HongriePolitique
Le SzDSz est un parti libéral. Libéral quant à sa doctrine économique (certains diraient même, « ultra libéral »), il l'est également en ce qui concerne les questions de société; le SzDSz défend le droit des femmes, des homosexuels, des minorités ethniques, est plus tolérant quant à la consommation de drogues douces, etc... Le SzDSz est considéré comme le « Parti des intellectuels », et est issu de la dissidence des années 1970-80 ; c'est l'une des formations dites "historiques" qui a participé au changement de régime des années 1988-89.
Les relations entre les deux partis de la coalition ne sont pas toujours aisées ; le MSzP a un poids beaucoup plus important au Parlement, alors que le SzDSz ne compte que quelques députés : aux dernières élections de 2002, il a, avec peine, franchi le seuil des 5 % lui permettant d'être représenté au Parlement.
L'opposition présente au Parlement réunit les deux principaux partis de l'ancienne coalition conservatrice au pouvoir de 1998 à 2002. Le Fidesz (Union des jeunes démocrates mené par le très charismatique Viktor Orbán) et le MDF (Forum Démocratique Hongrois).
Le Fidesz est indissociable de son leader, Viktor Orbán, très populaire parmi l'électorat de droite. C'est un parti conservateur à tendance nationaliste. Le Fidesz est plus sceptique face à l'Union européenne que la gauche, il entend préserver les "valeurs traditionnelles hongroises". D'un parti libéral de centre droit, il s'est progressivement transformé en parti conservateur à tendance nationaliste durant son mandat de 1998 à 2002. Le Fidesz est issu de la dissidence ; lors du changement de régime, ce n'était qu'un petit parti qui a pris de l'ampleur surtout dans les années 1990.
Le MDF est un parti conservateur chrétien, souvent considéré comme un peu plus au centre que le Fidesz. Le MDF a été, avec les libéraux du SzDSz, l'un des principaux artisans du changement de régime. C'est ce Parti qui a remporté les premières élections libres.
Les rapports entre le Fidesz et le MDF sont assez similaires à ceux existant entre les deux partis de la coalition de gauche. Le Fidesz est devenu hégémonique et ne fait guère mystère de vouloir "absorber" le MDF. Quant au MDF, son influence politique n'a cessé de diminuer : à présent le MDF n'est crédité que de 2 ou 3 % des intentions de vote, et beaucoup s'entendent pour dire que si le MDF parvient aux 5 % lui permettant d'entrer au Parlement, cela sera l'une des principales surprises de ces élections.
De fait, la vie parlementaire hongroise prend la forme d'un système à deux partis (bipartisme). Le MDF n'ayant déjà pratiquement aucune chance de rentrer au Parlement, et les libéraux du SzDSz pouvant bien ne pas atteindre la barre des 5 %, cela laisserait face à face les deux grands partis: le MSzP et le Fidesz. Ont déjà été exclus de la vie parlementaire le "Parti des petits propriétaires" (ancien Parti paysan) et le parti d'extrême droite (MIEP), pour, en 2002, donner un Parlement avec seulement 4 partis représentés.
La vie politique en Hongrie se caractérise par des rapports inhabituellement violents et haineux entre la gauche et la droite. La population prend part à cette lutte politique à outrance. Lors des élections législatives de 2002 le pays s'est véritablement scindé en deux. L'importance donnée à ces élections dépassait largement son enjeu réel. Viktor Orbán appelait alors à faire barrage au retour des "communistes", censés vendre le pays à l'étranger et trahir les communautés hongroises vivant dans les pays voisins » la question des minorités hongroises avait alors une grande importance dans le débat politique (la population de langue hongroise vivant en Transylvanie, Roumanie, en Slovaquie et en Serbie). Quant à la gauche, en rappelant les appels du pied d'Orban envers l'extrême-droite du MIEP et son discours de plus en plus nationaliste, elle exhortait la population à défendre la démocratie contre les tendances extrémistes de la droite.
Depuis, la situation s'est beaucoup apaisée, même si les tensions restent fortes. Le Fidesz a en grande partie abandonné sa rhétorique nationaliste. Bien que le parti n'ait jamais admis cette analyse, beaucoup considèrent que sa défaite de 2002 est due au fait qu'il a effrayé son électorat, plus centriste.
En 2006, la droite hongroise s'attendait à retourner au pouvoir après 4 ans dans l'opposition. Majoritaire dans les sondages jusqu'au mois de mars, le Fidesz a cependant perdu les élections. Cet échec constitue une première dans la vie politique hongroise depuis la transition démocratique, dans la mesure où un gouvernement sortant - cette fois la coalition de centre-gauche formée par le MSZP (socialistes) et le SZDSZ (libéraux) - réussit à se maintenir au pouvoir. De nombreux analystes attribuent ce nouvel échec électoral du Fidesz à son incapacité à se ressouder après 2002, et surtout à la rhétorique populiste que ces principaux dirigeants n'ont jamais tout à fait abandonnée au cours des dernières années.
Suite à la victoire de la gauche, le premier ministre Ferenc Gyurcsány (arrivé au pouvoir en octobre 2004, suite à un prétendu "coup" renversant Péter Medgyessy, organisé dans les rangs du MSZP), se lance dans des réformes à vocation surtout néo-libérale. Depuis le début de l'année 2006, le déficit budgétaire du pays risque de nuire au fonctionnement de son service public et de mettre en cause la compétitivité de son économie. Ces réformes, marquées notamment par une hausse des impôts et de licenciements importants dans la fonction publique, sont largement controversées, non seulement dans les rangs de l'opposition de droite, mais aussi au sein du Parti socialiste car en totale contradiction avec les promesses électorales.
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