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Billet d'avion pour Avignon (France)
 

Avignon

Histoire

Avignon est connue comme ancienne citĂ© papale. En 1309, sous le pape ClĂ©ment V, Avignon devint la rĂ©sidence des papes, dĂ©jĂ  possesseurs du comtat Venaissin ; elle fut vendue le 9 juin 1348 Ă  ClĂ©ment VI par Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Au total ce sont neuf papes  Â»Â” dont deux schismatiques  Â»Â” qui vont se succĂ©der dans le palais des Papes et enrichir celui-ci au fil des pontificats. Ă€ la fois forteresse et palais, la rĂ©sidence papale est construite entre 1334 et 1363. Elle sera pendant près d'un siècle le siège de la chrĂ©tientĂ© d'Occident. Sept papes et deux anti-papes s'y succĂ©dèrent. Après le retour dĂ©finitif des souverains pontifes Ă  Rome, au dĂ©but du XVe siècle, elle devient la rĂ©sidence des lĂ©gats envoyĂ©s par le Vatican. La ville resta propriĂ©tĂ© de l'Église jusqu'en 1791, date Ă  laquelle elle fut, avec le Comtat Venaissin, rĂ©unie Ă  la France. Au XIXe siècle, le palais accueille successivement des soldats, des prisonniers, puis les archives dĂ©partementales. Sa restauration dĂ©bute en 1906.

La cour bouillonne et attire un grand nombre d'immigrants : marchands, peintres, sculpteurs, musiciens...

En 1355, Innocent VI fait Ă©lever de nouveaux remparts, afin d'englober les nouveaux faubourgs et de tenir les grandes compagnies Ă  distance. Ces bandes de pillards Ă©pargnent la ville après avoir reçu une très dissuasive compensation financière. Puis les saints pères s'en retournent Ă  Rome, les siècles passent... Et Avignon conserve sa muraille. Une muraille pas bien haute, finalement, que l'on pourrait presque enjamber et qu'un certain missionnaire, le père Labat, raillait ainsi en 1731 : « Si les boulets de canon n'Ă©taient remplis que de vent, [les remparts] pourraient rĂ©sister quelque temps. Â» Il a mĂŞme Ă©tĂ© question un moment de les dĂ©molir. On les avait dĂ©jĂ  percĂ©s : ils comptaient en effet 7 portes Ă  l'origine, fermĂ©es la nuit et rĂ©duites Ă  4 vers le XVIe siècle. On en compte aujourd'hui 29, Ă©troites poternes et brèches incluses. Les murs actuels (4 330 mètres de longueur) datent de 1356. Ils furent Ă©difiĂ©s Ă  la demande du pape Innocent VI pour englober les nouveaux quartiers d'une ville en pleine expansion et la protĂ©ger des bandes de pillards qui Ă©cumaient la rĂ©gion. Au XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc redessina l'ensemble. Parfaitement conservĂ©e, cette muraille basse Ă  mâchicoulis ensère le coeur administratif et culturel de la ville. Un Avignonnais sur sept y a Ă©lu domicile.

Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la ville d'Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l'habiter pendant le Grand Schisme (1379-1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un légat, assisté, de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat.

Ă€ la mort de l'archevĂŞque d'Arles Philippe de LĂ©vis (1475), le pape Sixte IV de Rome rĂ©duisit le diocèse d'Arles : il dĂ©tacha le diocèse d'Avignon de la province d'Arles, l'Ă©rigea en archevĂŞchĂ© et lui attribua comme suffragants les Ă©vĂŞchĂ©s comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison-la-Romaine.

En 1562, la ville est assiégée par le baron des Adrets, qui voulait venger le massacre d'Orange.

Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagnĂ© de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d'Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. La cour y sĂ©journe trois semaines.

La ville reçut la visite de saint Vincent de Paul en 1607 et celle de saint François de Sales en 1622.

En 1691, la fonction de légat fut supprimée et le vice-légat gouverna désormais seul la cité.

Ultérieurement, Avignon, comme capitale du Comtat Venaissin, est donc restée possession pontificale jusqu'au 12 septembre 1791, date à laquelle l'Assemblée nationale constituante vota l'annexion d'Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France, suite à un référendum soumis aux habitants dudit Comtat.

Les 16 et 17 octobre 1791, Avignon a été impliquée dans les massacres dits de la Glacière.

Ă€ la crĂ©ation du dĂ©partement du Vaucluse le 12 aoĂ»t 1793, la ville en devient le chef-lieu. Cette rĂ©union fut confirmĂ©e en 1797 par le traitĂ© de Tolentino. Pendant la RĂ©volution et en 1815, Avignon fut le théâtre de dĂ©plorables excès : le marĂ©chal Brune y fut assassinĂ©.

Anecdote fiscale : c'est le RhĂ´ne qui dĂ©terminait la frontière entre les terres pontificales et le royaume de France. Mais le fleuve Ă©tait considĂ©rĂ© comme territoire français. Lorsque les crues inondaient les bas-quartiers d'Avignon, les collecteurs d'impĂ´ts royaux venaient donc en barque prĂ©lever les impĂ´ts dus Ă  la couronne.

Le blason est de gueules, à trois clefs d'or, posées en fasce, l'écu supporté par deux gerfauts.

La devise d'Avignon est Unguibus et rostro qui signifie littĂ©ralement « Ă  bec et Ă  griffe Â», Ă©quivalent de l'expression française « bec et ongles Â».

« Ă€ Avignon Â» ou « en Avignon Â» ?

Il est Ă  noter qu'en français, cet usage du « en Â» est jugĂ© pĂ©dant par certains, et grammaticalement incorrect.

Certains habitants d'Avignon et d'Arles utilisent la prĂ©position « Ă  Â» suivant en cela l'usage appropriĂ© lorsqu'on parle de la ville stricto sensu, comme l'on fait pour « Ă  Aix Â», « Ă  Albi Â» ou « Ă  Amboise Â», et les recommandations de l'AcadĂ©mie française.

Explications complémentaires à ce sujet sur le site de la ville d'Avignon et dans la vidéo de TV5.

Démographie

Le recensement de 1826, qui ne serait qu'une réactualisation de celui de 1821, n'a pas été retenu. Le recensement de 1871 a été, pour cause de guerre, repoussé à l'année 1872. Le recensement de 1941, réalisé selon des instructions différentes, ne peut être qualifié de recensement général, et n'a donné lieu à aucune publication officielle.

Avignon absorbe Montfavet entre 1790 et 1794, puis cède en 1870 Morières-lès-Avignon et en 1925, Le Pontet.

Administration

Depuis quelques annĂ©es, la physionomie gĂ©nĂ©rale de la ville a considĂ©rablement Ă©voluĂ©. Selon certaines estimations, 20 Ă  25 % de la population avignonnaise se sont renouvelĂ©s en ces quelques annĂ©es. Première illustration concrète, le dernier recensement fait Ă©tat d'un gain de population Ă©valuĂ© Ă  plusieurs milliers de personnes, alors que le nombre de rĂ©sidents n'avait cessĂ© de dĂ©cliner depuis 1975. Dans le centre historique, ceinturĂ© par les imposants remparts mĂ©diĂ©vaux laissĂ©s en l'Ă©tat, la hausse dĂ©mographique s'Ă©lève Ă  plus d'un millier de personnes, pour un secteur comptabilisant 12 000 Ă  13 000 habitants. Économiquement, Avignon s'est toujours fait valoir comme le poumon Ă©conomique de son dĂ©partement, le Vaucluse. Mais la rĂ©alitĂ© des chiffres, sans vraiment contredire ce constat Ă©conomique, vient rappeler une rĂ©alitĂ© moins reluisante. Avignon est une ville « pauvre Â», dans tous les sens du terme. Concentrant une part prĂ©pondĂ©rante des rmistes et du parc de logements sociaux d'un dĂ©partement dĂ©jĂ  très mal classĂ© pour ses statistiques sociales, la citĂ© des papes aligne tout logiquement un palmarès bien peu flatteur, celui d'ĂŞtre l'une des communes les plus pauvres de France, en terme de revenus moyens, de chĂ´mage, ou encore de minima sociaux. Seuls 42 % des foyers avignonnais sont imposables, pour une moyenne nationale de l'ordre de 50 %. Le logement social reprĂ©sente près de 35 % du total (45 % il y a une dizaine d'annĂ©es). Avignon concentre plus de 80 % du logement social de son agglomĂ©ration.

Avignon est chef-lieu du dĂ©partement de Vaucluse, de l'arrondissement d'Avignon et de quatre cantons :

Par ailleurs, Avignon est le siège de la communauté d'agglomération du Grand Avignon.

Le projet du 15/02/2007 pour le budjet 2007 du conseil municipal d'Avignon prévoit un budget global de 218,7 M?.


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Billet d'avion pour la France
 

France

Histoire

Dans le domaine colonial, le bilan est en revanche mitigĂ© : malgrĂ© un bon dĂ©part en AmĂ©rique avec l'expĂ©dition de Jacques Cartier sous François Ier, une implantation rĂ©ussie aux Antilles, en Louisiane, et au SĂ©nĂ©gal sous Louis XIV, le manque de dĂ©termination de Louis XV a conduit Ă  de graves Ă©checs devant les Anglais en Inde et au Canada, et, ainsi, Ă  rompre la dynamique créée par ses prĂ©dĂ©cesseurs.

Les difficultés financières, le refus des réformes et l'impatience du peuple conduisent à la Révolution française, de 1789 à 1799. Cet épisode marquant dans la construction de l'histoire nationale voit naître notamment la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de la promotion des idéaux de liberté, égalité, fraternité.

La Révolution se déroule en plusieurs phases et commence par un essai de monarchie constitutionnelle, avec la réunion des États généraux, puis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, les troubles politiques et sociaux (opposition du tiers état face à la noblesse) aboutissent à la chute de la monarchie, le 10 août 1792. L'ébullition révolutionnaire conduit à une succession de régimes (République de la Convention, Directoire, Consulat) en conflit quasi permanent avec les autres pays européens inquiets d'une propagation des idées républicaines.

À partir de 1799, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir, d'abord comme Premier consul, puis comme empereur. Cette période voit l'instauration de nouvelles institutions, tandis que la France s'étend à travers l'Europe avant une période de revirements militaires. L'épisode s'achève par la restauration des Bourbons en 1815.

La Restauration de 1815 marque le début d'une nouvelle tentative de monarchie constitutionnelle, mais les tensions des règnes de Louis XVIII puis surtout de Charles X conduisent à la Révolution de 1830 qui porte Louis-Philippe Ier au pouvoir. De 1830 à 1848, la Monarchie de Juillet est un régime soutenu par la bourgeoisie, mais qui suscite une opposition légitimiste, bonarpartiste et surtout républicaine.

Cette dernière entraîne la révolution de février 1848 qui voit une tentative de régime présidentiel, la Seconde République.

Le 2 dĂ©cembre 1851, le prĂ©sident de la RĂ©publique, Louis-NapolĂ©on Bonaparte, neveu de NapolĂ©on Ier, organise un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il est nommĂ© empereur sous le nom de NapolĂ©on III. Sous le Second Empire, le pays connaĂ®t les dĂ©buts de la deuxième industrialisation, impulsĂ©e par des orientations Ă©conomiques libĂ©rales, fondĂ©es sur des constructions capitalistiques fortement structurantes (banques d'affaires, compagnies de chemin de fer et maritimes, industries lourdes et textiles, grands magasins, etc.). Sur le plan de la politique extĂ©rieure, NapolĂ©on III s'assure la confiance du Royaume-Uni (guerre de CrimĂ©e) qui permet d'assoir l'influence de la France au Proche-Orient tandis que son action en Italie, contre l'Autriche, est couronnĂ©e de succès et conduit Ă  la rĂ©union Ă  la France de rĂ©gions du PiĂ©mont (Savoie]], Nice). NĂ©anmoins, de graves revers ternissent considĂ©rablement l'image du rĂ©gime, et renforcent une opposition extĂ©rieure (Victor Hugo) et intĂ©rieure. Le pari de la lutte contre la Prusse pour redonner un certain lustre Ă  l'Empire, prĂ©cipite en fait sa chute. Il se termine ainsi en 1870 après la dĂ©faite de Sedan. La perte de l'Alsace-Lorraine et les considĂ©rables indemnitĂ©s dues Ă  l'Empire allemand créé Ă  la faveur de l'avantage pris par la Prusse, conduisent Ă  un ressentiment national fort (la Revanche).

La guerre de 1870 entraîne la chute du Second Empire et le retour à la république, après l'insurrection de la Commune de Paris. Le Second Empire avait évolué vers un régime parlementaire, et son héritage est en partie repris par la IIIe République. Après quelques années d'hésitation, la Troisième République est finalement confirmée en 1875, la pratique des institutions en faisant un régime d'assemblée.

Sous la Troisième RĂ©publique, la France Ă©tend son empire colonial, dont la conquĂŞte avait commencĂ© sous les monarchies du XIXe siècle (Afrique occidentale et Ă©quatoriale, Maroc, Tunisie, Madagascar, Indochine).

Sortie victorieuse, mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première Guerre mondiale, la France connaît une période de crise économique et politique dans les années 1930. La défaite de 1940 conduit à l'attribution par vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci remplace la république par un État français contesté par la France libre du général de Gaulle jusqu'en 1944.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la Quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946, mais elle fait face à de graves difficultés dans l'Empire colonial, d'abord en Indochine, puis en Algérie, tandis qu'ailleurs la décolonisation se fait par négociation. L'instabilité gouvernementale qui en résulte, génère finalement une crise qui conduit à un changement de constitution. Pourtant, malgré les changements fréquents de ministères, une certaine constance de la politique de construction européenne a permis de participer activement tout d'abord à la Communauté européenne du charbon et de l'acier en 1950, puis à la signature du traité de Rome en 1957 fondateur du Marché commun. Par ailleurs, la politique de développement de l'industrie nucléaire tant civile que militaire, a permis d'assoir une politique indépendante dans les années 1960.

La Constitution de la Ve RĂ©publique, rĂ©digĂ©e sous l'influence du gĂ©nĂ©ral de Gaulle et de Michel DebrĂ©, est adoptĂ©e le 4 octobre 1958. Elle met en place une RĂ©publique Ă  rĂ©gime parlementaire qui s'avère mieux rĂ©sister aux instabilitĂ©s que les rĂ©publiques parlementaires prĂ©cĂ©dentes. En 1962, la conjonction de l'Ă©lection du prĂ©sident de la RĂ©publique au suffrage universel direct et du fait majoritaire au Parlement favorable au prĂ©sident vont modifier la Constitution pour en avoir une lecture favorable au prĂ©sident. On parle alors de rĂ©gime parlementaire prĂ©sidentialisĂ©. Ce cas est unique Ă  la France ; dans tous les autres rĂ©gimes parlementaires, le chef de l'État s'est systĂ©matiquement effacĂ© au profit du chef de gouvernement, qui est soutenu par la majoritĂ© parlementaire. Maurice Duverger, lui, a souhaitĂ© dĂ©finir la Ve comme relevant d'une nouvelle catĂ©gorie, celle du rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel. Cette typologie n'est cependant pas acceptĂ©e par tous.

À partir de 1973, l'économie française connaît une succession de crises économiques et de périodes de faible croissance, qui entraînent une alternance fréquente au sein du pouvoir. De 1986 à 1988, puis de 1993 à 1995 et enfin de 1997 à 2002, le phénomène de la cohabitation (annulation du fait majoritaire favorable au Président, ce qui fait que le Premier ministre est d'un différent bord politique que celui du Président) modifie encore la lecture de la Constitution, pour revenir à une lecture plus proche de sa conception en 1958, c'est-à-dire un régime parlementaire.

Depuis les années 1950, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Elle est devenue l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisan d'une Europe politique forte, bien qu'elle ait rejetée la Constitution européenne par 55% des suffrages le 29 mai 2005.

Politique

La France est une RĂ©publique constitutionnelle, « indivisible, laĂŻque, dĂ©mocratique et sociale Â» (article Ier de la Constitution de 1958) Ă  rĂ©gime parlementaire prĂ©sidentialisĂ© (dont la lecture se fait en faveur du PrĂ©sident de la RĂ©publique, parfois appelĂ© Ă  tort ou Ă  raison rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel). La rĂ©forme constitutionnelle du 28 mars 2003 (acte II de la dĂ©centralisation) a rajoutĂ© dans ce mĂŞme article que l'organisation de la RĂ©publique Ă©tait dĂ©centralisĂ©e.

Avant 1962, le président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous la IVe République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrès. Ce choix a entraîné le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la Ve République à avoir réussi.

Dans la Constitution de la Ve République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif. Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution). En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée nationale.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2001, le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct (contre 7 ans auparavant). Il nomme le Premier ministre.

Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (il y en aura 346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêts défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.

La France fait partie des cinq pays qui sont juridiquement reconnus comme « Ă‰tats dotĂ©s de l'arme nuclĂ©aire Â» par le traitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire. L'armĂ©e française est, avec celle du Royaume-Uni, l'une des plus dotĂ©es financièrement en Europe. En effet, Ă  elles deux, elles reprĂ©sentent plus de 40 % des dĂ©penses militaires de l'Union europĂ©enne. La France lui consacre 2,5 % de son PIB (pour un budget de 38 milliards d'euros en 2006), lĂ  oĂą ses homologues europĂ©ens (hors Royaume-Uni et Grèce) y consacrent 1,5 % de leur PIB, d'après l'OTAN.

Depuis 1996, l'armĂ©e est devenue professionnelle et le service militaire rĂ©duit Ă  une journĂ©e d'appel (mixte). D'une capacitĂ© de plus de 330 000 hommes, elle est dĂ©ployĂ©e Ă  travers le monde notamment au Kosovo, en CĂ´te d'Ivoire, dans ses territoires d'outre-mer, mais Ă©galement au Moyen-Orient oĂą elle assure un maintien de la paix, ou une sĂ©curisation de ses moyens d'approvisionnement en pĂ©trole notamment. Elle mobilise Ă©galement plus de 1000 hommes dans le cadre du plan Vigipirate.

Géographie

La France est le 47e État par sa surface terrestre et le 2e par la surface de sa zone économique exclusive.

La France mĂ©tropolitaine est localisĂ©e en Europe occidentale (voir la liste de points extrĂŞmes de la France). La France possède aussi des territoires, sous diffĂ©rents statuts administratifs, en dehors du territoire europĂ©en : en AmĂ©rique du Nord, dans les Antilles, en AmĂ©rique du Sud, dans l'ocĂ©an Indien, dans le nord et le sud de l'ocĂ©an Pacifique et en Antarctique. Elle partage en mĂ©tropole 2970 km de frontières terrestres avec huit pays limitrophes : Espagne (650 km), Belgique (620 km), Suisse (572 km), Italie (515 km), Allemagne (450 km), Luxembourg (73 km), Andorre (57 km), Monaco (4,5 km). En Guyane, les frontières sont de 700 km avec le BrĂ©sil et 520 km avec le Suriname. Une frontière longue de 10,2 km (mais non matĂ©rialisĂ©e) sur l'Ă®le de Saint-Martin aux Antilles, sĂ©pare la partie française de celle sous souverainetĂ© des Pays-Bas. Enfin la Terre AdĂ©lie (TAAF) revendiquĂ©e par la France est enclavĂ©e dans une partie de l'Antarctique revendiquĂ©e par l'Australie. Les cĂ´tes françaises prĂ©sentent quatre façades maritimes tournĂ©es vers la mer du Nord, la Manche, l'ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e, ce qui fait de la France un carrefour de cultures et de communications unique en Europe.

D'une superficie mĂ©tropolitaine de 551 500 km² (675 417 km² avec l'outre-mer), la France s'Ă©tend sur 1000 km du nord au sud et d'est en ouest (plus grande distance nord-sud : Bray-Dunes - Cerbère). C'est le troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine (2e si on compte l'outre-mer) et le plus grand de l'Union EuropĂ©enne. La France mĂ©tropolitaine a quatre façades maritimes sur (du nord au sud) : la Mer du Nord, la Manche, l'ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e. La longueur totale de ses cĂ´tes atteint 3427 km. La France est un isthme.


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Bruxelles

Généralités

Il est généralement admis que Bruxelles est la capitale la plus verte d'Europe. Elle est également une des villes les plus cosmopolites du monde.

Bruxelles partage avec Washington le titre de ville comptant le plus de journalistes accrédités.

Géographie

Le climat de la région de Bruxelles est un climat tempéré océanique comme pour l'ensemble de la partie occidentale de la Belgique, cela grâce à la proximité de l'océan Atlantique qui régule le temps grâce à l'inertie calorifique de ses eaux. Le climat peut être influencé par des zones humides et douces en provenance de l'océan, mais aussi par des zones sèches (chaudes en été et froides en hiver) en provenance de l'intérieur du continent européen. En moyenne (moyenne faite sur une période couvrant les 100 dernières années), on observe environ 200 jours de pluie par an dans la région de Bruxelles.

Capitale multiple et centre diplomatique mondial

Bruxelles est souvent qualifiĂ©e (avec Strasbourg et Luxembourg) de capitale de l'Union europĂ©enne, bien que l'Union ne dispose pas formellement de capitale. En effet, y siègent de nombreuses institutions europĂ©ennes, telles que :

C'est également à Bruxelles (Evere) que se situe le siège de l'OTAN.

Les principales confĂ©dĂ©rations syndicales internationales y ont leurs sièges : la ConfĂ©dĂ©ration europĂ©enne des syndicats (CES), la ConfĂ©dĂ©ration internationale des syndicats libres (CISL) et la ConfĂ©dĂ©ration mondiale du travail (CMT).

La ville accueille aussi 120 institutions internationales, 159 ambassades et plus de 2 500 diplomates, faisant de Bruxelles le deuxième centre de relations diplomatiques au monde (après New York).

Statut linguistique

En Belgique, pour dĂ©crire la situation linguistique de Bruxelles, on cite souvent la formule suivante : une entitĂ© très majoritairement francophone (Ă  90%) ayant un statut officiel bilingue français/nĂ©erlandais. C'est assez proche de la rĂ©alitĂ© du statut linguistique Ă  Bruxelles.

Ce bilinguisme est avant tout une garantie accordée aux membres de chaque communauté linguistique de pouvoir utiliser librement sa langue dans ses rapports avec les autorités (exemples: procédures administratives, actions en justice, constitution d'une association, ...). Cependant, sur le plan politique, la parité ne saurait être d'application étant donné la faible proportion de néerlandophones sur le territoire. À ce niveau, il convient de distinguer la ville de Bruxelles (Bruxelles-Ville) et la région bruxelloise. La ville de Bruxelles est une commune de la région bruxelloise qui en compte un total de dix-neuf. C'est cette ville qui est la capitale de la Belgique. La région entière est officiellement bilingue. La Belgique étant un État fédéral, la Région possède des compétences qui lui sont expressément attribuées et qui sont exercées par un gouvernement et par un parlement élus au suffrage universel par les habitants de la Région en question. Au moment des élections chacun peut voter librement pour une liste francophone ou pour une liste néerlandophone et ce dans le secret de l'isoloir. De cette organisation, aurait pu émerger un parlement, et donc un gouvernement, dans lequel la proportion de néerlandophones serait extrêmement faible. Pour des raisons politiques et historiques, la Constitution et les lois spéciales prises en vertu de la Constitution ont établi la proportion suivante: 72 députés francophones et 17 députés néerlandophones. Ce parlement désignera les membres du gouvernement. Celui qui aura obtenu le plus de voix sera également ministre-président (équivalent d'un premier ministre au niveau régional). Parmi les quatre autres ministres, il y doit y avoir deux francophones et deux néerlandophones. En théorie, le ministre-président peut être de l'une ou de l'autre appartenance linguistique mais dans les faits, il est toujours francophone. Il y a donc, au sein du conseil des ministres, trois francophones et deux néerlandophones. Au niveau communal, les élections se font à Bruxelles comme dans n'importe quelle commune. Chaque habitant (belge ou étranger résidant sur le territoire communal) choisit librement de voter pour la liste qui lui convient, qu'elle soit francophone, néerlandophone ou bilingue. Les conseillers élus choisiront leurs échevins (dans les faits, on aura un néerlandophone pour neuf francophones) et leur bourgmestre (toujours francophone).

Ce statut bilingue, cette protection apportĂ©e Ă  une minoritĂ© est justifiĂ©e par l'État de la manière suivante : mĂŞme si Bruxelles est majoritairement francophone, elle est aussi la capitale d'un pays bilingue.

À l'aune de cet argument de l'État (qui n'a pas évoqué la présence d'une minorité flamande pour rendre le néerlandais co-officiel à Bruxelles, mais plutôt le caractère binational de la Belgique), il convient de noter que dans beaucoup de pays tout autant démocratiques que la Belgique, le taux de 10% de locuteurs d'une langue n'est effectivement pas toujours, en soi, une raison suffisante pour rendre officielle une langue minoritaire (ce qu'est le néerlandais à Bruxelles).

C'est donc bien souvent le rapport de force politique (plutĂ´t que dĂ©mographique) au sein d'un État ou d'un territoire de cet État qui dĂ©termine le rang officiel ou non d'une langue (par exemple, Ă  MontrĂ©al, l'article 1 de la Charte de la ville-rĂ©gion consacre le français comme seule langue officielle alors que le taux de francophones est "seulement" de 67%, Ă  comparer avec le taux de 87% de francophones Ă  Bruxelles, ville nĂ©anmoins consacrĂ©e comme officiellement bilingue). Or, dĂ©mographiquement, les Flamands sont majoritaires au niveau national (Ă  61%) : par un relatif consensus politique, ils prennent souvent l'initiative dans les rĂ©formes institutionnelles et en retirent donc une force politique qui leur permet très souvent d'obtenir satisfaction dans leurs revendications, y compris pour leur minoritĂ© linguistique flamande Ă  Bruxelles.


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Belgique

Histoire

Dans sa totalité, la Belgique fait partie de l'Europe rhénane, région la plus dynamique d'Europe et l'une des plus dynamiques du monde.

Genèse du fĂ©dĂ©ralisme belge : nationalisme flamand, rĂ©gionalisme wallon et « belgitude Â» bruxelloise

Lors de l'indépendance de la Belgique en 1831, le français était une langue importante notamment dans les cours européennes et fut choisi naturellement comme langue officielle unique. Pourtant, la partie wallonne francophone du pays disposait d'un peu plus de la moitié territoriale de la Belgique tandis que la partie flamande en constituait l'autre presque moitié. À cette époque la partie wallonne disposait cependant de presque tous les centres industriels du pays. Ce fut la source de profonds malentendus à venir entre les deux communautés linguistiques du pays, mais aussi à l'intérieur de la communauté flamande, dans la mesure où le choix du français fut le fait des élites sociales tant flamandes que bruxelloises ou wallonnes. Cette langue officielle unique, qui n'était pas parlée par le peuple flamand ni par une majorité des Wallons à l'époque, n'était pas un parti-pris de l'État en faveur de la partie wallonne du pays, mais plutôt uniquement en faveur d'une langue qui était alors perçue par l'État belge comme le facteur d'union.

Dès la deuxième moitiĂ© du XIXe siècle, le mouvement flamand prit de l'ampleur, notamment en rĂ©action Ă  "l'État belge". Les Flamands se sentaient dĂ©possĂ©dĂ©s de leur culture, mais surtout ils percevaient que leur reprĂ©sentation administrative et linguistique au niveau national ne correspondait pas Ă  leur poids rĂ©el dans le pays. En Flandre mĂŞme, une Ă©lite locale issue de la haute bourgeoisie flamande, avait adoptĂ© la langue française et dominait l'Ă©conomie de la rĂ©gion (banques, finance, joailliers d'Anvers, grands industriels, etc.) : on les appelait les Fransquillons (du nĂ©erlandais "Franskiljons", littĂ©ralement les "petits Français"). Elle Ă©tait largement prĂ©pondĂ©rante Ă©galement dans l'ensemble de la classe politique francophone belge: regroupĂ©e essentiellement autour du Parti catholique, elle domina les gouvernements belges et ceci parfois mĂŞme sans interruption comme de 1884 Ă  1914.

Tous ces Ă©lĂ©ments contribuaient Ă  une sorte de sentiment gĂ©nĂ©ral d'aliĂ©nation au sein de la population flamande et en particulier de la petite bourgeoisie. En 1898, l'État belge reconnut la langue nĂ©erlandaise comme deuxième langue officielle du pays, toutefois le territoire flamand (au nord) restait officiellement bilingue (jusqu'en 1921 et 1932 oĂą il fut par Ă©tapes proclamĂ© unilingue) et l'agglomĂ©ration bruxelloise continuait Ă  se franciser. NĂ©anmoins, dans de nombreuses institutions nationales, le français dominait encore largement : dans l'armĂ©e, les administrations, etc. Au cours de la Première Guerre mondiale, le Front Partij animĂ© par des dĂ©mocrates-chrĂ©tiens mit en Ă©vidence le fait que cette armĂ©e, composĂ©e de soldats flamands en majoritĂ© (car les Flamands ont toujours Ă©tĂ© majoritaires), Ă©tait toujours unilingue francophone officiellement, ce qui Ă©tait souvent perçu comme une certaine humiliation par les soldats flamands. Francis Balace Ă©crit : Flamands, Wallons et Bruxellois sont mĂ©langĂ©s au sein des unitĂ©s et commandĂ©s exclusivement en français, tandis que l'argot militaire tire indistinctement des deux langues ses expressions savoureuses.

Le nationalisme flamand reprit donc de l'ampleur après la fin de la guerre.

Certains, comme Giovanni Carpinelli, affirment qu'il est devenu hégémonique en Flandre dans les années 1920. Tandis que dans la Wallonie de l'entre-deux-guerres, le mouvement ouvrier se focalise autour d'objectifs sociaux globaux (suffrage universel, améliorations sociales, réformes économiques), le mouvement flamand englobe avec la démocratie chrétienne une partie du mouvement ouvrier. C'est ainsi qu'apparaît une classe dirigeante flamande, défendant les intérêts de la Flandre. Le mouvement wallon se réveille cependant notamment face à la politique de neutralité adoptée par la Belgique en 1936 dans la perspective d'un deuxième grave conflit mondial. La classe dirigeante francophone s'identifie dès le début au projet national belge qui réussit en 1830 et elle mise sur la richesse industrielle de la Wallonie, alors première région industrielle du monde en termes relatifs.

Après la seconde guerre mondiale, l'Ă©conomie de la partie wallonne du pays s'essouffle. Conscientes de cet essoufflement, les Ă©lites politiques wallonnes dĂ©posent en vain au parlement plusieurs propositions de rĂ©visions de la Constitution dans le sens fĂ©dĂ©ral: en 1947 dans la ligne du Congrès national wallon, en 1952 avec Joseph Merlot. Cette revendication perce aussi dans de graves mouvements insurrectionnels comme avec le Gouvernement wallon sĂ©paratiste esquissĂ© en 1950 lors de l'Ă©pilogue de la Question royale, au cours de la Grève gĂ©nĂ©rale de l'hiver 1960-1961. Ou bien encore par des initiatives prises en commun avec les Flamands comme l'Accord Schreurs-Couvreur fin 1952. Le PĂ©titionnement wallon organisĂ© dans la foulĂ©e de la grande grève de 1960-1961 exigeait que l'adaptation (dĂ©favorable aux Wallons) des sièges parlementaires aux chiffres de la population soit postposĂ©e avant la rĂ©forme constitutionnelle et que celle-ci puisse s'opĂ©rer par voie rĂ©fĂ©rendaire d'initiative populaire. 645 499 signatures furent recueillies soit le tiers de l'Ă©lectorat wallon (et plus de 100 000 Ă  Bruxelles).

Les Flamands, portĂ©s par une Ă©conomie florissante, exigeaient dĂ©sormais la rĂ©alisation de revendications politiques et institutionnelles : obtenir l'Ă©galitĂ© et l'abolition des discrimination restantes, fixation de la frontière linguistique (1962-1963), flamandisation totale des universitĂ©s situĂ©es en territoire flamand (1968 : les Francophones sont expulsĂ©s de l'UniversitĂ© de Louvain), etc.

Selon la thèse de Michel QuĂ©vit dans Les causes du dĂ©clin wallon, EVO, BXL, 1978, le mouvement flamand est uni derrière la dĂ©fense d'un intĂ©rĂŞt commun, et le mouvement wallon Ă©cartelĂ© entre un mouvement ouvrier internationaliste et une classe dirigeante Ă  la recherche de son seul profit ; dans cet ouvrage, il estime que la "classe dirigeante wallonne" n'Ă©tait pas solidaire de sa communautĂ© (Robert Devleeshouwer) Ă  la diffĂ©rence de la classe dirigeante flamande ; il ajoute que cette classe dirigeante francophone est demeurĂ©e indiffĂ©rente aux difficultĂ©s Ă©conomiques de la Wallonie. Au sein du parlement belge, la Flandre dĂ©tient la majoritĂ© des sièges. Ce qui explique l'insuccès des fĂ©dĂ©ralistes wallons ou le fait que la frontière linguistique qu'ils dĂ©siraient fixer (voir les travaux du Centre Harmel), autant que les Flamands n'aient pas eu le tracĂ© qu'ils souhaitaient.

La Flandre obtient par contre la flamandisation complète de l'Université catholique de Louvain en 1968 et d'une manière générale atteint ses objectifs d'autonomie culturelle dès la réforme de l'État en 1970. Celle-ci consacre également l'autonomie des Régions économiques (la revendication des Wallons), mais n'est concrétisée qu'en 1980 après plusieurs années de conflits politiques extrêmement durs (avec par exemple deux recours aux urnes se suivant de quelques mois en 1977 et 1978). D'ailleurs la Région de Bruxelles-capitale doit attendre 1989 pour exister réellement vu l'hostilité flamande à un fédéralisme à trois (et même au fédéralisme tout cours comme on le vit lors de la démission du Premier Ministre Léo Tindemans annoncée en pleine Chambre - fait sans précédent - en octobre 1978, démission qui torpille les projets de régionalisation du gouvernement et qui vaudra à son auteur l'hostilité du roi Baudouin Ier).

De fait, les Flamands sont toujours restĂ©s mĂ©fiants voire hostiles Ă  l'Ă©gard de la RĂ©gion bruxelloise en tant qu'institution : mĂŞme si cette RĂ©gion est officiellement bilingue (en raison des compromis politiques), leur discrimination y a existĂ© longtemps, mĂŞme si cela a beaucoup diminuĂ© depuis la fin du XIXe siècle. Inversement, la majoritĂ© des mandataires francophones Ă  Bruxelles n'ont jamais considĂ©rĂ© les Flamands sur un mĂŞme pied que les Francophones par peur de se faire absorber, vu la toute puissance flamande au sein de l'État belge.

La Flandre est devenue l'une des régions les plus riches d'Europe, essentiellement en raison de son dynamisme économique depuis les années 1960, tandis que la Wallonie était affectée par la fermeture des charbonnages dès les années 1950, les difficultés de la sidérurgie dans les années 1970 et 1980, celles des industries métalliques dans les années 1970. Le chômage est beaucoup plus important en Wallonie qu'en Flandre et les performances économiques de la Flandre sont supérieures à celles de la Wallonie. On a observé que le déclin économique wallon a surtout été du à l'absence de réinvestissement en Wallonie par les grands groupes financiers belges après la crise de l'industrie lourde, et plus tard par la classe politique wallonne, défendant des emplois voués à péricliter pour des raisons électorales à court terme.

Les Wallons développent depuis 1912 une volonté d'autonomie économique, politique et culturelle afin de pouvoir échapper à la domination flamande dans l'État belge fondée sur le nombre (les Flamands ont toujours été les plus nombreux).


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