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Informations sur Annaba
Présentation
Annaba (en arabe ) (ancienne Bône), aujourd'hui appelée communément Bouna, est située à l'extrême nord-est de l'Algérie entre le fleuve Seybouse et la frontière tunisienne, distante d'une centaine de kilomètres. Elle est la quatrième ville d'Algérie en nombre d'habitants en 2003. Annaba compte environ 550 000 habitants, dits Annabis mais plus couramment Bônois et Bônoises. « Autrefois on l'appelait Bilad Al Unnâb, c'est-à-dire la ville des jujubes, à cause de la grande abondance de ce fruit en cet endroit ». Annaba est une ville côtière du Nord-Est Algérien, 4e ville principale après la capitale Alger, Oran et Constantine.
Histoire
La mémoire de la ville d'Annaba se situe à l'intersection des grandes époques humaines en Algérie depuis la nuit des temps. L'homme est apparu dans le périmètre de Annaba depuis le paléolithique, dans la zone de Ras-Al-Hamra (Cap de Garde), dans les collines de Bouhamra... Les hommes préhistoriques ont laissé de nombreux témoignages dans la région de Bône : silex taillés ou polis, menhirs, cromlechs, dolmens, que ce soit à Roknia pour le plus connu ou bien encore à Guelma, Le Tarf ou Chapuis.
Des inscriptions rupestres près de Lamy et Guelma, des inscriptions libyques dans la vallée de la Cheffia attestent de l'ancienneté de la présence humaine.
L'évolution interne de la Numidie orientale, conjuguée à la position du site en rapport avec la Méditerranée, serait à l'origine de la naissance du premier établissement de sédentarisation vers le XIIe siècle av. J.-C.Hippone serait le résultat de l'évolution de ce point de fixation vers une escale et un comptoir portuaire d'une certaine importance notamment quand les relations commerciales se sont développées avec les Phéniciens. Du VIe au IIIe siècle av. J.-C., Hippone se soumet à l'hégémonie carthaginoise. Au IIIe siècle av. J.-C., la consolidation du royaume numide, notamment sous le règne de Massinissa et de ses successeurs, entraîne l'intégration d'Hippone au royaume numide; elle devient une ville royale, Hippo Regius. Ce rang lui est sans doute dû à son rôle de port qui assure les liaisons entre l'arrière-pays et la Méditerranée. Deux siècles plus tard, les chocs entre empires carthaginois et romain d'une part, et entre ces derniers et le royaume numide d'autre part, s'achèvent par le triomphe de l'expansion romaine et l'annexion d'Hippone.
Cette dernière devient un des plus grands centres de la nouvelle province numide soumise aux romains; l'Africa Nova. Les vestiges d'aujourd'hui représentent la phase romaine et ses séquelles vandale et byzantine. Ce qui fait l'individualité d'Hippone dans cette période, c'est qu'elle est devenue un centre de rayonnement de la pensée théologique augustinienne sous l'impulsion de l'évêque d'Hippone saint Augustin. La mort de cette éminente figure coïncide avec la défaite romaine dans la régions sous les coups des Vandales et l'atrophie d'Hippone à tous les niveaux. Les Byzantins, malgré leur tentative, ne redonnent pas à la ville son éclat d'antan, tout au plus peut-elle constituer une escale ou un point de ravitaillement pour la flotte byzantine. Le VIIe siècle marque le début d'une nouvelle ère de l'histoire de la ville, lorsque celle-ci est occupée par les musulmans.
Le site antique d'Hippone sera islamique aussi jusqu'à la fin du Xe siècle. La ville prend le nom officiel de Bouna ; mais on lui donne aussi le nom de Madinat Saybous (la ville de Seybouse) d'après Al-Bakri. Au début du XIe siècle, la ville antique est abandonnée pour un nouveau site à 3 km au nord du premier (sans doute à cause des inondations). C'est devenu Bouna Al Haditha (Bouna la neuve). La nouvelle ville s'installe sur une hauteur de 40 mètres environ d'altitude, à la différence de l'antique qui se trouve dans le plat (1 à 3 mètres d'altitude) ; et dès 1040 environ la ville s'entoure de remparts pour renforcer sa défense naturelle. Les Sanhadjas, qui la fondent, en font un poste de défense et de surveillance de cette double frontière terrestre et maritime. Parallèlement à cette fonction, Bouna va être aussi un port d'échanges commerciaux. Cette double fonction, la ville la garde sous les Muwahidines (XIIe siècle), sous les Hafsides (XIIIe au XVe siècle), et sous les Deys (XVIe au XIXe siècle).
C'est aussi cette fonction qui l'expose aux agressions, dont la plus importante est celle des Espagnols de Charles Quint, qui occupent la citadelle de Annaba de 1535 à 1540. Dès cette date, la ville et sa région sont incluses dans les limites de l'Algérie moderne. Bouna (Bona) est parée d'un nouveau qualificatif : «Madinat Al Unnab», ou Annaba qui se substitue progressivement à son ancien nom, surtout à la fin du XIXe siècle et aujourd'hui.
La fonction de point d'échanges commerciaux, notamment avec l'étranger, fait de Annaba et sa région une des assiettes de l'établissement de concessions commerciales européennes, prémices d'un développement économique plus important. Les troupes françaises, à leur tête, Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo, qui commande à Alger, voudraient bien étendre l'action de la France vers l'Est et reprendre Bône, occupée la première fois par le général Damrémont en 1830, et une deuxième fois en 1831, par le commandant Huder ; mais par deux fois, il avait fallu évacuer la ville dans des conditions assez difficiles du fait de l'absence de voies de communication protégées.
En avril 1832, le capitaine D'Armandy s'installe dans Bône avec ses canonniers. D'Armandy envoie au duc de Rovigo, à Alger, un billet lui expliquant que grâce aux trente marins de la Béarnaise, ils ont pris la citadelle de Bône mais sont face aux 5.000 hommes du Bey de Constantine. Ils attendent des renforts. Les premiers jours sont difficiles et les vivres manquent. Enfin, le 8 avril , les renforts arrivent avec le brick "La Surprise". Le maréchal Nicolas Jean-de-Dieu Soult, ministre de la Guerre à la tribune de la Chambre affirme 'La prise de Bône est le plus beau fait d'Armes du siècle'.
Le développement économique peut alors se poursuivre avec la mise en valeur par de grands travaux de la plaine bônoise qui, à l'origine marécageuse, était devenue une région très prospère de cultures maraîchères, viticole et arboricole. L'oued Seybouse, qui arrose cette plaine, permettait l'irrigation intensive des terres avoisinantes.
L'industrie s'était aussi largement développée avec une usine de traitement des phosphates, les coopératives agricoles, son port de commerce, équipé du plus récent matériel de manutention, d'où partaient les différents minerais originaires du Kouif et de l'Ouenza, vers la France, et y arrivaient tous les équipements pour toute la région Est du Constantinois. L'ensemble des atouts humains et régionaux faisait de Bône, une des plus riches villes des départements d'Algérie.
Les deux conflits mondiaux, outre la mobilisations des jeunes hommes dans l'armée, atteignirent la ville de Bône. Le 4 Août 1914, Bône, de même que Philippeville, fut bombardée par les croiseurs allemands Goeben et Bresland faisant de nombreux morts. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville servit de base d'opérations aux armées britannique et américaine, arrivées le 13 novembre 1942. Elle subit de violents bombardements pendant l'hiver 1942-43. La Croix de guerre sera remise à la ville en juin 1949 par le Président de la République, Vincent Auriol.
En 1958, Bône comptait 110 000 habitants. La ville de Bône vit naître le maréchal Alphonse Juin (1888), le dessinateur humoriste Roger Widenlocher (1953) et le chanteur de variété Phil Barney (1957). L'indépendance de l'Algérie en 1962 entraîna le départ des populations européenne et juive de la ville. Dans l'Algérie indépendante, la ville connaît une augmentation rapide de sa population alimentée par l'exode rural, pour atteindre plus de 500 000 habitants aujourd'hui.
Géographie et divers
La Wilaya de Annaba est située à 600 Km de la capitale Alger, à l'extrême Est du pays qu'elle partage avec sa voisine El-Tarf, ouverte sur le littoral méditerranéen sur 80 Km. Elle s'étend sur 1412 Km² soit 0,06% du territoire national.
La région est richement arrosée (650 à 1000 mm/An), sa température moyenne est de 18°c. Elle possède un lac, le Fezzara qui couvre 6600 ha et l'Oued Seybouse, long de 255 Km, y trouve son embouchure. Elle est organisée administrativement en 12 communes et 06 daïrate (sous préfectures) : Annaba , Seraïdi, El-Bouni , El-hadjar , Sidi Ammar, Ain Berda , cheurfa, El-Eulma, Berrahal , Oued El-Aneb, Tréat, Chétaïbi. Elle abrite prés de 585000 habitants, soit 415 hab/Km².
Ses côtes s'allongent sur 80 km, sont halieutiques, dont la biomasse est estimée à quelques 30.000 tonnes. Les opportunités du secteur de la pêche sont multiples. À promouvoir, notamment la transformation et la conservation, l'élevage aquacole, l'artisanat et le tourisme marin.
Le sous-sol offre des ressources appréciables quant aux roches sédimentaires, dans les régions de Seraïdi et Chetaïbi notamment. Ses forêts se prêtent à une activité sylvicole, surtout pour le liège (30.000 qx/an) et le bois d'eucalyptus (20.000 tonnes/an). Elles couvrent près de 75.500 ha dont 15.000 ha de chêne-liège et conviennent parfaitement à l'activité touristique.
Le potentiel agropédologique représente près de 58.600 ha, notamment dans les plaines de la Seybouse et du lac Fezzara. Près de 58% des terres cultivables se situent dans les zones de piémont (38.700 ha de S.A.U).
Les ressources hydriques sont évaluées à 162 Hm³ dont 30% proviennent du barrage de la Cheffia (El-Tarf) en proportion égale avec les ressources souterraines.
Économie
Quant à l'industrie privée, elle se concentre notamment dans l'agro-alimentaire, la métallurgie, le bois et ses dérivés, les B.T.P.
Annaba est aussi un pôle de services qui commencent à connaître un grand développement, notamment en ce qui concerne le tourisme, la santé, l'éducation, la formation professionnelle et le conseil. À ce titre elle est le pôle touristique et dispose des plus importantes cliniques (Al Farabi,Les Jasmins, Abou Marwan,El Aurassi, Seybouse, etc.) et écoles privés (les glycines,Didactica, Al Awael, Al Qualam, A.L.C., etc) au niveau national et les plus importants bureaux de conseil.
L'économie y est diversifiée. Le port occupe le premier rang pour l'exportation de minerai.
Ses zones industrielles occupent près de 400 ha entre Pont Bouchet, Meboudja, Berrahal, Kherraza Des zones d'activités les complètent à Sidi Salem, El-Eulma, Oued El-Aneb.
La Wilaya est électrifiée à 91%. Elle dispose de 10 hôpitaux dont 4 à Annaba, 10 polycliniques, 6 maternités, 7 cliniques privées, 5 laboratoires privées, 172 pharmacies. Son réseau téléphonique moderne est satisfaisant, le mobile est de plus de en plus utilisé, l'Internet reste timide.
Potentiel touristique : Il est à la mesure de sa position géographique sur le littoral et son relief montagneux. Sa corniche et sa côte offrent les meilleures opportunités au tourisme balnéaire. Quant à la commune de Seraïdi, qui culmine à 1008 mètres, elle reste une potentialité majeure pour le tourisme de montagne et climatique.
Annaba dispose d'infrastructures touristiques importantes dont 13 hôtels classés, (Hôtel Le Majestic, Hôtel Seybousse, Hôtel Rym El Djamil), 30 autres non classés, 60 en voie d'achèvement, 20 restaurants classés, 14 agences de voyage.
Architecture
Comme Alger et Oran, Annaba possède un front de mer, un centre ville - où est situé le cours de la Révolution (ex-cours Bertagna) - animé, débordant d'arcades en tous genres où s'abritent restaurants, terrasses, kiosques. Malgré les nouvelles constructions, le front de mer a gardé son cachet.
Annaba est la plus belle et la plus ancienne cité de l'Algérie, fondée 1295 années avant J.-C., connue sous les noms successifs d'Ubon, Hippo Regius, Hippone, Bouna, Bled El Aneb, Bône, et enfin, Annaba.
C'est la perle du littoral algérien, la ville du Jujubier. Cette ville avance à pas de géant et atteindra le niveau de la Casablanca marocaine dans quelques années.
(source : Wikipedia)
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