Informations sur Skikda
Présentation
Skikda (anciennement appelée Philippeville depuis sa fondation en 1838 jusqu'à l'indépendance en 1962) est une ville d'Algérie septentrionale, chef-lieu de la wilaya du même nom, située au nord-est du pays, qui comprend plus de 800 000 habitants. Elle fait face, au nord, à la mer Méditerranée et dispose de frontières communes avec les wilayates de Annaba, Guelma, Constantine, Mila et Jijel.
Géographie
La wilaya de Skikda est située au nord-est de l'Algérie et s'étend sur une superficie de 4 137 km², avec une population avoisinant les 804 697 habitants.
Elle dispose de 130 km de côtes qui s'étalent de El Marsa à l'est jusqu'à Oued Z'hour aux fins fonds du massif de Collo à l'ouest. Elle est limitrophe avec les wilayas d'Annaba, Guelma, Constantine et Jijel.
Son relief est très accidenté sur la frange littorale est, dans les massifs de Collo, Azzaba et la Marsa. Dans ce relief on distingue trois types de zones topographiques, les zones de montagnes, les zones de plaines et les zones de piémonts.
Les zones de montagnes qui se subdivisent en plusieurs parties sont constituées par les massifs. Les djebels les plus importants sont :
La seconde partie de la plaine est considérée comme la zone de jonction entre la plaine et la dépression qui débute au lac Tanga près d'El-Kebir.
Des piémonts se localisent en particulier dans les régions d'El-Harouch et Azzaba.
Les oueds principaux sont permanents et prennent leur source à quelques kilomètres de la mer. Les oueds les plus importants sont :
L'étage humide couvre toute la zone occidentale montagneuse ainsi que les sommets à l'est et au sud, il est à variante douce ou tempérée au littoral et froide à l'intérieur.
L'étage subhumide couvre le reste de la wilaya , notamment les plaines, la variante chaude ou douce se localise sur le littoral et la variante tempérée ou froide à l'intérieur.
Il y fait chaud et humide en été, mais très frais en hiver.
Histoire
Ancien comptoir phénicien fondé durant le premier millénaire avant Jésus-Christ près de l'antique port de Stora, La ville était appelée Rusicade (en latin Rusicada) à l'époque romaine, un nom phénicien qui signifierait Cap des Cigales[réf. nécessaire]ou Promontoire du feu (Rus el Ucadh en punique ou Râ's el Waka? en Arabe), une probable allusion[réf. nécessaire] à l'existence d'un phare sur l'un de ses promontoires donnant sur le golfe de Stora, l'antique Sinus Numidicus. C'était l'une des quatres républiques municipales autonomes de la province romaine d'Afrique. Cité du littoral méditerranéen et principal débouché maritime de la Numidie.
Les ruines de la ville antique, détruite par les Vandales au Ve siècle de l'ère chrétienne, furent investies par les Français en janvier 1838 lors de la colonisation peu après la chute de Constantine. Repoussées lors d'une première tentative par voie terrestre en provenance de Constantine, Les troupes françaises étaient entrées par la baie de Stora, un ancien comptoir phénicien dont l'histoire remonte à 1000 avant Jésus-Christ, devenue plus tard le port de pêche de Skikda, et ont installé leur quartier général sur l'emplacement actuel de l'hôpital, situé en hauteur pour faire face à la résistance armée des tribus des environs. La ville fut rebaptisée Fort de Francedu nom du navire qui permit le débarquement des Français dans la baie, puis Philippeville en hommage au roi Louis-Philippe. Elle conservera ce nom jusqu'en 1962.
C'est en négociant avec les tribus hostiles des environs, notamment les puissantes confédérations guerrières des Béni Méhenna et des Béni Béchir que les Français purent occuper, dans un premier lieu, une des deux rives de l'Oued Saf-Saf (l'antique Thapsus)qui coupe les deux vallées sur lesquelles se trouve la ville actuelle. Les français négocièrent également les hauteurs de Bouabbaz en échange de la construction de la Mosquée de Sid Ali el-Adib, construite en 1840 sur l'autre versant de la ville faisant face au lieu. La Mosquée de Sid-Ali el-Adib, nommée d'après le nom d'un Saint d'origine syrienne venu de Béjaïa, est aujourd'hui la plus ancienne mosquée de la ville.
En 1911, au cours d'une grève de protestation des dockers du port de Phillipeville, les ouvriers musulmans levèrent un drapeau turc et un autre, de couleur verte, frappé du croissant et de l'étoile qui sera considéré comme l'un des ancêtres du drapeau Algérien, pour exprimer leur solidarité et leur fidélité à l'empire ottoman.
En 1914, le port de Philippeville est violemment bombardé par deux bâtiments de guerre de la Marine Turque ottomane, alors en guerre aux côtés du IIe Reich Allemand contre la France.
En 1942, les troupes alliées y débarqueront, notamment sur les plages de Jeanne d'Arc (actuellement Larbi Ben M'Hidi) où la carcasse rouillée d'un mini sous-marin gît toujours au niveau de la 7e plage.
La ville fut également la cible de bombardement aériens effectués par des avions bombardiers italiens et Allemands au cours de la seconde guerre mondiale.
La venue des GI's américains suscita l'enthousiasme général des populations musulmanes de la ville et le ressentiment des autorités coloniales. En 1942, Un incident entre un tirailleur sénégalais et des Algériens servira de prétexte à un massacre commis au niveau du Quartier Arabe (l'actuelle Souika) durant lsquel des tirailleurs sénégalais, armés et chauffés à blanc par des militaires français tueront une trentaine de civils Algériens. C'est grâce à l'intervention de l'Armée américaine que cessera le massacre dont les victimes seront inhumées en présence du maire de la ville, Cuttoli, et certain parmi les principaux notables européens et musulmans.
Au cours de la Guerre d'indépendance (1954-1962), Skikda essuya des pertes : le 20 août 1955, une série d'attaques menées par des unités de l'Armée de libération nationale (ALN) contre des cibles européennes au voisinage et dans la ville entraine des représailles de la part des forces de parachutiste et de Berêts rouges de l'armée française dont l'école était située à Jeanne d'Arc (7 km de la ville) et des milices armées constituées par des extrêmistes[réf. nécessaire] Pieds-Noirs.
Les militaires tiraient à vue sur tous les hommes de 14 à 70 ans. Ceux qui ne furent pas sommairement exécutés sur place furent rassemblés et emmenés au stade municipal (aujourd'hui Stade du 20 août 1955) où ils furent massacrés et ensevelis dans des fosses communes recouvertes à la chaux vive tandis que des hameaux (notamment le Béni-Melek) subissaient des pilonnages massifs à l'artillerie et des bombardements aériens. On[réf. nécessaire] estime aujourd'hui à plus de 12 000[réf. nécessaire], le nombre de civils Algériens désarmés tués lors de ce massacre tandis que les sources coloniales[réf. nécessaire] l'avait évalué à 1 200[réf. nécessaire]. Des sources algériennes[réf. nécessaire] estiment que le bilan serait beaucoup plus lourd puisque on ne sait pas avec exactitude tous les lieux, mis à part le stade, où furent enterrés les autres victimes de la répression.
En 1962, La ville de Philippeville connut un exode massif[réf. nécessaire] de la population pied-noire vers la France.
Durant les années 50, mais plus particulièrement à partir des années 60 et 70, la ville connut un afflux massif de populations rurales (mais également celles en provenance d'autres Wilayas aussi lointaines qu'Oran)à la recherche d'emploi dans le secteur tertiaire puis dans le domaine pétrolier, ce qui a eu pour effet de recomposer totalement[réf. nécessaire] les structures sociales de la ville et la disparition[réf. nécessaire] de sa population d'origine. Le même phénomène s'acccentua au cours des années 90[réf. nécessaire] durant lesquelles les populations fuyant l'insécurité vinrent s'établir en ville.
Structures
La ville dispose d'un Hôtel de ville de style néo-mauresque et d'une gare ferroviaire stylée, conçus par Le Corbusier. L'Hôtel de ville de Skikda contient des tableaux de maîtres d'une très grande valeur.[réf. nécessaire]
Skikda dispose de potentiels économique et touristique, avec une façade maritime de 130 km où se succèdent des plages (allant de Tamanart à l'ouest, jusqu'à El Marsa à l'est), et où l'on dénombre 8 zones d'expansion touristique[réf. nécessaire]. Cette position géographique combinée à l'importance de ses infrastructures techniques (routes nationales ports et voies ferrées) lui permettent de jouer un rôle important dans les échanges et les flux économiques.
L'une des plus grandes zones pétrochimiques d'Algérie se trouve à l'est de la ville, dans la commune de Larbi Ben M'Hidi (anciennement Jeanne d'Arc).
Organisation territoriale
La wilaya de Skikda est issue du découpage administratif de 1974. Elle comprend treize daira regroupant trente-huit communes.
Ain Bouziane, Ain Cherchar, Ain Kechra, Ain Zouit, Azzaba, Bekkouche Lakhdar, Ben-El-Ouiden, Benazouz Beni Bechir, Beni Oulbane, Beni Zid, Bouchtata, Cheraia, Collo, Djendel Saadi Mohamed, El-Ghedir El-Hadaik, El-Harrouch, El Marsa, Emdjez Edchich, Essebt, Filfila, Hamadi Krouma, Kanoua, Kerkera, Kheneg Mayoum, Oued Zehour, Ouldja Boulballout, Ouled Attia, Ouled Hebaba, Oum Toub, Ramdane Djamel, Salah Bouchaour, Sidi Mezhiche, Skikda, Tamalous, Zerdazas, Zitouna.
Économie
wilaya à double vocation initiale agricole et touristique, Skikda était réputée pour ses plages, ses vergers d'agrumes (oranges, mandarines, citrons, etc.), sa culture de la fraise, ses huileries d'olive et la transformation de poisson. Après l'indépendance, elle est devenue une zone industrielle importante de l'Algérie, formant le triangle industriel de l'est avec Constantine et Annaba.
Une station de dessalement de l'eau de mer est en cours de réalisation ainsi qu'un complexe de production de l'hélium liquide.
Le tourisme, fort prometteur en raison de l'énorme potentiel de la Wilaya en la matière, souffre aujourd'hui d'un manque d'infrastructures et des effets de la politique du tout industriel initié durant les années 70. Mais des efforts sont déployés depuis quelques années pour redynamiser le secteur.
Un pôle technologique dont le site se situerait à la sortie Sud de la ville est également à l'étude.
Culture
La ville possède une tradition ouvrière. Celle-ci a commencé à s'exprimer politiquement dès 1911 avec la grève des dockers du port et s'est répercutée sur les tendances gauchistes des nationalistes Skikdis. En 1935, le réformateur religieux Abdel-Hamid Ibn Badis, visitant la ville y fut mal accueilli. Ce qui a donné naissance au mythe d'une ville dont les enfants auraient été maudits par le célèbre Prédicateur.
Durant les années 1920-1930, un prédicateur religieux errant du nom de Ben Aroua, émit une série de prophéties sur l'avenir de la ville dont celle, demeurée célèbre dans la mémoire collective, relative à la guerre et l'indépendance, à un serpent métallique dont les origines se perdent dans les sables du désert et la tête dans le mer, allusion allégorique au pipeline qui relie les champs pétrolifères du Sahara au terminal pétro-chimique, ainsi qu'à la survenue d'une catastrophe de type apocalyptique dont ne seront rescapés que ceux qui se réfugieront sur les hauteurs du Djebel Messiouel situé non loin de la ville.
Comme toutes les cités portuaires, la ville possédait une pègre locale qui est arrivée durant un certain temps à concurrencer le milieu marseillais sur son propre terrain.
La ville possède une intelligentsia très dispersée et souvent forcée à l'exil ou au repli. Elle se caractérise par une parfaite maîtrise de la langue française que l'on retrouve qu'en région parisienne. En raison de diverses causes socio-politiques, Celle-ci n'a jamais pu former une élite au service de la ville ou de sa région
Le Skikdi est réputé pour son caractère bien trempé et frondeur. Le parler local est l'un des rares à prononcer proprement le Kaf Arabe comme dans l'arabe littéraire au lieu du Gaf commun chez les populations arabophones du Maroc au Golfe Arabo-persique.
(source : Wikipedia)
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