Informations sur Caen
Présentation
Caen est une ville du nord-ouest de la France, chef-lieu de la région Basse-Normandie et du département du Calvados, traversée par l'Orne.
Son nom se prononce can (/k/). Ses habitants sont appelés les Caennais.
Géographie
Caen, comme une majeure partie de la région Basse-Normandie, fait partie du bassin parisien. La ville est située sur un plateau, propice à la culture céréalière.
Caen bénéficie d'un climat océanique avec des étés frais et des hivers doux.
Administration
En 1952, la petite commune de Venoix a été rattachée à Caen.
En 1990, l'agglomération de Caen s'est organisée en district, transformé en 2002 en une communauté d'agglomération (Grand Caen, renommée communauté d'agglomération Caen la Mer en 2004), regroupant à présent 29 communes. Caen est divisée en 9 cantons dont elle est le chef-lieu, mais donne son nom à 10 cantons :
Histoire
On dispose de peu de renseignements concernant la fondation de la ville de Caen et l'origine de son nom. Les hypothèses à ce sujet sont multiples et la plupart du temps farfelues. La plus vraisemblable, fondée sur l'étymologie, semble être celle qui suggère que le toponyme ait une origine gauloise. Composé du gaulois cato « activités militaires » et du gaulois magos « champ », il signifierait le « champ de manoeuvres » ou le « terrain d'exercices ».
Il existait déjà , autour de l'actuelle Abbaye aux Hommes, une forme d'habitat dès l'époque gallo-romaine. Elle serait due aux Saxons installés là par les Romains. Une église dédiée à saint Martin et un cimetière datant du haut Moyen Âge sont aussi connus des historiens.
Dans les années 1020, après le choc des invasions vikings, le bourg comprend plusieurs églises et un marché où est perçu un tonlieu. Cette ville ayant été, à l'origine, un lieu de péage, certains ont émis l'hypothèse que le mot « Caen » puisse être la déformation du saxon « Gateheim » signifiant « maison de la barrière ». Avec le temps, les noms saxons « Catheim » ou « Gateheim » se sont transformés en Gathim, Cadun, Cahom, Cahem. Robert Wace écrira Cahem, Chaem, Caem ou Caan. Vers le XVe siècle, on n'utilisera plus que Gadomus ou Caën.
Le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, la développe au XIe siècle en la dotant d'un château, de deux abbayes et d'un rempart. Le duc y réside plusieurs fois. En 1083, son épouse, Mathilde de Flandre, est inhumée à l'Abbaye aux Dames. Quatre ans plus tard, le corps de Guillaume reposera dans l'église de l'Abbaye aux Hommes. À cette époque, Caen est rapidement devenue la seconde ville du duché de Normandie.
Au cours de l'incorporation du duché à la France par le roi Philippe II Auguste, Caen tombe le 21 mai 1204, avant Rouen.
En 1417, la ville de Caen oppose une résistance héroïque à l'envahisseur anglais qui massacre 2 000 bourgeois, pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d'une très vive résistance à l'occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d'exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l'université de Caen fait partie des mesures du duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l'année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. La Normandie redevenue française, Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands).
Lorsque les Protestants prennent le contrôle de la ville en avril 1562, leur iconoclasme s'en prend, entre autres, au tombeau de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde. Le service catholique est suspendu. Arrivé à Caen en décembre 1562, le chef du parti huguenot, l'amiral de Coligny, ordonne, avant son départ le 19 mars 1563, la démolition, « afin d'avoir le profit qui se tireroit des plombs ont elle étoit couverte », de l'Abbaye aux Hommes dont le chartrier est brûlé. En 1584, la peste fait 10 000 victimes à Caen. Le Parlement de Normandie et la Cour des Aides et la Chambre des Comptes sont déboublés à Caen de janvier 1589 à avril 1594 suite au soulèvement de Rouen contre le roi ; les parlementaires fidèles au roi se rendant à Caen.
La révolte des Nus-Pieds amorcée à Caen le 13 août 1639 fut menée par un certain Bras-Nus se donnant le grade de colonel de l'armée souffrante ; il finit roué. Prudemment restée à l'écart des troubles de la Fronde, Caen va travailler va voir la création de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres et de la première Académie de Physique de France qui lui acquerra une réputation de capitale des beaux esprits et le surnom d' « Athènes normande ». Les persécutions nées de la révocation de l'Édit de Nantes forcèrent de nombreux Caennais protestants refusant d'abjurer, riches marchands et industriels pour la plupart, à l'exil. Le commerce de la province en fut ruiné. L'absolutisme louis-quatorzien mit également fin aux franchises municipales dont jouissait Caen en supprimant les élections municipales et en transformant les offices d'échevin des nobles, des bourgeois et des marchands en charges vénales.
Caen vit, en 1713, 1715 et 1725, des émeutes liées à la cherté du pain. À la Révolution, le procureur-syndic Georges Bayeux et le commandant de la place Henri de Belzunce furent massacrés par la foule. En 1793, la section caennaise des Jacobins de Caen rompit ses attaches avec ceux de Paris. Nombre de Girondins cherchant refuge à Caen lors de leur chute, celle-ci devint le centre des insurrections fédéralistes auxquelles se joignit la société caennaise des Carabots. C'est le faible recrutement des armées fédéralistes qui incita Charlotte Corday à quitter Caen à Paris le 9 juillet 1793 pour aller assassiner Marat à Paris.
Caen a perdu 68% de son volume bâti durant la Seconde Guerre mondiale car elle s'est trouvée sur une ligne de front très disputée lors du débarquement en Normandie le 6 juin 1944 (Jour J). Elle fut libérée par les forces canadiennes qui ont combattu pendant un mois les troupes S.S. Ses principaux monuments ont néanmoins été sauvegardés.
La reconstruction de Caen a officiellement duré de 1947 à 1963 avec de larges avenues rectilignes bordées par des immeubles de pierre de Caen d'environ cinq étages, ce qui lui confère une grande unité architecturale. De nombreux immeubles qui avaient un toit plat ont été chapeautés d'un toit à pentes traditionnel.
Patrimoine
La ville de Caen compte un nombre important de monuments historiques dont les principaux (deux abbayes et le château) ont été construits sous Guillaume le Conquérant au XIe siècle. Surnommée « ville aux cent clochers », on y dénombre une quarantaine d'églises dont il ne reste parfois qu'un pan de mur. Son Mémorial pour la Paix est très visité.
On peut également y déguster des spécialités culinaires (tripes à la mode de Caen, teurgoule, brasillé, fouace de Caen...) tout en assistant aux courses hippiques réputées.
Économie
Caen est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Caen. Elle gère le port de plaisance, le port de Caen-Ouistreham et le port de pêche de Port-en-Bessin ainsi que l'Aéroport de Caen - Carpiquet.
Caen est le siège de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Basse-Normandie.
La ville accueille de grandes entreprises comme Philips, Valeo ou Oberthur. France Télécom y possède un de ses centres européens de recherche et de développement. Les principales activités économiques sont les centres d'appels, la fabrication de produits pharmaceutiques et le nautisme.
Le port de Caen-Ouistreham voit transiter 3 millions de tonnes de marchandises par an, ce qui en fait le 6e port d'intérêt national de France.
Transports
Les transports en commun de l'agglomération caennaise sont constitués d'un réseau de bus et de deux lignes de tramways sur pneus (technologie TVR). Ils sont opérés par la Compagnie des transports de l'agglomération caennaise (CTAC) et commercialisés sous le nom de marque Twisto. Le réseau de tramway est organisé autour d'une ligne à deux variantes, desservant Ifs, le campus 2, la Grâce de Dieu et Hérouville-Saint-Clair.
L'aéroport de Caen - Carpiquet est, en nombre de passagers, le plus important aéroport de Normandie. Une ligne régulière vers Lyon permet des correspondances vers l'Europe.
L'agglomération est desservie par deux autoroutes : l'A13, l'A84 et bientôt l'A88 connectant la ville à la Bretagne, à la région parisienne et bientôt au Maine. Caen est encerclé par un périphérique. En plus des bonnes liaisons routières, Caen est le centre d'une vieille étoile ferrée la reliant à Paris (en 1h 45), Cherbourg (en 1h 15), Rouen (en 1h 30) et Rennes (en 3h 30) à partir de sa gare. En revanche, aucun TGV ne dessert la ville, ni la Basse-Normandie alors que cela fut le cas pendant quelques temps juste après l'électrification de la ligne en reliant Caen et Cherbourg à Lille.
Brittany ferries relie le port caennais d'Ouistreham à Portsmouth avec trois allers-retours par jour.
Enseignement
L'université de Caen, l'une des plus anciennes de France, créée en 1432 par Bedford pour le roi Henri VI d'Angleterre sur le modèle d'Oxford et de Cambridge, compte près de 25 000 étudiants répartis essentiellement sur les 4 campus de la ville. L'université dispose de 11 UFR, de 6 instituts, de deux écoles d'ingénieurs, de 2 IUP et de 5 antennes universitaires à Alençon, Cherbourg, Lisieux, Saint-Lô et Vire.
Minéralogie
La pierre blonde, dont les carrières, aujourd'hui fermées, s'étendent sous la ville de Caen, fut très utilisée par les souverains normands notamment pour les grands bâtiments en Angleterre puis, plus tard, pour les premiers gratte-ciels de New York. Au XIXe siècle, 200 bateaux font la navette avec le port de Caen d'où partent 25 000 tonnes par an. La concurrence du béton, ajoutée à l'exploitation de plus en plus difficile des galeries, avait entraîné une cessation d'activité. En mars 2004, la carrière de Cintheaux a été rouverte à la demande de la Ville de Caen pour fournir de la pierre de Caen aux grands chantiers de restauration alors entrepris. Cette réouverture a été rendue possible grâce aux récentes avancées de la technologie.
Sport
Caen dispose d'une équipe de football évoluant au plus haut niveau français: le Stade Malherbe de Caen. Au terme de la saison 2006-2007 de L2, "Malherbe" retrouve l'élite du football français. Le club, fondé en 1913, possède un centre de formation performant qui a formé de nombreux joueurs comme Franck Dumas, William Gallas, David Sommeil, Jérôme Rothen, Bernard Mendy, Grégory Tafforeau, Mathieu Bodmer, Ronald Zubar ou Yoan Gouffran. Le Stade Malherbe de Caen est un des meilleurs clubs formateurs en France. Depuis août 2006, le club dispose d'un nouveau centre de formation moderne et fonctionnel. Le bâtiment de trois millions d'euros, voulu par les dirigeants, abrite aussi le siège du SMC. Le Stade Malherbe de Caen évolue depuis 1993 au stade Michel-d'Ornano (21 500 places). Le public bas-normand vient très nombreux à d'Ornano. C'est un des meilleurs publics de France. En 2004/2005, Caen a été élu meilleur public de Ligue 1 par la Ligue de football professionnel avec plus de 19 000 spectateurs de moyenne.
Caen dispose également d'une équipe de hockey sur glace évoluant en Ligue Magnus, les Drakkars.
Le sport féminin est également représenté, notamment par l'Ovalie Caennaise, le club de rugby à XV qui totalise 3 titres de championnes de France et 4 de vice-championnes en 7 ans (de 1999 à 2005).
Caen fut ville étape du Tour de France 1905 (victoire de Jean-Baptiste Dortignacq), 1957 (victoire de René Privat), 1978 (victoire de l'équipe Ti-Raleigh) et 2006(victoire dOscar Freire).
Héraldique
« De gueules au château donjonné d'une tour crénelée d'or, le tout ouvert, ajouré et maçonné de sable. »
Bibliographie
Gabriel Vanel, Abraham Le Marchand, Étienne Desloges et al., Recueil de journaux caennais, 1661-1777, publiés d'après les manuscrits inédits, Rouen, A. Lestringant, 1904
(source : Wikipedia) |