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Vol pour Brest (France)
 

Brest

Histoire

(...) Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et tout est abîmé C'est une pluie de deuil terrible et désolée Ce n'est même plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crèvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien.

Il est à noter quand même que cette chanson exagère énormément la destruction de Brest. "Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien." Brest était loin de ne plus rien avoir après sa libération, malgré les combats et les bombardements.

La commune de Brest s'agrandit de façon importante en 1945, quand commença sa reconstruction, en absorbant 3 communes voisines: Lambézellec, Saint-Marc et Saint-Pierre-Quilbignon. Les habitants réfugiés pour beaucoup dans d'autres régions (la Sarthe notamment) rentrent alors reconstruire sur les décombres du vieux Brest une ville nouvelle (1946-1961) selon les plans de Jean-Baptiste Mathon. On construisit des baraques en bois pour ceux qui n'avaient nulle part où aller. Le plan de ville de la reconstruction puise ses influences dans le plan de Georges Milineau élaboré en 1929 et dans le mouvement moderne, mais respecte les formes géométriques dessinées par Vauban. À l'inverse de celui de villes reconstruites quasiment à l'identique, il n'a pas visé la conservation de l'esthétique et du patrimoine historique de la ville, dont le dernier vestige est la rue de Saint-Malo.

En mars 1950, dĂ©butent les grèves ouvrières des dockers et des ouvriers de la reconstruction, pour une augmentation de salaire. Suite Ă  une manifestation agitĂ©e le 16 avril 1950, rĂ©unissant 1000 Ă  2000 ouvriers, des responsables du Parti communiste et de la CGT sont arrĂŞtĂ©s. Le lendemain, 2500 grĂ©vistes dĂ©noncent ces arrestations et affrontent violemment les forces de l'ordre. La rĂ©pression quarante-neuf blessĂ©s et un mort, Édouard MazĂ©, ouvrier de vingt-six ans tuĂ© par les CRS d'une balle dans la tĂŞte. Les syndicats lancent alors une grève gĂ©nĂ©rale en signe de deuil. Son enterrement rĂ©unit près de 20 000 personnes, tandis que l'AssemblĂ©e nationale dĂ©cide de ne blâmer officiellement que la violence des grĂ©vistes.

OrientĂ©e de longue date vers l'industrie d'armement, Brest y puise sa prospĂ©ritĂ© d'après-guerre. Mais le dĂ©clin de cette industrie impose, Ă  la fin du XXe siècle, la reconversion des activitĂ©s Ă©conomiques vers les services, la recherche et les nouvelles technologies.

Politique et administration

La mairie principale de Brest se situe à l'Hôtel de Ville, place de la Liberté. Il existe 5 mairies de quartier (Bellevue, Saint-Marc, Rive droite, Lambézellec et Europe).

Depuis 1973, Brest forme avec 7 communes voisines une communauté urbaine, appelée Brest Métropole Océane.

Économie

Malgré son image de ville industrielle dont l'activité dépend en grande partie des commandes militaires, le tertiaire représente 75% de l'activité dans le bassin de Brest. Cette tendance à la tertiarisation se poursuit encore, ce qui permet le maintien des effectifs salariés, malgré le déclin industriel.

9e port de commerce français en comptant la rĂ©paration navale civile, la ville Ă©volue vers les mĂ©tiers de recherche et de conception, mais reste rĂ©solument attachĂ©e Ă  la mer. Elle revendique ainsi la place de premier pĂ´le europĂ©en pour les sciences et techniques liĂ©es Ă  la mer: 60 % de la recherche française dans le domaine maritime est basĂ©e Ă  Brest.

Brest est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Brest, qui gère des infrastructures de réparation navale civile, l'Aéroport de Brest Bretagne, ainsi que le port de commerce de Brest, le port de pêche de Brest, le port de Camaret, le port de Landerneau, le port de Lanildut, le port de l'Aber Wrac'h.

Brest est reprĂ©sentĂ©e dans trois pĂ´les de compĂ©titivitĂ© labellisĂ©s par l'État en 2005 :

Le Technopôle Brest-Iroise regroupe 4 600 personnes et fédère les mondes de l'entreprise, de l'enseignement supérieur et de la recherche, plus particulièrement dans les domaines suivants:

Liste des principaux employeurs sur le territoire de Brest Métropole Océane, par secteurs d'activité, en 2005, source Insee.

Transports

L'automobile reste le moyen de transport individuel privilégié par les Brestois, le vélo n'étant que peu utilisé, pour bonne partie en raison du relief de la ville.

Desservie par une gare ferroviaire et routière qui surplombe le port de commerce, Brest est également dotée d'un réseau de bus appelé Bibus composé de 22 lignes dont 3 à la demande.

Un projet de tramway est à l'étude par la SEMTRAM, le mode fer étant privilégié. Il parcourra à partir de 2012 la ville d'est en ouest en reliant Technopôle à Kergaradec et Froutven.


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Vol pour la France
 

France

Géographie

Ă€ l'exception de sa frontière nord-est, le pays est dĂ©limitĂ© principalement par des mers et l'OcĂ©an et des frontières naturelles : Rhin, Jura, Alpes, PyrĂ©nĂ©es.

La France mĂ©tropolitaine a une grande variĂ©tĂ© de paysages, entre les plaines cĂ´tières situĂ©es dans le nord et l'ouest et les chaĂ®nes de montagnes dans le sud-est (les Alpes) et dans le sud-ouest (les PyrĂ©nĂ©es). Les Alpes françaises possèdent le point le plus haut d'Europe de l'Ouest, le mont Blanc, qui culmine Ă  4 Â»Â‰810 m. Il existe aussi d'autres rĂ©gions montagneuses plus anciennes, telles le Massif central, le Jura, les Vosges, le massif armoricain et les Ardennes qui sont assez rocheuses et boisĂ©es. La France bĂ©nĂ©ficie Ă©galement d'un rĂ©seau fluvial Ă©tendu qui est composĂ© principalement par la Loire, le RhĂ´ne (source en Suisse), la Garonne (source en Espagne), la Seine et une partie des cours du Rhin, de la Meuse, et de la Moselle ainsi que la Somme, et la Vilaine qui constituent leurs propres bassins fluviaux.

Divisions administratives

Les principales divisions administratives françaises sont les régions qui sont au nombre de 26 dont 22 métropolitaines, les départements (100 dont 4 outre-mer) et les arrondissements.

Ces derniers arrondissements sont découpés soit en cantons (pour les collèges électoraux), soit en communes (environ 36 000) pour l'administration territoriale locale. Les cantons regroupent le plus souvent des communes complètes, toutefois certaines communes importantes sont découpées sur plusieurs cantons qui peuvent aussi comprendre d'autres communes voisines moins peuplées.

Enfin quelques communes très importantes (Paris, Lyon, Marseille) sont elles-mêmes divisées en arrondissements de commune pour l'administration territoriale avec des mairies locales disposant d'une certaine autonomie financière et administrative au sein du même conseil municipal.

Le département de Paris ne comprend qu'une seule commune, et que les 4 régions en outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) ne comptent chacune qu'un seul département. La région de la Corse (qui comprend deux départements) a un statut spécial de collectivité territoriale légèrement différent des autres régions métropolitaines. Ces régions sont toutefois partie intégrante de l'Union européenne.

Depuis les lois Defferre de 1982-1983 et Raffarin de 2003-2004, la France est un État décentralisé. La réforme constitutionnelle de février 2003 précise que l'organisation de la République est décentralisée. La décentralisation, qui s'est dans un premier temps accompagnée de la déconcentration, favorise aujourd'hui pleinement l'émergence de véritables pouvoirs locaux dont l'équilibre fait cependant encore débat.

Aux côté des collectivités territoriales de plein exercice que sont la commune, le département et la région, il existe aussi un échelon intercommunal qui est amené à exercer de plus en plus de compétences (développement économique, aménagement de l'espace, habitat, transports publics, assainissement). En effet, les communes sont toutes invitées à se regrouper sous le régime de l'intercommunalité qui dispose désormais d'une autonomie financière et fiscale, et de l'autorité de personne morale et juridique reconnue (l'établissement public de coopération intercommunale ou EPCI). En 2006, 2573 communautés (communautés de communes, communautés d'agglomération et communautés urbaines) recomposent le territoire national (soit 90% des communes et 85% de la population françaises. Certaines intercommunalités regroupent des communes de départements ou même de régions différentes. Dans les régions frontalières, des intercommunalités existent aussi avec des collectivités locales des pays voisins, ce qui facilite la gestion d'équipements communs, notamment en matière de transport.

Un nouvel échelon a été créé avec l'élaboration des pays, qui regroupe des communes et des intercommunalités dans des ensembles plus grands que ne le sont les intercommunalités, afin de rassembler l'ensemble des communes d'un territoire, même celles exclues des intercommunalités existantes.

La France est "une et indivisible", mais cette formule crée certaines tensions, surtout en raison du fait que le territoire français est composé de plusieurs "pays" ou "régions" qui ne sont que rarement reconnus, et dont certains ont leur propre langue (Alsace, Bretagne, Catalogne, Corse, Flandre, Pays basque, Pays Occitan, etc.), mais aussi beaucoup d'autres, qui n'en ont pas.

Des collectivitĂ©s françaises en outre-mer ont des statuts particuliers liĂ©s Ă  leur plus forte autonomie : les collectivitĂ©s de Mayotte et de Saint-Pierre-et-Miquelon ont une administration locale unique combinant les fonctions gĂ©nĂ©ralement confĂ©rĂ©es aux rĂ©gions et dĂ©partements mĂ©tropolitains. Toutefois, Mayotte Ă©volue depuis 2001 vers le statut de dĂ©partement d'outre-mer, pour une plus forte intĂ©gration. Ces deux collectivitĂ©s, bien que situĂ©es hors de l'Union europĂ©enne, utilisent l'euro comme monnaie.

Les autres collectivités d'outre-mer du Pacifique ont des statuts d'autonomie plus étendue où cohabitent l'administration territoriale régalienne et l'administration coutumière (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna). Bien que possédant toujours une division et une administration communale (sauf à Wallis-et-Futuna où ce sont les villages coutumiers qui jouent ce rôle au sein des trois royaumes coutumiers), ces collectivités ne sont pas découpées en départements, mais en provinces (ou royaumes) et en villages (sur

les bases coutumières) ayant des fonctions normalement affectées aux départements et communes en métropole et dans les régions d'outre-mer, notamment en matière de justice, d'éducation ou de citoyenneté. De plus, la fonction de région y est transférée à un gouvernement local où sont représentés les autorités coutumières et régaliennes, ainsi qu'un administrateur de la République. Ces collectivités, hors de l'Union européenne, utilisent le franc pacifique comme monnaie commune (liée à l'euro depuis 1999, au lieu du franc français). Il faut noter que la Nouvelle-Calédonie dispose d'un statut particulier transitoire spécifique avant un futur référendum devant déterminer si le territoire demeurera dans la République française avec une large autonomie, ou deviendra indépendant (avec une éventuelle association).

D'autres terres françaises en outre-mer peu ou pas habitĂ©es sont gĂ©rĂ©es Ă  distance depuis un autre territoire habitĂ©, par un administrateur dĂ©signĂ© par l'État au nom de la rĂ©publique : les Ă®les Éparses (dans l'ocĂ©an Indien, dispersĂ©es autour de Madagascar, ou près de Mayotte ou Maurice) et les Terres australes et antarctiques françaises (au Sud de l'ocĂ©an Indien) sont administrĂ©es depuis la RĂ©union, et Clipperton (Ă  l'Est de l'ocĂ©an Pacifique, au large du Mexique) est gĂ©rĂ©e depuis la PolynĂ©sie française. Ces terres n'ont pas d'administration locale propre.

Environnement

La France, si l'on inclut l'Outre-mer abrite des ressources naturelles et une biodiversité exceptionnelle, avec la Guyane notamment (une des zones de forêts tropicales les moins fragmentées et les mieux conservées) et avec la Nouvelle-Calédonie qui abrite la seconde plus grande barrière de corail. Dans l'hexagone la biodiversité a connu une dégradation constante depuis deux siècles, à cause de la fragmentation écologique des milieux par le dense réseau routier notamment, et ce malgré le travail des parcs nationaux et des parcs naturels régionaux. De discrètes mais importantes séquelles de guerres marquent encore le Nord et l'Est du pays, ainsi que le littoral ouest, avec notamment le problème des munitions immergées. Depuis les années 1980, la France a régulièrement été mal ou très mal classée pour l'application des Directives européennes concernant l'Environnement. Plusieurs de ses régions sont parmi les plus touchées en Europe par l'eutrophisation par les engrais agricoles et par les pesticides. Le pays est comme d'autres confronté à des problèmes croissant d'espèces invasives, et une controverse persiste sur le risque de pollution génétique posé par les OGM testés ou cultivés en plein champs. Ce pays est aussi l'un de ceux où le poids de la chasse est traditionnellement important.

Démographie

La RĂ©publique française comptait 64 102 140 habitants au 1er janvier 2007, dont 61 538 322 en mĂ©tropole, soit environ 1% de la population mondiale. Un recensement national gĂ©nĂ©ral Ă©tait organisĂ© Ă  intervalles rĂ©guliers depuis 1801, en 2004 le recensement devient permanent.

La croissance dĂ©mographique française est l'une des plus dynamiques d'Europe, combinant un taux de natalitĂ© supĂ©rieur Ă  la moyenne europĂ©enne (830 900 naissances contre 531 200 dĂ©cès) et un solde migratoire positif (environ 100 000 individus) : la population de la France a donc Ă©voluĂ© de 0,61 %. En ce qui concerne le taux de fĂ©conditĂ©, il est de 2,01 bĂ©bĂ©s par femme ; seules l'Albanie et l'Islande ont des indices de fĂ©conditĂ© plus Ă©levĂ©s en Europe.

En outre, la pyramide des âges voit depuis le dĂ©but du XXIe siècle sa structure Ă©voluer avec une augmentation progressive de la population la plus âgĂ©e, en raison Ă  la fois de la progression de l'espĂ©rance de vie (la France jouit d'une des plus longues espĂ©rances de vie au monde) et de l'arrivĂ©e vers le troisième âge de la gĂ©nĂ©ration du baby boom (ce phĂ©nomène est appelĂ© communĂ©ment le papy boom).

En 2006, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) estimait que 4,9 millions d'immigrés (comprendre nés étrangers hors du territoire) vivaient en France (8% de la population). Il faut aussi noter que sont considérés comme français les enfants de parents immigrés (droit du sol) et non comme étrangers. Par conséquent, le nombre de citoyens français d'origine étrangère est considéré autour de 6,7 millions d'après le recensement de 1999 de l'INSEE - ce qui représente environ 1/10 de la population française. De nombreuses ethnies sont présentes dans les DOM-TOM.

La plupart des immigrĂ©s viennent d'Europe (Grèce, Portugal, Espagne, Italie, mais aussi Pologne, Roumanie et les pays formant l'ancienne Yougoslavie), du Maghreb et d'Afrique noire, notamment ses anciennes colonies. Au premier janvier 2005, le nombre d'Ă©trangers (personnes de nationalitĂ© Ă©trangère) en France mĂ©tropolitaine Ă©tait de 3 501 000 personnes, c'est-Ă -dire 5,8% de la population. La proportion de ceux-ci est comparable Ă  la moyenne des pays de l'Europe de l'Ouest comme le Royaume-Uni (4,8% ), l'Allemagne (8,9%), l'Espagne (10%), les Pays-Bas (4,3%), la Suède (5,3%), la Belgique (8,6%) et la Suisse (20,7%) .

Selon Michèle Tribalat, chercheur Ă  l'INED, le nombre d'immigrĂ©s est très difficile Ă  estimer Ă  cause de l'absence de statistiques officielles. Seules trois Ă©tudes ont Ă©tĂ© menĂ©es : en 1927, 1942 et 1986. D'après une Ă©tude de 2004, près de 14 millions de personnes avaient au moins un parent ou un grand-parent Ă©tranger.

Économie et développement

La France est la 6e puissance Ă©conomique mondiale, derrière les États-Unis, le Japon, la Chine, l'Allemagne, et le Royaume-Uni avec un PIB de 2 230 milliards de dollars (Total GDP 2006, Banque mondiale). Avec ses 551 602 km² et ses 63 millions d'habitants, la France ne pourrait ĂŞtre considerĂ©e comme un « grand Â» pays Ă  l'Ă©chelle mondiale. Cependant, son poids Ă©conomique a su en faire un rĂ´le majeur de la scène internationale. La France a très tĂ´t tirĂ© profit d'atouts naturels indĂ©niables, Ă  commencer par sa situation gĂ©ographique, du centre de l'Europe aux dĂ©bouchĂ©s sur les principaux flux commerciaux d'Europe occidentale : MĂ©diterranĂ©e, Manche, Atlantique... Ă€ cet Ă©gard, le MarchĂ© commun europĂ©en mis en place en 1957, a constituĂ© pour les entreprises françaises une vĂ©ritable aubaine, tandis qu'anciennes colonies et DOM-TOM continuent de reprĂ©senter d'importants partenaires commerciaux.

La France est un grand pays agricole et avec 23 % de la production agricole europĂ©enne en 1999, elle est largement en tĂŞte des pays de l'Union, devant l'Italie (15,4 %) et l'Allemagne (15,2 %) notamment du Ă  une modernisation considĂ©rable. La population active agricole continue de diminuer suivant le mouvement qui avait fortement repris après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, pour autant, il semblerait que cette population connaisse un relatif rajeunissement liĂ© surtout aux dĂ©parts massifs en retraite et prĂ©retraite : 53 % de chefs d'exploitation avaient moins de 50 ans en 2000, contre 42,6 % en 1988. L'activitĂ© agricole occupe 60 % du territoire mĂ©tropolitain Ă  travers ses 28 millions d'hectares, cependant seulement la moitiĂ© sont mis en culture et le reste profite notamment Ă  l'urbanisme mais aussi aux forĂŞts.

En 2000, d'après l'INSEE, la part en valeur de chaque groupe de produits agricoles dans l'ensemble de la production agricole s'établissait ainsi


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Montreal

Culture et communications

La ville possède de nombreux musées depuis le musée d'archéologie et d'histoire de Montréal en passant par le célèbre Musée des beaux-arts ou encore le Musée Juste pour Rire, sans compter les nombreux théâtres dont la liste ne cesse de s'allonger depuis une trentaine d'années. Parmi ceux-ci, on retient notamment le Théâtre St-Denis, le Théâtre du Rideau Vert ou encore le Théâtre du Nouveau Monde, fondé en 1951.

Les monuments de la ville se réfèrent principalement à l'une ou l'autre de ses cultures francophone ou anglophone. La Société Notre-Dame de Montréal qui a fondé Ville-Marie est commémorée par un obélisque situé à la place d'Youville et son principal fondateur, Paul Chomedey de Maisonneuve, par une statue au centre de la place d'Armes.

L'époque des explorateurs français est commémorée par la préservation de deux de leurs maisons. Celle d'Antoine Laumet de La Mothe, sieur de Cadillac, fondateur de la ville de Détroit aux États-Unis, se situe à l'angle des rues Notre-Dame et Saint-Laurent. Celle de René Robert Cavelier de La Salle, célèbre explorateur de la région du Mississippi, se trouve à l'angle des rues Saint-Paul et Saint-Pierre, dans le Vieux-Montréal.

Claude de Ramezay, devenu gouverneur de Montréal en 1704, se fit construire l'année suivante une maison qui allait devenir plus tard le quartier général de l'armée d'invasion des rebelles Américains, par la suite une cour de justice, ainsi qu'un établissement éducationnel pour finalement devenir définitivement un musée en 1895. La structure a souvent été retravaillée et agrandie, notamment l'addition en 1903 de la tourelle qui donne au bâtiment sa silhouette et la grande rénovation des années 1970 qui a solidifié les fondations. Situé à l'angle des rues Notre-Dame et Saint-Claude, juste en face de l'hôtel de ville, le musée du Château Ramezay est un important lieu d'histoire montréalaise.

Le passage au régime britannique est commémoré par la colonne Nelson, un des monuments les plus controversés de la ville, situé sur la place Jacques-Cartier et représentant pour certains les visées impérialistes britanniques, ainsi que la statue de la reine Victoria, au square Victoria. Un rappel du Canadien de jadis se trouve sur la Maison du Patriote, rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal. Un monument à sir George-Étienne Cartier, un des pères de la confédération canadienne, trône à l'entrée du parc Mont-Royal.

Le catholicisme est aussi partie intégrante de la culture montréalaise et québécoise. La Pietà, datant de 1855 et située dans le Mausolée La Pietà du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, qui est une reproduction grandeur nature de la sculpture de Michel-Ange de la basilique Saint-Pierre au Vatican.

La religion, qui fut la raison mĂŞme de la fondation de la ville, possède Ă  MontrĂ©al un passĂ© riche et très complexe, s'Ă©tant au fil des annĂ©es enrichi de nombreuses croyances, outre le catholicisme. La ville est en effet renommĂ©e pour sa richesse en Ă©glises et temples de toutes dĂ©nomination, qui lui ont valu au XIXe siècle le surnom de « ville aux cent clochers Â».

Parmi les édifices les plus importants historiquement, on retrouve notamment l'Oratoire Saint-Joseph, la plus grande église dédiée à ce saint au monde, la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, première église de Montréal ainsi que la Basilique Notre-Dame, la deuxième plus grande église en Amérique.

D'autres points importants de la vie culturelle montréalaise sont l'Agora de la danse, le Centre commémoratif de l'Holocauste et Tohu, la Cité des Arts du Cirque.

Montréal a l'une des proportions les plus élevées d'étudiants postsecondaires de toutes les grandes villes d'Amérique du Nord, grâce à ses quatre universités urbaines et à leurs écoles affiliées. Toutes proportions gardées, sa population étudiante est comparable à celle de Boston (laquelle est réputée pour comporter la plus grande concentration de lauréats de prix Nobel au monde).

Bien que les universités soient divisées linguistiquement, l'université Concordia, officiellement bilingue, comporte certains départements où il est possible de remettre des travaux en français ou en anglais, bien que ce soit une université anglophone. L'Université de Montréal, établissement francophone, permet aussi à ses étudiants de remettre leurs travaux soit en français ou en anglais. L'université de langue anglaise McGill offre par ailleurs aussi ce service.

La liste officielle des établissements d'enseignement du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Cet outil permet la recherche et la création de listes concernant les établissements d'enseignement du Québec.

Université Concordia | Université de Montréal | Université du Québec à Montréal | Université McGill

Deux grandes universités francophones sont situées à Montréal. Elles sont fréquentées par des Montréalais, mais aussi des gens d'autres régions du Québec et du Canada. De nombreux étudiants provenant d'une multitude de pays choisissent d'étudier dans ces universités francophones de réputation internationale. L'Université de Montréal (UdM) est l'une des dix grandes universités du Canada en plus d'être la plus importante du Québec. L'UdM est la première université francophone établie à Montréal et la deuxième plus grande au monde après la Sorbonne, en France. L'Université du Québec à Montréal (UQAM) vient compléter le paysage des universités francophones, et est affiliée à l'Université du Québec. Son pavillon principal est situé là où a été créée la première université francophone de la ville.

Deux universités anglophones attirent un nombre important d'étudiants des États-Unis d'Amérique, notamment. Celles-ci sont en grande partie responsables de la forte population étudiante de l'arrondissement de Ville-Marie et du quartier de Notre-Dame-de-Grâce.

L'UniversitĂ© Concordia, de rĂ©putation plus moderne et ouverte Ă  tous, est officiellement bilingue : les Ă©lèves peuvent remettre leurs travaux et faire leurs examens en français ou en anglais. Concordia est couramment en expansion, avec la construction et l'acquisition de nouveaux Ă©difices, dont le moderne pavillon d'informatique, gĂ©nie Ă©lectrique et arts, ainsi que l'Ă©difice historique de l'ancien couvent des Soeurs grises.

L'Université McGill, de réputation plus traditionnelle, est l'une des universités les plus anciennes au Canada. Elle est considérée comme l'une des universités canadiennes les plus prestigieuses au monde, comptant parmi les meilleures universités de l'Amérique du Nord et celles du monde de tradition anglo-saxonne. Selon le Times Higher Education Supplement, McGill est la meilleure université canadienne et l'une des 25 meilleures au monde.

La Grande Bibliothèque du Québec est sise à Montréal, comprenant la collection de la Bibliothèque nationale du Québec. Elle est située au centre-ville (arrondissement Ville-Marie), au nord du Quartier Latin. Ouverte depuis le 3 mai 2005, elle remplace l'ancienne bibliothèque de la rue Sherbrooke. Notamment, le niveau 3 contient la Collection Saint-Sulpice, construite à partir de l'année 1844. Avec des ouvrages aussi anciens, elle est à caractère patrimonial et doit donc être consultée sur place. Elle s'est enrichie au fil des années de collections privées, telles celles de Louis-Joseph Papineau et Louis-Hippolyte Lafontaine.

Montréal comporte également plusieurs CÉGEPs, des établissements de niveau collégial offrant aussi des formations professionnelles. Voir la liste des cégeps de Montréal.

Montréal est un centre médiatique très important, vu sa situation de métropole du Québec. S'y trouvent en effet les bureaux des quotidiens la Presse, le Devoir et Le Journal de Montréal ainsi que de Radio-Canada, sans compter les nombreux autres médias locaux comme Télé-Québec, TQS ou TVA.

Transport

MontrĂ©al est une ville oĂą le transport en commun est plutĂ´t dĂ©veloppĂ©. En effet, en 2002, près de 33 % de la population active dĂ©clarait se rendre au travail en utilisant ce mode de transport, 52,4 % utilisaient la voiture en tant que conducteurs (4,3 % en tant que passager), 8,2 % s'y rendaient Ă  pied tandis que de 2 % des MontrĂ©alais prĂ©fĂ©raient la bicyclette. En 2006, la part de l'automobile est de 68 %, celle des transports en commun, 22 % et celle du transport actif (marche, etc.), 10 %, selon l'ASSSM. Le taux d'utilisation du transport en commun est faible par rapport Ă  la Suède (41 %) et au Danemark ou aux Pays-Bas (46 %), mais plus Ă©levĂ© qu'aux États-Unis d'AmĂ©rique (7 %).

En termes de qualitĂ© de l'air, mesurĂ©e par l'indice IQA, les rĂ©seaux routiers sont responsables de 73 % des Ă©missions de monoxyde de carbone, par rapport Ă  4 % pour les avions. Ce taux relativement bas pour le transport aĂ©rien est cependant dĂ» en partie Ă  l'application de normes assez rĂ©centes de l'OACI. Toujours selon l'ASSSM, les mortalitĂ©s dues au smog intense atteignent les 1 500 par annĂ©e et, les lendemains d'Ă©pisodes de smog, les visites aux urgences des hĂ´pitaux augmentent de 22 %.

La ville est Ă©galement desservie par un rĂ©seau de mĂ©tro entièrement souterrain (Ă  cause de la rigueur de l'hiver) inaugurĂ© en 1966 pour l'Exposition universelle qui eut lieu dans la ville l'annĂ©e suivante. Ce fut le premier mĂ©tro du monde Ă  se doter d'un système de roulement entièrement pneumatique. Il fut bâti d'après les plans du mĂ©tro parisien, en collaboration avec les ingĂ©nieurs de la RATP et de la sociĂ©tĂ© Michelin. Il compte actuellement 68 stations s'Ă©tendant sur 66 km de rĂ©seau et transporte quotidiennement plus de 700 000 passagers. Il est gĂ©rĂ© par la SociĂ©tĂ© de transport de MontrĂ©al (STM).

En plus d'avoir chaque station dessinée par un architecte différent, le métro de Montréal est unique au monde de par son abondance d'oeuvres d'art, qui ornent plusieurs des stations du réseau. En effet, lors de sa construction mais surtout lors des prolongements, les architectes devaient intégrer une oeuvre particulière à la station dont ils étaient chargés des travaux. De plus, Montréal fut, avec Stockholm, pionnière pour l'installation d'art public dans le métro. Dans une cinquantaine de stations figurent plus d'une centaine d'oeuvres publiques, dont des sculptures, des vitraux et des peintures murales, réalisées par des artistes de renom, dont un certain nombre de signataires du Refus global.

Un prolongement de la ligne orange du métro à Laval, au nord de Montréal, vient tout juste d'être construit. Trois nouvelles stations ont ainsi été inaugurées le 28 avril 2007, malgré un retard d'un an et un important dépassement du coût initial.

VIA Rail, dont le siège social est situé à Montréal, procure un service de transport ferroviaire pour passagers vers de nombreuses autres villes canadiennes, entre autres vers la ville de Québec et Toronto.

Amtrak, le réseau ferroviaire national des États-Unis, relie Montréal à New York quotidiennement avec l'Adirondack.


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Canada

Histoire du Canada

Depuis la fin du XIXe siècle, les AmĂ©rindiens sont parquĂ©s et laissĂ©s Ă  eux-mĂŞmes par le gouvernement fĂ©dĂ©ral dans des rĂ©serves oĂą ils jouissent d'une certaine forme d'autonomie, mais cette dernière Ă©tant toujours sous le contrĂ´le du pouvoir fĂ©dĂ©ral. Ces rĂ©serves n'offrent pratiquement aucun service public, et sont empreintes d'une marginalisation des peuples autochtones. En consĂ©quence de cette situation, et de plusieurs traitĂ©s souvent signĂ©s sous l'influence de la contrainte de l'armĂ©e britannique, divers heurts surviennent encore aujourd'hui quant aux revendications territoriales et au respect de la place des peuples autochtones au sein du Canada. Ces disputes gouvernementales avec les peuples autochtones dĂ©gĂ©nèrent quelques fois en conflits ouverts, notamment lors de la Crise d'Oka en 1990, de la Crise d'Ipperwash en 1995, et plus rĂ©cemment de la Crise de Kanesatake de 2004 Ă  2005, et de la Crise de Caledonia en 2006. La reconnaissance des droits ancestraux (ou issus de traitĂ©s) quant aux revendications territoriales a Ă©tĂ© confirmĂ©e dans la loi constitutionnelle de 1982. De plus, depuis les annĂ©es 1990, le Canada assiste Ă  une importante crise de la contrebande des produits du tabac, en plus d'un important trafic d'armes Ă  feu et de stupĂ©fiants transitant notamment par la rĂ©serve d'Akwesasne, laquelle chevauche la frontière canado-amĂ©ricaine. Alors que ces sujets s'avèrent ĂŞtre très sensibles pour les politiciens, les gouvernements ont souvent Ă©tĂ© accusĂ©s de laxisme dans les mĂ©dias et la population.

Faisant partie de l'Empire Britannique, le Canada est intégré à la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud par le premier Premier ministre canadien français, Wilfrid Laurier, à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle. Le Canada se lance de plus dans la Première Guerre mondiale en 1914 et envoie sur le Front Ouest (en Belgique, sur la Somme et en Picardie) des divisions composées principalement de volontaires afin de se battre en tant que contingent national. Les pertes humaines sont si grandes que le premier ministre canadien de l'époque, Sir Robert Laird Borden, décrète la conscription en 1917 (voir Crise de la conscription (1917)). Cette décision est extrêmement impopulaire au sein de la population québécoise, menant ainsi à une perte de popularité au Québec pour le Parti conservateur et également à la fameuse grève de Québec, souvent passée sous silence car faisant écho à la révolte du Chemin des dames en France. Lors de le grande manifestation de Québec, l'armée britannique tire sur la foule et tue de nombreuses personnes. Bien que les membres du Parti libéral soient profondément divisés sur l'enrôlement obligatoire, ils s'unifient et deviennent le parti dominant sur la scène politique canadienne.

En 1919, le Canada rejoint la SociĂ©tĂ© des Nations de son propre chef, et en 1931, le Statut de Westminster confirme que dorĂ©navant aucune loi du Parlement britannique ne s'Ă©tend Ă  l'intĂ©rieur des frontières du Canada sans son consentement. Au mĂŞme moment, la Grande DĂ©pression de 1929 affecte les Canadiens de toutes les classes sociales ; la popularitĂ© croissante du Parti social dĂ©mocratique (PSD) en Alberta et en Saskatchewan dĂ©bouche sur un Ă©tat-providence tel qu'initiĂ© par Tommy Douglas ou plus tard Jean Lesage dans les annĂ©es 1960 au QuĂ©bec. Il devient ainsi l'ancĂŞtre du Nouveau Parti dĂ©mocratique actuel, et prĂ´ne des politiques plus socialistes et populistes. Après avoir soutenu l'apaisement avec l'Allemagne Ă  la fin des annĂ©es 1930, le premier ministre libĂ©ral William Lyon Mackenzie King obtient l'approbation du Parlement pour l'entrĂ©e dans la Seconde Guerre mondiale en 1939, mobilisant ainsi les militaires avant l'invasion de l'Allemagne en Pologne. Au dĂ©but de la guerre, on avait promis au QuĂ©bec que la participation Ă  cette guerre serait volontaire. Lors de la dĂ©claration de la conscription, Camillien Houde, alors maire de MontrĂ©al, est mis en prison suite Ă  son opposition officielle (voir Crise de la conscription (1944)). Autre sujet de discorde, selon la Constitution canadienne, seules les provinces ont le droit de taxation et d'imposition. Or, pour faire face Ă  l'effort de guerre, le gouvernement fĂ©dĂ©ral capte tous les pouvoirs fiscaux en promettant de les rendre Ă  la fin de la guerre. Cette promesse n'est jamais respectĂ©e, mis Ă  part au QuĂ©bec qui retrouve la moitiĂ© de son droit d'imposition. Aucune autre province canadienne n'a jusqu'Ă  prĂ©sent retrouvĂ© ce droit.

L'économie canadienne connaît une forte effervescence pendant la guerre en grande partie grâce à l'énorme production de matériel militaire pour le compte du Canada, de la Grande-Bretagne, de la Chine et de l'Union soviétique. Le Canada termine la guerre avec l'une des plus grandes armées du monde. L'économie canadienne connaît des heures de gloire et ne cesse de progresser. Au même moment, le Canada modernise son système social qui devient une référence mondiale dans plusieurs domaines, dont la santé.

En 1949, le Dominion de Terre-neuve, anciennement indépendant, rejoint la Confédération en tant que dixième province du Canada. Avec l'abolition de l'Empire britannique, tous les liens impériaux sont rompus et le Canada obtient de fait son indépendance, bien que sa constitution reste à Londres. Il entre alors dans la Commonwealth.

Jusqu'au centenaire du Canada en 1967, une immigration massive d'après-guerre provenant des divers États ravagĂ©s en Europe change la courbe de la dĂ©mographie du pays. En outre, tout au long de la guerre du ViĂŞt Nam, des milliers de dissidents amĂ©ricains s'installent aux quatre coins du pays. L'accroissement de l'immigration  Â»Â” combinĂ© au baby boom, une force Ă©conomique Ă©quivalente Ă  celle des États-Unis dans les annĂ©es 1960, et la rĂ©action Ă  la rĂ©volution tranquille au QuĂ©bec  Â»Â” favorise l'Ă©mergence d'un nouveau type de nationalisme canadien. Les annĂ©es 1960 sont aussi l'occasion pour les QuĂ©bĂ©cois de se politiser du fait de leur non-reprĂ©sentation dans les postes stratĂ©giques et Ă©conomiques. C'est dans cette pĂ©riode que le mouvement indĂ©pendantiste, qui conduit Ă  la fondation du Parti quĂ©bĂ©cois et Ă  sa prise de pouvoir en 1976, prend son essor. Au cours de la dĂ©cennie 1970, et sous le commandement du Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, l'on assiste en outre Ă  une importante sĂ©rie de scandales entourant la Gendarmerie royale du Canada ayant pour but de contrer le mouvement souverainiste.

À l'occasion d'une rencontre en novembre 1981, les premiers ministres provinciaux et fédéral demandent le rapatriement de la Constitution, pour autant que les procédures d'amendement y soient désormais incluses. Malgré la non-ratification des modifications par la province de Québec le 17 avril 1982, le Canada rapatrie sa Constitution de la Grande-Bretagne, sous proclamation de la reine Élisabeth II. Cela crée un État entièrement souverain, bien que les deux pays partagent toujours aujourd'hui le même monarque. En plus de divers autres amendements, cette nouvelle constitution introduit la Charte canadienne des droits et libertés, le Droit des peuples autochtones ainsi que le principe de péréquation.

Suite aux profonds changements sociaux et Ă©conomiques ainsi qu'Ă  la prise de conscience populaire survenus au QuĂ©bec pendant la rĂ©volution tranquille des annĂ©es 1960, certains QuĂ©bĂ©cois commencent Ă  revendiquer une plus grande autonomie provinciale sur le plan politique, et mĂŞme l'indĂ©pendance totale du QuĂ©bec. Ayant Ă©tĂ© contrainte Ă  une sociĂ©tĂ© agraire depuis la ConquĂŞte de 1760, la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise commence Ă  s'urbaniser au cours de cette pĂ©riode. La rĂ©volution tranquille est le prĂ©curseur de l'État moderne que forme le QuĂ©bec, et amène les QuĂ©bĂ©cois Ă  se redĂ©finir non plus en tant que « Canadiens français Â» (expression aujourd'hui devenue obsolète et pĂ©jorative au QuĂ©bec), mais dorĂ©navant en tant que « QuĂ©bĂ©cois Â», ce qui mène par consĂ©quent Ă  la formation d'un patriotisme quĂ©bĂ©cois plutĂ´t que canadien. La sociĂ©tĂ© moderne se dĂ©veloppera notamment grâce Ă  l'Ă©tat-providence et au dĂ©veloppement d'entreprises typiquement quĂ©bĂ©coises, et ce, tout en reprenant les postes stratĂ©giques de l'administration publique tant fĂ©dĂ©rale que provinciale. Bien que Jean Lesage soit reconnu comme Ă©tant le Père du nationalisme quĂ©bĂ©cois, plusieurs Ă©vènements historiques remontant jusqu'au temps de la Nouvelle-France, dont la RĂ©bellion des Patriotes, dĂ©montrent que la nationalisme quĂ©bĂ©cois est en fait le fruit du nationalisme canadiens-français. Bien que certains politiciens quĂ©bĂ©cois dont RenĂ© LĂ©vesque - fondateur du Parti quĂ©bĂ©cois et ancien Premier ministre du QuĂ©bec - aient considĂ©rĂ© cette allocution comme Ă©tant de l'ingĂ©rence politique, le discours de l'ancien prĂ©sident de la rĂ©publique française, Charles de Gaulle, en 1967 Ă  MontrĂ©al, a enflammĂ© les foules et a donnĂ© un coup de main au mouvement souverainiste en prĂ©sentant le QuĂ©bec Ă  la communautĂ© internationale, notamment avec sa cĂ©lèbre phrase : « Vive le QuĂ©bec libre ! Â». En outre, encore aujourd'hui, certaines personnes ne reconnaissent toujours pas la lĂ©gitimitĂ© du Parlement et du gouvernement fĂ©dĂ©ral dans les affaires canadiennes-françaises. Sans compter que le QuĂ©bec n'a jamais signĂ© la loi constitutionnelle de 1982. Cependant, bien que le respect de la culture canadienne-française soit d'intĂ©rĂŞt pour plusieurs Francophones, le mouvement souverainiste crĂ©e une dichotomie dans l'idĂ©ologie des Francophones du QuĂ©bec et de ceux des autres provinces. L'aliĂ©nation entre les deux principaux groupes linguistiques sur la question de la langue et sur les divergences sociales et culturelles est exacerbĂ©e par plusieurs Ă©vènements, dont la Crise de la conscription de 1944 Ă  la deuxième guerre mondiale, la crise d'Octobre de 1970 au cours de laquelle la loi martiale est dĂ©crĂ©tĂ©e par le Premier ministre fĂ©dĂ©ral - Pierre Elliot Trudeau - au QuĂ©bec, ainsi que l'Ă©chec des deux confĂ©rences constitutionnelles de l'ancien Premier ministre du Canada - Brian Mulroney, Ă  savoir l'Accord du lac Meech de 1987 et l'Accord de Charlottetown de 1992. Nonobstant le caractère sporadique de ces Ă©vènements, la personnalitĂ© possessive et vindicative du Canada anglais Ă  l'Ă©gard du QuĂ©bec, ainsi que le phĂ©nomène du dĂ©nigrement systĂ©matique du QuĂ©bec, ou Quebec bashing, viendront quant Ă  eux ajouter leur grain de sel Ă  cette frustration continuelle.

Un premier référendum en 1980 conclut que 59,6% des électeurs rejettent la proposition de souveraineté-association, et un second en 1995 démontre que la souveraineté est rejetée à 50,6% des voix, bien qu'elle ait été soutenue par 60% des électeurs francophones. Malgré ces défaites, les résultats du référendum de 1995 sont encore aujourd'hui contestés par plusieurs souverainistes étant donné la faible marge séparant les deux camps, et les allégations que le gouvernement fédéral aurait violé les lois électorales du Québec, et même sa propre loi en matière d'immigration et de citoyenneté par l'entremise d'Option Canada. Ces évènements ont dégénéré au scandale des commandites de 1996 à 2003, au cours duquel des fonctionnaires fédéraux ont été impliqués dans du détournement de fonds publics afin de promouvoir le Canada au sein de la population québécoise.

D'autre part, le mouvement souverainiste québécois défend continuellement sa position affirmant que la culture canadienne-française n'est pas considérée à sa juste valeur en politique canadienne étant donné une majorité nettement plus grande de Canadiens-Anglais, et étant donné les évènements historiques. Dans le but de faire front commun et de défendre les intérêts du Québec sur les sujets tombant sous la compétence législative fédérale, et ce, en travaillant de concert avec son homologue provincial - le Parti québécois, le Bloc québécois est fondé en 1991 par l'ancien Premier ministre du Québec, Lucien Bouchard. Ce nouveau parti souverainiste fait son entrée à la Chambre des Communes en 1993 en tant qu'opposition officielle, et depuis lors, ce dernier a toujours récolté plus de la majorité des sièges alloués au Québec. Principalement, c'est un parti qui se dit social-démocrate, et qui prône le droit à l'autodétermination des peuples tel que déclaré par le président américain Woodrow Wilson, après la première guerre mondiale, dans le respect de la décolonisation, et lequel est reconnu dans le droit international de l'Organisation des Nations unies. De plus, la discorde entre Canadiens anglais et français entraîne la province du Québec à ne déléguer pratiquement aucune de ses compétences législatives à des organismes de collaboration interprovinciale, tendant ainsi à créer une société totalement distincte, et se dissociant ainsi de la plupart des accords interprovinciaux et fédéraux qui pourraient compromettre le droit du Québec de faire valoir la culture et le savoir-faire canadiens-français au sein de groupes politiques où les décisions sont prises à la majorité des voix.

Dans un but de promotion des affaires canadiennes-françaises, le Québec a su prendre avantage de sa position géopolitique particulière où il est le seul État majoritairement de la langue française en Amérique du Nord contrairement aux Francophones des autres provinces et des États-Unis qui sont souvent noyés et assimilés à la masse d'expression anglaise, et pour qui un territoire les circonscrivant est souvent quasiment indéfinissable. De la même façon qu'un pays indépendant, il n'est pas rare de voir des politiciens québécois se porter à la défense des minorités francophones des autres provinces et territoires. Le gouvernement du Québec s'engage même dans des accords extraterritoriaux, voire internationaux, en se donnant pour mission la promotion et l'accroissement des échanges entre personnes de langue française. Ainsi, on peut assister, par exemple, à des ententes conclues avec la Société nationale de l'Acadie, avec les gouvernements des provinces à l'ouest du Québec en matière d'affaires francophones, et même avec les communautés francophones des États-Unis telles que celles des États de la Louisiane et du Maine.

Au printemps 2006, le nouveau gouvernement conservateur du Canada a signĂ© un accord avec le gouvernement du QuĂ©bec afin que la province joigne les rangs de l'UNESCO en tant que membre associĂ©. Ce faisant, le fĂ©dĂ©ralisme asymĂ©trique est dĂ©sormais prĂ©sent en politique fĂ©dĂ©rale. De plus, le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a votĂ©, Ă  une majoritĂ© Ă©crasante, en faveur d'une motion qui reconnaĂ®t que « les quĂ©bĂ©cois forment une nation au sein d'un Canada uni Â», une dĂ©marche surtout symbolique mais qui constitue un grand pas en avant pour la consolidation du sentiment du statut particulier de la province francophone. Au Canada anglais, les critiques ont fusĂ©es, beaucoup craignant qu'on ne donne de nouvelles armes aux indĂ©pendantistes quĂ©bĂ©cois.

L'intĂ©gration Ă©conomique avec les États-Unis se renforce après 1940. L'Accord de libre-Ă©change nord-amĂ©ricain (ALENA) de 1994 est un moment culminant dans l'Ă©laboration d'une intĂ©gration Ă©conomique entre les deux pays. Mais, depuis les annĂ©es 1980, les Canadiens se prĂ©occupent de leur autonomie culturelle puisque les compagnies, la tĂ©lĂ©vision et les films amĂ©ricains sont omniprĂ©sents. Cependant, les Canadiens sont somme toute très fiers de leur propre système universel de soins de santĂ© (gĂ©rĂ©s par les provinces), ainsi que de leur engagement en faveur du multiculturalisme [rĂ©f. nĂ©cessaire].

Parlement et gouvernement

Le Canada est une monarchie constitutionnelle qui reconnaît Sa Majesté la reine Élisabeth II comme Reine du Canada depuis son couronnement le 6 février 1952. En sa qualité de représentante de la Reine, chef de l'État, Son Excellence la très honorable Michaëlle Jean, Gouverneur générale depuis septembre 2005 et à ce titre Commandante en chef des Forces canadiennes, assume les prérogatives royales lorsque la Reine ne se trouve pas au Canada. Le gouverneur général est nommé par la Reine sur conseil du Premier ministre.

De plus, le Canada est un rĂ©gime parlementaire fĂ©dĂ©ral avec une tradition dĂ©mocratique hĂ©ritĂ©e de la dĂ©mocratie anglaise du XVIe siècle. Le pouvoir lĂ©gislatif est constituĂ© du Parlement, lequel comprend le Gouverneur gĂ©nĂ©ral du Canada, le SĂ©nat et la Chambre des communes. La reprĂ©sentation du pouvoir lĂ©gislatif se fait par la Colline du Parlement, lĂ  oĂą se situent tous les Ă©difices parlementaires. Le pouvoir exĂ©cutif est quant Ă  lui constituĂ© du Conseil privĂ© dont les conseillers sont nommĂ©s par le gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil, et duquel des conseillers sont assermentĂ©es pour former le cabinet ministĂ©riel, dirigĂ© par le Premier ministre.

Bien que le Gouverneur gĂ©nĂ©ral conserve certaines prĂ©rogatives royales, ses devoirs et obligations sont dĂ©finies par la Constitution du Canada, laquelle consiste en une sĂ©rie de lois constitutionnelles enchevĂŞtrĂ©es, celles-ci Ă©tant composĂ©es de textes Ă©crits et de traditions et conventions non-Ă©crites. La Constitution inclut la Charte canadienne des droits et libertĂ©s garantissant aux Canadiens les droits et libertĂ©s qui y sont Ă©noncĂ©s, et qui ne peuvent ĂŞtre enfreints par aucun niveau de gouvernement au Canada. « Ils ne peuvent ĂŞtre restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se dĂ©montrer dans le cadre d'une sociĂ©tĂ© libre et dĂ©mocratique Â» (Extrait du premier article de la Charte). En outre, une « clause nonobstant Â» octroie au Parlement fĂ©dĂ©ral ainsi qu'aux lĂ©gislatures provinciales le pouvoir de lĂ©gifĂ©rer en tout temps, et dans la mesure convenue par les lĂ©gislateurs, en outrepassant temporairement certaines dispositions de la Charte - dans les libertĂ©s fondamentales, les garanties juridiques ou les droits Ă  l'Ă©galitĂ© - pour une pĂ©riode de cinq ans renouvelable.

Le poste de Premier Ministre, chef du gouvernement du Canada, revient de facto au chef du parti politique dont la représentation à la Chambre des Communes est la plus grande, ce qui peut mener à des situations où le parti du gouvernement peut être majoritaire comme minoritaire. Le premier ministre choisit ensuite les membres du conseil des ministres. Les nominations ministérielles sont effectuées par le gouverneur général en conseil sur les recommandations du Premier ministre, ces dernières étant habituellement de facto respectées bien qu'elles peuvent de jure être rejetées. Les membres du Cabinet proviennent généralement du parti politique du Premier ministre, et fort majoritairement des députés de la Chambre des communes, bien que certains puissent aussi provenir du Sénat, ou même dans de rares cas, ne faire partie d'aucune Chambre du Parlement. Bien qu'il n'y ait aucun texte écrit à cet effet, et comme la tradition dicte au Gouverneur général de nommer au poste de Premier ministre le chef de la majorité politique élue à la Chambre des communes, et aux postes de conseillers privés et de ministres les gens dont il approuve la nomination, certains juristes arguent que de nos jours cette disposition unie constitutionnellement le Gouverneur général.

Avant d'entrer en fonction, le Premier ministre du Canada ainsi que tous les membres de son cabinet ministĂ©riel sont assermentĂ©s par le gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil d'abord en tant que conseillers privĂ©s au sein du Conseil privĂ© de la Reine pour le Canada, et ensuite en tant que membres du Cabinet. Le Premier ministre exerce des pouvoirs nombreux, notamment quant Ă  la nomination des responsables au sein du Gouvernement et de l'administration publique. La tradition veut que la mention « très honorable Â» accompagne le nom du premier ministre. Le très honorable Stephen Harper, chef du Parti Conservateur du Canada, est Premier ministre depuis le 6 fĂ©vrier 2006.

La Chambre des communes du Canada est composĂ©e de dĂ©putĂ©s Ă©lus au scrutin uninominal majoritaire Ă  un tour dans chacune des circonscriptions Ă©lectorales (jadis appelĂ©es « comtĂ©s Â»). Des Ă©lections gĂ©nĂ©rales sont dĂ©clenchĂ©es par le gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil après que celui-ci ait dissous la Chambre des communes sous recommandation, soit :

Les membres du Sénat, dont le siège est octroyé sur une base régionale, sont choisis par le Premier ministre et assermentés à vie par le gouverneur général en conseil pour servir jusqu'à l'âge de 75 ans au maximum.

Les quatre partis politiques du Canada siĂ©geant actuellement au Parlement sont, en ordre dĂ©croissant de reprĂ©sentation Ă  la Chambre des communes : le Parti Conservateur du Canada (PCC), le Parti LibĂ©ral du Canada (PLC), le Bloc quĂ©bĂ©cois (BQ) et le Nouveau Parti DĂ©mocratique du Canada (NPD), et ce, sans compter le dĂ©putĂ© indĂ©pendant de la circonscription de Portneuf--Jacques-Cartier, AndrĂ© Arthur. Bien que plusieurs autres partis ne soient pas reprĂ©sentĂ©s au Parlement, la liste des partis historiques avec reprĂ©sentation est substantielle (voir Partis politiques canadiens).

Étant donné l'existence du régime fédéral, le Canada comporte un niveau de gouvernement décentralisé au niveau provincial. Chaque province est un État à part entière avec un régime également parlementaire. Le régime est constitué du pouvoir exécutif, le cabinet ministériel dirigé par le premier ministre provincial, et d'une chambre législative les Assemblées législatives des provinces et territoires du Canada. Un lieutenant-gouverneur agit en tant que représentant de la Reine au niveau provincial et possède les pouvoirs de chef d'État au niveau de la province.

Le poste de premier ministre est similaire au poste fédéral mais son pouvoir se limite au niveau de la province. Les nominations ministérielles sont effectuées par le lieutenant-gouverneur en conseil sous les recommandations du Premier ministre.

La législature de chaque province est composée de députés élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans chacune des circonscriptions électorales provinciales (différentes des circonscriptions fédérales, à l'exception de l'Ontario, où les circonscriptions provinciales coïncident avec les circonscriptions fédérales depuis 1999).

La Constitution garantit un partage des compétences législatives entre le Parlement et les législatures provinciales, et sur lesquelles chacun à l'autorité suprême bien que les deux paliers de gouvernement aient une compétence égale dans les matières sur l'immigration et l'agriculture.

Dans un but de développement de la fédération, les provinces, avec la participation des territoires, ont créé le Conseil de la fédération en 2003. Bien que cette organisation n'ait pas été institutionnalisée, elle permet aux provinces et territoires de consolider leurs forces et de travailler en collaboration sur tous sujets tombant dans leur juridiction législative en favorisant entre autre les échanges interprovinciales. De plus, elle permet aux provinces et territoires de faire front commun lorsque vient le temps de négocier avec le gouvernement fédéral, notamment en matière de péréquation et de développement de projets nécessitant la coopération du gouvernement fédéral.

Système juridique et droit

La judicature du Canada est dĂ©finie dans la Loi constitutionnelle de 1867. Elle joue un rĂ´le important dans l'interprĂ©tation des lois, et possède le pouvoir d'invalider les lois qui transgressent la Constitution. Tous les tribunaux provinciaux et fĂ©dĂ©raux sont organisĂ©s en une seule pyramide Ă  quatre niveaux. La Cour suprĂŞme du Canada, constituĂ©e en 1875, est la plus haute instance judiciaire du pays, et en l'occurrence, une cour de dernier ressort nationale. « Elle a compĂ©tence sur des litiges relevant de tous les domaines du droit Â», chapeautant la Cour d'appel fĂ©dĂ©rale ainsi que toutes les cours d'appel provinciales. Sous ces tribunaux viennent la Cour fĂ©dĂ©rale, la Cour canadienne de l'impĂ´t ainsi que les cours supĂ©rieures de compĂ©tence gĂ©nĂ©rale des provinces et des territoires. Puis au bas de la pyramide viennent les cours typiquement dĂ©crites comme des cours provinciales. « Bien que ne faisant pas officiellement partie du système judiciaire canadien, du fait qu'ils ne sont pas officiellement des «cours de justice», les tribunaux administratifs sont partie intĂ©grante du système créé au Canada par le gouvernement pour rĂ©soudre les litiges Â», entre autre en matière de relations de travail.

La très honorable Beverley McLachlin, juge en chef du Canada, de même que les huit autres juges de la Cour suprême, sont assermentés par le gouverneur général en conseil sous l'avis du Premier ministre. Tous les juges des cours d'appel, provinciales et fédérale, et des cours supérieures sont aussi assermentés de la même manière, sous l'avis du Premier ministre et du ministre de la Justice, après consultation avec les organismes non gouvernementaux. Le Cabinet fédéral nomme les magistrats des cours supérieures aux niveaux provincial et territorial. Les postes des tribunaux du bas de la pyramide judiciaire, aux niveaux provincial et territorial, sont comblés par les gouvernements respectifs.

Les droits de tout homme et femme canadiens sont reconnus par la Charte canadienne des droits et libertés, créé en 1982. En plus des droits énoncés par écrit dans les textes constitutionnels, il existe une théorie judiciaire en jurisprudence canadienne qui fait intervenir des droits intrinsèques à la Constitution, mieux connu sous le nom de 'Charte des droits implicite'.

Le droit positif canadien est composé de quatre grandes sphères: la législation, la jurisprudence, la doctrine et la tradition.

Le bijuridisme est un trait particulier du droit canadien. En effet, le droit coutumier anglais, ou common law, est l'unique loi civile au Canada - comme dans la plupart des pays anglo-saxons, sauf dans la province du Québec où la préséance est donnée exclusivement au Code civil du Québec. Autrement dit, exception faite du Québec, dans l'ensemble des provinces et territoires, la loi ne peut être modifiée que s'il y a un changement de tradition. Et dépendamment de la portée de la modification, la complexité du changement de tradition peut s'avérer plus ou moins important puisque la tradition peut être d'ordre national, provincial, régional, local, et même individuel - un individu peut créer sa propre loi. Dans les situations de plus grande portée, les gouvernements sont parfois aux prises avec l'obligation politique d'introduire en douce leurs changements de politiques au sein de la population puisque de telles modifications ne doivent pas être perceptibles par les citoyens, la raison étant qu'un changement de politique pourrait s'avérer illégal selon la tradition en vigueur. Un exemple bien connu est la politique du gouvernement ontarien sur les droits des Francophones. La tradition provinciale étant réfractaire à octroyer des droits aux Francophones, le gouvernement et les tribunaux doivent travailler ensemble cas par cas loin des regards de la population afin de créer un changement de tradition et de jurisprudence qui permette au gouvernement de ne pas être perçu par la population comme agissant illégalement. Et une fois que la tradition en cause est modifiée, un changement de loi par les législateurs peut être effectué plus librement et ouvertement (Loi sur les services en français).

Quant au Québec, toute loi civile est écrite. Par conséquent, seule une modification dans le respect des lois existantes par les législateurs est nécessaire. Cependant, le Code civil délègue parfois aux tribunaux le rôle de créer un droit jurisprudentiel, d'abord et avant tout, encadré par la législation. Ce type de droit constitue un système juridique mixte quasi-unique dans le Monde au côté du droit écossais et de celui de la Louisiane. Très présent notamment pour légiférer et règlementer certaines industries, il en est ainsi, par exemple, lorsque les législateurs insèrent dans une loi des dispositions qui insistent sur le caractère raisonnable ou pertinent d'une action, sans nécessairement donner plus de détails. Les tribunaux sont ainsi appeler à créer des lois sur ces points en litige en jugeant de la raisonnabilité ou de la pertinence selon les us et coutumes de l'industrie respective. Ce système mixte a, entre autre, pour effet de combler certains vides juridiques auxquels les législateurs n'auraient pas pensés, et ce, en plus de permettre au droit de s'adapter plus rapidement à l'évolution de la société, et d'encourager la rapidité d'innovation des pratiques sous la concertation des experts des industries concernées.

Les lois criminelles sont uniquement de juridiction fédérale, et sont par conséquent uniformes dans tout le Canada. Celles-ci sont entièrement codifiées dans le Code criminel du Canada.

La mise en application des lois, incluant les cours de compétences criminelles, est de juridiction provinciale, mais dans la plupart des provinces, cette application est donnée à contrat à la police fédérale, la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Seules les provinces de l'Ontario et du Québec possèdent en propre leurs forces de polices provinciales, respectivement la Police provinciale de l'Ontario et la Sûreté du Québec. La GRC n'applique que les lois fédérales sur leur territoire, et seulement les lois criminelles d'une étendue nationale, voire internationale, telles que le crime organisé, la sécurité nationale et frontalière, la jeunesse, les communautés autochtones et l'intégrité financière.

Certaines municipalités possèdent leur propre corps policier où celui-ci est chargé de l'application des règlements municipaux dans son district judiciaire. Pour les municipalités, régions, comtés... n'ayant pas de corps policier, les services policiers sont donnés à contrat soit à la GRC ou, dans le cas de l'Ontario et du Québec, à leurs polices provinciales respectives.

Pour ce qui est des réserves indiennes, chaque réserve possède son corps policier mandaté par le gouvernement fédéral, et ayant juridiction sur tout le territoire de la réserve. Ces policiers sont communément appelés les Peacekeepers.

L'Unité de police militaire du Canada est quant à elle le corps policier responsable de l'ordre et du maintien de la paix au sein des Forces canadiennes. Le Service national d'investigation des Forces armées canadiennes est quant à lui responsable des enquêtes. L'armée peut quant à elle être déployée au sein de la population lorsque des états de crise ou d'urgence sont en vigueur. Par exemple, lors de la Crise du verglas en 1998 dans le sud du Québec, les Forces canadiennes ont servi à des opérations de secours et de support aux sinistrés.

L'Agence des services frontaliers est de son côté l'organisation responsable d'assurer la protection civile à la frontière du Canada.

La Garde côtière canadienne travaille en collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada et l'Agence des services frontaliers afin d'assurer la sécurité publique en mer, et la protection civile sur les frontières maritimes.

Finalement, le Service canadien du renseignement de sécurité est l'agence des services secrets responsable des enquêtes approfondies d'ordre national, voire international, afin d'assurer la protection civile du Canada.

Affaires étrangères

Le Canada connaît une relation de premier plan avec les États-Unis d'Amérique, pays avec lequel il partage la plus longue frontière non-défendue du monde, avec lequel il collabore à de nombreux niveaux et avec lequel il est le plus grand partenaire commercial à travers un traité de libre-échange. Le Canada partage aussi de longues relations avec le Royaume-Uni et nourrit depuis peu, surtout à travers le Québec, des rapports privilégiés avec la France. La Grande-Bretagne et la France sont les deux puissances coloniales européennes les plus significatives de sa fondation. Ces relations s'étendent aussi avec d'autres anciens membres des Empires britanniques et français, par l'entremise du Commonwealth et de La Francophonie.

Parmi les nombreuses et fructueuses collaborations économiques, notons les travaux communs entre Bombardier et Alsthom (France) dans le domaine de la fabrication de matériel de transport en commun ayant permis la mise en place du premier TGV en sol américain dans le corridor Washington-Boston. Plus récemment, Hydro-Québec a signé un accord permettant l'application de ses nouvelles recherches par les industriels Heuliez et Dassault pour la fabrication d'une voiture électrique très prometteuse.

Le peuple Inuit du Canada a également constitué une alliance avec les autres peuples inuits du pourtour arctique.


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