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Iran
État et politique
Bernard Hourcade, iranologue au CNRS dresse un portrait optimiste de l'évolution politique et sociale de l'Iran. Il constate une modernisation du pays dans les secteurs culturel, social, économique, politique, des relations internationales, et des échanges universitaires internationaux. De nombreux anciens pasdarans qui occupent aujourd'hui des postes clefs sont allés étudier à l'étranger. Il note que les notions de république, de démocratie ou de libertés s'ancrent de plus en plus dans la société iranienne et créent les conditions d'un changement profond ; changement dans lequel l'islam politique a une nouvelle place. Selon lui, « malgré la répression, l'Iran est un pays où les gens débattent, parlent, s'expriment, protestent. Quels que soient leurs efforts, les autorités cléricales qui contrôlent la justice et la police ne sont plus en mesure de contrôler l'accès à l'information ni l'expression des revendications. Les actes de répression pour l'exemple, notamment contre les journalistes, sont d'autant plus violents et systématiques, mais dénoncés avec force et efficacité, même par des membres du gouvernement ». Si des oppositions bloquent encore les processus électoraux, ou la promulgation de lois, le pays a changé et a pris l'habitude de l'indépendance et de la liberté de parole, avant celle des actes.
Les médias existent depuis l'apparition du premier journal papier en 1835. Ils regroupent aujourd'hui plusieurs agences de presse officielles, de très nombreux journaux et magazines, des chaînes de télévision officielles et libres (émettant depuis l'étranger), des stations de radio. L'explosion du phénomène des blogs s'observe aussi dans le pays, dans la mesure où ce média permet de s'exprimer librement et anonymement.
La constitution de l'Iran accorde la liberté de la presse aussi longtemps que sont respectés les principes islamiques. On exige de chaque publicateur de journal ou magazine d'avoir une licence de publication valide. Toute publication perçue comme anti-islamique ne se voit pas attribuer cette licence. En pratique, le critère définissant le caractère anti-islamique englobe tous les supports qui présentent un sentiment anti-gouvernemental. En 1987, tous les journaux et magazines en circulation soutenaient les institutions de la république islamique. Après l'élection de Mohammad Khatami en 1997 et la libéralisation relative qui a suivi dans le pays, les publications se sont beaucoup développées, dont certaines réussissent à être plus critiques envers le gouvernement.
Toute les radios et télévisions émettant depuis l'Iran sont contrôlées par le gouvernement. C'est le guide de la révolution qui nomme les directeurs des chaînes de télévision et des radios nationales. Des chaînes de télévision et des stations de radio existent à Téhéran et dans la plupart des grandes villes provinciales. Les chaînes en Azerbaïdjan iranien et au Kurdistan iranien sont autorisées à émettre des programmes en azéri et en kurde. Plusieurs groupes d'opposition émettent depuis l'Irak ou les républiques du Caucase. RFI, la BBC, Voice of America ont des programmes d'actualité en persan émettant sur la bande FM en Iran.
La censure des travaux de fiction est la règle en Iran. Tout éditeur doit soumettre les oeuvres qu'il souhaite publier.
Quand le gouvernement a introduit Internet en Iran, les services étaient complètement ouverts. Cependant, le gouvernement a par la suite décidé de filtrer l'accès à Internet pour bloquer le contenu jugé inapproprié. Les sites pornographiques sont complètement filtrés, ainsi que la quasi-totalité des sites fournissant des outils permettant de contourner les filtrages. Certains blogs et sites d'information sont également bloqués, dans des proportions moindres. Le blocage et la restriction d'Internet est rendu possible par la loi iranienne de la presse de 1986, qui régule l'accès à l'information. La loi requiert aujourd'hui que les FAI installent des mécanismes de filtrage. Les peines prévues pour les violations des lois sur l'accès et la diffusion de l'information peuvent être très sévères.
Après l'arrivée au pouvoir de Khatami en 1997 et l'émergence d'un mouvement réformateur (les réformistes, menés par Khatami, voulaient faciliter l'information du public), les conservateurs ont agi sur la presse et les mouvements se sont déplacés sur la toile. C'est à la même période qu'ont commencé à croître fortement le nombre de blogs en persan. En effet, les blogs représentent une fenêtre pour les jeunes qui veulent s'exprimer de manière plus libre que dans la société iranienne. Selon des statistiques non-officielles, il y en aurait plus de 100 000 régulièrement mis à ce jour en février 2005.
La censure persiste avec le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. En octobre 2006, le gouvernement iranien a fait passer un décret forçant les FAI à limiter les vitesses de téléchargement à 128Kbps pour tous les clients individuels et les cybercafés.
En Iran, le régime révolutionnaire mis en place par l'ayatollah Khomeini a initié des changements radicaux dans la politique étrangère qui était menée par le Shah, particulièrement en inversant l'orientation du pays vis-à-vis de l'Occident. Après l'idéalisme post-révolutionnaire initial, une politique étrangère dure et la Guerre Iran-Irak, le pays a initié une politique étrangère plus rationnelle, basée sur des objectifs économiques. Cependant, celle-ci est occasionnellement occultée par la rhétorique idéologique.
Dans les années récentes, l'Iran a fait de grands efforts pour améliorer ses relations avec ses voisins, particulièrement avec l'Arabie saoudite. Les buts régionaux de l'Iran sont d'essayer de ne pas être dominé en établissant leur rôle de leader dans la région, de circonscrire l'influence américaine et des autres puissances extérieures et de construire des relations commerciales de qualité. En termes généraux, la politique étrangère de l'Iran se base sur trois idées principales :
Malgré ses lignes directrices, les relations bilatérales sont fréquemment confuses et contradictoires, à cause de l'oscillation permanente de l'Iran entre des aspects pragmatiques et idéologiques.
Le concept de l'exportation de la révolution islamique dérive d'une façon particulière de voir le monde. Cette vue perçoit la révolution islamique comme la façon pour les Musulmans et les non-musulmans de se libérer eux-mêmes de l'oppression des tyrans qui servent les intérêts de l'impérialisme international.
Il existe plusieurs courants de pensée quant aux moyens à mettre en oeuvre pour exporter la révolution islamique. En général, ceux qui sont pour l'exportation de la révolution seulement à travers l'éducation et l'exemple ont dominé le ministère des affaires étrangères, alors que ceux en faveur d'une assistance active aux groupes révolutionnaires n'ont pas servi à de tels postes. Néanmoins, parce que ces soutiens à l'approche activiste sont aussi des dirigeants politiques influents, ils ont pu influencer certains domaines des relations étrangères. Cela est particulièrement vrai au sujet de la politique envers le Liban. En 1982, l'Iran déploie 1500 gardiens de la révolution à Baalbek au Liban, pour organiser, fournir et entraîner le Hezbollah. L'Iran a diminué son aide au mouvement libanais mais continue tout de même à armer le Hezbollah et l'encourage à maintenir une capacité militaire significative. De plus, Téhéran a aussi soutenu des mouvements chiites en Iraq, à Bahreïn, en Arabie saoudite, en Afghanistan. Après la guerre du Golfe de 1991, l'Iran a aussi tissé des liens avec le Hamas, le Jihad islamique palestinien et d'autres mouvements sunnites à qui ils ont donné des financements limités, profitant du mécontentement croissant envers les États-Unis.
Néanmoins, l'exportation de la révolution ne cadre pas avec le désir d'ouverture de l'Iran, et certains auteurs pensent que le concept d'exportation de la révolution s'est évanoui dès les premières années du régime.
Le programme nucléaire iranien est devenu une discussion politique à la fois en Iran et dans les pays occidentaux. Un fossé considérable émerge entre les vues politiques des iraniens et celles de l'occident. Le public iranien voit la puissance nucléaire comme un moyen de diversifier les sources d'énergie et d'affirmer son rôle politique international[100]. Le public iranien, pratiquement tous les candidats politiques et le gouvernement actuel sont unis sur ce point : l'Iran devrait développer son industrie nucléaire civile, car ils ne peuvent accepter que d'autres pays, comme Israël, l'Inde ou le Pakistan soient dotés de l'énergie atomique en dehors du cadre du Traité de non-prolifération (TNP)[101]. Les gouvernements occidentaux pensent que le programme nucléaire civil possède des intentions cachées, dont l'introduction possible d'armes nucléaires[100],[102]. L'Iran a ratifié le TNP en 1970, ce qui l'engage à ne pas fabriquer d'armes nucléaires et à ne pas essayer de s'en procurer. Cependant, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) croit que la récente non-coopération iranienne rend impossible la conduite d'inspections afin de s'assurer que la technologie n'est pas détournée pour un usage militaire, comme le déclare un rapport de son directeur général le 31 août 2006[103].
Les forces armées iraniennes se sont modernisées et ont été organisées après la Première Guerre mondiale, surtout après la prise de pouvoir de Reza Shah en 1921. Sous le règne du dernier shah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, l'armée iranienne a été entraînée et équipée par des armées étrangères. La mission militaire américaine en Iran était par exemple la plus importante du monde en 1978[104]. Les ventes d'armes américaines à l'Iran se sont élevées à 11,2 milliards de dollars entre 1950 et 1979[104]. Après la révolution iranienne et la prise de pouvoir du nouveau régime, l'armée iranienne a perdu plus de 60% de ses effectifs (purges ou désertions)[105], alors que parallèlement, l'ayatollah Khomeini créait par décret le corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran) le 5 mai 1979, avec pour objectif de défendre les intérêts de la révolution islamique.
Les forces armées iraniennes peuvent aussi compter sur le corps appelé Niruyeh Moghavemat Basij (littéralement « Force de Mobilisation de la résistance »), une force d'intervention populaire rapide composée de volontaires (comparable à une milice civile). Les Basij ont été initialement créés pour permettre l'envoi de forces sur le front lors de la guerre Iran-Irak ; aujourd'hui, leur rôle est de faire respecter les préceptes islamiques. Ils comptent également des unités spéciales anti-émeutes et une forte présence dans les universités et parmi les étudiants. Leur nombre est difficile à estimer, entre 11 millions selon leur commandant, et 400 000 à un million selon d'autres sources[109].
La constitution de l'Iran de 1979 désigne le guide de la révolution comme commandant suprême des forces armées[110].
La puissance militaire iranienne a été fortement amoindrie par la guerre Iran-Irak et par l'embargo auquel la république islamique est soumise (malgré des livraisons d'armes américaines grâce à des intermédiaires israéliens, européens ou latino-américains au début des années 1980[104]). À partir de 1988, les achats d'armes reprennent (notamment auprès de la Corée du Nord, de la Chine, de la Syrie, de la Russie, de la France, de l'Italie, et d'autres[104]) et le pays décide de se doter d'une industrie militaire nationale. En 2006, l'Iran produit donc des aéronefs (par ex. hélicoptère Shabaviz 2-75), des blindés (par ex. Zulfiqar), des missiles balistiques (par ex. Shahab-3). La réussite iranienne dans le domaine balistique est notable et confère à la république islamique un pouvoir de dissuasion vis-à-vis des autres pays de l'aire régionale[111]
D'après Rand corporation, le budget militaire de l'Iran est limité (environ 5 milliards de dollars en 2003[112]) et est limité à la défense plus qu'à l'offensive[113].
Économie
L'Iran est un pays en développement marqué par une forte intervention de l'État et subissant des sanctions commerciales handicapantes, faisant écho à la marginalisation du pays au sein de la communauté internationale. Son économie est fortement marquée par la prédominance du secteur pétrolier et gazier, mais bénéficie aussi de certains atouts agricoles et maritimes.
Pendant du niveau de pauvreté, un taux de croissance de 6,9% (2005) fait apparaître l'économie iranienne sous un jour dynamique. Cette croissance est toutefois accompagnée d'une inflation à deux chiffres et n'empêche pas le niveau de vie iranien actuel d'être inférieur à celui des années 1970,[114] du fait du doublement de la population
Le produit intérieur brut (PIB) de l'Iran est estimé à 570 milliards de dollars américains à parité de pouvoir d'achat (ppa), 180 milliards selon les taux de changes officiels. La part de l'agriculture dans la production nationale est relativement réduite pour un pays en voie de développement, vu qu'elle n'en explique qu'un peu plus de 10% ; l'industrie et les services contribuent, à parts semblables, pour les neufs dixièmes restant du revenu national. En 2005, le secteur pétrolier a généré à lui seul 70 milliards de dollars et explique 80% des exportations du pays.[115]
Ces déséquilibres économiques se retrouvent aussi dans la répartition des richesses. Alors qu'elle ne contribue qu'au dixième de la production nationale, l'agriculture occupe le tiers de la population employée, contre 20% à l'industrie et 45% aux services. Malgré un produit national brut (PNB) par habitant relativement correct de 2 000 dollars en ppa (contre 1390 à l'Égypte)[116], trois Iraniens sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un peu plus de 11% d'une population active de 24 millions de personnes est au chômage (environ 25% selon certaines sources), et 90% de la population occupée est payée par l'État.[114] L'âge légal du travail est fixé à 15 ans, mais les principaux secteurs d'activité jouissent d'une exemption, rendant souvent légal le travail des enfants.[117]
L'agriculture iranienne est relativement diversifiée grâce à la multiplicité des climats à l'intérieur d'un pays pouvant produire de nombreuses céréales, du riz, une grande variété de fruits, du coton... Elle reste cependant largement sous-productive. Alors qu'un tiers du territoire iranien est arable, seul un dixième est exploité, et moins d'un tiers des terres cultivées profitent d'un système d'irrigation performant. La productivité est aussi restreinte par la petite taille des exploitations, la plupart du temps inférieure à dix hectares. L'opposition entre propriétaires et ouvriers agricoles à partir des années 1970 a longtemps découragé les investissements et donc freiné les gains de productivité. L'engagement du gouvernement dans l'agriculture a toutefois permis, durant les années 1990, de se rapprocher de l'objectif d'autosuffisance alimentaire en agrandissant la surface irriguée[117] et a réorienté certaines productions à l'exportation (dattes, fleurs, pistaches...). Le pays doit cependant compter avec des aléas climatiques comme la sécheresse, susceptible d'amoindrir les récoltes, comme entre 1999 et 2001.[115] L'Iran profite par ailleurs de la richesse de la mer, pêchant de nombreuses espèces de poisson et étant un important producteur de caviar.[117]
La part de l'industrie pétrolière dans l'économie nationale s'est nettement réduite depuis les années 1970, en partie en raison des dégradations ou des destructions subies par l'appareil productif au cours des guerres.[117] Avec une production de 4 millions de barils par jour, soit la quatrième du monde, elle reste toutefois largement prépondérante et assure près de la moitié des revenus de l'État.[115] Elle profite actuellement de l'envolée du cours du pétrole et a permis au pays d'amasser d'importantes réserves de change., le manque de raffineries fait que le pays importe un tiers de son carburant [118] Dans ce domaine de l'énergie, la volonté de l'Iran de développer son industrie nucléaire civile se heurte aux suspicions de la communauté internationale quant à ses objectifs militaires.
Le reste de l'industrie connaît une croissance honnête d'environ 3% par an. Elle est dominée par quelques secteurs comme le textile, les industries minières, les matériaux de construction, l'automobile, l'artisanat, l'agroalimentaire, et l'armement. (Le budget militaire serai de 4,2 milliards de dollars en 2005.[116]) Dans le cas du textile, la réputation des tapis persans tissés à la main en fait une des premières activités exportatrices du pays et contribue de façon substantielle aux revenus des familles rurales[117].
Le secteur tertiaire représente environ 40% de la production nationale et occupe une part similaire de la population. L'activité touristique est largement handicapée par le régime politique[117]. En mai 2007, le gouvernement a annoncé le renforcement de la vigilance à l'égard du code vestimentaire, qui concerne également les touristes, rappelant l'obligation de porter un voile noir en public qui doit couvrir les cheveux et les épaules, ainsi que des jupes et robes longues masquant les chevilles. Selon le chef de la police de Téhéran, le général Hossein Sajedi-Nia, en cas de manquement à ces obligations, de sévères amendes sont prévues voire des peines de prison en cas de récidive [119].
Une partie de la population est engagée dans une économie informelle[120]. Depuis le début du XXIe siècle, le dynamisme réel de l'économie procède de plus en plus de sa dimension informelle (la contrebande et la fraude impliquent désormais l'ensemble des provinces)[121]. Le secteur subventionné du commerce d'organes pour transplant est en pleine expansion du fait de la pauvreté poussant des milliers de jeunes iraniens à vendre leurs organes (essentiellement des reins) à une des 137 agences gouvernementales spécialisées. un rein se négocie environ 2400 ? [122].
Bien qu'à la suite de la révolution islamique, la question des nationalisations et de l'intervention étatique ait été l'objet d'un débat traditionnel gauche-droite où les conservateurs défendaient la propriété privée, la guerre contre l'Irak a suscité un dirigisme croissant. À terme, il a donné à l'État un contrôle quasi total de toutes les activités économiques. De fait, les grandes entreprises du pays sont dirigées par l'administration publique, ainsi que l'activité pétrolière via le Ministère du pétrole et la Compagnie pétrolière nationale iranienne. L'activité du secteur privé est généralement limitée aux petites structures, tels les ateliers artisanaux et les fermes agricoles.[117] Malgré des velléités de réforme et de privatisation ayant pris quelques formes concrètes dans les années récentes, l'État conserve son monopole sur l'essentiel de l'économie[116].
La législation d'inspiration islamique est, par ailleurs, extrêmement problématique pour les activités financières internationales. Aux termes de ces principes religieux, la rétribution d'intérêts en échange d'un prêt monétaire est illégale. Ces restrictions rendent virtuellement impossible la réalisation d'accords entre le pays et des institutions ou entreprises financières internationales, condamnant l'Iran à se satisfaire des sources internes de financement.[117] Les banques islamiques ont remplacé l'usure par différents modes de partage du profit. L'activité principale des banques consiste donc à obtenir des fonds du public et à les offrir aux hommes d'affaires sur la même base[123].
Le secteur coopératif est constitué de fondations religieuses, ou bonyads. Mis en place juste après la révolution iranienne, parfois sur la base de fondations royales existant auparavant, les bonyads ont été utilisés pour redistribuer les revenus du pétrole aux pauvres et aux familles des martyrs (morts lors de la guerre Iran-Irak). Aujourd'hui, les bonyads sont des consortiums de compagnies qui sont exemptées de taxes et qui rendent compte directement au Guide de la révolution.
Malgré leur légalité, les syndicats sont absents en Iran. Les travailleurs sont généralement représentés par des institutions elles-mêmes dépendantes de l'État et qui ne s'opposent jamais à ses décisions. L'existence et la pratique du droit de grève n'empêche pas sa répression parfois violente par la police.[117]
Étant donnée son emprise sur l'économie, le gouvernement iranien a une dette publique relativement faible (30% du PIB), ce qui n'empêche pas l'existence d'une inflation importante (en moyenne autour de 15%).
En conséquence de ces prises de positions sur la scène internationale, l'Iran subit de nombreuses sanctions économiques. Depuis 1996, les États-Unis ont imposé un embargo sur les importations de pétrole et d'autres produits iraniens, puis d'interdiction d'investissements des firmes américaines, et dans certains cas non-américaines (loi d'Amato-Kennedy), vers l'Iran.
Sous la présidence de Rafsandjani (1989 - 1997), le pays a dû entamer une nouvelle politique économique de privatisation et d'ouverture et d'encouragement des investissements étrangers en Iran. Pour financer ses projets, l'état iranien a même sollicité des emprunts de la part de ses partenaires étrangers ou des instances financières internationales. La baisse des subventions qui s'en est suivie, et la mauvaise gestion de l'économie, a entraîné la hausse des prix et du chômage[124]. Cependant, l'ouverture aux investissements extérieurs est parfois freinée par le nationalisme économique des députés du Majles[125].
Du fait de l'importance de l'industrie pétrolière et de la dépendance extérieure du pays pour de nombreux produits, le taux d'ouverture (importations plus exportations en pourcentage du PIB) de l'Iran est cependant relativement élevé (54%, soit un taux comparable à celui de l'Allemagne). Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Allemagne, les Émirats Arabes Unis et la Chine, suivis par des pays européens (la France est le troisième fournisseur de l'Iran[126]).
La situation de l'Iran vis-à-vis de l'extérieur est donc celle d'une dépendance à ses exportations de pétrole et d'un handicap provoqué par les sanctions internationales. À court terme, les tensions actuelles sur la question nucléaire peuvent, selon le jeu diplomatique, tout à la fois provoquer l'allègement ou l'aggravation de ces sanctions. En 2006, les revenus du gaz et du pétrole ont été le moteur principal de l'économie et de la stabilité sociale précaire du pays. L'économie iranienne ne se développe toujours pas, et les revenus pétroliers représentent une bouée de sauvetage pour un pays possédant une économie administrée et inefficace[127].
Annexes
Cet article comprend des extraits des Country studies de la Bibliothèque du Congrès américain, qui sont dans le domaine public. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipedia.
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