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Rwanda
Présentation
Le Rwanda (nommé en français Ruanda dans les atlas d'avant 1970), surnommé le pays des mille collines, est un pays d'Afrique centrale. Il partage des frontières avec, au nord, l'Ouganda, à l'est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l'ouest, la République démocratique du Congo.
Sa capitale Kigali est située au centre du pays. Les Rwandais - habitants du Rwanda - parlent le kinyarwanda, et vivent dans les collines qui constituent la localisation de référence des habitats. Le pays est l'un des plus densément peuplés au monde.
Le Rwanda est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Union africaine (UA) et, depuis juin 2007, de la Communauté d'Afrique de l'Est.
Histoire
Traditionnellement, la population est structurée en lignages, ce regroupement autour d'un ancêtre commun est dirigé par un chef. Cette structure n'est pas attachée aux sols mais aux personnes. Les populations parlent la même langue, se marient entre eux... Il n'y avait pas de séparation ethnique entre Hutu et Tutsi, car c'est bien une fabrication coloniale.
A leur arrivée, les colonisateurs allemands, puis belges cherchèrent à comprendre cette société extrêmement mobile qui ne correspondait pas aux critères européens. Ils cherchent à classifier les populations en fonction de leurs activités, de leur physique... Ils sont très impressionnés par la monarchie rwandaise, et s'accordent à considérer cette catégorie, les "Tutsi", comme supérieure. Selon les colonisateurs, les "Tutsi" sont plus grands, plus clairs de peau, ce qui les rendrait plus aptes à diriger. Les colons vont donc s'appuyer sur les "Tutsi" pour mettre en place une administration coloniale. Il se crée ainsi une différenciation ethnique totalement artificielle issue du regard du colonisateur. Cette différenciation au départ théorique entre "Hutu" et "Tutsi" devient réelle dans l'organisation coloniale de la société. L'accès aux avantages, à l'enseignement, aux postes administratifs est réservé au "Tutsi". Peu à peu, les différenciations basées sur de prétendues analyses rationnelles sont intégrées par les populations. Les termes de "Hutu" et de "Tutsi" sont alors revendiqués par les Rwandais, et entraînent donc une différenciation effective de la société entre ces deux groupes. Selon l'histoire enseignée durant la colonisation, les Hutu majoritaires sont des fermiers d'origine bantou. Les Tutsi sont un peuple pastoral qui serait arrivé dans la région au XVe siècle depuis les hauts-plateaux éthiopiens. Un troisième groupe, les Twa, seraient les représentants des premiers colons de la région et plutôt proches des Pygmées.
Ces théories sont désormais fortement remise en cause et l'on tend aujourd'hui à considérer que les colonisateurs belges des années 1930, négligeant les références claniques, ont interprété de façon ethnique la structure socio-professionnelle de la population, et ont forgé une histoire pseudo-scientifique là où s'arrêtait la mémoire orale de la culture rwandaise.
Jusqu'en 1959, la « caste » dominante dans un système féodal basé sur la possession de troupeaux était majoritairement issue des Tutsi. Les décennies passant, la domination des Tutsi sur les Hutu est de plus en plus dénoncées par la majorité hutu, comme ce fut notamment le cas de neuf intellectuels hutu dans un texte publié le 24 mars 1957, le Manifeste des Bahutu. Puis, en 1959, les velléités d'indépendance des Tutsis incitent les Belges à renverser leur alliance au profit des Hutu, ce qui entraîne la chute de la royauté tutsie et la prise du pouvoir par les Hutu. Il s'ensuit une vague d'émeutes et de pogroms qui entraîne un exil de milliers de Tutsis.
Constitution de la première république et élection de Grégoire Kayibanda, un hutu, à la présidence de la République en 1961. Le nouveau régime dut affronter à plusieurs reprises des attaques des exilés tutsi, qui provoqueront de violentes répressions sur les Tutsi de l'intérieur, notamment en décembre 1963 où plusieurs milliers de Tutsi furent massacrés.
En 1973, le pouvoir de Grégoire Kayibanda s'affaiblit. Pour maintenir l'unité politique, instrumentalisant les massacres de masse dont furent victimes les Hutu du Burundi en 1972, il justifie la crainte d'une menace des Tutsi rwandais. Les Tutsi, élèves et professeurs, sont systématiquement expulsés de l'enseignement, quelques uns massacrés dans les établissements scolaires. Ces événements provoquent une nouvelle vague d'exode des Tutsi. Exploitant ces événements, Juvénal Habyarimana renverse immédiatement Grégoire Kayibanda en juillet 1973, puis fonde un parti en 1975, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). La même année, le président français Giscard d'Estaing signe un Accord d'Assistance Militaire Technique avec le gouvernement rwandais, ce qui permet le transfert d'armes de la France vers le Rwanda. Entre 1987 et 1994, des livraisons régulières d'équipement militaire vers le Rwanda seront effectuées par la France pour une valeur de 591 millions de francs. En 1978, Habyarimana change la Constitution et fait adopter un régime à parti unique, le MRND, dont tous les rwandais sont membres d'office.
Les exilés tutsi s'organisent et créent le Front patriotique rwandais (FPR) en 1987. Le 1er octobre 1990, venant de l'Ouganda, le FPR entre en force au nord du Rwanda. Le Zaïre, dont les troupes seront les seules à combattre le FPR, et la Belgique interviennent brièvement pour aider le régime en place à combattre ce qui est présenté comme une agression extérieure venue de l'Ouganda. La France organise quant à elle l'opération Noroît qui sera maintenue jusqu'à la mise en place des troupes de l'ONU (MINUAR commandée par le général Dallaire) en décembre 1993. La légalité de l'opération Noroît est contestable, comme le reconnaîtra le général Quesnot dans une note du 26 juin 1994 adressée au président Mitterrand. Le ministre de la coopération Robert Galley témoignera que l'armée française a bien été utilisée afin de stopper l'avancée du FPR. Le nombre officiel de militaires français participant à Noroît atteindra 688 personnes. Des milliers de Tutsis sont aussitôt emprisonnés. Alors que les compagnies parachutistes Noroît se déploient au Rwanda, l'armée rwandaise massacre 1000 Bahimas (apparentés aux Tutsis) à Mutara, et 348 Tutsis dans la région de Kibilara. Le 15 octobre 1990, l'ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d'état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d'un génocide contre les Tutsis. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d'aider le régime d'Habyarimana. En 1991 plusieurs massacres de divers groupes Tutsis sont exécutés par des extrémistes Hutu. Depuis ses bases arrières établies en Ouganda et avec l'appui en matériel et en hommes de l'armée Ougandaise, le FPR établira progessivement une tête de pont au nord du Rwanda où des combats se poursuivront jusqu'en 1994, créant d'importants déplacements vers la capitale de la population hutu qui fuit les massacres et les autres exactions commis par le FPR dans la zone toujours plus vaste qu'il occupe dans le nord du pays.
A la suite du discours de La Baule de François Mitterrand, Juvénal Habyarimana fait changer la Constitution en 1991 pour donner naissance au multipartisme. Sous la pression de la communauté internationale, les accords successifs d'Arusha, négociés en Tanzanie avec le FPR et signés en août 1993, prévoient l'organisation du retour des exilés Tutsi et l'intégration politique et militaire des différentes composantes internes et externes de la nation rwandaise. Parallèlement l'entourage de Juvénal Habyarimana et de son épouse Agathe, qui contrôle aussi l'armée et l'économie du pays, créent en 1992 la Coalition pour la défense de la République (CDR), les milices Interahamwe et la radio des Mille Collines (RTLM) qui seront les principaux organes du Génocide de 1994 et s'autoqualifieront de Hutu Power. Les médias gouvernementaux rwandais joueront un rôle significatif de propagande anti-Tutsie avant et durant le génocide. Ainsi, la RTLM appelle au meurtre des Tutsis dès 1992. L'ambassadeur belge Johan Swinnen a rapporté à Bruxelles que la RTLM diffuse ces appels à l'extermination des Tutsis. Un autre fameux exemple est le journal rwandais Kangura, qui le 10 décembre 1990 publie les « Dix commandements du Hutu », texte raciste qui appelle à la haine anti-Tutsi (dans le même numéro de ce journal, on trouve une photo du président Mitterrand avec la légende : « Les grands amis, on les rencontre dans les difficultés »).
Le soir du 6 avril 1994, les présidents rwandais et burundais et le chef d'État major rwandais meurent dans un attentat, après le tir de deux missiles sur leur avion. Le lendemain, le premier ministre, Madame Agathe Uwilingiyimana et d'autres personnalités politiques modérées, dix militaires belges de la Mission des nations unies (Minuar) ainsi que deux sous-officiers français, coopérants militaires, et l'épouse de l'un d'entre eux sont aussitôt assassinés par la garde présidentielle et le Hutu Power par les uns et par les troupes du FPR par les autres. La mort du président Habyarimana provoquera une longues séries de massacres, d'une ampleur jamais égalée jusque là, et une désorganisation totale de l'état rwandais. C'est dans ce cadre que sera exécuté ce qui sera appelé le génocide des tutsis tandis que seront également massacrés les hutus dits modérés qui prônaient la concertation avec le FPR mais aussi un nombre indéterminé de rwandais (hutu ou tutsi) qui, pour des raisons purement politiques, seront les victimes des commandos "network" du FPR. Le journaliste Patrick de St Exupéry rapportera dans Le Figaro du 12 janvier 1998 un commentaire du président Mitterrand relatif au génocide : « dans ces pays-là, un génocide n'est pas trop important ». Le soutien largement documenté du gouvernement français au gouvernement rwandais, y compris durant le génocide, semble provenir de la perception d'un complot anglo-saxon visant à détruire la "francophonie", comme le démontre une lettre du général Quesnot à Mitterrand.































