| | ParisParis, capitale culturelle
La plus grande salle de cinéma à Paris est aujourd'hui de loin Le Grand Rex avec 2 800 places, alors que toutes les autres salles possèdent moins de 1 000 places.
Les cafés sont rapidement devenus une partie intégrante de la culture française de par leur aspect, en particulier à partir de l'ouverture du café Régence au Palais-Royal en 1688 puis sur la rive gauche du café Procope un an plus tard. Les cafés dans les jardins de ce dernier lieu sont devenus particulièrement populaires au cours du XVIIIe siècle et peuvent être considérés comme les premières « terrasses de café » à Paris. Celles-ci ne connurent pas d'expansion jusqu'à ce que les trottoirs et les boulevards aient commencé à apparaître au milieu du XIXe siècle.
La réputation culinaire de Paris trouve ses fondations dans les origines diversifiées de ses habitants. Avec l'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXe siècle et la révolution industrielle qui suivit, de nombreux provinciaux sont arrivés dans la capitale, apportant avec eux toute la diversité gastronomique des différentes régions de France et créant de nombreux restaurants de spécialités locales. « Chez Jenny » est un exemple typique d'un restaurant spécialisé dans la cuisine Alsacienne et « Aux Lyonnais » est un autre exemple caractéristique de cuisine régionale de ville évoquée. Naturellement, l'immigration de régions bien plus éloignées a apporté une encore plus grande diversité culinaire et aujourd'hui, en plus d'un grand nombre d'établissements de cuisine du Maghreb ou d'Asie, on trouve à Paris des établissements proposant des préparations culinaires en provenance des cinq continents.
La présence de nombreux hôtels dès la fin du XIXe siècle, en partie liée aux expositions universelles, est une autre conséquence de l'augmentation du nombre de voyageurs et de touristes dans la capitale. Parmi les plus luxueux, l'Hôtel Ritz est apparu sur la place Vendôme en 1898 et l'Hôtel de Crillon a ouvert ses portes sur le côté nord de la place de la Concorde en 1909.
Le caractère festif de la ville semble à nouveau à l'honneur depuis les opérations de Paris-Plage ou Nuit Blanche.
Paris accueille tout au long de l'année de très nombreuses festivités dont certaines se démarquent particulièrement. Fin janvier, les rues du XIIIe arrondissement s'animent avec les célébrations du Nouvel An chinois tandis que le carnaval de Paris au mois de février est composé par plusieurs cortèges à travers la ville. Fin février se déroule le salon international de l'agriculture. Mars voit se tenir le salon du livre tandis que fin avril ou début mai la Foire de Paris rappelle les grands rassemblements médiévaux. Le marathon de Paris a lieu courant avril dans les rues de la capitale et la Gay pride en juin.
Le 14 juillet est l'occasion du traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées où s'achève à la fin du même mois le Tour de France cycliste. C'est également entre juillet et août que se déroule depuis 2002 l'opération Paris-Plage, qui consiste à transformer une partie des quais de Seine en plage avec transats et activités. Octobre est le mois du Mondial de l'automobile les années paires qui alterne avec le mondial du deux-roues les années impaires. Le même mois accueille la Fiac, Foire internationale d'art contemporain, et depuis 2002, Nuit Blanche, qui permet au public d'assister gratuitement à différentes expressions de l'art contemporain à travers la ville pendant la nuit du premier samedi au premier dimanche d'octobre. Le deuxième samedi d'octobre, Montmartre renoue avec son passé viticole lors de la fête des vendanges.
La plupart des grands groupes de médias français ont leur siège à Paris.
La presse parisienne est représentée par plusieurs journaux. Le Parisien est le quotidien emblématique de la capitale, décliné aujourd'hui en plusieurs versions départementales en banlieue. 20 minutes et Métro sont deux quotidiens gratuits qui, sans être parisiens d'origine, sont particulièrement lus. Le premier est diffusé en Île-de-France à 510 000 exemplaires ce qui représente de très loin sa plus importante diffusion nationale. Un Parisien ou un banlieusard lisant son « gratuit » dans les transports publics aux heures de pointe est devenu une image habituelle de la capitale. L'Officiel des spectacles, Le Pariscope (qui n'existe plus en version papier) et Zurban (également disparu) offrent le programme culturel exhaustif de la métropole. Paris frimousse est quant à lui un mensuel recensant les activités culturelles pour les enfants.
La télévision locale reste relativement peu développée et diffusée, contrairement à plusieurs métropoles de France. On peut citer, outre les programmes régionaux de la chaîne nationale France 3, quelques chaînes associatives ou de collectivités locales. Télif rassemble sur un unique canal diffusé par le câble, l'ADSL ou le satellite les chaînes locales de la région : VOTV (Val-d'Oise), Télessonne (Essonne), TVM Est parisien (Seine-Saint-Denis), TVFil78 (Yvelines) et RTV (Rosny-sous-Bois). Zaléa TV, chaîne associative parisienne, est périodiquement diffusée par voie hertzienne en fonction des autorisations distribuées qui ont parfois poussé la chaîne à des diffusions pirates. Teleplaisance.org, autre chaîne associative, diffuse uniquement des programmes amateurs. Les deux chaînes sont disponibles en 2007 grâce à une diffusion via l'ADSL.
Dès le XIIe siècle, le rayonnement de son université fait de Paris l'un des grands centres intellectuels du monde chrétien. L'adoption du dialecte parisien par la Cour affirme cette vocation. Durant la Renaissance, la ville devient un foyer de l'Humanisme. Avec la progressive centralisation du pouvoir, Paris se trouve renforcée dans sa prééminence culturelle en France. Vers le milieu du XVIIe siècle, Paris et ses salons deviennent le centre presque unique de la littérature française. Dans le dernier tiers du siècle, le prestige de la cour de Louis XIV à Versailles éclipse un peu celui de Paris. Toutefois, la vie intellectuelle parisienne reste active (création de la Comédie-Française sous le patronage du roi en 1680).
Au cours du XVIIIe siècle, Paris redevient le centre culturel du royaume. Les salons parisiens connaissent leur plus bel essor. Voltaire, au ton léger et ironique, est l'écrivain parisien par excellence. À l'inverse, Jean-Jacques Rousseau fuit cette ville « de bruit, de fumée et de boue » et se réfugie à Montmorency, à quatre lieues de là, avant de s'y réinstaller en 1770.
Après la Révolution, le monde littéraire se fait plus large, plus complexe. Paris n'en demeure pas moins le centre de la vie intellectuelle française. Dans les années 1920, beaucoup d'écrivains étrangers viennent découvrir Paris et s'en inspirent dans leur oeuvre : Ernest Hemingway, Henry Miller, Gertrude Stein, etc et d'autres viennent y chercher l'espoir : D.H. Lawrence, James Joyce, etc. Montparnasse, quartier des artistes depuis la fin du XIXe siècle, connaît son âge d'or. Après la Seconde Guerre mondiale, c'est Saint-Germain-des-Prés qui devient le foyer littéraire le plus célèbre, avec la présence de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian ou encore Jacques Prévert[156]. On considère généralement que le prestige intellectuel de Paris a baissé dans le monde depuis cette époque. Mais elle elle reste la principale ville de la vie littéraire et de l'édition françaises. Aujourd'hui presque chaque quartier de Paris possède sa plaque rappelant le séjour d'un écrivain.
Paris dans les arts et la culture
Depuis longtemps, la capitale française a inspiré les écrivains. Au XVe siècle, François Villon plonge dans les bas-fonds de Paris pour amorcer son oeuvre majeure : Le Testament. Toutefois, au XVIIe siècle et, dans une moindre mesure au XVIIIe siècle, la description de la réalité parisienne contemporaine intéresse peu les auteurs.
Au XIXe siècle, les écrivains français s'attachent davantage à décrire la réalité de leur temps de manière plus exacte. Sous la monarchie de Juillet, Honoré de Balzac cherche à brosser un tableau détaillé et moderne de la société française, c'est la Comédie Humaine[157]. Paris occupe une place privilégiée dans cette oeuvre et pas seulement dans les Scènes de la vie parisienne[158]. Il distingue par la diversité des réseaux de relation, c'est là que sont possibles les succès les plus fulgurants, là que l'on cherche la gloire mais aussi là que l'on peut tomber dans l'anonymat le plus absolu[159].
Si Balzac s'intéresse avant tout à la haute société ou aux ambitieux désargentés, on commence à la même époque s'intéresser à la ville populaire, perçue comme menaçante et fascinante. Des études paraissent sur les « classes dangereuses » d'une ville en expansion. Les Mystères de Paris d'Eugène Sue, qui fait une très large place au Paris de la pègre, connaît un immense succès lors de leur parution en feuilleton en 1842-1843. Vingt ans plus tard, c'est l'autre plus grand romancier de Paris, Victor Hugo, qui publie Les Misérables, autre volumineux ouvrage traitant du Paris populaire devenu un classique. Paris fascine avec une double image : une ville fastueuse et prestigieuse (Stendhal sublime Le Frascati, Balzac chante le boulevard des Italiens, Nerval ou Baudelaire ne jurent que par le Divan Le Pelletier) mais aussi une ville populaire où règne le vice. Gérard de Nerval s'y suicide dans le lieu le plus sordide qu'il ait pu y trouver. Le Paris en mutation d'Haussmann est largement décrit par Émile Zola dans Les Rougon-Macquart (Le Ventre de Paris, Nana, Au Bonheur des Dames), il est le cadre des errances et états d'âme des poètes Parnassiens et symbolistes et surtout de Baudelaire (Le Spleen de Paris).
Dans les années 1960, les écrivains transforment Paris en une ville mythique : parfois drôle et burlesque comme Zazie dans le métro de Raymond Queneau ou encore pleine de souvenirs comme Je me souviens de Georges Perec.
La ville fascine encore les écrivains de la nouvelle génération, tels Patrick Modiano (et le quartier de Belleville) ou Jean-François Vilar (et le quartier de la Bastille).
Paris a été une source d'inspiration pour de nombreux artistes qui ont diffusé son image dans le Monde entier.
Aucune représentation de la ville n'existe jusqu'aux Guerres de religion à la fin du XVIe siècle. C'est sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII que la ville est représentée par Jacques Callot et par les peintres hollandais De Verwer et Zeeman, en particulier les bords de Seine qui les fascinent. Le Louvre devient un sujet de prédilection au XVIIe siècle mais il faut pourtant attendre la vogue de la peinture en plein air au XIXe siècle pour voir les artistes s'intéresser à la vie parisienne et au paysage urbain en mutation. Corot plante son chevalet sur les quais de Seine, Monet représente l'atmosphère vaporeuse de la gare Saint-Lazare, Renoir décrit la vie Montmartroise (Moulin de la galette, le Moulin rouge), Pissarro peint le Pont Neuf et Sisley l'Île Saint-Louis. Puis, au tournant du siècle, Seurat, Gauguin (parisiens de naissance), Cézanne et Van Gogh représentent largement Paris dans leur oeuvre. Toulouse-Lautrec est peut-être le plus parisien dans l'âme mais il s'intéresse plus aux cabarets et aux bas-fonds parisiens, qu'il fréquente assidûment, qu'aux paysages. Au XXe siècle, les plus parisiens des peintres sont certainement Marquet et Utrillo qui représentent souvent les quartiers déshérités de la ville. Matisse, Vlaminck et Derain mènent une vie de bohème au Bateau-Lavoir à Montmartre tandis que Léger, Modigliani, Chagall, Zadkine et Soutine s'installent dans les ateliers de la Ruche à Montparnasse ; c'est l'âge d'or de l'école de Paris qui laisse place au surréalisme après la Seconde Guerre mondiale.
Parmi d'autres oeuvres représentant Paris, on peut citer Vue du jardin du Luxembourg (1794) par Jacques-Louis David, Quai des Célestins - le pont Marie (1868) par Stanislas Lépine, Vue de l'atelier de Fielding, 20 rue Jacob, Paris (1824) par Eugène Delacroix, La maison d'en face, rue Hyppolite Maindron (1952) par Alberto Giacometti ou encore Paris la nuit (1954) par Nicolas de Staël.
Les sculpteurs François Rude (La Marseillaise, composition la plus forte de l'Arc de Triomphe) puis Jean-Baptiste Carpeaux avec la fontaine de l'observatoire précèdent les grands maîtres de la fin du XIXe siècle dont d'innombrables oeuvres ornent la voie publique parisienne : Rodin, Dalou (jardin du Luxembourg, place de la Nation), Bourdelle (Palais de Tokyo), Maillol (jardin des Tuileries) puis Paul Landowski (sainte Geneviève au pont de la Tournelle). L'Art nouveau a trouvé un étonnant débouché en 1900 avec le métro de Paris naissant dont Guimard orna alors plusieurs dizaines de bouches d'entrée. L'art contemporain s'illustre par exemple au Palais-Royal avec les colonnes de Buren ou à Beaubourg avec la fontaine Stravinski.
Paris constitue un thème et un cadre pour d'innombrables chansons et oeuvres musicales.
La tradition musicale à Paris remonte au Moyen Âge avec la création à la fin du XIIe siècle de l'école polyphonique de Notre-Dame dont les oeuvres expriment la foi médiévale. Sous François Ier naît à Paris l'imprimerie musicale française et les premières chansons populaires apparaissent. Sous le règne de Louis XIV, les grands opéras sont représentés à Paris : Lully s'y installe et devient responsable de la musique de la Cour. Ses ballets sont représentés au Louvre à partir de 1655. Au XVIIIe siècle, Rameau accentue le rôle de l'orchestre dans ses opéras-ballets, la musique s'impose dans les salons. L'histoire de France influence également la musique parisienne : de nombreuses chansons populaires sont créées durant la Révolution française ; la Carmagnole devient l'hymne des Sans-culottes en 1792. Au XIXe siècle, Paris devient la capitale de la musique, plus par les grands maîtres étrangers qu'elle attire par son rayonnement que grâce à ses propres compositions. La musique évolue progressivement vers le Romantisme incarné par exemple par Frédéric Chopin. Gounod renouvelle l'opéra lyrique tandis que Berlioz importe la musique descriptive. Après 1870, Dukas, Saint-Saëns ou Bizet font de la France la maîtresse de la musique de ballet. Le caractère national de la musique revient avec Ravel et Debussy, musiciens impressionnistes. La fin du XIXe siècle est aussi l'époque des chansonniers dont Le Chat noir est le lieu de représentation emblématique, immortalisé par Toulouse-Lautrec. Au XXe siècle, les chansons d'Édith Piaf, la « môme de Paris », ainsi que celles de Maurice Chevalier incarnent la chanson populaire parisienne dans le Monde entier. Plus récemment, Jacques Dutronc chante en 1968 « Il est 5 heures, Paris s'éveille »[160] et Dalida devient une des plus célèbres Montmartroises où une place porte son nom et un buste lui est sculpté en hommage dix ans après sa disparition[161].
Dès l'invention de la photographie, de nombreux artistes ont cherché à capter l'atmosphère de la ville et sa vie quotidienne prise sur le vif. Initiée par Eugène Atget (1857-1927)[162], la photographie de scènes de rues et petits métiers aujourd'hui disparus est incarnée par Robert Doisneau (1912-1994), un des premiers grands photographes de Paris[163]. Les scènes insolites constituaient ses sujets de prédilection, les enfants jouant dans les rues, les concierges, les bistrots, les marchés, etc, ses photographies sont pleines d'humour et de tendresse, la plus célèbre étant Le Baiser de l'Hôtel de Ville[164]. Les images de Willy Ronis évoquent le Belleville et le Ménilmontant d'autrefois, saisissante illustration d'une atmosphère populaire à jamais disparue[165]. Marcel Bovis (1904-1997) a quant à lui représenté la magie de Paris la nuit.
Paris est une des villes les plus filmées au Monde. Outre l'importante production française, les réalisateurs étrangers qui l'ont choisie pour cadre sont nombreux.
Parmi une longue liste de films, quelques chef-d'oeuvres du cinéma français sont devenus des classiques. Hôtel du Nord (1938) fut le cadre de la célèbre réplique d'Arletty « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » Le petit hôtel au bord du canal Saint-Martin, où le film ne fut d'ailleurs pas tourné[166] est devenu un lieu de pèlerinage cinéphile.
La Traversée de Paris (1956) rappelle une certaine réalité de l'Occupation en 1943 tout comme Le Dernier Métro (1980) tandis que Paris brûle t-il ? (1966) évoque la libération de Paris en août 1944. Plus récemment, Chacun cherche son chat (1996) est une tranche de vie d'un immeuble parisien montrant l'isolement dans une grande métropole et la solidarité qui peut pourtant y exister. Enfin, le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001) est un conte contemporain dans un Paris mythique et intemporel. Ce film qui rencontra un succès populaire international a amené de nombreux cinéphiles à Montmartre à la recherche des lieux emblématiques du tournage.
Le cinéma international est incarné par de grands succès comme Tout le monde dit I love you (1996) de Woody Allen, Moulin Rouge ! (2001) ou Da Vinci code (2006) qui ont choisi la ville pour cadre. Plus récemment en 2007, grâce à son image et à sa position de capitale de la gastronomie, Paris a été choisie comme cadre de l'action du film d'animation américain Ratatouille[167].
L'argot « parisien » révélé par les écrivains du XIXe siècle comme Victor Hugo, Eugène Sue ou Balzac reste très vivace à Paris jusqu'aux années 1950. L'évolution sociologique et ethnique de la population parisienne explique en grande partie cette « mort » de l'argot parisien qui ne se pratique plus vraiment dans la rue mais qui fit longtemps la joie des lecteurs de romans comme San Antonio, des spectateurs de films dialogués par Michel Audiard ou des auditeurs de chansons de Pierre Perret, de Renaud (Titi parisien par excellence) ou de sketches de Coluche. Aujourd'hui, des jeunes auteurs de romans tels que Anthony Michel et son personnage Toni Truand reprennent ce genre de langage. Depuis, l'embourgeoisement de la capitale et l'arrivée massive de populations étrangères de couches populaires a contribué à désagréger la société populaire d'origine française et l'argot Parisien a quasiment disparu. Mais une nouvelle forme d'argot s'est lui développé en banlieue ponctué de mots empruntés aux langues d'origine des populations immigrées, essentiellement du continent Africain, dont le verlan est une des expressions les plus caractéristiques[168].
On appelle souvent Paris la « Ville lumière ». L'origine de cette expression est incertaine : certains la situent à la création de l'éclairage public par Gabriel Nicolas de La Reynie, au XVIIe siècle. Paris est surnommée familièrement « Paname ». Ce terme dérive sans doute de la ville de Panamá, signifiant « énorme » et est attesté en 1903[169]. Il a donné lieu à de nombreuses chansons.
« Parigot » (féminin : parigote ou parigotte[170]) est un terme d'argot qui désigne un Parisien. Ce terme est généralement considéré comme péjoratif ou au moins moqueur. L'expression « Parigot, tête de veau » (pouvant usuellement être complétée par « Parisien, tête de chien ») est méprisante.
Paris, capitale internationale
Paris est jumelée avec une seule ville : Rome, depuis 1956. (fr) « Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris » (it) « Solo Parigi è degna di Roma; solo Roma è degna di Parigi »
La capitale française a également signé des pactes d'amitié et de coopération avec d'autres grandes villes du monde[171] :
On peut citer l'UNESCO, l'OCDE, le secrétariat international de la Chambre de commerce internationale, le Groupe d'action financière (GAFI) ou encore l'Association mondiale anationale (SAT).
En 1945, il existait pas moins de 106 maisons labellisées haute couture en France, essentiellement concentrées sur Paris, et parmi elles la plus célèbre : Givenchy. Aujourd'hui, elles ne sont plus qu'une dizaine : les plus anciennes, Dior, Jean-Louis Scherrer, Emanuel Ungaro, Chanel, Yves-Saint-Laurent, les plus récentes Christian Lacroix, Jean-Paul Gaultier, André Courrèges et Pierre Cardin, ou encore les plus modestes, Dominique Sirop, Adeline André et Franck Sorbier.
Ces maisons de haute-couture excellent tant dans la mode que dans la parfumerie. Ainsi, Chanel n°5 ou Arpège, apparus dans les années 1920 sont devenus incontournables, tout comme Miss Dior dans les années 1940. Parallèlement à la parfumerie, se développe la maroquinerie, Vuitton et Hermès. Vuitton, l'inventeur des premières malles confortables et raffinées est devenu un des premiers en la matière. Dans la même famille, des créateurs se partagent la marché de la mode et de ses accessoires : Guy Laroche, Nina Ricci, Marcel Rochas, Pierre Balmain. De nos jours, de nouveaux créateurs apparaissent comme Jean-Paul Gaultier (qui a remis les corsets à la mode), Claude Montana, Christian Lacroix (qui mise sur l'explosion des couleurs) ou encore Chantal Thomass, spécialiste des sous-vêtements sexy. Le prêt-à-porter n'est pas en reste, avec Jean-Charles de Castelbajac ou encore Vanessa Bruno et Isabel Marant.
Aujourd'hui, Paris doit faire face à la concurrence de New York, Los Angeles, Milan et de certaines villes asiatiques. La ville occupe néanmoins une place éminente sur la scène mondiale, en particulier pour la joaillerie et la haute couture. La première se concentre place Vendôme et rue de la Paix. L'habillement de luxe est particulièrement présent dans le 8e arrondissement, avenue Montaigne ou rue du Faubourg-Saint-Honoré notamment. On y trouve le siège de LVMH, premier groupe mondial dans le secteur du luxe, Hermès, Cartier, Dior et les boutiques de nombreux grands couturiers indépendants ou affiliés à de grands groupes tels que LVMH ou PPR.
Paris est aussi une des capitale du « shopping » et des magasins avec des enseignes mythiques et présentes partout dans le monde, les Galeries Lafayette ou le Printemps. La ville est le lieu de naissance des Grands magasins modernes, fondés sur un vaste assortiment large et profond, des prix fixes et apparents, un accès direct et une mise en scène de la marchandise dans un espace de vente. Le premier exemple du genre est Le Bon Marché transformé en 1852. En 1883, Emile Zola, dans le roman Au Bonheur des Dames décrit la vie d'une employée d'un grand magasin.
L'environnement à Paris
Comme toutes les grandes métropoles de la planète, Paris subit des conséquences environnementales liées à l'échelle de sa population et de son activité économique[172].
Paris est la capitale la plus dense d'Europe en population et la part des espaces verts est des plus réduites. En effet, on ne compte dans la ville intra-muros que 5,8 m2 d'espace vert par habitant ou 14,5 m2 en comptant les deux bois de Boulogne et de Vincennes, contre 36 m2 à Amsterdam, 45 m2 à Londres, 59 m2 à Bruxelles ou encore 321 m2 à Rome. Les arrondissements du centre-Nord de Paris en sont les plus déficitaires. Des parcs et jardins ont été créés au cours des deux dernières décennies afin de pallier cette carence mais la ville ayant besoin d'espaces pour ses activités économiques, le logement ou ses équipements publics, il n'est pas toujours possible de créer des jardins sur les terrains libérés. Ainsi outre l'aménagement de nouveaux espaces verts, la municipalité a introduit la notion de « coefficient de biotope » dans son plan d'urbanisme afin d'imposer aux promoteurs immobiliers de végétaliser une surface minimale attenante à toute construction[173].
Consciente de la réalité que constitue la pollution atmosphérique, la région a mis en place en 1979 un réseau de surveillance de la qualité de l'air à Paris et en Île-de-France sous forme d'une association de type loi 1901 à but non lucratif, baptisée Airparif[174]. La municipalité a également créé une maison de l'Air, dans le 20e arrondissement, afin d'informer les Parisiens sur le rôle de l'atmosphère et des conséquences de la pollution sur la santé[175]. La pollution dans la région est principalement liée aux activités de transport, les industries polluantes étant de moins en moins présentes à la périphérie de Paris[176]. Si le climat océanique est généralement propice à la dispersion des polluants et ne provoque pas les situations rencontrées dans certaines mégapoles, par temps anticyclonique, les polluants s'accumulent et provoquent des pics de pollution, en particulier l'été qui favorise la concentration d'ozone.
Selon un rapport d'Airparif publié en 2007, la pollution globale aurait diminué dans la capitale : entre 2002 et 2007, une baisse de 32 % des émissions d'oxydes d'azote a été notée dans Paris intra-muros et de 9 % de celles de gaz à effet de serre, soit 469 tonnes de dioxyde de carbone en moins rejetées chaque jour par le trafic mais cette baisse est plus la conséquence des progrès technologiques réalisés dans la construction des véhicules que de la légère baisse du trafic consécutive à la politique municipale de lutte contre l'automobile[177].
Le bruit constitue également un problème de santé publique : il a motivé la création d'un observatoire du bruit en 1999. Première mesure : une cartographie du bruit routier reposant sur un système d'information géographique (SIG) a été mise en oeuvre à Paris en 2004 et mise à jour en 2007[178].
L'eau distribuée à Paris provient pour 50% d'eaux souterraines captées et pour 50% d'eaux de la Seine et de la Marne traitées. Cette eau est de bonne qualité selon les analyses[179].
Paris intra-muros ne possède plus d'industries à risque classées Seveso sur son territoire, c'est-à-dire classées à risques d'accidents technologiques majeurs. Cependant, plusieurs établissements à risques élevés sont situés en proche banlieue : plusieurs dépôts d'hydrocarbures à Nanterre, Gennevilliers et Vitry-sur-Seine[180],[181].
Plus anecdotique, Paris possède également une réputation peu glorieuse en matière de déjections canines, omniprésentes sur ses trottoirs. En effet, environ 150 000 chiens produisent seize tonnes de déjections par jour, trop souvent au milieu du trottoir plutôt que dans le caniveau en raison de l'incivilité des maîtres. Cette nuisance a pour conséquence un coût de nettoyage des rues particulièrement élevé pour la municipalité et par contrecoup, pour le contribuable parisien. Ces déjections sont considérées comme la première cause de saleté de la ville par les habitants[182]. De plus, l'impact social est loin d'être négligeable puisqu'on recense environ six cent cinquante accidents par an dus à des chutes par glissade nécessitant un transport aux urgences, en particulier de personnes âgées. Mais après de nombreuses années de laxisme, la mairie a fait le choix de sensibiliser les Parisiens et d'appliquer une politique répressive avec des amendes d'un montant moyen de 183 euros en 2007[183].
Santé
De nombreux hôpitaux sont implantés dans Paris, dont certains sont particulièrement anciens, la tradition hospitalière remontant au Moyen-Âge. L'Hôtel-Dieu de Paris, fondé en 651 par saint Landry, évêque de Paris, est le plus ancien établissement de la capitale. Symbole de la charité et de l'hospitalité, il fut le seul hôpital de Paris jusqu'au XIIe siècle[184].
La plupart des établissements relèvent de l'AP-HP, Assistance publique - hôpitaux de Paris, établissement public de santé créé par la loi du 10 janvier 1849 et relevant de la ville de Paris. Elle exerce le rôle de Centre hospitalier régional pour Paris et l'Île-de-France et emploie plus de 90 000 personnes dont de nombreux médecins et des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière (FPH). L'hôtel de Miramion dans le 5e arrondissement qui abritait un hôpital a été transformé en musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et évoque l'histoire hospitalière de la capitale.
Parmi les principaux établissements, on peut citer dans Paris intra-muros l'hôpital Necker - Enfants malades, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Antoine, Saint-Louis, Bichat-Claude Bernard ou le dernier né, l'hôpital européen Georges-Pompidou. En petite couronne (proche banlieue), les établissements hospitaliers Henri Mondor (Créteil), Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), Le Raincy-Montfermeil ou encore Beaujon (Clichy) sont parmi les plus connus[185]. La grande couronne Parisienne possède plusieurs hôpitaux généralement intercommunaux ne relevant pas de l'AP-HP : on peut citer les hôpitaux Victor Dupouy d'Argenteuil[186] ou encore le centre hospitalier de Versailles[187].
On peut également citer parmi les institutions hospitalières l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260 par Saint Louis et dont le but était de recueillir les aveugles de Paris, l'hôpital militaire du Val-de-Grâce ou encore l'hôpital américain de Paris, fondé en 1906 et situé à Neuilly-sur-Seine, qui relève d'un statut particulier d'établissement privé à but non lucratif, agréé et non conventionné par la Sécurité Sociale.
Paris est par ailleurs une des villes de France les plus denses en médecins, qu'ils soient généralistes ou spécialistes : on comptait en 2005 pas moins de 5 840 médecins généralistes (contre par exemple 3 349 au total en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, à la population cumulée légèrement plus élevée)[188].
Sport
L'histoire de Paris est très marquée par le sport. Du jeu de paume dès le XIIe siècle au football au XXIe siècle en passant par les courses hippiques et le cyclisme au XIXe siècle, Paris a toujours connu les joies du sport depuis au moins un millénaire. La ville compte 360 équipements sportifs : 172 courts de tennis, 131 gymnases municipaux, 36 piscines et 10 bassins écoles, 32 stades municipaux, 2 bases nautiques sans oublier les 6 parcs interdépartementaux qui sont répartis dans les trois départements touchant Paris et facilement accessibles[189].
Les principaux clubs de sport de Paris sont le Paris Saint-Germain (football), le Paris Basket Racing (basket-ball), le Paris Handball (handball) et le Stade français, club de rugby à XV.
Le Parc des Princes est un stade édifié en 1897 au Sud-Ouest de Paris et reconstruit en 1972. Il compte 45 500 places assises. Son club résident actuel est le Paris Saint-Germain[190].
Le Palais omnisports de Paris-Bercy est un vaste espace modulable clos de l'Est parisien inauguré en 1984 qui accueille de nombreuses compétitions sportives mais fait également office de salle de spectacles et reçoit diverses manifestations : concerts, patinoire, etc[191]. Le Stade Charléty, créé en 1939 et reconstruit en 1994, est réputé pour être le temple du sport amateur à Paris ; il comprend un stade d'athlétisme de 20 000 places et une salle omnisports de 1 500 places[192].
Le Stade de France de 80 000 places fut édifié à Saint-Denis en proche banlieue Nord pour la Coupe du monde de football de 1998 et est utilisé toute l'année pour les matchs à domicile de l'équipe de France de rugby durant le Tournoi des six nations et parfois pour de grands matchs de l'équipe de rugby du Stade français. En 2007, plusieurs matchs de la Coupe du monde de rugby sont joués au stade de France, dont la finale, et au parc des Princes.
Paris a également accueilli les Jeux Olympiques en 1900 et 1924 mais fut une candidate malheureuse à l'organisation des Jeux d'été de 1992, 2008 et 2012 (Paris 2012), finalement revenus respectivement à Barcelone, Pékin et Londres. Elle fut par ailleurs la ville d'accueil de matchs de la Coupes du Monde de Football en 1938 et 1998.
Bien que le point de départ et l'itinéraire du célèbre Tour de France change chaque année, l'étape finale s'achève toujours à Paris et, depuis 1975, la course finit sur les Champs-Élysées. Le tennis est un autre sport populaire à Paris et dans l'ensemble de la France. Les Internationaux de France de Roland-Garros, tenus chaque année sur la terre battue du stade Roland-Garros à proximité du bois de Boulogne, sont l'un des quatre événements du Grand chelem du tennis professionnel[193].
Cultes
L'archidiocèse métropolitain de Paris est l'un des vingt-trois archidiocèses de France. Diocèse depuis le IIIe siècle, le siège de Paris a été érigé en archidiocèse le 20 octobre 1622. L'archevêque actuel est Monseigneur André Vingt-Trois qui a pour évêques auxiliaires Monseigneurs Jérôme Daniel Beau, Jean-Yves André Michel Nahmias et Michel Pollien. Il remplace à cette fonction Monseigneur Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris de 1981 à 2005.
La ville comptait en 2005 106 paroisses catholiques accueillant les fidèles et 24 missions étrangères. On compte également sept églises catholiques orientales rattachées à l'ordinariat des catholiques des églises orientales résidant en France : copte, chaldéenne, grecque-melkite, maronite, roumaine, russe et syriaque. La même année, on comptait 730 prêtres, 2 500 religieuses, environ 220 communautés religieuses (140 de femmes et environ 80 d'hommes)[194].
Parmi les grands lieux de pèlerinage, les deux principaux sont la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre où les fidèles assurent depuis 1885 l'Adoration perpétuelle[195], et la chapelle Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, où La Vierge Marie serait apparue plusieurs fois en 1830 à sainte Catherine Labouré[196].
La Grande mosquée de Paris accueille les fidèles depuis 1926 sur plus d'un hectare de superficie, place du puits de l'Ermite dans le 5e arrondissement[200].
Un temple se situe dans le bois de Vincennes, sur la rive méridionale du lac Daumesnil, dans un ancien pavillon de l'exposition coloniale de 1931. Deux autres se trouvent dans le quartier asiatique de Paris, dans le XIIIe arrondissement.
Paris, le mythe et la réalité
L'histoire de France et Paris sont depuis longtemps intimement liées. En effet, Paris est le centre de la vie culturelle, politique et historique du pays. De « Paris vaut bien une messe » attribué à Henri IV qui laissera sa vie dans la capitale, aux grandes heures de la Révolution française, la Commune de Paris, les manifestations du Front populaire jusqu'à la célèbre phrase du général de Gaulle le 25 août 1944 « Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »[201], capitale de la douleur nationale et des grandes joies collectives, tous les grands évènements emblématiques du pays qui s'y sont déroulés font de Paris l'image même de l'histoire de France. Ses monuments universellement célèbres, sa cour des miracles, la réussite sociale qu'on y gagne si souvent décrite dans la littérature, ville du progrès, des expositions universelles, de la Tour Eiffel, du métropolitain, de la fête et de la chanson de la Belle Époque à l'Entre-deux-guerres, du swing et du jazz de l'après guerre, des inoubliables chanson d'Édith Piaf ou Maurice Chevalier, Paris au cinéma, toutes ces icônes accumulées ont constitué le mythe de Paris. Ces représentations s'assoient sur une dualité, une représentation matérielle et une spirituelle et symbolique.
Pourtant la ville a fortement évolué au cours des siècles, les travaux d'Haussmann l'ont radicalement modifiée, les transformations d'après-guerre ont encore modifié l'aspect de plusieurs quartiers au point de les défigurer, des générations de Parisiens se sont succédé, Paris change sans cesse, Paris évolue mais « Paris sera toujours Paris », par sa façon de se transformer sans cesse tout en restant la même et en conservant son âme[202].
Paris ne parvient toujours pas à concilier concentration de richesses et qualité de vie, contrairement à plusieurs grandes villes de France qui ont su développer leur attractivité économique et culturelle tout en conservant un environnement de qualité, ce qui explique en partie leur dynamisme démographique que ne possède plus Paris ni la région Île-de-France. La capitale reste largement en tête des villes de France pour sa puissance économique, le choix de filières et d'écoles pour l'enseignement supérieur, son offre culturelle d'exception, l'offre de soins et la qualité d'accès aux nouvelles technologies (couverture ADSL à 100%, large concurrence des opérateurs internet et récemment le déploiement de la fibre optique résidentielle et du Wi-Fi gratuit mis en place par la municipalité). Mais elle demeure une des pires villes du pays quant au niveau de la sécurité, pour sa qualité environnementale (pollution, part réduite des espaces verts) et pour les prix très élevés de l'immobilier[203].
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