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MadagascarHistoire
Après l'accord "britannico-malagasy" de 1817 puis en échange de sa coopération pour mettre fin au commerce des esclaves avec l'étranger (1819), Radama reçut par l'intermédiaire de l'île Maurice l'assistance du Royaume-Uni pour moderniser le royaume et l'armée. C'est ainsi qu'en quelques années à peine, avec le titre de Roi de Madagascar que les Britanniques lui avaient reconnu, il réussit à rallier les trois-quarts de l'île, correspondant aux régions les plus riches et les plus peuplées. Virtuellement, il avait donc en fait rassemblé Madagascar, même si c'était à titre de suzerain, se contentant de contrôler les relations extérieures et de percevoir des "tributs" des autres régions, demeurées autonomes dans la gestion de leurs affaires internes.
Après le décès de Radama en 1828, le trône échut à son épouse, la reine Ranavalona Ire qui entreprit d'étendre un peu plus et de consolider le royaume laissé par son époux. Devant les menaces françaises (attaques inopinées de Gourbeyre en 1829) et celles que la propagande des missionnaires faisait planer sur la pérennité des valeurs socio-culturelles malagasy, la reine Ranavalona décida en 1835 d'expulser les missionnaires Européens qui avaient refusé de cesser le prosélytisme.
Elle décida malgré tout de poursuivre le processus de modernisation du royaume. Avec James Cameron et les missionnaires, reparti le plus connu d'entre ces techniciens étrangers qui était Jean Laborde, établi à Antananarivo dès 1831 pour ensuite y séjourner durant plus de quarante ans, jusqu'à sa disparition en 1878.Il aura créé un pôle industriel à Mantasoa, sous les ordres de Ranavalona I . Celle-ci avait besoin d'armement, de faïencerie, d'élevage de vers à soie, etc. Après la disparition de Ranavalona I en 1861, son fils lu succéda sous le nom de Radama II. Celui-ci choisit une politique d'ouverture aux européens, il fut notamment critiqué pour avoir attribué d'immenses concessions territoriales à des aventuriers comme le Français Joseph Lambert. Son règne devint vite de plus en plus contesté et il disparut en 1863, selon certains assasiné sur ordre du Premier Ministre Rainivoninahitriniony, d'autres soutiennent la thèse qu'il fut contraint à un exil secret dans une autre région du pays.
Son épouse qui devint alors reine sous le nom de Rasoherina. Par la même occasion, le Premier Ministre Hova (roturier), devint officiellement l'époux de la souveraine. Cette union était donc avant tout de nature politique, afin de symboliser le partage des pouvoirs entre la monarchie et la roture.
Sous Rasoherina, le royaume poursuivit sa modernisation, et il en sera de même avec les deux souveraines suivantes, Ranavalona II (1868-1883) qui se convertit au protestantisme et Ranavalona III (1883-1897).
À partir de 1864, la charge de Premier Ministre et Commandant en Chef de l'armée échut à Rainilaiarivony, le frère cadet de Rainivoninahitriniony. Celui-ci demeura à son poste jusqu'à l'invasion française en 1896. D'abord soumis au régime du protectorat français à la suite du traité du 1er octobre 1895, Madagascar fut ensuite unilatéralement déclaré colonie française le 6 août 1896, alors que la reine et le gouvernement local étaient encore en fonction. Par la suite, le 1er mars 1897, toujours unilatéralement, le général Galliéni abolit la monarchie malagasy, privant de tout droit politique ceux qui devinrent des « indigènes malgaches » jusqu'au début de l'année 1946.
La résistance armée des Menalamba, commencée en novembre 1895, fut brisée par la force. La "pacification" de l'île ne s'acheva cependant dans les régions côtières qu'en 1904, après avoir fait environ 100 000 victimes sur une population totale d'environ 3 millions d'âmes.
Après un début difficile avec l'affaire de la VVS en 1915, le combat nationaliste ne se développa véritablement qu'à la fin des années 1920. André Giresse écrit (pages 42 sqq), en mémoire de son père, maire de Tananarive en 1928: "C'était l'époque où le climat politique se dégradait lentement à Madagascar. L'opinion indigène évoluait depuis la fin de la Première Guerre mondiale. De leur service militaire en France, de jeunes Malgaches rentraient avec les idées révolutionnaires qui agitaient l'Europe. Les plus radicaux d'entre eux réclamaient carrément l'indépendance. D'après des lettres interceptées par la police, d'autres Malgaches souhaitaient un nouveau statut, leur accordant une plus grande autonomie...". Le même auteur poursuit, sans toutefois préciser la date: "...La manifestation eut lieu. Aucune force au monde n'aurait pu empêcher les Jeunes Malgaches de se rassembler et de défiler... Tout devait se dérouler dans le calme. Malheureusement, apparurent soudain, comme sur les hautes marches du Cuirassé Potemkine, les troupes coloniales du gouverneur par intérim... qui méthodiquement; froidement, ouvrirent le feu sur les manifestants, tirant dans la foule, abattant les fuyards. Une fusillade préméditée, un massacre exécuté sur les consignes expresses du gouverneur par intérim, qui n'en faisait qu'à sa tête".
Le combat nationaliste connut son apogée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sous la conduite du MDRM. Mais l'élan fut brisé en 1947 après la répression dans le sang de l'insurrection du 29 mars. Le nombre de victimes est estimé aux alentours de 8 000 à 12 000 , bien inférieur aux 89000 morts annoncés à l'époque par le haut-commissaire à Madagascar, dans le but apparent de terroriser les Malgaches.
Madagascar retrouve son indépendance le 26 juin 1960 sous la direction de Philibert Tsiranana, un ancien leader du PADESM.
Mais la Première République de Madagascar était encore très étroitement liée à la France par les Accords de coopération. Tsiranana, critiqué pour son soutien aux intérêts français, fait face à une contestation grandissante et se retire en 1972.
Après quelques années de troubles, Didier Ratsiraka devient président d'une Seconde République en 1975 et entreprend de s'aligner sur la position du bloc pro-soviétique. Mais vers la fin des années 1980, il est contraint d'engager le pays sur la voie d'un libéralisme prudent, notamment économique.
En 1991, l'opposition à Ratsiraka s'amplifie. Des manifestations populaires dégénèrent en affrontement avec l'armée, faisant de nombreuses victimes. Après une brève période transitoire, une nouvelle constitution est adoptée et Albert Zafy, candidat de l'opposition, est élu à la présidence.
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