| | NoumeaPrésentation
Nouméa, (se prononce /numea/) principale ville portuaire de Nouvelle-Calédonie, est la capitale administrative de cette collectivité d'outre-mer au statut spécifique et le chef-lieu de la Province Sud. C'est aussi la plus grande ville francophone d'Océanie et même de tout l'océan Pacifique devant Papeete. Bien que peu peuplée (91 386), même en comptabilisant sa banlieue (146 000), c'est une ville où l'on croise toutes sortes d'ethnies. La majorité des habitants sont des Blancs, principalement des Caldoches mais aussi une forte minorité de fonctionnaires et de militaires français métropolitains qui y vivent temporairement. On trouve aussi une forte proportion de Kanaks, d'Asiatiques et de Polynésiens. C'est donc une ville très métissée mais à culture européenne, où la langue de Molière est très présente. Le mot "Nouméa" est un nom d'origine kanak remplaçant l'ancien nom de la ville : Port-de-France.
Géographie
Nouméa est située sur une presqu'île à l'extrémité sud-ouest de la Nouvelle-Calédonie. Elle dispose d'un relief accidenté constitué de plusieurs collines (Ouen Toro, Montravel, mont Coffyn, mont Vénus, etc...), culminant à celle de Montravel à 167 mètres au dessus du niveau de la mer.
Sa particularité est que son centre-ville et certains de ses quartiers (dont la zone industrielle de Ducos) sont essentiellement construits sur des remblais ou des polders, réalisés après l'assainissement de différentes zones marécageuses littorales au XIXe siècle (centre ville, quartier latin) ou bien plus récemment gagnés sur la mer (zone industrielle, port autonome). L'ancienne île Nou, un des anciens sites du bagne de Nouvelle-Calédonie, est devenue une presqu'île artificielle rebaptisée Nouville après la construction de remblais et d'un pont reliant le port à l'île.
La côte où se situe Nouméa forme une succession de baies qui offrent un éventail d'activités : baignade (Anse Vata, baie des Citrons, baie de Magenta), plaisance (baie de Sainte-Marie, marinas des baies de l'Orphelinat et de la Moselle), port touristique (quai Jules Ferry) ou commercial et industriel.
Protégée en partie des vents dominants (sud-est : les alizés tropicaux) par sa situation sur la côte Ouest de la Grande Terre, elle dispose également d'une rade profonde à laquelle on accède par l'une des plus grandes passes dans le récif corallien.
Le climat, tropical, est l'un des plus cléments du Territoire : ce n'est pas là que l'on enregistre les plus fortes températures minimales ou maximales, ni les plus fortes précipitations. Ainsi, la moyenne des précipitations à l'année (basée sur la période 1966-1995) est de 1072 mm, les mois les plus pluvieux (plus de 100 mm en moyenne) étant janvier, février et mars (la « période des cyclones » durant la saison chaude) et juin (période des pluies durant la saison fraîche), selon Météo France. La température moyenne est aux alentours de 26°C pour la saison chaude (décembre, janvier, février, mars, avec des températures maximales excédant souvent les 30°C) et de 20°C pour la saison fraîche (juillet, août, avec des minimales à 17°C parfois tôt le matin), toujours selon Météo France. Les records de température enregistrés à Nouméa ont été de 37°C pour les maximales et 14°C pour les minimales.
Mais Nouméa est sujette, comme le reste de la Nouvelle-Calédonie, aux tempêtes tropicales qui vont de la simple dépression tropicale jusqu'au cyclone. Le dernier en date, Erica en 2003, a provoqué des dégâts importants du fait de la puissance de ses vents et de son accélération subite qui a pris de court les météorologues: à Nouméa, plusieurs arbres ont été arrachés, à quoi s'est ajouté de nombreux dégâts matériels (une demi-lune datant de la Seconde Guerre mondiale a été littéralement balayée, le toit de l'université s'est envolé, etc.), 230 personnes ont dû être accueillis dans trois centres d'hébergement (Nouville, Anse Vata et Rivière Salée), mais aucune perte humaine ne fut à déplorer sur Nouméa (bilan humain sur l'ensemble du territoire: 2 morts plus la mort d'un agent d'électricité après le cyclone lors de travaux de rétablissement de l'énergie sur le réseau). De plus, Nouméa fut la seule commune du Territoire à ne pas souffrir d'une coupure en eau potable. En revanche, de nombreux voiliers de plaisance, mouillés dans les différentes baies de Nouméa, furent échoués du fait des vents violents et de la forte houle sur les digues du port.
Nouméa possède une végétation assez luxuriante, avec notamment de nombreux espaces non bâtis (notamment la colline de Montravel, ou l'essentiel du Ouen Toro qui a été aménagé en parcours pédestre). Mais les rues aussi sont verdoyantes. On y trouve une végétation de type tropical, avec les pins colonaires typiques du Territoire (l'un des emblèmes calédoniens), les cocotiers, les palmiers mais aussi les flamboyants qui se reconnaissent à la saison chaude par leurs fleurs rouges vives. Le parc forestier propose un sentier botanique permettant de découvrir de nombreuses espèces endémiques locales (le taux d'endémisme du territoire est considéré comme le plus élevé au monde). La politique de réaménagement de la place des Cocotiers durant les années 1990 en a fait également un bon éventail de la flore locale. Les espaces verts sont donc nombreux (parc forestier, place des cocotiers mais aussi l'ancien vélodrome du Receiving, le tour des baies, la plage de Magenta...). Nouméa restant une ville où le type d'habitat est essentiellement pavillonnaire, la plupart des habitants disposent ainsi de jardins.
Histoire
Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques ont été entreprises dans la presqu'île de Nouméa, révélant un peuplement avant l'installation des Européens. La présentation des différents sites archéologiques calédoniens, et donc nouméens, ont fait l'objet d'une présentation exhaustive dans la thèse de l'archéologue néo-calédonien, directeur du département d'Archéologie du Territoire, Christophe Sand: La Préhistoire de la Nouvelle-Calédonie; contribution à l'étude des modalités d'adaptation et d'évolution des sociétés océaniennes dans un archipel du sud de la Mélanésie.
Quoiqu'il en soit, la plupart des sources des militaires français témoignent que la presqu'île même était inhabitée (ou quasi inhabitée) lors de la fondation de Port de France. C'est même l'une des raisons qui ont poussé Tardy de Montravel à choisir ce site, espérant alors avoir peu de problèmes liés aux populations locales. Ainsi, si l'on sait que la presqu'île a été habitée avant l'arrivée des Européens (et même peu de temps avant), il est fort improbable que les colons aient cherché à minimiser la présence mélanésienne dans la presqu'île au moment de leur installation. Par conséquent, soit les peuplements pré-européens n'étaient pas de manière durable, soit la presqu'île fut dépeuplée (en raison des épidémies apportées par les premiers contacts avec les Européens, missionnaires ou santaliers, ou bien plus anciennement en raison de guerres claniques). D'un autre côté, si la presqu'île en elle-même n'était pas ou peu peuplée par les Mélanésiens au moment de la création de Port-de-France, il est possible qu'il s'agissait d'une dépendance des tribus alentours (à Païta, à Dumbéa et au Mont-Dore) peuplée que sporadiquement pour des activités « saisonnières » (pêche...). Cette thèse pourrait se retrouver dans deux origines possibles du nom de Nouméa : pour certains, il s'agirait d'une déformation due à une mauvaise compréhension des Européens du mot « Dumbéa », qui désigne aujourd'hui une rivière qui se jette à l'entrée de la presqu'île et l'une des communes du Grand Nouméa. Pour d'autres, il s'agirait de mots en langue Djubéa : « Nou » signifiant « île » ou « presqu'île » (d'où l'île Nou, devenue depuis Nouville), et « Méa » pouvant signifier « lagune aux poissons, propice à la pêche ». Néanmoins, il n'existe aucune certitude sur le peuplement pré-européen de Nouméa, de même que l'origine étymologique du nom du chef-lieu est sujette à controverse et à diverses interprétations.
Après la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France le 24 septembre 1853, la nouvelle administration coloniale cherche un endroit abrité et bénéficiant d'une bonne rade afin d'y créer un poste militaire et d'en faire le chef-lieu de l'île. Finalement, c'est le capitaine de vaisseau Tardy de Montravel (qui a donné son nom à un des quartiers de la ville) qui trouve le site idéal, protégé des vents dominant et en face d'une importante passe dans le récif, sur une presqu'île au sud-ouest de la Grande Terre. Ainsi est fondé le 25 juin 1854 Port de France qui se réduit à ses débuts à une simple garnison de militaires concentrés autour du fort Constantine (à l'emplacement duquel se trouve aujourd'hui le centre hospitalier Gaston Bourret).
Dès 1855, un premier plan d'urbanisme est constitué par le chef de bataillon du Génie Paul Coffin (qui a donné son nom à une des collines de la presqu'île). Il prévoit la construction d'une butte, dite butte Conneau, afin de gagner de l'espace sur la mer. Le 26 juin 1859, Port-de-France devient une commune dont le maire et le conseil municipal sont nommés par le gouverneur de la colonie (le conseil municipal ne sera élu qu'à partir de 1881).
La ville va lentement se développer avec l'arrivée de colons, de négociants, mais surtout par la présence de 1864 à 1894 du bagne sur l'île Nou dans la rade du chef-lieu puis dans la presqu'île de Ducos. Pour éviter toute confusion avec Fort-de-France en Martinique, son nom est changé en Nouméa le 2 juin 1866. L'arrivée des bagnards offre une main d'oeuvre gratuite à la colonie qui s'en sert pour réaliser de grands travaux, comme l'assainissement des marécages de la presqu'île (Baie de l'Orphelinat, quartier latin), l'arasement de la butte Conneau entre 1875 et 1877 qui donne naissance à l'actuel centre-ville, la construction de routes, l'aménagement du port ou la réalisation de conduites et de canalisations permettant d'approvisionner la petite ville en eau. Puis Nouméa se modernise, avec l'éclairage public au gaz en 1887, puis le premier réseau téléphonique et le premier service de transport en commun. La première automobile arrive en 1901, et en 1914 Nouméa est reliée à la commune de Païta, puis plus tard à La Foa, par un chemin de fer (le « petit train de la mine »).
Mais c'est l'exploitation du nickel qui donne un second souffle au chef-lieu après l'abandon du bagne en 1894 et qui lui confère son rôle de capitale économique du territoire, notamment lorsque l'on se rend compte que le nickel renforce de manière considérable les capacités de résistance de l'acier. La production et la transformation du nickel devient donc un enjeu stratégique pour la France au début du XXe siècle dans un contexte de course à l'armement à la veille de la Première Guerre mondiale, et c'est ainsi qu'est créée l'usine de Doniambo à Nouméa en 1909 qui concentre toute la production de nickel de la colonie. Durant l'entre-deux guerre, Nouméa s'étend progressivement sur la totalité de la presqu'île mais est durement touchée par la crise des années 1930.
En 1942, les Américains débarquent et transforment la Nouvelle-Calédonie en un gigantesque porte-avions pour la guerre du Pacifique. En vérité, la Nouvelle-Calédonie devient la principale base arrière américaine pour les opérations du Pacifique. Les Américains apportent avec eux la modernité et marquent profondément les Calédoniens : Coca-Cola, chewing-gum, dancing... Plusieurs quartiers de Nouméa gardent encore la trace toponymique de cette présence: Receiving, Motor Pool sont des noms de quartier hérités d'ancienne zone militaire américaine... Beaucoup de Calédoniens et de Nouméens ont gardé une certaine nostalgie de cette époque, et encore aujourd'hui, de nombreuses cérémonies commémorent tous les ans cette période autour du mémorial américain. Après-guerre, certaines demandes loufoques ont été envoyées à Washington pour faire de la Nouvelle-Calédonie le 51e État d'Amérique.
La présence de l'US Army a durablement dopé l'économie néo-calédonienne qui va atteindre son apogée dans les années 1960-70 : c'est l'époque du « Boom du Nickel ». L'or vert permet à l'île de s'enrichir considérablement, et c'est surtout Nouméa qui bénéficie des retombées économiques de cette exploitation grâce à la présence de l'usine SLN de Doniambo. Principale conséquence de ce boom économique : une vague d'extension frénétique et plutôt anarchique de la "capitale" avec la construction de tours copiées sur les grands ensembles urbains métropolitains : Montravel, Saint-Quentin à la sortie de la ville, Magenta...
Mais la crise économique mondiale liée au choc pétrolier de 1973 touche aussi la Nouvelle-Calédonie, à quoi s'ajoute une brutale crise politique et ethnique durant les années 1980 qui va opposer indépendantistes et loyalistes. Nouméa, elle, devient le bastion des anti-indépendantistes et échappe un temps aux affrontements qui ont surtout lieu en brousse. Néanmoins, après la mort le 11 janvier 1985 d'Yves Tual, un jeune Caldoche (ou calédonien d'origine européenne dont la famille est présente sur le Territoire depuis plusieurs générations) de 17 ans tué par des Mélanésiens, des émeutes violentes ont lieu à Nouméa : les commerces de leaders indépendantistes nouméens sont pillés et incendiés (la pharmacie de l'ancien député Maurice Lenormand, la station service Dang, etc.). La situation ne se calme qu'après la signature des accords de Matignon. C'est à Nouméa que sont signés en 1998 les désormais célèbres Accords de Nouméa qui ont défini le statut actuel du Territoire.
À partir des années 1990, le maire Jean Lèques entreprend une importante politique d'embellissement de la ville. Il fait réhabiliter ainsi certains quartiers désaffectés comme Rivière Salée et Ducos dans la périphérie nord de Nouméa ou encore la Vallée-du-Tir. La place des Cocotiers est totalement réaménagée : les monuments anciens de la place (la Fontaine Céleste, le Kiosque a Musique, ou encore l'ancienne mairie qui la borde qui est transformée en musée de la ville) sont rénovés et l'esplanade est agrémentée de nombreux arbres (cocotiers, d'où son nom, flamboyants). Le tour des baies, lui aussi, a été fortement modifié, avec l'aménagement de promenades piétonnières et cyclables, mais aussi de vastes marinas de plaisance. Enfin, depuis le début du XXIe siècle, la municipalité s'est lancée dans un nouveau projet visant à transformer le pôle touristique des baies du sud de la presqu'île (baie des Citrons, Anse Vata) en une sorte de « Côte d'Azur » calédonienne avec des hôtels de luxe, des restaurants et une forte concentration de bars et de boîtes de nuit.
À cette politique d'embellissement s'ajoute une politique d'expansion due à la forte augmentation de la population nouméenne (65 110 habitants en 1989, 76 293 en 1996 et 91 386 en 2004). Ce développement démographique a nécessité une intense activité de constructions d'habitats et de nouveaux lotissements ne cessent d'être aménagés dans la presqu'île (lotissement Tuband au bord de la baie de Sainte-Marie dans la partie sud-est, quartiers aisés de Tina au nord, lotissements accueillant des familles de la classe moyenne ou plus populaires des Portes de Fer et de Magenta à l'est...). De plus, l'agglomération nouméenne, que l'on appelle le Grand Nouméa, ne cesse de s'étendre. Ainsi le quartier de Koutio, dans la commune de Dumbéa, avec son lycée général et technique du Grand Nouméa flambant neuf ou sa galerie marchande accueillant, entre autre, un hypermarché Carrefour, est devenu emblématique de cette expansion frénétique de la capitale vers ses communes voisines. De plus, comme dans la plupart des villes modernes, on observe depuis les années 1980 un phénomène de fuite du centre urbain vers la banlieue. Le solde migratoire de la commune de Nouméa est ainsi négatif au profit des communes de son agglomération (solde de - 4 638 entre 1989 et 1996 ).
Politique
Nouméa est le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, elle est donc le siège du Haut-commissariat ("Haussariat"), résidence du délégué du gouvernement de la République française, ainsi que du Congrès de la Nouvelle-Calédonie (organe législatif du territoire) et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
C'est également le chef-lieu de la Province Sud, elle accueille donc l'Hôtel de la Province (appelée aussi la « Maison Bleue » par les médias locaux).
Pour ce qui est de la coopération internationale, Nouméa est également le siège du secrétariat général de la Communauté du Pacifique (ancienne Commission du Pacifique Sud CPS).
Nouméa reste un bastion traditionnel du RPCR, également appelé aujourd'hui Rassemblement-UMP, le parti anti-indépendantiste fondé par Jacques Lafleur qui fut député de la 1re circonscription, qui englobe Nouméa et les Îles Loyauté, de 1978 à 2007. L'actuel député de cette circonscription élu en 2007, Gaël Yanno, est issu de ce parti.
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