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Informations sur l'Arménie
Présentation
L'Arménie (Arménien : ) est un pays du Caucase. La Turquie se trouve à l'ouest, la Géorgie au nord, l'Azerbaïdjan à l'est et l'Iran au sud de cette ancienne république soviétique. Avec un riche héritage culturel, elle est une des plus anciennes civilisations au monde. Bien que l'Arménie soit un pays constitutionnellement séculier, la religion chrétienne joue un rôle important, puisqu'elle est la première nation à adopter le christianisme comme religion officielle en 301. Selon certains auteurs, culturellement, historiquement et politiquement parlant, l'Arménie peut être considérée comme faisant partie de l'Europe., L'Arménie est maintenant membre de plus de trente-cinq organisations internationales, comme l'ONU, le Conseil de l'Europe, la Communauté des États indépendants, etc. Elle est aussi un membre observateur de la francophonie. Elle est une démocratie naissante sous les influences occidentale et russe.
Histoire
L'Arménie était peuplée depuis la préhistoire. Elle avait comme centre le mont Ararat qui a longtemps eu une signification religieuse pour les Arméniens. Les archéologues continuent de trouver des preuves selon lesquelles l'Arménie était un ancien centre de civilisation, avec l'Urartu, rival de l'Assyrie. On ne peut parler de peuple arménien qu'à partir du VIIe siècle av. J.-C., époque à laquelle la région fut investie par un peuple indo-européen (Armens et Hayaza-Azzi) qui se mêla à la population Ourartéenne.
La région passa par des périodes d'indépendance et de soumission. Suite à la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand, l'Arménie subit l'influence grecque (dynastie Séleucide). À cette époque, la dynastie Orontide a défendu la souveraineté arménienne. En 189 av. J.-C. une nouvelle dynastie, les Artaxiades, arrive au pouvoir. Ils doivent faire face aux Parthes, qui ont fondé un nouvel empire en Iran. Le plus grand souverain de la nouvelle dynastie est Tigrane (95-55 av. J.-C.). Son empire s'étend de la mer Caspienne jusqu'à la Méditerranée. L'expansion de l'Arménie indispose les Romains, qui annexent une bonne partie des terres que Tigrane venait de conquérir, mais laissent l'Arménie indépendante.
De 1 à 53, les Romains et les Parthes se partagent l'Arménie mais, par la suite, la dynastie Arsacide rétablit l'indépendance du pays. Au IIe siècle, une nouvelle dynastie iranienne, les Sassanides, profite de la faiblesse de l'empire romain pour envahir l'Arménie. Ce n'est que sous l'empereur Dioclétien que les Romains rétablissent leur protection sur l'Arménie. Ils portent au pouvoir le roi Tiridate III qui se convertit au christianisme (301). L'Arménie fut ainsi, dès le début du IVe siècle, le premier pays officiellement chrétien. Pour affirmer l'intégrité de la nation arménienne, le moine Mesrob Machtots crée un nouvel alphabet propre à l'arménien. Ainsi, vers l'an 406, l'alphabet arménien est adopté par l'ensemble du royaume. En l'an 428, l'Arménie est divisée entre les Sassanides et les Byzantins.
La région fut ensuite envahie par les Arabes, qui ont établi l'Émirat de l'Arménie. Vers l'an 885, la dynastie Bagratide s'imposa en Arménie, l'indépendance de l'Arménie fut alors reconnue. À l'époque, l'Arménie avait comme capitale la ville d'Ani, qui, avec une population surpassant celle des métropoles européennes comme Paris, Londres et Rome, devint le centre culturel, religieux et économique du Caucase. L'empire byzantin s'engagea dans une lutte pour subjuguer l'Arménie et réussit finalement en 1045. L'empire était donc trop fatigué pour défendre la région contre les Turcs Seldjoukides, donc, en 1064, ils ruinèrent l'Arménie et continuèrent d'avancer vers le reste de l'Anatolie. Ainsi, des milliers d'Arméniens partirent pour s'établir dans des régions plus prometteuses comme la Cilicie. Là-bas, un royaume arménien fut installé et prolongea la souveraineté arménienne jusqu'en 1375.
Pendant ce temps, l'Arménie fut envahie par de diverses tribus turques et devint l'objet de luttes entre l'Empire ottoman et l'Empire perse. À partir du XIVe siècle, elle resta sous domination turque. Les guerres reprirent en 1827, lorsque l'Empire russe commença à avoir des vues sur le nord de l'Arménie. À la fin du XIXe siècle, le territoire fut partagé entre la Russie et l'empire ottoman. C'est à cette époque que les Turcs se livrèrent aux premiers massacres contre le peuple arménien (1894-1896) vivant sur la partie du territoire qu'ils contrôlaient, c'est-à-dire l'Anatolie orientale ou l'Arménie occidentale. Ces massacres firent environ cent-cinquante-mille morts.
Le 24 avril 1915, le gouvernement Jeunes-Turcs de l'empire ottoman décida d'en finir avec la minorité arménienne vivant dans l'actuelle Turquie et organisa la déportation et le massacre d'un million et demi d'Arméniens, perpétrant ainsi le premier génocide du XXe siècle. L'Arménie occidentale fut vidée de sa population arménienne natale. Ce génocide n'a jamais été reconnu en tant que tel par la Turquie, dont les lois condamnent lourdement ceux qui se posent en défenseur de la cause arménienne. (Voir la partie « Les génocides internationalement reconnus » de l'article génocide.) Après l'effondrement de la Russie 1917 et de l'empire ottoman (1918), les Arméniens parviennent à créer une république d'Arménie indépendante, à l'existence éphémère (1918-1920).
Battus par Kemal Atatürk, les Arméniens se résignent à accepter la protection des Bolchéviques : en 1921 naît la République soviétique d'Arménie qui ne couvre qu'une petite partie du territoire historique de l'Arménie. Un an plus tard, elle est incluse dans la République socialiste soviétique de Transcaucasie (1922) puis, à partir de 1936 » à l'issue de l'éclatement de la Transcaucasie » elle devient une République socialiste soviétique à part entière.
L'Arménie accéda à son indépendance définitive le 21 septembre 1991 sur l'ancien territoire russe, la partie sud de l'ancienne Arménie restant englobée dans le territoire turc.
Cependant, l'éclatement de l'ancien empire soviétique a dessiné des frontières qui créent des tensions entre Arméniens et Azéris.
En décembre 1920, après la soviétisation de l'Azerbaïdjan, les autorités de la RSS d'Azerbaïdjan, nouvellement créée, déclaraient renoncer à leurs prétentions sur les territoires litigieux, et reconnaissaient officiellement le droit à l'autodétermination du peuple du Karabagh.
Mais ce sont finalement les bolcheviks russes qui, en 1921, après avoir pris le pouvoir en Arménie et créé la RRS d'Arménie, ont décidé du destin du Haut-Karabagh. Obsédés par l'idée de répandre la « révolution prolétarienne » dans l'Orient musulman, notamment par le truchement de l'Azerbaïdjan vers la Turquie, le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, alors présidé par Staline, décida le rattachement du Haut-Karabagh à l'Azerbaïdjan, par une décision juridique arbitraire.
Pendant près de soixante-dix ans, le problème est « gelé », en aucune façon résolu. Durant toute cette période, à intervalles réguliers, la grande majorité des Arméniens du Haut-Karabagh proteste pacifiquement contre les suites de cette décision de 1921 et demandent que soit discutée la possibilité d'une intégration du Haut-Karabagh au sein de l'Arménie.
Aujourd'hui, malgré le cessez-le-feu de 1994, cette question n'est toujours pas réglée.
Politique
L'Arménie est petite, montagneuse et enclavée, mais profite du support fourni par la diaspora arménienne. Ses relations avec l'Azerbaidjan et la Turquie ont été difficiles à cause de la guerre de Nagorno-Karabagh et du génocide arménien.
D'un point de vue politique, l'Arménie dispose d'un régime semi-présidentiel avec à sa tête Robert Kotcharian, élu en 1998 et réélu en 2003. Le premier président arménien fut Levon Ter Petrossian, qui avait pris les rênes du pays en 1991. En 1998, affaibli dans son pays après avoir souhaité renégocier le statut du Haut-Karabagh, il est poussé à la démission avant d'être remplacé par le président actuel.
Géographie
L'Arménie est constituée de plateaux et de chaînes montagneuses très élevées. Près de 90 % du territoire se situe à plus de mille mètres d'altitude. Son point culminant historique est le mont Ararat et ses 5 160 mètres jusqu'en 1915. Depuis, le mont Ararat se trouve en Turquie. Le point culminant actuel est le mont Aragats et ses quelque 4 095 mètres. Le paysage arménien se caractérise également par ses lacs, notamment le lac Sevan un grand lac de 1 400 km² situé à 60 km à l'est d'Erevan la capitale. L'Arménie est située au coeur d'une zone qui connaît une grande activité sismique. Le dernier grand tremblement de terre a fait trente mille morts le 7 décembre 1988 (v. Liens externes). Le climat est continental, la végétation est rare et encore limitée par la déforestation.
Économie
Après la chute de l'Union soviétique, les Arméniens durent tout reconstruire, repartant presque de zéro après soixante-dix ans de communisme. Comme dans toutes les autres républiques de la CEI, le passage à l'économie de marché ne s'est pas fait sans mal, malgré un important soutien de la diaspora arménienne. Les entreprises ont été privatisées et un grand effort a été entrepris dans le secteur de l'agro-alimentaire afin de pouvoir assurer rapidement l'indépendance alimentaire du pays.
Cependant, l'économie a eu du mal à décoller durant les années 1990, à cause de l'inadaptation de l'outil industriel, le manque d'énergie, de fonds d'investissement et la pauvreté des moyens de communications. Sa croissance fut seulement de 3,3 % en 1997, mais, désormais, la situation semble s'améliorer puisque le PIB a cru de 13,9 % en 2005. Ce qui fait de l'Arménie le pays ayant eu la cinquième plus forte croissance économique mondiale.
L'activité industrielle peut espérer s'appuyer sur quelques ressources minières (cuivre et aluminium) ou sur l'or. Le pays ne possède pas de ressource pétrolière même si des prospections sont menées. L'essentiel des industries est concentré à Erevan, la capitale (construction mécanique, caoutchouc).
D'un point de vue énergétique, l'Arménie a longtemps été dépendante de ses voisins et a souffert de graves pénuries (ni la Turquie, ni l'Azerbaïdjan n'étaient prêts à lui vendre de l'énergie). Les Arméniens ont donc dû prendre la grave décision de redémarrer la centrale nucléaire de Metsamor (mise à l'arrêt sous la pression des écologistes, suite au tremblement de terre de 1988) afin de pallier ce déficit énergétique.
Équipements
L'Arménie est très handicapée par le blocus terrestre de la frontière par la Turquie. Le pays ne compte que huit cents kilomètres de voies ferrées, le plus souvent en mauvais état. Les routes, quant à elles, sont normalement praticables dans les montagnes. Les télécommunications sont également en développement.
Le pays compte seize chaînes de télévision et autant de stations radiophoniques.
Démographie
Si les autorités arméniennes se félicitent de voir enfin s'inverser en faveur des immigrants la balance migratoire arménienne, après de longues années d'émigration qui, surtout dans la décennie qui a suivi l'indépendance, ont provoqué une véritable saignée démographique, un rapport de la Banque mondiale sur la situation démographique des anciennes républiques d'URSS devrait nuancer leur optimisme en établissant que cela ne suffira pas à freiner le déclin démographique de l'Arménie. Ce rapport en vient notamment à la conclusion que l'Arménie devrait compter 200 000 habitants de moins à l'horizon 2025. L'Arménie est logée à la même enseigne que les autres républiques de l'ex-URSS, toutes confrontées à de graves problèmes démographiques, qui à moyen terme, devraient entraîner une diminution et un vieillissement de leurs populations. Entre 2000 et 2025, les républiques de l'ex-URSS enregistreront un très net déficit démographique selon ce rapport de la Banque mondiale : la Russie devrait perdre 17,3 millions d'habitants (12 % de la population), l'Ukraine 11,8 millions (24 %), la Biélorussie 1,4 million (14 %), la Géorgie 0,8 million (17 %), la Lituanie 0,4 million (11 %), la Lettonie et la Moldavie, 0,3 million chacune (13,7 %) comme le Kazakhstan (2 %), l'Estonie 0,1 million (9 %). La tendance est inversée en revanche pour les républiques musulmanes de l'ex-URSS, enregistrant une croissance démographique considérable jusqu'à l'horizon 2025, à l'exception on l'a vu du Kazakhstan, dont près de la moitié des habitants sont russes : la population de l'Ouzbékistan devrait ainsi augmenter de 9,3 millions d'habitants, celle du Tadjikistan de 2,6 millions, du Turkménistan de 1,6 million, de l'Azerbaïdjan de 1,5 million et du Kirghizstan de 1,3 million. Les experts de la Banque mondiale estiment que l'espace ex-soviétique est la seule région du monde dont la population connaît un tel vieillissement qui, avec les mauvaises conditions de vie et les failles des réformes économiques, sociales et politiques, menacent gravement les économies locales et les structures étatiques. Le rapport précise que la population en diminution constante des régions étudiées sera également en proie au vieillissement, un habitant sur cinq ayant 65 ans et plus à l'horizon 2025.
Peu peuplée, l'Arménie jouit du soutien d'une très importante diaspora arménienne à travers le monde : dans la fédération de Russie (1,5 million), au Canada et aux États-Unis (1,2 million), en Afrique (900 000), en Syrie et au Liban (900 000) - dont 235 000 au Liban, 4% de la population libanaise où ils constituent 2 des 18 communautés officielles), dans l'union européenne (700 000) et en Amérique latine (200 000).Le Fonds des Nations Unies pour la démographie (UNFPA) a fait savoir le 10 juillet que l'augmentation du nombre des avortements et l'extension des maladies sexuellement transmissibles en Arménie avaient encouragé le bureau arménien de l'agence onusienne à commander la réalisation d'un rapport sur le déclin démographique dans le pays. L'étude vise à déterminer les projets de planning familial, ainsi que les besoins croissants en matière d'éducation, singulièrement parmi les jeunes en Arménie. Selon le rapport, la moitié des femmes en Arménie préfèrent avorter plutôt que donner naissance à un enfant, et 5 % des avortements pratiqués seraient justifiés par le refus de donner naissance à une fille. Le recours fréquent aux avortements est directement lié en Arménie au rejet des moyens de contraception. Les recherches les plus récentes indiquent que les indices des naissances et des avortements sont de 52 % et 48 %, une réalité que ne traduisent guère les chiffres du ministère arménien de la santé. Une disparité qui s'explique par le fait que les avortements ne sont pas correctement enregistrés, les professionnels de la santé répugnant à faire état de ce type de prestations. Le recours fréquent aux avortements porte par ailleurs le risque de favoriser des problèmes de stérilité et certaines maladies, ainsi que des difficultés à accoucher. Si le rapport estime qu'une femme aura recours en moyenne à 2 ou 3 avortements au cours de sa vie, il signale aussi que le taux de mortalité lors des accouchements a considérablement baissé. Garik Hayrapétian, vice-président du bureau de l'UNFPA en Arménie, fait ainsi remarquer que si « il y a sept ans, plus de 30 femmes mouraient chaque année en mettant au monde un enfant, on ne compte actuellement que 10 à 12 cas ».
L'Arménie est toujours historiquement russophile en raison de la pression de ses voisins musulmans.
Culture
On se doit de noter la grande richesse de la culture arménienne qui a su surmonter les difficultés de l'histoire. Ainsi, l'Arménie s'est constituée un patrimoine architectural fait de monastères, églises et chapelles grâce à l'implantation de la religion chrétienne. L'art s'est également développé à travers les céramiques ou les enluminures que dessinaient les moines.
La littérature arménienne n'est pas en reste et s'est développée au XIXe siècle (Raffi, Toumanian, Demirdjian), aussi bien à l'intérieur du pays qu'en dehors, grâce à la diaspora arménienne.
L'Arménie possède plus d'une dizaine de chaînes de télévision nationales et reçoit quelques chaînes étrangères, notamment russes et iraniennes.
La principale chaîne arménienne est Arménie 1, la télévision publique. Imaginée en 1955 par la conseil de minsitres de l'Union soviétique et créée en 1956 sous l'impulsion de la soviétisation du pays, elle continue d'émettre aujourd'hui, non seulement en Arménie, mais aussi dans le reste de l'Europe, en Russie, en Australie et aux États-Unis.
L'autre chaîne importante, Armenia TV, est privée. Bien plus jeune que sa grande soeur, elle n'est créée qu'en 1999 et est, en 2007, diffusée dans plusieurs pays européens, américains et asiatiques.
Religions
Le royaume d'Arménie est le premier État à reconnaître puis adopter le christianisme comme religion officielle sous le roi Trdat III (252-330) lorsque ce dernier, une partie de sa famille et quelques membres du palais sont converti, en 301 selon la tradition, par saint Grégoire l'Illuminateur.
Cependant, il reste une controverse quant à la date exacte du baptême de la famille royale. Les deux études les plus sérieuses proposaient d'une part 314 (P. Anean, 1961) et d'autre part 294 (B. Mc Dermot, 1970), jusqu'à la publication de travaux plus récents affirmant que la conversion eut lieu entre 305 (R. Manaseryan - l'Arménie d'Artawazd à Trdat le Grand, 2005) et 311 et non sous l'influence romaine, affaiblie en orient à cette époque.
(source : Wikipedia)
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