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Pays : France
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Destination : Paris (France)
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Informations sur Paris Informations sur Paris

Présentation

Paris est une ville française, capitale de la France, chef-lieu de la région d'Île-de-France et unique ville-département du pays. Elle se situe sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine en amont, et de l'Oise et de la Seine en aval. Ses habitants s'appellent les Parisiens.

La position de Paris à un carrefour entre les itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux au coeur d'une riche région agricole en a fait une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, Paris devient un des premiers centres en Europe pour l'enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant dans cette ville, son importance économique et politique ne cessera de croître. Ainsi, au début du XIVe siècle, Paris est la ville la plus importante de tout le monde chrétien. Au XVIIe siècle, elle est la capitale de la première puissance politique européenne, au XVIIIe le centre culturel de l'Europe et au XIXe capitale des arts et des plaisirs.

Paris est la capitale économique et commerciale de la France, sa première place financière et boursière. La densité de son réseau ferroviaire, autoroutier et sa structure aéroportuaire, plaque tournante du réseau aérien français et européen, en fait un point de convergence pour les transports internationaux. Cette situation est issue d'une longue évolution, en particulier de l'absolutisme puis du jacobinisme révolutionnaire. Cette conception est celle d'une vision centralisatrice de la Monarchie puis de la République française qui donne un rôle considérable à la capitale dans le pays et tend à concentrer à l'extrême les pouvoirs. Cette suprématie de Paris sur sa province tend à amoindrir le rôle des autres villes de France ; l'autorité et l'attitude qualifiée d'arrogante du « Parisien Â» ailleurs en France tendent à être qualifiés de parisianisme. Cette dichotomie a poussé les gouvernements successifs depuis les années 1960 à développer la décentralisation afin de mieux rééquilibrer le pays.

Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi une ville importante dans l'histoire mondiale, un centre politique et économique majeur. Symbole de la culture française, son animation et ses grands musées en font une attraction pour près de trente millions de visiteurs internationaux par an. Paris est également considérée comme une des capitales mondiales de la mode et du luxe.

En 2005, la population de Paris intra-muros est de 2 153 600 habitants d'après l'estimation de l'Insee. Néanmoins, au cours du XXe siècle, l'agglomération de Paris s'est largement développée hors des limites de la commune. Son aire urbaine, qui inclut l'agglomération et la couronne périurbaine, comprenait 11 174 740 habitants en 1999. Elle est, avec celles de Moscou et de Londres, l'une des trois plus peuplées d'Europe.

Géographie physique

Au coeur du bassin parisien, vaste plaine sédimentaire, Paris est implantée sur la Seine où se situent deux îles qui constituent le coeur historique de la ville : l'île de la Cité à l'ouest, où se trouvent aujourd'hui la Conciergerie (actuel palais de justice), la Préfecture de police, l'Hôtel-Dieu et la cathédrale Notre-Dame de Paris, et l'île Saint-Louis, à l'est. De là, la ville s'étend inégalement sur les deux rives du fleuve, la superficie de la rive droite est nettement supérieure à celle de la rive gauche.

Paris intra-muros, délimité en 1860 par les fortifications, est aujourd'hui séparée de la banlieue par le boulevard périphérique, une voie rapide urbaine circulaire d'une longueur de trente-cinq kilomètres. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou indirectement par les autoroutes et routes nationales qui rejoignent cette rocade routière. Le boulevard périphérique constitue de fait une frontière artificielle entre la ville et les communes limitrophes ; la couverture progressive de cette voie permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération.

À l'extérieur de cette limite, Paris s'étend également sur des extensions accueillant l'héliport (15e arrondissement) et surtout deux grands espaces boisés aménagés par Haussmann sur des communes voisines avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (846 hectares, 16e) et à l'est, le Bois de Vincennes (995 hectares, 12e), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 kilomètres.

De part et d'autre du fleuve, plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines. Sur la rive droite : Montmartre (131 mètres d'altitude), point culminant au cimetière du Calvaire, Belleville (128,5 mètres d'altitude), point culminant rue du Télégraphe, Ménilmontant (108 mètres d'altitude), les Buttes-Chaumont (103 mètres d'altitude), Passy (71 mètres d'altitude) et Chaillot (67 mètres d'altitude). Sur la rive gauche : Montparnasse (66 mètres d'altitude), la Butte aux Cailles (63 mètres d'altitude) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 mètres d'altitude).

La ville de Paris n'est pas très étendue, avec 105 km2, elle ne se situe qu'au 113e rang des communes de France métropolitaine. En revanche, l'unité urbaine de Paris, c'est-à-dire la ville et son agglomération urbaine, recouvre une superficie de 2 723 km2 rassemblant en 1999 9 644 507 habitants répartis dans 396 communes d'ÃŽle-de-France.

Le point zéro des routes de France, point de repère situé devant Notre-Dame de Paris et matérialisé sur une dalle, a pour coordonnées géographiques 48,85341°N, 2,34880°E sur l'ellipsoïde WGS84, soit 452 230 m, 5 411 365 m dans le système de repérage UTM fuseau 31.

La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, entrant dans la ville par le sud-est, remontant vers le centre puis redescendant pour sortir au sud-ouest. De ce fait, la rive droite (située au nord du fleuve), est environ deux fois plus étendue que la rive gauche (partie située au sud). Plus de trente ponts permettent de franchir la Seine dans Paris.

La ville est également traversée par deux autres cours d'eau : la Bièvre, qui arrive du sud de Paris, aujourd'hui entièrement souterraine, et le canal Saint-Martin, inauguré en 1825 et long de 4,5 kilomètres. Il est en partie souterrain de la rue du Faubourg-du-Temple à la Bastille et constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq, long de 108 kilomètres, qui entre dans la ville par le nord-est. Il alimente le bassin de la Villette, passe sous la place de la Bastille avant de rejoindre la Seine en amont de l'île Saint-Louis, après le port de l'Arsenal. Un canal s'en détache au bassin de la Villette en direction de Saint-Denis, le canal Saint-Denis, long de 4,5 kilomètres et ouvert en 1821, il permet de rejoindre la Seine en aval et d'éviter la traversée de la capitale.

Le bassin parisien forme un grand paysage de couches sédimentaires successives. C'est l'un des premiers lieux qui a fait l'objet d'une carte géologique et a permis de fonder de nombreuses théories en géologie comme la paléontologie et l'anatomie comparée, théories de Georges Cuvier. Le bassin parisien s'est formé il y a 41 million d'années. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque que sont le massif des Vosges, le massif central et le massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique. Cela préfigure les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'oligocène, le bassin parisien devient continental.

En 1911, Paul Lemoine montre que le bassin est constitué de strates disposés en cuvettes concentriques,. Plus tard, des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits ont permis d'avoir une image précise du bassin parisien. Celles-ci confirment les strates en cuvettes concentriques mais avec des objets complexes comme des failles. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion.

La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de la Seine d'époque moderne. Les plus anciens dépôts sont constitués de sables et des argiles datant de l'étage sparnacien présent dans le 16e arrondissement d'Auteuil à Trocadéro. Mais l'étage le plus connu est le lutétien riche en gypse et en calcaire.

Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière. Le calcaire a été exploité jusqu'au XIVe siècle sur la rive gauche de la place d'Italie à Vaugirard. Aujourd'hui, son extraction s'est déplacée vers l'Oise à Saint-Maximin par exemple. L'exploitation du gypse a été très active à Montmartre et Bagneux. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public.

L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au XIXe siècle pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines sont présentes dans le sous-sol parisien comme les nappes de sable d'Auteuil qui fournissent par un forage de l'eau à la ville. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle.

Paris a un climat de type océanique dégradé : l'influence océanique est prépondérante et se traduit par des étés relativement frais (18°C en moyenne), des hivers doux (6°C en moyenne) avec des pluies fréquentes en toute saison et un temps changeant mais avec des pluies plus faibles (641 millimètres) que sur les côtes et quelques pointes de température au coeur de l'hiver ou de l'été. Le climat de la ville connaît par ailleurs une certaine variabilité d'une année sur l'autre, certains hivers ou étés pouvant connaître des pointes de température ou de précipitations.

L'ensoleillement est d'environ 1 800 heures par an ce qui est relativement faible (1 595 heures dans les monts d'Arrée, 2 917 heures à Toulon), la ville étant connue pour son ciel laiteux et souvent voilé, conséquence directe des influences maritimes. Le nombre de jours de brouillard est faible : en moyenne il y en a treize jours par an, en net recul depuis un siècle. Le vent, généralement modéré (cinquante jours avec des rafales supérieures à 50 km/h), est majoritairement de secteur ouest/sud-ouest. Le 26 décembre 1999 durant la première grande tempête qui a balayé l'Europe, des rafales de 169 km/h ont été enregistrées à la station de Paris-Montsouris. Elles ont dépassé 220 km/h au sommet de la Tour Eiffel et constituent le record absolu de vitesse instantanée depuis les premières mesures météorologiques en 1873.

Les 641 millimètres de précipitations se répartissent de manière très égale durant l'année puisque les valeurs extrêmes sont de 45,4 millimètres en février et de 62 millimètres en mai. Paris connaît en moyenne 111 jours de pluie par an, mais si celles-ci sont fréquentes, elles sont en revanche peu soutenues. Les orages se produisent environ 18 jours par an en moyenne, pour l'essentiel de mai à août. Les chutes de neige sont rares (15 jours par an en moyenne) ; la neige tient rarement plus d'une journée dans Paris intra-muros. Depuis le début des relevés au Parc Montsouris, l'année la plus sèche a été 1921 avec seulement 267 millimètres et la plus arrosée 2000 avec plus de 900 millimètres. La température dépasse 25 °C 43 jours par an en moyenne ; 9 jours par an, elle est supérieure à 30 °C. Conséquence de l'urbanisation importante de l'agglomération, la température dans Paris peut-être de 4°C plus élevée que dans les banlieues les plus lointaines durant la nuit et au lever du soleil.

Étymologie

Paris tire son nom du peuple gaulois des Parisii (un Parisius, des Parisii). Le mot Paris est en fait la transformation, avec le temps, du latin Civitas Parisiorum (la Cité des Parisii), désignation qui l'a emporté sur Lutetia (Lutèce). L'origine du nom des Parisii n'est pas connue avec certitude. Il pourrait dériver du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne.

Héraldique

Les armes de Paris se blasonnent ainsi : « De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef cousu d'azur fleurdelysé d'or Â»

Devise : « Fluctuat nec mergitur Â», ce qui signifie « Il est battu par les flots mais ne sombre pas Â». Elle évoque le Scilicet, navire également représenté sur le blason de la ville et symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge.

La patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville au Ve siècle par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont.

Histoire

Un habitat permanent à Paris est attesté pour la période chasséenne (entre 4 000 et 3 800 av. J.-C.), sur la rive gauche d'un ancien bras de la Seine dans le 12e arrondissement,. La présence humaine semble avoir été permanente durant le Néolithique.

Le flou le plus total existe entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, peuple gaulois, sont les maîtres des lieux quand les troupes de César arrivent, en 52 av. J.-C., et la renomment Lutetia (Lutèce). On ne connaît pas encore avec certitude l'emplacement de la cité gauloise : île de la Cité (hypothèse aujourd'hui très discutée), île Saint-Louis ou une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche voire Nanterre.

La cité romaine a été construite, selon un plan hippodamien au Ier siècle sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Le centre de la ville est au croisement du cardo et du decumanus, au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques, le cardo. Elle disposait d'un forum,, de thermes alimentés par un aqueduc depuis le plateau de Rungis, au sud, d'un théâtre et d'arènes. Un cimetière (la nécropole Saint-Jacques) est implanté au sud. Lutèce n'avait probablement que cinq à six mille habitants à son apogée : une cité modeste du monde romain, (Lugdunum au IIe siècle comptant de 40 000 à 400 000 habitants).

Selon la tradition, la ville aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250. Durant le Bas-Empire, Lutèce est touchée par les grandes invasions et sa population se replie dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. Néanmoins dès le IVe siècle, l'existence de faubourgs est attestée, et la ville reprend le nom du peuple dont elle est la capitale, les Parisii.

En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila qui s'en détournent effectivement sans combat.

Clovis en fait la capitale du royaume des Francs vers 508. Elle le demeure jusqu'au début du VIIe siècle au moins. Au VIe siècle, l'église Saint-Gervais est le premier lieu de culte implanté sur la rive droite, signe que la ville s'y étend. Au IXe siècle, des enceintes y sont donc édifiées, approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli et de la Tacherie.

Les Vikings, grâce à leurs drakkars à faible tirant d'eau, pillent une première fois en 845 la cité abandonnée par ses habitants. Ces incursions se prolongent jusqu'au début du Xe siècle. Systématiquement, la ville est mise à sac et incendiées, sauf versement de forte rançon (le roi Charles le Chauve verse 7 000 livres d'argent en 845). En 885, l'évêque Gozlin fait réparer la muraille gallo-romaine juste avant une nouvelle attaque. La rive gauche est cependant entièrement détruite après un siège d'un an. Les raids ne prennent fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911.

Paris est, avec Orléans qu'ils préfèrent, une des deux grandes villes du domaine personnel des Capétiens qui règnent à partir de 987. Hugues Capet malgré sa résidence dans l'ÃŽle de la Cité y séjourne peu. Robert le Pieux y vient plus fréquemment. Il fait restaurer le palais de la Cité et les abbayes. La ville devient un important centre d'enseignement religieux dès le XIe siècle. Le pouvoir royal se fixe progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108-1137) et plus encore de Philippe Auguste (1179-1223). La ville redevient capitale du royaume. La rive gauche n'est véritablement reconstruite qu'au XIIe siècle. La rive droite est alors constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois,.

Sa position privilégiée au débouché des grandes routes commerciales fait que la ville profite de l'activité marchande. Le blé entre par la rue Saint-Honoré, les draps du Nord par la rue Saint-Denis et le poisson de la mer du Nord et de la Manche par la rue des Poissonniers. L'importance de son marché, en liaison avec la foire du Lendit à Saint-Denis, nécessite de la place et son établissement dans un lieu plus dégagé que l'île de la cité : Louis VI l'installe vers 1137 au lieu-dit Les Champeaux, les petits champs ; les Halles de Paris y restent durant plus de huit siècles.

En 1163, l'évêque Maurice de Sully entreprend l'édification de la cathédrale notre-Dame à l'emplacement de deux églises mérovingiennes. Une enceinte est construite par Philippe-Auguste pour protéger la ville en pleine expansion : de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade et de la nouvelle forteresse du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étend surtout sur la rive droite.

Maîtres et élèves des écoles épiscopales entourant le cloître notre-Dame cherchent à se soustraire de la tutelle de l'évêque et à créer des écoles indépendantes. Ils s'installent sur la rive gauche et se placent sous le patronage du pape Innocent III. Ils fondent une organisation de défense, l'Universitas, reconnue en 1209-1210. Son renom attire très vite des étudiants de tout l'occident chrétien.

L'importance de la ville augmente, tant sur le plan politique et financier que marchand. Les organes centraux du gouvernement y ayant leur siège, le roi souhaite mieux contrôler Paris et ne lui accorde pas de charte de commune. Néanmoins, il concède des privilèges de bourgeois du roi et accorde des faveurs à la hanse des marchands de l'eau. En 1258, Saint-Louis ôte la prévôté des mains des marchands et la confie à un proche, Étienne Boileau. En 1263, la hanse des marchands élit une première municipalité composée d'un prévôt des marchands, Evrard de Valenciennes, assisté de quatre échevins. Ainsi se met en place un système de double autorité Ville - État.

Vers 1328, la population parisienne est estimée à 200 000 habitants, ce qui en fait la cité la plus peuplée d'Europe . Mais en 1348, la Peste noire décime la population. Au XIVe siècle, l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobe l'ensemble des actuels 3e et 4e arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis.

Durant la Guerre de Cent Ans, le mécontentement populaire nourrit l'ambition du prévôt des marchands Étienne Marcel, provoquant la grande ordonnance de 1357 puis la première grande émeute politique de l'histoire de Paris, nouvelle rupture entre le roi et la ville. Les rois ne séjournent alors plus au centre de la cité, préférant d'abord l'Hôtel Saint-Pol, (détruit sur ordre de Charles VI suite au bal des ardents) puis l'Hôtel des Tournelles, dont on peut plus facilement s'échapper en cas de troubles. En 1407, suite à l'assassinat de Louis d'Orléans), éclate une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui durera jusqu'en 1420 et la cité basculera dans le camp Bourguignon en septembre 1411.

Paris sort ruinée de la Guerre de Cent Ans, en particulier à cause du siège de 1429 par Jeanne d'Arc qui veut la reprendre aux Anglais et à leurs alliés bourguignons. Charles VII et son fils Louis XI s'en méfient et n'y séjournent qu'exceptionnellement, lui préférant le Val de Loire. La ville sort lentement du marasme de la guerre. Sa population augmente entre 1422 et 1500, remontant de cent mille à cent cinquante mille âmes. Une modeste expansion économique reprend vers le milieu du XVe siècle, mais la ville souffre de l'absence de la Cour. Paris se transforme en une ville administrative et judiciaire.

La Renaissance, liée aux résidences du roi et de la cour dans le val de Loire, n'influence donc guère Paris. Aussi le gothique flamboyant reste le style parisien par excellence, tant pour l'architecture civile (hôtel de Cluny ou hôtel de Sens) que pour l'architecture religieuse (église Saint-Séverin ou église Saint-Étienne-du-Mont).

Malgré son éloignement, la monarchie s'inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première règlementation d'urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII.

En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. La reconstruction du Louvre est décidée en 1546. Les portes des anciennes enceintes sont démolies, le premier quai de pierre édifié, les principales rues alignées et un hôtel de ville construit. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville d'Europe de l'Ouest.

Le 24 août 1572, sous Charles IX, le massacre de la Saint-Barthélémy se prolonge plusieurs jours. On compte entre deux mille et dix mille victimes. La ligue catholique, particulièrement puissante dans la capitale, se dresse contre Henri III durant la journée des barricades en 1588. Ce dernier s'enfuit avant d'assiéger la ville. Il est assassiné au château de Saint-Cloud le 1er août 1589.

Le siège est maintenu par Henri de Navarre, devenu le roi Henri IV. La ville pourtant ruinée et affamée lui refuse l'entrée. Lorsqu'il abjure le protestantisme en se convertissant à la cathédrale de Chartres (le fameux mais apocryphe « Paris vaut bien une messe Â»), les portes de la cité lui sont finalement ouvertes en 1594.

Lors de son règne, Henri IV multiplie les chantiers dans la ville pour réduire la misère et la pauvreté, l'embellir et servir sa gloire. Le Pont Neuf, dont les travaux avaient été engagés par Henri III, est achevé, offrant pour la première fois accès au paysage fluvial, les précédents ponts étant édifiés avec des maisons en surplomb. Les premiers ensembles architecturaux modernes bordés de pavillons de brique et pierre uniformes sont construits place des Vosges. Hors du périmètre de la ville, l'hôpital Saint-Louis est créé. Les premiers règlements d'urbanisme sont élaborés par le ministre Sully en concertation avec le prévôt des marchands, François Miron.

Sous Louis XIII, le mouvement de construction se poursuit à l'initiative de promoteurs privés. De nouvelles rues sont tracées et des parcelles viabilisées. Christophe Marie, qui laisse son nom au pont Marie, réunit deux îlots pour en faire l'île Saint-Louis dotée d'un ensemble architectural édifié par Louis Le Vau. Richelieu fait détruire de 1633 à 1636 l'enceinte de Charles V sur la rive droite et la remplace par une enceinte bastionnée dite des Fossés Jaunes pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements actuels. Le mouvement de la Contre-Réforme suscite l'édification de soixante nouveaux couvents entre 1600 et 1639, en particulier dans le Marais, le faubourg Saint-Honoré et le faubourg Saint-Jacques. Dans ce dernier, Anne d'Autriche fait édifier le Val-de-Grâce sur de vastes terrains libres afin de célébrer la naissance tant attendue du Dauphin. Les fondations hospitalières et charitables se multiplient sur l'initiative de saint Vincent de Paul, sans réellement réussir à réduite la misère ou l'analphabétisme. En 1622, Paris accède enfin au rang d'archevêché.

En 1648, la journée des barricades marque le début de la Fronde qui provoque une importante crise économique et une nouvelle défiance du roi vis-à-vis de sa capitale. La sécurité du royaume étant assuré par les places fortes de Vauban, Louis XIV détruit les remparts en 1670 et les remplace par une promenade plantée, le nouveau cours, ancêtre des Grands boulevards. Les anciennes portes fortifiées sont remplacées par des arcs de triomphe à la gloire du roi, les portes Saint-Denis et Saint-Martin.

La ville qui atteint les 400 000 habitants ne doit son accroissement démographique qu'à l'immigration provinciale, la mortalité l'emportant sur les naissances. Paris est à cette époque misérable et marquée par une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée de ses faux infirmes et mendiants à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie. Le roi choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Il implante l'observatoire, l'hôpital de la Salpêtrière puis l'hôtel des Invalides sur la rive gauche, la seule à disposer des terrains nécessaires. Le faubourg Saint-Germain s'étend jusqu'aux Invalides, le Louvre et les Tuileries sont embellis et la place Vendôme aménagée. Durant tout son règne, le roi soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi une hostilité envers la cité durement ressentie par les Parisiens.

Au XVIIIe siècle, Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le XVIIIe siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui provoque une importante croissance démographique, la ville atteint 650 000 habitants à la veille de la Révolution française.

En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV se réinstalle au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien.

La ville s'étend alors à peu près sur la superficie des six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville à partir de 1748. La place Louis XV, devenue plus tard place de la Concorde, est aménagée de 1763 à 1772. Puis c'est l'église Sainte-Geneviève (l'actuel Panthéon), le théâtre de l'Odéon, l'école militaire et l'esplanade du Champ-de-Mars. Tous ces édifices font partie de vastes réaménagements urbains qui transforment la physionomie des quartiers qui les entourent. En 1785, le mur des Fermiers généraux entoure approximativement les onze premiers arrondissements actuels et n'a pas de vocation militaire : elle n'est édifiée que pour taxer le transit des marchandises via les barrières d'octroi.

C'est à Versailles que débute la Révolution française par la convocation des États généraux puis le serment du Jeu de paume. Mais, les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières mais également par une rancoeur à l'égard du pouvoir royal qui a abandonné la ville depuis plus d'un siècle lui donnent une nouvelle orientation. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine en est une première étape. Le 15 juillet 1789, l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de Ville la charge de premier maire de Paris. Le 5 octobre, menée par les femmes, l'émeute se déclenche sur les marchés parisiens. Le soir, la foule atteint Versailles. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d'y appeler l'Assemblée constituante qui s'installe le 19 octobre dans le Manège des Tuileries. « Le boulanger, la boulangère et le petit mitron Â» ramenés de Versailles deviennent de fait des prisonniers de la Révolution.

Le 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars mais le même lieu est le théâtre de la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791. Bailly mis en cause est guillotiné pour avoir fait tirer sur le peuple. Le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, occupés après la mise en vente des biens nationaux à partir de mai 1790, constituent de hauts lieux du Paris révolutionnaire ; ils marquent la toute puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution.

Dans la nuit du 9 août 1792, une Commune révolutionnaire prend possession de l'Hôtel de Ville. Lors de la journée du 10 août 1792, la foule assiège le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française (restaurée en 1814) est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces et écarté en 1793.

Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement et de règne de la Terreur sous la poigne du comité de salut public. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la mairie, s'emploient à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui encore le seul de France à être privé de tout pouvoir de police,. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution Â». Il est suivi sur l'échafaud en seulement quelques semaines par 1 119 personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).

La Révolution n'est pas une époque de développement pour la ville et peu de monuments sont édifiés. En revanche, de nombreux couvents et églises sont rasés. Ils laissent place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.

En 1799, le pouvoir politique passe à Napoléon Bonaparte qui écarte les assemblées du Directoire réunies à Saint-Cloud. Le 2 décembre 1804, il est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire. Il en fait même la capitale de l'Europe impériale. En 1801, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte 546 856 habitants ; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint 1 096 784 habitants.

L'empereur veut de grands monuments à sa gloire comme l'arc de triomphe ou le pont d'Iéna. L'approvisionnement en eau est amélioré par la création du canal de l'Ourcq et de nombreuses fontaines publiques sont mises à la disposition des Parisiens. La voirie est entièrement réorganisée. Des quais, des égouts, des cimetières, des marchés ou la numérotation des maisons sont mis en place ainsi que des abattoirs et la halle aux vins. Une grande percée est-ouest (la rue de Rivoli) est réalisée.

La chute de l'Empire en 1814-1815 amène à Paris les armées anglaises et cosaques qui campent sur les Champ-Élysées. Louis XVIII de retour d'exil rentre dans Paris où il se fait couronner et s'installe aux Tuileries.

Louis XVIII et Charles X puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien et la construction privée à l'initiative de la bourgeoisie d'argent connaît une importante flambée. En 1837, Paris entre dans l'ère du chemin de fer avec l'ouverture de la gare Saint-Lazare. Elle est rapidement suivie par cinq autres. Le prolétariat ouvrier en forte expansion s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui atteignent plus de cent-mille habitants au kilomètre carré et constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux-tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. Les quartiers centraux constituent par ailleurs d'importants foyers de révoltes populaires ; les barricades font tomber Charles X lors des trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.

Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers Généraux. Entre 1840 et 1845, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au coeur de la ville, la rue Rambuteau est percée.

Avec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. Ville à la structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme ou le logement. S'entourant de Georges Eugène Haussmann, nommé préfet de la Seine en 1853, d'Eugène Belgrand, l'ingénieur hydraulicien, et de Jean-Charles Alphand, architecte paysagiste, il engage de gigantesques travaux de modernisation. Le réseau des égouts passe de 150 à 500 kilomètres. De nombreux quartiers insalubres, traditionnels foyers révolutionnaires et lieux de barricades, disparaissent. Paris est doté de larges avenues (Boulevard de Sébastopol ou Saint-Michel), de somptueux monuments tels que l'Opéra Garnier et enfin de nombreux parcs et jardins (parcs Monceau ou des Buttes-Chaumont) et, à la périphérie de la ville, les bois de Boulogne et de Vincennes). L'île de la Cité est quasiment vidée de ses habitants qui laissent la place à de vastes bâtiments administratifs, l'Hôtel-Dieu et la Préfecture de police. Un nouveau style architectural apparaît avec les immeubles en pierre de taille au décor sculpté dits « Haussmanniens Â». Sur les terrains libérés par l'expropriation, les prix montent en flèche. La population ouvrière est chassée. Le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann.

Le le 1er janvier 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines : Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité ; Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties situées à l'extérieur des fortifications sont rattachées aux communes voisines) ; ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares, mais les limites administratives de la ville sont aussi figées. La croissance urbaine continue de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle ne s'accompagne en effet plus d'une expansion des frontières communales ce qui est à l'origine de la « banlieue Â».

Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. Refusant l'armistice signé le 26 janvier 1871 et suite aux élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le 18 mars 1871. C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, l'écrase entre les 22 et 28 mai lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connu Paris,.

Pendant la Belle Époque, l'expansion économique de la capitale est importante. Deux expositions universelles en 1889 et 1900 laissent une large empreinte dans la capitale et contribue à apaiser les tensions politiques telle que l'Affaire Dreyfus. La tour Eiffel est construite pour l'exposition de 1889 (centenaire de la Révolution française). La première ligne du métropolitain, le Grand Palais, le Petit Palais et le pont Alexandre-III sont inaugurés à l'occasion de celle de 1900. L'industrie se déplace progressivement en proche banlieue où se trouve l'espace nécessaire : Renault à Boulogne-Billancourt ou Citroën à Suresnes. Cette migration est à l'origine de la « banlieue rouge Â». Néanmoins certains secteurs restent fortement implantés dans la ville intra-muros, en particulier la presse et l'imprimerie.

De la Belle Époque aux Années folles, Paris connaît l'apogée de son influence culturelle, notamment autour des quartiers de Montparnasse et de Montmartre et accueille de très nombreux artistes tels Picasso, Matisse, Braque ou Fernand Léger.

En 1910, une crue centennale de la Seine provoque l'une des plus graves inondations que la ville ait connue et fait pour trois milliards de francs de dégâts. Lors de la Première Guerre mondiale, Paris, épargnée par les combats, subit des bombardements et des tirs de canon allemand. Ces bombardements restent épisodiques et ne constituent que des opérations à caractère psychologique.

L'entre-deux-guerres se déroule sur fond de crise sociale et économique. Les pouvoirs publics, pour répondre à la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crée les habitations à bon marché ou HBM. De nombreux immeubles en briques sont érigés le long des boulevards extérieurs, à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. L'essentiel des immeubles parisiens sont délabrés et constituent des foyers de tuberculose, la densité urbaine culmine en 1931, Paris intra-muros compte 2 891 000 habitants, le maximum atteint par la ville. Parallèlement, des lotissements se développent partout autour de la cité et marquent le début du développement de la banlieue mais cette expansion se fait de façon anarchique et ces nouveaux quartiers édifiés en plein champs souffrent d'un manque chronique d'aménagements et d'équipements publics.

Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques. Le 6 février 1934 se déroule la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire, qui dégénère en émeutes et fait dix-sept tués et mille-cinq-cents blessés, puis le 14 juillet 1935, un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq-cent-mille manifestants.

Pendant la Seconde guerre mondiale, Paris, déclarée ville ouverte dès la débâcle de 1940, sera épargné dans l'immédiat. Le gouvernement du maréchal Pétain étant installé à Vichy, Paris cesse d'être la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France (Militärbefelschaber in Frankreich). La pénurie et le rationnement deviennent le quotidien des habitants, provoquant le développement du marché noir. Le 23 décembre 1940, l'ingénieur Jacques Bonsergent est le premier résistant fusillé à Paris. Les 16 et 17 juillet 1942, se déroule la rafle du Vel' d'Hiv', arrestation de 12 884 Juifs, la plus massive en France, pour l'essentiel des femmes et des enfants.

À partir du 19 août 1944, à l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, se produit un soulèvement armé sous l'impulsion de la Résistance intérieure. Le 25 août, après l'entrée dans Paris de la 2e division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison allemande, le général von Choltitz, capitule sans exécuter les ordres d'Hitler qui étaient de détruire la ville. Les ponts et les monuments de Paris sont ainsi relativement épargnés par les combats. La ville est l'une des seules communes de France à se voir décerner le titre de compagnon de la Libération.

En 1956, Paris se lie à Rome dans un jumelage exclusif, avec une forte valeur de symbole et de réconciliation après la Seconde Guerre mondiale,.

Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs événements politiques se déroulent dans la capitale. Le Massacre du 17 octobre 1961 frappe une manifestation pacifique en faveur de l'indépendance de l'Algérie et fait selon les estimations, entre 32 et 325 morts maghrébins sous les coups de la police française, alors dirigée par le préfet de police Maurice Papon.

À partir du 22 mars 1968, un important mouvement étudiant qui démarre à l'université de Nanterre entraîne dans le quartier latin des manifestations qui dégénèrent en émeutes. Le mouvement se mue très vite en crise politique et sociale nationale. Le 13 mai, d'immenses manifestations rassemblent 800 000 personnes venues protester contre les violences policières. Après deux mois de troubles, les Parisiens votent fortement en faveur du général de Gaulle lors des élections législatives des 22 et 29 juin et le calme revient.

Le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou s'intéresse de près à la capitale. Il laisse son nom au centre qui abrite le musée national d'Art moderne et la bibliothèque publique d'information et à la voie express rive droite. Son successeur, le président Giscard d'Estaing ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prévu pour les Halles et interrompt partiellement le projet de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalité autonome à la capitale. Jacques Chirac est alors élu maire de Paris. Sous le premier mandat du président Mitterrand, une réforme est adoptée par la loi de décentralisation du 31 décembre 1982 : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un Conseil municipal propre et non plus désigné par le maire de Paris.

En 1991, les quais de la Seine du pont Sully en amont au pont d'Iéna en aval sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO pour son urbanisme remarquable d'ensemble fluvio-urbain et ses monuments dont plusieurs constituent des chef-d'oeuvres au rayonnement mondial.

Devenu président de la République en mai 1995, Jacques Chirac est remplacé à la mairie par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marqué par la mise au jour de nombreuses affaires politico-financières : emplois fictifs, corruption liée au financement du RPR et fraudes électorales.

En 2001, le socialiste Bertrand Delanoë remporte les élections municipales. Il se démarque surtout de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit notamment des piétons et des transports en commun et de promouvoir la vie culturelle parisienne par de grandes manifestations comme Nuit Blanche ou Paris-Plage.

Paris et sa banlieue

Entre 1870 et 1940, la capitale de la France prend peu à peu un nouveau visage : Paris laisse place au « Grand Paris Â». L'organisation administrative de Paris avait connu sous Napoléon III une adaptation à l'évolution démographique. Mais la ville est restée ensuite à peu de choses près enfermée dans l'enceinte de Thiers, soit ses limites de 1860, sans connaître de nouvelle évolution administrative afin d'accompagner la croissance des communes périphériques. En effet, le vieux Paris, surpeuplé et incapable de loger en totalité l'importante immigration provinciale, celles-ci absorbent alors le trop plein de l'expansion démographie liée à l'exode rural et à la croissance économique de la ville. Apparaît alors la notion contemporaine de la « banlieue Â». Désormais, on parle moins de Paris que de la région parisienne, alors qu'apparaissent de nouveaux problèmes jusqu'alors largement négligés, comme celui des transports. En 1961, à la demande du Général de Gaulle, Paul Delouvrier planifie enfin l'évolution urbaine et élabore la construction de cinq villes nouvelles et du réseau de RER. Mais cette évolution majeure ne s'accompagne pas de la création d'une autorité unique, voyant au contraire deux départements de la région parisienne (la Seine et la Seine-et-Oise) laisser place à sept départements qui, s'ils sont plus proches des habitants, divisent également les ressources fiscales et les compétences politiques. Tandis que la population de la ville de Paris stagne, celle de la banlieue s'accroît sans discontinuer depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à totaliser au XXIe siècle près de 80% de la population du grand Paris.

La géographie sociale de l'agglomération parisienne a suivi les grandes tendances de la ville dans ses limites intra-muros dessinées durant le XIXe siècle : les classes aisées se retrouvent à l'ouest et au sud-ouest de l'agglomération et les plus populaires au nord-est. Les autres secteurs connaissant une population de classe moyenne, avec cependant des variations liées à la géographie et à l'histoire des communes. Le chômage et l'augmentation de la pauvreté qui ont suivi les trente glorieuses ont contribué à accentuer la dichotomie sociale entre les secteurs et à renforcer la ghettoïsation.

L'édification des grands ensembles construits durant les années 1960 et 1970 afin de loger rapidement et à bas coût une population en rapide expansion sont devenus un symbole de cette ghettoïsation. Une certaine mixité sociale y existe à l'origine, mais l'accession à la propriété ouverte aux classes moyennes à partir des années 1970, la piètre qualité de construction et la mauvaise insertion dans le tissu urbain de ces grands ensembles ont contribué à les faire déserter par ceux qui le pouvaient et à n'y laisser qu'une population essentiellement constituée d'ouvriers et d'employés, la proportion d'immigrés pauvres y est très forte.

L'intensification de la crise économique entraîne un processus accéléré de paupérisation qui développe la délinquance et l'insécurité, ce qui aggrave encore le phénomène de marginalisation de ces quartiers et des villes concernées. Au nord de Paris intra-muros, on trouve des quartiers sensibles, comme par exemple dans les 18e et 19e arrondissement. En banlieue, ces quartiers sont essentiellement concentrés dans la banlieue nord, dans une grande partie du département de la Seine-Saint-Denis et dans une moindre mesure à l'est du Val-d'Oise. D'autres, plus épars, se trouvent par exemple dans la vallée de la Seine, en amont à Évry et Corbeil-Essonnes dans le département de l'Essonne, aux Mureaux et Mantes-la-Jolie dans le département des Yvelines ou encore dans les villes nouvelles. La sectorisation sociale n'est cependant pas une spécificité parisienne, elle se rencontre dans toutes les grandes agglomérations de France et du monde occidental car liée à l'évolution générale, économique et sociale.

L'automne 2005 est marqué par d'importantes émeutes urbaines en banlieue qui commencent à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis le 27 octobre 2005 par la mort de deux jeunes poursuivis par la police, avant de se répandre dans un grand nombre de banlieues pauvres à travers la France. Les violences urbaines concernent peu les centre-ville dont la ville de Paris intra-muros. Cet épisode relayé par les médias de nombreux pays montre alors l'état de ghettoïsation ethnique et social de nombreux quartiers et l'incapacité du pouvoir politique à faire face à l'échec de l'intégration d'une importante population immigrée.

L'absence d'une organisation administrative gérant le « grand Paris Â», butant sur des considérations historiques et politiques, est un des problèmes majeurs de l'agglomération parisienne en ce début de XXIe siècle.

Les limites communales actuelles résultent de vieilles traditions historiques anachroniques ou topographiquement disparues, fondues dans l'agglomération, les communes s'interpénétrent les unes aux autres. Les populations ont pourtant les mêmes besoins administratifs et préoccupations économiques et sociales. Cependant chaque commune étant administrativement et fiscalement indépendante, l'organisation des besoins collectifs (transports, logement, etc) qui dépassent de loin le cadre communal voire départemental n'a de fait aucune autorité organisatrice à l'échelle de l'agglomération, la région Île-de-France dépassant largement ce cadre (près de 80% de l'espace régional reste rural).

La fiscalité locale est de même très concentrée dans certaines communes riches en entreprises et/ou populations aisées (cas typique de Neuilly-sur-Seine par exemple qui concentre les rentrées fiscales d'une population parmi les plus aisées de France et de nombreuses entreprises, tout en ne possédant que 2,8% de logements sociaux), alors que les charges qu'entraîne l'afflux sur un territoire de populations de conditions modestes sont supportées par des communes qui n'ont pas toujours la possibilité de trouver dans leurs limites administratives les ressources nécessaires pour les compenser (Clichy-sous-Bois est ainsi une des villes les plus pauvres de France, elle cumule une population pauvre et des ressources fiscales très limitées, vivant essentiellement de dotations de l'État).

Cette problématique globale est à l'origine de la conférence métropolitaine de l'agglomération parisienne qui s'est réunie pour la première fois en mairie de Vanves le 7 juillet 2006. Le président de la République Nicolas Sarkozy s'est également saisi du problème dans son discours du 26 juin 2007, critiquant le projet de SDRIF, se disant repenser « l'organisation des pouvoirs Â» et créer une communauté urbaine, imposant de fait la vision d'une reprise en main par l'État,, ce qui n'a pas manqué de provoquer de nombreuses réactions parmi les élus locaux de l'agglomération.

Démographie

Selon l'Insee, la population de la ville de Paris est de 2 142 800 habitants au 1er janvier 2004 (cinquième ville de l'Union européenne) pour une superficie de 10 540 hectares soit une densité de 20 408 habitants par km², l'une des plus fortes d'Europe. En 1999, l'agglomération définie par l'Insee comprend 396 communes et totalise 9 644 507 habitants. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint 11 174 743 habitants ce qui en fait la 23e aire urbaine du monde.

Sociologie de Paris

La hausse continue des prix de l'immobilier provoque le remplacement progressif des populations modestes ou intermédiaires par une nouvelle classe plus aisée. On constate ce processus dans de nombreuses autres mégapoles comme Londres ou New-York : on le nomme Gentrification. À Paris, cette évolution a vulgarisé le terme de bobos, pour bourgeois-bohème, caractérisant cette classe plus favorisée ayant progressivement remplacé les populations ouvrières du centre avant de provoquer une mutation sociale de quartier encore récemment considérés comme populaires, tels le 10e arrondissement ou certaines communes de proche-banlieue comme Montreuil en Seine-Saint-Denis. Paris est la 12e ville de France de plus de 20 000 habitants pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 34,5 foyers fiscaux pour 1 000 habitants. 73 362 foyers fiscaux déclaraient un patrimoine moyen de 1 961 667 euros en 2006. Le 16e arrondissement arrive en tête pour le nombre de redevables avec 17 356 contribuables,. Avec 27 400 euros de revenu moyen par unité de consommation en 2001, les ménages parisiens sont les plus aisés de France. Les quatre autres département en tête du palmarès sont tous franciliens : Hauts-de-Seine, Yvelines, Essonne et Val-de-Marne, ce qui reflète la concentration de professions très qualifiées à haut revenu dans la région ÃŽle de France.

Mais si la ville connaît une proportion de classes sociales élevées plus importante qu'ailleurs, ce qui lui donne l'image d'une « ville de riches Â», la sociologie du Paris intra-muros reste en réalité très contrastée. Les différences de classes sociales sont traditionnellement marquées entre les habitants de l'Ouest de Paris et ceux de l'Est. C'est à l'Ouest essentiellement que l'on trouve les classes aisées. Ainsi, le revenu médian déclaré dans le 7e arrondissement, le plus élevé, était de 31 521 euros par unité de consommation en 2001, soit plus du double de celui du 19e arrondissement qui n'était de 13 759 euros, valeur proche à la médiane des revenus de la Seine-Saint-Denis de 13 155 euros. Les 6e, 7e, 8e et 16e arrondissements sont classés parmi les dix communes franciliennes au revenu médian le plus élevé alors que les 10e, 18e, 19e et 20e arrondissements sont parmi les communes les plus pauvres d'ÃŽle-de-France.

Néanmoins, la pauvreté à Paris reste très présente : 12 % des familles parisiennes soit 210 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté fixé par l'INSEE à 670 euros par mois. Ce taux est très légèrement supérieur à la moyenne régionale de 11,3 % mais néanmoins inférieur à la moyenne Française de 13,7% en 2001.

La sociologie de certains arrondissements de l'Est de Paris (comme le 19e arrondissement) ressemble à celle de certains quartiers sensibles de banlieue qui ne constituent que le prolongement extra-muros de la cartographie sociale de la ville : le 16e arrondissement se prolonge par des communes de banlieue aisées, alors que le Nord-Est de la ville se prolonge par les communes de la Seine-Saint-Denis, réputées pauvres. Les 18e, 19e et 20e arrondissements concentrent 40 % des pauvres à Paris, certains quartiers cumulent toutes les difficultés sociales, échec scolaire, chômage élevé ou encore santé des habitants déficiente. 32,6 % des familles d'origine étrangères hors Union européenne de la ville vivent sous le seuil de pauvreté ; ce n'est le cas que pour 9,7 % des Français de souche.

Certains quartiers se caractérisent par des regroupements communautaires : le quartier du Marais a la particularité de regrouper une importante communauté homosexuelle à proximité de la communauté juive ashkénaze dont l'implantation autour de la rue des Rosiers remonte au XIIIe siècle. Le XIIIe arrondissement concentre quant à lui la plus importante communauté asiatique d'Europe dans le quartier des Olympiades.

Il faut noter aussi que la sociologie d'un quartier peut varier au cours de la journée : par exemple le quartier de la place de la Bastille devient le soir un lieu de sortie pour beaucoup de jeunes (présence de nombreux bars et lieux de vie nocturne) tandis que la journée, il jouit d'une relative tranquillité.

Paris rassemble comme toutes les métropoles une concentration plus importante d'étudiants, jeunes adultes actifs et de personnes âgées que la moyenne du pays ; les familles sont par conséquent sous-représentées. En 1999, 22 % des ménages parisiens sont constitués d'une famille avec au moins un enfant de moins de 25 ans ce qui représente 865 000 personnes vivant en famille soit 40,7 % de la population, devant les personnes seules (27 %) et les couples (19 %). 47 % des personnes sont célibataires, contre 35 % en moyenne en France, et seuls 37 % des parisiens sont mariés, contre plus de 50 % des Français. Les familles parisiennes se caractérisent par la sur-représentation de familles monoparentales (26 % en 1999 contre 17 % en France), consécutives au plus fort taux de divorce qui représentent 55 divorces pour 100 mariages et 7,7 % des Parisiens. La proportion de jeunes adultes explique un taux de natalité élevé de 14,8 naissances pour 1 000 habitants contre 13,2 au niveau national. À l'inverse, le taux de fécondité de 1,75 enfants par famille est inférieur à la moyenne régionale (1,87) et nationale (1,86). Le nombre d'enfants par foyer est faible : 50 % des ménages n'ont qu'un enfant et la part des familles nombreuses est largement inférieure à la moyenne régionale et nationale (17 % de familles de trois enfants et plus), essentiellement à cause de la petite surface des logements et du niveau élevé de l'immobilier.

Près de la moitié des appartements de Paris (47,1 % en 1999) ne possèdent qu'une ou deux pièces ce qui explique en partie que Paris se caractérise par une forte proportion de personnes célibataires ou de couples sans enfants. En raison de la taille réduite des appartements et des coûts élevés de l'immobilier qui rendent difficile l'acquisition de surfaces plus importantes, beaucoup de familles partent vivre en banlieue. Ce choix peut également s'expliquer par le fait que Paris, malgré la beauté de certains quartiers, est une ville assez difficile à vivre : surpopulation, pollution, insécurité, coût de la vie, etc. À noter qu'en 1999, 55,4 % des logements avaient été construits antérieurement à 1949 contre seulement 3,8 % édifiés depuis 1990 ce qui marque l'ancienneté du bâti, et 10,3 % des logements parisiens étaient déclarés vacants, soit 136 554 sur les 1 322 540 logements de la ville.

Le logement social représente un peu plus de 17 % du parc immobilier de la ville mais ce taux moyen cache de fortes disparités dans sa répartition spatiale : les dix premiers arrondissements du centre historique ne totalisent que 6 % des logements sociaux de la ville, pour 23 % du parc total. Les 13e, 19e et 20e arrondissement en comptaient 96 000 en 1999, soit 47 % du parc social parisien concentré dans seulement trois arrondissements. Si on ajoute les 12e, 14e, 15e et 18e arrondissements, on atteint un taux de 81 % concentré dans un croissant périphérique du sud au nord-est de la capitale. La proportion de logements sociaux comptabilisés selon la loi SRU en 2006 varie de 1,2 % dans le 7e arrondissement (357) à 34,1 % dans le 19e arrondissement (28 147). Entre 2001 et 2006, 23 851 logements ont été agréés dans la capitale mais 88 131 Parisiens étaient demandeurs d'un logement social en 2006 ainsi que 21 266 non-Parisiens et la rotation des locataires est faible en raison du niveau élevé des prix de l'immobilier. Ce taux est de 10 % par an en France, 7,5 % en ÃŽle-de-France mais de seulement 5 % à Paris intra-muros[100].

D'après le classement du groupe immobilier Knight Frank et de la Citi Private Bank, Paris est la neuvième ville la plus chère du monde en ce qui concerne les prix de l'immobilier de luxe : 12 600 euros par mètre carré en 2007 (contre 36 800 pour Londres, la plus chère)[101],[102].

Les recensements français, comme l'impose la législation, ne posent aucune question concernant l'appartenance ethnique ou religieuse mais recueillent des informations au sujet du pays natal. Il est ainsi possible de déterminer que la zone métropolitaine de Paris est une des plus multiculturelle en Europe : au recensement de 1999, 19.4% de sa population totale étaient née à l'extérieur de la France métropolitaine[103]. Selon ce même recensement, 4.2% de la population de la zone métropolitaine de Paris étaient des immigrés récents (c'est-à-dire les gens qui ont émigré en France entre les recensements de 1990 et 1999), dans leur majorité de Chine et du continent Africain[104]. Par ailleurs, la zone métropolitaine de Paris compte également 15% de musulmans[105],[106].

La première vague de migration internationale vers Paris commence dès 1820 avec l'arrivée des paysans allemands fuyant la crise agricole. Plusieurs vagues d'immigration ont ensuite suivi sans interruption jusqu'à nos jours : Italiens et Juifs d'Europe centrale pendant le XIXe siècle, Russes après la révolution de 1917, habitants des colonies pendant la Première Guerre mondiale, Polonais entre les deux guerres mondiales, Espagnols, Portugais et Africains du Nord des années 1950 aux années 1970, Juifs séfarades après l'indépendance des pays d'Afrique du Nord, Africains et Asiatiques depuis lors[107].

La localisation des immigrés dans la capitale varie en fonction de l'appartenance communautaire : les 18e et 19e arrondissements concentrent une forte part des immigrés originaire d'Afrique sub-saharienne, en particulier dans le quartier de Château rouge, tandis que Belleville rassemble d'importantes communautés maghrébines et chinoises. Dans le 13e arrondissement se situe le quartier asiatique de Paris, plus important « chinatown Â» d'Europe[108].

Organisation administrative

Depuis la loi du 10 juillet 1964[109] sur la réorganisation de la région parisienne entrée complètement en vigueur le 1er janvier 1968, la ville de Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant et depuis 1790, Paris était le chef-lieu du département de la Seine.

Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité à fiscalité propre entre Paris et sa banlieue[110]. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales.

Le département de la Ville de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux créés lors de sa dernière extension territoriale en 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant depuis le 11 octobre 1795 et en 21 circonscriptions électorales.

Le statut de la ville a changé plusieurs fois. Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris avec une assemblée démocratiquement élue. La Troisième République fut dirigée par des conservateurs effrayés par l'épisode de gestion démocratique de la Commune. Ceux-ci édictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de Paris et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont le rôle est principalement représentatif. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.

La loi du 31 décembre 1975 entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977, instaure un Conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent le Maire de Paris.

Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parts égales par les électeurs, le Maire de Paris et le Conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conserve les pouvoirs de police. Enfin la loi du 31 décembre 1982 (dite loi PLM) entre en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983. Elle a porté à 163 le nombre de conseillers de Paris et étend ses pouvoirs, principalement en matière budgétaire.

Les pouvoirs de police administrative sont partagés entre le maire de Paris et le préfet de police qui se prêtent réciproquement leurs moyens d'action à cet effet. Ce dernier peut siéger au Conseil de Paris et doit lui soumettre chaque année son budget et son compte (bien que ce budget reste d'État). Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police.

Trois maires de Paris se sont succédé depuis 1977 : Jacques Chirac de 1977 à 1995, réélu en 1983 et en 1989, Jean Tiberi de 1995 à 2001 et Bertrand Delanoë depuis 2001.

Pour les maires plus anciens, voir la liste des maires de Paris.

Au budget primitif 2004, la masse budgétaire consolidée (Ville et Département) s'élevait à 6,015 milliards d'euros dont 4,567 milliards d'euros consacrés au fonctionnement et 1,448 à l'investissement. La part du budget départemental représente moins d'un quart du budget municipal (1,1 milliards d'euros contre 5,4).

Le Conseil de Paris a reconduit en 2004 les taux d'imposition au même niveau qu'en 2001 et 2002, soit 8,8% pour la taxe d'habitation, 7,11% pour la taxe sur le foncier bâti, 13,5 % pour la taxe sur le foncier non bâti et 12,35% pour la taxe professionnelle[111]. À noter que la fiscalité représente 53,2% des recettes de la Ville[112].

Le tribunal de grande instance de Paris est situé dans le Palais de Justice, dans l'île de la Cité. Certains de ses services occupent d'autres sites de la capitale. C'est la juridiction qui traite le plus grand nombre d'affaires en France. Dans chaque arrondissement se trouve un tribunal d'instance. La ville compte par ailleurs trois maisons de la justice et du droit, dans les 10e, 14e et 17e arrondissements, créées afin de faciliter l'accès au droit[113].

Le tribunal de commerce de Paris se situe quant à lui quai de Corse, également dans l'île de la Cité. Le tribunal de police de Paris se situe rue Ferrus dans le 14e arrondissement et le conseil de prud'hommes de Paris se situe rue Louis-Blanc dans le 10e arrondissement.

Outre les tribunaux de la ville, les tribunaux de plusieurs départements relèvent de la Cour d'appel de Paris : la Seine-et-Marne, l'Essonne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Yonne. Le ressort de cette cour concerne 12,6% de la population Française soit 7 605 603 personnes en 2004[114]. Les autres département d'ÃŽle-de-France ainsi que l'Eure-et-Loir relèvent quant à eux de la cour d'appel de Versailles[115].

Dans l'ordre administratif, Paris constitue le ressort du tribunal administratif de Paris. Les appels sont portés devant la Cour administrative d'appel de Paris, laquelle connaît aussi les appel des tribunaux administratifs de Mata-Utu, Melun, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. À Paris siègent également les juridictions suprêmes française : Conseil constitutionnel, Cour de cassation et Conseil d'État.

La région ÃŽle-de-France totalise à elle seule plus du quart des crimes et délits commis en France métropolitaine. Au sein de la région, la grande Couronne, la petite Couronne et Paris intra muros comptabilisent chacune environ un tiers du total des faits constatés. La typologie de la criminalité parisienne reste largement dominée par les vols qui représentent les deux-tiers des crimes et délits. En 2006, 255 238 faits ont été comptabilisés soit un taux de criminalité de 118,58 actes pour 1 000 habitants (crimes et délits) ce qui représente près du double de la moyenne nationale (61,03 Â»Â°) mais se situe dans la moyenne des grandes villes de France (Lyon : 109,22, Lille : 118,93, Nice : 119,52, Marseille : 120,62). La part des femmes mises en cause est inférieure à 15 % (légèrement sous la moyenne nationale) et la part des mineurs est de 11,02 % soit sept points de moins que la moyenne française de 18,33 %. À l'inverse, la part des étrangers (résidents en France titulaires d'une carte de séjour) est supérieure à la moyenne française de 20,73 %[116],[117].

À Paris, certaines prisons sont restées célèbres : le Grand Châtelet sur la rive droite abritait la prison du roi, son annexe, le Petit Châtelet, au débouché du Petit-Pont sur la rive gauche servit de lieu d'incarcération à partir du XIVe siècle et fut démoli en 1782. Trois prisons sont devenues des symboles historiques : la Conciergerie, la Bastille et le donjon de Vincennes. Le Palais de justice possédait sa propre prison, la Conciergerie, qui après avoir accueilli parmi d'autres les Girondins et Marie-Antoinette pendant la Révolution française, continua à servir de prison temporaire jusqu'en 1914. La Bastille édifiée à partir de 1370, devint exclusivement une prison d'État sous Richelieu, contrairement à l'idée générale, elle constituait une prison de « luxe Â» pour un nombre de prisonniers n'excédant jamais la quarantaine. Le donjon de Vincennes servit également de prison d'État jusqu'en 1784 ; il constituait plus une résidence surveillée qu'un véritable lieu d'incarcération. Il continua à servir occasionnellement de prison jusque sous le Second Empire. Il ne subsiste qu'une seule prison à Paris, la prison de la Santé, ouverte en 1867. Les principales prisons d'ÃŽle-de-France se situent maintenant hors les murs, à Fresnes et Fleury-Mérogis, auxquelles il faut ajouter la maison centrale de Poissy[118].

Économie

Paris, comme le reste de l'Île-de-France mais de façon plus marquée encore, est plus riche et plus tertiarisé que la moyenne française. L'agglomération parisienne est toutefois nettement moins spécialisée économiquement que d'autres grand centres économiques mondiaux, notamment que Londres, sa grande rivale en Europe, qui est particulièrement dynamique dans le secteur financier.

Paris intra-muros reste de loin le département qui regroupe le plus d'emplois dans la région avec près d'1 650 600 en 2004, soit 31 % des emplois privés de la région, devant les Hauts-de-Seine avec 848 200 emplois (16 %)[119].

Les salaires parisiens sont très légèrement supérieurs à ceux de la région (19 euros de l'heure en moyenne annuelle au lieu de 18,2 euros, chiffres de 2002) et largement supérieurs à la moyenne des salaires en France (13,1 euros). Néanmoins, cet écart s'explique essentiellement par la forte sur-représentation de cadres qui constituent 25 % des salariés. La ville se caractérise surtout par sa forte inégalité salariale : les 10 % des salariés les mieux payés touchent quatre fois plus que les 10 % les moins payés, ce qui dépasse un peu la moyenne régionale (3,7), mais est largement supérieur à l'écart constaté en province (2,6). De même, les inégalités géographiques se constatent également au sein même de la ville : le salaire horaire moyen offert dans le 8e arrondissement (24,2 euros) est supérieur de 82 % à celui du 20e arrondissement (13,3 euros). En revanche, les écarts salariaux homme-femme à niveau égal ne sont que de 6 % à Paris contre 10 % en province[120].

La ville de Paris connaît une tertiarisation croissante de son économie avec une part croissante des sociétés de services, néanmoins, l'artisanat et l'industrie représentent toujours une part non négligeable des emplois. Le commerce maintient son attractivité malgré le développement des grandes surfaces commerciales, néanmoins sous-représentées en Île-de-France en proportion du nombre d'habitants.

Le secteur de l'industrie comptait près de 25 000 établissements en 2003 et employait 110 000 salariés en l'an 2000. L'imprimerie-presse-édition représentait l'essentiel de l'activité avec 40 % des emplois industriels parisiens, et celui de l'habillement et du cuir 23 %. Le secteur de l'artisanat totalisait 36 237 entreprises, soit 28% des entreprises artisanales de la région, et rassemblait 123 000 salariés en 2003. Ces entreprises sont pour l'essentiel concentrées dans le Nord et l'Est de la ville. En effet, depuis les années 1980, la municipalité à organisé la production artisanale et industrielle par la création d'hôtels d'activités, en particulier dans les quartiers extérieurs de l'Est de la capitale. Les services rassemblent 35 % des effectifs salariés des entreprises artisanales suivis par la fabrication avec 28,9 %, celui du bâtiment avec 22,4 % et enfin de l'alimentation avec 13,7%.

Le commerce parisien reste particulièrement attractif bien au-delà des limites de la ville avec près de 80 000 locaux et 30 000 commerces de détail et se caractérise par son extrême diversité et sa répartition spatiale relativement équilibrée. Néanmoins, l'attractivité des grandes surfaces en périphérie ou l'augmentation des baux ont entraîné d'importantes mutations à la fin du XXe siècle. La monoactivité commerciale a progressivement remplacé les petits commerces de bouche par une forte concentration de boutiques d'informatique (rue Montgallet et rue de Charenton en particulier dans le 12e arrondissement) ou de commerce de gros du textile (quartier du Sentier et une partie du 11e arrondissement). L'arrivée massive de chaînes internationales de magasins, de vêtements pour l'essentiel (Celio, Zara, etc), a encore accru le phénomène au point de faire craindre aux Parisiens la disparition rapide du petit commerce de proximité, commerce de bouche ou librairies de quartier en particulier, phénomène qui s'est produit dans de nombreux quartiers de Londres par exemple. La municipalité a finalement joué de son droit de préemption afin de lutter contre ce phénomène et le plan local d'urbanisme tente de limiter l'impact de cette évolution dans l'avenir en interdisant par exemple le changement d'affectation d'un local commercial revendu[121].

Le secteur des services aux entreprises est le plus important. Au 31 décembre 2001, près de 122 300 entreprises employaient au moins un salarié. En effet, une des caractéristiques de l'économie parisienne tient à la forte présence aux côtés des grands sièges sociaux de petites entreprises de un à dix salariés qui rassemblent plus d'un quart des emplois. Ce secteur regroupe le secteur du conseil et de l'assistance, les services opérationnels, les postes et télécommunications et le secteur de la recherche et du développement. Un tiers des établissements parisien est classé dans ce secteur d'activité[122].

Un large espace que la Chambre de commerce et d'industrie de Paris appelle pôle « Paris-La Défense Â» domine le monde des affaires francilien. Il regroupe la partie Ouest de la rive droite parisienne et une dizaine de communes des Hauts-de-Seine[123]. On trouve dans cette zone la plupart des grands sièges sociaux et des emplois à haut revenu. Deux espaces compris dans ce pôle sont particulièrement importants : le centre de Paris intra muros et le quartier de La Défense, en banlieue Ouest.

Dans le centre de Paris, le quartier des affaires s'étend sur un périmètre assez large autour de l'opéra et de la gare Saint-Lazare[124]. Il garde un rôle majeur mais les prix de l'immobilier de bureau y sont particulièrement élevés et les surfaces limitées par les règles de l'urbanisme. Entre 1994 et 2005, le nombre d'emplois privé a assez nettement diminué dans cette partie du pôle au profit de la proche banlieue Ouest[125] dans laquelle la Défense a une place centrale.

La Défense, quartier de gratte-ciels qui se développe depuis les années 1960, compte trois millions de mètres carrés de bureaux et 150 000 salariés. On y trouve 1 500 entreprises dont quatorze des vingt premières entreprises nationales et quinze des cinquante premières mondiales[126]. Un grand plan de relance est prévu pour le quartier pour les années à venir.

D'autres quartiers d'affaire se développent hors de ce grand pôle de l'Ouest. À Paris intra muros, Paris Rive Gauche dans le 13e arrondissement est le plus important projet en cours de développement. En banlieue, d'autres pôles se développent dans des zones où les prix de l'immobilier sont moins élevés (Plaine Saint-Denis) ou sur des hubs stratégiques (aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle)[127].

Paris a toujours été une destination pour les commerçants, les étudiants et les pèlerins religieux mais son « tourisme Â» dans le sens moderne du terme a seulement commencé à grande échelle à la suite de l'apparition du chemin de fer au cours des années 1840. Une des premières attractions fut la série d'expositions universelles à partir de 1855 qui apportèrent à Paris l'édification de nombreux nouveaux monuments dont le plus célèbre est la tour Eiffel érigée pour l'exposition de 1889. Ceux-ci, en plus des embellissements apportés à la capitale sous le Second Empire, ont largement contribué à faire de la ville elle-même l'attraction qu'elle est devenue aujourd'hui.

Mais si Paris est aujourd'hui la capitale la plus visitée au Monde, elle est une des moins accueillantes et des plus chères : selon une enquête réalisée par le cabinet Global Market Insite sur soixante villes auprès de 14 000 personnes à travers le monde[128], elle se situe à la première place pour la beauté et le dynamisme mais en fin de classement (52e sur 60) en ce qui concerne la qualité de l'accueil et seulement 55e quant aux prix pratiqués[129].

Paris a accueilli au total de 27 millions de touristes dont 17 millions d'étrangers en 2006, 44 millions en incluant la région Île-de-France qui constitue ainsi la première destination touristique au Monde. Elle est également la première ville au Monde pour les congrès internationaux.

Le secteur du tourisme est important dans l'économie parisienne : ce secteur d'activité représente 12,8 % des emplois de la capitale, soit 147 000 personnes dont près de 81 000 dans l'hôtellerie, les services (24,5 %) et le commerce (13,8 %). Les touristes représentent 50 % des visiteurs des musées, 8 % du chiffre d'affaires de la RATP, 10 à 50 % des achats dans les commerces de la capitale et enfin plus de 60 % des seize millions de clients annuels enregistrés dans les hôtels soit 9,7 millions d'étrangers. Le tourisme assure chaque année huit milliards d'euros de retombées économiques et trente millions d'euros de recettes fiscales pour la municipalité liées à la taxe de séjour[130].

En 2006, les cinquante premiers sites culturels de la ville ont enregistré 69,1 millions d'entrées soit une croissance de 11,3% par rapport à 2005. Les principaux sites ont enregistré leur record de fréquentation. En tête du classement, la cathédrale Notre-Dame de Paris totalise environ 13,5 millions d'entrées par an ce qui en fait de très loin le monument le plus visité de France[131]. La basilique du Sacré-Coeur de Montmartre enregistre environ 10,5 millions d'entrées, le musée du Louvre 8,3 millions, ce qui confirme sa place de musée le plus visité au Monde, la Tour Eiffel 6,7 millions et le centre Pompidou 5,1 millions d'entrées. La cité des sciences et de l'industrie enregistre comme le musée d'Orsay trois millions d'entrées annuelles. Plus insolite, la chapelle Notre Dame de la Médaille Miraculeuse enregistre deux millions de visiteurs par an ce qui en fait le huitième site le plus visité de la capitale devant le muséum d'histoire naturelle, l'arc de triomphe et le musée de l'armée (Hôtel des Invalides). Le musée du quai Branly se révèle prometteur depuis son ouverture en juin 2006 en enregistrant 952 770 entrées en six mois[132].

Les hôtels parisiens et franciliens représentent près du quart du parc hôtelier national. En 2005, on dénombrait 154 745 chambres réparties dans 2 508 hôtels dans la région dont 61% sont situés dans la ville de Paris (1 534 établissements), 16% en petite couronne et 23% en grande couronne. Les deux tiers des établissements sont classés deux ou trois étoiles, 19,4% des hôtels étant classés quatre étoiles. Le tourisme d'affaire représentait 44% des nuitées, chiffre en hausse de près de 28% depuis 1996, et a un impact économique particulièrement important, la dépense journalière de ces visiteurs étant nettement plus élevée que le tourisme de loisir.

Le taux d'occupation moyen était de 71,3% en 2005 ce qui le situe parmi les plus élevés des grandes villes européennes (derrière Barcelone qui atteint néanmoins 79%) et loin devant le taux moyen français de 59%. On peut noter que Las Vegas atteint un taux record de 92%. Le taux parisien est plus élevé en semaine que le week-end et connaît son minimum (autour de 60%) durant les mois de janvier et août et son maximum (autour de 80%) durant les mois de juin, septembre et octobre qui cumulent le tourisme d'affaire et de loisir. Néanmoins l'afflux de visiteurs, hors parc hôtelier, est constant toute l'année avec un léger pic durant l'été, cette part de touristes utilisant d'autres types d'hébergement : location ou échange d'appartements, hébergement familial ou chez des amis, etc. Le taux d'occupation ne varie pas en fonction des arrondissements mais diminue avec le niveau de gamme : la catégorie la plus économique connaît le plus fort taux de remplissage.

Le tourisme international est prépondérant à Paris intra-muros : il représente en effet 67% des nuitées à Paris pour seulement 33% de clientèle nationale. 65% des nuitées étrangères se font dans la ville intra-muros contre seulement 41% des nuitées de la clientèle française qui privilégie un hébergement en dehors de la ville. La part en augmentation de l'hôtellerie économique aux portes de Paris et dans la région explique en partie ce phénomène.

La clientèle étrangère provient pour l'essentiel de huit pays qui en fournissent plus des deux-tiers : par ordre décroissant, l'Europe avec le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-bas et la Belgique fournit à elle seule 42% des clients étrangers puis viennent les États-Unis avec 18,5% et enfin le Japon avec 7,5%. La plus forte augmentation de 2000 à 2005 provient de la clientèle asiatique (hors Japon) avec une hausse de 57% ; néanmoins, cette part ne représente encore en valeur absolue que 5,5% de la clientèle étrangère.

Si Paris a la réputation d'être une ville chère, l'hôtellerie reste néanmoins compétitive comparativement aux autre principales métropoles mondiales : la capitale ne se classait que 17e sur vingt métropoles pour les prix de ses hôtels deux étoiles ; néanmoins, elle reste la plus chère du monde après Genève pour les tarifs de son hôtellerie haut de gamme. Celle-ci est la plus présente dans les 8e et 9e arrondissements comme tout le parc hôtelier parisien.

La croissance du nombre de chambres a été spectaculaire en ÃŽle-de-France depuis 1990 : elle atteint 47% en quinze ans et 3 000 chambres supplémentaires par an depuis 1996 ce qui représente le quadruple de l'augmentation moyenne annuelle française. Néanmoins, cette augmentation de l'offre se situe pour la quasi-totalité en périphérie, la ville de Paris voyant plutôt une hausse du niveau de son parc vers le haut de gamme mais très peu de créations pures. Les secteurs du Stade de France à Saint-Denis, de Disneyland Paris à Marne-la-Vallée et de Roissy-en-France à proximité de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ont connu la plus forte augmentation.

Les hôtels franciliens offraient 54 637 emplois directs en décembre 2004 dont 29 301 dans Paris ce qui représentait 2% des emplois de la capitale, en augmentation de 2,2% par an, auxquels il faut ajouter les emplois induits[133].

Enseignement

Durant l'année scolaire 2005-2006, 263 812 élèves sont scolarisés dans le secteur public, dont 135 570 dans le premier degré et 128 242 dans le second degré, ainsi que 138 527 dans le secteur privé, dont 91 818 sous contrat. Paris possède des établissements en zone d'éducation prioritaire (ZEP) ou en réseau d'éducation prioritaire (REP) : 214 écoles et 32 collèges (soit un enfant parisien sur cinq) relèvent de ces classements[134].

En 2007, la ville totalise 881 établissements publics dont 323 écoles maternelles, 334 écoles élémentaires, 6 établissements spécialisés (écoles à l'hôpital), 110 collèges, 72 lycées généraux et technologiques, 34 lycées professionnels et 2 lycées expérimentaux publics. S'ajoutent 256 établissements privés sous contrat : 110 écoles maternelles et élémentaires, une école spécialisée, 67 collèges, 73 lycées généraux et technologiques et 5 lycées professionnels privés sous contrat.

Dans l'enseignement secondaire, les lycées Louis-le-Grand, Henri-IV et le lycée international de Saint-Germain-en-Laye ont une envergure nationale voire internationale.

L'enseignement supérieur regroupait en 2004 environ 600 000 étudiants en ÃŽle-de-France soit plus du quart du total français[135]. Parmi eux, la moitié étudient dans Paris intra muros[136].

Il existe une certaine volonté de décentralisation qui a notamment conduit dans les années 1990 au transfert de l'ENA à Strasbourg et d'écoles normales supérieures à Lyon. Toutefois, la plupart des établissements nationaux les plus prestigieux se trouvent toujours en région parisienne.

Dès le XIIe siècle, Paris est un des grands centres intellectuels d'Europe, particulièrement en matière de théologie et de philosophie. On retient symboliquement 1200 comme date de fondation de l'Université de Paris lorsque Philippe Auguste accorde un statut particulier à la corporation (maîtres et élèves) en l'affranchissant de la justice et de la police publiques, les faisant alors relever de la justice ecclésiastique. Les collèges, résidences de maîtres et d'élèves où se déroule également l'essentiel de l'enseignement, sont organisés en facultés. L'origine de la Sorbonne remonte à 1257. L'université vit essentiellement autour de la Montagne Sainte-Geneviève, sur la Rive gauche. Ce quartier, le quartier latin, est aujourd'hui encore un grand centre universitaire.

À partir du XVIIIe siècle, des écoles spécialisées sont créées pour certaines professions. Elles sont à l'origine des grandes écoles actuelles. L'École polytechnique et l'École normale supérieure sont créées pendant la Révolution. L'Université de Paris moderne est constituée au XIXe siècle de six facultés : droit, médecine, pharmacie, littérature, théologie et science. Au XXe siècle, le nombre d'étudiants croît fortement. Après la révolte des étudiants de mai 1968 dont la Sorbonne est l'épicentre, l'Université de Paris est réorganisée en treize établissements autonomes (Paris I à Paris XIII), chacun spécialisé dans un domaine relativement délimité.

Paris intra-muros reste le centre universitaire français majeur. Les universités Paris I à VII y sont situées ainsi que Paris-Dauphine quoiqu'un peu excentrée. Le quartier latin conserve une place importante : on y trouve les sites les plus anciens de la Sorbonne et de l'ENS ainsi que le Collège de France. Plus généralement, les sites les plus importants se trouvent généralement dans le Nord de la rive gauche (Sciences Po, Assas, Jussieu, EHESS, etc). Il existe une certaine volonté d'étendre le quartier universitaire vers l'est, dans le XIIIe arrondissement où se trouve le site principal de la Bibliothèque nationale de France et où plusieurs sites universitaires ont ouvert.

Des centres universitaires ont été créés en banlieue depuis les années 1960, le plus ancien étant celui de Nanterre en 1964. Dans le même temps, plusieurs grandes écoles ont également quitté le centre de Paris, notamment pour disposer de locaux plus vastes. Le plateau de Saclay, au sud de Paris, en est devenu un pôle important. Il regroupe, sur un territoire assez vaste, une université (Paris XI), des grandes écoles (HEC dès 1964, Polytechnique), et des laboratoires publics et privés. En 1991, trois autres universités sont créées en banlieue : Cergy-Pontoise, Évry, Marne-la-Vallée et Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Signe d'une certaine volonté de décentralisation, « Paris Â» n'apparaît pas dans leur nom contrairement aux autres universités situées en proche banlieue.

La ville de Paris entretient elle-même sept établissements d'enseignement supérieur[137]. Quatre sont dédiés aux arts appliqués dont les prestigieuses École Boulle (ameublement) et École Estienne (arts graphiques, notamment reliure), deux sont des écoles d'ingénieurs (École des ingénieurs de la ville de Paris et École supérieure de physique et de chimie industrielle) et l'École du Breuil est à caractère horticole.

Transports

Paris dispose d'un système de transports particulièrement développé. Outre un réseau dense de lignes de bus et de métro, Paris est desservie par le RER, réseau ferroviaire suburbain qui facilite les relations à l'échelle de l'agglomération parisienne. La ville possède en outre six grandes gares ferroviaires la reliant à sa périphérie grâce à une quinzaine de lignes de chemin de fer de banlieue (Transilien), à toutes les villes de France et aux pays proches par le biais du TGV ou de trains classiques.

Paris est, après Londres, la ville d'Europe qui comptabilise le plus de passagers aériens avec 82,5 millions passagers et 2,2 millions de tonnes de fret transportés en 2006 dans les deux aéroports qui accueillent l'essentiel du trafic : Orly et surtout Roissy-Charles-de-Gaulle.

Comme dans toutes les mégapoles de la planète, la circulation routière est très dense et souvent difficile malgré les larges avenues tracées par Haussmann au XIXe siècle qui facilitèrent alors grandement un trafic déjà important à cette époque. La ville est ceinte par un boulevard périphérique, voie routière la plus empruntée de France. Un réseau d'autoroutes urbaines en toile d'araignée la relie aux banlieues périphériques et au reste du pays. Le stationnement à Paris se révèle très difficile à l'image de la plupart des grandes métropoles de la planète. Il est payant dans la totalité des rues, la municipalité en place menant une politique de promotion des transports alternatifs (collectifs ou à vélo). Ainsi, la ville dispose depuis la fin des années 1990 d'un réseau de pistes cyclables en augmentation constante. Fin 2006, 371 kilomètres d'aménagements cyclables existent dans Paris, incluant les bandes et pistes cyclables ainsi que les couloirs de bus élargis[138],[139]. À la suite de Rennes et Lyon, la Mairie de Paris lance le 15 juillet 2007 un système de location de vélos en libre-service, baptisé Vélib' et géré par JCDecaux[140]. La capitale compte par ailleurs 15 500 taxis parisiens début 2007[141].

Urbanisme

Paris, depuis dix siècles, est la plus importante ville de France, constituant le siège du pouvoir politique. La plupart des souverains français depuis le Moyen Âge ont tenu à laisser leur marque sur une ville qui, contrairement à d'autres métropoles européennes n'a jamais été détruite comme Londres lors du grand incendie de 1666 ou Lisbonne par le tremblement de terre de 1755. Tout en conservant l'empreinte du passé le plus ancien dans le tracé de certaines rues, Paris a élaboré au cours des siècles un style homogène et a su moderniser ses infrastructures.

L'organisation de la ville doit beaucoup aux travaux d'Haussmann, sous le Second Empire. Il a fait percer la plupart des grands axes et des voies les plus fréquentées aujourd'hui (Boulevard Saint-Germain, Boulevard de Sébastopol, etc). On associe souvent Paris à l'alignement d'immeubles de hauteur égale le long d'avenues bordées d'arbres, aux façades rythmées par les ornements du deuxième étage et le balcon filant du cinquième étage. Paris se distingue du centre de beaucoup d'autres grandes villes occidentales par la densité de sa population[142].

Il existe depuis longtemps des règles strictes d'urbanisme, en particulier des limites à la hauteur des immeubles. Aujourd'hui, les nouveaux bâtiments de plus de trente-sept mètres ne sont autorisés qu'à titre exceptionnel et la limite de hauteur est encore moins élevée dans de nombreux quartiers[143]. La Tour Montparnasse demeure depuis 1973 le plus haut immeuble de Paris et même de France, bien que la situation devrait prendre fin dès 2010, les projets de gratte-ciels se multipliant dans le quartier de La Défense : la Tour Assur rénovée atteindra 225 mètres de hauteur mais sera surpassée par la Tour Phare qui atteindra 300 mètres de hauteur et par la Tour Generali qui devrait atteindre 318 mètres de hauteur et devenir l'immeuble le plus élevé d'Europe occidentale.

Paris comptait 6 088 voies publiques ou privées en 1997. Parmi les plus remarquables, on peut citer l'avenue Foch (16e), la plus large de Paris avec 120 mètres, alors que l'avenue de Selves (8e), est l'avenue la plus courte de la capitale avec 110 mètres de longueur. La rue la plus longue de Paris est la rue de Vaugirard (6e et 15e) avec 4 360 mètres de longueur. La rue des Degrés (2e) est quant à elle la rue la plus courte avec seulement 5,75 mètres tandis que la rue du Chat-qui-Pêche (5e) reste officiellement la rue la plus étroite avec une largeur minimale de 1,80 mètre (certaines sources mentionnent néanmoins le sentier des Merisiers, dans le 12e, qui mesure moins d'un mètre, ou encore le passage de la Duée dans le 20e qui, bien que sa partie droite soit aujourd'hui détruite et bordée d'une palissade, mesure seulement 80 cm de largeur). Enfin, la voie la plus pentue est la rue Gasnier-Guy (20e) avec une pente de 17 %[144].

Voir aussi un tableau synoptique des boulevards des Maréchaux et des portes de Paris.

Les monuments les plus célèbres de Paris datent d'époques variées. Ils se trouvent souvent dans le centre et sur les rives de la Seine. Les quais de Seine du Pont de Sully au Pont de Bir-Hakeim constituent l'un des plus beaux paysages fluviaux urbains et sont d'ailleurs classés à l'inventaire du patrimoine mondial de l'UNESCO. On y trouve notamment, d'est en ouest : Notre-Dame, le Louvre, les Invalides, le pont Alexandre-III, le Grand Palais, le musée du quai Branly, la Tour Eiffel et le Trocadéro. Plus à l'est, d'importants édifices contemporains ont été construits (le ministère des Finances, le site François Mitterrand de la bibliothèque nationale de France, etc).

On trouve sur l'île de la Cité des monuments anciens emblématiques. La cathédrale Notre-Dame, de style gothique, fut principalement bâtie du XIIe siècle au XIIIe siècle, a été très restaurée au XIXe siècle et la façade occidentale nettoyée à la fin du XXe siècle. Elle est symboliquement le centre de Paris et les distances routières françaises sont mesurées à partir de son parvis. L'ancien palais de la Conciergerie fut le siège du pouvoir royal jusqu'au règne de Charles V, dans la seconde moitié du XIVe siècle. Une partie du bâtiment fut dès lors aménagée en prison et fut notamment le lieu de détention d'illustres personnalités de l'Ancien Régime avant leur exécution, lors de la Révolution française. La Sainte-Chapelle, construite à proximité de la Conciergerie, est considérée comme un chef-d'oeuvre de l'architecture gothique. Le pont Neuf, à l'extrémité occidentale de l'île et datant de la fin du XVIe siècle, est le plus vieux pont de Paris en l'état.

Des monuments de style classique marquent également le centre de Paris de leur empreinte. La chapelle de la Sorbonne au centre du quartier latin, a été construite au début du XVIIe siècle. Le Louvre, résidence royale, a été embelli au XVIIe siècle et plusieurs fois retouché par la suite. L'Hôtel des Invalides, avec son fameux dôme doré, fut érigé à la fin du XVIIe siècle dans les faubourgs de la ville par un Louis XIV soucieux d'offrir un hospice aux soldats blessés. Il abrite depuis le 15 décembre 1840 les cendres de Napoléon Ier et son tombeau depuis le 2 avril 1861[145]. Le Panthéon, édifié quant à lui à la fin du XVIIIe siècle à proximité de la Sorbonne, est devenu sous la Révolution un temple civil où des Français illustres sont enterrés.

Le patrimoine du XIXe siècle est très abondant à Paris avec notamment l'Arc de triomphe, les passages couverts, le Palais Garnier, construit à la fin du Second Empire et au début de la Troisième République et qui abrite l'opéra de Paris, et la Tour Eiffel, construction « provisoire Â» érigée par Gustave Eiffel pour l'exposition universelle de 1889 mais qui ne fut jamais démantelée. Elle est devenue le symbole de Paris, visible de la plupart des quartiers de la ville.

Au XXe siècle, de nombreuses réalisations des plus grands architectes parsèment les rues de Paris : Guimard, Plumet[146] ou Lavirotte, références de l'Art nouveau en France, puis celles de Mallet-Stevens, Roux-Spitz, Dudok, Henri Sauvage, Le Corbusier, Auguste Perret, etc pendant l'entre-deux guerres.

L'architecture contemporaine à Paris est représentée par le Centre Pompidou, édifice des années 1970 qui abrite le musée national d'Art moderne ainsi qu'une importante bibliothèque publique librement accessible, par l'institut du monde arabe ouvert en 1987 ou encore par les importantes réalisations voulues par le président François Mitterrand : la bibliothèque nationale de France dans le nouveau quartier de Paris Rive Gauche en plein développement, l'opéra Bastille et, probablement la plus célèbre, la pyramide du Louvre, oeuvre de l'architecte Ieoh Ming Pei érigée dans la cour du Louvre. Plus récemment, le musée du quai Branly, ou musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques dessiné par Jean Nouvel et inauguré en 2006, a encore enrichi la diversité architecturale et culturelle de la capitale.

C'est dans la cour du Louvre que débute l'axe historique de Paris : il s'agit d'un alignement monumental d'édifices et de voies de communication partant du centre de la ville en direction de l'ouest. Il commence à la statue de Louis XIV dans la cour principale du palais du Louvre et se poursuit à travers le jardin des Tuileries, la place de la Concorde, les Champs-Élysées et aboutit à l'arc de triomphe au centre de la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l'Étoile). À partir des années 1960, la perspective fut prolongée plus à l'ouest par la construction du quartier d'affaires de La Défense, quartier où se situent la plupart des plus hauts gratte-ciel de l'agglomération parisienne. La perspective est parachevée en 1989 par la construction de l'Arche de la Défense.

La Tour Montparnasse et la basilique du Sacré-Coeur au sommet de la butte Montmartre sont, de par leur hauteur, des points de repère importants dans le ciel parisien. Cette dernière est un des lieux emblématiques de Paris et accueille de nombreux visiteurs, en particulier autour de la place du Tertre où se tiennent des peintres et caricaturistes.

On trouve des jardins anciens dans le centre de Paris comme le jardin des Tuileries et le jardin du Luxembourg. Le jardin des Tuileries a été créé au XVIe siècle, sur la rive droite de la Seine, à proximité du Louvre pour le palais éponyme aujourd'hui disparu. Le jardin du Luxembourg, sur la rive gauche, était autrefois une dépendance privée du château construit pour Marie de Médicis vers 1625. Le jardin des Plantes, créé par Guy de La Brosse, le médecin de Louis XIII, pour la culture des plantes médicinales, fut quant à lui le premier jardin public de Paris.

C'est toutefois sous le Second Empire que les jardins parisiens doivent l'essentiel de leur physionomie actuelle. La création d'espace vert fut un facette importante de la politique d'aération d'une ville où s'entassait une population en rapide augmentation. Sous la conduite de l'ingénieur Jean-Charles Alphand et du paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, un nouveau type de jardin voit le jour. Le bois de Boulogne et le bois de Vincennes, alors à l'extérieur de Paris sont aménagés : situés respectivement à l'extrême ouest et à l'extrême est de Paris intra-muros, il constituent aujourd'hui, et de loin, les espaces verts les plus étendus de la ville. Certains jardins du centre sont réaménagés et des squares de quartier sont créés. Dans les quartiers plus récents, d'importants parcs sont dessinés, Monceau (autrefois connu sous le nom de « folie de Chartres Â»), Montsouris, les Buttes-Chaumont ont été conçus par l'ingénieur de Napoléon III.

Depuis les années 1980, plusieurs espaces verts ont été aménagés dans des zones d'activités désaffectées. Le parc de la Villette, conçu par l'architecte Bernard Tschumi à l'emplacement des anciens abattoirs de Paris, est aujourd'hui le plus grand parc de Paris intra-muros après les bois de Boulogne et de Vincennes. Durant les années 1990, le parc de Bercy, celui Belleville et d'autres encore ont été créés. Des jardins familiaux ou éducatifs ont également été aménagés à la périphérie de la ville le long de l'ancienne ligne ferroviaire circulaire de « petite Ceinture Â». Les jardins d'Eole inaugurés en 2007 sont le plus important parc créé à Paris dans les années 2000.

Les principaux cimetières parisiens étaient situés à la périphérie de la ville à leur création en 1804 sous Napoléon Ier. Plusieurs églises de Paris possédaient également leurs propres cimetières mais à la fin du XVIIIe siècle, il fut décidé de les fermer pour des questions de salubrité. Supprimés en 1786, tous les ossements contenus dans les cimetières paroissiaux ont été transférés dans d'anciennes carrières souterraines en dehors des portes méridionales de Paris, lieu devenu depuis la place Denfert-Rochereau dans le 14e arrondissement. Ces carrières sont connues de nos jours comme les catacombes de Paris[150].

Bien que l'extension de Paris ait aujourd'hui de nouveau englobé tous ces anciens cimetières, ceux-ci sont devenus des oasis de tranquillité très appréciés dans une ville trépidante. Plusieurs grandes figures historiques de Paris ont trouvé le repos dans le cimetière du Père-Lachaise. Les autres cimetières majeurs sont le cimetière de Montmartre, le cimetière du Montparnasse, le cimetière de Passy et les catacombes de Paris.

De nouveaux cimetières « hors-les-murs Â» ont été créés en début du XXe siècle : les plus grands sont le cimetière parisien de Saint-Ouen, le cimetière parisien de Pantin, le cimetière parisien d'Ivry et le cimetière parisien de Bagneux.

Paris, capitale culturelle

Paris est un centre culturel de premier plan. Destination touristique visitée chaque année par quelque 26 millions de touristes étrangers, Paris propose notamment plus de 150 musées, tels Le Louvre, et des sites exceptionnels, comme les Champs-Élysées ou la tour Eiffel. Capitale mondiale des salons et conférences (5% de l'activité mondiale des congrès sur près de 600 000 mètres carrés), de la mode, du luxe, de la gastronomie et de l'amour romantique, Paris propose également un choix important en matière de spectacles, théâtres ou opéras notamment, et présente à un public particulièrement cinéphile un choix sans égal de films en provenance du monde entier.

Les principaux quartiers pour les sorties nocturnes sont l'avenue des Champs-Élysées, de la place de la Concorde jusqu'à l'arc de triomphe, la Bastille, Pigalle, la rue Mouffetard, la rue Oberkampf, célèbre pour ses bars, le Marais, la Butte aux Cailles, la place de la République, les rives du canal Saint-Martin, le quartier Latin, le quartier des Halles, Montparnasse ou encore la rue de Lappe.

À Las Vegas, un casino a reconstitué à une échelle un demi la tour Eiffel, l'arc de triomphe et l'Opéra Garnier. Sur le même principe, un promoteur Chinois construit actuellement un « petit Paris Â» dans la banlieue de Hangzhou en Chine.

Paris et la région Île-de-France possèdent la plus importante offre muséographique de France. On compte en effet pas moins de cent musées dans Paris intra muros auxquels il faut ajouter plus de cent-dix musées dans la région. Mais au-delà du nombre, c'est surtout dans la diversité des collections que se trouve la plus grande richesse.

Capitale multi-centenaire au riche patrimoine, Paris attire chaque année de nombreux visiteurs. Le musée le plus ancien, le plus grand en surface et en collections est le musée du Louvre. Avec un record de fréquentation de 8,3 millions de visiteurs en 2006, le Louvre est de loin le musée d'art le plus visité au Monde. D'autres possèdent également une renommée mondiale tels le musée national d'Art moderne (dans le Centre Georges-Pompidou) ou le musée d'Orsay, consacré essentiellement à l'impressionnisme. À proximité de Paris, le château de Versailles, palais édifié par le Roi-Soleil et résidence des rois de France au XVIIe siècle et XVIIIe siècles, attire également plusieurs millions de visiteurs par an. Le palais et le parc de Versailles sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979[151].

On trouve des musées sous divers statuts administratifs : les plus célèbres sont des musées nationaux, c'est-à-dire appartenant à l'État Français. D'autres dépendent de ministères, tels le musée de l'Armée (Hôtel des Invalides) et le musée de l'air et de l'espace du Bourget qui relèvent du ministère de la Défense. D'autres relèvent de l'Institut de France ou encore sont des musées privés.

La municipalité de Paris possède et gère quant à elle quatorze musées et sites municipaux dont les plus célèbres sont le musée Carnavalet, consacré à l'histoire de Paris, à proximité la maison de Victor Hugo ou encore les catacombes. De nombreuses expositions thématiques y sont organisées[152].

Paris accueille un grand nombre de bibliothèques, notamment publiques. La bibliothèque Mazarine, constituée à partir de la bibliothèque personnelle du cardinal Mazarin, est la plus ancienne bibliothèque publique de France ; elle fut ouverte au public en 1643.

La Bibliothèque nationale de France se trouve pour l'essentiel à Paris, notamment sur deux sites : « Richelieu Â» situé dans le 2e arrondissement et surtout « François-Mitterrand Â» dans le 13e arrondissement. Elle constitue l'une des plus importantes bibliothèques au Monde avec une collection estimée à trente millions de volumes. Cet établissement public est le dépositaire en France du dépôt légal depuis le règne de François Ier.

La ville gère plus 55 bibliothèques municipales de prêt généralistes et des bibliothèques municipales thématiques où il est également possible d'emprunter certains documents. On peut citer parmi les plus connues la bibliothèque historique de la ville de Paris, créée en 1871, qui possède un million de livres et brochures, des photographies, cartes et plans liés à l'histoire de la ville ou la bibliothèque de cinéma François-Truffaut, offrant une importante documentation sur le cinéma[153]. Contrairement à l'accès à la BNF et à la bibliothèque Mazarine, l'accès aux bibliothèques municipales est entièrement gratuit même s'il peut être interdit aux mineurs dans les bibliothèques thématiques. L'emprunt des livres, revues, bandes dessinées ou partitions est gratuit, celui des disques et vidéos se fait moyennant un forfait annuel.

Il existe en outre des bibliothèques publiques, par exemple la Bibliothèque publique d'information du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, associatives ou privées. De nombreuses bibliothèques universitaires sont ouvertes au public.

Les plus grands opéras de Paris sont l'Opéra Garnier et l'Opéra Bastille ; le premier tend vers les ballets et les opéras plus classiques, et le dernier offre un répertoire varié de classique et de moderne.

Le théâtre est traditionnellement un lieu majeur de la culture parisienne. Cela demeure vrai, bien que plusieurs de ses acteurs les plus populaires sont également des vedettes de la télévision française. La Comédie française, le théâtre de l'Odéon ou, sur d'autres registres, le théâtre Mogador et le théâtre de la Gaîté-Montparnasse figurent parmi les principaux théâtres parisiens. Quelques uns sont également des salles de concert.

Des légendes du monde musical français tels qu'Édith Piaf, Maurice Chevalier, Georges Brassens et Charles Aznavour ont trouvé la gloire dans les salles de concert parisiennes : Bobino, l'Olympia, La Cigale ou encore Le Splendid. La salle Pleyel accueille de nombreux concerts symphoniques, la salle Gaveau de la musique de chambre, la maison de Radio France offre quant à elle de nombreux concerts d'une grande diversité musicale.

L'Élysée Montmartre mentionné ci-dessous, dont la taille s'est nettement réduite, est devenu une salle de concert. Le New Morning est l'un des quelques clubs parisiens offrant toujours des concerts de jazz mais on peut y entendre des musiques d'autres horizons. Plus récemment, Le Zénith dans le quartier de la Villette et le palais omnisports dans le quartier de Bercy, voire le stade de France à Saint-Denis ou le Parc des Princes proposent des concert à plus grande échelle.

Les guinguettes et les cafés-concerts constituaient l'épine dorsale du divertissement parisien avant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les exemples précoces, avant le milieu du XIXe siècle, on peut citer la guinguette du moulin de la galette et les cafés-concerts de l'Élysée Montmartre et du Château-Rouge. Les orchestres populaires ont ouvert la voie aux accordéonistes parisiens dont la musique a déplacé des foules à l'Apollo et la java a fait danser au faubourg du Temple et à Belleville. En dehors des clubs survivant de cette époque s'est développée la discothèque moderne : Le Palace, bien que fermé aujourd'hui, en est l'exemple le plus légendaire de Paris. Aujourd'hui, une grande partie du clubbing à Paris se déroule dans des clubs comme le Queen, l'Étoile, Le Cab qui sont très sélectifs. Les clubs orientés vers la musique électronique tels que Le Rex, le Batofar (un bateau converti en club) ou The Pulp sont assez populaires et les meilleurs DJ du monde y offrent leurs prestations.

Comme ailleurs en Europe, les productions hollywoodiennes réalisent le plus grand nombre d'entrées mais des réalisateurs comme Claude Lelouch, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol et Luc Besson et dans un genre de cinéma plus populaire avec Claude Zidi par exemple parviennent à préserver le cinéma français. Les films européens et asiatiques sont également assez largement diffusés.

Paris comptait en 2007 pas moins de 374 salles obscures fréquentées par plus de trente millions de spectateurs par an (chiffres 2004) et se distingue par son important réseau de petites salles d'art et d'essai ainsi que par la variété de l'offre, environ 450 à 500 films différents à l'affiche chaque semaine[154]. Toutefois quelques grands groupes dominent de plus en plus et le cinéma indépendant est fragilisé. Depuis les années 1990, de grands multiplexes de dix ou vingt salles ont été créés (aux Halles, à Bercy, etc)[155].

La plus grande salle de cinéma à Paris est aujourd'hui de loin Le Grand Rex avec 2 800 places, alors que toutes les autres salles possèdent moins de 1 000 places.

Les cafés sont rapidement devenus une partie intégrante de la culture française de par leur aspect, en particulier à partir de l'ouverture du café Régence au Palais-Royal en 1688 puis sur la rive gauche du café Procope un an plus tard. Les cafés dans les jardins de ce dernier lieu sont devenus particulièrement populaires au cours du XVIIIe siècle et peuvent être considérés comme les premières « terrasses de café Â» à Paris. Celles-ci ne connurent pas d'expansion jusqu'à ce que les trottoirs et les boulevards aient commencé à apparaître au milieu du XIXe siècle.

La réputation culinaire de Paris trouve ses fondations dans les origines diversifiées de ses habitants. Avec l'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXe siècle e