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Vol pour le Chili
 

Chili

Présentation

La République du Chili (República de Chile en espagnol) est un pays d'Amérique du Sud partageant ses frontières avec le Pérou au nord, la Bolivie au nord est et l'Argentine à l'est. La capitale de ce pays à la forme allongée porte le nom de Santiago du Chili. Chile est un mot mapudungun signifiant « là où se termine la terre » et n'a aucun rapport avec le mot espagnol chile qui désigne le piment.

On y parle l'espagnol, dans sa variante spécifique au Chili, mais aussi des langues amérindiennes comme le Runa Simi, le Mapudungun ou l'Aymar, et une langue polynésienne, le vânaga rapanui (sur l'Île de Pâques), dont aucune n'a le statut officiel.

Étymologie

On ne connaît pas vraiment l'origine du nom du pays. Cependant, de nombreuses hypothèses ont été émises. Selon l'une d'entre elles, les conquistadors installés au Pérou appelaient la région australe valle de Chile. À noter que nombre de noms propres hispanisés proviennent de noms locaux de fleuves et rivières (Pérou pour río Virú, Lima pour río Rimac). Il se peut que le nom du pays soit lié à celui de la rivière qui traverse la ville d'Aréquipa au sud du Pérou, le río Chili.

Selon l'Abate Molina, le nom viendrait de trih o chi, expression utilisée pour désigner un oiseau ayant des taches jaunes sur ses ailes. Selon l'historien Ricardo Latcham, le nom viendrait d'un groupe d'Amérindiens (les Mitimaes) capturé par les Incas, qui provenait d'une région du Pérou où il existait un fleuve portant ce nom.

Une autre théorie anonyme soutient que l'origine est aymara car l'inca Tupac Yupanqui avait donné ce nom aux terres conquises au sud de l'empire inca, jusqu'à la vallée de l'Aconcagua (signifiant « gelé » ou « là où se termine la terre » en aymara).

Histoire

Diverses recherches montrent que les premières populations ayant habité le pays seraient arrivées vers 35 000 ans av J-C, période du Pléistocène pour le site préhistorique de "Monte Verde I" et vers 15 000 ans av J-C pour le site de "Monte Verde II" (fin du Pléistocène et début de l'Holocène (vers la fin du paléolithique supérieur). Le Chili préhispanique était peuplé par divers peuples amérindiens qui s'étaient installés à la fois dans la cordillère des Andes et sur la côte. Dans la zone nord du pays, les Aymaras et les Atacaméniens commencèrent vers le XIe siècle de notre ère à cultiver la terre à la façon des Incas (culture en terrasse à flanc de montagne avec diverses canalisations). Au XVe siècle, les Incas ont pris possession du territoire de l'actuel Chili jusqu'au fleuve Maule. Au sud de l'Aconcagua, des communautés semi-nomades comme les Mapuches étaient installées. Dans la zone australe du pays, divers peuples amérindiens ont vécu comme les Chomos, les Tamanas, Alacafuches et Onas. Dans l'île de Pâques se développa une culture polynésienne éteinte de nos jours.

Côté Pacifique, différentes cultures et peuples coexistaient : Aymaras, Changos, Chinchorros, Atacameños, Diaguitas dans le nord ; les Picunches, Mapuches, Huilliches, Chonos dans la région centrale et sud ; et les Onas, Yaganes et Alacalufes dans la Patagonie et la Terre de Feu. Les Mapuches ont formé la communauté la plus nombreuse.

En 1520, Fernand de Magellan est le premier explorateur européen à mettre pied sur le territoire de l'actuel Chili après avoir découvert le détroit qui porte actuellement son nom. En 1535, les conquistadores espagnols tentent de conquérir le territoire de la valle de Chile en combattant les Incas. L'expédition de Diego de Almagro est un échec. Celle de Pedro de Valdivia effectuée en 1536 est plus convaincante. Valdivia fonde une série de villages comme Santiago du Nouveau Extrême le 12 février 1541 ou Valdivia en 1545.

Valdivia commence une laborieuse campagne militaire contre les populations indigènes des Mapuches. C'est la guerre d'Arauco qu'Alonso de Ercilla relate avec passion dans son oeuvre La Araucana (en 1576). Pedro de Valdivia meurt en 1553 à la suite d'une insurrection des amérindiens mapuches. Les principales invasions des amérindiens du sud du Chili interviennent de 1598 à 1655.

En 1683, l'esclavage est aboli et cela permet d'établir des relations plus sereines entre les colons et les mapuches. Par la suite, divers affrontements ont lieu jusque vers le milieu du XIXe siècle pour la possession de terres les plus australes. Durant une longue période, le fleuve Biobio marque la frontière entre le gouvernement colonial et les tribus amérindiennes.

La capitainerie générale du Chili (également connue sous le nom de Reino de Chile) est à l'époque une des colonies les plus australes de l'empire espagnol. Du fait de sa position géographique, c'est une colonie stratégique, protégeant le détroit de Magellan et une colonie économique dont les ressources naturelles étaient extraites pour le compte de la vice-royauté du Pérou.

Le 18 septembre 1810, un groupe de Créoles profite des invasions napoléoniennes en Espagne pour initier un processus d'autodétermination et constituer une junte.

Commence ainsi une période connue sous le nom de Patrie ancienne, qui va durer jusqu'au désastre de Rancagua en 1814, quand les troupes royalistes reprennent le contrôle du territoire. Les troupes indépendantistes comptant 6 514 soldats se réfugient alors à Mendoza, unissant leurs forces aux troupes de la province d'Argentine qui comptaient 2 600 soldats, formant ainsi l'armée des Andes. Cette dernière libère le Chili après la bataille de Chacabuco, le 12 février 1817. L'année suivante, l'indépendance du Chili est déclarée et le pays est placé sous l'autorité de Bernardo O'Higgins.

Celui-ci entame des réformes qui provoquent un mécontentement de l'aristocratie, ce qui l'oblige à abdiquer en 1823. Durant dix ans, le Chili est soumis à une série de réformes qui tentent de donner une organisation au pays. Après une série de victoires des conservateurs, avec la révolution de 1829, une période de stabilité commence. Elle est appelée République conservatrice. Le Ministre Diego Portales est alors le principal protagoniste de l'organisation du pays grâce à la Constitution de 1833.

Peu à peu, le pays commence à étendre son influence sur le continent et s'étend tant au Nord qu'au Sud. L'économie commence à décoller avec la découverte de minerais de Chañarcillo et la croissance des échanges commerciaux au travers du port de Valparaiso. Cela amène à un conflit pour le contrôle maritime du Pacifique avec le Pérou. La formation de la Confédération péruvienne et bolivienne est considérée comme une menace pour la stabilité du Chili. Ainsi, Portales déclare la guerre qui se termine avec la victoire de la bataille de Yungay en 1839 et la dissolution de la Confédération. Au même moment, le pays tente de prendre le contrôle des régions australes. Il étend son territoire en Araucanie et colonise Llanquihue, Osorno, Valdivia en faisant venir des colons allemands. La région de Magellan est incorporée en 1843 et la zone d'Antofagasta commence à être habitée.

Après trente ans de gouvernement conservateur (1831-1861) commence une période où le parti libéral (la gauche, au sens anglophone du terme) prend possession du pouvoir. À ce moment-là, la croissance économique est exponentielle, grâce à l'exploitation du salpêtre dans la zone d'Antofagasta. Cette richesse provoque la colère de la Bolivie qui réclame la possession du territoire. Même avec la signature de plusieurs traités en 1866 et 1871, les deux pays ne trouvent pas de solution. Ainsi, le 14 février 1879, le Chili prend possession du port d'Antofagasta, déclarant la guerre à la Bolivie.

Le Pérou, quant à lui, a préalablement signé un pacte secret avec la Bolivie en cas de conflit avec le Chili. La guerre du Pacifique commence. Elle se termine avec la bataille de Huamachuco le 10 juillet 1883 et la victoire du Chili. Après ce conflit, le Chili prend possession des zones d'Antofagasta et des provinces de Tarapacá, Arica et Tacna (cette dernière est restituée au Pérou en 1929). Le pays résout par la même occasion le problème de frontière avec l'Argentine en cédant une grande partie de la Patagonie et la Puna de Atacama. Enfin, dans le sud du territoire se termine la guerre d'Arauco avec la « pacification » de l'Araucanie en 1881 et l'intégration de l'île de Pâques en 1888.

En 1891, le conflit entre le président José Manuel Balmaceda et le congrès entraine la guerre civile. Les congressistes remportent la bataille et mettent en place la République parlementaire.

Ces années-là se caractérisent par une période de prospérité économique, par une instabilité politique et le début du mouvement prolétaire appelé Cuestión Social. Ce dernier se met en place à cause de la « mauvaise répartition de la richesse ». Après dix ans de pouvoir de l'oligarchie, Arturo Alessandri Palma est élu. Il représente le lien manquant mais provisoire entre une élite et les « chers pauvres » (queridas chusmas en espagnol). Malgré cela, la crise continue et Alessandri renonce au pouvoir après avoir promulgué la Constitution de 1925 qui donne naissance à une République de type présidentielle.

La baisse de la demande de nitrate et les premières luttes ouvrières causées par de mauvaises conditions de travail créent un climat d'instabilité sociale et politique au cours des années 1920. Le président Arturo Alessandri entreprend des réformes sociales et promulgue la Constitution de 1925. Mais la crise mondiale de 1929 plonge le Chili dans la récession et l'agitation sociale. Les gouvernements se succèdent ainsi que les coups d'État. Carlos Ibáñez del Campo devient président de facto en 1927 par la volonté du peuple, mais les conséquences de la Première Guerre mondiale (où le pays s'est déclaré neutre), la mauvaise politique économique et les moyens utilisés pour amoindrir les effets de la Grande Dépression ont eu des conséquences sur le salpêtre, produisant ainsi une crise économique où le Chili a subi une forte récession économique.

Ibáñez quitte son poste de président en 1932 et l'instabilité politique s'accentue par un coup d'État qui donne naissance à la République Socialiste du Chili qui dure seulement douze jours avant qu'Alessandri reprenne le pouvoir et redresse l'économie. L'arrivée d'Alessandri a pour effet d'amoindrir les tensions entre les partis politiques. Il y a aussi une crise sociale ; de nouveaux acteurs exigent des transformations dans la façon de gouverner le pays. Pedro Aguirre Cerda est élu président en 1938 grâce à une alliance (le Front populaire du Chili) qui s'oppose à l'élite au pouvoir. Des réformes sociales et politiques font du Chili un des pays les plus avancés du point de vue de la législation et de la protection sociale. Le cuivre remplace peu à peu le nitrate dans l'économie nationale (à cause de la demande mondiale et surtout en raison de la découverte de la mine de Chuquicamata). Industrialisation progressive du pays, augmentation du nombre d'ouvriers.

Le gouvernement de Aguirre Cerda entraîne une période de radicalisme et réussit divers changements, principalement économiques en posant les bases de l'industrialisation chilienne à travers la création de la CORFO. Au niveau géopolitique le pays réclame le Territoire chilien de l'Antarctique. Les réformes s'arrêtent brutalement avec la mort du président. Juan Antonio Ríos, son successeur, doit affronter l'opposition et les pressions des États-Unis pour déclarer la guerre à l'Axe durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui est fait le 20 janvier 1943. Avec l'appui du Parti communiste, le radical Gabriel González Videla est élu Président en 1946. Cependant, le début de la Guerre froide oblige à interdire le parti communiste à travers la Loi de Défense de la Démocratie (Ley Maldita). En 1952, Ibáñez reprend le pouvoir et est élu cette fois ci, mais il perd son importance aux yeux de la population à travers des réformes libérales.

En 1958, l'indépendant de droite Jorge Alessandri est élu. Il doit affronter les conséquences du Tremblement de terre de Valdivia de 1960, le plus fort jamais enregistré, ainsi que l'organisation de la Coupe du monde de football, en 1962. S'établit alors le système des los très tercios (trois tiers) composés par la Droite, le Democratie chrétienne et la Gauche de l'Unidad Popular. Ayant peur de la victoire de la Gauche (l'Unidad Popular), la Droite soutient le démocrate chrétien Eduardo Frei Montalva qui est élu en 1964. Le président tente de réaliser la Revolución en Libertad (La Révolution en Liberté) au travers de nombreuses réformes comme la Réforme agraire et la chilénisation du cuivre (appropriation privé par des chiliens de mines appartenant aux États-Unis auparavant). À la fin de son mandat, la tension politique produit une série d'affrontements. L'obstruction de la droite au Congrès augmente.

Les États-Unis n'ont pas trouvé utile d'aider un candidat anti-marxiste, principalement parce qu'ils pensent qu'Alessandri va remporter les élections de septembre. Cependant, des moyens financiers vont indirectement aider Alessandri, par la compagnie ITT (International Telephone & Telegraph) (environ 350 000 dollars États-uniens). Il n'y a pas de comparaison possible avec ce que les entreprises ont donné durant la campagne de Frei, quand il existait une assistance électorale .

À Washington, Richard Nixon ordonne d'éviter qu'Allende devienne président. La CIA met en place deux plans pour empêcher qu'Allende prennent ses fonctions grâce au vote du congrès (ce dernier votera le 24 octobre), qui seront connus comme le Track One et le Track Two:

Le 4 septembre 1970, à sa quatrième tentative, le candidat de l'Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l'élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri (34,9 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomic (27,8 %). En l'absence de nouveau tour de scrutin, celui qui arrive en tête doit être confirmé par le Congrès, dominé par les démocrates chrétiens et les conservateurs. Le score d'Allende est pourtant en retrait de trois points par rapport à sa précédente candidature en 1964. Le 24 octobre 1970, les socialistes (alors partisans de l'instauration d'un État révolutionnaire depuis le congrès de Chillàn en 1967) obtiennent des démocrates chrétiens l'investiture d'Allende en échange de la promesse de respecter les libertés et la légalité. Les alessandristes ont peur du gouvernement socialiste, alors que les allendistes et les démocrates-chrétiens expriment leurs joies dans la rue.

Devenu ainsi le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste et disposant d'une majorité parlementaire grâce aux soutiens des démocrates-chrétiens, Allende intensifie les réformes de son prédécesseur. Les mines de cuivre (qui représentent les trois quarts des exportations) avaient été nationalisées à 51 % par Eduardo Frei Montalva, Allende exproprie la partie restante sans indemniser les compagnies américaines. Il accentue sensiblement la politique de redistribution des terres en faveur des paysans pauvres. Beaucoup d'autres entreprises sont réquisitionnées ou nationalisées (dont neuf banques sur dix).

Si les résultats économiques de la première année au pouvoir d'Allende sont bons, les deux années suivantes vont être catastrophiques. L'inflation explose (508 % entre décembre 1972 et décembre 1973), le PIB se contracte (-5,6 % par an) et la monnaie chilienne perd de sa valeur. La politique monétaire trop expansionniste et la chute du prix du cuivre d'1/3 environ de 1970 à 1972 sur les marchés mondiaux expliquent en grande partie ces résultats désastreux. Le gouvernement tente d'enrayer la crise en fixant les prix des denrées ce qui se traduit par un développement du marché noir et des pénuries. En 1972 commencent les marches des casseroles vides par lesquelles les ménagères expriment qu'elles n'ont plus rien à cuire.

Malgré cette crise de la société chilienne, la popularité du gouvernement s'accroît puisque les élections législatives de 1973 lui apportent 43 % des voix. Néanmoins il perd le soutien des démocrates-chrétiens qui s'allient avec les conservateurs et la nouvelle opposition (Confederación Democrática) obtient donc la majorité au parlement avec 57 % (en dessous des 60 % qui leur aurait permis de destituer légalement le président Allende). Allende décide alors de gouverner par décret, ce qui lui évite de passer par le Parlement. Allende tente aussi d'obtenir le soutien actif de la population, des milices ouvrières se constituent dans les villes et les campagnes pour entretenir la légitimité révolutionnaire du gouvernement. L'opposition conservatrice et les démocrates chrétiens, incapables d'enrayer les réformes d'Allende du fait de la marginalisation du parlement, mobilisent à leur tour la rue. Ils organisent ou apportent leur contribution à une série de révoltes et de manifestations. La plus célèbre étant la grève des camionneurs, qui paralysent le pays alors que son économie est déjà très affaiblie par les réformes d'Allende. Dans le même temps on assiste à la montée en puissance de groupes paramilitaires d'extrême-droite et le pays vit une guerre civile larvée où s'opposent les milices d'extrême gauche (MIR) à ces dernières.

Si les opérations Track I et Track II sont bien abandonnées après la prise de pouvoir d'Allende, les EU continuent de chercher à affaiblir Allende. Les crédits accordés par les américains au Chili passe de 300 à 30 millions de dollars et si dans le même temps l'aide des pays socialistes et européens surcompense cette perte (600 millions de dollars de nouveaux crédits), le Chili demeure très dépendant des EU (notamment pour des pièces détachées) et les répercutions néfastes de cette politique sont nombreuses . La CIA est également active, elle disposera sur ces 3 années d'un budget de sept millions de dollars pour soutenir l'opposition démocratique à Allende. Elle l'employera principalement pour aider les partis politiques (démocrates-chrétiens et conservateurs, qui recevront la moitié de l'aide), les journaux anti-Allende (El Mercurio, le plus grand quotidien du pays bénéficiera à lui seul d'un cinquième de l'aide) et dans une moindre mesure des organisations privées. Les groupes paramilitaires d'extrême-droite sont par contre délaissés, Patrie et Liberté ne recevra que 1 000 dollars entre 1970 et 1971 puis plus rien . Les autorités américaines rechignent à aider les grévistes anti-Allende. La proposition d'un soutien a été abordée plusieurs fois au sein du Comité 40 (chargé de définir et de contrôler les activités de la CIA) mais elle a toujours été repoussée. Une partie des fonds fournis par la CIA aux partis d'opposition et aux organisations privées aurait néanmoins était détournée par ces derniers pour supporter les camionneurs. , Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d'Allende, plusieurs firmes américaines dont l'ITT apportent leur concours à cette stratégie.

Même si de sérieux doutes sont permis, il n'existe toutefois aucun élément permettant d'affirmer que les États-Unis ont directement participé au coup d'État proprement dit du 11 septembre 1973. Si l'administration Nixon fut enchantée du coup de 1973, le rapport de la Commission Church, en 1976, a conclu que les États-Unis n'avaient pas eu de rôle direct dans l'événement. Kissinger affirme par ailleurs que les grandes manoeuvres américaines, dont il ne faut pas perdre de vue qu'il était le principal coordinateur, étaient terminées à l'époque du coup.

En mars 1973, les démocrates chrétiens et les conservateurs obtiennent ensemble 59 % des voix aux élections législatives alors que l'Unité populaire d'Allende obtient son meilleur score, le mettant à l'abri d'une destitution si l'opposition avait obtenu les deux tiers des voix et des sièges.

Durant l'été 1973, de multiples grèves et des insurrections menacent la stabilité du pays alors que Allende n'hésite pas à déclarer : « Si la révolution ne peut passer en souplesse, elle passera en force. » Le 23 août 1973, le président Salvador Allende, nomme Pinochet général en chef des armées à la suite de la démission de Prats.

Le 11 septembre 1973, un coup d'État mené par le général Augusto Pinochet, renverse Salvador Allende, mort par balles (suicide) dans le palais de la Moneda.

Les opposants sont arrêtés, torturés, déportés ou exécutés alors que les démocrates chrétiens et les conservateurs, soulagés par le coup d'État, espèrent récupérer le pouvoir. Mais la junte militaire, dirigée par le général Pinochet, le conserve jusqu'en 1990, imposant une dictature. Le cinéaste Chris Marker a filmé l'accueil des réfugiés (certains ayant été frappés) à l'ambassade de France juste après le coup d'État. Un membre d'un parti de gauche est abattu sans sommation à la porte de l'ambassade. Le film tourné en Super 8 s'intitule L'ambassade (1973, 20 minutes).

Cette junte est composée des commandants en chef des trois armées et du chef de la police. Elle dissout le congrès national, les conseils municipaux, les syndicats et les partis politiques. La liberté de la presse est abolie, le couvre-feu instauré. Tout ce qui est littérature de gauche est interdit.

Certes moins sanglante que chez ses voisins, la dictature du général Pinochet est responsable de la mort ou de la disparition de 2279 personnes publié en 1990 (par comparaison, la dernière dictature argentine est responsable de trente mille morts en sept ans) ainsi que de l'emprisonnement de plus de 100 000 personnes. Le rapport dénombra que, sur un million d'exilés durant cette période, il y avait 160 000 exilés politiques.

En 1977, Pinochet confie l'économie du pays aux théoriciens de l'école de Chicago, les Chicago boys (adeptes de Milton Friedman),. Pendant cinq ans, la croissance atteint 8 % par an alors que le taux d'analphabétisation régresse et que l'espérance de vie passe de 63,6 ans en 1975 à 74,4 ans en 1990 (période appelée le Miracle chilien).

Dans le domaine géopolitique en 1978, le Chili et l'Argentine s'affrontent dans le Conflit du Beagle pour prendre possession de quelques petites îles australes. Ce conflit a failli provoquer une guerre entre les deux pays, mais le pape Jean-Paul II a calmé les ardeurs des gouverneurs.

Au début du gouvernement militaire, le général Leigh pose le problème qu'il est nécessaire d'établir une nouvelle Constitution remplaçant la Constitution de 1925 qui selon (selon Leigh) a apporté la crise institutionnelle. La Comission Ortúzar est chargée de mettre en place une nouvelle constitution, présidée par le juriste Enrique Ortúzar et Jaime Guzmán. En 1978, Pinochet ordonne que ce projet de constitution soit donné au Conseil d'État du Chili, qui va rédiger la constitution. Pour faire approuver par le peuple la constitution, Pinochet organise un plébiscite qui a lieu le 11 septembre 1980. Il n'a eu aucune opposition dans cette pseudo-démocratie. Eduardo Frei Montalva recommande de voter Non, à ce plébiciste car sa confiance envers Pinochet s'est vite dégradée en voyant qu'il est resté en place au pouvoir. Il n'y a pas eu de registres électoraux ni même de tribunaux électoraux. Le plébiciste donne 67 % pour le Oui, un résultat plus élevé que dans la réalité selon certains dires. Cependant il y a eu beaucoup d'irrégularités qui n'ont pas été entendues, comme par exemple les votes blancs ont été pris en compte comme Oui. Les militaires restent au pouvoir pendant encore huit ans conformement à la Constitution.

La constitution de 1980 met en place diverses règles et institutions qui seront en place lors du retour à la démocratie. Tout d'abord, il y a la diminution du pouvoir du Congrès et l'établissement d'un Tribunal Constitutionnel qui contrôlera toute nouvelle proposition de loi. Il y a aussi la fondation du Conseil de Sécurité Nationale, présidé par le président de la République.

Dans cette constitution, on peut noter une part relativement keynésienne car l'on considère que l'État doit agir dans l'économie, le social et la culture.

Pour ce qui est du domaine purement politique, il y a le remplacement du système de proportionel par le système binominal lors des élections et l'établissement d'un second tour dans les élections présidentielles quand personne n'a atteint la majorité absolue. La durée du mandat présidentiel est de huit ans (il changera par la suite à six puis quatre ans ). Pinochet garde le pouvoir pendant encore huit ans. Après cette période un candidat (qui serait Pinochet) appelle à un nouveau mandat de huit ans, si le peuple refuse il gouverne encore un an puis on met en place des élections démocratiques l'année suivante.

La crise économique qui se produit en 1982 (l'inflation était de 9,9 % en 1982 ) génère une série de protestations de la population contre le néolibéralisme et le régime politique. En 1985, l'économie du pays revient au vert. Cette période est appelée comme le Second Miracle. Il est nommé ainsi à cause des privatisations de la plupart des entreprises publiques et la baisse des dépenses publiques. Ceci a pour conséquence de voir une augmentation de la pauvreté et le creusement de l'écart entre les plus riches et les plus pauvres.

En 1988, il demande la prolongation de son mandat par référendum mais n'obtient que 44,01 % d'approbation contre 55,99 % qui demandent son départ et la fin de la dictature,,,. Il organise alors une transition en douceur lui garantissant une immunité constitutionnelle.

Après la défaite d'Augusto Pinochet lors du plébiscite 1988 , la constitution a été amendée pour provoquer des élections, élire de nouveaux sénateurs, diminuer le rôle du Conseil de Sécurité Nationale et mettre autant de membres civils que de militaires (soit quatre membres chacun). Beaucoup de politiciens chiliens considère ce Conseil de Sécurité comme des restes du régime autoritaire. Tout est fait pour réformer la constitution.


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Vol au départ de Buenos Aires (Argentine)
 

Buenos Aires

Présentation

Buenos Aires est la capitale fédérale de l'Argentine, dont elle est la plus grande ville et le port le plus important. Avec ses 12 millions d'habitants, c'est même l'une des villes les plus peuplées d'Amérique du Sud et du monde. Elle est parfois dénommée capitale fédérale afin d'éviter toute ambiguïté avec la province de Buenos Aires.

Elle se situe sur la rive ouest du fleuve Rio de la Plata qui sépare l'Argentine de l'Uruguay, au niveau de l'embouchure avec l'océan Atlantique, en face de la ville de Colonia del Sacramento en Uruguay. Sa position exacte est 34°40 »²S 58°24 »²W.

Ses habitants sont des « porteños », habitants du port (gentilé). La plupart sont d'origine espagnole et italienne. Le catholicisme est la religion dominante.

Histoire

Le navigateur espagnol Juan Díaz de Solís fut le premier Européen a accéder au Río de la Plata en 1516, mais son expédition fut écourtée par une attaque d'amérindiens, probablement d'une tribu Charrúas ou Guarani, durant laquelle il périt.

Pedro de Mendoza, qui était à la recherche d'or, fonda la ville le 2 février 1536 à l'embouchure du Rio de la Plata, ville qu'il a baptisée : « Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre ». Les premières fondations de la ville se situaient dans l'actuel quartier de San Telmo, proche de l'actuel centre-ville, légèrement au sud.

Néanmoins, les attaques répétées des populations autochtones forcèrent les espagnols à abandonner la ville en 1541. Juan de Garay, qui naviguait depuis Asunción (Paraguay) sur le Río Paraná, fonda une nouvelle colonie permanente en 1580.

« Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre » signifie Notre-Dame Sainte-Marie des Bons Vents (Buenos Aires signifie en vieil espagnol Bons Vents). En fait, le nom donné par Juan de Garay était « Santísima Trinidad y Puerto de Nuestra Señora del Buen Ayre » (Sainte Trinité et Port de Notre-Dame des Bons Vents), et ce nom s'est transformé jusqu'à devenir aujourd'hui Buenos Aires.

Le nom Notre-Dame des Bons Vents fait référence à la Vierge de Cagliari en Italie, protectrice des navigateurs. Ce nom provient d'un temple païen situé sur les îles Baléares. Lorsque le christianisme devint la religion officielle de l'Empire romain, les temples païens ont été convertis ou détruits, et dans le cas de ce temple une représentation de la Vierge de Bonaria fut déposée. Bonaria est une déformation de buen aire.

Depuis sa fondation, le succès de Buenos Aires dépendait du commerce. L'administration espagnole des XVIIe et XVIIIe siècles a insisté pour que tous les échanges commerciaux vers l'Europe transitent par Lima au Pérou, qui était alors la capitale de l'empire colonial espagnol en Amérique du Sud, facilitant le prélèvement des taxes. Cette politique a provoqué non seulement le développement du commerce de contrebande, mais aussi une méfiance grandissante des porteños envers les autorités espagnoles.

Conscient de l'instabilité grandissante dans la ville, Charles III d'Espagne a progressivement levé les restrictions commerciales jusqu'à créer en 1776 la vice-royauté du Río de la Plata dont Buenos Aires fut la capitale, la plaçant donc au même niveau que Lima d'un point de vue administratif. Son territoire s'étendait sur l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay actuels. À partir de ce moment, Buenos Aires connut un boom économique et culturel. Malgré ces mesures, de nombreux porteños aspiraient toujours à une indépendance totale vis-à-vis de l'Espagne, portés entre autres par les idéaux de la Révolution française.

À deux reprises pendant les années 1806 et 1807, lors des Invasions Britanniques, les troupes de ce pays ont occupé Buenos Aires, mais furent finalement écrasées par les milices locales et durent se résoudre à une capitulation humiliante. Puis c'est le 25 mai 1810 que Buenos Aires acquit son indépendance, alors que l'Espagne était en proie à la guerre (guerre d'Espagne de 1808-1813) : après une semaine de manifestations majoritairement pacifiques, les criollos (Espagnols nés en Amérique du Sud) parvinrent à chasser le vice-roi espagnol et installer un gouvernement provincial. La Révolution de mai est célébrée de nos jours en Argentine, et le 25 mai est jour férié. Au terme des conflits qui ont secoué tout le pays et abouti à son unification, Buenos Aires fut aussi choisie pour le siège du gouvernement national. L'indépendance ne fut toutefois déclarée formellement qu'en 1816.

Durant le XIXe siècle, la ville fut paralysée à deux reprises par des blocus maritimes. Ils furent organisés la première fois par les Français entre 1838 et 1840, et la seconde fois par une alliance franco-britannique entre 1845 et 1848. Cependant ces puissances étrangères ne sont pas parvenues à soumettre la ville ou à imposer leurs conditions.

Buenos Aires était historiquement le berceau des courants d'idées libérales en Argentine, tandis que les autres provinces du pays tenaient généralement des politiques sociales ou économiques plus conservatrices, avec une forte influence des valeurs catholiques. Un autre antagonisme vis-à-vis de la province tenait de la vision centraliste défendue à Buenos Aires quant à l'administration du pays, opposée à une vision fédéraliste défendue dans le reste du pays, et notamment incarnée par le Gouverneur de la province Carlos Tejedor. En 1880, une série d'affrontements entre ces deux camps s'achève par la défaite de Buenos Aires et la fédéralisation de la ville et du pays, dont elle prend le statut de capitale fédérale.

En 1882 le congrès national crée le poste d'intendant ainsi que le conseil de délibération de la ville. L'intendant n'est pas élu au suffrage universel, mais désigné par le président de la nation, avec le soutien du sénat. Le premier intendant fut Torcuato de Alvear, désigné en 1883 par Julio Argentino Roca.

À la fin du XIXe, la construction de chemins de fer permet à Buenos Aires d'accroître sa puissance industrielle, les matières premières coulant à flot dans ses usines. La ville devenait une grande métropole multiculturelle rivalisant avec les grandes capitales européennes. Ainsi, le théâtre Colón devint l'un des opéras les plus fréquentés au monde. C'est durant cette période que furent construites les larges avenues de la ville, ainsi qu'au début du XXe siècle les plus hauts gratte-ciel d'Amérique du Sud, et son premier métro en 1913.

Dans les années 1920, Buenos Aires faisait partie des destinations préférées des émigrants européens ou venant des régions pauvres des pays voisins. Cette immigration entraîna l'apparition de bidonvilles ou de quartiers ouvriers très pauvres (villas miserias) autour des zones industrielles de la ville, ayant pour conséquence de graves problèmes sociaux.


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Argentine

Présentation

L'Argentine, officiellement la République Argentine (en espagnol : República Argentina; [re'pu?lika a?xen'tina]) est un pays d'Amérique du Sud partageant ses frontières avec le Chili à l'ouest, la Bolivie au nord-ouest, le Paraguay au nord, le Brésil et l'Uruguay au nord-est, et est bordé à l'est par l'océan Atlantique. Le pays a acquis son indépendance le 25 mai 1810, indépendance définitivement proclamée le 9 juillet 1816 à San Miguel de Tucumán.

Sa capitale est Buenos Aires, la langue nationale est l'espagnol et sa monnaie est le peso argentin. Son nom Argentine vient du latin Argentum signifiant « argent ».

Étymologie

Le nom du pays vient du mot latin argentum signifiant « argent ». Il fut attribué au temps des premiers explorateurs espagnols sur le Río de la Plata (appelé : mer douce mar dulce) où les survivants d'une expédition emmenée par Juan Díaz de Solís rencontrèrent des autochtones qui leur offrit des objets en argent. Par la suite, la légende de Sierra del Plata, montagne riche en argent, atteignit l'Espagne vers 1524, et le nom d'argentine fut vu pour la première fois sur une carte vers 1536. À partir de 1612, ce nom est employé partout lorsqu'on désignait le pays.

Histoire

Le pays est colonisé entre le XVIe et le XVIIe siècles par les Espagnols. Des mouvements d'opposition apparaissent à l'aube du XIXe, dès 1810, mais l'indépendance n'est déclarée qu'en 1816. Une constitution est proclamée en 1853, après la fin de la dictature de Rosas.

Les présidences se succèdent entre 1930 et 1983, mais sur seize présidents, onze sont des militaires et plusieurs sont « présidents de fait » (par opposition à président élu). Perón parvint au pouvoir après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci ayant entrainé l'affaiblissement de l'occident, l'Argentine deviendra, un temps, la troisième puissance mondiale[réf. nécessaire]. Après la guerre, de très nombreux nazis fuiront en Argentine.

Après le retour du général Peron en 1973, qui se solde par le massacre d'Ezeiza (affrontements entre la gauche et la droite péroniste), le pays s'enfonce dans une « guerre sale », qui commence dès l'Opération Indépendence dans la province de Tucuman. À cette occasion, les leçons apprises lors de la bataille d'Alger sont mises en pratique, comme l'a montré la journaliste Marie-Monique Robin dans Escadrons de la mort, l'école française. En mars 1976, un coup d'État dirigé par une junte de militaires (Jorge Videla, etc.) renverse la troisième femme de Péron, Isabelle Peron. On estime que la « guerre sale » a fait environ 30 000 victimes, dans la majorité des desaparecidos (disparus)  »” sans compter les milliers d'exilés. Buenos Aires participe en outre à l'opération Condor, et de nombreux réfugiés politiques de pays voisins sont assassinés par le biais des services secrets ou d'escadrons de la mort (la Triple A). L'ambassade états-unienne est souvent au courant. Ainsi, le journaliste John Dinges affirme dans son livre-référence sur Condor qu'à la fois le FBI et la CIA étaient au courant de l'arrestation de deux diplomates cubains, de 22 et 26 ans, par la SIDE argentine. Torturés dans le centre Orletti, les Cubains ont aussi été interrogés par Michael Townley, ex-agent de la CIA qui travaillait désormais pour la DINA chilienne. Townley a par la suite été condamné pour l'assassinat de l'ex-ministre de Salvador Allende, Orlando Letelier, à Washington en septembre 1976.

Afin de relancer sa popularité, la junte de Buenos Aires, dirigé depuis décembre 1981 par Leopoldo Galtieri, l'un des plus « durs », décide d'envahir les Îles Malouines en 1982, provoquant ainsi la guerre des Malouines contre le Royaume-Uni, alors dirigé par Margaret Thatcher. En raison de son anticommunisme viscéral et de la mise en place de l'Opération Charly (pendant laquelle les services argentins ont transmis à leurs homologues d'Amérique centrale les techniques de la guerre sale : escadrons de la mort, torture systématique contre la population civile afin de la démoraliser, vols de la mort, etc.), Buenos Aires semblait penser pouvoir compter, à tort, sur le soutien de Ronald Reagan, nouvellement élu.

La défaite lors de la guerre des Malouines a précipité la chute du régime et une lente transition démocratique. Depuis lors, plusieurs présidents se sont succédé : Raúl Alfonsín (1983-1989), Carlos Menem (1989-1995 et 1995-1999), Fernando de la Rúa (1999-2001). Des lois d'amnistie sont votées sous Menem, notamment en raison de la rébellion de secteurs d'extrême droite dans l'armée (les Carapintadas, qui tentent plusieurs coup d'État à la fin des années 1980). Un procès durant lesquels comparaissent les principaux responsables de la junte, ainsi que des Montoneros, se tient néanmoins en 1985: c'est le Procès des Juntes (Processo a las Juntas).

La décennie Menem est marquée par la mise en place du néolibéralisme dans le pays, menant à l'apparition de groupes contestataires, les piqueteros, qui deviendront célèbres après la crise économique de la fin des années 1990. Celle-ci explose en décembre 2001, lorsqu'un corralito est imposé (celui-ci empêche les retraits d'argent dans les banques afin d'éviter toute fuite des capitaux  »” néanmoins, les plus riches ont déjà, à cette heure, retiré leurs placements d'Argentine, qui sont à l'abri dans des banques aux États-Unis, en Europe et ailleurs).

Provoquée par une fuite de capitaux massive pendant les mois d'août, de septembre et d'octobre, la crise fut partiellement jugulée par un contrôle drastique des dépôts bancaires, appelé Corralito, basé sur l'obligation d'effectuer toutes les opérations financières à travers les banques et la restriction des retraits d'argent en numéraire. Le gros de la population n'étant pas bancarisé, la perception des rémunérations et salaires devint un véritable casse-tête, ce qui provoque le début de la Crise en Décembre mise en évidence par la colère des classes basses et moyennes à travers des manifestations massives à Buenos Aires, soutenues par des groupuscules violents de tendance Mao-Trotskiste. La répression cause 31 morts, le ministre des finances est relevé de ses fonctions, mais cela ne suffit pas et le président signifie sa démission en s'enfuyant du Palais du Gouvernement en hélicoptère. Le gouvernement, le FMI et la parité entre le peso et le dollar état-unien sont les thèmes les plus critiqués.

Il s'ensuit une période d'extrême instabilité politique puisqu'il y eut quatre Présidents en l'espace de 10 jours (Camaño, Rodriguez Saa, Puerta, Duhalde) qui se traduisit par une déclaration de cessation de paiement de la part du Gouvernement, par l'abrogation de loi consacrant l'intangibilité des dépôts bancaires et, donc, par un approfondissement de la crise économique. Le 6 janvier 2002 le nouveau gouvernement procède à un gel total des avoirs bancaires, appelé Corralón, et une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar, tandis que dans la rue le dollar se change à 1,60 peso pour atteindre très vite plus de 3 pesos .

Eduardo Duhalde demeure Président de l'Argentine entre le janvier 2002 et mai 2003 où il mit fin à la parité entre le peso argentin et le dollar états-unien et mit en place un plan économique productiviste. Il appela à des élections présidentielles anticipées en avril 2003 où il soutint le candidat Péroniste de centre gauche Néstor Kirchner. Ce dernier fût élu par défaut lors du retrait de Carlos Menem au second tour. Nestor Kirchner exerce la fonction de Président de la République Argentine depuis mai 2003 (mandat en cours jusqu'en 2007).

Politique

L'Argentine a un régime présidentiel dans une république fédérale. La Constitution argentine de 1853, révisée à deux occasions en 1994 et 1997 stipule que le mandat présidentiel est de quatre ans (renouvelable une fois). Elu au suffrage universel, le président est à la fois à la tête de l'État et à la tête du gouvernement, le président actuel est Néstor Kirchner (et son vice-président est Daniel Scioli).


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