PragueÉconomie
Prague est une ville très touristique. La beauté de la ville lui a valu l'admiration de nombreux poètes et artistes, de Chateaubriand à André Breton, qui la considérait comme la « capitale magique de l'Europe ». La majestueuse Vltava, le relief et ses belles demeures baroques (dont le palais Wallenstein ou le palais Clam-Gallas), les bâtiments de la sécession viennoise (comme la maison municipale) la font parfois ressembler à un décor de théâtre.
La ville est une destination touristique de premier plan en Europe et environ 2 millions de visiteurs par an y font un séjour, généralement entre Pâques et septembre.
Parmi les sites touristiques, on compte le célébrissime pont Charles qui relie la Vieille Ville à Malá Strana où l'on peut admirer le château avec la cathédrale Saint-Guy et la Ruelle d'or qui tire son nom des alchimistes, le mur de John Lennon en face de l'ambassade de France, le cimetière de Vysehrad, la place Venceslas, la villa Müller, etc.
Comme le zoo de Prague sis dans la banlieue de Troja, le centre historique a été assez endommagé par les inondations d'août 2002.
Josefov, l'ancien ghetto, rappelle la ville juive longtemps auto-administrée et qui connut son apogée au XVIIe siècle : avec une communauté avoisinant les 15 000 âmes, Josefov représente alors 30 % de la population de la ville toute entière ce qui en fait la communauté ashkénaze la plus importante et la seconde communauté juive d'Europe après celle de Thessalonique. Entre 1597 et 1609, le Maharal de Prague, Juda Loew ben Bezalel est rabbin de cette florissante communauté. Il est, aujourd'hui encore, considéré comme l'un des plus grands docteurs de la loi de Moïse. Il est enterré dans le pittoresque cimetière juif et sa tombe est devenue un lieu de pélérinage. Soupçonnés de collaboration avec les armées prussiennes de Frédéric II de Prusse, par leur souveraine, Marie-Thérèse, les Juifs de Prague sont expulsés en 1745 et autorisés à revenir en 1748 alors que les hostilités de la guerre de Succession d'Autriche ont pris fin. Les portes du ghetto (autant protectrices que ségrégationnistes) sont abattues en 1848, moment où, dans un cadre intégrationniste, les Juifs de Prague perdent leurs privilèges d'autonomie. Le ghetto, à l'exception de quelques monuments-phares, est intégralement détruit à la fin du XIXe siècle : la municipalité met en place un plan d'assainissement du quartier de Josefov, rasé et reconstruit selon des critères hygiénistes avec rues larges, tout-à-l'égout, gaz, etc.
Culture
Un dicton tchèque affirme co ?ech, to muzikant, « tel Tchèque, tel musicien » et la musique joue un rôle de premier plan dans la vie culturelle de la capitale.
Les salles de concert ou d'opéra sont nombreuses et illustrent, en partie, l'antique concurrence que se faisaient les Tchèques et les Allemands pour la suprématie culturelle (et politique) de la ville. Le théâtre national tchèque ouvre ses portes pour la première fois le 11 juin 1881 en l'honneur de la visite de l'archiduc Rodolphe d'Autriche. Incendié peu après son inauguration, il est reconstruit en un temps record et rouvert en 1883 avec l'opéra Libuse de Bed?ich Smetana composé pour l'occasion. L'Opéra d'État, autrefois connu sous le nom de Neuer Deutscher Theater est achevé en 1888 pour damer le pion aux ambitions tchèques. Partagé entre les troupes tchèques et allemandes, l'oecuménique Théâtre des États reste surtout célèbre pour avoir été le lieu de la première du Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart.
L'édification du Rudolfinum, aujourd'hui siège de l'Orchestre philharmonique tchèque, date de la même époque ; achevée en 1885, cette salle de concert est dédiée au prince héritier de l'empire, Rodolphe d'Autriche. L'Orchestre symphonique de Prague préfère, pour sa part, jouer dans la salle Smetana de la Maison municipale construite dans le style de la sécession viennoise.
Non content d'avoir pour l'éternité inspiré le nom du Printemps de Prague, bucolique appellation qui recouvre les tragiques événements du printemps 1968 qui ont marqué le pays, le Festival du Printemps de Prague (Pra?ské Jaro) fête la musique chaque année depuis 1946. Son pendant automnal, le Festival de l'Automne de Prague (Pra?ský Podzim) n'a pas eu la même postérité même s'il peut se vanter d'un semblable niveau d'excellence musicale.
Quelques musées tentent d'expliquer au touriste de passage cette relation d'amour entre les Pragois et la musique, la villa Bertramka rappelle le passage de Mozart chez ses amis pragois et musiciens Josefa Dusková et son époux Frantisek Dusek. Le musée Antonín Dvo?ák est sis dans la villa Amerika, petit chef d'oeuvre d'architecture baroque de Kilian Ignace Dientzenhofer. Le musée Bed?ich Smetana retrace les pas de cet autre géant de la musique tchèque. Comme si cela ne suffisait pas, le Musée tchèque de la musique a récemment ouvert ses portes dans le quartier de Malá Strana.
On vient de voir l'importance prise par la musique dans la vie culturelle pragoise. Disons-le d'emblée, il n'en va pas de même des arts visuels. La bibliothèque municipale de Prague relate bien cette préférence : des rayonnages entiers de partitions, des étagères de biographies de grands (et moins grands) compositeurs et interprètes, des disques à emprunter - à côté de cela, quatre mètres linéaires seulement consacrés aux beaux arts (peinture, sculpture et architecture). Au sud de Mala Strana, dans le quartier Smichov, se trouve la Maison de Mozart. C'est ici qu'il composa Don Giovani. Son premier clavecin du musicien, et une mèche de ses cheveux y sont exposés.
Ceci dit, les musées offrent de riches collections qui valent le détour. Celles de la Galerie nationale sont judicieusement réparties dans plusieurs bâtiments adaptés à chacune des époques exposées : la peinture et la sculpture gothiques au cloître Sainte-Agnès fondé en 1234 par sainte Agnès, la peinture maniériste et baroque (en particulier les collections de Rodolphe II du Saint-Empire sont exposées au cloître Saint-Georges, le palais ?ternberk abrite celles de l'art européen de l'antiquité à nos jours, l'imposant palais des foires et expositions expose les Beaux-Arts des XIXe et XXe siècles alors que la maison À la Vierge noire offre un aperçu de cette période d'intense création qu'est le cubisme tchécoslovaque. Les écuries du château de Prague et celles du palais Wallenstein servent de cadre aux expositions temporaires de la Galerie nationale.
Le Musée national qui domine de sa masse imposante la place Venceslas hésite entre une fonction de muséum d'histoire naturelle (avec de riches collections de minéralogie) et celle de panthéon de la nation tchèque (avec une coupole honorant les grands hommes du pays). Il est gratuit tous les premiers lundi du mois.
Le Musée juif de Prague dans l'ancien ghetto de Josefov retrace l'histoire de cette communauté essentielle à la culture de la ville : ne lui a-t-elle pas donné la légende du Golem ?, n'a-t-elle pas enfanté Franz Kafka ?
Issu d'une collection privé et exposant les artistes contemporains, le Musée Kampa permet de découvrir, entre autres, Frantisek Kupka, l'un des créateurs de l'abstraction au début du XXe siècle ou Otto Gutfreund, auteur de la première sculpture cubiste. Il s'est récemment enrichi de la donation de Ji?í Kolá?, poète passé à la postérité pour son oeuvre de plasticien, en particulier avec ses collages.
Vous trouverez également dans la Vielle Ville d'autres musées plus touristiques tels que le Musée des instruments de tortures médiévales ou le Musée de l'érotisme.
Prague est traditionnellement un centre culturel européen, lieu de nombreuses manifestations. Citons, entre autres :
Le Clementinum héberge notamment une partie de la somptueuse bibliothèque nationale. Les salles baroques rappellent celles de la bibliothèque de la Hofburg à Vienne.
Éducation
Comme pour toute capitale, on y trouve nombre d'établissements de l'enseignement supérieur.
L'université Charles peut, du Moyen Âge à la Seconde Guerre mondiale, se targuer du titre de la plus ancienne université allemande. La scission, au XIXe siècle, en deux universités divisées entre Tchèques et Allemands, et l'exclusion de ceux-ci du territoire tchécoslovaque en 1945, fait que son titre de plus ancienne université allemande n'est plus vraiment de mise mais elle peut encore se revendiquer de la primauté en Europe centrale.
Fondée en 1707, l'université technique de Prague peut également revendiquer le titre de plus ancienne école d'ingénieurs en Europe centrale.
L'École supérieure d'économie de Prague, quant à elle, peut se targuer d'avoir vu passer sur ses bancs Václav Klaus, ancien ministre de l'économie, premier ministre puis président du pays, Ji?í Paroubek et Milos Zeman, ancien premier ministres socialistes.
L'École des arts appliqués et l'Académie des Beaux-Arts sont à la base de la formation des artistes qui ont embelli, au cours des décennies passées, cette ville singulière et magique.
Hector Berlioz notait déjà, lors de son voyage à Prague en 1845-46, l'excellence de l'éducation donnée au conservatoire de musique de la ville. Née d'une scission dont la fracture ethnique et l'éternelle compétition entre Tchèques et Allemands n'est pas étrangère, l'Académie tchèque des arts musicaux contribue, elle aussi, à la formation des élites artistiques du pays : non contente de diplômer des musiciens comme son nom l'indique, elle chapeaute des facultés de théâtre et de cinématographie renommées.
Population
Le dernier recensement de 2003 donne une population de 1 172 500 habitants, soit le dixième de la population de la Tchéquie qui en compte 10,3 millions. Environ 40 000 âmes seulement peuplent le centre historique. Le taux de chômage des Praguois s'élève à 3,4 %, ce qui correspond à environ 20 000 chômeurs.
Comme on l'a vu plus haut, Prague a été une ville multiethnique avec des habitants tchèques, allemands et juifs. Angelo Ripellino, dans son livre Praga Magica décrit bien la compétition culturelle et politique entre les différentes communautés :
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