Informations sur Guernesey
Présentation
Le bailliage de Guernesey (anglais: Bailiwick of Guernsey) est une dépendance de la couronne britannique dans la Manche au large des côtes françaises. En plus de l'île de Guernesey elle-même, il inclut également Aurigny, Sercq, Herm, Jéthou, Brecqhou, Burhou et d'autres petites îles. Avec Jersey, elles forment l'archipel connu sous le nom d'îles Anglo-Normandes.
Histoire
Lors de la migration des Bretons vers l'Armorique au VIe siècle, ceux-ci occupèrent les îles de la Manche (alors appelées îles Lenur) qui se trouvaient sur leur route. À cette époque, Guernesey était appelée Lesia. Elle fit partie du royaume de Bretagne au IXe siècle, mais fut soumise aux incursions vikings dès cette époque. En l'an 933, le roi de France donna l'Avranchin et le Cotentin (dont dépendait Lesia/Guernesey) au duc de Normandie Guillaume Longue-Epée, à charge pour lui de les conquérir.
L'île de Guernesey et les autres îles Anglo-Normandes représentent les derniers vestiges du duché médiéval de Normandie, divisé depuis 1204 entre l'Angleterre et la France. Cette année-là, le roi de France Philippe-Auguste conquit la Normandie continentale, le roi d'Angleterre Jean sans Terre conservant quant à lui, les îles de la Manche. Malgré de nombreuses tentatives françaises, Guernesey et ses voisines resteront sous le sceptre du roi d'Angleterre, régnant ici sous le titre de « duc de Normandie ».
Ces îles furent les seuls territoires dépendants de la couronne britannique occupés par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale et furent le théâtre de l'Opération Ambassador.
Démographie
Les habitants sont les Guernesiais. En 2001, la population de Guernesey était recensée à 59 807 habitants.
Les Jersiais appellent les Guernesiais « ânes » ou « donkeys » selon leur langue et ces derniers les appellent en retour les « crapauds », car cet animal n'existe pas sur Guernesey.
Politique
Les États de Guernesey, nommés officiellement les « États de la Délibération », sont constitués de 59 membres, dont 45 sont députés, élus par des districts à un ou plusieurs membres tous les 4 ans, et 10 sont des douzainiers paroissiaux représentant les autorités paroissiales. Il y a 2 représentants d'Aurigny et de Sercq, qui sont des dépendances auto-gouvernantes du bailliage. Il y a également 2 membres non-votants - le procureur-général et l'avocat-général, tous deux nommés par le souverain. Les lois votées par les États s'appellent des 'Ordonnances'.
Depuis 2004 il y a un système de gouvernement ministériel. Le système légal est dérivé des lois normandes et anglaises.
Sans aucun pouvoir politique ni judiciaire depuis plusieurs décennies, le système féodal de Guernesey s'est maintenu jusqu'à nos jours. Il existe officiellement 75 fiefs, à la tête desquels se trouve un « seigneur », ou une « dame ». La Couronne britannique en la personne du duc de Normandie, la reine Élisabeth II possède en fait 29 de ses fiefs, la plupart ayant appartenu à des abbayes ou à des prieurés bas-normands, avant le XVIe siècle. Ce fait, en 2004, il existait 24 seigneurs privés totalisant 46 seigneuries héritées de ce système féodal , si l'on excepte que deux de ces 46 seigneuries sont en indivision entre plusieurs propriétaires. Ces fiefs appartiennent à de très anciens lignages locaux ayant donné de nombreux officiers, baillis, jurats et avocats. Ces quelques familles réunissent dans leurs mains, à la suite de mariages endogames plusieurs des petits fiefs ruraux, issus des partages effectués au cours de l'histoire, selon les préceptes du droit coutumier normand, toujours en vigueur.
Comme en Angleterre et selon un système multiséculaire, les fiefs peuvent être vendus par les seigneurs à d'autres particuliers. Chaque seigneur est tenu, selon la coutume, d'en faire la foi et l'hommage au duc ou à son representant. Cet hommage est parfois mis en scène lors des visites d'État de la reine, dans les Iles anglo-normandes.
Contrairement au seigneur de Sercq, les seigneurs gueurnesiais n'ont conservés que les seuls droits féodaux, mais ont perdu tous leurs droits proprement seigneuriaux depuis le XIXe siècle et dans le suivant. Les seigneurs jouèrent un rôle social jusque dans la première moitié du XXe siècle. Les cours féodales ont elles aussi pratiquement disparues, à l'exceptions des courts du fief Le Comte (famille Lenfestey) ou du fief de Blanchelande (au bailli de Guernesey, ex officio, à Saint-Martin). Le sénéchal d'un fief, et ses officiers étaient d'ordinaire choisis parmi les habitants du fief, comme l'exigent les coutumes féodales. Dans l'exemple du fief de Blanchelande, qui appartenait autrefois à un prieuré de l'ancienne abbaye de Blanchelande (à Neufmesnil, France, Manche), la cour du fief se compose encore aujourd'hui du sénéchal, de quatre vavasseurs, et des officiers que sont le greffier et son clerc, le prévôt, un sergent et un grenetier.. Dans les fiefs, cette court se tenait soit dans une salle spéciale ou salle des plaids, soit sur un banc de pierre située sur un axe principal de la seigneurie. Certains de ces bancs ont été préservés.
La loi de 1980 intitulée Feudal dues law a définitivement éteint le caractère privé des redevances seigneurales subsistantes en les transférant au bénéfice de la Couronne. En 2002, une loi complémentaire a prévu l'abolition en 2003 du droit de « treizième » (droit de mutation) au profit des seigneurs privés, en raison de l'exemption dont bénéficie les fermes tenues en fiefs et les francs fiefs (seigneuries). Cette taxe revient désormais à la Couronne..
Les seigneurs et dames des plus importants fiefs guernesiais siègent traditionnellement à la Cour des Chief pleas, avec les avocats exerçant sur l'île et les connétables élus des paroisses, lors de ses séances solennelles « en corps » (ou full court) soit trois fois par an. Pour siéger, les seigneurs et dames doivent avoir rendu hommage de leur fief à la Couronne ou à son représentant, le Lieutenant-Gouverneur de Guernesey. Toutefois, même si la présence des seigneurs et dames est obligatoire à ces trois séances, ils n'opinent plus dans le débat mais répondent seulement à leur nom. Cette survivance indique toutefois que les seigneuries guernesiaise ont conservé leurs personnalités morale et légale..
Devenus propriétaires de plusieurs seigneuries (en anglais : manors), un certain nombre d'habitations seigneuriales ont été reconverties en hôtel de luxe (hôtel de La Barbarie, pour le fief de Blanchelande, ou le manoir de Longueville, à Saint-Sauveur), ou tout simplement vendus, ce que permet le droit coutumier. Certains seigneurs ont entretenu le domaine riche en essences botaniques rares, et l'ouvrent à la visite, comme le manoir de Sausmarez (Sausmarez Manor). Il appartient toujours à la famille de Sausmarez, l'une des plus anciennes de l'île avec celle des Carteret.
La justice est administrée par la Cour Royale ou Cour des Chief Plaids (court of Chief pleas), qui est composé de magistrats professionnels pour ses séances ordinaires autour du Bailli et des jurats, et des corps constitués pour ses trois séances « en corps » annuelles (incluant les seigneurs et dames héréditaires, et les connétables élus des paroisses).
Les bailliages de Jersey et de Guernesey ainsi que l'île de Man sont considérés par le Conseil de l'Europe (par le Bureau des Traités et ses services juridiques) comme des territoires dont le Royaume-Uni assure les relations internationales. Ces territoires n'ont pas la personnalité juridique internationale qui leur permettrait d'être partie à des traités du Conseil de l'Europe. En revanche, lorsque le Royaume-Uni est partie à un traité du Conseil de l'Europe, il peut (en accord avec les territoires concernés) déclarer que ledit traité s'applique (ou pas) à ces territoires.
L'absence de personnalité juridique ne veut pas dire pour autant qu'ils sont assimilés au Royaume-Uni, dont l'État a été formé par l'Union des anciens Royaumes d'Angleterre et d'Écosse et le Duché du Pays de Galles). Mais historiquement, le Duché de Normandie n'a jamais formellement cessé d'exister en tant qu'État (devenu indépendant du Royaume de France) alors même qu'il ne subsistait plus ensuite que sur ses dernières terres insulaires.
Bien qu'auparavant regroupés sous l'appellation "îles britanniques" (British Isles, à ne pas confondre avec British Islands), les bailliages ont acquis une autonomie plus importante avec la création des États comme ici à Guernesey, indépendant des États de Jersey.
La question se pose donc aujourd'hui sur la reconnaissance des bailliages de la Couronne en tant qu'État, même dépourvus de personnalité juridique au plan international (ce qui semble ne plus être le cas depuis la création des "États de Jersey", "des États de Guernesey" et de "ceux de Man" (noter le pluriel), et la modernisation en cours de l'ancienne législation médiévale.
Administration municipale
Lihou, une île accessible à marée basse, fait partie de la paroisse de Saint-Pierre-du-Bois.
Culture
Le guernesiais, langue normande de Guernesey, est encore parlé par une minorité de la population.
Un roman de Frédéric Lenormand raconte l'exil de Victor Hugo à Saint-Pierre-Port sous Napoléon III : "Les fous de Guernesey", éditions Robert-Laffont 1991.
L'auteur guernesiais normannophone le plus connu est George Métivier. Il est à l'origine de la littérature dialectale normande moderne. Il a trouvé ses successeurs au XXe siècle avec les membres de la Société du Bon Baleine.
Économie
À la différence de beaucoup de pays, Guernesey n'a pas délégué la création de sa monnaie à une banque centrale depuis 1816. En conséquence[réf. nécessaire], le gouvernement n'a pas dû employer des quantités croissantes de recettes fiscales pour rembourser des dettes à la banque centrale (ou aux autres banques), ce qui donne des taux d'imposition fiscale très faibles sur les revenus, et aucun impôt sur les plus-values, les marchandises et les services.
Les services financiers - banque, assurance, etc. - comptent pour environ 55 % des revenus totaux de cette petite île. Le tourisme, l'artisanat, et l'horticulture, principalement la tomate en culture sous serre et les fleurs coupées sont sur le déclin. Les faibles taxes font de Guernesey un paradis fiscal populaire. Bien que Guernesey ne fasse pas partie directement de l'Union européenne, son voisinage proche a un impact important sur la manière dont fonctionne le bailliage.
La poste a longtemps été une compétence de la Couronne depuis l'ouverture du premier bureau postal à Jersey, en 1894. Les îles Anglo-Normandes, et notamment celles du bailliage de Guernesey ont donc utilisé les timbres-poste anglais depuis la création de ces derniers en mai 1840. Il s'y est ajouté pendant l'occupation allemande de 1940 à 1945 des timbres apparemment locaux, mais en réalité émis pour le compte de la poste britannique, par les Postmasters des deux îles pour faire face à l'impossibilité de s'approvisionner en timbres en Angleterre. Mais depuis 1969, la compétence postale a été transférée par la Grande Bretagne aux bailliages de Jersey et de Guernesey. Dès lors ceux-ci ont émis chacun leurs propres timbres. et les figurines de Guernesey ont remplacé les timbres anglais dans cette île, ainsi qu'à Aurigny, Sercq et Herm. De nombreuses études philatéliques ont porté sur les marques postales et timbres anglais oblitérés à Jersey avant 1969, et notamment pendant l'occupation allemande de 1940 à 1945.
De Guernesey, on peut également se rendre par ferry sur les îles voisines d'Herm, Sercq et Aurigny.

Temps clair
mar.

Brouillard
mer.

Brouillard










