| |
Informations sur Damas
Présentation
Damas est la capitale de la Syrie. En arabe la ville s'appelle Dimashq ach-Cham, mais on dit très souvent ach-Cham seulement. La ville compte plus de 2 millions d'habitants, près de 3 millions en comptant l'agglomération (« Le grand Damas »).
Géographie
La ville est dans le désert, ses quartiers ouest escaladant le flanc du mont Quassioun (ou Qassioun ou Kassioun selon les translitérations), premier contrefort du massif de l'Anti-Liban. À une altitude d'environ 700m, elle est située à vol d'oiseau à 60 km à l'est de la mer Méditerranée.
Damas est arrosée par une rivière, le Barada, qui s'écoule de l'Anti-Liban et se perd dans un marécage à l'Est de la ville. Autrefois entourée d'une "ceinture verte" de cultures irriguées, la ville n'arrête pas de grandir, dans certains endroits d'une façon anarchique, aux dépens de sa Ghouta. C'est ainsi que le havre de verdure initial de la ville disparaît.
La subdivision de Damas appelée Rif Dimashq a une superficie de 18 018 km²
Damas est enfin une ville qui fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Histoire
Il s'agit de l'une des plus anciennes villes connues et toujours habitées. Elle est citée dans la Bible, dès la Genèse (XIV, 15; XV, 2), et plusieurs fois dans les Livres des Rois et des Prophètes.
La ville connut l'influence de nombreuses civilisations dont celles des assyriens, perses, grecs, séleucides, romains et arabes.
Elle fut l'un des berceaux du christianisme et vit notamment saint Paul prononcer ses premières prédications, notamment dans l'église Hanania, la plus vieille de Syrie (aujourd'hui dans le quartier chrétien de Bab Touma).
En 635, Damas se soumit aux musulmans et devint la capitale de la dynastie des Omeyyades de 661 à 750. Avec l'adoption de la langue arabe, elle devint le centre cuturel et administratif de l'empire musulman durant près d'un siècle. Par la suite, elle resta une place culturelle majeure et un pôle économique de premier plan profitant de sa situation géographique priviliégiée, à la croisée des chemins de La Mecque, l'Afrique, l'Asie et plus particulièrement la route de la soie, l'Anatolie et enfin la mer Méditerranée à proximité.
Suite au Traité de Versailles (1919), elle fut placée, avec la Syrie, sous mandat français en 1920, jusqu'à son indépendance en 1946.
Depuis les années 1970 l'exode rural et l'urbanisation intense ont profondément transformé le paysage de la ville qui était autrefois une oasis avec des marécages, de nombreux vergers et de nombreux espaces verts.
La ville
La grande mosquée, actuellement Grande mosquée des Omeyyades, a été construite vers 705. C'est la plus ancienne avec le Dôme du Rocher de Jérusalem à être pratiquement dans son état initial.
Fait exceptionnel, la salle de prière contient un tombeau : celui de Jean-Baptiste (Sidi Yahya pour les musulmans), cousin de Jésus. La présence d'un tombeau dans la salle de prière d'une mosquée est un cas pratiquement unique. Les chrétiens du quartier Est de Damas viennent y faire des prières. On voit donc dans cette salle à la fois les prosternations des musulmans, et les signes de croix et les génuflexions des chrétiens. La présence de ce tombeau s'explique historiquement. Lorsque les Arabes conquirent la ville en 635, ils y trouvèrent en plein centre la grande basilique Saint-Jean Baptiste, fierté des chrétiens, qui abritait le tombeau du Précurseur. Un dignitaire chrétien de la ville qui devait à ses origines arabes de s'exprimer en arabe, Sarjoun, le père de saint Jean Damascène, vint demander au calife qu'il épargne ce sanctuaire chrétien. Par respect pour Sidi Yahya, les califes successifs préservèrent durant soixante-dix ans le grand sanctuaire chrétien. Et lorsque Al-Walid Ier décida de transformer l'église en mosquée, en 705, il épargna le tombeau du Baptiste et fit construire la mosquée autour.
La mosquée est très fréquentée durant toute la journée. On y entre pour prier, pour admirer et on y vient aussi tout simplement pour faire la sieste, allongé sur le tapis ou adossé à une colonne, car c'est un lieu frais et calme dans le centre de la ville. Véritable lieu de vie, on y voit même des enfants jouer, parfois avec des trotinettes.
Le plus haut minaret de cette mosquée est le minaret de Jésus : c'est là que selon la tradition locale Jésus, le Messie, reviendra sur terre au moment du jugement dernier.
« C'est la plus sublime mosquée du monde par sa pompe, la plus artistement construite, la plus admirable par sa beauté, sa grâce et sa perfection. On n'en connaît pas une semblable, et l'on n'en trouve pas une seconde qui puisse soutenir la comparaison avec elle. Celui qui a présidé à sa construction et à son arrangement fut le commandeur des croyants, [...]
Il fit partir une ambassade vers l'empereur des Grecs, à Constantinople, pour intimer à ce prince l'ordre de lui envoyer des artisans, et ce dernier lui en expédia douze mille. Le lieu où se trouve la mosquée était d'abord une église. [...]
Au milieu de la mosquée est le tombeau de Zacharie, au-dessus duquel se voit un cercueil placé obliquement entre deux colonnes, et recouvert d'une étoffe de soie noire et brodée. On y voit écrit, en lettres de couleur blanche, ce qui suit: « Ô Zacharie! nous t'annonçons la naissance d'un garçon, dont le nom sera Yahia. »
La renommée de cette mosquée et de ses mérites est très répandue; et j'ai lu à ce sujet, dans l'ouvrage qui a pour titre Les Qualités excellentes de Damas, l'assertion suivante: « La prière dans la mosquée de Damas équivaut à trente mille prières ». Et dans les traditions du prophète j'ai trouvé ces paroles de Muhammad : « On adorera Dieu, dans la mosquée de Damas, durant quarante années après la destruction du monde. » »
Curieusement Ibn Battûta voit le tombeau de Zacharie, père de Jean-Baptiste, là où la tradition actuelle situe le tombeau du second.
Dans une annexe, hors de l'enceinte de la mosquée se trouve le mausolée de Husayn qui est supposé avoir contenu (ou contenir ?) le crâne du troisième Imam des chiites décapité à la bataille de Kerbala (Achoura : 10 de muharram 61H; 10 octobre 680) le corps de Husayn se trouve à Najaf (au sud de l'Irak) et la tête tranchée a été enterée en Égypte(au Caire)
« Lorsque Khawalî, portant la tête de Husayn, arriva auprès d'Obaïdallah, fils de Ziyâd, il lui dit: Tu dois me combler de cadeaux, car je t'apporte la tête du meilleur de tous les hommes ! [...]
Puis il (Obaïdallah) toucha avec une baguette la bouche de Husayn, en récitant ce vers: « Nous tranchons les têtes des hommes qui nous sont chers, mais qui sont devenus rebelles et insolents. » »
Damas comprend aussi de très beaux monuments de la période Ottomane, le Palais Azem, de nombreux caravanserails dont le Khan Assa'd Pacha du XVIIIe siècle, et un musée témoignant de la richesse historique et archéologique exceptionnelle du pays.)I.2 : Le cadre historique La capitale actuelle de la Syrie est la plus ancienne capitale qui continue à être habitée par du monde .Elle se situe au sud du pays dans une merveilleuse oasis irriguée par Barada. Son nom était déjà attesté par les tablettes de al- »Amarnah sous la forme Dimachqa1. L'histoire de la ville est riche. Elle commence du néolithique en passant par toutes les périodes de l'orient : durant la période d'Amarna (dans la première moitié du deuxième millénaire avant J.C), DAMAS était la capitale du pays d'Ube, puis à l'époque araméenne, le royaume de Damas résista à la domination assyrienne (9ème siècle avant J.C). La ville tomba dans les mains des Assyriens et est devenue la capitale du département de l'empire. Enfin, avec la victoire d'Alexandre le Grand en l'année 332 avant J.C, contre les Perses, la ville entra dans les phases classiques qui se prolongeaient jusqu'à la conquête arabe. On pourrait dire que tous les vestiges archéologiques restant dans la ville remontent à l'époque classique et byzantine : le temple de Jupiter qui était transformé en l'église de Jean Baptiste par les byzantins et plus tard en une mosquée islamique, l'enceinte, la porte orientale (Bab Sharqï) avec ses trois baies, la rue droite et la porte de Saint Paul (Bab Kaysan), voir fig.1.2 (Cartes) Notre étude concerne la période historique islamique qui prend naissance avec les conquérants arabes en l'année 38 de l'hégire (638) et qui s'étend jusqu'à aujourd'hui. Comme cette période est très longue, on va se contenter de donner les dates principales de cette période qui concernent uniquement Damas : -en l'année 38 de l'hégire(638) la conquête arabe. - la période Omeyyade 41/661-132 /750 - la période Abbaside 132/750 -264 /887. -entre les années 246/887-360/971 la domination Tulunides, retour des abbasides et Ikhchidides. - la domination fatimide 360/971-468/1076. 1 -Dussaud, 1927, p. 392. Elle a pris le nomme araméen Dourmeseq, doumeseq. 7 - les seldjoukides et les bourrides 468/1076-549/1154. - les Zingides 549/1154-570/1174. - les Ayyoubides 570/1174-658/1260. - l'invasion mongole 658/1260. - les Mamlouks 658/1260-922/1516. - la chute de la ville dans les mains de Tamerlan 2 803/1401. - les Ottomans 922/1516-1336/1918.3 2 - Tamerlan (Tïmurlank) 736/1336- 807/1405, le grand conquérant mongole qui a dévasté l'orient (Iran, Iraq, Syrie) à la fin de quatorzième siècle. Pour savoir plus ce qui concerne son invasion de l'orient islamique voir (Ibn »Arab Sh?h, »Adj?'ib al-maqdur fï naw?'ib Tïmûr, éd :'A?mad al-?um, Beyrouth, 1986) 3 -Il y a des milliers de livres qui traitent de l'histoire de la ville mais pour une plus ample connaissance voir : -Degeorge, Gérard, 1997, Damas des origines aux mamlouks, éd : l'Harmattan, Paris -Mouton, Jean Michel, 1994, Damas et sa principauté sous les Seldjoukides les Bourrides, éd : IFAO, le Caire. -Bianquie, Thierry, 1984, Damas et la Syrie sous domination Fatimide, institue français de Damas, Damas et Nq »¢lZy?dah, Dimachq fï »a?r al-Mam?lïk, et al-RriÈawï, .Abd al-qadir, dimashq, (voir la bibliographie) 8 III : Les fortifications de Damas : Damas comme les autres villes du monde médiévale islamique était protégée par un système complet de fortification à l'origine romaine Ces fortifications consistent en les éléments suivants : - La muraille, fortifiée par des tours. - Les portes. - La citadelle. - Le fossé. En fait, notre étude va aborder seulement les deux éléments (la muraille avec ses tours et les portes) de manière plus détaillée. Vu que la première construction de la muraille attestée par les épigraphes et les vestiges archéologiques fut faite par Nur al-Ddïn Zingï4, on va diviser l'étude en deux parties : La première avant les Seljukides, notre étude ici compte complètement sur les textes des historiens, au contraire de la deuxième partie où on utilise toutes les sources d'informations (les donnés archéologiques, les textes historiques, les épigraphes, les cartes, les photos, les représentations dans les manuscrits médiévaux). Enfin, les portes de la ville actuelle sont à partir de l'ouest : Bab al -Djabiyah (la porte de Djabiyah). Bab al-?ßaghïr (la petite porte), Bab Kaysan (la porte de Kaysan.)Bab Sharqï (la porte orientale), Bab T »¢m(la porte de T »¢ma), Bab al-Ssalamah (la porte de la paix) Bab al-Faradïs (la porte des vergers) et Bab al- Faradj (la porte de la délivrance). 4 - Nur al-Ddïn Zingï :il est né à Alep en l'an 511/1118 , il a pris le pouvoir après l'assassinat de son père en l'an 541/1146, son état a étendu sur tous les payes de proche orient ( la majorité de la Syrie, le nord d'Iraq, et l'Egypte) pendant sa vie ( morte 569 /1174). (Ibn Taghrï Birdï, ,al-Nnudj »¢m al-z?hirzh fmul »¢k mi?r wa al-q?herah, , éd : D?r al-kutub al-mi?riyyah, tome .6, p. 71) 9 Chapitre II : La muraille avant la conquête arabe : Si on jette un coup d'oeil sur la carte de Damas, on peut constater comme les autres chercheurs5 que le plan antique de la ville est composé de trois parties principales : la ville araméenne, la quartier hellénistique et le quartier nabatéen6 ce qui nous aide dans notre essai à connaître la localisation de la muraille dans les époques araméens jusqu'à la grande fondation romaine. D'abord, selon les textes assyriens7, Damas affronta fortement et résista une longue période contre les rois assyriens avant sa chute ce qui montre qu'elle est dotée d'un système fort des fortifications comme les autres villes araméennes en Syrie. Les limites de la ville araméenne ne sont pas très bien figurées. Cependant, comme la majorité de la ville antique orientale, elles se divisent en deux parties8 : - la ville haute : on trouve sur le point le plus haut le siège administratif (le palace) et religieux (le temple) entouré de la muraille. Pour le palace, les chercheurs estiment qu'il se trouve dans la petite colline d'Al-Samm?kah9. En revanche, le temple a eu la même localisation de la mosquée des omeyyades10, mais pour nous on estime 5-comme Sauvaget et les deux allemand Wulzinger et Watzinger. (Voir Cartes,fig : 1.2) 6- on le trouve dans le quartier de Bab Tumsous le nom (al-Nïb?un) c'est très facile de distinguer la relation avec les nabatéens. On peut trouver en arabe les formes suivantes : al- 'Anb, al-Nabï, al-Naba?. Voir Ibn Man?ur, Lis?n al- »arab sur le site aluraq, p. 5568 URL : http://www.alwaraq.net/. 7-Ces textes attestent que la ville a été assiégée plusieurs fois par les armées assyriennes, mais l'essai qui est le plus important, c'est de Shalmaneser III (858-824 av .J.C) en l'an 841 av. J. C. qui raconte son victoire contre le roi araméen de Damas, mentionnée sous le nom Dima- as- qi, qui reste dans leur ville assiégée. (Klengel,1985, 52). 8-Pour savoir plus: cooper, Lisa 2006, Early urbanism on the upper Euphrates, Routledge, New York. 9- al-Samm?kah : petite colline qui est la plus haute dans la vieille ville. Le nom vient de al-Ssamak, poisson en français. 10-al-Shihabï, 1996, p. 13-14. 10 qu'il y a un autre palace près du temple, la même localisation du palace ( al-Kha?r?')11de Mu »?wyyah le premier 41/661,60/68012. Or, il nous semble que la muraille du temple romain Jupiter protège ce siège là. - la ville basse : ce sont les quartiers, les marchés, les ateliers, les murailles principales de la ville et les portes. On pense que la ligne de la muraille araméenne n'est pas très loin des deux côtés nord et ouest de la ligne actuelle. Par contre, les nouveaux habitants de la ville comme les grecs et les nabatéens fondaient leurs quartiers à l'est de la ville araméenne. Ce qui signifie que le reste de la muraille araméenne se trouve dans le quartier de Bab Tuma et le secteur entre Bab al-?aghïr et Bab Kaysan. Quelques années après, avec les grecs qui ont construit leur quartier et plus tard les nabatéens, les fortifications de la ville ont subit de grandes opérations de fondation de la muraille pour intégrer les derniers quartiers dans le système défensif de la ville. Mais on n'est pas sûr si la ligne de la muraille romaine a suivi le même trajet que les murailles Greco- nabatéennes13. En revanche, la localisation du quartier nabatéen à l'extrémité orientale dans le plan de la ville nous pousse à croire que les fondateurs romains ont suivi les traces de la muraille qui entourait la ville. En l'année 64 av. J.C, Damas à été occupée par les romains qui ont fait fortifier la ville par une muraille puissante constituée de grosses pierres remarquables jusqu' à nos jours avec de grandes tours et sept portes. Selon Sauvaget (voir Fig.1.2), la muraille était sous une forme d'un rectangle d'environ 1500 m sur 750 m dont les côtes étaient rectilignes sauf celui qui longeait au nord le long d'un bras secondaire de la rivière Barad?14. 11-al-Kha?r?' : un adjectif féminin, qui signifie en français (la verte). 12 -al-RrÈawï, 1979, p. 47-49, les historiens arabes ont nommé les restes de la murailles du temple : al-?ißn (la forteresse). 13 -on pence qu'on est les premiers qui ont utilisé cette expression. 14- Sauvaget, 1949, p. 323. 11 L'hypothèse de Sauvaget reste dominante dans la place des études archéologiques jusqu'à une période récente. Mais Cheveden15 dans les années quatre vingt a refusé cette hypothèse après ses études approfondies concernant seulement la muraille et en particulier la méthode de Sauvaget qui consiste à imaginer la ligne de la muraille à travers le plan antique, plutôt classique. C'est à dire Cheveden voit que la muraille islamique avait suivi les traces de la ligne antique sauf le changement du front nord entre les deux futures portes islamiques : Bab al-Ssalamah et Bab al- Faradj. Il faut souligner ici que les historiens arabes mentionnent les noms des portes avec des planètes qui y sont représentées16ce qu'on peut le relier avec les origines classiques de la muraille. Nous sommes du même avis que Cheveden, celui qui porte sur l'idée que la ville a conservé la ligne de la muraille même dans les périodes islamiques dans tous ses côtés sauf le front ouest qu'on a abordé dans notre étude17. C'est-à-dire que la muraille romaine n'était pas un projet prêt à exécuter sur le terrain comme les chercheurs européens veulent toujours imaginer, mais ils ont respecté les constructions qui étaient avant, comme les murs. Enfin, on pense qu'il n'y a pas de modifications concernant la muraille à l'époque byzantine. 15- Cheveden, 1980, p. 170. 16-Sauvair, 1954, p 374. 245. Badran, 1960, p. 42. al-Rr?Èawï, 1969, p. 45. On va mentionner suivant les planètes qui ont figuré sur les portes selon al-Badrï et qui est entre parenthèses selon Ibn »As?kir : Jupiter (Mars).Bab al -Djabiyah, Mars. (Jupiter) Bab al-?aghïr, Saturne. Bab Kaysan. Soleil. Bab Sharqï, Venus. Bab T »¢m?, Lune .Bab Djïnïq (Bab al-Faradïs al-Masd »¢d), Mercure. Bab al-Faradïs. 12
(source : Wikipedia) |
|