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Canada
Histoire du Canada
Ainsi, la guerre de la Conquête débute au mois de mai 1754 lorsque Coulon de Jumonville est envoyé en mission de reconnaissance à savoir si le territoire français (dans l'État actuel de Pennsylvanie) est en effet envahi par les Anglais, et le cas échéant, pour délivrer à ces derniers une sommation de retrait au nom du roi Louis XV. Dans cette altercation qui sera connue comme étant l'Affaire Jumonville et la cause directe du déclenchement de la guerre, George Washington est accusé par les Français d'avoir ouvert le feu sur cet émissaire du roi de France. Ce conflit a pour conséquence la bataille de Fort Necessity en juillet de cette même année. Au cours de cette dernière, le commandant du Fort Duquesne (actuel Pittsburgh), Claude-Pierre Pécaudy de Contrecoeur, décrète l'ordonnance d'arrestation de George Washington par un contingent de soldats commandé par Louis Coulon de Villiers, se soldant ainsi par la première victoire française.
Puis, en 1755, les soldats britanniques, dirigés par Robert Monckton, ouvrent une offensive et conduisent à la bataille de Fort Beauséjour en Acadie. Cette dernière mènera à la Déportation des Acadiens (surnommé le Grand Dérangement) par les Anglais en cette même année. Puis, en 1758, la Grande-Bretagne contraindra à la reddition les Français de la forteresse de Louisbourg, laquelle deviendra un point stratégique pour la prise de la ville de Québec.
Une série d'expéditions et de batailles se succéderont pour la prise de la vallée de l'Ohio, et au cours desquelles tant les Britanniques que les Français connaîtront victoires et défaites. Parmi les batailles les plus décisives de la guerre de la Conquête sur ce territoire, l'on peut nommer, entre autre, la bataille de la Monongahela, la bataille du Lac George, la bataille de Fort Bull, la bataille de Fort Oswego, l'expédition Kittanning, la bataille de Fort William Henry, la bataille de Fort Carillon, la bataille de Fort Frontenac, la bataille de Fort Duquesne, la bataille de Fort Ligonier et la bataille de Fort Niagara (dernière bataille majeure pour la possession de la vallée de l'Ohio).
Le 26 juin 1759, le siège de la ville de Québec débute lorsque les Anglais déposent pied à l'île d'Orléans. À la première tentative de débarquement pour la prise de Québec, les Anglais connaissent cependant une défaite lors de la bataille de Beauport au mois de juillet 1759. Au mois de septembre de la même année, les troupes britanniques débarquent à l'Anse au Foulon, et des soldats escaladent la falaise de Cap aux Diamants. La bataille des Plaines d'Abraham devient l'une des batailles les plus déterminantes de la guerre de la Conquête, et mène à la prise définitive de la ville de Québec par le général James Wolfe sur Louis-Joseph de Montcalm, marquis de Montcalm.
Lors de la bataille de Sainte-Foy, le gouverneur de la Nouvelle-France et François Gaston de Lévis, chevalier de Lévis, réussissent à repousser les Britanniques du général James Murray. Cependant, les renforts britanniques arriveront avant ceux de la France, et mèneront successivement à la capitulation de Trois-Rivières, et à celle de Montréal en septembre 1760 par le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, sous les conditions du général Jeffery Amherst, quelques temps après la bataille des Mille-Îles. Un dernier espoir fut toutefois donné par la France aux colons de la Nouvelle-France au mois de juillet 1760. Une petite flotte armée fut envoyée dans la Baie des Chaleurs, mais fut confrontée à une bataille vaine, la bataille de la Ristigouche.
Pendant trois ans, la Nouvelle-France est dominée par un régime militaire anglais, puis suite à la victoire britannique à la guerre de Sept Ans, la Grande-Bretagne s'approprie définitivement l'Acadie, le Canada et la partie orientale de la Lousiane (entre le Mississippi et les Appalaches) au Traité de Paris en 1763.
Ainsi, la Nouvelle-France prend fin, et bien que plusieurs vestiges de cette période passée demeurent encore aujourd'hui, après la vente aux Américains du restant de la Louisiane en 1803 par Napoléon Bonaparte, le territoire des îles Saint-Pierre-et-Miquelon reste la seule possession française en Amérique du Nord. À partir de 1763, les colons français acadiens et canadiens sont coupés de tous liens avec la métropole par l'armée britannique. Du moins jusque dans les années 1960, cette situation mènera ainsi la population acadienne et canadienne-française à un manque d'approvisionnement, à une soumission inconditionnelle de survie puisque coupée de toute défense militaire et autre, et à un appauvrissement face aux Anglais qui prennent possessions des terres des Français, et ce, tout en étant continuellement approvisionnés par la métropole britannique.
Alors que la France et la Grande-Bretagne sont toujours en guerre en Europe, la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre sortent d'une guerre qui a duré près de sept ans. Comme les décisions administratives et politiques concernant les colonies sont prises par les métropoles respectives, le général Jeffery Amherst, à titre de commandant en chef de l'armée britannique en Amérique du Nord, établit un régime militaire provisoire en Nouvelle-France. Ce dernier ne comporte aucune réforme afin de ne pas provoquer le soulèvement des Canadiens.
Pendant cette période, la bataille de Signal Hill met définitivement fin à la présence française à Saint-Jean de Terre-Neuve en 1762. Cette même année, la France cède secrètement la Louisiane de l'ouest du fleuve Mississippi, incluant La Nouvelle-Orléans, à l'Espagne par le traité de Fontainebleau. Cette cession est effectuée afin d'éviter que le territoire ne tombe aux mains de la Grande-Bretagne, mais ce dernier sera rétrocédé à la France, en 1800, trois ans avant la vente du territoire aux Américains. Après le traité de Paris de 1763, certains Acadiens iront s'établir dans la région qu'ils nommeront Acadiane, mais découvriront vite que le territoire sera maintenant possession espagnole.
Après la conquête anglaise en Amérique et la fin de la Guerre de Sept ans en Europe, la Nouvelle-France disparaît complètement et donne place à l'Amérique du Nord britannique. Par la Proclamation royale faite en 1763 sous commission du roi George III, le Canada change de nom et devient la Province of Quebec; le premier gouvernement civil y est institué avec un gouverneur général à sa tête reprenant le rôle du gouverneur et de l'intendant de la Nouvelle-France, et le territoire est limité à la base de peuplement de la vallée du fleuve Saint-Laurent. Au cours de la période, la Nouvelle-Écosse s'étendra sur la quasi-totalité du territoire de l'Acadie jusqu'en 1784, les colonies de l'Île-du-Prince-Édouard et de l'Île du Cap-Breton seront créées, et l'on verra s'agrandir les frontières de la Terre de Rupert.
De 1763 à 1766, les Amérindiens de la région de l'Outauais se soulèvent contre les Britanniques, ce qui est connu aujourd'hui comme étant la rébellion de Pontiac. Au cours de cette dernière, les soldats anglais amorcent une guerre biologique auprès de la population autochtone en distribuant des couvertures infectées par le virus de la variole, dans les forts amérindiens.
Dans la Province de Québec, les droits des citoyens canadiens français sont réduits malgré l'entente de capitulation de la ville de Montréal. Les institutions canadiennes sont abolies, alors que des institutions et des cours de justice britanniques sont implantées graduellement. Par conséquent, les Canadiens français ne peuvent exercer leur religion - ainsi le serment du test est obligatoire pour toutes personnes voulant occuper une charge civile - et l'utilisation de la Coutume de Paris (droit coutumier originaire du Nord de la France) est remplacée par la Common law, droit coutumier britannique.
Dès 1763, deux grands mouvements politiques font surface : le mouvement de restauration où les Canadiens français demande la protection et la reconnaissance de leurs droits civils et religieux, et le mouvement de réforme chez les marchands britanniques venus s'installer dans la colonie où l'on demande l'implantation immédiate des institutions britanniques telles qu'une chambre d'assemblée législative. Devant les menaces d'insurrection dans la Province de Québec, sous la pression de l'Église catholique et pour des raisons pratiques, Londres proclame finalement l'Acte de Québec en 1774 sous les recommandations du gouverneur Guy Carleton. Ce nouvel acte élargit les frontières de la colonie en incluant les territoires de l'Ontario actuel et de la vallée de l'Ohio. De plus, l'Acte de Québec redonne, aux Canadiens Français, certains privilèges tels que la conservation du régime seigneurial ainsi que le droit de pratiquer la religion catholique et d'utiliser la Coutume de Paris pour régir le commerce et les rapports civils. Le serment du test est abolit, mais le droit criminel et pénal britannique est toutefois maintenu. De plus, on interdit aux Canadiens de rétablir les liens avec la mère patrie.
À la bataille de Québec de 1775, les Américains attaquent les Britanniques basées à Québec, et tentent vainement de s'emparer de la ville afin de soulever les Canadiens français contre la Grande-Bretagne, et de gagner leur soutien dans la quête de l'indépendance des États-Unis. Malgré cette défaite, la ville de Montréal et les forts de la rivière Richelieu sont cependant contraints à la reddition. Le Congrès continental, assemblée législative commune des treize colonies de la Nouvelle-Angleterre, avait tenté à deux reprises de recruter les Canadiens français, mais la majorité de ces derniers décidèrent de demeurer neutres de l'avis du clergé catholique. Les forces révolutionnaires se retirent après le conflit. Puis, lors de la Campagne de Saratoga en 1777, celles-ci reviennent et conduisent une série de batailles pour la prise de contrôle de la baie d'Hudson, mais doivent reculer lors de la défaite à la seconde bataille de Saratoga à l'automne de cette même année.
Bien que le mouvement de réforme ait fait relâche pendant la période de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, il revient en force après la signature du traité de Paris de 1783 qui met fin à la guerre. Ce mouvement de protestation est d'autant plus amplifié lorsque près de 50 000 loyalistes de l'Empire Uni immigrent dans les colonies de la Province de Québec, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve afin de rester fidèles à la Couronne britannique. Un projet de constitution parlementaire sera établi, et mènera à l'établissement d'une assemblée législative en 1791.
D'autre part, comme les Loyalistes ne sont guère les bienvenus en Nouvelle-Écosse, la partie occidentale de celle-ci se détache afin de former une nouvelle colonie, le Nouveau-Brunswick, qui les accueille en 1784. En outre, avec le début de la Conquête de l'Ouest, au cours duquel le pays nouvellement formé des États-Unis d'Amérique s'approprie les territoires de l'ouest, la Province de Québec est contrainte à réduire les limites de son territoire. Ainsi, elle perd la vallée de l'Ohio, et les nouvelles frontières du sud sont définies par les barrières naturelles que sont les Grands Lacs et la rivière Niagara.
Afin d'accommoder les loyalistes anglophones qui se sont réfugiés dans l'ouest de la Province de Québec, cette dernière est divisée par l'Acte constitutionnel de 1791 en deux colonies distinctes, le Haut-Canada et le Bas-Canada. Le Haut-Canada correspond à l'Ontario actuel, majoritairement composé des Loyalistes de l'Empire Uni issus de la guerre d'Indépendance américaine. Le Bas-Canada correspond au Québec actuel, et on y retrouve une majorité de Francophones nommés « les Canadiens Français ». Comme toutes autres colonies, le Haut-Canada a son lieutenant-gouverneur nommé par le Gouverneur général. Afin de protéger la capitale des attaques américaines, les édifices législatifs du Haut-Canada déménageront de Newark (Niagara-on-the-Lake) à York (Toronto) lors du mandat de John Graves Simcoe, alors que ce dernier fondera London en 1793 pour aussi en faire la capitale, mais en vain. Le Bas-Canada est quant à lui dirigé par le Gouverneur général lui-même siégeant à Québec, capitale de l'Amérique du Nord britannique.
Bien que chaque colonie soit théoriquement une démocratie ayant son Assemblée législative élue par la population - la Chambre d'assemblée du Bas-Canada et la Chambre d'assemblée du Haut-Canada - cette dernière ne possède aucun pouvoir réel. Le régime d'État est une monarchie dont la Couronne est à Londres et dont la représentation se fait par l'intermédiaire du Gouverneur général et du lieutenant-gouverneur. De plus, contrairement au Haut-Canada où tous les membres de la législature (incluant le Conseil législatif du Haut-Canada) sont anglais - l'acte constitutionnel crée le Conseil législatif du Bas-Canada dont les membres sont non-élus et nommés par le gouverneur général. Cette disposition a donc pour effet de créer un système bicaméral, à deux chambres législatives, où le Conseil législatif a pour rôle de contrebalancer et de contrôler le pouvoir législatif donné à la majorité canadienne française du Bas-Canada via le système démocratique, et ce, en nommant des pairs britanniques.
De plus, le gouvernement des deux colonies est composé du Conseil exécutif du Bas-Canada et du Conseil exécutif du Haut-Canada dont les conseillers sont nommés par le Gouverneur général, au Bas-Canada, et par le lieutenant-gouverneur au Haut-Canada. Cette situation mènera donc la politique gouvernementale haut et bas-canadienne à une forme de ploutocratie tout au long de l'existence des deux Canadas. Ainsi, la Clique du Château, nom donné au gouvernement bas-canadien, sera composée des gens de l'élite anglophone montréalaise, dont les figures les plus proéminentes seront sans doute John Molson et James McGill, afin de ne servir que les intérêts commerciaux et autres d'un petit groupe de personne de la haute société anglaise. Alors qu'au Haut-Canada, le Family Compact (Pacte de Famille) mènera une politique monarchiste et ultra- conservatrice dont le but sera d'établir le modèle britannique, de paralyser les Canadiens-français et d'abolir le catholicisme. L'évêque anglican John Strachan en sera la figure la plus notable, et verra son influence grandissante après la Guerre de 1812.
Ainsi, deux décennies après la création des deux Canadas, le Canada joue un rôle significatif lors de la Guerre de 1812 au cours de laquelle le Royaume-Uni tente vainement de reconquérir le territoire des États-Unis d'Amérique. Il se démarque, entre autre, lors de la bataille de Queenston Heights au débarquement américain sur la rivière Niagara, de la bataille de York où la ville est acculée à la capitulation, de la bataille de la rivière Thames où les forces britanniques tentent de freiner l'avance des Américains passés par Windsor, et de la bataille de Châteauguay au cours de laquelle les Canadiens français sèment des embûches aux Américains, lesquels tentent sans succès de prendre la ville de Montréal afin de couper l'approvisionnement du Haut-Canada. La défense du Canada lui vaut d'importants avantages à long terme, notamment quant à la création d'un sentiment d'unité et de nationalisme au sein de la population de l'Amérique du Nord britannique. Une immigration massive de la Grande-Bretagne et de l'Irlande vers le Canada se fait sentir en 1815 où les immigrants s'installent notamment sur la péninsule du Niagara et dans les environs d'Hamilton joignant ainsi les Loyalistes arrivés en 1784. En cette même année, la ville de Drummondville est fondée à mi-chemin entre Trois-Rivières et la ville de Sherbrooke (peuplée en 1793 par les Loyalistes) afin d'établir un poste de surveillance sur la rivière Saint-François, laquelle donne un accès maritime direct du fleuve Saint-Laurent aux États-Unis. Une série d'accords mènera ensuite à de longues périodes de paix entre le Canada et les États-Unis, n'étant interrompus que par de brefs raids opérés par des insurgés politiques, les Fenians (Américains d'origine irlandaise), de 1866 à 1871 contre les autorités britanniques. Ces derniers seront notamment soutenus par le politicien canadien Thomas D'Arcy McGee, mais celui-ci modérera ses propos avant l'invasion fénienne à la bataille de Ridgeway sur la péninsule du Niagara en 1866.
Aux alentours de la ville actuelle de Winnipeg où les Métis s'installent, le Canada assiste en 1816 à la bataille des sept chênes, laquelle met en scène deux compagnies rivales de traite de fourrure, la Compagnie de la Baie d'Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest, dont le dessein - qui se solde par une victoire - est la prise de contrôle des provisions de fourrure du Fort Douglas par la Compagnie de la Baie d'Hudson.
En 1822, un projet d'union législative des deux Canadas est soumis au Parlement de Londres par Lord Henri Bathurst, alors secrétaire d'État pour les colonies britanniques, Secretary of State for the Colonies. Cette disposition a pour effet de créer une minorité francophone avec la majorité canadienne-française du Bas-Canada. Des représentants bas-canadien, dont Louis-Joseph Papineau, se rendent à Londres en 1823 afin de démontrer l'opposition massive du Bas-Canada. Le projet est finalement abandonné en cette même année.
Les représentants du Parti patriote (fondé par les Canadiens-Français au début du XIXe siècle avec la dénomination « Parti canadien » ) déposent des pétitions en 1828 à la Chambre des Communes de Londres dont les principaux intéressés se plaignent des actes arbitraires et illégaux du gouverneur général George Ramsay à l'endroit des Francophones. Ce dernier est démi de ses fonctions en cette même année.
Les tentatives avortées de réforme constitutionnelle, l'absence de pouvoir réellement légiférer - le népotisme gouvernemental, les difficultés sociales et le sentiment de minorisation des Francophones mènent les Patriotes canadiens, dirigés par Louis-Joseph Papineau, et insatisfaits de leur position de faiblesse, à envoyer 92 résolutions à Londres en 1834 exigeant plus de pouvoirs démocratiques pour le Parlement du Bas-Canada. En 1835, le gouverneur Lord Gosford met sur pied la « commission royale d'enquête sur toutes les peines affectant les sujets de sa majesté dans le Bas-Canada ». Cette commission mène aux 10 résolutions de Russell en 1837, lesquelles incarnent le refus catégorique de Londres et le rejet de l'ensemble des demandes, et permettent même au gouvernement colonial d'outrepasser l'autorité budgétaire de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Le Parti patriote change de stratégie suite à ce refus, et mène plusieurs assemblées de citoyens, dont les assemblées de Saint-Ours, Saint-Laurent, Saint-Marc et Stanbridge Station, en plus de l'Assemblée des six-comtés où la Colonne de la liberté est érigée. Au cours de cette dernière, tout comme dans les précédentes, les citoyens soutiennent l'idée des droits de l'homme, de la lutte constitutionnelle, du boycott économique et commercial, et approuve l'organisation paramilitaire des jeunes Patriotes, la Société des Fils de la Liberté. Certains Américains, dont les frères Robert Nelson et Wolfred Nelson, et certains Français recrutés par les États-Unis, dont Charles Hindelang, se rangent du côté des Patriotes, et appuient l'assemblée, laquelle mènera à la guerre civile du Bas-Canada en 1837, communément appelée la Rébellion des Patriotes. En 1838, la déclaration d'indépendance du Bas-Canada, écrite par Robert Nelson alors retourné aux États-Unis avec ses partisans, promulgue la séparation de l'Église et de l'État, puis mène à la création de la République du Bas-Canada. Cette volonté d'autonomie et cette révolution sont toutefois violemment réprimées par l'armée britannique, et mènent à une série de conflits dont la bataille de Saint-Denis, la bataille de Saint-Charles et la bataille de Saint-Eustache. De plus, au cours de la rébellion, les Iroquois des régions de Kahnawake et Kanesatake déclarent leur neutralité face au conflit, mais collaborent tout de même avec les autorités britanniques. Plusieurs villages de la Montérégie sont incendiés et pillés, et des Patriotes sont pendus en 1839, dont François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, sur le futur site de la prison Parthenais à Montréal. Certains sont déportés en Australie, colonie pénitencière, et d'autres doivent s'enfuir aux États-Unis.
La rébellion du Haut-Canada menée contre l'empire britannique est quant à elle de plus courte durée et n'a pas d'incidence directe. Comme au Bas-Canada, elle a pour but de réformer le système démocratique en introduisant la responsabilité ministérielle. Elle est le fruit de l'insurrection des Écossais menée par William Lyon Mackenzie et son Parti réformiste, et qui mène aussi à une déclaration d'indépendance, celle de la République du Canada. Les révolutionnaires fuient Toronto et vont établir le nouveau gouvernement de la république sur l'île Navy sur la rivière Niagara. Cependant, après avoir été forcés de quitter l'île par la Royal Navy, ils traversent la frontière là où les autorités américaines les capturent et les font prisonniers pour violation des lois de neutralité entre les États-Unis et l'empire britannique.
À la suite de l'échec des Rébellions de 1837, la reine Victoria sanctionne la création d'un conseil spécial pour administrer le Bas-Canada, et donne en 1839 à John Lambton, Lord Durham, la tâche d'étudier la situation politique des deux Canadas. Les principales recommandations de ce dernier sont la réunification des deux colonies (ce qui permettrait de réduire la grande dette du Haut-Canada en la répartissant sur tout le territoire) et la présence plus importante de la culture britannique auprès des Francophones, afin de les y noyer et de les assimiler, car ils sont considérés comme sans culture, sans histoire, sans patrie et sans littérature. C'est ainsi que l'Acte d'Union de 1840 fusionne les deux Canadas en une seule colonie quasi-fédérale, la Province du Canada - ou communément le Canada-Uni, abrogeant une partie des droits octroyés aux Canadiens français par l'Acte de Québec de 1774.
Ainsi, l'Assemblée législative de la province du Canada est dorénavant l'organe qui dirige théoriquement la colonie. Son siège sera alternativement Kingston, Montréal, Toronto et Québec, mais s'installera définitivement à Ottawa en 1866. Le Parti Tory, ou parti conservateur anglais, (incarné au sein du Family Compact et de la Clique du Château) perdra peu à peu de son influence jusqu'en 1848. Cette année-là, on voit apparaître l'instauration du premier gouvernement responsable du Canada suite à l'alliance entre Sir Louis-Hippolyte Lafontaine et Robert Baldwin, tous deux premiers ministres du Canada-Est et du Canada-Ouest respectivement.
De plus, en cette même année 1848, l'institut canadien de Québec est fondé avec pour mission la promotion de la culture francophone afin de contrecarrer l'influence grandissante de la culture britannique. Depuis l'échec de la rébellion des Patriotes, les politiciens canadiens-français tentent, en outre, de continuellement négocier avec le gouvernement britannique afin de retrouver leur province et leurs pouvoirs législatifs. De plus, face à la croissance de l'immigration britannique au Canada, l'Église catholique tente de contrer l'effet de minorisation des Francophones en encourageant la natalité, ce qui est connu aujourd'hui comme étant la revanche des berceaux. Ce phénomène perdurera jusqu'à la fin des années 1950.
Avec l'avènement du gouvernement responsable, on assiste à la fondation de nombreux partis politiques, et par le fait même, à la création d'un schéma rudimentaire décrivant les rouages de la scène politique canadienne actuelle. Ainsi, le Parti rouge est fondé au Canada-Est en 1848 par Antoine-Aimé Dorion en reprenant l'idéologie du parti patriote de Louis-Joseph Papineau (à l'origine du Parti libéral du Québec). Étienne-Paschal Taché viendra quant à lui équilibrer la politique avec la création du Parti bleu selon les idées plus modérées de Louis-Hippolyte Lafontaine, et lequel deviendra plus tard le Parti conservateur du Québec et l'Union nationale, pour finalement s'éteindre lors de la montée du mouvement souverainiste québécois dans les années 1960. Au Canada-Ouest, le parti libéral-conservateur sera fondé en 1854 par John Alexander Macdonald après la coalition du parti réformiste (formé au cours des années 1830 en défenseur de la rébellion haut-canadienne, pour devenir aujourd'hui le parti libéral de l'Ontario) de Robert Baldwin et William Lyon Mackenzie, et du Parti Tory (aujourd'hui le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario). Après une gamme de fusions de partis politiques au fil des ans, ce nouveau parti mènera au Parti Conservateur du Canada en 2003 au sein duquel se retrouveront les Red Tory et les Blue Tory - respectivement les partisans du progressisme et du conservatisme socio-économique. George Brown fondera quant à lui les Clear Grits (ancêtre du Parti libéral du Canada, et considéré comme étant plus progressiste), à même les membres plus radicaux de la faction réformiste du Parti réformiste, en prônant la Rep by Pop (principe de la démocratie représentative où les députés sont élus au prorata de la population), et donc la minorisation des Canadiens français à l'assemblée législative du Canada-Uni. Ce parti sera perçu comme privilégiant des politiques anti-francophones étant donné le principe défendu de la représentation selon la population, et la majorité anglaise qui existe dans l'ensemble du Canada-Uni.
Alors que le Canada-Uni est au bord d'une guerre civile au début des années 1860, et que la guerre de sécession des États-Unis fait rage, ayant été renversé par les partis d'opposition suite à son alliance avec le Parti Rouge pour cause de sécularisme anticlérical, les Clear Grits de George Brown s'associent en 1864 avec les partis de John Alexander Macdonald (parti libéral-conservateur) et de George-Étienne Cartier (parti bleu), lesquels forment la coalition Macdonald-Cartier. Les Clear Grits irlandais feront cependant volte-face et appuieront le parti réformiste de William Lyon Mackenzie. Ainsi, le gouvernement de coalition sera formé et mènera à la création de la Confédération en 1867, et ce, notamment dans le but de se prémunir contre les contrecoups de la guerre civile américaine au Canada.
Après que les États-Unis et le Royaume-Uni se soient entendus en 1846 pour retenir le 49e parallèle nord comme frontière séparant les États-Unis de l'Ouest de l'Amérique du Nord britannique, le gouvernement de Grande-Bretagne signa avec les États-Unis un accord de libre-échange pour le Canada-Uni en 1854. Le Traité de réciprocité canado-américain permit un regain dans l'économie en chute libre de la Province of Canada. Cet accord prendra cependant fin en 1866 et l'économie du Canada-Uni retombera à la dérive.
Le gouvernement de Grande-Bretagne créa la colonie de l'Île de Vancouver en 1849, et en 1858 la colonie de la Colombie-Britannique lors de la ruée vers l'or dans le Canyon Fraser. Dès la fin des années 1850, les dirigeants canadiens entamèrent une série d'explorations vers l'Ouest, menées entre autres par George Dawson et Joseph Burr Tyrrell, avec l'intention de prendre le contrôle de la Terre de Rupert ainsi que de la région Arctique. Le Territoire du Nord-Ouest et le Territoire Stikine virent le jour en reprenant certains emplacements de la Terre de Rupert. La population canadienne crû rapidement grâce à un taux de natalité élevé; l'immigration massive de l'Europe vint contrer l'effet de l'émigration vers les États-Unis, particulièrement celle des Canadiens Français migrant dans les États de la Nouvelle-Angleterre (nord-est américain) afin de fuir l'oppression anglaise.
Changement important à la fin de la période Pré-confédération, comme le gouvernement est maintenant imputable à la population, l'Assemblée législative du Canada-Est, majoritairement francophone, abolit la Coutume de Paris, et introduit le Code civil du Bas-Canada en 1866 à l'instar du Code Napoléon, en France, afin de régir les affaires civiles. Ce nouveau code de loi connaîtra une première réforme en 1980, pour ensuite être réformé complètement en 1991 et donner le Code civil du Québec. De plus, au cour de cette période, la Province du Canada connaît une période d'immigration massive provenant du sud des États-Unis suite à la Guerre de Sécession. Les immigrants américains s'établissent principalement dans le sud du territoire québécois, peuplant ainsi davantage la région des Cantons-de-l'Est, laquelle fut créée lorsque les Loyalistes de l'Empire-Uni s'y réfugièrent suite à la guerre d'indépendance des États-Unis. Puis, chevauchant la fin du régime du Canada-Uni et le début de la Confédération, on assiste à une recrudescence du développement de la région des Laurentides lorsque l'évêque Ignace Bourget concède la paroisse de Saint-Jérôme à François-Xavier-Antoine Labelle, communément appelé le Curé Labelle.
Suite à la Grande Coalition , lors de la Conférence de Charlottetown, et de la Conférence de Québec en 1864, ainsi que de la Conférence de Londres en 1866, les Pères de la Confédération entreprennent d'unifier les trois colonies » le Canada-Uni, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick » menant ainsi à la création du Dominion of Canada. L'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 crée ce dominion sous le nom de Canada, avec quatre provinces distinctes : l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Le but de cette organisation est de noyer le Québec, très populeux et concentrant les Francophones, dans un groupe de petites provinces anglophones avec les mêmes pouvoirs, ainsi que de se protéger contre les idées expansionnistes des États-Unis suite à la Guerre civile américaine. Bien que la formation de la Confédération entame une certaine forme de processus d'indépendance, le régime d'État demeure monarchique. Cependant, cette monarchie devient constitutionnelle, et conserve un gouvernement responsable à régime parlementaire.
En tant qu'un des pères de la Confédération, George-Étienne Cartier, politicien de forte influence au Bas-Canada, devient le principal précurseur de la conservation du fait français dans la confédération canadienne, ainsi que de la protection du régime politique que forme l'union fédérale. Lors de la conférence de Londres en 1866, cette dernière fut appelée, par les délégués anglais, à être remplacée par une union législative centrale à majorité anglaise, laquelle aurait supprimé le principe de la distribution des compétences législatives connu au sein de l'union fédérale actuelle, et par le fait même, aurait annihilé tous pouvoirs législatifs réels chez les Francophones étant donné la minorité qui aurait été ainsi formée.
Par la suite, le Canada entreprend de prendre le contrôle des terres de la Plaine entre la Colombie-Britannique et l'Ontario en remontant jusqu'au Territoire du Nord-Ouest par la Terre de Rupert. Le Canada intègre rapidement les territoires de l'ouest grâce à l'expansion des provinces d'Ontario et du Québec, de la colonie de la Colombie-Britannique et de la grande plaine. Les Territoires du Nord-Ouest sont créés avec l'intégration du Territoire du Nord-Ouest et de la Terre de Rupert en 1870.
La colonie de la rivière Rouge est fondée et deviendra plus tard la province bilingue du Manitoba. Les peuples autochtones, incluant les Métis (descendants d'Amérindiens et de Français et/ou Écossais), vivaient dans une structure politique qui leur était propre. Par conséquent, lorsque l'armée britannique arrive pour prendre possession des terres, certaines tensions dégénèrent en conflits ouverts, voire à la guerre. Ainsi, une crise politique majeure est déclenchée entre les Britanniques et le peuple métis de la Plaine, ce dernier désirant conserver son autorité et son autonomie sur son territoire. Le gouvernement provisoire a négocié avec le gouvernement canadien, ce qui mène à la création de la province du Manitoba et à son entrée au sein de la Confédération en juillet 1870. Les soldats canadiens, dont plusieurs étaient des Orangistes, ont abusé la population métisse. Plusieurs Métis sont partis vers l'Ouest. Louis Riel, le président du gouvernement provisoire, a été obligé de s'exiler au Montana à cause d'une prime placée par le gouvernement ontarien.
La colonie de la Colombie-Britannique » laquelle inclut celle de l'Île de Vancouver depuis 1866 » ainsi que la colonie de l'Île-du-Prince-Édouard rejoignent la Confédération respectivement en 1871 et en 1873. De plus, dans un but d'unification et afin d'étendre l'Union en soutenant l'autorité canadienne sur les provinces de l'Ouest, le gouvernement fait construire trois chemins de fer transcontinentaux » plus particulièrement le Chemin de fer Canadien Pacifique » en employant les immigrants chinois (devenus aujourd'hui les sino-canadiens) comme esclaves. Cependant, la construction du chemin de fer mène au Scandale du Pacifique en 1873 au cours duquel le premier ministre John Alexander MacDonald est au prise avec des accusations de corruption.
Le gouvernement encourage les immigrants européens à développer les Prairies canadiennes, et à cette fin, il adopte la Loi des terres du dominion, et établit la célèbre Police montée du Nord-Ouest (aujourd'hui la Gendarmerie royale du Canada). Alors que de plus en plus d'immigrants du Royaume-Uni se rendent dans la Plaine à bord du train transcontinental, et que la population de la région s'accroît, certaines des plus grandes villes connues aujourd'hui poussent comme des champignons au courant de la décennie 1880, dont Regina, Saskatoon, Calgary, Vancouver et Whitehorse, accompagnant ainsi les villes d'Edmonton, de Victoria fondées respectivement en 1795 et 1843 par la Compagnie de la Baie d'Hudson. En 1883, la ville de Sudbury (la ville la plus francisée de l'Ontario) sera quant à elle fondée suite à la découverte de mines de cuivre et de nickel dans la région. De plus, à la fin du XIXe siècle, des régions des Territoires du Nord-Ouest, dont certaines englobent ces villes, se font accorder un nouveau statut, formant ainsi le Territoire du Yukon lors de la ruée vers l'or dans la région du Klondike en 1897, ainsi que les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan en 1905.
Lorsque la rébellion de la rivière rouge prit fin, plusieurs Métis se déplacèrent vers l'ouest, afin de conserver leur indépendance. Ils fondèrent la colonie de Batoche dans le sud du territoire actuel de la Saskatchewan. Toutefois, avec l'arrivée des immigrants britanniques qui prirent possession des terres des Prairies dans les années 1880, et avec l'imposition du régime cadastral anglais de division des terres en cantons (faisant opposition au régime seigneurial) par le gouvernement canadien, le peuple métis se souleva contre le Canada, et mena une révolte afin d'établir un État indépendant. Louis Riel, revenu de son exil en 1884, dirigea cette tentative avortée, laquelle est aujourd'hui connue comme étant la rébellion du Nord-Ouest. Au cours de cette dernière, l'on assista à une série de conflits ouverts, dont la bataille de Duck Lake, le massacre de Frog Lake, la bataille de Fort Pitt, la bataille de Fish Creek, la bataille de Cut Knife, la bataille de Batoche, la bataille de Frenchman's Butte et la bataille de Loon Lake. Le chef métis, Louis Riel, fut capturé et pendu pour trahison en 1885 par les autorités canadiennes.
Bien que le mouvement suffragette pour le droit de vote des femmes soit apparu au courant des années 1870, ce droit n'est octroyé pour la première fois qu'en 1916 par les provinces de l'ouest canadien. L'année suivante, le gouvernement fédéral fera de même, et les provinces centrales et de l'Atlantique ainsi que les territoires suivront par la suite.
Les divisions territoriales de la Confédération changeront au cour des années, notamment avec l'intégration de la province de Terre-Neuve-et-Labrador en 1949, et de la création du territoire du Nunavut en 1997. Cependant, il est à noter que les provinces du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador sont encore aujourd'hui en désaccord sur la portion de la frontière des deux provinces au sud du Labrador. Bien qu'un jugement du Comité judiciaire du Conseil privé de Londres (Judicial Committee of the Privy Council) trancha en faveur de Terre-Neuve-et-Labrador en 1927, le Québec considère toujours cette frontière comme n'étant pas définitive.
De plus, donnant suite au commerce de la fourrure dans la région, le développement de l'Abitibi-Témiscamingue se fera sentir à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle avec son développement agroforestier, ainsi que dans la période de l'entre-deux-guerres avec un développement minier de métaux précieux tels que l'argent et l'or, et de minéraux industriels tels que le cuivre et le zinc. Ainsi, l'on verra la fondation des grandes villes de la région telles que Amos, Rouyn-Noranda et Val-d'Or. Dans la même lignée, la ville de Yellowknife, capitale actuelle des Territoires du Nord-Ouest, sera fondée au courant des années 1930 lors de la découverte de mines de diamant et d'or dans la région, alors que les villes de Fermont et de Schefferville au Québec - sur la frontière centre-ouest du Labrador - seront fondées lors de la découverte de mines de fer dans la seconde moitié du XXe siècle. La fondation de ces villes fera suite à la fondation de la ville de Chibougamau, au centre du Québec, dont le peuplement est aussi basé sur l'exploitation forestière et minière. Dans les années 1960-1970, l'on assistera en outre à un intérêt pour le développement des régions de la baie James et de la rivière Manicouagan, au Québec, par la construction de barrages étant donné le fort potentiel hydroélectrique. Sur le même chemin que celui de la ruée vers l'or dans la région du Klondike, les régions les plus au nord des Prairies, notamment celles de l'Alberta et de la Saskatchewan, verront pour leur part une croissance de leur population dès les années 1930 avec la découverte et l'exploitation des gisements de pétrole dans les sables bitumineux de l'Athabasca. Le nord de la Colombie-Britannique sera quant à lui développé grâce à son fort potentiel forestier, alors que le sud de la province le sera grâce à son climat propice à la culture fruitière et maraîchère, notamment dans la vallée de l'Okanagan près de la ville de Kelowna, laquelle fut fondée en 1859 par les missionnaires catholiques Oblats de Marie-Immaculée venant de France. La ville de Frobisher Bay, qui deviendra Iqaluit en 1987 et la capitale du Nunavut, sera quant à elle peuplée lors de la deuxième guerre mondiale où elle servira de base militaire américaine, puis connaîtra une croissance de sa population dans les années 1950 lors de la construction de la Ligne DEW - système de radars servant à la détection des intrusions soviétiques pendant la guerre froide afin de pourvoir à la protection de la souveraineté aérienne dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (N.O.R.A.D.). La communauté d'Alert, sur la pointe nord de l'île d'Ellesmere près de l'océan Arctique, aura la même mission à partir de 1958, alors que la pêche sera le principal mode de subsistance des villages côtiers nordiques, notamment ceux des régions du Labrador, du Nord-du-Québec, du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest tels que Inuvik avec la pêche aux crabes dans la mer de Beaufort.































