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Daniel Vaxelaire, journaliste, historien, écrivain, auteur de différents ouvrages sur La Réunion, explique dans son Histoire de la Réunion des origines à 1848, que le métissage est l'un des traits caractéristiques de l'île, dès l'arrivée des premiers colons. Ceux-ci ont en effet épousé peu après leur installation dans l'île, des femmes venues de Madagascar et des métisses indo-portugaises, avec lesquelles ils ont conçu les premiers enfants nés à La Réunion. Ainsi donc, les premiers enfants nés sur cette île verte et non habitée étaient déjà métis.
Ce métissage précoce a probablement permis d'atténuer plus rapidement les douleurs de la période esclavagiste, qui s'est achevée le 20 décembre 1848 à La Réunion, une date fériée depuis 1981, commémorée localement sous l'appellation Fêt Kaf (« Fête des Cafres »).
Culture - Personnalités
L'île a vu naître de nombreux poètes, parmi lesquels Léon Dierx, Leconte de Lisle, Auguste Lacaussade, Évariste de Parny et Antoine Bertin. A-t-elle inspiré Charles Baudelaire, "A une Dame Créole", "A une Malbaraise", ou est-ce l'île Maurice que le poète a plus longuement visitée lors de son séjour dans l'archipel. Ce qui est sûr c'est que La Réunion compte un prix Goncourt en la personne ou plutôt en les personnes de Georges Athénas et d'Aimé Merlo, deux cousins critiques d'art et diplômés de la Sorbonne qui écrivaient à quatre mains sous le pseudonyme Marius et Ary Leblond: ils reçurent le célèbre prix en 1909 pour leur roman "En France". A propos de roman, rappelons que l'un des romanciers les plus en vue en ce début de XXIème siècle, Michel Houellebecq, est né dans l'île en février 1958.
Pour ceux qui croient encore que Roland Garros fut un grand tennisman français, est-il bon de rappeler qu'il a été un aviateur réunionnais héros de la Première Guerre Mondiale et qu'il fut par ailleurs cycliste émerite; l'aéroport international de l'île porte aujourd'hui son nom. L'île compte un autre héros, plus exactement une héroïne en la personne de Juliette Dodu, qui, fait rare, reçut à la fois la légion d'honneur et la médaille militaire pour ces actes de courage en tant que télégraphiste ingénieuse pendant la guerre de 1870.
La langue officielle est le français, même si la langue vernaculaire est le créole réunionnais qui est une langue à part entière, structurée sur le français dominant mais née des concessions langagières des divers peuples migrants pour se comprendre. La langue réunionnaise aura été le premier vecteur de l'unité de cette population multiculturelle.
Du fait des différentes origines de la population réunionnaise, les principales religions pratiquées dans l'île sont le christianisme (essentiellement catholique romain, mais aussi protestant), l'hindouisme (tamouls), l'islam majoritairement sunnite et le judaïsme. La communauté chinoise vénérant pour sa part le héros guerrier devenu Dieu, Guan Di.
Longtemps ombragés par la religion officielle, les autres cultes s'épanouissent aujourd'hui dans une pleine légitimité, scellant l'attachement du peuple à ses racines lointaines et parachevant l'identité plurielle de la société réunionnaise; diverses manifestations spirituelles jalonnent aujourd'hui l'année civile, Dipavali, Noël, Ramadan, Pandialé, Carême, commémorations sacrificielles du mouton et du cabri, les saints du Vatican et les panthéons de l'orient cohabitent dans un oecuménisme exemplaire pour cette île aux multiples Jour de l'an.
Les radios libre existent dans l'île depuis 1981, la première à avoir diffusé sur la bande FM, étant Radio Détente sur les hauteurs de la Bretagne (Saint-Denis). Viendra ensuite le 14 juillet 1981 Radio Freedom et depuis on compte plus de 45 radios privées qui émettent pour certaines d'entre-elles sur l'ensemble de l'île.
Le maloya est un style de musique typique de l'île. De là découlent le maloya électrique, le sega et le rap créole, malogué (mélange de reggae et de maloya) et le ragga créole.
Le maloya a très longtemps été ignoré et peu exprimé. Cette musique était dérangeante, car elle rappelait trop la période d'esclavagisme qu'avait connue l'île de La Réunion. En effet le maloya est né pendant la période de l'esclavage. Comme le blues aux états unis, ce sont les travailleurs noirs, qui le soir après le travail, ont commencé à chanter en s'accompagnant en tapant sur des bambous, en agitant des graines dans des courges sèches ("calebasses"), en faisant vibrer un fil de fer tendu comme un arc. Ces instruments ont évolué principalement vers des "rouler" et des "cayamb". Le maloya se danse généralement en rond autour d'un feu. Les danseurs s'évertuent à trouver le déhanchement le plus expressif, tout en reprenant à tue tête chaque phrase du chanteur du groupe.
Le séga, est une musique plus "de salon". Il se danse généralement en couple. Les instruments sont plus traditionnels d'une Réunion colonisée : accordéon, harmonica, batterie, guitare, saxophone...
Parmi les groupes musicaux emblématiques de La Réunion, on peut citer : Baster, Ousanousava, Ziskakan, Pat' Jaunes, Danyèl Waro, Tisours, etc.
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