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Hongrie
Histoire
En janvier 1920, des élections sont tenues pour élire une assemblée unicamérale. L'amiral Horthy est élu régent. En juin, le Traité de Trianon est signé: il officialise les frontières de la nouvelle Hongrie. En comparaison du royaume d'avant-guerre, la taille et la population de cette nouvelle Hongrie sont réduites d'environ deux-tiers, la totalité des minorités roumaine, slovaque, croate, serbe faisant le choix d'appartenir à d'autres États, selon le principe (énoncé par le président américain Woodrow Wilson) du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Mais plusieurs millions de Hongrois se retrouvent ainsi minoritaires dans de nouveaux pays, et la Hongrie réclame une révision des frontières. Revendication majeure de la Hongrie des années 1920 et 1930, la question des frontières poussera Horthy à rechercher l'alliance allemande.
Miklós Horthy règne avec des pouvoirs autoritaires pendant la plus grande partie de la période d'entre les deux guerres mondiales, et installe un régime nationaliste et irrédentiste dans une Hongrie repliée sur le souvenir du grand royaume d'avant-guerre.
Horthy s'allie avec l'Allemagne nazie dans les années 1930, dans l'espoir de revenir sur les pertes territoriales qui ont suivi la Première Guerre mondiale. La Hongrie est récompensée par Hitler par des territoires appartenant à la Tchécoslovaquie, à la Yougoslavie et à la Roumanie, et prend une part active dans la Seconde Guerre mondiale. Cependant, en octobre 1944, alarmé par le retour de la Roumanie dans le camp Allié, Hitler remplace Horthy par le collaborateur nazi hongrois Ferenc Szálasi et son Parti des Croix fléchées, afin d'éviter que la Hongrie ne rejoigne elle aussi les Alliés.
Plus de 450 000 Juifs et plusieurs centaines de Tsiganes périrent en Hongrie horthyste.
À la suite de la chute de l'Allemagne nazie, la Hongrie devint une partie de la zone d'influence soviétique et un état communiste, après une courte période de démocratie (en 1946-1947).
Le 20 août 1949, le parti communiste abolit officiellement la monarchie hongroise (en fait, la régence), en proclamant la République populaire de Hongrie. Le dernier roi de jure, non régnant, Othon II est de ce fait déchu. Le peuple hongrois, comme ses voisins, étouffe sous la férule d'une dictature implacable qui n'a de "populaire" que le nom, et en 1956, l'insurrection de Budapest débouche sur la nomination d'un premier ministre communiste réformateur, Imre Nagy, et sur le retrait du Pacte de Varsovie. L'intervention militaire de l'Union soviétique aboutit à la déposition et à l'exécution d'Imre Nagy. Des années 1960 jusqu'à la fin des années 1980, la Hongrie put apprécier son statut particulier parmi les pays du Bloc de l'Est, sous le pouvoir du leader communiste controversé János Kádár, qui fut nommé dans le sillage des chars soviétiques et assura son pouvoir pendant la répression, mais mena ensuite une politique de plus en plus modérée et économiquement ouverte. À la fin des années 1980, la Hongrie fut à la tête du mouvement pour la dissolution du Pacte de Varsovie, et s'orienta tout doucement vers une démocratie pluraliste et une économie de marché.
Le 23 octobre 1989, le Président de la République, Mátyás Szürös met fin à la république populaire et proclame solennellement la nouvelle République de Hongrie. À la suite de la chute de l'Union soviétique en 1991, la Hongrie développa des liens plus proches avec l'Europe occidentale, rejoignit l'OTAN en 1999 et l'Union européenne le 1er mai 2004. Avec la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie, elle forme le groupe de Visegrád.
Politique
Le Président de la République, élu par le Parlement tous les 5 ans, a un rôle surtout cérémonial. Il a le pouvoir de nommer le Premier ministre. Le Premier ministre choisit ses ministres et a le droit exclusif de les renvoyer. Chaque personne nommée pour un ministère passe devant un ou plusieurs comités parlementaires dans des auditions consultatives ouvertes, et doit être formellement approuvée par le Président.
L'Assemblée nationale de Hongrie (la Országgy?lés), unicamérale, comprend 386 membres. Elle exerce le pouvoir législatif en votant des lois d'initiative gouvernementale ou parlementaire. Un parti doit gagner au moins 5 % au niveau national pour former une faction parlementaire. Les élections parlementaires nationales ont lieu tous les 4 ans (les dernières ont eu lieu en avril 2006).
Une coalition de gauche est au pouvoir depuis 2002. Cette coalition comprend le MSzP (Parti Socialiste Hongrois) et le SzDSz (Union des Démocrates Libres).
Le MSzP mène une politique libérale, pro-européenne. Pour la situer politiquement, on peut dire que le MSzP s'inspire du modèle de Tony Blair. Pour comprendre les tensions politiques en Hongrie, il est important de ne pas oublier que le MSzP est le descendant de l'ancien parti unique (Parti Communiste), et que la grande majorité de ses cadres en proviennent, où ils ont souvent occupé des postes importants.































