627, le duc de Buckingham est chassé de l'île après avoir perdu 4 000 hommes sur son armée de 7 000. Le 17 novembre 1627, la flotte anglaise est défaite en mer, et le duc de Buckingham rentre sans gloire en Angleterre. Le roi nomme le cardinal de Richelieu lieutenant général des armées, et lui octroie les pleins pouvoirs pour mener à son terme le siège de La Rochelle.

Le 28 novembre 1627, Clément Métezeau, architecte du roi, et Jean Thiriot, entrepreneur parisien de maçonnerie, propose au cardinal de Richelieu de fermer le chenal du port de La Rochelle, qui fait environ 1 600 mètres, par une digue de 1 400 mètres, ouverte en son milieu. Ce dernier donne son accord pour le projet, et 4 000 ouvriers grassement rémunérés, dont beaucoup de soldats, se mettent immédiatement à l'oeuvre, protégés par les canons du Fort-Louis et du Fort de Marillac. S'appuyant sur des navires coulés et préalablement maçonnés, la Digue de Richelieu fait 1 500 mètres de longueur. Large de 16 mètres à la base (8 toises)et de 8 mètres à son sommet (4 toises), elle est haute de 20 mètres, et armée de canons pointés vers le large, afin d'empêcher le ravitaillement par mer.

L'ouvrage s'avère particulièrement efficace, et contraint à plusieurs reprises, sous l'échange de tirs nourris, les navires anglais venus en renfort à rebrousser chemin. Les vivres s'épuisent, et les rochelais sont contraints de manger d'abord les chevaux, chiens et chats, puis les rats et les racines, mais leur résistance ne faiblit pas aussi rapidement que l'espérait Richelieu. Les assiégés tentent de faire sortir des messages chiffrés, mais ils sont interceptés, et Richelieu les fait déchiffrer par Antoine Rossignol, apprenant ainsi que les Huguenots sont affamés et qu'une flotte anglaise est sur le point d'arriver. Le 28 septembre 1628, une nouvelle flotte anglaise d'une centaine de vaisseaux, commandée par le Comte de Lindsey, le Duc de Buckingham ayant été assassiné, arrive dans le pertuis Rochelais et y trouve la flotte française, prête au combat. Entre le 1er octobre 1628 et le 5 octobre 1628, elle engage la flotte royale française à plusieurs reprises, mais finalement, le Comte de Lindsey engage des pourparlers avec Richelieu et négocie un sauf-conduit pour Lord Montaigu. Les Rochelais meurent de faim, sur les 28 000 habitants que comptait la ville avant le siège, il ne reste plus que 5 500 survivants, dont seulement 62 soldats anglais et 74 soldats rochelais. Le 28 octobre 1628, la ville affamée capitule de manière inconditionnelle.

Le 30 octobre 1628, Richelieu entre dans La Rochelle, et fait enterrer les morts. Il est rejoint par Louis XIII le 1er novembre 1628, qui en voyant l'état lamentable des rochelais lâche quelques larmes et fait distribuer 10 000 pains à la population. Le 4 novembre 1628, la flotte anglaise lève enfin les voiles et apporte la nouvelle en Angleterre. L'année suivante, l'Angleterre riposte en s'emparant de Québec. Ironie du sort, le 7 novembre 1628, une forte tempête ravage la côte et détruit la digue de Richelieu en plusieurs endroits. Si la tempête était survenue seulement dix jours plus tôt, la ville aurait pu être ravitaillée et le cours de l'histoire aurait pu en être changé.

Le 28 juin 1629, suite à la capitulation de la ville protestante d'Alès, les réformés se voient imposer la « paix d'Alès Â», édit de grâce par les termes duquel le Roi leur retire leurs droits politiques, militaires et territoriaux, ainsi que toutes leurs anciennes places de sûreté, mais leur conserve la liberté de culte, garantie par l'Édit de Nantes, sauf à Paris. La mairie de La Rochelle est supprimée, la ville perd ses privilèges, et le Roi ordonne la destruction de toutes les fortifications, à l'exception des tours et remparts du front de mer, afin de protéger la ville d'éventuelles invasions maritimes.

La Rochelle se relève très vite de sa situation précaire, notamment grâce au commerce maritime. C'est vers le début des années 1630 que la ville inaugure des relations régulières avec la Nouvelle-France (Canada et Antilles), qui vont dynamiser ses échanges durant tout le XVIIe siècle et une partie du XVIIIe siècle, et en faire l'un des ports les plus actifs de France.

Le 4 mai 1648, dans le cadre de la politique de reconquête catholique menée par le Cardinal Mazarin, successeur de Richelieu, et à la demande de la régente Anne d'Autriche, dans le but de lutter contre l'influence du protestantisme, le pape Innocent X crée l'évêché de La Rochelle, et y transfère le siège épiscopal de Maillezais.

Au milieu du XVIIe siècle, Louis de Foucault de Saint-Germain Beaupré, comte du Daugnon, gouverneur royal de l'Aunis et des îles et véritable tyran, décide de faire de la tour Saint-Nicolas son réduit de sûreté à La Rochelle. Pour cela, il fait édifier un ouvrage à corne triangulaire entouré d'un profond fossé, afin de se protéger de la ville. En 1649, il se range du côté des frondeurs et fait fortifier les tours, notamment en faisant araser le parapet de la tour Saint-Nicolas pour l'équiper d'une douzaine de pièces de fonte, ainsi que pour d'autres points élevés de la ville.

En 1651 cependant, à l'arrivée des troupes du roi Louis XIV menées par Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, il s'enfuit rejoindre le prince de Condé à Bordeaux, en laissant son lieutenant, de Besse, à la tête de quelques soldats réfugiés dans les tours. Pour les déloger, le marquis d'Estissac, fait miner les tours et ouvre le feu au canon. Le dernier étage de la tour Saint-Nicolas est bombardé et détruit, et les soldats se rendent juste avant que les troupes royales ne fassent sauter la tour de la Lanterne. Le lieutenant de Besse est trahi par ses propres soldats qui le précipitent du haut du parapet de la tour Saint-Nicolas le 29 novembre 1651. Bien que cela soit demandé par la ville, le roi refuse de faire démolir la tour et l'incorpore au domaine militaire.

La persécution grandissante des Huguenots culmine avec la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685, entraînant l'émigration de nombreux Huguenots, dont beaucoup d'artisans ou de membres de la bourgeoisie, qui s'exilent et fondent des villes telles que New Rochelle en 1689. C'est un coup dur pour l'économie française.

Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, le Vieux-Port de La Rochelle draine alors plus de la moitié du trafic colonial vers la Nouvelle-France. C'est une période prospère, marquée par d'intenses échanges avec le Nouveau Monde en général, et la Nouvelle-France (Canada et Antilles) en particulier. En 1694, le commerce de fourrures du Canada et de sucre des Antilles s'épanouit, et le rayonnement artistique de La Rochelle s'intensifie.

La mort du Roi Soleil, en 1715, voit l'accession au trône du futur roi Louis XV. Étant trop jeune pour gouverner, un régent est nommé en la personne de Philippe, duc d'Orléans. C'est la Régence, période au cours de laquelle le duc d'Orléans procède à bon nombre de changements politiques : modification des alliances, mise en oeuvre des théories économiques de John Law, augmentation des libertés et légitimation du Parlement, réformes religieuses (Jansénisme). C'est dans ce cadre que le 5 février 1718, la mairie de La Rochelle est rendue de nouveau élective et composée d'un maire, tandis qu'est ouverte en 1719 la Chambre de commerce et d'industrie de La Rochelle.

C'est la grande époque du commerce triangulaire, en particulier de la traite des noirs. Des navires partent d'Europe, chargés de pacotilles destinées au troc, et se rendent dans les comptoirs côtiers d'Afrique, où ils échangent leur marchandise contre des captifs. Les prisonniers sont ensuite transportés dans des négriers vers les colonies d'Amérique, où ils travaillent comme esclaves à l'exploitation des ressources du continent. Les négriers retournent ensuite en Europe avec à bord les produits de cette exploitation. Mais déjà des voix rochelaises s'élèvent contre la traite des noirs. Léon Robert de L'Astran, fils d'un grand armateur rochelais, naturaliste et savant ayant effectué plusieurs voyages aux Amériques, dont un avec La Fayette, y est fermement opposé. À la mort de son père, il refuse que les navires dont il hérite soient utilisés pour cela. Cela n'empêchera pas La Rochelle d'être le deuxième port négrier de France, en assurant 11,4 % du trafic négrier français, à égalité avec Bordeaux, mais loin derrière Nantes qui en aura assuré 41,3 %.

En 1763, le traité de Paris attribue définitivement le Canada à la Grande-Bretagne, victorieuse de la guerre de Sept Ans. Les échanges avec la Nouvelle-France diminuent conséquemment, mais le port reste l'un des plus importants de France.

À cette époque, les navires marchands, avec leurs grandes vergues, ne rentrent pas dans le port, dont l'entrée est plus étroite que de nos jours, puisqu'entre les tours Saint-Nicolas et de la Chaîne existe une troisième tour, la petite tour de la Chaîne. Les navires restent donc échoués à l'extérieur, dans la baie, sur ce que l'on nomme « les vases Â», des barges procédant au transfert des marchandises entre les quais du port et ces navires.

Le tonnage des navires augmentant, l'entrée du port est élargie par la démolition de la petite tour de la Chaîne, et un bassin à flot intérieur, pour éviter l'échouage, est construit de 1778 à 1808. Avant même son achèvement, il se révèle trop petit, et un deuxième bassin, extérieur cette fois, est entrepris en 1807 et sera achevé en 1862 par Alfred Charles Ernest Franquet de Franqueville.

En 1787, Louis XVI institue l'Édit de tolérance, qui met fin aux persécutions des huguenots, mais ce n'est qu'avec la Révolution française de 1789 pour que le protestantisme retrouve totalement droit de cité.

Début 1793 la République annonce la reprise de la guerre de la course, c'est-à-dire le recours aux corsaires. De 1796 à 1802, le port de La Rochelle arme une douzaine de corsaires qui vont écumer les mers durant tout le Premier Empire.

Les guerres napoléoniennes, qui voient le Royaume-Uni s'assurer la maîtrise des mers et l'empereur Napoléon Bonaparte imposer le blocus continental, entraînent une réduction très importante du commerce maritime, et la ruine de La Rochelle, qui ne reviendra sur le devant de la scène qu'au cours du XXe siècle, à la faveur du développement de l'industrie et du tourisme. Le 6 août 1808, l'empereur visite la ville qui fait tirer des coups de canon en son honneur. Le 19 mai 1810, il signe un décret transférant la préfecture de Saintes à La Rochelle à compter du 1er juillet 1810.


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France

Présentation

La France, officiellement la République française (souvent appelée l'hexagone dans la presse), est un pays constitué d'un territoire situé en Europe et nommé Métropole ainsi que de territoires situés outre-mer. La France est l'État de l'Union européenne dont le territoire européen est le plus étendu. Ce territoire, situé en Europe occidentale, est bordé par l'océan Atlantique à l'ouest, par la Manche (qui la sépare du Royaume-Uni) et la mer du Nord au nord, par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie à l'est, et par la mer Méditerranée, l'Andorre, Monaco et l'Espagne au sud. Par les DOM-TOM, la France est également bordée par les Pays-Bas, le Brésil, le Suriname, l'Australie, mais aussi par l'océan Pacifique, l'océan Indien, la mer des Caraïbes, etc.

La France est, parmi tous les grands États européens, le plus anciennement constitué, autour d'un domaine royal initialement centré sur l'Île-de-France, sa capitale étant Paris. Membre du Conseil de l'Europe, c'est l'un des pays fondateurs de l'Union européenne, de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et fait partie de l'Union latine, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de la Francophonie et du Groupe des huit (G8).

Les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur la démocratie et les droits de l'homme et du citoyen de 1789, dont elle est la patrie d'origine.

Militairement, la France est membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) - elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002 - et dispose de la dissuasion nucléaire.

Son économie est de type capitaliste avec une intervention étatique non négligeable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, depuis une trentaine d'années, des réformes successives ont entraîné un désengagement progressif de l'État de plusieurs entreprises publiques.

Au cours du « Grand Siècle Â», la France a été façonnée par les arts et la philosophie. Berceau des « Lumières Â», elle a influencé les révolutions américaines, puis la Révolution française a insufflé l'élan et l'exemple démocratique dans le monde entier, développant des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité. La culture française rayonne au-delà du cadre européen : du fait des explorations de la Renaissance, des XVIIIe et XIXe siècles, la France a diffusé sa culture et sa langue à de nombreux peuples, au Canada, en Afrique, mais aussi dans quelques régions du Moyen Orient, d'Asie et du Pacifique. Sa gastronomie est de réputation mondiale. De nos jours la France subit de plus en plus l´influence culturelle des États-Unis.

Le français est la langue officielle de la République, mais on y compte aussi 77 langues régionales.

Histoire

La France actuelle, pays de langue romane mais de superstrat germanique, occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie « hommes libres Â», qui se forma tardivement et s'installa sur une partie des terres de l'Empire romain.

Francia désigne à l'origine la région du nord de l'Europe, peuplée, ou plutôt dominée, par un peuple de guerriers germaniques qui se nomment eux-mêmes les Francs. Francia n'a alors pas une connotation politique mais plutôt géographique ou sociologique, comme Maghreb ou Balkans au XXIe siècle. Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élit un chef de guerre nommé roi des Francs, et se place librement sous son autorité pour les affaires militaires. La guerre étant considérée comme la valeur par excellence de l'homme libre, franc finit par devenir synonyme de libre.

En 1204, le mot Francia désigne, pour la première fois, le territoire sur lequel s'exerce l'autorité de ce roi des Francs, qui commence sporadiquement à se nommer rex Francie. Cette autorité se limite encore à celle qu'autorise le lien de vassalité, et ne porte donc que sur les seigneurs eux-mêmes, à l'exclusion de leurs territoires, de la population de ceux-ci, et même des propres vassaux de ces seigneurs. On peut donc par exemple rapprocher cet événement de l'utilisation à partir de 1957 d'Europe dans un sens politico-économique. Ceci ouvre toutefois la porte au concept d'une autorité civile du roi sur un territoire. Mais il faut attendre le XVe siècle pour que ce concept soit reconnu, bon gré mal gré, sinon accepté (guerre folle), par la plupart des seigneurs.

Au début du XVIe siècle le concept de « chose publique Â» fait une réapparition timide après avoir disparu avec la chute de l'empire romain. En 1499, le contrat de mariage du roi de France, qui dispose de la propriété de la France, tente, sans succès, de constituer un engagement non seulement entre les signataires, mais aussi entre leurs descendants, et même leurs successeurs. La nationalité française est définie à cette époque.

C'est aussi vers cette époque qu'un embryon d'État commence progressivement à se mettre en place. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, le roi est un nomade qui se déplace avec toute son administration, ne restant jamais plus de quelques semaines dans la même résidence, ce qui limite singulièrement les possibilités de centralisation des fonctions étatiques.

Au début du XVIIe siècle, la politique étrangère de la France commence à dépasser les seules agressions militaires directes. Richelieu introduit la diplomatie comme une façon de faire mener ses guerres par d'autres pays.

La révolution française constitue l'acte de naissance de la Nation française, et du peuple français en tant qu'acteur politique. Il ne s'agit alors pourtant encore que de concepts tout théoriques. Ce sont les guerres napoléoniennes, et surtout les grandes guerres de 1870, 1914 et 1939 qui font de la Nation française une image mentale partagée par les Français. Les difficultés économiques liées à la mondialisation du début et de la fin du XXe siècle exacerbent (comme dans le reste de l'Europe) ce sentiment national en un nationalisme.

La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur. L'un des sites les plus anciens (- 1 800 000 ans), contesté par certains auteurs, est le site de Chilhac (Haute-Loire). Plusieurs sites français ont donné leur nom à des faciès culturels, tels que l'Acheuléen, le Moustérien, le Solutréen ou le Magdalénien. Le territoire national compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur dont la plus connue est sans doute Lascaux (Dordogne, -15 000). À partir de -7000 environ, la région entre dans le Néolithique, le plus ancien village connu étant le site de Courthézon (Vaucluse), daté de 4560 av. J.-C. environ.

Arrivés vers -900 sur le territoire de la France actuelle, les Celtes en occupent l'ensemble au IIIe siècle av. J.-C.. Vers 680 av. J.-C., le littoral méditerranéen voit l'arrivée des premiers colons grecs, avec la fondation du comptoir d'Antibes.

La Gaule passe sous la domination romaine vers 125 av. J.-C. pour la Gaule narbonnaise, et en 51 av. J.-C., après la guerre des Gaules, pour le reste du territoire. Sous l'Empire, une civilisation gallo-romaine prospère se développe, apportant à la France une base de culture latine et conduisant indirectement à la christianisation, qui s'opère lentement du IIe au VIe siècle.

La Gaule connaît à partir du Ve siècle l'époque des migrations barbares, avec la présence de plusieurs peuples, notamment les Burgondes, les Wisigoths et les Francs.

Une grande partie des régions constituant la France actuelle sont réunies sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs Â» qui s'exerce sur ce que l'on appelait encore la Gaule tire sa légitimité et son unité de sa romanité culturelle. Mais il est partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages des héritiers de Clovis (dynastie des Mérovingiens). Ces royaumes ultérieurs s'appellent Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Bordeaux).

À partir du milieu du VIIIe siècle Pépin le Bref, roi des Francs non mérovingien, étend considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire par son fils Charlemagne et son petit-fils Louis le Pieux. Après la mort de Louis, son domaine est partagé en trois parties où l'autorité centrale s'effondre rapidement, ramenant l'organisation de la région à la situation antérieure : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie, domaine d'un empereur très théorique. La partie orientale correspond à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne). Des descendants de Charlemagne  Â»Â” les Carolingiens  Â»Â” conservent une influence symbolique sur des territoires correspondant très grossièrement à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet est élu roi des Francs.

Hugues Capet, en modifiant les règles de succession, crée les conditions qui permettront, au long des siècles suivants, la constitution de la France. Ses descendants, les Capétiens règnent alors sur la France, en trois dynasties successives (Capétiens directs, Valois et Bourbons), jusqu'en 1792 lorsque Louis XVI est déposé lors de la Révolution française, puis durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.

Les premiers rois de la dynastie étendent progressivement le domaine royal, consolident la royauté franque malgré l'opposition des Plantagenêts, qui se matérialise par la guerre de Cent Ans. Mais ce n'est qu'à la fin du XIIe siècle que Philippe Auguste étend pour la troisième fois en un millénaire l'autorité du roi des Francs des Pyrénées à la Manche. C'est à cette époque qu'on commence à employer l'expression royaume de France, et que celui-ci acquiert un poids comparable à celui de l'Angleterre ou du Saint Empire romain germanique. Les derniers siècles du Moyen Âge, marqués par les crises de la Guerre de Cent Ans et de la peste noire, renforcent finalement l'autorité royale, qui ne devient incontestable qu'au XVe siècle, avec Louis XI.

À la fin du Moyen Âge l'Espagne des rois catholiques et les possessions des Habsbourg s'unissent, ce qui donne naissance à l'empire de Charles Quint. François Ier et son fils Henri II luttent contre cette nouvelle puissance avec des succès et des revers. Mais les guerres de religion qui marquent la seconde moitié du XVIe siècle et le règne des derniers Valois (François II, Charles IX, Henri III) éloignent la France du théâtre européen.

Il faut attendre Henri IV, puis Louis XIII et son ministre Richelieu, pour que la prépondérance espagnole soit remise en cause au profit de la France. Malgré la disparition prématurée de ces acteurs, l'équilibre des forces est rétabli puis renversé, par de grands politiques comme Mazarin, notamment en 1648 (traité de Westphalie) et 1659 (traité des Pyrénées).


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