Informations sur Douala
Présentation
Douala, ville portuaire, est la capitale économique du Cameroun et principal centre d'affaires du pays. C'est le chef-lieu de la province du Littoral et du département du Wouri.
Géographie
Située en bordure de l'océan Atlantique, à l'embouchure du fleuve Wouri, c'est le plus grand port du pays et l'un des plus importants d'Afrique Centrale.
La cité s'étend sur les deux rives du fleuve et il n'existe qu'un seul pont pour passer d'une rive à l'autre.
Climat
Chaud et humide, le climat de Douala se caractérise par une température à peu près constante, autour de 26°, et des précipitations très abondantes, particulièrement pendant la saison des pluies, de juin à octobre. L'hygrométrie est de 80% en saison sèche et de 99% en saison des pluies.
Ce climat est propice au développement des moustiques et donc au paludisme.
Histoire
A la fin du 19e siècle, l'Allemagne étend son protectorat sur le Kamerun. Quatre villages sont installés au fond de l'estuaire du "Rio dos camaroes".
Sur la rive gauche, le village Bell (Bona doh), le village Akwa (Bona ku), et le village Deido (Bona ebelle).
Sur la rive droite le village Hickory (qui deviendra plus tard Bonaberi).
Ces villages sont installés au bord du fleuve qui est leur source de vie et de richesse et sont dirigés par des King.
Les 3 villages de la rive gauche sont séparés par la Mboppi (Deido et Akwa) et la Besseke (Akwa et Bell).
Le long du fleuve, on apercevait d'imposantes et élégantes maisons le plus souvent en bois et couvertes de tôles et devant chacune, le drapeau hissé désignait le propriétaire et sa nationalité.
Le fleuve Wouri (Rio dos Camaroes) a longtemps été au centre de l'activité de la ville naissante. on y pratiquait la pêche et surtout le commerce. C'est en effet la principale porte d'entrée du pays où les invités sont accueillis et où sont organisées les différentes manifestations lors des grandes occasions. Un pont sera construit et inauguré en 1954 par le ministre de la France d'outre-mer Coste Floret.
Avant d'arriver à Douala, on pouvait s'arrêter au village Suellaba où l'administration allemande avait installé une maison de repos. Ce village a aussi été exploité pour la culture du palmier à huile. C'est également ce village qui a servi de base aux forces franco-britanniques en juillet 1914 qui se préparaient à chasser les Allemands du territoire Kamerunais.
Les premiers aménagements ont été entrepris en 1881 par la firme allemande WOERMAN LINIE suite à un accord avec les rois Duala. Il faut signaler que jusque là les compagnies européennes commerçaient à partir des bateaux-pontons amarrés au milieu du fleuve. Ainsi les chefs se réservaient le monopole du commerce avec l'intérieur et devenaient les intermédiaires obligatoires.
Au départ, le port est en fait un quai construit au niveau du village Akwa et il ne s'agit que d'un terre-plein obtenu après avoir frappé les palplanches au delà de la rive naturelle et colmaté l'espace ainsi dégagé. La construction d'un véritable quai en béton sera entrepris à la fin du 19e siècle par les Allemands sous l'autorité du gouverneur J. Von Puttkamer. Ce dernier est considéré comme le constructeur de Douala car il a transformé le village africain traditionnel en ville moderne (tracement de larges rues, assèchement des marécages de Bonaku et entre Akwa et Deido, amélioration et agrandissement du port, construction de la digue entre Joss et Akwa, début de la canalisation de l'eau courante).
Les Allemands entendaient faire ce port le plus moderne de la côte d'Afrique de l'ouest car, ils jugeaient que l'absence de barre lui donnait un atout déterminant. C'est dans la zone portuaire que vont naître les premières industries du pays.
L'embouchure de la rivière Besseke qui sépare les villages Akwa et Bell a été un carrefour très important de la ville. C'est là qu'a été implanté le terminus du "chemin de fer du Centre" qui allait relier Douala à Yaoundé. En plus du premier construit à ce niveau, on y retrouve également le premier et plus grand marché de la ville. Les deux rives vont être occupées par les cheminots et les bâtiments administratifs des chemins de fer. La gare sera implantée dans la vallée. Le chemin de fer du Centre commencé sous le protectorat allemand sera achevé au début des années 1920. La voie ferrée suivait l'itinéraire qu'emprunte aujourd'hui le boulevard de la Besseke, au niveau de la Sonel Koumassi, elle remontait vers le Collège Dominique Savio et longeait l'usine des Brasseries en direction des gares de New-Bell et Bassa sur le chemin de Yaoundé.
Installé à l'endroit stratégique que représentait le confluent de la Besseke avec le Wouri, à proximité de la Gare, le long de la voie Decauville qui reliait le port au plateau Joss (centre résidentiel administratif) et tout près d'Akwa. Les pirogues venaient ravitailler la ville en vivres et poissons frais sur place en pénétrant le coeur du marché. Afin de mieux prélever les taxes et impôts et centraliser les points commerciaux, l'administration coloniale construit une halle au bord de la Besseke vers les années 1920.
Premier nom de l'actuel boulevard Ahmadou AHIDJO (qui a été au passage avenue du 27 août 1940), ce fut le premier passage entre les plateaux Akwa et Joss passant par la vallée de la Besseke.
Avant de devenir le quartier commercial dans les années 1930, Akwa était occupé par des missions. Les premiers missionnaires chrétiens étaient Anglais. Le responsable, un certain Alfred Saker appartenant à la société missionnaire baptiste de Londres est arrivé au Cameroun le 11 juin 1845 et y a séjourné jusqu'en 1876.
Le premier temple de Douala appelé "BETHEL" fut érigé à l'endroit où se trouve actuellement le temple du Centenaire construit et inauguré le 30 mars 1947 (terrain mis à la disposition de la mission baptiste de Londres par le King Akwa).
Le temple de Bonalembé (qui existe toujours à coté de la boulangerie Zépol), a été construit à la fin du 19e siècle (1899) par les missionnaires baptistes de Bâle. Ces missionnaires ont également construit un deuxième lieu de culte (temple de Bonadouma). Ce temple n'existe plus mais il semblerait qu'il était situé sur la rue Paul Soppo Priso.
Les Pallotins sont arrivés à Douala le 25 octobre 1890. Ils sont installés sur l'autre extrémité du plateau Akwa sur l'axe le reliant au plateau Joss. La première église pallotine fut construite vers la fin du 19e siècle. La cathédrale Saint Pierre-Saint Paul a été construite à coté de la première église dans les années 1930 et inaugurée en 1936. C'est une oeuvre des spiritains français venus remplacer les missionnaires allemands en 1916.
Hotel inauguré en 1951, c'est l'un des 3 grands établissements de classe international (avec le Méridien) de la ville. Il est situé sur le Boulevard de la Liberté.
Le plateau Joss a été le premier espace de Douala occupé par les Allemands à cause de sa situation qui surplombe le Wouri.
La Pagode dont le nom provient de son style architectural a été construite en 1905 par le roi August Manga Ndoumbe (1897 - 1910) qui a fait ses études en Angleterre à l'université de Bristol. Il est le fils du roi Ndoumbe Lobe et le père de Rudolf Douala Manga Bell.
Vers les années 1920, la Pagode a abrité les bureaux de la compagnie forestière Sangha Oubangui. Elle a également abrité le siège de la société navale de l'ouest, le hangar à l'arrière a servi pour le premier cinéma de Douala "le Paradis", le dernier étage a abrité un restaurant "la Croix du sud".
L'opération de déguerpissement entreprise par les Allemands en 1913 vers le quartier New Bell a connu une violente opposition et a entrainé la mort par pendaison de Rudolf Duala Manga Bell et son homme de confiance Ngosso Din le 8 août 1914. Les Bell n'occuperont jamais ce quartier puisque les Allemands ont quitté le Cameroun deux ans plus tard et suite aux négociations avec les Français, c'est plutôt à Bali qu'ils s'installeront.
Population
Avec 2,0093 millions d'habitants, Douala est la plus grande ville du Cameroun. La ville tire son nom de l'ethnie qui l'a fondée, les Doualas. Néanmoins, Douala est aujourd'hui une mosaïque des différentes ethnies qui composent le Cameroun, la ville devant sa croissance récente à l'exode rural qui a poussé des centaines de milliers de camerounais à quitter leurs campagnes pour s'installer dans les villes.
Religion
Mélange d'ethnies du Cameroun et d'ailleurs, Douala est aussi multi-confessionnelle.
La tolérance des habitants (spécifique à la ville) permet aux différentes religions de cohabiter harmonieusement et évite ainsi la création de quartiers confessionnels.
Les religions principales sont chrétiennes : culte catholique et protestants. Il existe également une forte minorité musulmane.
Ces dernières années sont marquées par une forte progression des sectes chrétiennes, souvent dirigées par des individus ayant adopté le métier de pasteur pour gagner leur vie.
Douala est le siège de l'archidiocèse de Douala, où se trouve la cathédrale Saint Pierre-Saint Paul de Douala (Voir aussi : Liste des évêques et archevêques de Douala)
Régime juridique de la ville
Face au danger de voir la ville de Douala dans le camps de l'opposition, le gouvernement, par la loi n° 87-15 du 15 Juillet 1987, va transformer Douala en communauté urbaine (eq. commune urbaine à régime spéciale). Ce régime dérogatoire supprime la fonction de maire au profit d'un délégué du gouvernement nommé par la présidence.
La loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 modifie le régime de la communauté urbaine, qui reste dirigée par un délégué du gouvernement, mais qui crée également 5 communautés urbaines d'arrondissement (Douala I, II, III, IV et V) dotées de conseils municipaux élus.
Économie
Si la ville de Douala s'est imposée comme capitale économique du pays, c'est grâce à son port qui a permis le développement de près de 80 % de l'activité industrielle du Cameroun. À lui seul, le port draine plus de 95 % du trafic portuaire du pays.
Le port de Douala-Bonaberi est jusqu'à ce jour la principale ouverture maritime du Cameroun et de la CEMAC.
Les principaux produits exportés sont le bois (du Cameroun et de Centrafrique), les fruits (notamment les bananes) et le pétrole.
Suites aux opérations villes mortes en 1991, à l'arrivée en tête de John Fru Ndi au scrutin de 1992 à Douala et à la victoire de l'opposition (Social Democratic Front) aux élections municipales de Douala en 1996, le gouvernement central à Yaoundé fermera le robinet des crédits à Douala, et modifiera la loi de finance dès 1996 pour centraliser au niveau de l'état les recettes municipales de Douala. Ainsi, entre 1996 et 2001, la ville de Douala n'a reçu que de petites parties du budget qui lui était dévolue (par exemple, pour l'exercice 1999-2000, la ville ne recevra que 800 millions de Francs CFA sur son budget de 69 milliards).
La suspension du budget municipal rendra impossible l'entretien de la voirie, et celle-ci se dégradera peu à peu.
Les routes de la ville sont donc dans un état déplorable et certains quartiers sont inaccessibles en voiture pendant la saison des pluies. Il en va de même pour l'adduction d'eau et les caniveaux. Une épidémie choléra est d'ailleurs apparue dans la ville en 2004.
Toutefois, cette mauvaise voirie a permis le développement des Bensikins, les taxis-motos de Douala.
Toutefois, depuis la victoire du RDPC (parti présidentiel) aux élections minicipales et législatives de 2002, de nombreux travaux de réfections de la voirie ont été mis en oeuvre.
La corruption, omniprésente au Cameroun, entrave le développement économique de Douala. Le transport de marchandises est régulièrement pris pour cible, puisque, par exemple, sur l'axe Douala-Bojongo via Buea, on ne compte pas moins de 33 postes de contrôle ou il devra payer en moyenne 1000 Francs CFA de « taxe parafiscale ».
Selon Niels Marquartd, ancien ambassadeur des États-Unis au Cameroun, la corruption au Cameroun décourage l'investissement dans le pays.
Le GICAM, syndicat patronal du Cameroun se plaint quant à lui du harcèlement fiscal et douanier dont serait victimes les entreprises .
Les exportations sont considérablement ralenties par la bureaucratie de l'administration camerounaise, puisqu'il faut compter en moyenne 10 jours pour expédier un container.
Les plus grandes entreprises du pays ont installés leurs sièges sociaux à Douala plutôt qu'à Yaoundé. Ce positionnement géographique permet aux entreprises d'être au plus près de leurs débouchés (export ou marché local) et de leurs intrants (port et aéroport) et leur permet d'être éloignés des ministères de la capitale.
Les quartiers de Douala
Douala compte environ 120 quartiers répartis en 6 arrondissements. Chaque quartier est en soi une ville dans la ville.
(source : Wikipedia) |