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Iran
Le peuple et sa culture
Les principaux écrivains persans sont Ferdowsi, auteur du Shâh Nâmâ, la grande épopée iranienne, Nizami, auteur du Khamsa (ou « Cinq Poèmes »), Rûmi avec Mesvâni et le Chant des oiseaux, Sa'adi, Hafez, Omar Khayyam, Attar avec le Mémorial des Saints, la conférence des oiseaux et le livre des secrets...
Parmi les écrivains contemporains, on peut citer aussi Sadegh Hedayat, Ali Shariati, Fereydoun Moshiri, Furough Farrokhzad.
Le cinéma n'est âgé que de cinq ans quand il arrive en Perse au début du XXe siècle. Le premier réalisateur iranien fut sûrement Mirza Ebrahim Khan Akkas Bashi, le photographe officiel de Mozaffaredin Shah, le Shah d'Iran (1896-1907). Après une visite à Paris en juillet 1900, Akkas Bashi obtint une caméra et filma la visite du Shah en Belgique.
Le cinéma iranien d'après la révolution rencontre un important succès sur les forums internationaux pour son style distinct, ses thèmes, ses auteurs, son idée de nationalité et la manifestation de la culture. De nombreux réalisateurs iraniens de classe mondiale ont émergé, comme Abbas Kiarostami et Jafar Panahi. La présence régulière de films iraniens dans de prestigieux festivals internationaux comme le Festival de Cannes, la Mostra de Venise ou le Festival de Berlin ont attiré l'attention du monde entier sur des chefs d'oeuvre. Les films iraniens ont été régulièrement nominés ou ont gagné des prix prestigieux tels que le Lion d'Or de la Mostra de Venise, la Palme d'Or du Festival de Cannes ou l'Ours d'argent ou d'or de la Berlinale. En 2006, 6 films iraniens, de 6 styles différents, ont représenté le cinéma iranien au festival du film de Berlin. Cela a été considéré par les critiques comme un évènement remarquable pour le cinéma iranien.,
La musique d'Iran a une histoire plusieurs fois millénaire remontant au Néolithique, tels que peuvent l'attester les fouilles archéologiques à Élam, au sud-ouest de l'Iran. Il faut distinguer la science de la musique, ou musicologie (Elm-e Musiqi) qui, en tant que branche des mathématiques, a toujours été très bien considérée dans le pays, et la performance musicale (Tarab, Navakhteh, Tasneef, Taraneh ou plus récemment Muzik) qui a souvent eu une relation conflictuelle avec les autorités religieuses.
La musique classique iranienne (Musiqi Asil) est basée sur les théories acoustiques et esthétiques exposées par Farabi et Shirazi dans les premiers siècles de l'Islam. Ce genre musical préserve les formules mélodiques attribuées aux musiciens des Cours impériales de Khosro Parviz à la période Sassanide. Ces modes sont connus sous le nom de dastgah et représentent un répertoire (radif) dans lequel les autres genres musicaux iraniens puisent leurs idées et leur inspiration.
La musique religieuse n'est pas un genre homogène. Les pièces de théâtre (tazieh) représentant la passion de l'imam Hussein ont leur origine dans la musique martiale. Similairement, la musique des confréries soufies, par l'utilisation d'instruments mystiques daf et tambur et la pratique de cérémonies rituelles (zikr et jam), possède une liberté de composition plus grande et est rythmiquement plus sophistiquée que la musique classique.
La musique populaire et folklorique joue un rôle important dans la vie quotidienne des iraniens ruraux, comme les chansons folkloriques du Kurdistan et du Khorasan, mais aussi des citadins car elle inspire la musique populaire et classique.
L'Iran a développé sa propre musique pop dans les années 1970, utilisant des formes et des instruments indigènes et ajoutant de la guitare électrique et d'autres caractéristiques importées; le musicien le plus populaire de cette époque était une chanteuse, Gougoush. La musique pop a cependant été bannie après la révolution de 1979 qui a lancé une renaissance dans la musique classique perse mermettant l'émergeance de célébrités nationales et internationales comme Mohammad Reza Lotfi, Hossein Alizadeh, Shahram Nazeri et Mohammad-Reza Shajarian. Toutefois, beaucoup d'iraniens très conservateurs ne voyaient pas d'un bon oeil même les mélodies et les paroles les plus simples. Ainsi fut-il interdit aux femmes de chanter en public ; elles peuvent toujours jouer d'un instrument.
La danse en Iran possède une longue histoire et s'est développée depuis les temps datant de l'époque pré-achéménides. En effet, des fouilles durant ces 30 dernières années donnent accès à la preuve de son existence depuis l'apparition du culte de Mithra 2000 ans avant notre ère. Pour cette nation ancienne, la danse peut être envisagée comme un phénomène important et social et/ou un rituel religieux. Cependant, des restrictions politiques aux danses iraniennes et traditionnelles ont eu lieu après la révolution de 1979, la danse et la musique ont un temps été mal vues, voire interdites pendant un temps, mais cette histoire millénaire se perpétue toujours, parfois dans un cadre plus privé.
La danse peut intervenir dans de nombreux contextes très différents comme » par exemple » les évènements sociaux, les rites de passage, les exorcismes et les cérémonies. Ces contextes peuvent être associés à des événements traditionnels ou historiques (fêtes nationales, jours religieux festifs, fêtes pré-islamiques, migrations tribales...) ou avoir lieu de manière improvisée.
Les thèmes de la miniature persane sont pour la plupart liés à la mythologie persane et à la poésie. Les artistes occidentaux ont découvert la miniature persane au début du XXe siècle. Les miniatures persanes utilisent de la géométrie pure et une palette de couleurs vives.
Il est difficile de tracer les origines de l'art de la miniature persane, qui a atteint son sommet pendant les périodes Mongoles et Timourides (XIIe » » »XVIe siècles). Les dirigeants mongols de l'Iran ont répandu le culte de la peinture chinoise et l'ont amené avec eux, comme un certain nombre d'artisans chinois. Le papier lui-même, est arrivé en Perse depuis la Chine en 753. L'influence chinoise est donc très grande sur cet art.
La fonction la plus importante de la miniature était l'illustration. Elle donnait une image à un texte littéraire, le rendant plus agréable et facile à comprendre. La richesse poétique iranienne a permis l'émergence de nombreuses écoles importantes de la miniature, chacune possédant son style unique, et créant ainsi une grande diversité de peintures. C'est à travers ces écoles que la peinture miniature a atteint son apogée, à la fois en Iran et en Asie centrale. Les trois écoles ayant eu le plus d'influence sur la miniature étaient situées à Shiraz, Tabriz et Herat (actuel Afghanistan).
Un des peintres les plus connus et ayant eu le plus d'influence dans l'école d'Herat était Kamaleddin Behzad. Les oeuvres de Behzad ont influencé le développement ultérieur de l'art de la miniature.
Le thème des miniatures est devenu plus limité au fur et à mesure que le temps passa. Au XVIIe siècle, les thèmes portaient principalement sur des scènes d'amour, des portraits et même des copies d'images européennes. Au XVIIIe siècle apparut un nouveau genre faisant apparaître des fleurs et des oiseaux.
Probablement né à l'âge du Bronze, le tapis persan est un élément essentiel de l'art et de la culture persane. Au XVIe siècle, les Safavides en ont développé la production et en ont élevé le tissage au rang d'art.
C'est aujourd'hui un mode d'expression artistique par la liberté qu'autorise notamment le choix des couleurs vives et des motifs employés. Les secrets de fabrication sont passés de génération en génération. Les artisans utilisaient les insectes, les plantes, les racines, les écorces et d'autres matières comme source d'inspiration.
La cuisine d'Iran est diverse, chaque province ayant ses propres plats aussi bien que ses styles et traditions culinaires, distinctes selon les régions. Elle n'est pas épicée. Les herbes sont beaucoup utilisées, de même que les fruits tels que prunes, grenades, raisins, coings ou autres. La plupart des plats iraniens sont une combinaison de riz avec de la viande (poulet, agneau) ou du poisson et beaucoup d'ail, d'oignon, de légumes, de noix et de fines herbes.
Dans son livre La nouvelle nourriture de la vie, Najmieh Batmanglij écrit que la « cuisine d'Iran a beaucoup en commun avec d'autres cuisines du Moyen-Orient, mais est souvent considérée comme la plus sophistiquée et la plus imaginative de toute, aussi colorée et complexe qu'un tapis persan. »
Le sport traditionnel iranien est le Varzesh-e Pahlavani (« sport des héros »), un art martial remontant à l'époque parthe ou sassanide. Ce sport consiste en une série de techniques de culturisme accompagnées de lutte. De plus, ce sport accorde une grande importance à l'esprit chevaleresque, à la courtoisie et à la bravoure. Le Varzesh-e Pahlavani est normalement pratiqué dans une Zurkhaneh où différents accessoires sont utilisés pour l'entraînement (par ex. Mil, Kabbadeh, Sang et Takhteh Shena ). Les pratiquants de ce sport sont appelés des Pahlavan (littéralement "athlète").
L'Iran gagne sa première médaille olympique avec la médaille d'argent en lutte obtenue à Helsinki en 1952 par Gholamreza Takhti. Il gagne par la suite une médaille d'or à Melbourne en 1956 puis l'argent de nouveau à Rome. Le pays se distingue régulièrement dans des compétitions internationales en lutte et en haltérophilie. Hossein Reza Zadeh est actuellement (2006) détenteur du record du monde d'haltérophilie dans la catégorie de plus de 105 kg, il est le premier iranien à avoir remporté deux médailles d'or olympiques. Nassim Hassanpour a représenté l'Iran en tir au pistolet à 10m aux jeux Olympiques de Sydney en 2004. Elle était la plus jeune et la seule représentante féminine de la délégation iranienne.
L'équipe de football a participé à deux phases finales de Coupe du monde et s'est récemment qualifié pour sa troisième, en 2006. Des joueurs comme Ali Daei, Vahid Hashemian, Ali Karimi, Andranik Teymourian et Javad Nekounam jouent ou ont joué à l'étranger dans des clubs de première division européens tels que le Bayern de Munich,VfL Bochum,Hambourg SV,Osasuna Pampelune ou au Bolton Wanderers Football Club.
Le ski est également un sport très prisé des classes aisées iraniennes, pratiqué dans nombre de stations de sports d'hiver comme Dizin, situé à proximité de Téhéran, ou Sepidan, dans le Fars.
En 2002, les sports les plus pratiqués sont le football, le culturisme, le volley-ball, les arts martiaux, la natation, les sports de montagne (alpinisme, ski, randonnée) et la lutte. Le tennis, le golf, le basket-ball, la gymnastique et le Varzesh-e Pahlavani sont pratiqués dans des proportions moindres.
État et politique
L'Iran, depuis l'instauration de la République islamique, présente un système institutionnel très singulier. L'Iran est le seul État officiellement chiite dans le monde musulman. La république islamique d'Iran est aussi le seul pays du monde à être une théocratie ; c'est-à-dire que le pouvoir, censé émaner de Dieu, réside dans les mains du clergé. Cette théocratie découle du concept de velayat-e faqih, théorisé dans les années 1960 par l'Ayatollah Rouhollah Khomeini, premier « Guide de la Révolution ». Cependant, il existe aussi une dimension représentative dans ce système, puisque la souveraineté populaire est reconnue et qu'un processus électoral permet l'élection du président de la république, des députés et des membres de l'assemblée des experts. Ce système électoral s'inspire des démocraties populaires, le pluralisme politique n'existe pas ; les candidats appartiennent aux diverses factions islamistes.
Le système politique de la République islamique est basé sur la constitution de 1979 appelée Qanun-e Asasi (« Loi Fondamentale »). Le système comprend plusieurs corps gouvernants intimement reliés, dont la plupart sont nommés par le guide (seuls le président, les membres du parlement, et les membres de l'assemblée des experts sont élus au suffrage universel). L'âge minimum requis pour voter est fixé à 15 ans.
Le Guide de la révolution (aussi appelé « Guide suprême ») est responsable de la supervision des « politiques générales de la République islamique d'Iran ». Le guide de la révolution est élu par l'Assemblée des experts pour une durée indéterminée. Le guide de la révolution est commandant en chef des forces armées ; il contrôle le renseignement militaire et les opérations liées à la sécurité ; lui seul a le pouvoir de déclarer la guerre. C'est aussi la seule personne des institutions d'État obligatoirement religieuse. Il peut démettre le président de la république de ses fonctions, après que la cour suprême ait reconnu ce dernier coupable de violation de ses devoirs constitutionnels, ou après un vote du Parlement témoignant de son incapacité sur la base du principe 89 de la constitution. L'assemblée des experts est responsable de la supervision du guide suprême dans le cadre de l'exécution de ses devoirs légaux. Le guide suprême actuel est l'ayatollah Ali Hossein Khamenei (désigné en 1989).
La Constitution définit le président comme la plus haute autorité de l'État après le guide de la révolution. Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Les candidats à la présidence doivent être autorisés à se présenter par le Conseil des gardiens. Le président est responsable de l'application de la constitution et de l'exercice des pouvoirs exécutifs, à l'exception de ceux directement liés au guide suprême. Le président nomme et supervise le Conseil des Ministres, coordonne les décisions du gouvernement et sélectionne les politiques du gouvernement avant qu'elles soient transmises au parlement. Dix vice-présidents assistent le président, ainsi qu'un cabinet de 22 ministres, dont la nomination doit être approuvée par le parlement. Le Président de la République actuel est Mahmoud Ahmadinejad (élu en juin 2005).
La Majles (ma?les), dont le nom complet est « Assemblée consultative islamique » (en persan : ? , Majles-e Shora-ye Eslami), est l'unique assemblée du système monocaméral iranien. Elle compte 290 membres élus pour un mandat de quatre ans. La Majles ébauche la législation, ratifie les traités internationaux et approuve le budget national. Tout candidat à la législature doit être autorisé à se présenter par le Conseil des gardiens. En 2006, 5 sièges sont réservés pour les minorités religieuses.
L'Assemblée des experts, qui siège une semaine par an, compte 86 membres du clergé « vertueux et cultivés » élus au suffrage universel pour un mandat de huit ans. Comme pour les élections présidentielle et législatives, c'est le Conseil des Gardiens qui détermine l'éligibilité des candidats. L'assemblée élit le Guide suprême et a l'autorité constitutionnelle pour lui retirer le pouvoir à n'importe quel moment. On n'a cependant jamais vu de cas où cette assemblée s'opposait aux décisions du guide suprême.
Le Conseil des Gardiens compte 12 juristes dont 6 sont nommés par le Guide suprême. L'autre moitié est recommandée par le dirigeant du pouvoir judiciaire (lui-même nommé par le Guide de la révolution) et officiellement nommés par le parlement. Le conseil interprète la constitution et peut user de son droit de veto à l'encontre de la Majles : s'il juge une loi incompatible avec la constitution ou les principes de l'islam, il la renvoie au parlement pour réexamen. Dans l'exercice controversé de son autorité, le conseil se réfère à une interprétation stricte de la constitution afin d'apposer son veto aux candidats au parlement.
Le Conseil de discernement, composé de six membres religieux du Conseil des Gardiens de la Constitution, des chefs des pouvoirs législatifs, judiciaires et exécutif, du ministre concerné par l'ordre du jour auxquels s'ajoute une dizaine d'autres personnalités. Il a l'autorité pour faire la médiation des problèmes entre le parlement et le conseil des gardiens, et sert de corps consultatif au guide suprême ; en faisant ainsi un des organes de pouvoir les plus puissants du pays.
Le guide de la révolution nomme le chef du pouvoir judiciaire (actuellement Mahmoud Hashemi Shahroudi), qui à son tour nomme le dirigeant de la cour suprême et le procureur en chef. Il existe différents types de tribunaux incluant les tribunaux publics qui sont en charge des cas civils et criminels, et les tribunaux révolutionnaires qui traitent différents cas, dont les crimes contre la sécurité nationale. Les décisions des tribunaux révolutionnaires sont finales et l'appel n'est pas possible. Le tribunal spécial clérical est en charge des crimes commis par les membres du clergé, bien qu'il se soit aussi chargé de cas impliquant de laïcs. Le tribunal spécial clérical fonctionne indépendamment du système judiciaire régulier et ne rend compte qu'au guide de la révolution. Les décisions de ce tribunal sont définitives et on ne peut y faire appel. Plusieurs religieux réformistes ont par exemple été jugés et condamnés sous des prétextes divers par le tribunal spécial du clergé, comme le montre l'exemple de l'Hojjat-ol-Eslam Abdollah Nouri, éditeur du journal Khordad. Ce religieux réformateur, critique de la répression, est accusé d'insultes à Khomeini et de publication d'articles religieux puis condamné à cinq ans d'emprisonnement
Les conseils locaux sont élus par un vote public pour des mandats de quatre ans dans toutes les villes et villages d'Iran. D'après l'article 7 de la constitution iranienne, ces conseils locaux, avec le parlement, sont « les organes administratifs et de décision de l'État ». Cette section de la constitution n'a pas été appliquée avant 1999, quand les premières élections de conseils locaux ont été tenues dans le pays. Les conseils ont différentes responsabilités comme élire les maires, superviser les activités des municipalités, étudier les besoins sociaux, sanitaires, économiques, culturels et éducatifs de leurs administrés. Ils planifient et coordonnent la participation nationale à l'implémentation des décisions sociales, économiques, culturelles, éducatives et autres.
L'État iranien, à part ces structures institutionnelles, possède d'autres particularités sur le plan politique. Il existe en effet des structures de dédoublement de l'appareil d'État. Ces structures, appelées structures révolutionnaires (nahadha ye enqelab), dépendent directement du guide de la révolution et prennent en charge des activités généralement sous le contrôle du gouvernement. L'Armée iranienne est ainsi doublée par les Gardiens de la révolution et les tribunaux par des tribunaux révolutionnaires. Dans chaque ministère et chaque province est nommé un représentant du guide.
La politique est réservée aux factions islamistes, puisque tous les autres partis traditionnels sont interdits. Il existe deux tendances chez les islamistes : conservateurs et réformateurs. Tous deux veulent faire durer le système iranien, mais ils ne sont pas d'accord sur les moyens à employer. Les conservateurs s'opposent à tout changement, et sont pour la ligne dure en vigueur aux débuts de la révolution. Les réformateurs sont pour une certaine libéralisation politique. L'élection de Mohammad Khatami, un réformateur, en 1997, a montré la volonté de changement des Iraniens. Néanmoins, les difficultés créées par les conservateurs pour faire valider les lois des réformateurs ont empêché le moindre changement et ont permis aux conservateurs de revenir sur la scène politique. La perte de crédibilité a entraîné un fort taux d'abstention aux élections municipales en 2003, le retour de députés conservateurs au Majles en 2004, jusqu'à l'élection de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2005.
Les catégories de la population les plus sensibles pour les autorités politiques de la république d'Iran sont les jeunes, les femmes et les intellectuels. La jeunesse iranienne vit une crise causée par les contraintes morales, le manque de perspectives d'avenir et le chômage. . Les jeunes n'abandonnent pas pour autant leur quête de liberté sociale : liberté de choix vestimentaires, de rencontre entre sexes opposés dans les lieux publics, d'accès à la production culturelle et artistique du monde entier. Les revendications ayant trait à la condition de la femme en Iran n'ont rien perdu de leur vigueur. Bien que leur statut juridique soit inférieur, comme le montrent notamment l'obligation du port du voile et les mesures relatives à la mixité, les femmes participent à tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, scientifique et artistique. Il existe aujourd'hui deux mouvements féministes en Iran : un courant féministe islamiste, se réclamant des valeurs religieuses et de la tradition, et un autre se réclamant de la laïcité. Les intellectuels (roshanfekran) sont eux aussi divisés en religieux et laïques. Il est intéressant de noter qu'ils ont changé leur vision entre les débuts de la république islamique et aujourd'hui, un quart de siècle après. Abdul Karim Soroush, un philosophe iranien tout d'abord partisan de la révolution, est aujourd'hui considéré comme un degarandishan (« ceux qui pensent autrement ») ; il a développé une approche critique de l'Islam : il distingue une version de la religion qui n'a son mot à dire que dans la sphère du sacré et une autre qui a son mot à dire sur tout, y compris la vie sociale et politique. De nombreux intellectuels pensent de manière similaire à Soroush et sont opposés à l'imbrication du politique et du religieux. Les Laïques, bien que soumis à l'intimidation (il n'est pas rare d'être arrêté, interrogé et enfermé quelques jours en prison[réf. nécessaire]) sont toujours actifs. Des débats réguliers ont lieu sur l'ouverture du système politique, le rôle de la société civile, la démocratie, l'espace public, etc.
Les jeunes, les femmes, les intellectuels et les classes moyennes forment une société civile qui n'est pas dotée de structures d'encadrement, car l'appareil d'État a infiltré les institutions civiles. Des groupes existent néanmoins en dehors du contrôle de l'état, qui permettent d'organiser des manifestations, signer des pétitions,. Des contacts ont aussi lieu avec la diaspora iranienne et l'extérieur du pays pour informer sur la situation nationale et internationale.
La situation des Droits de l'Homme est jugée très préoccupante en Iran. De nombreux faits, dont certains récents, indiquent le non-respect par le gouvernement iranien des droits civils, de la liberté d'expression politique et du droit des travailleurs. L'Assemblée générale et la commission des Droits de l'Homme de l'ONU se déclarent préoccupées par « le grand nombre d'exécutions capitales, de cas de torture et de traitements ou châtiments inhumains ou dégradants, les normes appliquées en ce qui concerne l'administration de la justice, l'absence de garanties d'une procédure régulière, le traitement discriminatoire de certains groupes de citoyens ».
Depuis l'établissement de la république islamique en 1979, les lois iraniennes sont basées sur une interprétation particulière de la Charia. Toutes les relations sexuelles qui ont lieu en dehors du traditionnel mariage hétérosexuel sont illégales et aucune distinction légale n'est faite entre les relations consenties ou non consenties. Le rapport du HCR de 2001 dit que la chirurgie de changement de sexe est fréquemment et ouvertement menée en Iran, et que les homosexuels et les travestis sont en sécurité tant qu'ils gardent profil bas. Le rapport déclare de plus qu'il n'est pas possible actuellement pour les individus transgenres de choisir de ne pas subir de chirurgie - si on leur accorde le droit de changer de sexe, il est attendu qu'il le fasse immédiatement. Ceux qui ne veulent pas se faire opérer (ainsi que ceux qui se travestissent ou ne peuvent définir leur sexe) sont considérés comme étant de leur genre biologique, et, en tant que tels, peuvent être soumis à harcèlement pour le fait d'être homosexuels et sont donc sujets aux mêmes lois interdisant les actes homosexuels.
Depuis son élection en 2005, la présidence de Mahmoud Ahmadinejad est marquée par la priorité donnée à la politique internationale. Le pouvoir se préoccupe plus de la position géostratégique du pays que des problèmes intérieurs. L'efficacité de l'action internationale sur les Droits de l'Homme en est affectée. Le dialogue avec l'Union européenne, rompu en 2004, n'est pas repris malgré une tentative de relance en 2005. L'ACAT note toutefois que, malgré des déclarations contradictoires, la position de l'Iran pourrait évoluer sur la question de l'application de la peine capitale aux mineurs. À l'opposé, Amnesty International craint que le nombre d'exécutions de mineurs depuis 2005 soit sous-évalué. L'association avait vu dans les promesses électorales de Mahmoud Ahmadinejad (amélioration des droits sociaux et économiques) une occasion de sensibiliser l'Iran au thème des droits humains. Elle note au contraire que « les mois ont passé et... répression, limitation du droit à l'expression et d'association, arrestations arbitraires, torture et pour agrémenter le tout, retour massif à la peine de mort, sont à nouveau à la carte » .































