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Serbie
Présentation
1 Kosovo inclus 2 population du Kosovo exclue 3 Le domaine .yu est une survivance de l'ancienne Yougoslavie. Le domaine .cs a été réservé pour l'union fédérale mais ne sera probablement jamais utilisé. L'introduction du nouveau domaine .rs date de 2006.
La Serbie (en serbe cyrillique ?p? et en serbe latin Srbija) est un État de l'Europe du Sud, qui fait partie des Balkans occidentaux et de l'Europe centrale, son régime politique est de type démocratie parlementaire monocamérisme. La Serbie est frontalière de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, de l'Albanie et du Monténégro. Sa capitale est la ville de Belgrade.
Les premières traces d'une présence humaine sur le territoire de l'actuelle Serbie remontent à la Préhistoire (culture de Vin?a). La région fut ensuite peuplée par les Illyriens et par les Celtes puis elle fut intégrée à l'Empire romain. Après la disparition de l'Empire romain d'Occident, la région resta sous le contrôle de l'Empire romain d'Orient. Des populations slaves, dont les Serbes, s'y installèrent au début du VIIe siècle. Au Moyen Âge, un puissant État serbe se constitua progressivement, qui attint son apogée au XIVe siècle, sous le règne de Stefan Dusan. Aux XIVe et XVe siècles, la Serbie fut progressivement conquise par les Ottomans et le pays resta en leur possession jusqu'au XIXe siècle.
Suite à deux soulèvements contre les Turcs, le premier en 1804, le second en 1815, une Principauté de Serbie fut créée, autonome vis-à-vis de la Sublime Porte en 1830, officiellement indépendante en 1878. La principauté devint Royaume de Serbie en 1882. Après la Première Guerre mondiale, se constitua progressivement un rassemblement de tous les Slaves du sud autour de la monarchie serbe : le Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes fut proclamé en 1918 et il prit le nom de Royaume de Yougoslavie en 1929. Après la Seconde Guerre mondiale, la Serbie devint une unité fédérale au sein de la République fédérale socialiste de Yougoslavie. Les années 1990 sont marquées par la dissolution progressive de la Yougoslavie. En 2006, la Serbie est redevenue totalement indépendante après que le Monténégro décide de quitter l'éphémère union de Serbie-et-Monténégro.
Le 17 février 2008, le Kosovo, qui était jusqu'alors une province autonome au sein de la République de Serbie sous l'égide des Nations Unies avec sa résolutions 1244, a déclaré unilatéralement son indépendance. Cette indépendance n'a pas été reconnue par Belgrade, la communauté internationale, quant à elle, est très divisée sur la question.
Géographie
La Serbie est l'État le plus étendu et le plus peuplé des États issus de la Yougoslavie.
La Serbie, en incluant le Kosovo, s'étend sur une superficie de 88 361 km², ce qui la place au 113e rang mondial. Elle possède 2 027 km de frontières, soit 241 km avec la Croatie, 302 km avec la Bosnie-Herzégovine, 203 km avec la République du Monténégro, 221 km avec la République de Macédoine, 115 km avec l'Albanie, 318 km avec la Bulgarie, 476 km avec la Roumanie et 151 km avec la Hongrie ; elle est ainsi, après la Russie, et avec la France, le deuxième pays d'Europe qui compte le plus de pays limitrophes en Europe. Sans le Kosovo, la Serbie couvre une superficie de 77 474 km², ce qui la place au 125e rang mondial.
La Serbie est composée de deux ensembles distincts. Au nord, la Voïvodine (en serbe : et Vojvodina), se trouve dans la grande plaine pannonienne, qui est géographiquement située en Europe centrale. La Voïvodine est séparée de la Serbie centrale par la Save et le Danube. La plus grande partie de la Serbie centrale et du Kosovo est couverte de montagnes basses ou moyennes. Au centre, à l'ouest et au sud-ouest du pays, ces montagnes appartiennent aux Alpes dinariques ; à l'est, elles appartiennent aux Carpates, aux monts du Grand Balkan et aux Monts Rhodopes. Le mont Mid?or, qui s'élève à 2 156 m, est situé dans le massif de la Stara Planina ; c'est le point culminant de l'est de la Serbie. Parmi les montagnes les plus importantes du pays, on peut citer les monts Tara, les monts Zlatibor, les monts Kopaonik et le massif de la Fruska Gora. Le mont Djeravica, quant à lui, situé au Kosovo, s'élève à 2 656 m.
En 2007, les terres arables couvraient une superficie de 3 095 006 ha, soit 30 950 km² (hors Kosovo) ; les forêts couvrent une superficie de 25 625 km², soit 27% du territoire.
Tous les cours d'eau de Serbie appartiennent à trois bassins versants : celui de la mer Noire, celui de la mer Adriatique et celui de la mer Égée. Le plus vaste de ces bassins est celui de la mer Noire, qui couvre une superficie de 81 261 km², soit 92% du territoire du pays. Le bassin, dans son ensemble, est drainé par un seul fleuve, le Danube, qui se jette dans la mer Noire. Le bassin de drainage de la mer Adriatique couvre une superficie de 4 500 km², soit 5 % du territoire de la Serbie. Il comprend la moitié occidentale du Kosovo et il est principalement drainé par une rivière, le Drin blanc, qui rencontre le Drin noir en Albanie pour former le Drin, qui se jette dans la mer Adriatique. Une autre partie, de plus faible étendue, est drainée par la rivière Crni Kamen-Radika, au sud de la région de Gora. Le dernier bassin, celui de la mer Égée couvre une superficie de 2 650 km², soit 3 % du territoire de la Serbie. Il est situé au sud du pays, près des frontières avec la République de Macédoine et la Bulgarie. Ce bassin est drainé par trois rivières : le Lepenac, la P?inja et la Dragovistica. Les deux premières se jettent dans le Vardar en Macédoine, et la troisième se jette dans la Strouma en Bulgarie. Ces deux rivières se jettent ensuite dans la mer Égée.
Les cours d'eau navigables les plus longs de Serbie sont le Danube (588 km), la Save (206 km), Tisa (168 km) et la Velika Morava (sur 185 km). Parmi les autres rivières importantes du pays, on peut citer la Zapadna Morava (308 km), la Ju?na Morava (295 km), l'Ibar (272 km), la Drina (220 km) et le Timok (202 km).
Le lac le plus étendu du pays est le réservoir hydroélectrique du ?erdap (en serbe : et ?erdapsko jezero), qui s'étend sur 253 km², suivi du lac Vlasina, qui s'étend sur 16 km².
Le climat de la Serbie peut être décrit comme un climat continental modéré, avec des caractéristiques plus ou moins accusées en fonction de la localisation, du relief, de la présence ou non de rivières, de la végétation ou de l'urbanisation. Le nord du pays possède un climat nettement continental, avec des hivers froids et des étés chauds et humides, tandis que le sud, plus près de la mer Adriatique, connaît des étés chauds et secs et des automnes et des hivers relativement froids, avec d'importantes chutes de neige. C'est ainsi que la Voïvodine possède un climat continental influencé par les masses d'air venues de l'Europe du Nord et de l'Europe de l'Ouest, tandis que le sud et le sud-ouest du pays subissent une influence méditerranéenne, elle-même modérée par les Alpes dinariques et d'autres chaînes de montagnes qui contribuent à rafraîchir les masses d'air chaud. Les hivers sont ainsi particulièrement rudes dans la région du Sand?ak en raison des montagnes qui entourent ce plateau.
Pour la période 1961-1990, la température moyenne annuelle a été de 10,9 °C jusqu'à une altitude de 300 m. Les régions situées entre 300 et 500 m ont connu une température moyenne de 10,0 °C et, au-dessus de 1 000 m, une température moyenne de 6,0 °C. Le mois de juillet est le mois le plus chaud de l'année, avec une température moyenne comprise entre 11 et 22°C ; plus précisément, les régions situées à moins de 300 m d'altitude bénéficient d'une température moyenne comprise entre 20,0 et 22°C, tout comme certains secteurs du sud de la Serbie situés à des altitudes entre 400 et 500 m. Au-dessus de 1 000 m d'altitude, les températures moyennes du mois de juillet sont comprises entre 11,0 et 16°C. Les températures les plus basses de la période 1961-1990 ont été mesurées en janvier ; elles étaient comprises entre -35,6°C (à Sjenica) et -21,0 (à Belgrade). Depuis le commencement des mesures, la température la plus élevée enregistrée en Serbie a été de 44,3°C le 22 juillet 1939 à Kraljevo et la température la plus basse a été de -39,5°C ; elle a été mesurée le 13 janvier 1985 à Karajuki?a Bunari, sur le plateau de Pester, dans la région du Sand?ak.
En moyenne, les précipitations annuelles augmentent avec l'altitude. Dans les régions peu élevées, elles sont comprises entre 540 et 820 mm. Au-dessus de 1 000 m, elles sont comprises entre 700 et 1 000 mm, et, sur certains sommets du sud-ouest de la Serbie, elles peuvent atteindre jusqu'à 1 500 mm. Dans la plus grande partie du pays, le maximum de précipitations se concentre dans les mois les plus chauds de l'année ; en revanche, au sud-ouest du pays, l'automne est la saison la plus arrosée. Le mois de juin est le mois le plus pluvieux, avec 12 ou 13 % du total annuel. Février et octobre sont les mois les plus secs. La neige tombe surtout de novembre à mars, avec un maximum en janvier. Depuis le début des mesures, l'année la plus sèche a été l'an 2000, avec seulement 223,1 mm de précipitations à Kikinda ; 1937 a été l'année la plus pluvieuse, avec un maximum de 1324,5 mm mesuré à Loznica. Un record mensuel de précicipations a été enregistré en juin 1954 à Sremska Mitrovica, avec 308,9 mm ; le 10 octobre 1955, il est tombé 211,1 mm d'eau à Negotin.
Les régions de Serbie n'ont pas de statut officiel, même si certains districts administratifs leur doivent leur dénomination. Les régions situées dans la plaine pannonienne sont délimitées par les cours d'eau ; d'autres sont délimitées par des montagnes. En fait, définies par la tradition autant que par le relief, elles ne possèdent pas toujours de frontières nettement établies ; elles sont même souvent amenées à se chevaucher. Beaucoup d'entre elles possèdent un nom serbe formé à partir de la structure suivante : po+(nom d'une rivière)+je. C'est ainsi que, au nord de la Serbie centrale, la région de Podunavlje, doit son nom au Danube (en serbe : et Dunav), la région de Podrinje s'étend le long de la Drina ou encore celle de Pomoravlje le long de la Morava. D'autres portent le nom d'une montagne, comme les régions de Zlatibor ou de Kopaonik.
En 2003, les espaces naturels protégés de Serbie couvrent 5% du territoire du pays. La Serbie comptait 5 parcs nationaux, 120 réserves naturelles, 20 parcs naturels et environ 470 sites naturels protégés. Les cinq parcs nationaux correspondent à la Catégorie II de l'IUCN.
Huit sites de Serbie sont inscrits sur la liste Ramsar pour la conservation des zones humides, dont deux ont été ajoutés en 2007.
Histoire
Les archéologues ont mis au jour de nombreuses traces d'occupation humaine remontant à la Préhistoire. L'un des sites les plus anciens retrouvés en Serbie est celui de Lepenski Vir, près du Danube, dans l'actuel parc naturel du ?erdap (Djerdap), près des Portes de fer. Dans ses parties les plus anciennes, le village, entièrement planifié, date du mésolithique (vers 8 000 av. J.-C.),. Cette culture aurait atteint son apogée entre 5 300 et 4 800 av. J.-C. Outre les vestiges des habitations et quelques objets usuels, de nombreuses sépultures ont été retrouvées sur le site.
La Serbie abrite d'autres sites préhistoriques. C'est ainsi qu'en 1908, une équipe d'archéologues dirigée par Miloje Vasi? a effectué des fouilles à Vin?a, près de Belgrade, mettant au jour des vestiges datant de la période néolithique ; compte tenu de l'importance de ces découvertes, le site a donné son nom à une culture qui s'est développée le long du Danube entre 6 000 et 3 000 av. J.-C. : la culture de Vin?a,. D'autres découvertes caractéristiques de cette culture ont été effectuées dans de nombreux sites de Serbie, notamment à Divostin (près de Kragujevac), à Potporanj (près de Vrsac), à Selevac (près de Smederevska Palanka) et à Plo?nik (près de Prokuplje). D'autres vestiges du néolithique appartiennent à la culture de Star?evo (6200 - 5 600 av. J.C.), qui doit son nom à la ville de Star?evo, dans la municipalité de Pan?evo.
Parmi les tribus slaves en expansion à partir IV e siècle de notre ère, on trouve les serbes blancs ou aujourd'hui Sorabes qui migrèrent d'abord vers l'ouest à travers la Pologne et la République tchèque actuelles. Leurs descendants vivent aujourd'hui en Lusace, à l'est de l'Allemagne, plus exactement entre l'Elbe et la Saale, dans ce qui était jadis la Grande-Moravie. Cette région, s'appelle la « Serbie blanche », le blanc symbolisant l'ouest chez les Slaves. Au VIIe siècle, à l'époque de l'Empereur byzantin Héraclius, la majeure partie des serbes blancs migra en plusieurs vagues entre 610-641 et, au XIIe siècle, vers la région centrale des Balkans où ils assimilèrent les Grecs, les Valaques et les Illyriens locaux, donnant ainsi naissance au peuple serbe.
Plusieurs principautés serbes furent fondées au IXe siècle mais se disloquèrent à la fin du XIIe siècle. Le processus de christianisation fut engagé par les moines Cyrille et Méthode, qui évangélisèrent tous les peuples slaves de la Grande-Moravie, y compris la Serbie, et qui inventèrent l'alphabet cyrillique à partir des lettres grecques. Les premiers prénoms chrétiens, comme Stefan ou Petar firent alors leur apparition.
Un Empire serbe fut constitué à la fin du XIIe siècle, sous la dynastie des Nemanji?. L'apogée territorial de la Serbie médiévale fut atteint au XIVe siècle, sous le règne de l'empereur Stefan Dusan. Cet empire disparut après la conquête ottomane. En 1371, un des rois de Serbie, Vukasin Mrnjav?evi?, perdit, contre les Ottomans, la bataille de la Maritza, ce qui entraîna la vassalisation de ses terres et la soumission de son fils Marko Mrnjav?evi?, dit Marko Mrnjav?evi?. La Serbie de Lazar s'effondra lors de la bataille de Kosovo Polje en 1389 ; le prince Lazar y perdit la vie. Le pays fut définitivement incorporé à l'Empire ottoman après la chute de Smederevo, en 1459.
Entre 1459 et 1804, la Serbie ottomane subit trois invasions autrichiennes destinées à annexer ces terres à l'Empire d'Autriche.
Une première révolte des Serbes eut lieu entre 1804 et 1813. Elle fut dirigée par Georges Petrovi?, surnommé Karageorges (« Georges le Noir »). Une seconde révolte eut lieu en 1815, sous la conduite de Milos Obrenovi?, qui aboutit à l'autonomie de la Principauté de Serbie, officiellement reconnue par la Sublime Porte en 1830. Après qu'il eut lui-même visité la Serbie autonome, le poète français Alphonse de Lamartine fît découvrir aux romantiques, la culture serbe ; en 1833, il fit graver une inscription sur le site de ?ele Kula (en serbe cyrillique : ? ?), la « tour aux crânes », élevée par les Ottomans qui y incrustèrent les crânes des soldats serbes morts à la bataille du mont ?egar (19 mai 1809) : « Qu'ils laissent subsister ce monument ! Il apprendra à leurs enfants ce que vaut l'indépendance d'un peuple, en leur montrant à quel prix leurs pères l'ont payée ».
Malgré cela, les Turcs persécutèrent encore les Serbes dans les territoires qu'ils gardaient sous leur contrôle. Les massacres des Ottomans sur les Serbes ont inspiré à Victor Hugo, grand défenseur du peuple serbe, un célèbre discours, Pour la Serbie, écrit en 1876. Ce discours est aujourd'hui considéré comme l'un des actes fondateurs de l'idée européenne.
En 1878, le Congrès de Berlin accorda son indépendance à la Serbie et, en 1882, le prince Milan IV Obrenovi? devint roi de Serbie sous le nom de Milan Ier.
Lors de son arrivée sur le trône de Serbie en 1903. Pierre Ier de Serbie, prince francophile et admirateur de la pensée de John Stuart Mill, met en place en Serbie la constitution la plus démocratique et la plus libérale en Europe après celle de Grande-Bretagne. Elle s'inspirait aussi de la constitution de 1888 supprimée par Alexandre Ier de Serbie en 1889 :
Cette liberté en Serbie favorisa un foisonnement culturel qui fît de Belgrade, un phare de liberté pour tous les Serbes des Balkans ainsi que pour les Croates et les Slovènes qui souffraient dans l'Empire d'Autriche-Hongrie et qui rêvaient d'une Yougoslavie avec le même régime démocratique à leur tête. Certains milieux réactionnaires à Vienne n'attendaient que l'occasion d'écraser le piémont serbe avant qu'il ne contamine les esprits de tous les Slaves du sud de l'Empire.
La Serbie reçu le surnom de berceau de la Démocratie dans les Balkans modernes. Ce régime de liberté sera en place jusqu'au début de la Première Guerre mondiale en 1914. Lors de la mise en place du régime Yougoslave en 1921, la France poussa Pierre Ier à instaurer un régime plus centralisateur et plus autoritaire dans le but de lutter comme le risque de contamination communiste. La démocratie avait vécu. La constitution de 1903 de Pierre Ier restera la référence de tous les mouvements démocratiques dans la Yougoslavie royaliste d'entre les deux guerres ainsi que dans la Yougoslavie communiste de Tito.































