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Informations sur la  MoldavieInformations sur la Moldavie

Présentation

La République de Moldavie (en français), Republica Moldova en roumain et République de Moldova pour l'Organisation des Nations unies et d'autres organes politiques, est un pays d'Europe orientale enclavé entre la Roumanie et l'Ukraine, occupant les régions de Bessarabie et de Transnistrie.

Toponymie

Le nom de Moldavie désigne le territoire de l'ancienne Principauté de Moldavie (1359-1859) aujourd'hui partagé entre la République de Moldavie, successeur de la République socialiste soviétique de Moldavie, et la région de Moldavie en Roumanie voisine (8 départements).

Cette signification entretient une dispute entre les autorités de Chisinau et celles de Bucarest pour savoir si les héritiers de la Moldavie historique (les Moldaves de Roumanie et les Moldaves de la République de Moldavie) sont ou ne sont pas des Roumains :

Ainsi chaque pays soutient une thèse qui touche à la population de l'autre pays. Il faut cependant noter que les Moldaves de Roumanie manifestent tous la même opinion que leur administration, alors que ceux de République de Moldavie sont plus divisés quand il s'agit de la thèse de leur propre administration : ils sont contre (surtout les jeunes), ne savent pas vraiment, ou sont d'accord avec leurs autorités (plutôt les anciens et les populations de langue russe et ukrainienne).

En français, le discours politique a imposé comme nom officiel en français celui de République de Moldova. Ce discours a autorité sur les agents de l'appareil diplomatique d'état, mais pas sur la langue française. C'est l'académie française qui a autorité sur la langue. Le nom "Moldova" est roumain et non français. Or en France, selon l'académie française, on parle français et non roumain. Et en français on dit "Moldavie". Les dictionnaires précisent donc: "République de Moldavie, en roumain Republica Moldova".

Géographie

La République de Moldavie occupe la partie centrale de la Bessarabie, telle qu'elle fut définie en 1812, lorsqu'elle fut enlevée à la Principauté de Moldavie, entre le Prut, le Dniestr et la Mer Noire. Le reste de la Bessarabie de 1812 appartient aujourd'hui à l'Ukraine (Hotin, au nord, et la région sud située entre la République de Moldavie, la Roumanie, l'embouchure du Dniestr et la Mer Noire).

La République de Moldavie s'étend aussi sur une partie de la Podolie (rive gauche du Dniestr) qu'elle partage également avec l'Ukraine. C'est là que se situe la République Pridniestréenne moldave autoproclamée, dite Transnistrie, non-reconnue par la communauté internationale, mais protégée par la présence militaire russe qui marque face à l'Union européenne le début de la zone d'influence russe, et dissuade les Moldaves de céder à l'attraction du modèle politique occidental.

Située dans le sud-est européen, aux confins des Balkans, entre les grandes plaines russes et ukrainiennes, et la Roumanie membre de l'Union européenne, la République de Moldavie se trouve au coeur d'une zone géostratégique de premier ordre. Le fait que, dans l'Histoire récente, son territoire ait été disputé par les grandes puissances autour d'elle (Autriche, Russie, Turquie) le prouve.

La question de l'organisation administrative du pays n'a jamais été envisagée du point de vue de l'état de droit (mêmes droits pour tous, à égalité) ni du point de vue pratique et ergonomique (des subdivisions basées sur la géographie). Au contraire, elle a été instrumentalisée dans le cadre du combat politique entre la majorité autochtone roumanophone, et les minorités slavophones. Les dirigeants de la communauté roumanophone ont essayé d'appliquer à la Moldavie la tradition administrative roumaine, elle-même d'inspiration française, en mettant en place des judetse (départements) de statut égal. Les dirigeants slavophones, inspirés par le modèle soviétique, ont au contraire préféré des raïons (arrondissements), avec des différences entre raïons urbains et ruraux, et des autonomies locales basées sur l'ethographie. Un compromis qui ne satisfait personne, et qui introduit des différences de droit d'une région à l'autre, a abouti en fin de compte à une fédéralisation profitant à la République Pridnistréenne moldave dite Transnistrie, située entre le Dniestr et l'Ukraine et au pays Gök-Oguz ou Gagaouzie, considérées comme des "unités terrtoriales autonomes". "Capitale" de la Transnistrie : Tiraspol. Président : Igor Smirnov. Ces deux territoires, où l'autorité de l'état ne s'exerce pas, disposent à eux seuls de 85% de la puissance économique de la Moldavie, alors qu'ils ne représentent que 18% de son territoire.

Environnement

La Moldavie qui a su conserver un environnement très riche est comme d'autres anciens pays de l'est de l'Europe parmi les premiers à avoir concrétisé, avec l'aide la Société écologique «Biotica» un réseau écologique national, dans le cadre de sa Stratégie nationale et son Plan d'action dans le domaine de la protection de la diversité biologique, qui inclue la déclinaison locale du réseau écologique paneuropéen (Plan approuvé le 27 avril 2001).

En 2001, les noyaux du réseau écologique y couvraient 73 145 ha, incluant cinq réserves scientifiques (19 378 ha), près de 30 réserves naturelles (22 278 ha), 13 territoires ayant un autre statut de protection (4 350 ha), 13 habitats humides étant repérés, mais encore sans statut de protection (24 592 ha). Des corridors biologiques d'importance nationale et/ou internationale ont été distingués et cartographiés dans ce Plan.

Démographie

La République de Moldavie (hors la "république" autoproclamée Pridniestréenne dite Transnistrie) compte 3.388.000 habitants, selon le recensement de 2004, en baisse de 208.000 habitants (pour la plupart, expatriés) par rapport à 1989. Au total, on peut supposer que la population de la République de Moldavie, atteint en 2005 un peu moins de 3.455.000 habitants.

La région est au carrefour de deux cultures : latine, grâce à la majorité roumaine et celle slave, grâce aux minorités russe et ukrainienne. Cette situation se traduit depuis 1812 (année où la Russie tsariste occupe la Moldavie par le biais d'un traité avec l'Empire ottoman) par une diversité ethnique, linguistique et culturelle (selon le dernier recensement de 2004 il y a des roumains, des ukrainien, des russes, des gagaouzes, des tziganes, des bulgares, desjuifs, des arméniens, des grecs), etc.. Au brassage de cultures et aux vagues migratoires se sont ajoutées au XXème siècle les tragédies de la déportation organisé contre les roumains par l'URSS et l'intensification de la colonisation russe. Le recensement ne tient pas compte du fait que 70 % de la population est bilingue (roumain - russe), 30% seulement étant unilingues (roumain seul ou russe seul). C'est pourquoi, selon les recensements et les auteurs, depuis 1910, la proportion de la majorité roumaine varie de 56% à 79%.

Le Bureau National de Statistique de Chi?in?u a publié les résultats officiels du recensement, qui offrait aux citoyens roumanophones la possibilité de choisir entre "roumain" et "moldave". Selon Moldpres, seuls 2,2 % se sont déclarés roumains, ce qui les rangent à coté des autres minorités: 8 % des citoyens se déclarent ukrainiens, 5,9 % russes, 4,4 % gagaouzes (population turcophone chrétienne), et la très grande majorité (près de 80 %) se désignent comme « moldaves » (alors qu'aux recensements précédents, les roumanophones oscillaient toujours entre 63 et 67%, il semble qu'ils ont subitement disparu!). Il semblerait donc, à la grande satisfaction du gouvernement communiste actuel (le président Voronin est lui même un ukrainien, ancien membre du PC de l'URSS), que la très grande majorité des roumanophones et une partie des slavophones aient choisi de se déclarer de "langue moldave", une langue qui n'existe pas: un exemple qui, transposé à la Belgique par exemple, donnerait 99% de locuteurs de la "langue belge" (également une langue qui n'existe pas) parmi les Wallons, et 20% parmi les Flamands. Ces résultats ne concernent pas la "république" Pridniestréenne ou Transnistrie.

Si le critère linguistique semble prêter à une grande confusion à cause des choix politiques, celui ethnique est un peu plus clair, selon les traditions populaires, les coutumes des villages, les revendications des habitants eux-mêmes et l'histoire. Dans la république de Moldavie (sans la Transdniestrie) vivent 3 milions de roumains, 250.000 ukrainiens, 100.000 gagaouzes et 90.0000 russes. Dans la république séparatiste de Transdniestrie vivent 300.000 roumains, 250.000 russes, 200.000 ukrainiens et plusieurs milliers de juifs, tatars, bulgares, gagouzes, etc.

Sur l'ensemble des habitants du teritoire moldave, 3,3 milions sont roumains (77%), 450.000 sont ukrainiens (10%), 340.000 sont russes (8%), un peu plus de 100.000 sont gagaouzes (2,3%) et presque 100.000 sont des minorités plus petites (tziganes, bulgares, juifs, tatars, etc.). Ces chiffres correspondent aussi aux revendications de ces communautés ethniques. Evidemment, la grande majorité des habitants sont bilingues, parfois trilingues (comme les corses, les catalans ou les alsaciens en France).

Selon des chiffres officieux, environ 1/4 de la population a émigré à l'étranger (Pays d'Europe occidentale principalement, Russie et Ukraine) soit un taux migratoire net de -25 %. Les roumanophones choisissent surtout la Roumanie, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, les slavophones surtout les pays ex-soviétiques, la Pologne et l'Allemagne. Par ailleurs, environ 150.000 citoyens moldaves ont également obtenu le citoyenneté roumaine et/ou russe ou ukrainienne.

Économie

Le pays, hors la Transnistrie, est circonscrit par deux fleuves : le Prout et le Dniestr: le premier n'est pas navigable, le second est bloqué par la "république" Pridniestréenne, ce qui accentue son isolement.

La République de Transnistrie, située entre le Dniestr et l'Ukraine et le pays Gök-Oguz ou Gagaouzie, sont des "unités territoriales autonomes". "Capitale" de la Transnistrie : Tiraspol. Président : Igor Smirnov. Ces deux territoires, où l'autorité de l'état ne s'exerce pas, disposent à eux seuls de 85% de la puissance économique de la Moldavie, alors qu'ils ne représentent que 18% de son territoire.

Ayant perdu en août 1940 les 4 ports de la Bessarabie : Reni, Izmail, Chilia ou Kilia et Cetatea-Alba ou Bilhorod-Dnisterski, rattachés à l'Ukraine, la République de Moldavie est une enclave, au sens économique du terme. Par un échange territorial avec l'Ukraine en 2002, elle a cependant obtenu 500 mètres de rivage sur le Danube, où elle envisage de construire le port de Giurgiulesti, alors que par de simples accords économiques, elle pourrait avoir accès au ports roumains ou ukrainiens directement reliés à son réseau routier et ferroviaire. Les obstacles qui freinent les échanges sont physiques (insuffisance des infrastructures), politiques (blocage ferroviaire par la Transnistrie, abandon du projet de lignes à trois rails compatibles à la fois avec le réseau européen et le russe, abandon de la liaison ferroviaire Cahul-Reni), et structurels (contrôles prolongés aux frontières, coûts de transport prohibitifs, sous-développement).

La République de Moldavie (qui était le principal fournisseur de vin (Vignoble de Moldavie), de légumes et de fruits pour les anciennes républiques soviétiques) est devenue après la chute de l'URSS en 1991 un des pays les plus pauvres d'Europe.

La perte de certains marchés traditionnels, la dépendance énergétique au gaz russe, et la sécession de la "république" autoproclamée Pridniestréenne dite Transnistrie, ont provoqué la chute dramatique du PIB qui est en 2006 inférieur à celui du Bangladesh, et le plus bas d'Europe, malgré une forte croissance économique (plus de 8 % en 2005 depuis l'an 2000).

Cela est dû au manque de réformes structurelles et à une économie souterraine évaluée à près de 40 % du PIB, provoquant une inflation à deux chiffres (entre 12 % et 15 % par an) et un déficit commercial important (financé en partie par les transferts d'argent des Moldaves qui travaillent à l'étranger).

La Moldavie est considérée comme étant le pays le plus pauvre d' Europe en 2007. Le gouvernement moldave assure un salaire minimum de seulement 28?.

Politique

Le Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM), de « pro-russe » lors des dernières élections, a effectué un net virage pro-européen lors des élections du 6 mars 2005. Le PCRM a recueilli 46 % des suffrages et remporte 56 sièges sur 101. Il est cependant en recul de 4 % et perd 15 sièges par rapport au précédent scrutin du 25 février 2001. Le Bloc "Moldavie démocratique" (BMD) arrive en deuxième position et obtient 28,5 % des voix et 34 sièges. Cette coalition de centre été composée de trois formations : l'Alliance "Notre Moldavie" présidée par Serafim Urechean, maire de la capitale Chi?in?u, le Parti démocratique de Moldavie, présidé par Dumitru Diacov, ancien président du Parlement et le Parti social-libéral, dirigé par le politologue Oleg Serebrian. Le Parti populaire chrétien-démocrate, formation de droite, dirigé par Iurie Rosca, recueille 9,1 % des suffrages et remporte 11 siéges.

Sans surprise, le Président de la République de Moldavie, le communiste Vladimir Voronin, a été réélu le 4 avril 2005, à bulletins secrets, par le Parlement pour un deuxième mandat de quatre ans à la tête de l'État. Depuis la réforme constitutionnelle de 2000, le Président de la république doit, pour être élu, recueillir au moins la majorité des trois cinquièmes des cent un députés, soit soixante et un suffrages.

Le Parti communiste ne comptant que cinquante-six députés, Vladimir Voronin a dû rassembler au-delà de sa propre formation, recueillant 75 voix, soit 14 de plus que le seuil minimum requis. Son seul opposant, le président de l'Académie des sciences, Gheorghe Duca a obtenu une seule voix. Ce dernier avait été présenté par le Parti communiste afin que le scrutin puisse se dérouler (le Bloc Moldavie démocratique et le Parti populaire chrétien-démocrate ayant renoncé à présenter un candidat).

Vingt-trois parlementaires du groupe de l'Alliance « Notre Moldavie », membre du Bloc Moldavie démocratique, ont suivi le mot d'ordre de Serafim Urechean, et ont refusé de participer à l'élection. 22 députés appartenant aux deux autres formations de ce Bloc - le Parti démocratique et le Parti social-libéral et les parlementaires du groupe de Parti populaire chrétien-démocrate, ont pris part à l'élection. Enfin, deux bulletins de vote ont été déclarés invalides.

De facto le régime politique de la Moldavie est un "communisme de marché" où la formation politique dominante est un parti communiste qui tolère des candidatures adverses mais s'appuie sur le soutien russe (dont dépend l'approvisionnement énergétique du pays), et où la structure de l'économie est un mélange d'ultra-libéralisme et de protectionnisme très peu social.

Amnesty International ne considère pas la Moldavie comme un état de droit et relève de nombreuses violations des droits de l'homme lors des interpellations et des incarcérations, de nombreuses irrégularités dans les procédures judiciaires, de nombreuses entorses à la liberté de la presse et un usage immodéré du clientélisme, de l'intimidation et du chantage (notamment économique) dans la vie politique. Les rapports d'Amnesty International n'état cependant pas pris en compte dans la politique des Etats, la Moldavie est considérée par la communauté internationale comme suffisamment démocratique pour que 99% des demandes d'asile politique émanant de citoyens moldaves soient rejetées.

Revendiquée par les roumanophones presqu'unanimes lors des grandes manifestations de 1990, mais combattue par les russophones auxquels les ultra-nationalistes pro-roumains promettaient "la valise ou le cercueil", cette union a finalement été rejetée par référendum en 1992, dans un contexte de conflit avec la Russie, principal fournisseur d'énergie bon marché pour la Moldavie. Actuellement les rares partis qui la revendiquent encore représentent moins de 10 % des voix.

Officiellement, l'objet de la querelle linguistique qui oppose les "roumanistes" aux "moldavistes" est de savoir si le roumain et le moldave sont deux variantes d'une langue commune ou si elles sont la même langue. Mais en réalité, les vrais enjeux sont purtement politiques : les locuteurs, eux, se comprennent spontanément et complètement, et aucune distinction n'est faite entre ces deux langues par les experts. Ceux-ci s'accordent à admettre que le fond lexical de base et la structure grammaticale des langues sont communs, même s'il existe un accent régional et quelques expressions spécifiques (qui se retrouvent d'ailleurs des deux côtés du Prout, la rivière séparant Roumanie et Moldavie.

Les deux présidents Ion Iliescu et Vladimir Voronin avaient beau avoir amené des interprètes, lors de leur rencontre à Costesti Stânca, ces derniers n'en ont pas eu besoin, parlant tantôt en roumain, tantôt en russe (Voronin est russophone, Iliescu a fait ses études à Moscou).[réf. nécessaire]

Un dictionnaire moldave-roumain de 347 pages a paru avec plus de 19 000 entrées en juillet 2003 à Chi?in?u, sous la direction de Vasile Stati, président du département de la Culture du Parti des communistes de la République de Moldavie (PCRM).[réf. nécessaire]

L'histoire du "moldavisme" commence le 12 octobre 1924 avec la création de la République autonome socialiste soviétique moldave (RASS de Moldavie) en Podolie, sur la rive est du Dniestr, au sein de la République socialiste soviétique d'Ukraine. La RASSM est un de ces "bantoustans soviétiques" où les autorités expérimentent des "novlangues", comme Lyssenko expérimentait une nouvelle biologie en créant des règles génétiques sans aucun rapport avec ce qui se passe réellement dans les chromosomes. Ainsi va apparaître « une langue et une littérature nouvelle » dans la RASS de Moldavie (dont la plupart des habitants ne sait ni lire ni écrire), première étape de rapprochement des langues (donc des populations) « moldave » et russe, au détriment du roumain, considéré comme un élément dangereux par le pouvoir soviétique (le Roumanie est une démocratie parlamentaire de 1921 à 1938). L'interdiction de l'alphabet latin en 1938 (alors que depuis 1859 le roumain s'écrit en caractères latins, également officialisés dans la RASSM en 1932) et son remplacement par le cyrillique Russe (alors qu'avant 1859, le roumain s'écrivait en caractères slavons, que la Bessarabie avait conservés jusqu'en 1919), montrent l'intention russificatrice des autorités de Moscou. En Août 1940, lors de l'annexion de la Bessarabie par l'URSS, en application du Pacte Hitler-Staline, la RASSM est érigée en République unionale à égalité avec l'Ukraine, mais la nouvelle République, officiellement créée "pour" les romanophones d'URSS, se révèle en réalité être dirigée "contre" eux, et c'est pourquoi lors de la "perestroika" de Gorbatchev, les autochtones revendiqueront en masse leur rattachement à la Roumanie.

En 1989-1991, avec le retour à l'alphabet latin, l'adoption du drapeau, d'un hymne et d'un nom de monnaie roumains, le "moldavisme" semblait mort. Le président moldave Mircea Snegur (agrarien) développa la doctrine "un seul peuple, deux États" pour affirmer l'indépendance de la Moldavie sans nier l'identité roumaine de ses autochtones (pas plus que l'identité russe de ses russophones, etc). C'était compter sans Moscou (la nouvelle Moscou nationaliste d'Eltsine et de Poutine) et sans le président roumain Iliescu, qui déclara en 1992: "nous n'allons pas rompre nos accords avec la Russie pour quelques Moldaves de plus, et puis la Roumanie a deja deux millions de magyars et un million de rroms, elle n'a nul besoin d'un million et demi de russophones!". Le résultat fut un retour en force du "moldavisme" lors des élections de 1994, lorsque la langue roumaine fut de nouveau officiellement définie comme "moldave" comme à l'époque soviétique. Depuis, les "moldavistes" alignent les experts pour accréditer la thèse d'une "différence fondamentale" qu'il y aurait entre :

Mais, en dépit des manifestations et grèves du corps enseignant, les "moldavistes" nient ces réalités et essaient même de différencier le nom de la Moldavie indépendante, de celui de la Moldavie historique: ainsi, ils ont réussi à accréditer à l'O.N.U., en anglais et dans les langues latines, le néologisme "Moldova" (forme pourtant roumaine du nom) par opposition à la forme historique Moldavia, Moldavie; et en allemand, le néologisme "Moldawien" par opposition à la forme historique Moldau. L'effacement du nom historique s'accompagne, comme à l'époque soviétique, de distorsions et d'occultations de l'histoire moldave: la tendance est de séparer le territoire de l'actuelle république du reste de l'ancienne principauté, en affirmant que ce territoire n'a pas été partie intégrante de la Moldavie historique, mais succesivement de la Russie kiévienne, de la Lituanie puis de l'Empire ottoman. Pourtant, dans la préface du dictionnaire de 2003 une carte géographique de la Roumanie et de la République de Moldavie montre la zone où l'on parle le moldave: elle s'étend bien à l'intérieur du territoire de la Roumanie, jusqu'aux Carpates, ce qui tendrait à montrer que même les Roumains de Roumanie parlent moldave sans le savoir, comme Monsieur Jourdain. Les "moldavistes" ne sont donc pas tous d'accord entre eux...

La question linguistique est donc une question de géopolitique, et elle empoisonne les relations entre la Roumanie et la République de Moldavie depuis les élections de 1994. Elle a même repris de la vigueur, depuis que la frontière de l'Union européenne s'est établie sur le Prout, en 2007.



(source : Wikipedia)
 
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