Informations sur Metz
Présentation
Metz (qui se prononce m?s) est une commune française située dans le département de la Moselle, préfecture de région de la Lorraine. Ses habitants sont appelés les Messins.
Histoire
En 1882, un coup de poing ou biface vieux de 200 000 ans av. J.-C., a été découvert dans une sablière de Montigny-lès-Metz.. Les hommes vivant à cette période étaient des chasseurs-cueilleurs, vivant selon le mode de vie non sédentaire propre aux nomades et dont les déplacements étaient liés en partie à leur approvisionnement en nourriture.
Les Hauts-de-Sainte-Croix ont livré quelques tessons du IVe millénaire av. J.-C., mais l'occupation attestée du site ne commence qu'au Ier siècle av. J.-C. avec la présence de fonds de cabane et des emplacements de maisons de bois et de torchis ainsi qu'une nécropole à urnes cinéraires. Les archéologues ont également exhumé un murus gallicus. Ce sont là les vestiges de Divodurum, oppidum des Médiomatriques, peuple gaulois dont le territoire s'étendait de l'Argonne au Rhin et que mentionnera Tacite au siècle suivant. Nous savons encore par César qu'en 52 av. J.-C., les Médiomatriques envoyèrent un contingent de 5 000 soldats à l'armée gauloise formée pour porter secours à Vercingétorix dans Alésia.
Au lendemain de la conquête romaine, Divodurum Mediomatricorum (Metz) est le chef-lieu de la cité des Médiomatriques, intégrée à la Gaule belgique dont la capitale est Reims (Durocortorum). Son territoire va à présent de l'Argonne aux Vosges. L'espace au-delà des Vosges est désormais occupé par les Triboques.
Divodurum (Metz) est mentionnée pour la première fois par Tacite à la fin du Ier siècle à propos des troupes de Vitellius qui y massacrent 4000 personnes.
Les fouilles archéologiques des quarante dernières années ont révèlé une agglomération de bâtiments en bois et torchis, établie selon le quadrillage propre aux villes romaines avec cardo et decumanus ; la surface a quadruplée depuis la fin de l'indépendance. Metz est devenu un important carrefour routier où convergent les voies venant de Lyon, Reims, Trèves, Mayence et Strasbourg.
A Metz comme dans l'ensemble de la Gaule gallo-romaine, la civilisation gallo-romaine atteint alors un sommet. La population de Metz, estimée entre 15 000 et 20 000 habitants, habite désormais des constructions en pierre. De grands édifices voient le jour, qui utilisent la pierre de Jaumont et surtout la pierre de Norroy. Parmi les plus prestigieux, il y a l'amphithéâtre, construit certainement à la fin du Ier siècle, un des plus grands du monde romain (25000 places) et l'aqueduc qui va de Gorze à Metz en traversant la Moselle. Par ailleurs une vaste nécropole s'étend au sud de la ville de part et d'autre de la voie vers Lyon.
A partir de 245, les périodes de paix sont entrecoupées d'épisodes violents et de destructions. Dans ce climat de moindre sécurité, la ville s'entoure maintenant d'une enceinte où sont réemployés des blocs d'architecture et des stèles. De la fin du IIIe siècle ou du début du IVe siècle, date la construction de l'édifice de plan basilical connu sous le nom de Basilique de Saint-Pierre-aux-Nonnains dont la fonction reste obscure. Certains y ont vu une basilique civile, d'autres la palestre d'un ensemble thermal voisin.
En 297, la cité des Médiomatriques est intégrée dans la Belgique première et perd son territoire à l'Ouest avec l'émergence de la cité de Verdun. Par contre, Metz bénéficie de la proximité de Trèves promue au rang de capitale de l'Empire.
On ne peut rien affirmer sur les débuts du christianisme à Metz. Le premier évêque Saint Clément aurait vécu pendant le dernier tiers du IIIe siècle. Il a établi un sanctuaire dans la fosse du grand amphithéâtre désaffecté, qu'ont retrouvé les fouilles allemandes de 1902.
Au IVe siècle, le nom "Divodurum Mediomatricorum" n'est plus d'usage, les textes parlent maintenant de "Mettis".
Cette période se termine par l'incendie et le pillage de la ville par les Huns le 7 avril 451. Seul aurait été épargné l'oratoire Saint-Etienne situé à l'emplacement de l'actuelle cathédrale ou à proximité.
Metz est la capitale du royaume d'Austrasie durant deux siècles de la période franque, de 511 à 751. À la mort de Clovis en 511, Thierry Ier reçoit la région nord-est appelée Austrasie. Il a primitivement établi sa capitale à Reims, mais très vite il choisit Metz en raison de sa situation centrale. Il construit un palais sur la colline Sainte-Croix, il abrite aujourd'hui les musées de la Cour d'Or.
La dynastie des Carolingiens est originaire de la ville, et divers membres de la famille de Charlemagne sont enterrés dans l'abbaye Saint-Arnould. Siège d'un évêché disposant du pouvoir temporel, Metz reste longtemps une ville libre du Saint Empire romain germanique. Les édifices religieux se multiplient dans la ville, la ville prospère et la bourgeoisie se développe. Au XIIIe siècle, la bourgeoisie fait de Metz une république oligarchique dirigée par le collège des Échevins.
En 1552, le roi de France Henri II devint souverain des trois villes épiscopales d'Empire Metz, Toul et Verdun après l'entrée en ville, alors ville libre du Saint Empire romain germanique. Charles Quint, voulut reprendre ces villes lorraines passées sous l'autorité du roi de France. Il organisa le siège de Metz qui fut défendue victorieusement par le duc François de Guise alors gouverneur français de la ville. Le siège fut levé en janvier 1553. Ce n'est cependant qu'en 1648, lors des traités des Westphalie, que Metz devint juridiquement sous souveraineté française, capitale de la province des Trois-Évêchés. Dès 1633, la ville était siège d'un Parlement.
Metz se transforme alors en ville de garnison, importante place forte du royaume de France, tout en continuant à se développer.
La proximité de la Suisse et du Saint-Empire propagent rapidement la Réforme à Metz qui devient un centre protestant important mais qui disparaît précocément suite à l'émigration messine à Berlin suite à la révocation de l'Édit de Nantes
Les Juifs ont été autorisés à s'installer à Metz en 1565 et leur communauté a atteint 2200 personnes au début du XVIIIe siècle (voir Metz et la Lorraine).
1861 Exposition universelle de l'agriculture, de l'industrie, de l'horticulture et des beaux-arts. Metz est assiégée pendant la guerre franco-allemande de 1870. Abandonnée par la majorité des députés français, y compris les députés lorrains de la Meurthe, qui ont voté à la quasi unanimité son annexion, est rattachée au nouvel Empire allemand, ratifié par le traité de Francfort et devient chef-lieu du district de la Lorraine (Lothringen) dans le Reichsland d'Alsace-Lorraine de 1871 à 1919.
Après l'annexion, et malgré le départ de ses élites et autres "optants" pour la France, la ville continue de s'agrandir et de se transformer dominée par la personnalité de son évêque français, Paul Dupont des Loges, qui est élu député "protestataire" au Reichstag. Metz se transforme et son urbanisme devient la vitrine de l'empire wilhelminien. On voit apparaître d'immenses bâtiments de style néo-roman ou néo-gothique dont le portail de la cathédrale, le temple protestant et le palais du gouverneur. Comme toutes les cités du Reich, elle reçoit une "colonne Bismark", colonne de pierre marquée de l'effigie du Chancelier, qui domine la cité depuis le Mont St Quentin et est désormais noyée dans la végétation.
Devenue un point stratégique majeur de la Défense du Reich allemand (carrefour routier et ferroviaire majeur), elle voit l'état-major allemand poursuivre les travaux de fortification entamés sous le Second Empire. En 1914, Metz est la plus grande forteresse du monde. Elle est cependant largement épargnée par les combats de la Première Guerre Mondiale.
Redevenue française en 1918, Metz conserve son rôle de garnison de première importance. Plus de 300 cafés font de la ville un "Petit Paris de l'Est". Par ailleurs, quoique francophone depuis toujours, la ville est devenue bilingue car plusieurs générations d'enfants ont été contraints non seulement d'apprendre, mais de parler (sous peine de sanctions) l'allemand à l'école. Dans les années 1980 encore, des "anciens" parlaient l'allemand entre eux et dans les cours d'école, les enfants jouant au loup ou à chat perché ne se disaient pas "pouce !" mais "frei !" sans comprendre un instant l'origine de ce terme.
A nouveau occupée et annexée durant la Seconde Guerre mondiale, Metz devient le coeur du Westmark, la "marche de l'Ouest", du Troisième Reich. Ses jeunes sont enrôlés de force dans la Wehrmacht comme les jeunes Alsaciens (ce sont les Malgré Nous) et envoyés sur le Front de l'Est pour limiter les désertions.
Metz est libérée en novembre 1944 par la 95e division d'infanterie US. Les combats sont très durs et le siège des fortifications de la ville coûte très chers aux forces américaines. Chars et bombardiers se heurtent à une ceinture de béton, de fer et de feu qui protège les approches de la cité messine. Même le napalm (employé sur les forts d'Ars sur Moselle, à 7 km au sud de Metz) est inefficace. Il faut dire que les forts sont défendus notamment par 300 vétérans du Front de l'Est, en formation au sein de l'école de Sous-Officiers de la Wehrmacht de Metz. Dans certains cas, c'est la faim qui poussera ces soldats allemands à la rédition. Il faudra toute la fougue et le courage des jeunes G.I. pour finir par briser la résistance ennemie et traverser la Moselle dans des conditions extrêmes, en plein coeur de l'hiver 1944. Un général allemand donne le surnom aux soldats américains "The Iron Men of Metz" (Les Hommes de Fer de Metz) pour avoir été la première armée à avoir réussi à capturer cette ville par la force alors que l'Etat Major allemand songeait à en faire un "Stalingrad bis" afin de bloquer l'avancée de Patton. Si un tel plan avait réussi, l'offensive allemande des Ardennes eut été dramatique pour les Alliés.
De nos jours, le rôle militaire de Metz a décru, et la ville a diversifié ses activités. Elle a ainsi pu poursuivre sa croissance malgré les difficultés économiques qui ont durement frappé la Lorraine (crise du charbon, de la sidérurgie, du textile...).
Désormais à 1h20 de Paris grâce au TGV, Metz développe son université qui compte plus de 15.000 étudiants. La cité n'est pas seulement la "ville la plus fleurie d'Europe", mais développe également ses pôles technologiques, axés sur les technologies de l'information et de la communication (Technopôle de Metz). Tournée vers l'Europe, la ville de Metz mène une politique de coopération active avec le Luxembourg et le Land de Sarre, eux aussi victimes au cours des siècles de l'antagonisme franco-allemand.
Voir aussi : Liste des évêques de Metz - Liste des rois d'Austrasie
Culture
En tant que ville de la Grande Région, Metz participe au programme de l'année européenne de Luxembourg capitale de la culture 2007.
C'est en ses murs que se dresse l'opéra-théâtre, le plus ancien théâtre français en activité (construit en pierre de Jaumont entre 1738 et 1753).
L'Arsenal (salle de spectacle), conçu par Ricardo Bofill, accueille des concerts de musique classique, récitals et ballets.
L'Eté du Livre, grand festival littéraire de Metz, a lieu début juin.
Deux festivals de musiques actuelles ont lieu chaque année : Metiz'Art au mois de Mai, et Zik@metz au mois de Septembre.
La fête de la mirabelle, fin août, célèbre le fruit régional et l'élection de sa reine est un grand moment de liesse inter-âge, sans oublier le Marché de Noël de Metz, qui en fait une étape festive incontournable.
La cité, très largement piétonnière, dévoile ses charmes (ses maisons médiévales florentines, ses arcades de pierre, ses boutiques nombreuses et renommées, son plan d'eau, ses promenades fleuries, Saint Pierre aux Nonnains (l'une des plus vieilles églises d'Europe !), sa splendide cathédrale qui offre des vitraux du 12e au 20e siècle y compris des vitraux de Marc Chagall) aux amateurs de culture ou de shopping.
Géographie
Metz est située au confluent de la Moselle et de la Seille.
Metz possède 3 îles habitées : le Petit Saulcy, le Grand Saulcy, et Chambière. Les îles sont reliées entre elles et à la ville par des ponts : le Moyen Pont, le pont des Morts, le pont des Roches, le pont Saint-Marcel, le pont de la Préfecture, le pont Moreau, le pont Saint-Georges et le pont des Grilles. Metz dispose par ailleurs d'un plateau piéton de 52 000 m².
Les villes les plus importantes qui l'entourent sont : Nancy à 48 km au Sud, Luxembourg à 55 km au Nord, et Sarrebruck à 60 km à l'est. Elle est située à peu près à mi-chemin entre Strasbourg (130 km) et Reims (155 km). De même,elle est à équidistance de Paris et de Francfort sur le Main(350km).
Démographie
La population de Metz a augmenté régulièrement depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette croissance démographique n'a jamais été interrompue, même si elle a été très lente depuis les années 1970. Cela fait de Metz une exception parmi les grandes villes françaises qui ont presque toutes connu des périodes de recul démographique dans les années 1970 ou 1980. La croissance de la ville s'est accompagnée d'une extension progressive de son agglomération. L'agglomération de Metz est organisée en communauté d'agglomération (la Communauté d'agglomération de Metz Métropole, ou CA2M) qui compte en 2007 225 000 habitants. Cependant l'unité urbaine qui regroupe entre autre Hagondange forme un ensemble de plus de 320 000 habitants. Les limites de l'agglomération messine approchent désormais l'agglomération de Thionville, le long de la Moselle. L'aire urbaine de Metz, qui compte plus de 430 000 habitants, est la première de Lorraine, la première en création de valeur ajoutée en Lorraine, et la seizième aire urbaine de France. Il existe une volonté politique de créer un ensemble urbain appelé Sillon Lorrain qui regroupe les agglomérations de Thionville, Metz, Nancy et Épinal. Soit un potentiel de 1 million d'habitants. Cependant ce projet rencontre une forte opposition.
Économie
Metz est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de la Moselle. Elle gère la zone d'Ennery et le CFA.
Metz est aussi le lieu historique de la culture de la mirabelle en Lorraine.
Metz est l'une des quatre villes formant le Sillon Lorrain avec Nancy, Épinal et Thionville, qui forment un aire de plus d'1 million d'habitants .
Metz est par ailleurs l'une des quatre villes formant le QuattroPole avec Luxembourg, Trèves (Trier) et Sarrebruck (Saarbrücken). Ce réseau transfrontalier permet la coopération urbaine de ces 4 villes.
Transports
La ville de Metz est accessible par les autoroutes A4 (qui la relie à Paris, Reims et Strasbourg) et A31 (qui la relie à Luxembourg au Nord et à Nancy au Sud).
Depuis le 10 juin 2007, Metz est directement reliée à Paris en 82 minutes par TGV, renforçant les échanges entre l'agglomération lorraine et la région parisienne. En outre la gare Lorraine, située à quelques dizaines de kilomètres de Metz est désormais à 75 minutes de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle.
Metz possède un réseau de bus géré par les transports en commun de l'agglomération messine (TCRM), qui appartient à la Communauté d'Agglomération de Metz Métropole (CA2M) et à TRANSDEV acteur national du transport urbain, filiale de la Caisse des dépôts et consignation.
Administration
Jean-Marie Rausch est le maire actuel de Metz depuis mars 1971 (réélu en 1977, 1983, 1989, 1995 et 2001).
En 1961, Metz a fusionné avec trois communes de sa proche périphérie : Borny, Magny et Vallières
La ville est aussi le chef-lieu de l'arrondissement de Metz-Campagne, formé de cantons environnants.
Héraldique
Les armes de la ville sont : « Parti d'argent et de sable ». Ce blason est celui du « Commun », groupement de familles messines qui ne faisaient pas partie des cinq associations de familles patriciennes, regroupées par quartiers : les paraiges d'Outre-Seille, de Port-Sailly, de Porte-Moselle, d'Outre Moselle et de Jurue.
La devise de la République messine, au Moyen Âge, est : « Si nous avons paix dedans, nous avons paix dehors ».
Jamais d'aultres armes nous prendrons
Que celles que nous élizons,
Et nous disons pour réconfort
Nous voulons la liberté ou la mort.
Prononciation
Metz se prononce Mess et non Mets, contrairement à ce que l'on peut entendre çà et là . Cela remonte à la guerre franco-allemande de 1870.
Lorsque, le 10 mai 1871, le traité de Francfort met fin à la guerre de 1870 entre la Prusse et la France, le haut-commandement allemand exige et obtient l'annexion de l'Alsace et de la Moselle, prétextant que ces terres sont allemandes ; or le bassin houiller (Briey-Longwy) et le pays messin ont toujours été de culture et de langue française. Bismarck craignant de potentiels troubles ultérieurs conseille de s'en tenir aux zones germanophones ; si le bassin houiller est finallement préservé de l'annexion, Metz et sa région sont conservés pour officieusement des raisons stratégiques, étant une région déjà fortifiée et propice à la défense Pour protester contre ce nouveau statut, les Messins prononcent alors Mess pour se démarquer de la prononciation allemande, qui insiste sur la lettre T. Cette situation se reproduira également entre l'annexion de 1940 et la Libération.
(source : Wikipedia) |