Informations sur Rouen
Présentation
Rouen dite la Ville aux cent clochers est une ville du nord-ouest de la France, chef-lieu de la région Haute-Normandie et du département de la Seine-Maritime. La ville est traversée par la Seine et trois de ses petits affluents, l'Aubette, le Robec et le Cailly. La ville de Rouen compte 115 000 habitants et son agglomération 411 000 en 2007.
C'est l'une des rares villes françaises à être décorée de la Légion d'honneur.
Géographie
À l'origine, la ville occupa la rive droite de la Seine. Aujourd'hui, elle inclut largement la rive gauche (quartier Saint-Sever en particulier, au sud du fleuve) et inclut aussi une île (l'île Lacroix). La vallée est très vallonnée au nord de Rouen qui est dominée par le plateau où se situent de nombreuses villes satellites, tout comme autour de toute la cité, formant l'agglomération.
La Seine représente 179 ha de la superficie de la commune. Il y a 306 ha d'espaces verts, 210 km de voies dont 16 km de pistes cyclables et 8 km de rues piétonnes dont l'entrée est souvent réglementée par des bornes escamotables.
La ville de Rouen est au centre d'une aire urbaine de 518 316 habitants. Entre 1990 et 1999 la progression de la population a été de 2,64 %.
Il y a 62 000 logements dont 54 000 résidences principales. Environ 1/5 sont des logements sociaux (12 800).
Histoire
Connue des Gallo-Romains sous le nom de Rotomagus - qui viendrait des mots Roto (char) et magus (le marché). La ville a été fondée sur la rive droite de la Seine durant le règne d'Auguste. C'est la deuxième ville la plus importante de la Gaule derrière Lugdunum.
C'est au IIIe siècle après Jésus-Christ que la ville romaine atteint son plus haut point de développement. On sait qu'un amphithéâtre et de grands thermes y avaient alors été bâtis. À partir du milieu du IIIe siècle, les invasions germaniques commencent.
C'est également durant cette période que la première cathédrale est construite à Rouen et qu'un premier évêque y est nommé, saint Victrice.
À partir de 841, les Vikings effectuent de fréquentes incursions dans la vallée de la Seine. Dès cette date, ils ravagent une première fois Rouen. La Chronique de Fontenelle rapporte brièvement : « L'an de l'incarnation du Seigneur 841, les Normands arrivèrent avec leur chef Oscherus et brûlèrent la ville de Rouen le 14 mai. »
Rouen, attaquée une nouvelle fois par les Vikings en 843, deviendra la capitale du duché de Normandie après que Rollon, chef viking aura reçu celle-ci du roi de France Charles III par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Puis, la cour étant itinérante et Guillaume le Conquérant ayant construit son château à Caen, la capitale sera dans cette dernière ville. Durant la période viking, la ville devient un port de commerce avec la région parisienne et un marché d'esclaves.
Les ducs de Normandie résidèrent plusieurs fois à Rouen, mais Guillaume le Conquérant est inhumé à Caen. Le coeur de Richard II d'Angleterre est préservé dans le choeur de la cathédrale. En 1150, Rouen obtient une charte communale ; la ville est alors administrée par les Cent Pairs. Les habitants sont regroupés en corporations et confréries de métiers. Rouen est un centre de commerce important, exportant du sel et du poisson vers Paris et du vin vers l'Angleterre.
En 1200, la cathédrale de Rouen doit être reconstruite à la suite d'un incendie. Le chantier dure plusieurs siècles.
Le roi de France Philippe Auguste prend la ville le 16 avril 1203 et rattache la Normandie au royaume de France l'année suivante. Il maintient les privilèges communaux, mais fait détruire l'ancien château ducal et fait construire une nouvelle fortification pour surveiller la ville. Celle-ci est construite sur l'ancien site de l'amphithéâtre gallo-romain et prendra le nom de château Bouvreuil. Détruit à la fin du XVe siècle il sert ensuite de carrière, sauf la célèbre tour Jeanne d'Arc restaurée par Viollet Le Duc et qui subsiste encore aujourd'hui. Cette tour est en réalité le donjon du château construit par Philippe Auguste. Malgré son nom, elle ne fut pas le lieu d'emprisonnement de Jeanne d'Arc en 1431 même s'il semble que cette dernière y fit un passage (de la tour où fut emprisonnée la Pucelle d'Orléans, il ne reste qu'une ruine aujourd'hui visible dans l'arrière-cour d'une propriété privée située rue Jeanne d'Arc).
Des manufactures de textiles se développent à Rouen, les marchands achetant la laine en Angleterre et revendant les draps dans les foires de Champagne.
La prospérité de Rouen repose principalement sur le commerce sur la Seine. Les marchands rouennais disposent depuis Henri II du monopole de la navigation sur la Seine en aval de Paris. Ils expédient en Angleterre des vins et du blé et reviennent avec de la laine et de l'étain.
Les troubles liés aux impôts se multiplient à Rouen : les émeutes de 1281 voient l'assassinat du maire et le pillage des maisons nobles. Devant l'insécurité, Philippe IV le Bel supprime la commune et retire aux marchands le monopole du commerce sur la Seine. Mais les Rouennais rachètent leurs libertés en 1294.
En 1306 Philippe IV le Bel décide d'expulser la communauté juive de Rouen forte d'une population de 5 à 6000 âmes.
En 1349, la peste noire éclate à Rouen. En 1382, une révolte urbaine importante éclate, la Harelle. La ville sera cruellement réprimée par les troupes royales. Les impôts sont augmentés et les privilèges de Rouen pour le commerce sur la Seine sont abolis.
Le 19 janvier 1419, durant la guerre de Cent Ans, le roi Henri V d'Angleterre prend la ville de Rouen et rattache la Normandie à la couronne britannique. Jean Jouvenel des Ursins, contemporain de ces événements, rapporte sobrement : « Le siège fut longuement devant Rouen, ne jamais ne l'eussent eu sinon par famine, car il y avoit vaillantes gens tenans le party du duc de Bourgongne ; mais la famine fut si merveilleuse et si grande, qu'ils furent contraints de se mettre en obeyssance du roy d'Angleterre, car d'un costé et d'autre ils n'eurent aucun secours. Le dix-neuviesme jour de janvier le roy d'Angleterre entra à Rouen. »
C'est dans ce contexte que Jeanne d'Arc y fut jugée et brûlée le 30 mai 1431. Les Français reprirent la ville en 1449.
La guerre de Cent Ans terminée, les grands chantiers reprennent dans la capitale normande. Au début de la Renaissance, Rouen est la ville la plus peuplée du royaume après Paris. On achève les églises dans le style flamboyant.
Rouen fut également l'un des foyers normands de la Renaissance artistique, en particulier grâce au mécénat des archevêques (Georges d'Amboise et son neveu, Georges II d'Amboise) et des financiers. Artistes et architectes comme Roulland le Roux agrémentent les maisons et les palais de décors italianisants, comme sur le Bureau des Finances, en face du portail de la cathédrale. On attribue la signature du célèbre sculpteur Jean Goujon aux vantaux de l'église Saint-Maclou.
L'essor économique de la ville à la fin du XVe siècle est dû essentiellement aux draperies, mais également à la soierie et à la métallurgie. Les pêcheurs de Rouen vont jusqu'à Terre-Neuve pour pêcher la morue et en Baltique pour pêcher le hareng. Le sel est acheminé depuis le Portugal et la Guérande. Les draps sont vendus en Espagne, qui fournit désormais la laine et les Médicis font de Rouen le principal point de revente de l'alun romain.
Au début du XVIe siècle, Rouen devient le principal port français impliqué dans le commerce avec le Brésil, principalement en raison des besoins en colorants des draperies. En 1500, dix imprimeries sont déjà installées dans la ville, seize ans après la première installation.
Dans les années 1530 et suivantes, la population de Rouen est touchée par le protestantisme, même si elle ne se convertit pas entièrement. Dès 1560, les tensions entre communautés protestante et catholique s'exacerbent : les huguenots provoquent les catholiques et brisent des statues de saints. Le massacre de Vassy déclenche la première guerre de religion. Le 15 avril 1562, les protestants entrent de force dans l'hôtel de ville et chassent le bailli. Au mois de mai, les actions iconoclastes gagnent la campagne. Le 10 mai, les parlementaires catholiques quittent Rouen.
Les catholiques prennent le fort Sainte-Catherine, qui domine la ville. Les deux camps utilisent la terreur. Les autorités rouennaises demandent alors l'aide de la reine d'Angleterre. Les Anglais envoient, en vertu du traité d'Hampton Court signé le 20 septembre 1562 avec Condé, des troupes pour soutenir les protestants et occupent, en échange, Le Havre. Le 26 octobre 1562, les troupes royales prennent la capitale normande et la mettent à sac pendant trois jours.
La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy atteint Rouen fin août 1572 : Hennequier tente d'éviter le massacre aux protestants, en les enfermant. Mais, entre le 17 et le 20 septembre, la foule force les portes des prisons et égorge les protestants qui s'y trouvent. La ville est plusieurs fois assaillie par Henri IV, mais lui résiste, notamment lors du long siège de décembre 1591 à mai 1592, grâce à l'aide apportée par l'armée espagnole du duc de Parme.
Pendant la guerre de 1870, Rouen sera occupée par l'armée prussienne. Elle le sera également au cours de la Seconde Guerre mondiale du 9 juin 1940 au 15 août 1944. Pendant ce conflit, elle subira de violents bombardements visant notamment les ponts sur la Seine et la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen. La cathédrale et le Palais de justice furent touchés, en particulier lors de la semaine rouge, du 30 mai au 5 juin 1944, pendant laquelle le quartier de la cathédrale était en proie aux flammes.
Économie
Rouen est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Rouen. Elle gère l'Aéroport Rouen Vallée de Seine.
Rouen est aussi le siège de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Haute-Normandie.
Administration
Rouen a le plus grand clocher de france apres La Feuillie (Seine-Maritime).
Héraldique
« De gueules à l'agneau pascal d'argent, la tête nimbée et contournée, portant une bannerette du même chargée d'une croisette d'or, au chef cousu d'azur semé de trois fleurs de lys d'or. »
Monuments et lieux touristiques
La ville est également remarquable pour la diversité et la richesse de son tissu urbain : on y trouve des maisons appartenant à des époques variées, depuis le XIVe siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Rouen est ainsi une des villes les plus hétérogènes de France du point de vue architectural : hétérogénéité des époques donc, mais aussi des matériaux (les pans de bois, mais aussi la pierre, ou le béton pour les immeubles de la reconstruction), des formes ou des couleurs. À l'opposé de certaines villes classiques comme Bordeaux ou Nancy, Rouen incarna d'ailleurs le modèle de la ville romantique, célébré par Victor Hugo dans un célèbre poème (in Les Feuilles d'automne). Cette variété aurait pu être mise à mal par les importantes destructions de la Seconde Guerre mondiale, qui entraînèrent la disparition de quartiers qui étaient parmi les plus appréciés des touristes avant-guerre. Dans l'ensemble, la reconstruction respecte pourtant les particularités de la vieille ville et, sans recourir au pastiche, tente de proposer une certaine irrégularité des tracés et des formes.
Aujourd'hui la ville conserve près de 2000 maisons à pan de bois dont un millier ont déjà été restaurées : les rues du Gros-Horloge, Saint-Romain, Damiette ou Eau-de-Robec sont de ce point de vue tout à fait remarquables. Moins restaurés mais aussi moins fréquentés par les touristes, les quartiers Saint-Vivien ou Beauvoisine méritent également le détour.
Depuis le Moyen Âge, et même avant, le port constitue une part prépondérante de l'activité de la ville en raison de sa situation stratégique entre Paris et la mer dont les marées y sont encore perceptibles.
Bien qu'il soit à 80 km par bateau de l'estuaire (6 heures de navigation), le port est à la fois fluvial et maritime car capable de recevoir des navires très importants (jusqu'à 280 m de long et 150 000 tonnes). En aval, les ponts sur la Seine dégagent en effet un tirant d'air de 50 mètres tandis que des dragages permanents maintiennent un tirant d'eau de 10 mètres minimum.
Il est à noter que l'effet des marées est sensible à Rouen.
Tous tonnages confondus, Rouen n'est que le 28e port européen et le 5e français, derrière Marseille (3e européen), Le Havre (5e), Dunkerque (13e), Saint-Nazaire (18e), mais c'est le 1er port européen pour les céréales, le 1er français pour la farine et les engrais. Le trafic pétrolier est bien moindre que celui du Havre, mais non négligeable en raison de la proximité de la raffinerie de Petit-Couronne.
Enfin, les plus grands voiliers du monde se rassemblent à Rouen tous les 4 à 5 ans. Cet événement a été baptisé Voiles de la liberté en 1989, Armada de la liberté en 1994 et Armada du siècle en 1999 environ six millions de visiteurs. La dernière édition, Armada Rouen 2003 en juillet 2003 a accueilli cinquante navires, six mille marins de vingt nationalités différentes, dix millions de visiteurs, des dizaines de manifestations et d'animations...Prochaine édition en 2008.
Tous les ponts entre Rouen (pont de Normandie, pont de Tancarville, pont de Brotonne) et la mer peuvent laisser passer des navires de fort tonnage.
Les premiers ponts remontent au IXe siècle. Ils furent reconstruits plusieurs fois, particulièrement après les dynamitages et les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Il existait avant guerre un pont transbordeur.
Rouen est la première ville où les ponts empêchent ces navires de remonter la Seine plus haut. Ils permettent cependant le passage des caboteurs fluviomaritimes qui desservent les ports de Limay et de Gennevilliers.
Culture
Tous les ans, depuis 1988, Rouen accueille le festival du cinéma nordique.
Transports
Rouen possède une ligne (avec 2 branches) de prémétro ou tramway (nom commercial : métrobus) sur 15,7 km dont 1,8 km de tunnel profond et 0,5 km de tranchée couverte, les lignes comportent 31 stations dont 5 souterraines et 1 aérienne. Construit en première phase entre 1991 et le 12 décembre 1994, date de l'inauguration de 11 km de ligne entre Rouen, Sotteville-lès-Rouen et le Grand-Quevilly, puis un prolongement en 1997 de 4,7 km vers Saint-Étienne-du-Rouvray. Un projet de prolongement vers le CHU est en discussion.
3 lignes TEOR (Transport Est-Ouest Rouennais) pour une grande partie en site propre, c'est-à-dire qu'il a sa propre voie et un guidage optique à l'approche des stations toutes équipées pour un accès facile aux handicapés (BHNS) desservant l'agglomération d'Est en Ouest :
Véhicule à plancher bas disposant d'une plate-forme centrale aussi spacieuse que celle d'un bus standard.
Rouen possède une gare principale multimodale, la gare de Rouen Rive-Droite d'une fréquentation de 4,5 millions de voyageurs annuels. Elle possédait avant la Seconde Guerre mondiale trois autres gares, les gares d'Orléans, du Nord-Martainville et la gare de Rouen Rive-Gauche-Saint-Sever.
Rouen est desservie par l'aéroport Rouen Vallée de Seine avec près de 50 000 passagers annuels.
(source : Wikipedia) |