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nantes
Économie
C'est en 1989 que le choix de regrouper les chambres de commerce des deux villes a été fait. 120 chefs d'entreprises ont été élus par les 40 000 entreprises de la Loire-Atlantique[211]. La CCI a un budget de 70 millions d'euros, et emploie 490 collaborateurs[212]. Elle gère notamment l'Aéroport de Nantes-Atlantique, le Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire et le Parc des Expositions de la Beaujoire[213].
Le Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire (anciennement Port autonome de Nantes-Saint-Nazaire) est un établissement public de l'État français par lequel transite principalement du vrac énergétique (produits pétroliers, GNL, charbon). Il occupe sur la ville de Nantes les terminaux de Cheviré (produits forestiers, sucre, engrais, ferraille) et de Roche-Maurice (céréales, engrais, fonte), représentant 10 % du total de son trafic. En centre-ville, le quai Wilson, situé sur l'île de Nantes, accueille depuis 2002 les paquebots de croisière. Ses autres sites, en aval de l'estuaire, se situent à Donges, Montoir-de-Bretagne et Saint-Nazaire.
En 2009, dans un contexte de régression de l'activité maritime mondiale, le port Nantes-Saint-Nazaire a un trafic extérieur de 29,8 millions de tonnes (Mt), un recul de 11,5 % par rapport à 2008. Cette baisse est forte pour le secteur concernant le trafic sur la commune de Nantes, le non-énergétique, qui passe de 10,9 Mt à 9 Mt (-18 %). Le trafic alimentaire pour bétail, passant de 2,3 Mt à 1,9 Mt subit une baisse de 17 %, tandis que le trafic automobile baisse de 37,6 %. Le trafic conteneurisé diminue de 6,1 % pour atteindre 1,6 Mt[214].
Culture locale et patrimoine
Nantes appartient au réseau des Villes et pays d'art et d'histoire, animé par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, et qui rassemblent les villes soucieuses de préserver et de promouvoir leur patrimoine. Ainsi, dès 1972, la ville a délimité un secteur sauvegardé compris entre le quai de la Fosse et les cours Saint-Pierre et Saint-André et incluant notamment le château, la cathédrale, le quartier du Bouffay, l'île Feydeau, la place Royale et le quartier Graslin[215]. Avec 126 ha, il est l'un des secteurs sauvegardés les plus importants de France[216]. Par ailleurs, Nantes est riche d'un patrimoine statuaire important disséminé dans la ville ainsi que de quatre fontaines Wallace[217]. Le maire, Jean-Marc Ayrault, souhaite faire inscrire la ville et l'estuaire de la Loire au patrimoine mondial de l'UNESCO[218].
Le château des ducs de Bretagne est situé sur la rive droite de la Loire dans le centre-ville de Nantes. Il était la résidence principale des ducs de Bretagne du XIIIe au XVe siècle. C'est une forteresse constituée de sept tours reliées par des courtines. La cour possède plusieurs bâtiments datant du XVe, XVIe et XVIIIe siècle dont la résidence ducale construite en pierre de tuffeau[219].
Entrée du Château entre les tours du Pied-de-Biche et de la Boulangerie.
Le Grand Gouvernement, le Grand Logis et la tour de la Couronne d'Or.
Le quartier médiéval du Bouffay, proche du château et de la cathédrale, à l'intérieur des limites de l'ancienne enceinte, date du XVe siècle. Il abrite un ensemble de maisons aux façades à pans de bois, à colombages et à encorbellements, ou reconstruites en pierre au XVIIIe siècle dans le parcellaire médiéval[220].
Les bâtiments datant du XVIIIe siècle, dont les architectes sont Jean-Baptiste Ceineray et Mathurin Crucy, se situent dans les quartiers du coeur de la ville. On y retrouve plusieurs places comme la place Graslin avec le théâtre ; la place Royale, dont la fontaine représentant la Loire et ses affluents, les sols, les façades et les éclairages ont été rénovés en 2007 ; la place du Commerce, la plus animée du centre-ville et la place du Maréchal-Foch avec sa colonne servant de stèle à l'une des rares statues de Louis XVI existant en France. Ces places sont reliées par de larges perspectives comme le cours Cambronne ou le Cours Saint-Pierre et Saint-André. Ces quartiers regroupent aussi l'ancien palais de justice de Nantes, situé place Aristide Briand et dessiné par Chenantais, la préfecture de la Loire-Atlantique (ancienne chambre des comptes de Bretagne), le palais de la Bourse qui abrita l'Office de tourisme puis aujourd'hui la Fnac et enfin l'île Feydeau (rue Kervégan, Temple du Goût, cour Ovale), urbanisée en un seul ensemble, comparable à l'île Saint-Louis à Paris. Le quai de la Fosse et les rues qui y descendent, où se trouvaient les maisons de filles à matelots, constituent l'ancien port de Nantes.
Inaugurée en 1976, la tour Bretagne domine la ville du haut de ses 144 mètres. La maison des Compagnons du Devoir au sud de la gare, est pourvue d'un clocher tors. L'immeuble CGA date des années 1930, et a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle », tandis que le Blockhaus DY10 témoigne de la période d'occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Jean Nouvel est l'architecte du Palais de justice de Nantes sur l'île de Nantes.
Le comblement à partir de 1929 des bras nord de la Loire et de l'Erdre canalisée (devenue le Cours des 50-Otages) a grandement transformé le caractère de la ville ancienne. Le château des Ducs, la place du Commerce, les façades de l'île Feydeau et du quai de la Fosse se trouvaient à l'origine en arrière des quais, au bord de l'eau. Une figuration de quais a été reconstruite le long de la face sud de l'île Feydeau (conçu par l'urbaniste Bruno Fortier).
Le cours Cambronne avec au premier plan la statue du général, rénovée en 2008.
De nombreux lieux de culte sont construits sur le territoire de la commune, principalement des églises catholiques[183].
La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style gothique, est située sur la place Saint-Pierre. Sa construction s'est déroulée de 1434 à 1891 (457 ans). L'édifice voit le jour sous l'impulsion du duc de Bretagne Jean V le Hotin et de l'évêque Jean de Malestroit en 1434. La façade est achevée dès la fin XVe siècle, les tours ne le sont qu'en 1508, la nef et les collatéraux le sont également au début du XVIe siècle, la voûte gothique de la nef, le bras sud du transept et les arcs-boutants sont terminés au XVIIe siècle et le chevet fin XIXe siècle. La cathédrale est finalement inaugurée le 25 décembre 1891. Après avoir subi les dommages de la pollution urbaine, du manque d'entretien et des bombardements de 1944, l'édifice bénéficie d'une restauration. Mais un incendie se déclenche à la fin des travaux, en 1972[221]. Un nouveau chantier de restauration commence un an plus tard. Cette cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[222].
La basilique Saint-Nicolas est l'un des premiers projets néogothiques de France datant du XIXe siècle. L'édifice se situe dans le centre ville de Nantes. Cette église est construite par Jean-Baptiste-Antoine Lassus. Elle fut érigée en basilique le 28 octobre 1882. Bâtie sur un terrain exigu, la basilique est orientée sur un axe nord-sud inhabituel pour un édifice de tradition chrétienne. Les principaux matériaux utilisés pour sa construction sont le granit local et le tuffeau de Touraine. Cette basilique fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[223].
L'église Notre-Dame de Bon-Port est construite en 1852 par les architectes Saint-Félix Seheult et Joseph-Fleury Chenantais. Elle se situe place du Sanitat près du quai de la Fosse, où se tenait l'essentiel du trafic du port de Nantes au moment de sa construction, d'où son nom. Elle est coiffée d'un dôme faisant référence à celui des Invalides de Paris. Au sommet de la flèche, on trouve un archange doré. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1975[224].
Deux grandes mosquées ont été construites en 2009. La mosquée Arrahma de Nantes[188] est située dans le nord de la ville. La mosquée dite mosquée des Turcs est située boulevard du Bâtonnier Cholet. C'est une architecture traditionnelle avec un minaret haut de 18 mètres qui a été adoptée. Une troisième, la mosquée Assalam de Nantes, est en cours de construction, la première pierre est posée le 11 mai 2009. Située dans le quartier Malakoff, elle aura une surface d'environ 3 100 m2. Elle est conçue dans un style moderne, avec un minaret éclairé. La livraison est prévue fin 2010[189].
Le temple de Nantes, lieu de culte protestant place Édouard-Normand, inauguré en 1958, est conçu par l'architecte Victoire Durand-Gasselin. Il remplace un bâtiment plus ancien, construit en 1855, et détruit par un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale.
L'église orthodoxe qui se situe boulevard de la Beaujoire porte le nom de Saint-Basile.
Le passé industriel de la ville lui a légué un patrimoine important, notamment le site des anciens Chantiers Dubigeon, ou encore la biscuiterie LU devenue Le Lieu unique[225]. Enfin l'ancienne Manufacture des tabacs de Nantes fut réhabilitée dans les années 1980 afin d'accueillir services municipaux et logements et ainsi donner forme à un petit quartier proche du centre-ville[226]. La raffinerie de sucre Béghin-Say sur l'île Sainte-Anne, construite en 1936, a bénéficié en 1993 d'une rénovation la laissant apparaître en bleu et blanc[226].
La Manufacture des tabacs a été dessinée par Chenantais en 1861 d'après un prototype strasbourgeois. Elle est composée de cinq bâtiments, avec deux cours intérieures. On y fabriquait cigares, tabac, allumettes[226]. L'usine des Batignolles a été fondée en 1919 par une entreprise spécialisée dans la mécanique pour chemin de fer[227].
Nantes a également de beaux bâtiments consacrés à la production d'électricité, la première rue Lamoricière, dont l'intérieur évoque l'architecture des châteaux du XVIIIe siècle, a été réhabilitée en supérette pour la petite halle et en gymnase pour la grande. La seconde se situe rue des Usines à Chantenay, avec les mêmes matériaux que celle de Lamoricière, mais en plus grand, ce qui peut amener à la comparer à une cathédrale[228].
Les anciens bureaux des Ateliers et chantiers de Nantes sont des vestiges des établissements de la construction navale à Nantes. Non loin de là se dressent deux grues Titan. La première mesure 34 mètres de haut, et a été montée par les ateliers Joseph Paris en 1954. Elle était grise à l'origine et a été peinte en jaune lors de sa rénovation[229]. La seconde grue monumentale, classée monument historique, est un modèle Titan 01. Cette grue a été mise en service en 1966-1967 et a fonctionné jusqu'en 2002[230].
Le passage Pommeraye est une galerie marchande du centre ville. Construit de 1841 à 1843, ce passage mixte constitué de commerces et d'habitats est construit sur trois niveaux. Il s'organise autour d'un escalier central monumental. La partie haute recèle des arcs ornés de stuc et huit médaillons, oeuvre de Guillaume Grootaërs, dans lesquels apparaissent les têtes de personnages célèbres. Dans la galerie haute figurent seize statues de Jean Debay, symbolisant les domaines chers à la ville de Nantes : agriculture, beaux-arts, commerce, etc. ainsi qu'une horloge entourée des statues de Diane et Apollon, toujours de Debay[231]. Le passage a été classé monument historique en 1976[232].
Créé par Jules-César Decré vers la fin des années 1860 le bazar Decré est la première étape de ce qui deviendra plus tard l'empire Decré[233]. Dès 1880, il installe son commerce au 6 de la Basse-Grand-Rue (dorénavant rue de la Marne). En 1931, le magasin s'agrandit dans une architecture moderniste conçue par Henri Sauvage. Touché par les bombardements de 1943, Decré est reconstruit[233].
La brasserie La Cigale a ouvert ses portes le 1er avril 1895. C'est une brasserie Belle Époque d'inspiration Art Nouveau[234]. Elle a été classée monument historique en 1964[235].
La chocolaterie-confiserie Georges-Gauthier, rue de la Fosse, est une illustration de ce qu'était l'architecture commerciale de la fin du XIXe siècle, avec ses motifs géométriques et floraux, son pavement de marbre, son lustre de cristal, son plafond oeuvre du Nantais Picou, son comptoir et sa caisse en bois[236]. Tout aussi caractéristique, mais de l'Art Nouveau cette fois, la devanture de la Fromagerie centrale, à base de carreaux de céramique blancs avec des inscriptions bleues, se situe 8 rue Contrescarpe[237].
Nantes a obtenu quatre fleurs avec distinction Grand Prix aux palmarès 2006 et 2007 du concours des villes et villages fleuris[238]. Le Service des espaces verts et de l'environnement de la Ville de Nantes (SEVE) recense 95 parcs, jardins, cours, places et squares sous sa responsabilité[239].
Créé en 1807 et ouvert au public en 1865[240], le Jardin des plantes de Nantes est conçu selon les critères en vogue au XIXe siècle. La tradition de la mosaïculture y est maintenue, la décoration florale est agrémentée d'un grand nombre de cascades et pièces d'eau. On trouve dans ce parc de 73 280 m2, appelé officiellement jardin botanique, une collection d'épiphytes, une autre de cactées et succulentes, une présentation de la flore du Massif armoricain, une collection de camélias, et enfin le plus vieil arbre du jardin, le magnolia d'Hectot, planté en 1807 à l'âge de seize ans[241].
Le jardin japonais de l'Île de Versailles offre un paysage de rocailles, de cascades, de plans d'eau, entourés de bambous, cerisiers du Japon, rhododendrons, camélias et cyprès chauves[242].
Plus classique, le parc de Procé était à l'origine le domaine entourant un manoir bâti en 1789. Le patrimoine végétal du parc s'est peu à peu enrichi avec des rhododendrons, magnolias, fuchsias, dahlias et bruyères. Le parc héberge un des plus vieux tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipifera) de France[243].
Le parc Floral de la Beaujoire, créé à l'occasion des Floralies de 1971, contient une des plus grandes fontaine monumentale d'Europe. La partie nord est dédiée à l'horticulture, principalement axée sur la rose, à laquelle trente-et-un sites sont consacrés et permettent l'exposition de 25 000 rosiers de 1 500 espèces différentes[244].
La Petite Amazonie, seul site classé Natura 2000 en milieu urbain, est un marécage sauvage situé au nord du quartier Malakoff et au sud de la gare. Le site est interdit au public mais des visites guidées sont organisées par la Ligue pour la protection des oiseaux[245].
Actuellement, la société d'économie mixte Nantes Gestion Équipements sous l'insigne Les 3 ports, gère trois zones principales d'accueil des bateaux de plaisance, dont une est à Nantes. Cette zone comprend deux sites en centre-ville : l'Erdre (bassin Ceineray et bassin Malakoff) et la Loire (ponton Anne-de-Bretagne et ponton des chantiers).
Le ponton des chantiers, installé en 2007 sur l'île de Nantes au quai Wilson, est réservé en priorité aux navires à passagers. Il peut accueillir des paquebots ayant un tirant d'eau inférieur à 8 mètres et n'excédant pas 180 mètres. Toutefois, des « dérogations » sont obtenues jusqu'à 200 mètres. Dans le cadre du grand projet urbain de l'Île de Nantes, il est prévu depuis le départ le creusement d'un bassin à flot de 600 mètres de long par 65 mètres de large à l'emplacement de l'actuelle gare de l'État. Relié à la Loire par une double écluse juste au nord du Hangar à bananes, ce bassin doit abriter 300 places de port au sein même d'un futur quartier.
Le ponton Anne-de-Bretagne, installé en 2009 le long du quai de la Fosse (au pied du pont Anne-de-Bretagne), est attenant au nouveau ponton du trois-mâts barque Belem.
Le paquebot allemand Europa de la haps Lloyd Cruises en escale à Nantes.
Le paquebot britannique Black Prince en escale à Nantes le 30 avril 2009.
La ville dispose de quinze cimetières, qui sont ouverts tous les jours. Ils ont pour noms Bouteillerie, Chauvinière, Cimetière parc paysager, Miséricorde, Pont-du-Cens, Sainte-Anne ancien, Sainte-Anne nouveau, Saint-Clair, Saint-Donatien, Saint-Jacques, Saint-Joseph de Porterie, Saint-Martin nouveau, Saint-Martin ancien, Toutes-Aides et Vieux-Doulon[246].
Le plus ancien d'entre eux est le cimetière Saint-Donatien, qui jouxte la façade est de l'église du même nom. Il abrite la chapelle Saint-Étienne (anciennement chapelle Saint-Georges ou Saint-Agapit), le plus ancien édifice religieux du diocèse de Nantes[247].
Le cimetière Miséricorde est surnommé « le Père-Lachaise nantais ». Le long d'une allée bordée de cyprès et de tilleuls sont alignés une soixantaine de mausolées de style néogothique, qui abritent les défunts des « grandes familles » nantaises. La partie la plus ancienne accueille les cimetières juif et protestant[248]. Jusque dans les années 1870, le carré juif était enclavé dans la partie réservée aux protestants[249].
Plusieurs musées consacrés à des domaines très variés sont implantés à Nantes. Parmi eux le Musée d'histoire, à l'intérieur du château des ducs de Bretagne, offre au public une rétrospective des activités nantaises au fil des siècles ainsi qu'une vaste ouverture au monde contemporain. Il abrite notamment le reliquaire du coeur d'Anne de Bretagne. Le musée des Beaux-Arts de Nantes dispose d'une importante réserve artistique composée essentiellement de peintures, ce qui lui permet de proposer un panorama complet de la peinture occidentale du XIIIe siècle à nos jours[250]. Le musée Dobrée abrite une riche collection d'oeuvres du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle. Il rassemble aussi un très large éventail d'objets archéologiques allant de l'ère glaciaire jusqu'à la période carolingienne[251].
Le Musée Jules-Verne est entièrement consacré à la vie et l'oeuvre de l'écrivain né à Nantes en 1828[252]. Dans un tout autre registre, le muséum d'histoire naturelle de Nantes présente des collections de sciences naturelles et abrite différentes collections de zoologie générale, de faune régionale, de minéralogie ainsi qu'un vivarium présentant reptiles et batraciens de toutes origines[253]. Dans le domaine de l'astronomie, le planétarium de Nantes propose sous un dôme de 8 mètres de diamètre, des projections représentant le système solaire et les différentes constellations. Il est également équipé d'un planétaire numérique[254].
Le musée de l'Imprimerie de Nantes expose les différentes techniques de composition manuelle ou mécanique, les presses typographiques, la gravure taille douce et la lithographie[255], etc. Plus insolite, le musée de la Machine à coudre expose plus de cent modèles témoignant de l'histoire de la machine à coudre[256]. Les autres musées consacrés aux métiers sont le Musée des Compagnons du devoir, le musée de La Poste et le musée des sapeurs-pompiers de Loire-Atlantique. Témoignage du passé maritime de Nantes, le musée naval du Maillé-Brézé a pour cadre un escorteur mis en service en 1957 et désarmé en 1988[257].
Enfin, le premier mémorial à l'abolition de l'esclavage d'Europe devrait voir le jour à l'été 2011 le long du quai de la Fosse, entre le pont Anne-de-Bretagne et la passerelle Victor-Schoelcher[258].
Nantes dispose de plusieurs équipements dédiés à la culture et aux loisirs. La Cité, Nantes Events Center (baptisée jusqu'en 2010 Cité internationale des congrès), centre d'affaires, de conférences, de congrès et de spectacles, fut édifiée de 1986 à 1992 d'après les plans de l'architecte Yves Lion. Dédié aux foires-expositions et salons événementiels, le Parc des Expositions de la Beaujoire est un complexe situé sur les bords de l'Erdre. Il accueille notamment les Floralies internationales de Nantes. Le théâtre Graslin est une salle d'opéra. Il a été conçu par l'architecte Mathurin Crucy en 1788 et est situé sur la place du même nom. Le Lieu unique est un ancien bâtiment de la biscuiterie LU situé quai Baco, dû à l'architecte Auguste Bluysen. Une partie fut transformée par l'architecte Patrick Bouchain en un centre culturel.
Les autres lieux culturels importants sont le Pannonica, l'Olympic, la Bouche d'air ou salle Paul Fort pour la musique ; la compagnie du Café-théâtre, le théâtre du Sphinx, le TNT (Terrain neutre théâtre), le théâtre Beaulieu-Sémaphore, le TU (Théâtre universitaire), le théâtre de Poche Graslin, le Grand T (anciennement Maison de la culture de Loire-Atlantique), le théâtre du Cyclope et la salle Vasse (dont la direction artistique a été confiée à la compagnie Science 89) pour la comédie et l'art dramatique[259].
Pour les équipements dédiés au cinéma, quatre salles sont classées cinéma d'art et essai à Nantes : le Bonne Garde (quartier Saint-Jacques), Le Cinématographe près du château des ducs de Bretagne, le Concorde dans le quartier Zola et le Katorza près du théâtre Graslin[260],[261]. Nantes dispose aussi de complexes cinématographiques. Un seul se trouve dans la ville même, le Gaumont de la place du Commerce.
À Nantes, la musique classique est représentée par différents orchestres. Il y a notamment l'Orchestre national des Pays de la Loire, dirigé par John Axelrod[262] qui propose une saison symphonique à Nantes et Angers (siège social et logistique depuis sa création en 1971). Les musiciens sont répartis équitablement entre les deux villes. Angers-Nantes Opéra officie à Nantes au Théâtre Graslin et à Angers au Grand Théâtre. La Philhar, orchestre d'harmonie de Nantes, est composée de musiciens amateurs (70 %) et professionnels (30 %) sous la direction musicale de Frédéric Oster[263]. Le Bagad de Nantes[264] représente la musique traditionnelle bretonne.
Le rock nantais tient aussi une place importante. Celui-ci connaît un essor dans les années 1980 avec notamment Elmer Food Beat puis c'est en 1990 qu'une seconde vague rock arrive avec tout d'abord Dominique A puis plusieurs groupes comme Dolly. Le groupe le plus emblématique de la ville reste cependant Tri Yann, toujours en activité plus de 35 ans après sa fondation.
Plusieurs chansons ont pour thème ou cadre la ville de Nantes. Dans les chansons traditionnelles se détache le célèbre Dans les prisons de Nantes remise au goût du jour par les Tri Yann dans les années 1970. La chanson de marins Jean-François de Nantes est également connue. La chanteuse Barbara écrit et interprète l'une de ses plus grandes chansons Nantes[265].
Nantes est citée par plusieurs auteurs de littérature. On peut citer notamment André Breton dans son livre Nadja où il décrit la vie nantaise : « Nantes : peut-être avec Paris, la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent par eux-mêmes de trop de feux [...], où pour moi la cadence de la vie n'est pas la même qu'ailleurs, où un esprit d'aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d'où peuvent encore me venir des amis. »[266]
Dans Antoine Bloyé (1933), Paul Nizan situe à Nantes le lieu de la retraite en 1924 (et, en 1927, de sa mort et de ses funérailles au cimetière de Miséricorde) du personnage central de son livre. Il parle de Nantes dans une tonalité beaucoup plus terne qu'André Breton : « Nantes est une ville où le commerce de mer, les banques, les usines, les faces blanches des femmes dévotes, la mort et l'inquiétude sont les éléments mystérieux d'une vie que nulle autre ville française n'impose à ses habitants. Les gens de Nantes, accoutumés depuis leur enfance aux façons de leur ville, ne prennent plus garde à l'air qu'on respire sur les deux rives de la Loire. Cette ville était peut-être celle où Antoine pouvait le moins facilement trouver le repos qu'il cherchait, l'absence d'inquiétude qui doivent composer pour un homme au bout de sa tâche l'atmosphère morale de la vieillesse. [...] Nantes ne pouvait être pour lui que la ville où l'on s'installe pour attendre la mort, la ville d'où l'on ne déménagera plus. »[267]
Paul Guimard situe une bonne partie de son roman L'Ironie du sort (1961) à Nantes : « Il pleuvait lorsque le camion freina rue Mercoeur, devant la porte d'Antoine, un de ces grains venus du golfe de Gascogne, qui remontent comme par erreur l'estuaire de la Loire mais qui, loin dans les terres, restent encore marins et crèvent sur la ville ainsi que sur un navire. »[268].
Julien Gracq quant à lui personnifie Nantes dans La Forme d'une ville (1985) « Ville du vin, et non du cidre, presque autant vendéenne que bretonne, mais solidement accrochée et retenue aux dernières pentes du Sillon de Bretagne, n'aventurant qu'un pied peureux vers les grèves déjà méridionales de la rive gauche, elle semble regarder les rivages de Saint-Sébastien et de Trentemoult comme les lisières d'un pays de Cocagne, pays où elle puise sa sève populaire, pays qui la séduit et qui l'attire, mais dont un fleuve difficile lui a mesuré chichement les accès. »[269]
Un certain nombre de films ont pour cadre la ville de Nantes. En 1946, Maurice Gleize y tourne en partie Le Bateau à soupe dans lequel un trois-mâts, le Duchesse Anne, sert de toile de fond à l'intrigue. En 1961, c'est Jacques Demy, nantais d'origine, qui réalise Lola, l'histoire d'une danseuse de cabaret qui retrouve un ami d'enfance au passage Pommeraye[270]. Un autre Nantais, Denys de La Patellière, prend la ville pour cadre en 1965 avec son film Le Tonnerre de Dieu.
Au début des années 1980, Michel Léviant tourne à Nantes La Gueule du loup, mettant en scène la ville portuaire. C'est aussi le cas de Jacques Demy qui revient dans sa ville d'origine pour réaliser Une chambre en ville en 1982[271]. Il dépeint les grèves des chantiers navals de 1955. En 1991 et 1993, le réalisateur Jean-Loup Hubert sort les films La Reine blanche et À cause d'elle, le premier ayant pour cadre Trentemoult, le village des cap-horniers nantais[272],[273]. C'est en 1991 qu'Agnès Varda, compagne de Jacques Demy, réalise le film qui retrace l'enfance nantaise de Demy, Jacquot de Nantes[274].
En 2001, Pascal Thomas y tourne Mercredi folle journée !...[275]. En 2004, c'est Claude Chabrol qui réalise La Demoiselle d'honneur dans la banlieue nantaise. Un baiser s'il vous plaît, le film d'Emmanuel Mouret est tourné à Nantes en 2007.
La gastronomie nantaise se compose de plusieurs produits typiques. La position de la région nantaise le long de la vallée de la Loire a favorisé le maraîchage. La région assure près de 85 % de la production nationale de mâche[276], salade cultivée depuis la Renaissance dans des sols sablonneux. Les maraîchers nantais du bassin de l'estuaire de la Loire la récoltent surtout en hiver.
Une des spécialités proposées au menu de quelques restaurants locaux est le lard nantais ; une préparation composée de couenne, de foie, de poumon et de côtelettes de porc dégustée de préférence avec du muscadet, se consomme aussi aux alentours de Nozay et Savenay.
Le beurre blanc également appelé beurre Nantais est une sauce typique de la région inventée par Clémence Lefeuvre[277], cuisinière du marquis de Goulaine, au début du XXe siècle. Il s'agit d'une réduction d'échalotes grises hachées dans du vinaigre et du muscadet ensuite montée au beurre[278], qui accompagne les poissons de rivière (la sandre ou le brochet), comme les poissons marins (le lieu noir ou l'alose).
La région nantaise a son fromage traditionnel, le curé nantais, qui peut être affiné au muscadet. À base de lait de vache cru et entier, à pâte molle à croûte lavée, il est de forme carrée avec les bords arrondis. Créé en 1880 à Saint-Julien-de-Concelles, il est désormais produit à Pornic[279].
Du côté des desserts et confiseries, le berlingot nantais a été créé par des confiseurs locaux au XIXe siècle[280], profitant des arrivages de sucre des Antilles dans le port de commerce. Plus tendre que le berlingot, la rigolette, inventée en 1902, est une coque de sucre cuit renfermant de la pulpe de fruit[221]. Le « gâteau nantais » est un quatre-quarts fabriqué à base de poudre d'amandes et relevé de rhum[278]. Une autre pâtisserie du cru est la fouace nantaise[281] à l'origine fabriquée à La Haie-Fouassière ; elle accompagnait la dégustation de muscadet à l'automne. Il s'agit d'un pain enrichi en sucre et en beurre, aplati et façonné en forme d'étoile à six branches. On compte également des biscuiteries de renom ; LU et BN produisent respectivement le Petit beurre[282] et les biscuits fourrés[278].
Le vignoble nantais produit notamment deux vins blancs secs réputés. Le premier, le muscadet, est issu d'un cépage unique, le melon, dont l'aire de production se situe sur les coteaux de l'Est du département entre le lac de Grand-Lieu et la vallée de la Loire. Il est divisé en quatre sous-appellations labellisées AOC. Le second, le gros plant nantais, issu du cépage folle-blanche, est labellisé VDQS. Ce sont des vins très appréciés en accompagnement de fruits de mers et de coquillages.
Le Nantillais, autre boisson typiquement nantaise, est un sirop créé au XVIe siècle, composé de gingembre, de zestes d'orange douce, de citron jaune, de cassis ou de fleur d'hibiscus. Il est souvent servi avec du muscadet lors de l'apéritif.
En 2010 la région nantaise, leader européen du marché, concentre 90 % de la production nationale de muguet de mai. 60 millions de brins sont produits dans le pays nantais, pour un chiffre d'affaire de 12 millions d'euros. 7 000 contrats saisonniers sont générés au moment de la récolte qui se déroule principalement fin avril afin de fournir la demande massive du 1er mai[283].
À l'origine, ces armoiries sont le sceau du conseil des bourgeois de Nantes en 1350. Confirmé par le roi de France Henri II en 1564, le blason conserva son chef d'hermine et la devise : Oculi Omnium In Te Sperant Domine (« Les yeux de tous se tournent vers toi et espèrent, Seigneur »). La mer était alors d'azur (bleue). En 1808, Napoléon Ier chargea le chef de Bretagne d'un comble de gueules à trois abeilles d'or et la mer devint de sinople. En 1815, le chef redevint d'hermine plain et la devise changea en : Favet Neptunus Eunti.
En 1986, la municipalité se dote d'un logo officiel pour représenter la ville. Des barres grises verticales formant un hexagone sur lequel est superposée une vague bleu rappelant la forme de l'estuaire. Depuis 2005, Nantes dispose d'un nouveau logo[104].
Depuis le XIVe siècle, la devise de la ville était Oculi Omnium In Te Sperant Domine (« Les yeux de tous se tournent vers toi et espèrent, Seigneur »)[285]. En 1814, Prosper de Barante, préfet de Loire-Inférieure, proposa une nouvelle devise[286] : Favet Neptunus Eunti, ce qui se traduit par « Neptune favorise ceux qui osent », « Neptune favorise sa marche », ou encore par « Que Neptune favorise le voyageur »[285]. Cette devise, positionnée au-dessus de l'écu, contrairement à l'usage, fut approuvée par lettres patentes du roi de France Louis XVIII le 3 février 1816. Celle-ci est toujours la devise en vigueur[104].






























