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Informations sur le Canada
Présentation
Le Canada (prononcé [kanada] en français et ['k?æn?d?] en anglais), deuxième pays du monde par sa superficie, occupe la majeure partie de l'Amérique du Nord. Il s'étend d'est en ouest de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique et vers le nord jusqu'à l'océan Arctique. Le Canada partage deux frontières avec les États-Unis au sud et au nord-ouest (Alaska).
Fondé par l'explorateur français Jacques Cartier en 1534, le Canada prend son origine en tant que colonie française sur le territoire de l'actuelle ville de Québec d'abord occupé par les peuples autochtones. Après une période de colonisation anglaise, la confédération canadienne est née de l'union de trois colonies britanniques, lesquelles étaient constituées des territoires de la Nouvelle-France. Aujourd'hui le Canada est un État fédéral de dix provinces et de trois territoires qui a obtenu son indépendance du Royaume-Uni pacifiquement dans un processus qui s'est étalé de 1867 à 1982.
Le Canada est aujourd'hui une monarchie constitutionnelle à régime parlementaire, se définissant comme une nation bilingue et multiculturelle ; l'anglais et le français sont, à statut égal, les langues officielles. Nation industrialisée et technologiquement avancée, son économie diversifiée repose principalement sur l'abondance de ses ressources naturelles et sur le commerce effectué en grande partie avec les États-Unis, pays avec lequel perdure une relation complexe depuis les temps coloniaux et les débuts de la Confédération.
Le Canada est actuellement composé d'une seule province majoritairement francophone, le Québec ; 1 province bilingue socialement et légalement, le Nouveau-Brunswick et de 8 provinces majoritairement anglophones, aussi appelées « le Canada anglais » par comparaison avec le Canada Français. Le territoire du Yukon est officiellement bilingue (anglais et français). Les Territoires du Nord-Ouest, ainsi que le territoire du Nunavut dont il est issu, reconnaissent 11 langues officielles, dont l'anglais et le français.
Origine du nom
Différentes versions existent quant à l'origine du nom du « Canada ». Cependant, les historiens s'entendent pour dire que le "pays de Canada" désignait à l'origine la ville actuelle de Québec.
Selon la version admise par les historiens, le nom « Canada » provient du mot "canada", qui signifie village ou établissement dans la langue laurentienne parlée au début du XVIe siècle par les Iroquoiens du Saint-Laurent qui habitaient Stadaconé (Québec) et Hochelaga (Montréal). Dans la Deuxième relation (1545) de Jacques Cartier, un dictionnaire de la langue laurentienne "des pays et royaume de Hochelaga et Canada autrement dicte la Nouvelle-France", nous apprend qu'"ilz appellent une ville canada".
Jacques Cartier est donc le premier à employer le mot Canada, pour désigner le territoire qui correspond aujourd'hui à la ville de Québec et ses régions limitrophes, dont Stadaconé est le principal village. Il appelle les habitants iroquoiens de la région de Québec, les "Canadians". Des livres et des cartes européennes appliquent ensuite cette appellation au peuplement français établi le long des rives du Saint-Laurent (territoire intégré au Québec pour sa plus grande partie), puis elle est récupérée par les autorités de l'Empire britannique pour désigner l'ensemble de ses provinces du nord de l'Amérique.
Selon la version du traducteur Georges Kersaudy, lorsqu'il découvrit le pays et fonda la colonie, Jacques Cartier était accompagné par de nombreux interprètes parlant le japonais, le chinois, l'hindoustani, l'hébreu et le chaldéen. Mais aucun des interprètes ne put s'adresser aux Indiens Micmac qu'il rencontra dans l'embouchure du Saint Laurent. Jacques Cartier demanda alors en français au chef de la tribu : « Comment se nomme ce pays ? » Ne saisissant rien à ses paroles, le chef répondit par la phrase « Ac' nadá » qui signfie en micmac « Je ne comprends pas. » Satisfait de la réponse, Jacques Cartier déclara au scribe qui l'accompagnait : « Notez : ce pays s'appelle le Canada. » L'anecdote de Kersaudy n'est pas rapportée dans les Relations de Jacques Cartier.
Histoire du Canada
Certaines régions du territoire du Canada actuel sont habitées par les peuples autochtones depuis des temps immémoriaux. Les premières explorations européennes ont quant à elles commencé sur les côtes du Labrador et de l'île de Terre-Neuve, lesquelles ont été visitées par les Vikings et les Basques depuis le 1er millénaire. Ces derniers venaient y pratiquer la pêche. Puis, l'explorateur portugais João Fernandes Lavrador a longé le littoral du Labrador vers 1495, en compagnie de l'explorateur Pêro de Barcelos, mais sans prise de possession des terres.
Le « Canada », proprement dit, se réfère quant à lui à l'origine à un peuplement français situé sur le territoire de la ville actuelle de Québec, et en tant que colonie française constitue une des provinces de la Nouvelle-France. La colonie est fondée le long des berges du fleuve Saint-Laurent en 1534 lors de la découverte du Québec par Jacques Cartier, et du développement de relations diplomatiques avec les Amérindiens de la région, puis il faut attendre Tadoussac en 1600 pour y réussir le premier établissement d'un fort français permanent, origine du village actuel du même nom à l'embouchure de la rivière Saguenay.
En 1750, la province française du Canada s'étend jusqu'aux provinces d'Acadie (britannique depuis 1713) couvrant le trois quarts de l'Amérique du Nord - la partie continentale des provinces atlantiques actuelles, l'état du Maine, et Terra-Nova à l'est; presque jusqu'à l'Arctique au nord; jusqu'aux Montagnes Rocheuses à l'ouest; et jusqu'au milieu des Appalaches au sud. La limite entre la Louisiane et le Canada n'est pas clairement établie et doit se trouver quelque part dans la vallée de l'Ohio avec le Fort Duquesne (actuel Pittsburgh).
Entre autre motivés par le contrôle du commerce de la fourrure dans la vallée de l'Ohio, les armées britanniques de la Nouvelle-Angleterre attaquent à plusieurs reprises les Français, et s'insurgent sur les territoires de la Nouvelle-France. En Europe, principalement motivés par des buts européens, les Anglais et Français se heurtent à quatre reprises entre 1689 et 1763 ayant en l'occurrence des conséquences sur la Nouvelle-France. En 1759, avec la conquête de Québec par les armées anglaises, le Canada devient définitivement une colonie britannique à part entière.
En 1791, cette partie des colonies britanniques est divisée en deux provinces nommées le Haut-Canada et le Bas-Canada, et ayant pour but d'accomoder les revendications des Anglophones venus des États-Unis. Puis ces deux colonies sont fusionnées en 1840 afin de noyer les Canadiens Français au sein de la culture britannique suite aux Rébellions de 1837-1838. Puis, dès la naissance de la Confédération en 1867, le nom « Canada » est officiellement adopté par la couronne d'Angleterre dans l' Acte de l'Amérique du Nord britannique pour définir le nouveau dominion, et se prémunir contre l'expansionnisme américain.
Durant les guerres mondiales, les Canadiens combattent en tant que soldats britanniques dans des unités séparées souvent au côté des Écossais et des Australiens. Le statut de Westminster de 1931 donne au Canada une plus grande autonomie politique du Royaume-Uni, et permet au Canada d'attendre une semaine après le Royaume-Uni avant d'entrer dans la Deuxième Guerre mondiale. La guerre voit l'implication plus grande du rôle de l'état fédéral et ouvre la porte à une implication plus importante de l'état fédéral dans l'après-guerre et le début d'une nouvelle identité. En 1949, Terre-Neuve rejoint le Canada comme dixième province.
En 1982, la constitution canadienne est rapatriée de Londres. La Loi de 1982 sur le Canada ne se réfère qu'au nom Canada, de telle sorte que ce dernier est actuellement le seul nom légal. Cette modification est en outre officialisée par le changement de nom de la fête nationale qui devient en 1982 la fête du Canada, remplaçant ainsi l'ancienne dénomination de « Jour de la Confédération ».
Actuellement, le Canada est une monarchie constitutionnelle avec une organisation fédérale, et il compte 10 États fédérés, appelés provinces, et trois territoires organisés. En 1999, la création du troisième territoire, le Nunavut, est fondé en reprenant une partie des Territoires du Nord-Ouest.
De Saint-Malo sur les côtes armoricaines, à bord de deux navires, Jacques Cartier et son équipage de 61 hommes se dirigent vers le Nouveau Monde où ils visitent Terre-Neuve, le Golfe du Saint-Laurent, les Îles-de-la-Madeleine ainsi que l'Île-du-Prince-Édouard. Puis finalement, Cartier débarque en 1534 à Gaspé (surnommé le « Berceau du Canada-français »), y plante une croix, et prend possession de la terre au nom du roi de France, François 1er. Ainsi, Jacques Cartier devient le deuxième mandataire du roi de France à venir en Amérique suite au voyage de Giovanni da Verrazano en 1524, lequel longe le littoral s'étendant de la Floride à la Nouvelle-Écosse, et lequel devient le premier à utiliser la dénomination « Nouvelle-France ».
Lors de son second voyage, en 1535, à bord de la Grande Hermine (la Petite Hermine et l'Émérillon complètent ses vaisseaux), Cartier remonte le fleuve d'abord jusqu'à Stadaconé (Québec), où il revoit Donnacona, chef des Iroquoiens du Saint-Laurent (peuple aujourd'hui disparu ou assimilé, que l'on confond souvent à tord avec les Iroquois et les Hurons), qu'il avait déjà rencontré à Gaspé lors de son premier voyage. Il désigne le territoire autour de Stadaconé sous le nom de "pays de Canada" (en gros, Québec et sa région), dénomination qui sera généralisée par la suite à toute la vallée du St-Laurent, puis finalement à l'une des colonies de la Nouvelle-France. Puis il remonte le fleuve jusqu'à Hochelaga (aujourd'hui Montréal), arrêté par les rapides de Lachine. Lors de son troisième et dernier voyage en 1541, Jacques Cartier explore les terres du Canada en plus de ses régions avoisinantes, et y fonde Charlesbourg-Royal à l'embouchure de la rivière Cap-Rouge, à l'extrémité ouest du Cap aux Diamants, le village Iroquoien de Québec étant à l'extrémité est de ce Cap.
Bien qu'il ne soit pas encore prouvé que Giovanni Caboto ait débarqué au Canada, et à Terra Nova (Terre-Neuve), plusieurs explorateurs français reviennent explorer le Nouveau Monde après le départ de Jacques Cartier, dont Jean-François de La Rocque de Roberval, qui en 1542 explore le Royaume de Saguenay, et qui fonde France-Roy en l'emplacement de Charlesbourg-Royal laissé vacant. En 1555, Nicolas Durand de Villegagnon tente d'établir une colonie en France Antarctique dans la baie de Rio de Janeiro, mais est rapidement délogé par les Portugais. Puis de 1562 à 1565, les Français huguenots Jean Ribault et René de Goulaine de Laudonnière tentent de coloniser ce qui est aujourd'hui la Caroline du Sud et la Floride, mais sont massacrés par les Espagnols. À la recherche du Passage du Nord-Ouest, Martin Frobisher découvre quant à lui la région arctique de l'île de Baffin, notamment la baie de Frobisher (Iqaluit), en 1576 au nom de l'Angleterre, qui deviendra plus tard un territoire du Canada.
Entre 1598 et 1603, Henri IV charge Troilus de La Roche de Mesgouez, à titre de lieutenant général des pays de Canada, Terre-Neuve, Labrador et Norembègue, d'établir un nouveau poste de colonisation avec quelques dizaines d'hommes et femmes en Nouvelle-France. Cette deuxième tentative de colonisation s'effectuera sur l'île de Sable (île située au large de la Nouvelle-Écosse actuelle).
Après de nombreuses tentatives ratées (dont Nouvelle-Angoulême à Long Island et Saint-Augustine en Floride), les Français établissent finalement leur premier comptoir commercial estival, à Tadoussac (Québec) en 1600, de par un monopole accordé par le roi à Pierre Chauvin, sieur de Tonnetuit. Puis vient ensuite, par Pierre Dugua de Mons la fondation de Port Royal en 1605, première capitale de l'Acadie, en présence de l'explorateur-cartographe Samuel de Champlain. Ce dernier, déjà venu explorer la Grande Rivière de Canada en 1603, fonde Québec en 1608, mandaté par Pierre Dugua de Mons, « là où le fleuve se rétrécit », selon l'appellation algonquienne, et il en fait la capitale de la Nouvelle-France aussi dite le « Canada ». Québec sera, jusqu'aujourd'hui, le premier lieu habité à l'année de façon continue par des Français et leurs descendants, en Amérique du Nord. Champlain remonte aussi le fleuve en 1615 jusqu'au-delà du Sault Saint-Louis (rapides de Lachine), à la Baie Georgienne (partie ouest du Lac Huron) et navigue sur les eaux de la rivière Richelieu jusqu'à ce qui est aujourd'hui le lac Champlain. Tout au long de son périple en Nouvelle-France, il établit notamment avec les Innus-Montagnais, les Algonquins et les Hurons-Wendats, d'excellentes relations diplomatiques et commerciales, et agit, d'office (non en titre), comme premier gouverneur de la Nouvelle-France.
Cependant, les explorateurs européens apportent de nombreuses maladies qui, par les routes commerciales, se propagent rapidement au sein des populations autochtones, faisant des ravages parmi celles-ci. Les colons français, arrivant souvent très malades dans des bateaux qui ne sont pas très sains, sont sauvés par les remèdes amérindiens. Ainsi, pour soigner le scorbut, les Iroquoiens du St-Laurent proposent à Cartier des décoctions d'écorce de cèdre blanc, appelé annedda.
Après son retour de France en 1617, Samuel de Champlain reviendra à Québec avec l'apothicaire et laboureur Louis Hébert. Celui-ci sera accompagné de sa femme, son fils, ses deux filles et de son beau-frère. L'arrivée de cette famille jettera les bases de la colonie française en Nouvelle-France.
Les Récollets, premiers missionnaires catholiques en Nouvelle-France, arrivent en 1615 et se voient offrir une terre aux abords de la rivière Saint-Charles en 1620 pour y fonder un couvent. Bien que l'emplacement sera laissé vacant pendant quelques années, les Récollets reviendront en 1670 et se verront rétrocéder le site qu'ils dénommeront Notre-Dame-des-Anges. En 1692, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières, Monseigneur de Saint-Vallier, et alors Évêque de Québec depuis 1685, fera l'acquisition du site et y fondera l'hôpital général de Québec l'année suivante (aujourd'hui, l'hôpital forme une municipalité enclavée et séparée de Québec sous le nom de Notre-Dame-des-Anges).
Dans un but d'évangélisation et d'éducation des Amérindiens, les Jésuites arrivent en Nouvelle-France en 1625. Ils fonderont le Collège de Québec en 1635 pour y instruire les garçons français et les Hurons devenus chrétiens. Bien que leur principal but consiste en la conversion religieuse des tribus amérindiennes, il demeure que le rôle des missionnaires en est un de découvertes du territoire grâce à leurs relations avec les Hurons. Cependant, en 1648, les Iroquoiens, soutenus par les Anglais, attaqueront les missions de Saint-Joseph et de Saint-Michel en Huronnie, et y massacreront les pères catholiques, dont Jean de Brébeuf, connus aujourd'hui sous la dénomination des Saints-Martyrs-Canadiens.
C'est en 1627 qu'est créé le régime seigneurial, principal mode d'administration des terres de la Nouvelle-France. Ce système est inspiré du régime féodal de la France sous lequel le censitaire (ou habitant) est dépendant du seigneur. Fondé par Armand Jean du Plessis, Cardinal de Richelieu, la Compagnie des Cent-Associés, dont fait partie Samuel de Champlain, se voit octroyé les droits légaux et seigneuriaux, et ce, en plus du droit de distribution des terres. C'est ainsi que le territoire de la Nouvelle-France est divisé en seigneuries, chacune faisant face à un cours d'eau, remises aux colons les plus offrants afin d'en exploiter les richesses, et lesquelles deviendront des entités économiques essentielles à leur survie. Autre changement important pendant cette année : la Compagnie des Cent-Associés introduit la Coutume de Paris qui, en 1664, deviendra obligatoire en vertu de l'édit royal créant la Compagnie des Indes occidentales. Cet unique code de loi viendra ainsi uniformiser les rapports entre les citoyens à la grandeur de la colonie, notamment dans les affaires commerciales et civiles.
À la première conquête de 1629, la Nouvelle-France passe sous domination britannique lorsque le marchand Sir David Kirke, en compagnie de ses frères, prend possession du fort et château Saint-Louis après l'assaut sur la ville de Québec où il somme Samuel de Champlain à la capitulation. Ce dernier est emmené de force en Grande-Bretagne pour négocier les termes de la cession des territoires français en Amérique. Cependant, après une période de tergiversation de trois ans, celui-ci est libéré, et l'Angleterre restitue la Nouvelle-France à la France en 1632 lors de la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye. À son retour en 1633, Samuel de Champlain fait construire l'église Notre-Dame-de-Recouvrance (sur le site de Place-Royale dans la basse-ville de Québec), et la nomme ainsi pour souligner le fait que la France vient de recouvrer sa colonie.
En 1634, la ville de Trois-Rivières est fondé par un certain Laviolette (dont nous ne savons rien d'autre, sinon qu'il est un émissaire de Samuel Champlain), sur la rive Nord du fleuve au confluent des trois chenaux dessinés par la rivière Saint-Maurice, à mi-chemin entre Québec et le futur site de Montréal. Ce site était, depuis le début du siècle, un endroit stratégique pour la traite des fourrures, avec développement vers le nord-ouest. Et c'est en 1639 que les premières religieuses de la congrégation des Ursulines s'établissent en Nouvelle-France dans la région de Québec, pour y fonder la première école pour filles en Amérique du Nord. En 1697, elles s'établiront à Trois-Rivières, et avec l'aide de l'Évêque de Québec, achèteront du gouverneur de Trois-Rivières, Claude de Ramezay, une maison dans laquelle elles auront pour mission d'ouvrir une école et un hôpital.
Lors de l'élargissement des frontières en terrains vacants et du développement de relations diplomatiques avec les Algonquiens, les Français sont aux prises avec la menace des offensives britanniques et iroquoises. C'est donc dans le but de protéger les colons que Ville-Marie (Montréal), fondée en 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve, est érigée sur une île au pied du Mont Royal. Et c'est en cette même année que Jeanne Mance fonde l'hôpital de Ville-Marie, premier Hôtel-Dieu. Bien que relevant de l'état laïque, elle est toujours secondée par les Soeurs hospitalières de Saint-Joseph. En 1653, Sieur de Maisonneuve invite Marguerite Bourgeoys à s'installer à Ville-Marie pour y devenir institutrice. Elle fait construire en cette même année la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (dans le Vieux-Montréal actuel), et fondera la congrétation Notre-Dame en 1659.
Suite aux massacres des Jésuites, Charles le Moyne de Longueuil et Pierre Picoté de Belestre entreprennent à partir de 1648 une série d'expéditions diplomatiques en pays iroquois, lesquelles mèneront à l'expédition menée par le gouverneur Daniel de Rémy de Courcelles en 1666, et qui mettra définitivement fin à la menace iroquoise. Cependant, alors que les attaques iroquoises et anglaises s'intensifient et deviennent de plus en plus imminentes au cours de ces années, plusieurs Français se dévouent à la défense de la colonie et s'élèvent au rang des héros de la Nouvelle-France. Le plus connu sera sans doute Adam Dollard des Ormeaux, Sieur des Ormeaux et commandant de la garnison du Fort de Ville-Marie, qui se rendra en 1660, lors de la bataille de Long Sault, avec une équipe de jeunes soldats au Fort du Sault de la Chaudière, sur la rivière des Outaouais, afin de défendre la Nouvelle-France contre l'invasion iroquoise. Bien qu'il mourra au combat, il sera néanmoins reconnu pour avoir repoussé l'invasion. Son nom est encore aujourd'hui bien ancré dans l'imaginaire des Francophones du Québec et de l'Ontario qui le célèbre chaque année avec un jour férié au mois de mai. Puis une jeune femme de 14 ans du nom de Marie-Madeleine Jarret de Verchères défendra, en 1692, pendant huit jours le fort de Verchères grâce à un mouvement de va-et-vient et des habits de soldats en faisant croire aux assaillants que le fort est rempli d'hommes alors qu'un seul soldat y veillera.
Entre 1654 et 1656, Médard Chouart des Groseilliers élargit les limites de la Nouvelle-France en explorant les territoires de ce qui est aujourd'hui le nord de l'Ontario en plus de ceux du pourtour de la baie d'Hudson, et devient un des premiers Européens à atteindre le lac Supérieur. Il y retourne en 1659 avec Pierre-Esprit Radisson afin d'y exploiter le commerce de la fourrure. Cependant, à leur retour en 1660, ils sont réprimandés par le gouverneur Pierre de Voyer d'Argenson, vicomte de Mouzay, pour commerce illégal.
Comme la très grande majorité des familles pionnières du Canada, lesquelles s'établissent notamment à l'Île d'Orléans, Charles Aubert de La Chesnaye arrive en Nouvelle-France au courant des années 1650. À partir de ce moment, il développera l'activité économique de la colonie, notamment en devenant le premier homme d'affaires du Canada, et ce, en créant plusieurs commerces et en acquérant les droits de propriété de compagnies de traite de fourrures, mais aussi en devenant l'un des plus grands seigneurs et propriétaires terriens du Canada.
Peu après les débuts de la construction de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré en 1661, Monseigneur François de Montmorency-Laval, gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France à deux occasions, devient le premier Évêque de Québec en fondant le Séminaire de Québec en 1663, à l'origine de la première université du Canada et la plus ancienne université francophone en Amérique, l'Université Laval. Et c'est en 1672 que l'on verra les débuts de la construction de la basilique Notre-Dame de Montréal grâce aux prêtres de Saint-Sulpice.
En 1665, Jean Talon, surnommé le bâtisseur, est nommé par Jean-Baptiste Colbert sous commission du roi Louis XIV à titre de premier intendant de la Nouvelle-France. Lors de son arrivée, le roi fait aussi venir des troupes militaires afin de défendre la colonie contre les menaces iroquoises. C'est ainsi que le lieutenant-général Alexandre de Prouville, marquis de Tracy, fait construire trois forts le long de la rivière Richelieu : le Fort Richelieu à l'emplacement actuel de la ville de Sorel-Tracy, le Fort Sainte-Thérèse près de Carignan et le Fort Saint-Jean près de la ville actuelle de Saint-Jean-sur-Richelieu. Toujours dans l'esprit de sa mission de bâtir la colonie, Jean Talon propose en outre d'instaurer le Conseil souverain au sein d'un gouvernement royal, et de créer des cours de justice dans les villes de Montréal, Québec et Trois-Rivières. En 1666, Jean Talon effectue le premier recensement de la Nouvelle-France, et suite aux conclusions tirées de ce dernier, il met en place une série de mesures de compensation et d'imposition afin d'encourager la nuptialité et la natalité. Il fait entre autre venir de France 800 femmes, communément appelées les "Filles du Roy" parce que dotées par le roi, et lesquelles sont accueillies par Marguerite Bourgeoys. Tout au long de son intendance, il encourage la colonisation de la vallée du Saint-Laurent, en y créant et attribuant la grande partie des seigneuries de la Nouvelle-France, tout comme les gouverneurs qui suivront. C'est ainsi qu'à partir de la fin de la première moitié du XVIIe siècle et tout au long de la seconde moitié, l'on assistera au début de la formation des régions actuelles du Québec avec l'arrivée des colons français et le développement du commerce de la fourrure. Ainsi, avec la sédentarisation des nouveaux colons canadiens et la traite de la fourrure, le site de plusieurs centres régionaux historiques actuels sera fixé. De ce fait, la Nouvelle-France assistera à la naissance des villes telles que Baie-Saint-Paul, Blainville, Boisbriand, Boucherville, Châteauguay, Lachute, Laval, Lavaltrie, Lévis, Longueuil, Matane, Montmagny, Repentigny, Rimouski, Rivière-du-Loup, Sept-Îles, Terrebonne, Varennes et Vaudreuil-Dorion, ainsi que La Tuque plus au nord, Beloeil sur la rivière Richelieu et Saguenay dans le fjord du Saguenay.
Jean Talon diversifie en outre l'économie grâce au système mercantile établi entre la Nouvelle-France, la métropole et les Antilles françaises, et il agrandit les limites de la Nouvelle-France en chargeant des explorateurs d'étudier de nouveaux territoires. C'est ainsi que Louis Jolliet et le père Jacques Marquette sont envoyés en exploration vers la vallée du Mississippi, mais c'est en 1682 que René Robert Cavelier de La Salle nommera le territoire s'étendant des Grands Lacs au Golfe du Mexique du nom de Louisiane en l'honneur du roi de France. De plus, Jean Talon envoit deux équipes à l'est afin de trouver une solution pour relier l'Acadie et le Québec par route terrestre. Dans la même lignée d'exploration, Charles Albanel et Paul Denys de Saint-Simon sont recrutés pour explorer la Baie d'Hudson et pour y appuyer la souveraineté de la France sur cette région au même moment où la Compagnie de la baie d'Hudson y commence ses activités. Simon François Daumont de Saint-Lusson a pour sa part la mission d'explorer la région de l'Outaouais et du bassin des Grands lacs, constituant en grande partie l'ensemble des Pays d'en Haut.
Dirigé par Pierre de Troyes, l'explorateur canadien Pierre LeMoyne d'Iberville est envoyé en expédition à la baie James, et se rend donc en 1686 dans la région de la baie d'Hudson avec pour mission d'y déloger les Anglais qui y avaient établis la Compagnie de la baie d'Hudson en 1670. Ces derniers avaient indûment pris possession des territoires entourant le plan d'eau après la trahison de Médard Chouart des Groseilliers et de Pierre-Esprit Radisson à l'endroit de la France. Ces deux explorateurs français avaient suscité l'intérêt de l'Angleterre afin de prendre le contrôle du commerce de la fourrure dans la région en 1668 après le refus de Louis XIV de leur accorder les permis d'exploitation. Le seul voyage de l'Angleterre dans la région se fit en 1610 lorsque Henry Hudson navigua sur les eaux de la baie d'Hudson. Ce dernier n'avait cependant établi qu'un campement hivernal sur la rive de la baie puisque pris par les glaces, sans exploration des territoires, puis fut laissé pour mort au printemps lors de la mutinerie de son équipage qui retourna en Angleterre.
La compétition pour les territoires, les bases navales, la fourrure et la pêche devenant de plus en plus féroce, maintes guerres éclatent impliquant les Français, les Hollandais, les Britanniques et les tribus amérindiennes comme alliées. Ainsi, le XVIIIe siècle sera caractérisé en grande partie par les guerres intercoloniales (nommées French and Indian Wars en Nouvelle-Angleterre) qui apparaissent entre les Français, avec pour alliés les Hurons et les Algonquins, et les Hollandais - au début - ainsi que les Britanniques par la suite, lesquels ont pour alliée la confédération iroquoise, afin de définir le contrôle du commerce de la fourrure, notamment dans la vallée de l'Ohio. Ces guerres intercoloniales se perpétreront environ au même moment que les quatre guerres franco-britanniques en Europe entre 1689 et 1763.
Dans le but de protéger la ville de Québec contre la Nouvelle-Angleterre, Louis de Buade, comte de Frontenac et gouverneur de Nouvelle-France, fait construire la première enceinte de la Citadelle de Québec en 1690. Au mois d'octobre de cette même année, le gouverneur Frontenac rejette l'offre de reddition de la ville, et réussit à repousser les Britanniques de William Phips à la bataille de Québec. De plus, en 1695, à l'emplacement actuel de Kingston en Ontario, celui-ci reprend la construction du Fort Frontenac, qui avait été détruit en 1688 par les Iroquois, alors que l'ancien fort avait été construit après négociations entre le gouverneur Frontenac et une délégation iroquoise en 1673 afin d'étendre le commerce de la fourrure dans les Pays d'en Haut, et de protéger Ville-Marie contre les Anglais.
Suite à la première guerre franco-britannique - la Guerre de la ligue d'Augsbourg, le traité de Ryswick de 1697 élargit les frontières de la Nouvelle-France, notamment grâce à la reconnaissance par l'Espagne de la partie ouest de Saint-Domingue (Haïti) comme étant possession française. Puis, en cette même année, Pierre LeMoyne d'Iberville est choisi par la France pour retourner découvrir l'embouchure du fleuve Mississippi et coloniser la Louisiane, laquelle est convoitée par les Britanniques. Il y fonde le premier peuplement, près de la baie de Biloxi, en compagnie de son frère, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville. Ce dernier fondera La Nouvelle-Orléans en 1718.
Dans la même période d'exploration qui s'étend vers le Pays des Illinois en Louisiane, et au même moment où les Français tentent de coloniser davantage les territoires du sud pour faire face à la menace britannique dans la vallée de l'Ohio, Antoine Laumet de La Mothe, Sieur de Cadillac, fonde en 1701 la ville de Détroit avec la construction du Fort Pontchartrain. La ville de Windsor, sur l'autre rive de la rivière Détroit, sera peuplé en 1748 à même ce fort, alors que le Fort Rouillé sera érigé en 1750 à l'emplacement actuel de la ville de Toronto sous l'ordonnance du gouverneur Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière, marquis de La Jonquière.
Après la victoire britannique à la Guerre de Succession d'Espagne, les Anglais s'emparent, lors du traité d'Utrecht en 1713, de Saint-Christophe aux Antilles, de Terre-Neuve, de la Baie d'Hudson et de l'Acadie, puis mènent à la destruction complète de la capitale de cette dernière, Port-Royal (Annapolis Royal). Les territoires de l'Acadie formeront une nouvelle colonie anglaise qui prendra le nom de Nouvelle-Écosse. Cependant, par faute d'une évaluation exacte de la superficie du territoire par les Anglais, les Français conservent en partie l'Acadie - notamment les territoires constituant le Nouveau-Brunswick, l'Isle Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) et l'Isle royale (île du Cap-Breton), sur laquelle ils entreprennent la construction de la forteresse de Louisbourg qui en devient en 1718 la capitale. Lors de la Guerre de Succession d'Autriche, les Britanniques venus de Nouvelle-Angleterre captureront la forteresse en 1745, mais cette dernière sera restituée à la France lors de la signature du traité d'Aix-la-Chapelle en 1748.
Pendant la période de paix qui suit le traité d'Utrecht, en plus de la forteresse de Louisbourg, les colons de la Nouvelle-France construisent le Chemin du Roy en 1737 afin de relier Québec, Trois-Rivières et Montréal sur la rive nord du fleuve. Ce chemin devient la première route carrossable au Canada, et est nommé ainsi dans l'espoir que le roi l'empruntera un jour. À partir de 1720, les fortifications de la ville de Québec sont par ailleurs érigées. De plus, la colonisation française commence à s'étendre le long de la rivière Chaudière, laquelle mène directement aux colonies de la Nouvelle-Angleterre à partir de la ville de Québec, et par conséquent développe la région de la Beauce allant même jusqu'au site actuel de Lac-Mégantic. Puis, en 1738, la Nouvelle-France agrandit son territoire de plus bel en terres inconnues avec l'exploration de l'ouest canadien. La région est explorée pour la première fois grâce à Pierre Gaultier, seigneur de Varennes et de La Vérendrye, lequel fait construire le Fort Rouge à l'emplacement actuel de la ville de Winnipeg. En 1740, son fils François atteint les Montagnes Rocheuses et explore les régions actuels du Montana et du Wyoming. Après la Guerre de Sucession d'Autriche, en 1748, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, alors gouverneur de Montréal, reçoit une seigneurie du roi Louis XV sur les terres de la ville actuelle de Saint-Hyacinthe. Ce cadeau de la France devient le dernier legs au Canada.
La Nouvelle-France s'étend dorénavant des Montagnes Rocheuses aux Appalaches. Cependant, afin de prendre le contrôle du commerce de la fourrure et d'empêcher l'expansion du catholicisme en Amérique, les Britanniques tentent de plus bel de s'emparer des territoires de la Nouvelle-France, notamment en essayant de se rendre dans la vallée de l'Ohio. Lorsque la guerre de Sept Ans éclatera en 1756 entre la France et la Grande-Bretagne en Europe, la guerre fera donc déjà rage en Amérique.
Ainsi, la guerre de la Conquête débute au mois de mai 1754 lorsque Coulon de Jumonville est envoyé en mission de reconnaissance à savoir si le territoire français (dans l'État actuel de Pennsylvanie) est en effet envahi par les Anglais, et le cas échéant, pour délivrer à ces derniers une sommation de retrait au nom du roi Louis XV. Dans cette altercation qui sera connue comme étant l'Affaire Jumonville et la cause directe du déclenchement de la guerre, George Washington est accusé par les Français d'avoir ouvert le feu sur cet émissaire du roi de France. Ce conflit a pour conséquence la bataille de Fort Necessity en juillet de cette même année. Au cours de cette dernière, le commandant du Fort Duquesne (actuel Pittsburgh), Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur, décrète l'ordonnance d'arrestation de George Washington par un contingent de soldats commandé par Louis Coulon de Villiers, se soldant ainsi par la première victoire française.
Puis, en 1755, les soldats britanniques, dirigés par Robert Monckton, ouvrent une offensive et conduisent à la bataille de Fort Beauséjour en Acadie. Cette dernière mènera à la Déportation des Acadiens (surnommé le Grand Dérangement) par les Anglais en cette même année. Puis, en 1758, la Grande-Bretagne contraindra à la reddition les Français de la forteresse de Louisbourg, laquelle deviendra un point stratégique pour la prise de la ville de Québec.
Une série d'expéditions et de batailles se succéderont pour la prise de la vallée de l'Ohio, et au cours desquelles tant les Britanniques que les Français connaîtront victoires et défaites. Parmi les batailles les plus décisives de la guerre de la Conquête sur ce territoire, l'on peut nommer, entre autre, la bataille de la Monongahela, la bataille du Lac George, la bataille de Fort Bull, la bataille de Fort Oswego, l'expédition Kittanning, la bataille de Fort William Henry, la bataille de Fort Carillon, la bataille de Fort Frontenac, la bataille de Fort Duquesne, la bataille de Fort Ligonier et la bataille de Fort Niagara (dernière bataille majeure pour la possession de la vallée de l'Ohio).
Le 26 juin 1759, le siège de la ville de Québec débute lorsque les Anglais déposent pied à l'île d'Orléans. À la première tentative de débarquement pour la prise de Québec, les Anglais connaissent cependant une défaite lors de la bataille de Beauport au mois de juillet 1759. Au mois de septembre de la même année, les troupes britanniques débarquent à l'Anse au Foulon, et des soldats escaladent la falaise de Cap aux Diamants. La bataille des Plaines d'Abraham devient l'une des batailles les plus déterminantes de la guerre de la Conquête, et mène à la prise définitive de la ville de Québec par le général James Wolfe sur Louis-Joseph de Montcalm, marquis de Montcalm.
Lors de la bataille de Sainte-Foy, le gouverneur de la Nouvelle-France et François Gaston de Lévis, chevalier de Lévis, réussissent à repousser les Britanniques du général James Murray. Cependant, les renforts britanniques arriveront avant ceux de la France, et mèneront successivement à la capitulation de Trois-Rivières, et à celle de Montréal en septembre 1760 par le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, sous les conditions du général Jeffery Amherst, quelques temps après la bataille des Mille-Îles. Un dernier espoir fut toutefois donné par la France aux colons de la Nouvelle-France au mois de juillet 1760. Une petite flotte armée fut envoyée dans la Baie des Chaleurs, mais fut confrontée à une bataille vaine, la bataille de la Ristigouche.
Pendant trois ans, la Nouvelle-France est dominée par un régime militaire anglais, puis suite à la victoire britannique à la guerre de Sept Ans, la Grande-Bretagne s'approprie définitivement l'Acadie, le Canada et la partie orientale de la Lousiane (entre le Mississippi et les Appalaches) au Traité de Paris en 1763.
Ainsi, la Nouvelle-France prend fin, et bien que plusieurs vestiges de cette période passée demeurent encore aujourd'hui, après la vente aux Américains du restant de la Louisiane en 1803 par Napoléon Bonaparte, le territoire des îles Saint-Pierre-et-Miquelon reste la seule possession française en Amérique du Nord. À partir de 1763, les colons français acadiens et canadiens sont coupés de tous liens avec la métropole par l'armée britannique. Du moins jusque dans les années 1960, cette situation mènera ainsi la population acadienne et canadienne-française à un manque d'approvisionnement, à une soumission inconditionnelle de survie puisque coupée de toute défense militaire et autre, et à un appauvrissement face aux Anglais qui prennent possessions des terres des Français, et ce, tout en étant continuellement approvisionnés par la métropole britannique.
Alors que la France et la Grande-Bretagne sont toujours en guerre en Europe, la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre sortent d'une guerre qui a duré près de sept ans. Comme les décisions administratives et politiques concernant les colonies sont prises par les métropoles respectives, le général Jeffery Amherst, à titre de commandant en chef de l'armée britannique en Amérique du Nord, établit un régime militaire provisoire en Nouvelle-France. Ce dernier ne comporte aucune réforme afin de ne pas provoquer le soulèvement des Canadiens.
Pendant cette période, la bataille de Signal Hill met définitivement fin à la présence française à Saint-Jean de Terre-Neuve en 1762. Cette même année, la France cède secrètement la Louisiane de l'ouest du fleuve Mississippi, incluant La Nouvelle-Orléans, à l'Espagne par le traité de Fontainebleau. Cette cession est effectuée afin d'éviter que le territoire ne tombe aux mains de la Grande-Bretagne, mais ce dernier sera rétrocédé à la France, en 1800, trois ans avant la vente du territoire aux Américains. Après le traité de Paris de 1763, certains Acadiens iront s'établir dans la région qu'ils nommeront Acadiane, mais découvriront vite que le territoire sera maintenant possession espagnole.
Après la conquête anglaise en Amérique et la fin de la Guerre de Sept ans en Europe, la Nouvelle-France disparaît complètement et donne place à l'Amérique du Nord britannique. Par la Proclamation royale faite en 1763 sous commission du roi George III, le Canada change de nom et devient la Province of Quebec; le premier gouvernement civil y est institué avec un gouverneur général à sa tête reprenant le rôle du gouverneur et de l'intendant de la Nouvelle-France, et le territoire est limité à la base de peuplement de la vallée du fleuve Saint-Laurent. Au cours de la période, la Nouvelle-Écosse s'étendra sur la quasi-totalité du territoire de l'Acadie jusqu'en 1784, les colonies de l'Île-du-Prince-Édouard et de l'Île du Cap-Breton seront créées, et l'on verra s'agrandir les frontières de la Terre de Rupert.
De 1763 à 1766, les Amérindiens de la région de l'Outauais se soulèvent contre les Britanniques, ce qui est connu aujourd'hui comme étant la rébellion de Pontiac. Au cours de cette dernière, les soldats anglais amorcent une guerre biologique auprès de la population autochtone en distribuant des couvertures infectées par le virus de la variole, dans les forts amérindiens.
Dans la Province de Québec, les droits des citoyens canadiens français sont réduits malgré l'entente de capitulation de la ville de Montréal. Les institutions canadiennes sont abolies, alors que des institutions et des cours de justice britanniques sont implantées graduellement. Par conséquent, les Canadiens français ne peuvent exercer leur religion - ainsi le serment du test est obligatoire pour toutes personnes voulant occuper une charge civile - et l'utilisation de la Coutume de Paris (droit coutumier originaire du Nord de la France) est remplacée par la Common law, droit coutumier britannique.
Dès 1763, deux grands mouvements politiques font surface : le mouvement de restauration où les Canadiens français demande la protection et la reconnaissance de leurs droits civils et religieux, et le mouvement de réforme chez les marchands britanniques venus s'installer dans la colonie où l'on demande l'implantation immédiate des institutions britanniques telles qu'une chambre d'assemblée législative. Devant les menaces d'insurrection dans la Province de Québec, sous la pression de l'Église catholique et pour des raisons pratiques, Londres proclame finalement l'Acte de Québec en 1774 sous les recommandations du gouverneur Guy Carleton. Ce nouvel acte élargit les frontières de la colonie en incluant les territoires de l'Ontario actuel et de la vallée de l'Ohio. De plus, l'Acte de Québec redonne, aux Canadiens Français, certains privilèges tels que la conservation du régime seigneurial ainsi que le droit de pratiquer la religion catholique et d'utiliser la Coutume de Paris pour régir le commerce et les rapports civils. Le serment du test est abolit, mais le droit criminel et pénal britannique est toutefois maintenu. De plus, on interdit aux Canadiens de rétablir les liens avec la mère patrie.
À la bataille de Québec de 1775, les Américains attaquent les Britanniques basées à Québec, et tentent vainement de s'emparer de la ville afin de soulever les Canadiens français contre la Grande-Bretagne, et de gagner leur soutien dans la quête de l'indépendance des États-Unis. Malgré cette défaite, la ville de Montréal et les forts de la rivière Richelieu sont cependant contraints à la reddition. Le Congrès continental, assemblée législative commune des treize colonies de la Nouvelle-Angleterre, avait tenté à deux reprises de recruter les Canadiens français, mais la majorité de ces derniers décidèrent de demeurer neutres de l'avis du clergé catholique. Les forces révolutionnaires se retirent après le conflit. Puis, lors de la Campagne de Saratoga en 1777, celles-ci reviennent et conduisent une série de batailles pour la prise de contrôle de la baie d'Hudson, mais doivent reculer lors de la défaite à la seconde bataille de Saratoga à l'automne de cette même année.
Bien que le mouvement de réforme ait fait relâche pendant la période de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, il revient en force après la signature du traité de Paris de 1783 qui met fin à la guerre. Ce mouvement de protestation est d'autant plus amplifié lorsque près de 50 000 loyalistes de l'Empire Uni immigrent dans les colonies de la Province de Québec, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve afin de rester fidèles à la Couronne britannique. Un projet de constitution parlementaire sera établi, et mènera à l'établissement d'une assemblée législative en 1791.
D'autre part, comme les Loyalistes ne sont guère les bienvenus en Nouvelle-Écosse, la partie occidentale de celle-ci se détache afin de former une nouvelle colonie, le Nouveau-Brunswick, qui les accueille en 1784. En outre, avec le début de la Conquête de l'Ouest, au cours duquel le pays nouvellement formé des États-Unis d'Amérique s'approprie les territoires de l'ouest, la Province de Québec est contrainte à réduire les limites de son territoire. Ainsi, elle perd la vallée de l'Ohio, et les nouvelles frontières du sud sont définies par les barrières naturelles que sont les Grands Lacs et la rivière Niagara.
Afin d'accommoder les loyalistes anglophones qui se sont réfugiés dans l'ouest de la Province de Québec, cette dernière est divisée par l'Acte constitutionnel de 1791 en deux colonies distinctes, le Haut-Canada et le Bas-Canada. Le Haut-Canada correspond à l'Ontario actuel, majoritairement composé des Loyalistes de l'Empire Uni issus de la guerre d'Indépendance américaine. Le Bas-Canada correspond au Québec actuel, et on y retrouve une majorité de Francophones nommés « les Canadiens Français ». Comme toutes autres colonies, le Haut-Canada a son lieutenant-gouverneur nommé par le Gouverneur général. Afin de protéger la capitale des attaques américaines, les édifices législatifs du Haut-Canada déménageront de Newark (Niagara-on-the-Lake) à York (Toronto) lors du mandat de John Graves Simcoe, alors que ce dernier fondera London en 1793 pour aussi en faire la capitale, mais en vain. Le Bas-Canada est quant à lui dirigé par le Gouverneur général lui-même siégeant à Québec, capitale de l'Amérique du Nord britannique.
Bien que chaque colonie soit théoriquement une démocratie ayant son Assemblée législative élue par la population - la Chambre d'assemblée du Bas-Canada et la Chambre d'assemblée du Haut-Canada - cette dernière ne possède aucun pouvoir réel. Le régime d'État est une monarchie dont la Couronne est à Londres et dont la représentation se fait par l'intermédiaire du Gouverneur général et du lieutenant-gouverneur. De plus, contrairement au Haut-Canada où tous les membres de la législature (incluant le Conseil législatif du Haut-Canada) sont anglais - l'acte constitutionnel crée le Conseil législatif du Bas-Canada dont les membres sont non-élus et nommés par le gouverneur général. Cette disposition a donc pour effet de créer un système bicaméral, à deux chambres législatives, où le Conseil législatif a pour rôle de contrebalancer et de contrôler le pouvoir législatif donné à la majorité canadienne française du Bas-Canada via le système démocratique, et ce, en nommant des pairs britanniques.
De plus, le gouvernement des deux colonies est composé du Conseil exécutif du Bas-Canada et du Conseil exécutif du Haut-Canada dont les conseillers sont nommés par le Gouverneur général, au Bas-Canada, et par le lieutenant-gouverneur au Haut-Canada. Cette situation mènera donc la politique gouvernementale haut et bas-canadienne à une forme de ploutocratie tout au long de l'existence des deux Canadas. Ainsi, la Clique du Château, nom donné au gouvernement bas-canadien, sera composée des gens de l'élite anglophone montréalaise, dont les figures les plus proéminentes seront sans doute John Molson et James McGill, afin de ne servir que les intérêts commerciaux et autres d'un petit groupe de personne de la haute société anglaise. Alors qu'au Haut-Canada, le Family Compact (Pacte de Famille) mènera une politique monarchiste et ultra- conservatrice dont le but sera d'établir le modèle britannique, de paralyser les Canadiens-français et d'abolir le catholicisme. L'évêque anglican John Strachan en sera la figure la plus notable, et verra son influence grandissante après la Guerre de 1812.
Ainsi, deux décennies après la création des deux Canadas, le Canada joue un rôle significatif lors de la Guerre de 1812 au cours de laquelle le Royaume-Uni tente vainement de reconquérir le territoire des États-Unis d'Amérique. Il se démarque, entre autre, lors de la bataille de Queenston Heights au débarquement américain sur la rivière Niagara, de la bataille de York où la ville est acculée à la capitulation, de la bataille de la rivière Thames où les forces britanniques tentent de freiner l'avance des Américains passés par Windsor, et de la bataille de Châteauguay au cours de laquelle les Canadiens français sèment des embûches aux Américains, lesquels tentent sans succès de prendre la ville de Montréal afin de couper l'approvisionnement du Haut-Canada. La défense du Canada lui vaut d'importants avantages à long terme, notamment quant à la création d'un sentiment d'unité et de nationalisme au sein de la population de l'Amérique du Nord britannique. Une immigration massive de la Grande-Bretagne et de l'Irlande vers le Canada se fait sentir en 1815 où les immigrants s'installent notamment sur la péninsule du Niagara et dans les environs d'Hamilton joignant ainsi les Loyalistes arrivés en 1784. En cette même année, la ville de Drummondville est fondée à mi-chemin entre Trois-Rivières et la ville de Sherbrooke (peuplée en 1793 par les Loyalistes) afin d'établir un poste de surveillance sur la rivière Saint-François, laquelle donne un accès maritime direct du fleuve Saint-Laurent aux États-Unis. Une série d'accords mènera ensuite à de longues périodes de paix entre le Canada et les États-Unis, n'étant interrompus que par de brefs raids opérés par des insurgés politiques, les Fenians (Américains d'origine irlandaise), de 1866 à 1871 contre les autorités britanniques. Ces derniers seront notamment soutenus par le politicien canadien Thomas D'Arcy McGee, mais celui-ci modérera ses propos avant l'invasion fénienne à la bataille de Ridgeway sur la péninsule du Niagara en 1866.
Aux alentours de la ville actuelle de Winnipeg où les Métis s'installent, le Canada assiste en 1816 à la bataille des sept chênes, laquelle met en scène deux compagnies rivales de traite de fourrure, la Compagnie de la Baie d'Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest, dont le dessein - qui se solde par une victoire - est la prise de contrôle des provisions de fourrure du Fort Douglas par la Compagnie de la Baie d'Hudson.
En 1822, un projet d'union législative des deux Canadas est soumis au Parlement de Londres par Lord Henri Bathurst, alors secrétaire d'État pour les colonies britanniques, Secretary of State for the Colonies. Cette disposition a pour effet de créer une minorité francophone avec la majorité canadienne-française du Bas-Canada. Des représentants bas-canadien, dont Louis-Joseph Papineau, se rendent à Londres en 1823 afin de démontrer l'opposition massive du Bas-Canada. Le projet est finalement abandonné en cette même année.
Les représentants du Parti patriote (fondé par les Canadiens-Français au début du XIXe siècle avec la dénomination « Parti canadien » ) déposent des pétitions en 1828 à la Chambre des Communes de Londres dont les principaux intéressés se plaignent des actes arbitraires et illégaux du gouverneur général George Ramsay à l'endroit des Francophones. Ce dernier est démi de ses fonctions en cette même année.
Les tentatives avortées de réforme constitutionnelle, l'absence de pouvoir réellement légiférer - le népotisme gouvernemental, les difficultés sociales et le sentiment de minorisation des Francophones mènent les Patriotes canadiens, dirigés par Louis-Joseph Papineau, et insatisfaits de leur position de faiblesse, à envoyer 92 résolutions à Londres en 1834 exigeant plus de pouvoirs démocratiques pour le Parlement du Bas-Canada. En 1835, le gouverneur Lord Gosford met sur pied la « commission royale d'enquête sur toutes les peines affectant les sujets de sa majesté dans le Bas-Canada ». Cette commission mène aux 10 résolutions de Russell en 1837, lesquelles incarnent le refus catégorique de Londres et le rejet de l'ensemble des demandes, et permettent même au gouvernement colonial d'outrepasser l'autorité budgétaire de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Le Parti patriote change de stratégie suite à ce refus, et mène plusieurs assemblées de citoyens, dont les assemblées de Saint-Ours, Saint-Laurent, Saint-Marc et Stanbridge Station, en plus de l'Assemblée des six-comtés où la Colonne de la liberté est érigée. Au cours de cette dernière, tout comme dans les précédentes, les citoyens soutiennent l'idée des droits de l'homme, de la lutte constitutionnelle, du boycott économique et commercial, et approuve l'organisation paramilitaire des jeunes Patriotes, la Société des Fils de la Liberté. Certains Américains, dont les frères Robert Nelson et Wolfred Nelson, et certains Français recrutés par les États-Unis, dont Charles Hindelang, se rangent du côté des Patriotes, et appuient l'assemblée, laquelle mènera à la guerre civile du Bas-Canada en 1837, communément appelée la Rébellion des Patriotes. En 1838, la déclaration d'indépendance du Bas-Canada, écrite par Robert Nelson alors retourné aux États-Unis avec ses partisans, promulgue la séparation de l'Église et de l'État, puis mène à la création de la République du Bas-Canada. Cette volonté d'autonomie et cette révolution sont toutefois violemment réprimées par l'armée britannique, et mènent à une série de conflits dont la bataille de Saint-Denis, la bataille de Saint-Charles et la bataille de Saint-Eustache. De plus, au cours de la rébellion, les Iroquois des régions de Kahnawake et Kanesatake déclarent leur neutralité face au conflit, mais collaborent tout de même avec les autorités britanniques. Plusieurs villages de la Montérégie sont incendiés et pillés, et des Patriotes sont pendus en 1839, dont François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, sur le futur site de la prison Parthenais à Montréal. Certains sont déportés en Australie, colonie pénitencière, et d'autres doivent s'enfuir aux États-Unis.
La rébellion du Haut-Canada menée contre l'empire britannique est quant à elle de plus courte durée et n'a pas d'incidence directe. Comme au Bas-Canada, elle a pour but de réformer le système démocratique en introduisant la responsabilité ministérielle. Elle est le fruit de l'insurrection des Écossais menée par William Lyon Mackenzie et son Parti réformiste, et qui mène aussi à une déclaration d'indépendance, celle de la République du Canada. Les révolutionnaires fuient Toronto et vont établir le nouveau gouvernement de la république sur l'île Navy sur la rivière Niagara. Cependant, après avoir été forcés de quitter l'île par la Royal Navy, ils traversent la frontière là où les autorités américaines les capturent et les font prisonniers pour violation des lois de neutralité entre les États-Unis et l'empire britannique.
À la suite de l'échec des Rébellions de 1837, la reine Victoria sanctionne la création d'un conseil spécial pour administrer le Bas-Canada, et donne en 1839 à John Lambton, Lord Durham, la tâche d'étudier la situation politique des deux Canadas. Les principales recommandations de ce dernier sont la réunification des deux colonies (ce qui permettrait de réduire la grande dette du Haut-Canada en la répartissant sur tout le territoire) et la présence plus importante de la culture britannique auprès des Francophones, afin de les y noyer et de les assimiler, car ils sont considérés comme sans culture, sans histoire, sans patrie et sans littérature. C'est ainsi que l'Acte d'Union de 1840 fusionne les deux Canadas en une seule colonie quasi-fédérale, la Province du Canada - ou communément le Canada-Uni, abrogeant une partie des droits octroyés aux Canadiens français par l'Acte de Québec de 1774.
Ainsi, l'Assemblée législative de la province du Canada est dorénavant l'organe qui dirige théoriquement la colonie. Son siège sera alternativement Kingston, Montréal, Toronto et Québec, mais s'installera définitivement à Ottawa en 1866. Le Parti Tory, ou parti conservateur anglais, (incarné au sein du Family Compact et de la Clique du Château) perdra peu à peu de son influence jusqu'en 1848. Cette année-là, on voit apparaître l'instauration du premier gouvernement responsable du Canada suite à l'alliance entre Sir Louis-Hippolyte Lafontaine et Robert Baldwin, tous deux premiers ministres du Canada-Est et du Canada-Ouest respectivement.
De plus, en cette même année 1848, l'institut canadien de Québec est fondé avec pour mission la promotion de la culture francophone afin de contrecarrer l'influence grandissante de la culture britannique. Depuis l'échec de la rébellion des Patriotes, les politiciens canadiens-français tentent, en outre, de continuellement négocier avec le gouvernement britannique afin de retrouver leur province et leurs pouvoirs législatifs. De plus, face à la croissance de l'immigration britannique au Canada, l'Église catholique tente de contrer l'effet de minorisation des Francophones en encourageant la natalité, ce qui est connu aujourd'hui comme étant la revanche des berceaux. Ce phénomène perdurera jusqu'à la fin des années 1950.
Avec l'avènement du gouvernement responsable, on assiste à la fondation de nombreux partis politiques, et par le fait même, à la création d'un schéma rudimentaire décrivant les rouages de la scène politique canadienne actuelle. Ainsi, le Parti rouge est fondé au Canada-Est en 1848 par Antoine-Aimé Dorion en reprenant l'idéologie du parti patriote de Louis-Joseph Papineau (à l'origine du Parti libéral du Québec). Étienne-Paschal Taché viendra quant à lui équilibrer la politique avec la création du Parti bleu selon les idées plus modérées de Louis-Hippolyte Lafontaine, et lequel deviendra plus tard le Parti conservateur du Québec et l'Union nationale, pour finalement s'éteindre lors de la montée du mouvement souverainiste québécois dans les années 1960. Au Canada-Ouest, le parti libéral-conservateur sera fondé en 1854 par John Alexander Macdonald après la coalition du parti réformiste (formé au cours des années 1830 en défenseur de la rébellion haut-canadienne, pour devenir aujourd'hui le parti libéral de l'Ontario) de Robert Baldwin et William Lyon Mackenzie, et du Parti Tory (aujourd'hui le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario). Après une gamme de fusions de partis politiques au fil des ans, ce nouveau parti mènera au Parti Conservateur du Canada en 2003 au sein duquel se retrouveront les Red Tory et les Blue Tory - respectivement les partisans du progressisme et du conservatisme socio-économique. George Brown fondera quant à lui les Clear Grits (ancêtre du Parti libéral du Canada, et considéré comme étant plus progressiste), à même les membres plus radicaux de la faction réformiste du Parti réformiste, en prônant la Rep by Pop (principe de la démocratie représentative où les députés sont élus au prorata de la population), et donc la minorisation des Canadiens français à l'assemblée législative du Canada-Uni. Ce parti sera perçu comme privilégiant des politiques anti-francophones étant donné le principe défendu de la représentation selon la population, et la majorité anglaise qui existe dans l'ensemble du Canada-Uni.
Alors que le Canada-Uni est au bord d'une guerre civile au début des années 1860, et que la guerre de sécession des États-Unis fait rage, ayant été renversé par les partis d'opposition suite à son alliance avec le Parti Rouge pour cause de sécularisme anticlérical, les Clear Grits de George Brown s'associent en 1864 avec les partis de John Alexander Macdonald (parti libéral-conservateur) et de George-Étienne Cartier (parti bleu), lesquels forment la coalition Macdonald-Cartier. Les Clear Grits irlandais feront cependant volte-face et appuieront le parti réformiste de William Lyon Mackenzie. Ainsi, le gouvernement de coalition sera formé et mènera à la création de la Confédération en 1867, et ce, notamment dans le but de se prémunir contre les contrecoups de la guerre civile américaine au Canada.
Après que les États-Unis et le Royaume-Uni se soient entendus en 1846 pour retenir le 49e parallèle nord comme frontière séparant les États-Unis de l'Ouest de l'Amérique du Nord britannique, le gouvernement de Grande-Bretagne signa avec les États-Unis un accord de libre-échange pour le Canada-Uni en 1854. Le Traité de réciprocité canado-américain permit un regain dans l'économie en chute libre de la Province of Canada. Cet accord prendra cependant fin en 1866 et l'économie du Canada-Uni retombera à la dérive.
Le gouvernement de Grande-Bretagne créa la colonie de l'Île de Vancouver en 1849, et en 1858 la colonie de la Colombie-Britannique lors de la ruée vers l'or dans le Canyon Fraser. Dès la fin des années 1850, les dirigeants canadiens entamèrent une série d'explorations vers l'Ouest, menées entre autres par George Dawson et Joseph Burr Tyrrell, avec l'intention de prendre le contrôle de la Terre de Rupert ainsi que de la région Arctique. Le Territoire du Nord-Ouest et le Territoire Stikine virent le jour en reprenant certains emplacements de la Terre de Rupert. La population canadienne crû rapidement grâce à un taux de natalité élevé; l'immigration massive de l'Europe vint contrer l'effet de l'émigration vers les États-Unis, particulièrement celle des Canadiens Français migrant dans les États de la Nouvelle-Angleterre (nord-est américain) afin de fuir l'oppression anglaise.
Changement important à la fin de la période Pré-confédération, comme le gouvernement est maintenant imputable à la population, l'Assemblée législative du Canada-Est, majoritairement francophone, abolit la Coutume de Paris, et introduit le Code civil du Bas-Canada en 1866 à l'instar du Code Napoléon, en France, afin de régir les affaires civiles. Ce nouveau code de loi connaîtra une première réforme en 1980, pour ensuite être réformé complètement en 1991 et donner le Code civil du Québec. De plus, au cour de cette période, la Province du Canada connaît une période d'immigration massive provenant du sud des États-Unis suite à la Guerre de Sécession. Les immigrants américains s'établissent principalement dans le sud du territoire québécois, peuplant ainsi davantage la région des Cantons-de-l'Est, laquelle fut créée lorsque les Loyalistes de l'Empire-Uni s'y réfugièrent suite à la guerre d'indépendance des États-Unis. Puis, chevauchant la fin du régime du Canada-Uni et le début de la Confédération, on assiste à une recrudescence du développement de la région des Laurentides lorsque l'évêque Ignace Bourget concède la paroisse de Saint-Jérôme à François-Xavier-Antoine Labelle, communément appelé le Curé Labelle.
Suite à la Grande Coalition , lors de la Conférence de Charlottetown, et de la Conférence de Québec en 1864, ainsi que de la Conférence de Londres en 1866, les Pères de la Confédération entreprennent d'unifier les trois colonies » le Canada-Uni, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick » menant ainsi à la création du Dominion of Canada. L'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 crée ce dominion sous le nom de Canada, avec quatre provinces distinctes : l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Le but de cette organisation est de noyer le Québec, très populeux et concentrant les Francophones, dans un groupe de petites provinces anglophones avec les mêmes pouvoirs, ainsi que de se protéger contre les idées expansionnistes des États-Unis suite à la Guerre civile américaine. Bien que la formation de la Confédération entame une certaine forme de processus d'indépendance, le régime d'État demeure monarchique. Cependant, cette monarchie devient constitutionnelle, et conserve un gouvernement responsable à régime parlementaire.
En tant qu'un des pères de la Confédération, George-Étienne Cartier, politicien de forte influence au Bas-Canada, devient le principal précurseur de la conservation du fait français dans la confédération canadienne, ainsi que de la protection du régime politique que forme l'union fédérale. Lors de la conférence de Londres en 1866, cette dernière fut appelée, par les délégués anglais, à être remplacée par une union législative centrale à majorité anglaise, laquelle aurait supprimé le principe de la distribution des compétences législatives connu au sein de l'union fédérale actuelle, et par le fait même, aurait annihilé tous pouvoirs législatifs réels chez les Francophones étant donné la minorité qui aurait été ainsi formée.
Par la suite, le Canada entreprend de prendre le contrôle des terres de la Plaine entre la Colombie-Britannique et l'Ontario en remontant jusqu'au Territoire du Nord-Ouest par la Terre de Rupert. Le Canada intègre rapidement les territoires de l'ouest grâce à l'expansion des provinces d'Ontario et du Québec, de la colonie de la Colombie-Britannique et de la grande plaine. Les Territoires du Nord-Ouest sont créés avec l'intégration du Territoire du Nord-Ouest et de la Terre de Rupert en 1870.
La colonie de la rivière Rouge est fondée et deviendra plus tard la province bilingue du Manitoba. Les peuples autochtones, incluant les Métis (descendants d'Amérindiens et de Français et/ou Écossais), vivaient dans une structure politique qui leur était propre. Par conséquent, lorsque l'armée britannique arrive pour prendre possession des terres, certaines tensions dégénèrent en conflits ouverts, voire à la guerre. Ainsi, une crise politique majeure est déclenchée entre les Britanniques et le peuple métis de la Plaine, ce dernier désirant conserver son autorité et son autonomie sur son territoire. Le gouvernement provisoire a négocié avec le gouvernement canadien, ce qui mène à la création de la province du Manitoba et à son entrée au sein de la Confédération en juillet 1870. Les soldats canadiens, dont plusieurs étaient des Orangistes, ont abusé la population métisse. Plusieurs Métis sont partis vers l'Ouest. Louis Riel, le président du gouvernement provisoire, a été obligé de s'exiler au Montana à cause d'une prime placée par le gouvernement ontarien.
La colonie de la Colombie-Britannique » laquelle inclut celle de l'Île de Vancouver depuis 1866 » ainsi que la colonie de l'Île-du-Prince-Édouard rejoignent la Confédération respectivement en 1871 et en 1873. De plus, dans un but d'unification et afin d'étendre l'Union en soutenant l'autorité canadienne sur les provinces de l'Ouest, le gouvernement fait construire trois chemins de fer transcontinentaux » plus particulièrement le Chemin de fer Canadien Pacifique » en employant les immigrants chinois (devenus aujourd'hui les sino-canadiens) comme esclaves. Cependant, la construction du chemin de fer mène au Scandale du Pacifique en 1873 au cours duquel le premier ministre John Alexander MacDonald est au prise avec des accusations de corruption.
Le gouvernement encourage les immigrants européens à développer les Prairies canadiennes, et à cette fin, il adopte la Loi des terres du dominion, et établit la célèbre Police montée du Nord-Ouest (aujourd'hui la Gendarmerie royale du Canada). Alors que de plus en plus d'immigrants du Royaume-Uni se rendent dans la Plaine à bord du train transcontinental, et que la population de la région s'accroît, certaines des plus grandes villes connues aujourd'hui poussent comme des champignons au courant de la décennie 1880, dont Regina, Saskatoon, Calgary, Vancouver et Whitehorse, accompagnant ainsi les villes d'Edmonton, de Victoria fondées respectivement en 1795 et 1843 par la Compagnie de la Baie d'Hudson. En 1883, la ville de Sudbury (la ville la plus francisée de l'Ontario) sera quant à elle fondée suite à la découverte de mines de cuivre et de nickel dans la région. De plus, à la fin du XIXe siècle, des régions des Territoires du Nord-Ouest, dont certaines englobent ces villes, se font accorder un nouveau statut, formant ainsi le Territoire du Yukon lors de la ruée vers l'or dans la région du Klondike en 1897, ainsi que les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan en 1905.
Lorsque la rébellion de la rivière rouge prit fin, plusieurs Métis se déplacèrent vers l'ouest, afin de conserver leur indépendance. Ils fondèrent la colonie de Batoche dans le sud du territoire actuel de la Saskatchewan. Toutefois, avec l'arrivée des immigrants britanniques qui prirent possession des terres des Prairies dans les années 1880, et avec l'imposition du régime cadastral anglais de division des terres en cantons (faisant opposition au régime seigneurial) par le gouvernement canadien, le peuple métis se souleva contre le Canada, et mena une révolte afin d'établir un État indépendant. Louis Riel, revenu de son exil en 1884, dirigea cette tentative avortée, laquelle est aujourd'hui connue comme étant la rébellion du Nord-Ouest. Au cours de cette dernière, l'on assista à une série de conflits ouverts, dont la bataille de Duck Lake, le massacre de Frog Lake, la bataille de Fort Pitt, la bataille de Fish Creek, la bataille de Cut Knife, la bataille de Batoche, la bataille de Frenchman's Butte et la bataille de Loon Lake. Le chef métis, Louis Riel, fut capturé et pendu pour trahison en 1885 par les autorités canadiennes.
Bien que le mouvement suffragette pour le droit de vote des femmes soit apparu au courant des années 1870, ce droit n'est octroyé pour la première fois qu'en 1916 par les provinces de l'ouest canadien. L'année suivante, le gouvernement fédéral fera de même, et les provinces centrales et de l'Atlantique ainsi que les territoires suivront par la suite.
Les divisions territoriales de la Confédération changeront au cour des années, notamment avec l'intégration de la province de Terre-Neuve-et-Labrador en 1949, et de la création du territoire du Nunavut en 1997. Cependant, il est à noter que les provinces du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador sont encore aujourd'hui en désaccord sur la portion de la frontière des deux provinces au sud du Labrador. Bien qu'un jugement du Comité judiciaire du Conseil privé de Londres (Judicial Committee of the Privy Council) trancha en faveur de Terre-Neuve-et-Labrador en 1927, le Québec considère toujours cette frontière comme n'étant pas définitive.
De plus, donnant suite au commerce de la fourrure dans la région, le développement de l'Abitibi-Témiscamingue se fera sentir à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle avec son développement agroforestier, ainsi que dans la période de l'entre-deux-guerres avec un développement minier de métaux précieux tels que l'argent et l'or, et de minéraux industriels tels que le cuivre et le zinc. Ainsi, l'on verra la fondation des grandes villes de la région telles que Amos, Rouyn-Noranda et Val-d'Or. Dans la même lignée, la ville de Yellowknife, capitale actuelle des Territoires du Nord-Ouest, sera fondée au courant des années 1930 lors de la découverte de mines de diamant et d'or dans la région, alors que les villes de Fermont et de Schefferville au Québec - sur la frontière centre-ouest du Labrador - seront fondées lors de la découverte de mines de fer dans la seconde moitié du XXe siècle. La fondation de ces villes fera suite à la fondation de la ville de Chibougamau, au centre du Québec, dont le peuplement est aussi basé sur l'exploitation forestière et minière. Dans les années 1960-1970, l'on assistera en outre à un intérêt pour le développement des régions de la baie James et de la rivière Manicouagan, au Québec, par la construction de barrages étant donné le fort potentiel hydroélectrique. Sur le même chemin que celui de la ruée vers l'or dans la région du Klondike, les régions les plus au nord des Prairies, notamment celles de l'Alberta et de la Saskatchewan, verront pour leur part une croissance de leur population dès les années 1930 avec la découverte et l'exploitation des gisements de pétrole dans les sables bitumineux de l'Athabasca. Le nord de la Colombie-Britannique sera quant à lui développé grâce à son fort potentiel forestier, alors que le sud de la province le sera grâce à son climat propice à la culture fruitière et maraîchère, notamment dans la vallée de l'Okanagan près de la ville de Kelowna, laquelle fut fondée en 1859 par les missionnaires catholiques Oblats de Marie-Immaculée venant de France. La ville de Frobisher Bay, qui deviendra Iqaluit en 1987 et la capitale du Nunavut, sera quant à elle peuplée lors de la deuxième guerre mondiale où elle servira de base militaire américaine, puis connaîtra une croissance de sa population dans les années 1950 lors de la construction de la Ligne DEW - système de radars servant à la détection des intrusions soviétiques pendant la guerre froide afin de pourvoir à la protection de la souveraineté aérienne dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (N.O.R.A.D.). La communauté d'Alert, sur la pointe nord de l'île d'Ellesmere près de l'océan Arctique, aura la même mission à partir de 1958, alors que la pêche sera le principal mode de subsistance des villages côtiers nordiques, notamment ceux des régions du Labrador, du Nord-du-Québec, du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest tels que Inuvik avec la pêche aux crabes dans la mer de Beaufort.
Depuis la fin du XIXe siècle, les Amérindiens sont parqués et laissés à eux-mêmes par le gouvernement fédéral dans des réserves où ils jouissent d'une certaine forme d'autonomie, mais cette dernière étant toujours sous le contrôle du pouvoir fédéral. Ces réserves n'offrent pratiquement aucun service public, et sont empreintes d'une marginalisation des peuples autochtones. En conséquence de cette situation, et de plusieurs traités souvent signés sous l'influence de la contrainte de l'armée britannique, divers heurts surviennent encore aujourd'hui quant aux revendications territoriales et au respect de la place des peuples autochtones au sein du Canada. Ces disputes gouvernementales avec les peuples autochtones dégénèrent quelques fois en conflits ouverts, notamment lors de la Crise d'Oka en 1990, de la Crise d'Ipperwash en 1995, et plus récemment de la Crise de Kanesatake de 2004 à 2005, et de la Crise de Caledonia en 2006. La reconnaissance des droits ancestraux (ou issus de traités) quant aux revendications territoriales a été confirmée dans la loi constitutionnelle de 1982. De plus, depuis les années 1990, le Canada assiste à une importante crise de la contrebande des produits du tabac, en plus d'un important trafic d'armes à feu et de stupéfiants transitant notamment par la réserve d'Akwesasne, laquelle chevauche la frontière canado-américaine. Alors que ces sujets s'avèrent être très sensibles pour les politiciens, les gouvernements ont souvent été accusés de laxisme dans les médias et la population.
Faisant partie de l'Empire Britannique, le Canada est intégré à la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud par le premier Premier ministre canadien français, Wilfrid Laurier, à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle. Le Canada se lance de plus dans la Première Guerre mondiale en 1914 et envoie sur le Front Ouest (en Belgique, sur la Somme et en Picardie) des divisions composées principalement de volontaires afin de se battre en tant que contingent national. Les pertes humaines sont si grandes que le premier ministre canadien de l'époque, Sir Robert Laird Borden, décrète la conscription en 1917 (voir Crise de la conscription (1917)). Cette décision est extrêmement impopulaire au sein de la population québécoise, menant ainsi à une perte de popularité au Québec pour le Parti conservateur et également à la fameuse grève de Québec, souvent passée sous silence car faisant écho à la révolte du Chemin des dames en France. Lors de le grande manifestation de Québec, l'armée britannique tire sur la foule et tue de nombreuses personnes. Bien que les membres du Parti libéral soient profondément divisés sur l'enrôlement obligatoire, ils s'unifient et deviennent le parti dominant sur la scène politique canadienne.
En 1919, le Canada rejoint la Société des Nations de son propre chef, et en 1931, le Statut de Westminster confirme que dorénavant aucune loi du Parlement britannique ne s'étend à l'intérieur des frontières du Canada sans son consentement. Au même moment, la Grande Dépression de 1929 affecte les Canadiens de toutes les classes sociales ; la popularité croissante du Parti social démocratique (PSD) en Alberta et en Saskatchewan débouche sur un état-providence tel qu'initié par Tommy Douglas ou plus tard Jean Lesage dans les années 1960 au Québec. Il devient ainsi l'ancêtre du Nouveau Parti démocratique actuel, et prône des politiques plus socialistes et populistes. Après avoir soutenu l'apaisement avec l'Allemagne à la fin des années 1930, le premier ministre libéral William Lyon Mackenzie King obtient l'approbation du Parlement pour l'entrée dans la Seconde Guerre mondiale en 1939, mobilisant ainsi les militaires avant l'invasion de l'Allemagne en Pologne. Au début de la guerre, on avait promis au Québec que la participation à cette guerre serait volontaire. Lors de la déclaration de la conscription, Camillien Houde, alors maire de Montréal, est mis en prison suite à son opposition officielle (voir Crise de la conscription (1944)). Autre sujet de discorde, selon la Constitution canadienne, seules les provinces ont le droit de taxation et d'imposition. Or, pour faire face à l'effort de guerre, le gouvernement fédéral capte tous les pouvoirs fiscaux en promettant de les rendre à la fin de la guerre. Cette promesse n'est jamais respectée, mis à part au Québec qui retrouve la moitié de son droit d'imposition. Aucune autre province canadienne n'a jusqu'à présent retrouvé ce droit.
L'économie canadienne connaît une forte effervescence pendant la guerre en grande partie grâce à l'énorme production de matériel militaire pour le compte du Canada, de la Grande-Bretagne, de la Chine et de l'Union soviétique. Le Canada termine la guerre avec l'une des plus grandes armées du monde. L'économie canadienne connaît des heures de gloire et ne cesse de progresser. Au même moment, le Canada modernise son système social qui devient une référence mondiale dans plusieurs domaines, dont la santé.
En 1949, le Dominion de Terre-neuve, anciennement indépendant, rejoint la Confédération en tant que dixième province du Canada. Avec l'abolition de l'Empire britannique, tous les liens impériaux sont rompus et le Canada obtient de fait son indépendance, bien que sa constitution reste à Londres. Il entre alors dans la Commonwealth.
Jusqu'au centenaire du Canada en 1967, une immigration massive d'après-guerre provenant des divers États ravagés en Europe change la courbe de la démographie du pays. En outre, tout au long de la guerre du Viêt Nam, des milliers de dissidents américains s'installent aux quatre coins du pays. L'accroissement de l'immigration » combiné au baby boom, une force économique équivalente à celle des États-Unis dans les années 1960, et la réaction à la révolution tranquille au Québec » favorise l'émergence d'un nouveau type de nationalisme canadien. Les années 1960 sont aussi l'occasion pour les Québécois de se politiser du fait de leur non-représentation dans les postes stratégiques et économiques. C'est dans cette période que le mouvement indépendantiste, qui conduit à la fondation du Parti québécois et à sa prise de pouvoir en 1976, prend son essor. Au cours de la décennie 1970, et sous le commandement du Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, l'on assiste en outre à une importante série de scandales entourant la Gendarmerie royale du Canada ayant pour but de contrer le mouvement souverainiste.
À l'occasion d'une rencontre en novembre 1981, les premiers ministres provinciaux et fédéral demandent le rapatriement de la Constitution, pour autant que les procédures d'amendement y soient désormais incluses. Malgré la non-ratification des modifications par la province de Québec le 17 avril 1982, le Canada rapatrie sa Constitution de la Grande-Bretagne, sous proclamation de la reine Élisabeth II. Cela crée un État entièrement souverain, bien que les deux pays partagent toujours aujourd'hui le même monarque. En plus de divers autres amendements, cette nouvelle constitution introduit la Charte canadienne des droits et libertés, le Droit des peuples autochtones ainsi que le principe de péréquation.
Suite aux profonds changements sociaux et économiques ainsi qu'à la prise de conscience populaire survenus au Québec pendant la révolution tranquille des années 1960, certains Québécois commencent à revendiquer une plus grande autonomie provinciale sur le plan politique, et même l'indépendance totale du Québec. Ayant été contrainte à une société agraire depuis la Conquête de 1760, la société québécoise commence à s'urbaniser au cours de cette période. La révolution tranquille est le précurseur de l'État moderne que forme le Québec, et amène les Québécois à se redéfinir non plus en tant que « Canadiens français » (expression aujourd'hui devenue obsolète et péjorative au Québec), mais dorénavant en tant que « Québécois », ce qui mène par conséquent à la formation d'un patriotisme québécois plutôt que canadien. La société moderne se développera notamment grâce à l'état-providence et au développement d'entreprises typiquement québécoises, et ce, tout en reprenant les postes stratégiques de l'administration publique tant fédérale que provinciale. Bien que Jean Lesage soit reconnu comme étant le Père du nationalisme québécois, plusieurs évènements historiques remontant jusqu'au temps de la Nouvelle-France, dont la Rébellion des Patriotes, démontrent que la nationalisme québécois est en fait le fruit du nationalisme canadiens-français. Bien que certains politiciens québécois dont René Lévesque - fondateur du Parti québécois et ancien Premier ministre du Québec - aient considéré cette allocution comme étant de l'ingérence politique, le discours de l'ancien président de la république française, Charles de Gaulle, en 1967 à Montréal, a enflammé les foules et a donné un coup de main au mouvement souverainiste en présentant le Québec à la communauté internationale, notamment avec sa célèbre phrase : « Vive le Québec libre ! ». En outre, encore aujourd'hui, certaines personnes ne reconnaissent toujours pas la légitimité du Parlement et du gouvernement fédéral dans les affaires canadiennes-françaises. Sans compter que le Québec n'a jamais signé la loi constitutionnelle de 1982. Cependant, bien que le respect de la culture canadienne-française soit d'intérêt pour plusieurs Francophones, le mouvement souverainiste crée une dichotomie dans l'idéologie des Francophones du Québec et de ceux des autres provinces. L'aliénation entre les deux principaux groupes linguistiques sur la question de la langue et sur les divergences sociales et culturelles est exacerbée par plusieurs évènements, dont la Crise de la conscription de 1944 à la deuxième guerre mondiale, la crise d'Octobre de 1970 au cours de laquelle la loi martiale est décrétée par le Premier ministre fédéral - Pierre Elliot Trudeau - au Québec, ainsi que l'échec des deux conférences constitutionnelles de l'ancien Premier ministre du Canada - Brian Mulroney, à savoir l'Accord du lac Meech de 1987 et l'Accord de Charlottetown de 1992. Nonobstant le caractère sporadique de ces évènements, la personnalité possessive et vindicative du Canada anglais à l'égard du Québec, ainsi que le phénomène du dénigrement systématique du Québec, ou Quebec bashing, viendront quant à eux ajouter leur grain de sel à cette frustration continuelle.
Un premier référendum en 1980 conclut que 59,6% des électeurs rejettent la proposition de souveraineté-association, et un second en 1995 démontre que la souveraineté est rejetée à 50,6% des voix, bien qu'elle ait été soutenue par 60% des électeurs francophones. Malgré ces défaites, les résultats du référendum de 1995 sont encore aujourd'hui contestés par plusieurs souverainistes étant donné la faible marge séparant les deux camps, et les allégations que le gouvernement fédéral aurait violé les lois électorales du Québec, et même sa propre loi en matière d'immigration et de citoyenneté par l'entremise d'Option Canada. Ces évènements ont dégénéré au scandale des commandites de 1996 à 2003, au cours duquel des fonctionnaires fédéraux ont été impliqués dans du détournement de fonds publics afin de promouvoir le Canada au sein de la population québécoise.
D'autre part, le mouvement souverainiste québécois défend continuellement sa position affirmant que la culture canadienne-française n'est pas considérée à sa juste valeur en politique canadienne étant donné une majorité nettement plus grande de Canadiens-Anglais, et étant donné les évènements historiques. Dans le but de faire front commun et de défendre les intérêts du Québec sur les sujets tombant sous la compétence législative fédérale, et ce, en travaillant de concert avec son homologue provincial - le Parti québécois, le Bloc québécois est fondé en 1991 par l'ancien Premier ministre du Québec, Lucien Bouchard. Ce nouveau parti souverainiste fait son entrée à la Chambre des Communes en 1993 en tant qu'opposition officielle, et depuis lors, ce dernier a toujours récolté plus de la majorité des sièges alloués au Québec. Principalement, c'est un parti qui se dit social-démocrate, et qui prône le droit à l'autodétermination des peuples tel que déclaré par le président américain Woodrow Wilson, après la première guerre mondiale, dans le respect de la décolonisation, et lequel est reconnu dans le droit international de l'Organisation des Nations unies. De plus, la discorde entre Canadiens anglais et français entraîne la province du Québec à ne déléguer pratiquement aucune de ses compétences législatives à des organismes de collaboration interprovinciale, tendant ainsi à créer une société totalement distincte, et se dissociant ainsi de la plupart des accords interprovinciaux et fédéraux qui pourraient compromettre le droit du Québec de faire valoir la culture et le savoir-faire canadiens-français au sein de groupes politiques où les décisions sont prises à la majorité des voix.
Dans un but de promotion des affaires canadiennes-françaises, le Québec a su prendre avantage de sa position géopolitique particulière où il est le seul État majoritairement de la langue française en Amérique du Nord contrairement aux Francophones des autres provinces et des États-Unis qui sont souvent noyés et assimilés à la masse d'expression anglaise, et pour qui un territoire les circonscrivant est souvent quasiment indéfinissable. De la même façon qu'un pays indépendant, il n'est pas rare de voir des politiciens québécois se porter à la défense des minorités francophones des autres provinces et territoires. Le gouvernement du Québec s'engage même dans des accords extraterritoriaux, voire internationaux, en se donnant pour mission la promotion et l'accroissement des échanges entre personnes de langue française. Ainsi, on peut assister, par exemple, à des ententes conclues avec la Société nationale de l'Acadie, avec les gouvernements des provinces à l'ouest du Québec en matière d'affaires francophones, et même avec les communautés francophones des États-Unis telles que celles des États de la Louisiane et du Maine.
Au printemps 2006, le nouveau gouvernement conservateur du Canada a signé un accord avec le gouvernement du Québec afin que la province joigne les rangs de l'UNESCO en tant que membre associé. Ce faisant, le fédéralisme asymétrique est désormais présent en politique fédérale. De plus, le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a voté, à une majorité écrasante, en faveur d'une motion qui reconnaît que « les québécois forment une nation au sein d'un Canada uni », une démarche surtout symbolique mais qui constitue un grand pas en avant pour la consolidation du sentiment du statut particulier de la province francophone. Au Canada anglais, les critiques ont fusées, beaucoup craignant qu'on ne donne de nouvelles armes aux indépendantistes québécois.
L'intégration économique avec les États-Unis se renforce après 1940. L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) de 1994 est un moment culminant dans l'élaboration d'une intégration économique entre les deux pays. Mais, depuis les années 1980, les Canadiens se préoccupent de leur autonomie culturelle puisque les compagnies, la télévision et les films américains sont omniprésents. Cependant, les Canadiens sont somme toute très fiers de leur propre système universel de soins de santé (gérés par les provinces), ainsi que de leur engagement en faveur du multiculturalisme [réf. nécessaire].
Parlement et gouvernement
Le Canada est une monarchie constitutionnelle qui reconnaît Sa Majesté la reine Élisabeth II comme Reine du Canada depuis son couronnement le 6 février 1952. En sa qualité de représentante de la Reine, chef de l'État, Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, Gouverneur générale depuis septembre 2005 et à ce titre Commandante en chef des Forces canadiennes, assume les prérogatives royales lorsque la Reine ne se trouve pas au Canada. Le gouverneur général est nommé par la Reine sur conseil du Premier ministre.
De plus, le Canada est un régime parlementaire fédéral avec une tradition démocratique héritée de la démocratie anglaise du XVIe siècle. Le pouvoir législatif est constitué du Parlement, lequel comprend le Gouverneur général du Canada, le Sénat et la Chambre des communes. La représentation du pouvoir législatif se fait par la Colline du Parlement, là où se situent tous les édifices parlementaires. Le pouvoir exécutif est quant à lui constitué du Conseil privé dont les conseillers sont nommés par le gouverneur général en conseil, et duquel des conseillers sont assermentées pour former le cabinet ministériel, dirigé par le Premier ministre.
Bien que le Gouverneur général conserve certaines prérogatives royales, ses devoirs et obligations sont définies par la Constitution du Canada, laquelle consiste en une série de lois constitutionnelles enchevêtrées, celles-ci étant composées de textes écrits et de traditions et conventions non-écrites. La Constitution inclut la Charte canadienne des droits et libertés garantissant aux Canadiens les droits et libertés qui y sont énoncés, et qui ne peuvent être enfreints par aucun niveau de gouvernement au Canada. « Ils ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d'une société libre et démocratique » (Extrait du premier article de la Charte). En outre, une « clause nonobstant » octroie au Parlement fédéral ainsi qu'aux législatures provinciales le pouvoir de légiférer en tout temps, et dans la mesure convenue par les législateurs, en outrepassant temporairement certaines dispositions de la Charte - dans les libertés fondamentales, les garanties juridiques ou les droits à l'égalité - pour une période de cinq ans renouvelable.
Le poste de Premier Ministre, chef du gouvernement du Canada, revient de facto au chef du parti politique dont la représentation à la Chambre des Communes est la plus grande, ce qui peut mener à des situations où le parti du gouvernement peut être majoritaire comme minoritaire. Le premier ministre choisit ensuite les membres du conseil des ministres. Les nominations ministérielles sont effectuées par le gouverneur général en conseil sur les recommandations du Premier ministre, ces dernières étant habituellement de facto respectées bien qu'elles peuvent de jure être rejetées. Les membres du Cabinet proviennent généralement du parti politique du Premier ministre, et fort majoritairement des députés de la Chambre des communes, bien que certains puissent aussi provenir du Sénat, ou même dans de rares cas, ne faire partie d'aucune Chambre du Parlement. Bien qu'il n'y ait aucun texte écrit à cet effet, et comme la tradition dicte au Gouverneur général de nommer au poste de Premier ministre le chef de la majorité politique élue à la Chambre des communes, et aux postes de conseillers privés et de ministres les gens dont il approuve la nomination, certains juristes arguent que de nos jours cette disposition unie constitutionnellement le Gouverneur général.
Avant d'entrer en fonction, le Premier ministre du Canada ainsi que tous les membres de son cabinet ministériel sont assermentés par le gouverneur général en conseil d'abord en tant que conseillers privés au sein du Conseil privé de la Reine pour le Canada, et ensuite en tant que membres du Cabinet. Le Premier ministre exerce des pouvoirs nombreux, notamment quant à la nomination des responsables au sein du Gouvernement et de l'administration publique. La tradition veut que la mention « très honorable » accompagne le nom du premier ministre. Le très honorable Stephen Harper, chef du Parti Conservateur du Canada, est Premier ministre depuis le 6 février 2006.
La Chambre des communes du Canada est composée de députés élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans chacune des circonscriptions électorales (jadis appelées « comtés »). Des élections générales sont déclenchées par le gouverneur général en conseil après que celui-ci ait dissous la Chambre des communes sous recommandation, soit :
Les membres du Sénat, dont le siège est octroyé sur une base régionale, sont choisis par le Premier ministre et assermentés à vie par le gouverneur général en conseil pour servir jusqu'à l'âge de 75 ans au maximum.
Les quatre partis politiques du Canada siégeant actuellement au Parlement sont, en ordre décroissant de représentation à la Chambre des communes : le Parti Conservateur du Canada (PCC), le Parti Libéral du Canada (PLC), le Bloc québécois (BQ) et le Nouveau Parti Démocratique du Canada (NPD), et ce, sans compter le député indépendant de la circonscription de Portneuf--Jacques-Cartier, André Arthur. Bien que plusieurs autres partis ne soient pas représentés au Parlement, la liste des partis historiques avec représentation est substantielle (voir Partis politiques canadiens).
Étant donné l'existence du régime fédéral, le Canada comporte un niveau de gouvernement décentralisé au niveau provincial. Chaque province est un État à part entière avec un régime également parlementaire. Le régime est constitué du pouvoir exécutif, le cabinet ministériel dirigé par le premier ministre provincial, et d'une chambre législative les Assemblées législatives des provinces et territoires du Canada. Un lieutenant-gouverneur agit en tant que représentant de la Reine au niveau provincial et possède les pouvoirs de chef d'État au niveau de la province.
Le poste de premier ministre est similaire au poste fédéral mais son pouvoir se limite au niveau de la province. Les nominations ministérielles sont effectuées par le lieutenant-gouverneur en conseil sous les recommandations du Premier ministre.
La législature de chaque province est composée de députés élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans chacune des circonscriptions électorales provinciales (différentes des circonscriptions fédérales, à l'exception de l'Ontario, où les circonscriptions provinciales coïncident avec les circonscriptions fédérales depuis 1999).
La Constitution garantit un partage des compétences législatives entre le Parlement et les législatures provinciales, et sur lesquelles chacun à l'autorité suprême bien que les deux paliers de gouvernement aient une compétence égale dans les matières sur l'immigration et l'agriculture.
Dans un but de développement de la fédération, les provinces, avec la participation des territoires, ont créé le Conseil de la fédération en 2003. Bien que cette organisation n'ait pas été institutionnalisée, elle permet aux provinces et territoires de consolider leurs forces et de travailler en collaboration sur tous sujets tombant dans leur juridiction législative en favorisant entre autre les échanges interprovinciales. De plus, elle permet aux provinces et territoires de faire front commun lorsque vient le temps de négocier avec le gouvernement fédéral, notamment en matière de péréquation et de développement de projets nécessitant la coopération du gouvernement fédéral.
Système juridique et droit
La judicature du Canada est définie dans la Loi constitutionnelle de 1867. Elle joue un rôle important dans l'interprétation des lois, et possède le pouvoir d'invalider les lois qui transgressent la Constitution. Tous les tribunaux provinciaux et fédéraux sont organisés en une seule pyramide à quatre niveaux. La Cour suprême du Canada, constituée en 1875, est la plus haute instance judiciaire du pays, et en l'occurrence, une cour de dernier ressort nationale. « Elle a compétence sur des litiges relevant de tous les domaines du droit », chapeautant la Cour d'appel fédérale ainsi que toutes les cours d'appel provinciales. Sous ces tribunaux viennent la Cour fédérale, la Cour canadienne de l'impôt ainsi que les cours supérieures de compétence générale des provinces et des territoires. Puis au bas de la pyramide viennent les cours typiquement décrites comme des cours provinciales. « Bien que ne faisant pas officiellement partie du système judiciaire canadien, du fait qu'ils ne sont pas officiellement des «cours de justice», les tribunaux administratifs sont partie intégrante du système créé au Canada par le gouvernement pour résoudre les litiges », entre autre en matière de relations de travail.
La très honorable Beverley McLachlin, juge en chef du Canada, de même que les huit autres juges de la Cour suprême, sont assermentés par le gouverneur général en conseil sous l'avis du Premier ministre. Tous les juges des cours d'appel, provinciales et fédérale, et des cours supérieures sont aussi assermentés de la même manière, sous l'avis du Premier ministre et du ministre de la Justice, après consultation avec les organismes non gouvernementaux. Le Cabinet fédéral nomme les magistrats des cours supérieures aux niveaux provincial et territorial. Les postes des tribunaux du bas de la pyramide judiciaire, aux niveaux provincial et territorial, sont comblés par les gouvernements respectifs.
Les droits de tout homme et femme canadiens sont reconnus par la Charte canadienne des droits et libertés, créé en 1982. En plus des droits énoncés par écrit dans les textes constitutionnels, il existe une théorie judiciaire en jurisprudence canadienne qui fait intervenir des droits intrinsèques à la Constitution, mieux connu sous le nom de 'Charte des droits implicite'.
Le droit positif canadien est composé de quatre grandes sphères: la législation, la jurisprudence, la doctrine et la tradition.
Le bijuridisme est un trait particulier du droit canadien. En effet, le droit coutumier anglais, ou common law, est l'unique loi civile au Canada - comme dans la plupart des pays anglo-saxons, sauf dans la province du Québec où la préséance est donnée exclusivement au Code civil du Québec. Autrement dit, exception faite du Québec, dans l'ensemble des provinces et territoires, la loi ne peut être modifiée que s'il y a un changement de tradition. Et dépendamment de la portée de la modification, la complexité du changement de tradition peut s'avérer plus ou moins important puisque la tradition peut être d'ordre national, provincial, régional, local, et même individuel - un individu peut créer sa propre loi. Dans les situations de plus grande portée, les gouvernements sont parfois aux prises avec l'obligation politique d'introduire en douce leurs changements de politiques au sein de la population puisque de telles modifications ne doivent pas être perceptibles par les citoyens, la raison étant qu'un changement de politique pourrait s'avérer illégal selon la tradition en vigueur. Un exemple bien connu est la politique du gouvernement ontarien sur les droits des Francophones. La tradition provinciale étant réfractaire à octroyer des droits aux Francophones, le gouvernement et les tribunaux doivent travailler ensemble cas par cas loin des regards de la population afin de créer un changement de tradition et de jurisprudence qui permette au gouvernement de ne pas être perçu par la population comme agissant illégalement. Et une fois que la tradition en cause est modifiée, un changement de loi par les législateurs peut être effectué plus librement et ouvertement (Loi sur les services en français).
Quant au Québec, toute loi civile est écrite. Par conséquent, seule une modification dans le respect des lois existantes par les législateurs est nécessaire. Cependant, le Code civil délègue parfois aux tribunaux le rôle de créer un droit jurisprudentiel, d'abord et avant tout, encadré par la législation. Ce type de droit constitue un système juridique mixte quasi-unique dans le Monde au côté du droit écossais et de celui de la Louisiane. Très présent notamment pour légiférer et règlementer certaines industries, il en est ainsi, par exemple, lorsque les législateurs insèrent dans une loi des dispositions qui insistent sur le caractère raisonnable ou pertinent d'une action, sans nécessairement donner plus de détails. Les tribunaux sont ainsi appeler à créer des lois sur ces points en litige en jugeant de la raisonnabilité ou de la pertinence selon les us et coutumes de l'industrie respective. Ce système mixte a, entre autre, pour effet de combler certains vides juridiques auxquels les législateurs n'auraient pas pensés, et ce, en plus de permettre au droit de s'adapter plus rapidement à l'évolution de la société, et d'encourager la rapidité d'innovation des pratiques sous la concertation des experts des industries concernées.
Les lois criminelles sont uniquement de juridiction fédérale, et sont par conséquent uniformes dans tout le Canada. Celles-ci sont entièrement codifiées dans le Code criminel du Canada.
La mise en application des lois, incluant les cours de compétences criminelles, est de juridiction provinciale, mais dans la plupart des provinces, cette application est donnée à contrat à la police fédérale, la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Seules les provinces de l'Ontario et du Québec possèdent en propre leurs forces de polices provinciales, respectivement la Police provinciale de l'Ontario et la Sûreté du Québec. La GRC n'applique que les lois fédérales sur leur territoire, et seulement les lois criminelles d'une étendue nationale, voire internationale, telles que le crime organisé, la sécurité nationale et frontalière, la jeunesse, les communautés autochtones et l'intégrité financière.
Certaines municipalités possèdent leur propre corps policier où celui-ci est chargé de l'application des règlements municipaux dans son district judiciaire. Pour les municipalités, régions, comtés... n'ayant pas de corps policier, les services policiers sont donnés à contrat soit à la GRC ou, dans le cas de l'Ontario et du Québec, à leurs polices provinciales respectives.
Pour ce qui est des réserves indiennes, chaque réserve possède son corps policier mandaté par le gouvernement fédéral, et ayant juridiction sur tout le territoire de la réserve. Ces policiers sont communément appelés les Peacekeepers.
L'Unité de police militaire du Canada est quant à elle le corps policier responsable de l'ordre et du maintien de la paix au sein des Forces canadiennes. Le Service national d'investigation des Forces armées canadiennes est quant à lui responsable des enquêtes. L'armée peut quant à elle être déployée au sein de la population lorsque des états de crise ou d'urgence sont en vigueur. Par exemple, lors de la Crise du verglas en 1998 dans le sud du Québec, les Forces canadiennes ont servi à des opérations de secours et de support aux sinistrés.
L'Agence des services frontaliers est de son côté l'organisation responsable d'assurer la protection civile à la frontière du Canada.
La Garde côtière canadienne travaille en collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada et l'Agence des services frontaliers afin d'assurer la sécurité publique en mer, et la protection civile sur les frontières maritimes.
Finalement, le Service canadien du renseignement de sécurité est l'agence des services secrets responsable des enquêtes approfondies d'ordre national, voire international, afin d'assurer la protection civile du Canada.
Affaires étrangères
Le Canada connaît une relation de premier plan avec les États-Unis d'Amérique, pays avec lequel il partage la plus longue frontière non-défendue du monde, avec lequel il collabore à de nombreux niveaux et avec lequel il est le plus grand partenaire commercial à travers un traité de libre-échange. Le Canada partage aussi de longues relations avec le Royaume-Uni et nourrit depuis peu, surtout à travers le Québec, des rapports privilégiés avec la France. La Grande-Bretagne et la France sont les deux puissances coloniales européennes les plus significatives de sa fondation. Ces relations s'étendent aussi avec d'autres anciens membres des Empires britanniques et français, par l'entremise du Commonwealth et de La Francophonie.
Parmi les nombreuses et fructueuses collaborations économiques, notons les travaux communs entre Bombardier et Alsthom (France) dans le domaine de la fabrication de matériel de transport en commun ayant permis la mise en place du premier TGV en sol américain dans le corridor Washington-Boston. Plus récemment, Hydro-Québec a signé un accord permettant l'application de ses nouvelles recherches par les industriels Heuliez et Dassault pour la fabrication d'une voiture électrique très prometteuse.
Le peuple Inuit du Canada a également constitué une alliance avec les autres peuples inuits du pourtour arctique.
Le Canada s'est régulièrement illustré en Afrique grâce à l'Agence canadienne de développement international (ACDI).
Pendant les soixante dernières années, le Canada s'est fait le défenseur du multilatéralisme, faisant des efforts pour résoudre les conflits internationaux en collaboration avec les autres nations. Cela est clairement démontré lors de la Crise de Suez en 1956 quand l'ancien premier ministre Lester B. Pearson, alors ministre des Affaires étrangères, apaise les tensions en proposant des interventions de maintien de la paix et l'envoi de la Force de maintien de la paix des Nations unies. Dans cet esprit, le Canada développe et tenta de maintenir un rôle de chef de file dans les interventions de l'ONU. Le Canada a participé a 50 missions de la sorte, participant à chaque opération de l'ONU jusqu'en 1989. Les contributions du Canada au programme de maintien de la paix de l'ONU diminuèrent pendant les premières années du XXIe siècle. Il est sans compter que le Canada joue un rôle significatif auprès de l'Organisation de l'aviation civile internationale dont le siège social se situe à Montréal. En outre, le Canada est représenté depuis le 1er juillet 2004 par Mme Louise Arbour, originaire du Québec, pour assurer le poste de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.
Membre fondateur de l'Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord (OTAN), le Canada s'est doté d'une armée défensive sans armes nucléaires. Il emploie actuellement environ 62 000 militaires permanents au sein des Forces canadiennes, et 26 000 dans la réserve militaire. Les Forces canadiennes (FC) comprennent l'armée, la marine et la force aérienne. La majeure partie de l'équipement déployé des Forces incluent 1 500 véhicules de combat blindés, 34 vaisseaux de combat, et 861 appareils d'aviation.
En plus des grandes participations à la deuxième guerre des Boers, à la Première Guerre mondiale, à la Seconde Guerre mondiale, et à la guerre de Corée, le Canada maintient des participations substantielles dans les missions internationales sous le commandement des Nations Unies et de l'OTAN depuis 1950, incluant des missions de maintien de la paix, diverses missions en ex-Yougoslavie, et un soutien aux Forces de la Coalition lors de la Première guerre du Golfe. Depuis 2001, le Canada a des troupes déployées en Afghanistan en partenariat de la Force de stabilisation des États-Unis et de la Force internationale d'assistance à la sécurité, dirigée par l'OTAN et autorisée par l'ONU. L'Équipe d'intervention en cas de catastrophe (DART) a participé à trois importantes opérations de secours après le tsunami de décembre 2004 en Asie du Sud-Est, après l'ouragan Katrina en septembre 2005 sur les côtes américaines, et après le tremblement de terre du Cachemire en octobre 2005.
Le Canada et les États-Unis sont partenaires sur le projet de Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (N.O.R.A.D.) qui vise à la défense de la souveraineté aérienne de l'Amérique du Nord depuis 1957 en administrant les plans de vols commerciaux et privés. De plus, le Canada est depuis quelques années approché par le gouvernement américain afin de mettre en oeuvre leur projet de bouclier antimissile visant à la défense de l'Amérique du Nord contre les attaques de missiles balistiques.
Bien que le gouvernement du Canada affirme constamment son autorité sur l'ensemble du territoire, certains endroits ne sont pas universellement reconnus par la communauté internationale comme étant sous la souveraineté du Canada. Bien que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer jette les bases de reconnaissance de l'indépendance des pays sur les eaux entourant leur territoire, l'interprétation de cette convention diffère entre le Canada et d'autres pays. Par exemple, bien que la zone économique exclusive soit respectée, certains États considèrent les eaux entourant l'archipel de la région arctique, lesquelles constituent le Passage du Nord-Ouest, comme étant libre de passage pour tous. De plus, les États-Unis affirment que le Canada agit à l'encontre de la convention sur la partie de la Mer de Beaufort et de l'océan Arctique qui s'étend jusqu'au Pôle Nord géographique. Un conflit similaire a existé jusqu'en 1992 entre le Canada et la France sur la zone économique exclusive entourant l'archipel Saint-Pierre-et-Miquelon.
Certaines parcelles de terres sont en outre contestées par les pays limitrophes du Canada. Bien que la frontière maritime de la baie de Baffin entre le Canada et le Groenland ait été délimitée après entente avec le Danemark, les deux pays se disputent toujours aujourd'hui l'île Hans dans le détroit de Nares reliant la mer de Baffin à la mer de Lincoln. La Commission de la frontière internationale est quant à elle la société créée par le Canada et les États-Unis afin d'entretenir leur frontière terrestre. Cependant, les deux pays sont en désaccord sur le droit de propriété de l'île Machias Seal dans le Golfe du Maine.
Provinces et territoires
Colombie-Britannique - Alberta - Saskatchewan - Manitoba - Ontario - Québec - Nouveau-Brunswick - Île-du-Prince-Édouard - Nouvelle-Écosse - Terre-Neuve-et-Labrador
La première différence entre une province et un territoire réside dans leur autonomie. En effet, les provinces ont des compétences déléguées par la Loi constitutionnelle de 1867, et donc qui ne peuvent être octroyées au gouvernement fédéral que par une modification constitutionnelle. En effet, dans la limite de leurs compétences législatives et des droits et privilèges qui leur sont accordés par la Constitution, les provinces sont indépendantes du gouvernement fédéral et des unes par rapport aux autres. En d'autres mots, bien qu'une procédure normale puisse mener à la modification de la Constitution selon la Loi constitutionnelle de 1982, la modification est sans effet dans les limites d'une province ayant déclaré son désaccord à son égard si cette modification est dérogatoire aux droits, privilèges et compétences de la province. Cette disposition a donc pour effet d'annihiler l'emprise de certaines provinces, ou du gouvernement fédéral, sur d'autres provinces jouissant de pouvoirs et droits acquis par la Constitution. De plus, dans les limites définies par la Loi constitutionnelle de 1982, une législature a compétence exclusive pour modifier sa propre constitution provinciale, laquelle est définie par défaut par la Loi constitutionnelle de 1867. Quant aux territoires, ceux-ci sont le fruit d'une simple loi du Parlement fédéral, et donc directement sous son pouvoir.
Les provinces sont, à l'intérieur de leurs limites, responsables de la plupart des programmes sociaux du Canada tels que l'administration de la santé, l'éducation, et « généralement toutes les matières d'une nature purement locale ou privée dans la prov |