YerevanPrésentation
Erevan (en arménien : , Yerevan) est la plus grande ville et la treizième capitale de l'Arménie. Elle fut fondée en 782 av. J.-C. à l'ouest du pays, à l'extremité est de la plaine de l'Ararat au-dessus des gorges de la rivière Hrazdan. Même si elle est agée de près de 2 800 ans, Erevan n'est devenue la capitale de l'Arménie qu'en 1922 et la majorité de ses constructions ne datent que du XXe siècle.
La cité est le principal centre culturel, artistique et industriel du pays. Elle est également le siège de toutes ses institutions politiques.
Forte de ses 1 245 700 habitants, l'agglomération erevanaise regroupe plus de 42% de la population arménienne. Ses habitants sont appelés les Erevanais et les Erevanaises.
Étymologie et symboles
L'origine du nom de la ville d'Erevan provient de celui de la forteresse urartéenne Erebouni, construite à côté du centre-ville actuel et dont il reste encore des ruines. C'était à l'époque l'une des principales ville de l'Urartu. Par ailleurs, un des douze districts d'Erevan se nomme Erebouni.
Le principal symbole de la ville d'Erevan est évidemment le mont Ararat, visible par beau temps depuis n'importe quel endroit de la ville. Il est d'ailleurs representé sur les armes de la ville (cf. ci-dessous).
Les armes de la ville reprennent le symbole du lion couronné déjà utilisé par la République d'Arménie. Ce symbole représente le royaume arménien datant du premier roi de Cilicie, Lévon Ier. Le lion figure Lévon (Leo, lion en latin). Il est, par-dessus tout, le symbole héraldique le plus fréquent, tant en Orient qu'en Occident, et évoque force et majesté.
Le lion de Lévon, ainsi que de tous les rois de la dynastie roupénide, est représenté couronné, un sceptre à la patte antérieure droite, un bouclier » sur lequel est dessiné le mont Ararat » sur la poitrine et marchant à quatre pattes, la tête de face, contrairement aux symboles occidentaux où le lion est representé debout (au XIIIe siècle, l'Arménie se tournant vers l'Occident romain, se dote du lion debout et de profil).
Depuis 2004, Erevan s'est dotée d'un hymne national, Erépouni-Yerevan, écrit par Barouïr Sévag et composé par E. Hovhannissian, sélectionné à l'issue d'un concours pour représenter au mieux la ville, et d'un drapeau, basé sur les armes de la ville. Le drapeau reprend l'écu avec le lion. Celui-ci est sur fond blanc, entouré de 12 petits triangles rouges représentant les 12 capitales successives de l'Arménie.
Histoire
Erevan ou Yerevan est l'une des villes les plus anciennes du monde. Elle est aussi l'une des rares villes à pouvoir se targuer de posséder son « certificat de naissance », dont l'authenticité ne prête à aucun doute : une inscription cunéiforme gravée sur pierre sur ordre du roi Argishti Ier en 782 av. J.-C. indique que celui-ci fit construire une forteresse militaire pour se défendre des attaques du nord Caucase et la nomma Erebouni (origine du nom « Erevan ») » bien qu'il y ait eut des traces d'habitations antérieures. C'est à cette époque de la pleine puissance urartéenne que la ville fut dotée de canaux d'irrigation et d'un réservoir artificiel.
Un siècle plus tard, fut édifiée la forteresse de Teishebani par le roi Rusa II. Elle fut détruite 100 ans après par les Scythes. Du VIe au IVe siècle avant J.-C., la ville fut un des principaux centres de la satrapie arménienne de l'Empire achéménide. À la fin de l'époque urartéenne, la dynastie des Ervandounis et des Orontides régnant sur le pays contribue grandement au développement de la ville.
Par absence de données, de preuves ou de témoignages historiques, la période entre le IVe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle après J.-C. est connue comme l'âge sombre d'Erevan.
Le développement de la ville est incessant au début du Moyen Âge (Vers les Ve et VIe siècles) et la première église d'Erevan, l'église Saints-Pierre-et-Paul, est bâtie au Ve siècle (elle s'effondrera en 1931). C'est aussi à cette époque que les Arabes tenteront en vain d'envahir la ville. Au Xe siècle, forte de sa puissance militaire et économique, Erevan devient le véritable centre de l'Arménie orientale.
Les XVIe siècle et XVIIe siècle sont la période sombre de la ville : d'abord sujet de la Perse, elle sera plus tard un champ de bataille entre Perses et Turcs et finit en majeure partie détruite après le séisme de 1679.
Lorsqu'elle fut occupée par les Russes vers 1827, la ville ne comptait que 12 500 habitants, dont près de la moitié n'était pas arménienne. La paix revenue, la croissance démographique commença à décoller timidement et la ville obtint le statut de capitale de province puis de gouvernorat.
Au début du siècle, Erevan n'était qu'une petite bourgade de province de 30 000 habitants, aux portes de l'Empire russe. En 1918, elle a été déclarée capitale de la nouvelle République indépendante de l'Arménie, devenant ainsi le centre de l'Arménie indépendante jusqu'en 1920. L'urbaniste en chef Alexandre Tamanian a remodelé toute la ville pour la transformer en capitale digne de cette république. Cette croissance exceptionnelle a totalement bouleversé le visage de cette cité : construction de nouveaux quartiers, de nouvelles routes et ponts, d'un aéroport international, installation du métro en 1980, etc.
C'est tout naturellement qu'elle est devenue la capitale de la République socialiste soviétique d'Arménie en 1922, puis celle de la troisième république à l'indépendance du pays en 1991. Les manifestations en faveur de l'indépendance du Haut-Karabagh en 1988 sont la démonstration de l'installation de la Perestroïka en Union soviétique et de la volonté d'indépendance des 15 républiques soviétiques. Le séisme du 7 décembre 1988 ralentit le processus et l'Arménie est l'une des dernières républiques à obtenir son indépendance.
Après la sévère crise économique des années 1990, due en partie au blocus imposé par la Turquie et l'Azerbaïdjan, les années 2000 voient le retour de la croissance et le visage d'Erevan se transforme depuis chaque jour.
Démographie
À l'origine un petit village, Erevan est devenu en même temps que la capitale de l'Arménie une grande ville de plus d'un million d'habitants. Alors qu'en 1827, la ville n'est encore composée que de 6 parcs publics, 851 boutiques, 7 caravansérails, 10 bains publics et 1736 petites maisons en pierre habitées par 12 500 âmes, c'est plus d'1 200 000 habitants qui peuplent la ville en 1989, soit 1/3 de la population totale du pays.
Jusqu'à la chute de l'Union soviétique, la population était majoritairement composée d'Arméniens, mais aussi de minorités russes, kurdes et azerbaïdjanaises. Depuis, suite à la guerre du Haut-Karabagh entre 1988 et 1994, la minorité azerbaïdjanaise a complètement disparu, la crise économique des années 1990 a fait fuir une grande partie de la population russe et aujourd'hui, les Erevanais sont principalement arméniens.
Comme dans le reste du pays et des autres anciennes républiques soviétiques, la crise économique a fait fuir beaucoup de personnes vers l'étranger (principalement l'Europe et l'Amérique du nord). Erevan a vu sa population chuter de près de 1 250 000 en 1989 à 1 091 235 en 2003. La population de l'agglomération serait d'1 103 488 habitants en 2001 et, selon la municipalité d'Erevan, d'1 245 700 habitants en 2006
Géographie
Erevan se situe au centre-ouest du pays, à l'extremité nord-est de la grande plaine d'Ararat, là où les plateaux et les montagnes prennent le relais. En effet, une des grandes caractéristiques géographiques de la capitale arménienne est d'avoir certains quartiers situés en plaine, d'autres sur des collines, en bord de falaise ou même en montagne, à plus de 1 300 mètres.
Les quartiers sud et sud-ouest de la ville se trouvent à 900 mètres d'altitude, en bordure de la plaine d'Ararat. Le temps y étant très chaud et peu aéré en été, ce sont surtout des quartiers populaires et industriels où le développement économique se fait moins sentir que dans les autres quartiers. On y trouve notamment les deux aéroports de la ville, plusieurs dizaines d'anciennes usines à l'abandon ainsi qu'en grande banlieue, plusieurs centrales électriques, dont la centrale nucléaire de Metsamor à une trentaine de kilomètres à l'ouest.
Le centre-ville et les quartiers nord-ouest, également dans la partie "basse", à quelque 950-1000 m, sont construits autour des collines du Tsitsernakapert et du canyon de la rivière Hrazdan, le seul endroit frais de la zone centrale en été. Plusieurs dizaines de restaurants et de clubs s'y sont d'ailleurs installés et les touristes et les locaux aiment s'y rafraîchir les chaudes soirées estivales. Le district du Kentron (centre-ville) est sur la rive droite tandis que la rive gauche abrite le district beaucoup plus populaire d'Ajapnyak. Les sols y sont sableux et le climat aride y rend l'air pousserieux. À la sortie ouest de la ville, la rivière se jette dans le lac Erevanian, sur les rives duquel a été construit l'ambassade des États-Unis.
Le nord et l'est de la ville, en altitude (jusqu'à 1300m), boisés et frais en été, sont les quartiers les plus recherchés, notamment les districts d'Avan, Nork-Marach, Arabkir et Kanaker-Zeytun. Le panorama sur le mont Ararat et sa plaine est quasi-omniprésent. C'est d'ailleurs dans l'est, perché sur une petite colline, que l'on trouve l'origine de la ville : les ruines de la forteresse d'Erebouni.
Erevan, contrairement aux autres villes d'Arménie, ne fait pas partie d'un marz (province), étant elle-même un marz à part entière, entourée au nord par le marz de Kotayk', au sud par celui d'Ararat, au sud-ouest par celui d'Armavir et au nord-ouest par celui d'Aragatsotn.
Erevan possède un climat continental, du fait que la ville est placée dans une plaine entourée de montagnes. Ce climat continental est plus ou moins affirmé selon les quartiers de la ville : en altitude, il peut parfois être altéré par une influence de climat montagnard (nuits plus fraîches et orages plus fréquents en été, gelées et chutes de neige plus abondantes en hiver). En moyenne, la ville possède un ensoleillement annuel approchant les 2700 heures.
Les hivers sont rudes partout (chutes de neige et gelées courantes) et les étés souvent très chauds (il peut faire jusqu'à 35°C, voire 40°C dans la plaine de l'Ararat). Les rares précipitations (318 mm/an) sont souvent dues à de violents orages d'été.
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