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Billet avion pour Odessa (Ukraine)
Odessa
Présentation
Odessa (ukrainien , russe , roumain Odesa, turc Hac?bey) est un port d'Ukraine sur la mer Noire et la capitale de l'oblast d'Odessa.
De 1819 à 1858, Odessa fut un port franc. Durant la période soviétique, c'était une base navale et depuis le 1er janvier 2000, le port d'Odessa est déclaré port franc et zone franche pour 25 ans.
Odessa possède un important centre portuaire commercial qui fournit en marchandises et matières premières une bonne partie du pays. La Turquie contrôle les Dardanelles et le Bosphore, autorisant l'OTAN à contrôler le trafic maritime entre Odessa et la Méditerranée. En fait, Odessa comprend deux ports : Odessa et Youjny (un important terminal pétrolier) dans la banlieue. Illitchivsk, un autre port important, se trouve dans le même oblast au sud-ouest d'Odessa. Ensemble, ils forment un important noeud de communication ferroviaire. Les industries pétrolières et chimiques d'Odessa sont connectées avec des oléoducs stratégiques à la Russie et à l'Union européenne.
La ville est un des pôles économiques les plus importants d'Ukraine, dotée d'industries agroalimentaire, textile et manufacturière. De plus, Odessa abrite un nombre considérable de marchés en plein air qui fournissent tout le pays en biens de consommation. Ses taux de croissance annuels dépassent souvent les 10%.
Odessa est, avec près de 1,1 millions d'habitants, la 5e plus grande ville d'Ukraine, et l'une des plus riches du pays. Au XIXe siècle, c'était la 4e ville de Russie après Moscou, Saint-Pétersbourg et Kiev. Traditionnellement, son architecture est plus méditerranéenne que russe, très influencée par les styles français et italien. Odessa a toujours possédé un esprit de liberté et d'ironie, en vertu de sa situation géographique d'ouverture aux étrangers. Elle est souvent dénommée la Marseille d'Ukraine.
La ville est une destination touristique de premier ordre, avec de nombreux cafés et discothèques (Arcadia), des kilomètres de plages de sable fin et une certaine atmosphère méridionale.
L'Ukraine (?) est un pays d'Europe de l'Est, le 2e plus grand d'Europe. Elle a un débouché sur la mer Noire au sud, et des frontières avec la Russie à l'est, la Biélorussie au nord et la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie, la Hongrie et la Moldavie à l'ouest.
Histoire
L'Ukraine fut le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves, la Rous' de Kiev (appelée dans les écrits occidentaux Ruthénie), qui durant les Xe et XIe siècles fut l'État le plus grand et le plus puissant d'Europe.
Au IXe siècle, Kiev fut prise aux Khazars par le Varègue (Viking oriental) Oleh le Sage. Située sur des routes marchandes lucratives, Kiev devînt rapidement le centre d'un puissant État slave, appelé "Rous" ou Ruthénie (le nom d'"Ukraine", qui signifie "marche frontalière" en russe, est dû à l'expansion de la Moscovie, bien plus tard). Au XIe siècle, la Ruthénie était géographiquement le plus vaste État d'Europe. En 988, sous le règne de Vladimir le Grand, un missionnaire chrétien, Cyrille, convertit l'aristocratie kiévienne (surtout varègue) et la majorité de la population. Sous le règne de Iaroslav le Sage, le prestige de l'État kiévien atteint son apogée : il s'étend de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l'Oka avec la Volga jusqu'aux Carpates septendrionales. Iaroslav fut un grand bâtisseur, c'est lui qui fit construire la célèbre cathédrale Sainte-Sophie à Kiev, et un grand législateur. Le droit, l'éducation, l'architecture et l'art kiévien connaîtront un renouveau impressionnant sous son règne. Mais au XIIe siècle, des conflits parmi les seigneurs de la Ruthénie ont mené l'État kiévien au déclin: il se divise en différentes principautés. Kiev fut saccagée par la principauté de Vladimir (1169) durant la lutte pour le pouvoir entre les princes et plus tard par les Coumans et les Tatars Mongols aux XIIe et au XIIIe siècle. Par conséquent, les principautés ruthènes durent reconnaître la souveraineté des Mongols. L'autorité mongole était très cruelle, notamment en matière pénale, et le peuple a souvent fui vers d'autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Moldavie.
Durant le XIVe siècle, les Polonais et les Lituaniens combattirent l'envahisseur mongol et finalement toue l'Ukraine septendrionale passa sous l'autorité de la Pologne et de la Lituanie. Les Tatars ne gardèrent que le littoral de la Mer Noire et la Crimée; toutefois, de 1412 à 1484, la pologne atteignit la Mer Noire du côté d'Otchakiv (vers l'actuelle Odessa).
C'est durant cette domination lituano-polonaise, à partir du XVe siècle, que se formèrent les Cosaques, des paysans ruthènes orthodoxes qui refusaient la servitude et l'assimilation aux Polonais catholiques. Le royaume de Pologne les tolère et les utilise contre les Tatars, puis, à partir du XVIème siècle, contre les Turcs ottomans, devenus suzerains des tatars de Crimée.
Affaiblie par des querelles internes et les invasions mongoles, la Ruthénie fut progressivement intégrée au Grand-Duché de Lituanie et finalement, au XVIe siècle, dans la Confédération lituano-polonaise.
Au milieu du XVIIe siècle, suite à une révolte populaire des Cosaques du Registre et de la Sich, ainsi que des paysans ukrainiens, un État autonome ukrainien, l'Hetmanat cosaque, fut établi et perdura pendant plus d'un siècle malgré la pression des envahisseurs moscovites attirés par les terres riches et fertiles. Suite au traité d'Androussovo, il fut partagé en deux, l'un sous protectorat Polonais, l'autre sous protectorat Moscovite qui perdura pendant plus d'un siècle. le territoire des Cosaques Zaporogues de la Sich fut tout d'abord cogéré par les deux souverains.
Catherine la Grande, impératrice de Russie, supprima le Hetmanat au milieu du XVIII siècle et détruisit la Sich dans le dernier quart du XVIII siècle. Le partage de la Pologne lui permit de récupérer pratiquement toute l'Ukraine de la rive droite, à l'exception de la Galicie, passée sous contrôle de l'Empire Austro Hongrois.
La culture ukrainienne connut une renaissance au XIXe siècle. Moscou ne tarda pas à réagir et, en 1876, interdit la langue ukrainienne dans les écoles, les journaux et la littérature. En 1892, Kiev comptait près d'un demi-million d'habitants.
Après la Révolution d'octobre de 1917, l'Ukraine fut brièvement indépendante jusqu'en 1920. La Rada ukrainienne centrale proclama le 20 novembre 1917 la République Populaire d'Ukraine et le 25 janvier 1918 sa séparation d'avec la Russie. Le premier chef d'État ukrainien devint V.K. Vinnitchenko.
Pour combattre l'armée rouge qui contrôlait alors une partie de l'Ukraine, la Rada centrale chercha le soutien des Allemands qui organisèrent un coup d'État et renversèrent le gouvernement de Vinnitchenko, mettant à sa place P.P. Skoropadski. Mais l'Allemagne perdit la Première Guerre mondiale et Skoropadski, dépourvu de tout soutien, fut renversé par le mouvement populaire, guidé par Simon Petlioura. Finalement, le 14 décembre 1918, la République populaire d'Ukraine fut rétablie avec V.K. Vinnitchenko.
L'Ukraine fut envahie par l'Armée rouge et ramenée dans le giron russe. L'ancien « grenier » de la Russie tsariste, devenu une république fantoche, continuait à ravitailler les centres urbains soviétiques. Le 30 décembre 1922, l'URSS naissait du traité qui réunissait la RSFSR, la Biélorussie, l'Ukraine et la Transcaucasie. Dans le conflit qui opposa les communistes du centre (Moscou) et les partis communistes nationaux, c'est le centre qui l'emporta et imposa une fédération.
Quand Staline déclencha sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l'Ukraine devint l'une des sources indispensables de son financement. Les années d'industrialisation furent marquées par la construction de la plus grande centrale hydraulique de l'Europe sur le Dniepr (le DnieproGuES), ce qui contribua à l'électrification de la République, ainsi qu'une importante mise en valeur du grand bassin minier et métallurgique, le Donbass.
Genève est la seconde ville de Suisse et le chef-lieu du canton de Genève. La commune de Genève compte 185 524 habitants en 2007.
Elle est le centre régional dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la culture et des transports et son aire urbaine forme une agglomération transfrontalière, le bassin franco-valdo-genevois, s'étendant sur le canton de Vaud et les départements français de l'Ain et de la Haute-Savoie, pour un total d'environ 780 000 habitants. L'Arc lémanique est l'aire urbaine située autour du lac Léman » deux pôles principaux, Genève-Annemasse et Lausanne, distants de 60 kilomètres ainsi que les villes de Vevey-Montreux et Thonon-Évian » et s'étendant jusqu'à Annecy au sud.
Genève est la deuxième place financière du pays. Selon une étude menée par Mercer Consulting, c'est la métropole qui offre la meilleure qualité de vie au monde avec Zurich, devant Vancouver et Vienne. Genève fait également partie des villes mondiales.
Étymologie
Le nom de Genève est d'origine celtique : Genava. Même si Genève se trouve mentionnée sous la forme de Genava dans des textes latins, le nom lui-même est fondamentalement celtique. Il se trouve aussi transformé par des cultures autres. Ainsi en francoprovençal, on le retrouve sous la forme de Geneva et dans les langues nationales suisses, Genève s'écrit Genf en allemand, Ginevra en italien et Genevra en romanche.
Géographie
Genève, centre commercial, bancaire, industriel, intellectuel et universitaire, s'étend à l'extrémité sud-ouest du lac Léman, sur les deux rives du Rhône, au centre d'une cuvette encadrée par des montagnes qui se trouvent toutes sur territoire français : les Voirons, le Salève, le Mont de Sion, le Vuache (département de la Haute-Savoie) et le massif du Jura (partie située dans le département de l'Ain).
La vieille-ville, constituée des quartiers de Cité-centre et de Saint-Gervais, s'est formée sur et autour d'une colline sur la rive gauche du lac et de part et d'autre du Rhône autour de l'ìle.
Cette colline constitua dès la préhistoire un refuge naturel protégé par le lac, le Rhône, l'Arve, des marécages et des fossés à l'est. La ville s'étend au XIXe siècle après la démolition des fortifications (1850-1880).
Dans la rade de Genève se situent les pierres du Niton, deux rochers émergeant du lac Léman et datant de la dernière ère glaciaire. L'un d'eux est choisi par le général Guillaume-Henri Dufour comme point de référence du calcul de toutes les altitudes en Suisse.
En 2000, la commune obtient le prix Wakker de la Ligue suisse du patrimoine national pour son concept de réaménagement des berges du Rhône et de son environnement urbain immédiat. Le projet du Fil du Rhône est alors progressivement mis en oeuvre.
À Genève, l'hiver est froid et généralement peu ensoleillé. Au cours de la saison, on peut observer à quelques reprises plusieurs jours sans dégel ainsi qu'un jour ou deux avec des fortes gelées où le thermomètre affiche -10°C. Lorsque la bise se met à souffler, la sensation de froid est accentuée et peut rendre parfois les conditions assez rudes. Le soleil reste relativement rare car masqué par des stratus ou par le brouillard. On en observe plusieurs jours par mois et, en cas de conditions anticycloniques stables, ils peuvent persister durant plusieurs jours. Dès le mois de mars, les températures augmentent et deviennent presque estivales fin mai. Cependant, les précipitations s'intensifient et prennent souvent un caractère orageux au cours du mois de mai. Ils peuvent être brefs mais forts et déverser en quelques minutes plusieurs dizaines de millimètres de pluie. Les étés sont souvent chauds et plutôt humides même si certains peuvent être plus frais. Les matinées restent elles relativement fraîches. Durant la saison, les pluies se font moins fréquentes mais plus intenses. C'est en effet la saison des orages exceptionnellement accompagnés de grêle. Si le climat de début septembre est encore estival, le temps se refroidit ensuite rapidement pour devenir quasiment hivernal en novembre. Les gelées matinales font alors leur réapparition. L'automne est également la saison des brouillards, le mois d'octobre étant souvent le mois où il y a le plus de brouillards dans l'année.
La commune de Genève s'est constituée sous sa forme actuelle en 1930, au moment de la fusion des communes de Genève (historique), de Plainpalais, des Eaux-Vives et du Petit-Saconnex. Un projet supprimant la commune et mettant la ville sous la tutelle du canton échoue devant le peuple genevois en décembre 1926. Après la fusion, quatre arrondissements (portant les noms des anciennes communes) sont maintenus jusqu'en 1958, date à laquelle, avec le processus de dépeuplement du centre de la ville et de déplacement de la population à sa périphérie, ils sont supprimés.
Il apparaît, au début du XXIe siècle, qu'une distinction des tâches de la ville et de celles du canton n'est toujours pas clairement réalisée. Dans ce contexte, le Conseil d'État propose en 1999 une fusion entre ville et canton mais la ville, gérée par une majorité de gauche opposée à celle du gouvernement genevois, refuse la démarche au nom de l'autonomie municipale.
La ville de Genève reste toutefois subdivisée en quatre sections : Cité, Plainpalais, Eaux-Vives et Petit-Saconnex. Alors que l'Office fédéral de la statistique recense au niveau fédéral les communes en Suisse, c'est l'administration cantonale genevoise qui se charge du découpage des communes genevoises (sous-secteurs) :
Histoire
La soumission romaine du pays des Allobroges intervient dès 121 av. J.-C. Genève devient alors un poste avancé au nord de la province de la Gaule transalpine (prendra le nom de Gaule narbonnaise à partir du règne d'Auguste). L'aménagement d'un port intervient en 123-105 av. J.-C. La ville est alors constituée d'une modeste agglomération où les habitations sont bâties en bois et en torchis. Genève entre dans l'histoire en 52 av. J.-C., lorsque Jules César mentionne son passage dans cette cité (Genua) dans son De Bello Gallico. Voulant empêcher le passage des Helvètes, César coupe le pont sur le Rhône. Lorsque César s'installe provisoirement avec ses troupes en 58 av. J.-C., l'oppidum s'agrandit encore devient dès lors une ville romaine (vicus puis civitas). Pourtant, Nyon (Colonia Julia Equestris) puis Avenches (Aventicum) occupent une place plus importante dans le réseau urbain régional. Après un incendie au milieu du Ier siècle, l'urbanisme est modifié et les constructions en pierre remplacent les édifices en matériaux légers. Les migrations alémanes provoquent la destruction de l'ensemble bâti dans le dernier quart du IIIe siècle.
Le premier sanctuaire chrétien est établi aux environs de 350. À la fin du IVe siècle, le complexe est achevé : il est constitué d'une église de plus de trente mètres de long bordée par un portique d'accès vers le baptistère et son annexe. Dans la ville haute, l'église Saint-Germain représente au Ve siècle un second point de focalisation des premiers temps chrétiens. L'installation des Burgondes en 443 et le choix de Genève comme capitale renforcent le rôle politique de la ville. Le centre du royaume burgonde se déplaçant vers 467 à Lyon, Genève subit les guerres fratricides entre Godégisel et Gondebaud qui incendie la ville. Jusqu'à la fin du haut Moyen Âge, on observe une continuité d'occupation dont le meilleur exemple est le groupe épiscopal. Les limites de la cité se maintiennent à l'intérieur de l'enceinte du Bas-Empire mais les faubourgs proches des grands cimetières se développent. L'éboulement de la montagne du Tauredunum en 563 provoque un raz-de-marée qui détruit le port et fait de nombreux morts. Au début du Moyen Âge, le développement horizontal de l'époque romaine puis la réduction de l'espace urbain imposée par le système de fortification adopté est remplacé par une ville médiévale bâtie en hauteur.
La structure du pouvoir entre l'arrivée des Burgondes et le traité de Seyssel de 1124 fait l'objet de débats qui ne sont pas clos aujourd'hui. En face du roi burgonde, l'évêque possède l'autorité spirituelle. Mais les querelles dynastiques affaiblissent la monarchie burgonde qui disparaît en 534 au profit des Francs. Genève devient alors le centre d'un pagus qui dépend du roi régnant à Orléans ou du roi de Neustrie. Dès l'époque des Carolingiens, le diocèse de Genève est l'enjeu de luttes de pouvoir entre les souverains de la région et l'empereur. S'il exerce un certain nombre de droits régaliens comme celui de battre monnaie, l'évêque ne reçoit pas les droits comtaux dans l'une ou l'autre partie de son diocèse qui sont exercés par le comte de Genève qui possède un château au-dessus du Bourg-de-Four.
Lorsque l'empire de Charlemagne se désagrège, Genève fait partie du second royaume de Bourgogne qui passe en 1032 dans le Saint Empire romain germanique. Avec la réforme grégorienne, à la fin du XIe siècle, commence une réaction contre les empiètements du seigneur laïc sur les biens de l'Église. Soutenu par le pape, l'évêque Humbert de Grammont impose au comte Aymon Ier le traité de Seyssel qui établit la souveraineté de l'évêque sur la cité. Par un diplôme de 1162, l'empereur Frédéric Barberousse établit définitivement l'indépendance des évêques désormais reconnus comme princes immédiats de l'Empire. Au début du XIIIe siècle intervient un troisième pouvoir : celui de la maison de Savoie. Le comte de Savoie s'empare en 1250 du château du Bourg-de-Four. Au milieu du XIIIe siècle, les marchands et artisans se regroupent pour lutter contre la puissance seigneuriale de l'évêque. Ce mouvement est favorisé par les foires de Genève qui, à partir du milieu du XIIIe siècle, apportent aux citoyens l'exemple des communes libres d'Italie et la prospérité qui leur permet d'imposer leurs volontés à l'évêque. Dès la fin du siècle, le comte de Savoie s'attaque au pouvoir épiscopal.
En 1285, les citoyens désignent dix procureurs ou syndics pour les représenter. La décision est annulée par l'évêque le 29 septembre mais, le 1er octobre, le comte Amédée V leur accorde des lettres patentes garantissant la sécurité des marchands se rendant aux foires. En 1309, l'évêque reconnaît aux citoyens le droit de constituer des syndics ou procureurs pour traiter leurs affaires communes à condition qu'ils n'empiètent pas sur la juridiction épiscopale. En contrepartie, il leur impose la construction d'une halle, nécessaire à l'entreposage des marchandises destinées aux foires, et leur en assure le tiers des recettes. Dès lors, les citoyens, assemblés au début de chaque année au sein du Conseil général, élisent pour un an les syndics de Genève. En 1387, l'évêque Adhémar Fabri confirme les franchises accordées aux citoyens et à leurs syndics par une charte qui dominera pendant cent cinquante ans la vie politique genevoise. Les comtes de Savoie s'arrogeant de plus en plus de pouvoir au détriment de l'évêque, les citoyens font front avec l'évêque contre l'ennemi commun. Mais Amédée VIII de Savoie, qui a acquis le comté de Genève, obtient pour les princes de sa maison un droit de présentation au diocèse : le siège épiscopal sera occupé par des Savoie ou des membres de familles vassales.
Engagée par son évêque aux côtés du duc de Bourgogne dans la guerre de Bourgogne, Genève est menacée par les Suisses après leur victoire et condamnée en 1475 à payer une amende importante. L'évêque se tourne alors vers les vainqueurs et conclut, le 14 novembre 1477, avec les villes de Berne et Fribourg un traité de combourgeoisie pour cinq ans. En 1519, c'est la communauté des citoyens qui signe avec Fribourg un traité de combourgeoisie mais le duc de Savoie contraint les Genevois à renoncer à cette alliance dirigée contre lui. Toutefois, le traité de 1526 entre Genève, Berne et Fribourg annonce la fin du pouvoir de l'évêque et l'émergence d'une seigneurie autonome. Les Eidguenots, partisans des Confédérés, font approuver le traité par le Conseil général le 25 février.
Dès 1526, des marchands allemands propagent à Genève les idées de la Réforme luthérienne parmi les commerçants genevois et ce courant se répand dans la population sous l'influence de prédicateurs comme Guillaume Farel. Le 10 août 1535, la célébration de la messe catholique est interdite et, le 26 novembre, le Conseil des Deux-Cents s'attribue le droit de battre monnaie à sa place alors que la ville est à nouveau menacée par la Savoie. La Réforme est définitivement adoptée le 21 mai 1536 en même temps que l'obligation pour chacun d'envoyer ses enfants à l'école. Genève devient dès lors le centre du calvinisme et se trouve parfois surnommée la « Rome protestante ». Arrivé à Genève en juillet 1536, Jean Calvin aura une influence immense, en tant que président de la Compagnie des pasteurs, sur tous les aspects de la vie genevoise. La république proclamée sous le nom de « Seigneurie de Genève », il en rédige les Ordonnances ecclésiastiques en 1541 puis les Édits civils en 1543 qui serviront de constitution à la nouvelle république. Les institutions politiques comprennent le Conseil général, où siègent les membres de la bourgeoisie de Genève, le Conseil des Deux-Cents, le Conseil des Soixante et, pour les affaires religieuses, le Consistoire.
Dès son avènement en 1580, les attaques du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie se multiplient. Genève étend alors son alliance avec Soleure, Zurich et la France. En avril 1589, les Genevois et leurs alliés tentent de faire reculer les Savoyards qui parviennent à maintenir leur position.
Le 11 décembre 1602, la nouvelle attaque nocturne des Savoyards, défaite restée dans l'histoire sous le nom d'« Escalade », contraint le duc à accepter une paix durable scellée par le traité de Saint-Julien du 12 juillet 1603 qui reconnaît l'indépendance de la cité. Sur le plan économique, de nombreux protestants italiens mais surtout français doublent la population durant les années 1550 et donnent un nouveau dynamisme à la ville. Ces nouveaux venus, hommes d'affaires, banquiers ou artisans, apportent pourtant de l'argent et des relations avec les milieux d'affaires étrangers et développent le rôle de relais commercial de Genève. Les activités manufacturières implantées par leurs soins » soierie dont les maîtres sont Italiens, dorure et horlogerie après la disparition de la soierie au milieu du XVe siècle » se développent pour la première fois à l'exportation grâce au soutien que leur accordent les autorités municipales.
Le siècle, économiquement et culturellement florissant, est secoué par des troubles politiques que les contemporains appellent les « révolutions de Genève ». En effet, le système politique en place repose sur la distinction entre deux groupes : ceux qui bénéficient des droits politiques et civils, aristocrates et bourgeois qui restent minoritaires (27% en 1781), et ceux qui n'ont pas de droits politiques et seulement certains droits civils (habitants et natifs). C'est toutefois à l'intérieur du groupe formé par les citoyens et les bourgeois que la lutte finit par éclater.
La Suisse, nom usuel de la Confédération suisse (Confoederatio Helvetica en latin, abrégé CH), est un pays d'Europe de l'Ouest bordé par l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche et le Liechtenstein. Elle est quadrilingue : allemand (die Schweiz), français, italien (Svizzera) et romanche (Svizra). Elle est constituée de la fédération des 26 cantons suisses. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire, et abrite de nombreuses organisations internationales.
Confédération suisse ou helvétique ?
Les termes de « Confédération suisse » (allemand : Schweizerische Eidgenossenschaft; italien : Confederazione svizzera, romanche : Confederaziun svizra, latin : Confoederatio helvetica), qui est l'appelation de la Suisse depuis 1803, est utilisée pour la première fois en allemand dans un document datant de la guerre de Trente ans (1618-1648). Elle ne devient cependant courante qu'au XVIIIe siècle où elle n'est alors ni officielle ni unique, puisque les termes « Corps helvétique », « Magna Liga », « Ligues » et « Helvetia » sont également utilisés pour la désigner. On ne retrouve pas non plus l'expression « Confédération suisse » dans l'Acte de médiation de 1803, bien que Bonaparte porte à cette occasion le titre de « Médiateur de la Confédération suisse ». La première occurrence légale se trouve dans l'article 15 du pacte fédéral de 1815 : « les XXII Cantons se constituent en Confédération suisse », nom qui ne fut plus modifié depuis lors.
Histoire
Peuplé dès la préhistoire, c'est néanmoins à l'époque celtique grâce aux Helvètes surtout, que le territoire suisse franchit le seuil de l'histoire. En 58 av. J.-C. les Helvètes, poussés par la pression migratoire des tribus germaniques, tentèrent de s'installer en Gaule mais battus à Bibracte par les armées de Jules César ils y sont reconduits dans le cadre de l'Empire romain. Déjà largement christianisée, la Suisse fut occupée par les Burgondes et les Alamans au Ve siècle.
Incorporée successivement aux royaumes de Bourgogne, des Francs puis à l'empire carolingien, elle fut rattachée au XIe siècle, à la chute du royaume de Bourgogne transjurane, au Saint-Empire romain germanique. Elle fut alors le théâtre de dures luttes féodales. Ce fut un comte de Habsbourg (du nom du château de Habsbourg situé dans l'actuel canton d'Argovie), appartenant à une famille réputée remontant au VIe siècle, qui devint roi des Romains en 1273, sous le nom de Rodolphe Ier du Saint-Empire. Et l'ironie de l'Histoire voulut que ce fut contre ce seigneur voisin, devenu empereur d'un Saint-Empire romain germanique déjà immense, que trois Suisses légendaires se réunirent en 1291 sur la non moins légendaire Prairie du Grütli, au bord du lac des Quatre Cantons, pour jurer de conquérir leur liberté.
La date de 1291 fut choisie à la fin du XIXe siècle comme date de naissance de la Suisse, car ce fut celle du pacte fédéral entre les cantons d'Uri, de Schwytz, qui donnera son nom au pays, et de Nidwald (vallée inférieure d'Unterwald), le plus vieux document écrit et retrouvé, parlant d'une alliance entre des cantons suisses. Ce texte était le renouvellement d'une alliance antérieure unissant ces trois cantons. Ces cantons confirmèrent leur volonté de liberté après la bataille de Morgarten contre l'armée du Saint-Empire romain germanique, en 1315, par le pacte de Brunnen.
Les territoires avoisinants, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne se rapprochèrent d'eux au XIVe siècle, fondant ce que l'on appelle aujourd'hui la confédération des VIII cantons. Le XVe siècle fut parsemé de conquêtes qui vit la Confédération atteindre le Rhin et la Suisse romande, tout en s'alliant avec les territoires environnants (Valais, Appenzell, Saint-Gall, Ligues grises (canton des Grisons) et Fribourg). Elle participa finalement aux guerres de Bourgogne. Enfin, à la suite des guerres de Souabe en 1499, les cantons furent indépendants de facto du Saint Empire. Ce n'est qu'aux traités de Westphalie en 1648 que cette indépendance fut reconnue.
La fin du XVe siècle vit une première opposition entre les villes et campagnes qui aboutit finalement au convenant de Stans (1481), avec l'aide de Nicolas de Flue, qui ouvrit la porte à cinq nouveaux cantons : Fribourg, Soleure, Appenzell, Bâle et Schaffhouse. Ainsi, au début du XVIe siècle, la confédération des XIII cantons est née. Elle renforce ses alliances locales (Bienne, Saint-Gall et Neuchâtel) et étend ses possessions au Tessin et dans le canton de Vaud. Les guerres d'Italie et surtout la bataille de Marignan (1515) sonnent la fin de ses activités militaires hors de son territoire. Seuls les mercenaires suisses feront désormais parler d'eux sur les champs de bataille européens et au Vatican.
Déchirée par la Réforme, les guerres de religion (Première guerre de Kappel (1529), évitées de justesse lors de l'épisode de la soupe au lait, Deuxième guerre de Kappel (1531), Première guerre de Villmergen (1656), Deuxième guerre de Villmergen (1712)) occupent la politique intérieure. La démocratie des premiers temps a laissé la place à des gouvernements oligarchiques bloquant toute réforme.
L'invasion française de 1798 libère les pays sujets et réforme profondément la Suisse en en faisant un état unitaire : la République Helvétique. Devant les troubles incessants, Napoléon impose l'Acte de médiation de 1803, rétablissant les cantons (Vaud, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall devenant alors des cantons à part entière) tout en retirant Neuchâtel, Genève et le Valais qui redeviennent éphémèrement indépendants puis sont intégrés à l'Empire.