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Guinée équatoriale
Présentation
La Guinée équatoriale (ou Guinée-Équatoriale) est un pays d'Afrique centrale. Elle est constituée de deux parties. L'une continentale, bordée par le Cameroun et le Gabon, l'autre insulaire avec l'ile de Bioko (où se trouve la capitale Malabo) et l'ile d'Annobón.
Toponymie
N.B. : la tradition française prévoit, pour la graphie des noms d'unités administratives ou politiques, des traits d'union entre les différents éléments d'un nom composé et une capitale à tous les éléments (sauf articles...). Il serait donc plus convenable d'écrire « Guinée-Équatoriale ».
Néanmoins l'usage majoritaire est d'écrire Guinée équatoriale comme le font notamment la Liste annexée à l'arrêté du 4 novembre 1993, le Petit Larousse 2007 (et 2003), ou encore le Dictionnaire Hachette 2007...
Le Petit Robert des noms propres 2006 écrit cependant Guinée-Équatoriale et république de Guinée-Équatoriale (noter le petit r).
Histoire
Notre connaissance de la préhistoire de la Guinée-Équatoriale suit une subdivision géographique, l'île de Bioko d'une part, la province du Littoral entre Cameroun et Gabon d'autre part.
L'île de Bioko était toujours reliée au continent jusque -8000 ans par un 'pont' qui sera à partir de cette époque lentement immergé par la poursuite de la montée des eaux de l'Atlantique. Ce mouvement du niveau marin avait débuté vers -11000 ans avec le réchauffement climatique de la fin du dernier Âge glaciaire. De ce fait, il est certain que ce territoire devait être habité par des populations nomades de chasseurs-collecteurs, à l'instar de ce qui est connu sur le continent actuel.
Les vestiges d'une présence humaine ont été découverts en fouille au site de Mossumu (Prov. Littoral) datés avant -30000 ans. Il s'agit d'une industrie dite 'Sangoenne', bien connue à cette époque à travers l'Afrique centrale. Quelques autres sites, de surface ou en affleurement stratigraphique, indiquent que l'Âge Moyen de la Pierre est bien représenté dans cette partie du pays. Par la suite, des vestiges, encore mal datés, illustrent autour de Bata et du Rio Muni la permanence de la présence de l'Homme, nomade, tailleur de pierre et chasseur-collecteur, jusque -3000 ans.
Sur l'île de Bioko, il s'agit d'une autre lecture; celle-ci sera très certainement modifiée dans les années à venir avec l'installation de projets de recherches archéologiques. Trois gisements 'pré-néolithiques' ont été recensés. Seul celui du séminaire de Banapa au sud de Malabo a été fouillé dans les années soixante par un anthropologue espagnol. Tout ce qui peut être dit est qu'il est antérieur à la 'Tradition Timbabé' de Bioko, datée elle à partir de -2000 ans. Il faut signaler que sur l'île d'Elobey Grande, des pierres taillées similaires à un Âge Récent de la Pierre ont été découvertes en surface. Ces trouvailles étayent l'idée d'une grande ancienneté de la présence humaine sur l'ensemble des îles équato-guinéennes avant qu'elles ne soient définitivement séparées du continent.
Enfin, l'expansion du mode de vie villageois en Afrique centrale implique dans sa modélisation, et avec le rapprochement des données de la linguistique, l'installation sur l'île de Bioko de villages dès -3500 ans. Pour l'instant rien n'a été découvert pour vérifier cette hypothèse. La séquence archéologique de l'île, outre le pré-néolithique déjà mentionné, démarre avec la 'Tradition Timbabé' connue sur treize points du littoral, peut-être dès -2000 ans. Une continuité d'occupation de cette île est désormais bien attestée jusqu'à l'époque historique. À la suite du 'Timbabé', on connait les Traditions 'Carboneras', 'Bolaopi', 'Buela', et enfin 'Balombe'. Cette dernière Tradition est historique.
Sur le continent, entre Cameroun et Gabon, les données de fouilles restent lacunaires mais sont suffisantes pour affirmer que la séquence complète qui reste à découvrir sera dans les grandes lignes similaire à ce qui est connu au sud-Cameroun et dans la région de Libreville au Gabon.
Les navigateurs portugais occupaient les îles de Príncipe et São Tomé depuis le milieu du XVe siècle et c'est de là, entre 1469 et 1474, qu'ils explorèrent la zone du golfe de Guinée.
Le 1er janvier 1471, Juan de Santarem et Pedro de Escobar débarquèrent sur une île qu'ils appelèrent « do anno bon » (de la bonne année) et qui devait conserver le nom d' »Annobón » jusqu'à aujourd'hui. En 1474 un autre Portugais, Fernando Póo, découvre dans le golfe du Biafra une île qu'il nomme « Formosa » (la belle) mais qui portera finalement son nom. Ces deux îles, avec celle de Corisco, furent longtemps utilisées comme embarcadères pour les esclaves.
Le climat et les maladies décimèrent de nombreux Espagnols, membres des expéditions successives envoyées sur place à partir de 1830.
Avec les traités de San Ildefonso et du Pardo (1777 et 1778), le Portugal livra à l'Espagne les îles de Fernando Póo, Annobón et de Corisco, en échange de la colonia del Sacramento. Dans le même temps, l'Espagne se voyait accorder la liberté de commercer sur les côtes guinéennes depuis le delta du Niger jusqu'au cap Lopez, situé au Gabon actuel. En cette année 1778, une expédition partit de Montevideo pour prendre possession de ces territoires ; mais après le débarquement à Fernando Póo (actuelle Bioko), les membres de l'expédition furent touchés par de graves maladies qui provoquèrent une mutinerie et l'échec du voyage. Durant de nombreuses années, les îles furent donc isolées de la métropole, à l'exception de quelques navires de Buenos Aires ou de Montevideo qui y faisaient escale.
En 1827, l'Espagne autorise la colonisation de l'île par les Britanniques. Santa Isabel, port et cité principale de l'île de Bioko, prend alors le nom de Port Clarence. C'est là qu'est constitué un tribunal destiné à réprimer le trafic d'esclaves.
À partir de 1832 de nombreux espagnols, voyageurs, scientifiques ou officiels visitent l'île, qui est finalement revendiquée à nouveau par l'Espagne en 1845, année au cours de laquelle Nicolás de Manterola y débarque le premier missionnaire.
En 1856, l'Espagne fonde officiellement la Guinée espagnole, initialement réduite au domaine maritime des côtes guinéennes, et son île principale. En 1858 est envoyé le premier gouverneur général de l'île, cette dernière bénéficiant un an plus tard du statut de colonie espagnole.































