Vol sec Guinée équatoriale
Vol sec Guinée équatoriale
Histoire
Ainsi on comprend mieux que les colons espagnols de Guinée aient cru jusqu'au bout pouvoir garder le contrôle de ce pays. Cette lutte acharnée, d'abord au sein du gouvernement espagnol, puis contre le nouvel état indépendant de Guinée Équatoriale sera extrêmement dommageable. Elle alimentera la haine raciale, permettra au président Macias Nguema de donner libre cours à ses tendances paranoïaques, lui fournissant de bonnes excuses pour s'accaparer tous les pouvoirs, tout en accusant les Espagnols d'ingérence.
Enfin il n'est pas inutile d'envisager que la période de l'autonomie n'était pas cette période de prospérité qu'on présente souvent. Il est courant en Afrique d'entendre dire avec une certaine nostalgie que la fin de la colonisation fut une sorte d'« âge d'or » de l'Afrique. Il y a une part de vérité dans cette croyance. A cette époque les métropoles craignent la poussée des mouvements indépendantistes et tentent de s'y opposer en élargissant les droits des indigènes et en lançant enfin des politiques d'investissement conséquentes dans leurs colonies. Dans le cas de la Guinée cette vision des choses est particulièrement développée. L'autonomie dont a bénéficié ce pays de 1964 à 1968 a laissé le souvenir d'une période de développement sans précédent dans un climat de liberté jamais retrouvé jusqu'à aujourd'hui. De nombreux édifices datent de cette époque et Bonifacio Ondo Edu président du régime autonome assassiné par Macias en 1969 a laissé dans les esprits l'image idéalisée d'un leader débonnaire et dévoué à son peuple.
Mais quand on y regarde de plus près, on découvre que cette dernière phase de la domination franquiste sur la Guinée est loin d'être exemplaire. La corruption avait atteint des sommets. Des rapports de l'époque à l'intention du sous-secrétaire à la présidence Carrero , racontent une anecdote édifiante. Les plaques d'immatriculation des véhicules des membres du gouvernement autonome portaient les lettres GAGE comme Gobierno Autonomo de Guinea Ecuatorial, mais la population y lisait Gastos Abusivos de Guinea Ecuatorial, c'est à dire Dépenses Abusives de Guinée Equatoriale. A cette époque les membres du gouvernement gagnaient 100 fois le salaire moyen d'un de leurs administrés et achetaient des propriétés à tour de bras dans tout le pays . Et René Pélissier dans le récit qu'il fait de son voyage en Guinée en 1964 décrit des infrastructures en très mauvais état et une population excédée par les dépenses somptueuses de son gouvernement alors que les routes sont dans un état lamentable . On voit donc que la situation n'était pas idéale pendant cette période dite de l' "autonomie" et que parler d'« apogée » à propos de cette période est certainement excessif. Il faut donc relativiser la récession qu'aurait amenée l'indépendance et l'arrivée de Macias Nguema au pouvoir.
C'est probablement en comparaison à la dureté du régime de Macias qui a suivi, que les Guinéens ont gardé jusqu'à aujourd'hui un souvenir si doux et sans doute idéalisé de cette période de l'autonomie.
Quand en avril 1969 le président Macias met fin au multipartisme, la plupart des européens ont déjà été évacués en catastrophe. Le pays, privé subitement de ses cadres, de ses fonctionnaires, et de ses investisseurs sombre d'ores et déjà dans le marasme économique. Cette situation est vue unanimement comme un échec de la politique d'ouverture promue et menée par le ministre des affaires étrangères Fernando Maria de Castiella. Si on ajoute son échec à obtenir la rétrocession de Gibraltar par le Royaume-Uni comme conséquence du retrait de Guinée, on comprend que le ministre, déjà isolé depuis longtemps dans ce gouvernement, tombe définitivement en disgrâce. Dès la fin de 1969 il est remplacé par Gregorio Lopez-Bravo de Castro. Dés lors Luis Carrero Blanco, vice-président depuis 1967 et éternel ennemi de Castiella dans le gouvernement, retrouve la haute main sur les affaires coloniales.
La décolonisation n'est alors plus à l'ordre du jour. L'étonnante parenthèse « tiers-mondiste » de la politique étrangère espagnole se referme. La Guinée Équatoriale est une affaire déjà pliée et l'Espagne ignore autant que possible son ancienne colonie . Tout se passe comme si l'Espagne cherchait à faire oublier sa responsabilité dans la situation de la Guinée. La politique envers le Sahara, dernière colonie espagnole après le retrait d'Ifni en 1969, devient, à la manière de celle de son voisin portugais, beaucoup plus intransigeante. L'Espagne, profitant des conflits mettant en jeu ses voisins marocains, algériens et mauritaniens, s'oppose à toute forme d'indépendance. Il faut attendre la mort de Luis Carrero Blanco, assassiné par ETA l'année même où il remplace Franco à la Présidence du gouvernement en 1973, pour envisager une évolution de la situation. C'est finalement suite à la « marche verte » par laquelle le Maroc envahit pacifiquement le Sahara en 1975 que l'Espagne se retire de sa dernière colonie. Aujourd'hui les conséquences de cette décolonisation trop tardive et non négociée se font encore sentir, le problème du Sahara occidental n'est pas réglée et continue de faire régulièrement la une de l'actualité. Le recul de la décolonisation du Sahara découle directement des évènements dramatiques de la transition vers l'indépendance de la Guinée Equatoriale.
Quels sont ces évènements, que s'est-il exactement passé entre octobre 1967 et mars 1969 en Guinée Équatoriale ? Comment une situation à priori plutôt favorable, a-t-elle pu dégénérer en un tel drame ? La compréhension des évènements est essentielle pour entendre la configuration géopolitique d'aujourd'hui, exacerbée par le pétrole qui coule à flot depuis 1995 en Guinée Équatoriale. Mais elle peut aussi apporter un éclairage original sur les rapports de force postcoloniaux en général. La décolonisation de l'Afrique n'est pas une affaire simple, les enjeux qu'elle recouvre sont multiples. L'objectif de l'ONU était-il juste, en fin de compte, de promouvoir des dictatures locales en lieu et places des dictatures coloniales ? La décolonisation a-t-elle ici aussi permis, comme on a pu l'observer ailleurs en Afrique, de perpétuer cet Etat colonial franquiste dont elle voulait précisément se débarrasser ? Pourquoi aucun des Etats africains n'a réussi à se démocratiser alors que la plupart de ses dirigeants avaient été éduqués en Europe et parfois y avaient même exercé des responsabilités ?
Politique
La Guinée-Équatoriale est une république de type présidentiel. Le président actuel est Teodoro Obiang Nguema, neveu de Macias Nguema, le précédent potentat. Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée nationale.
Le fonctionnement des institutions est très familial, puisque tous les postes à responsabilité sont détenus par des membres de la famille du président, issu de Mongomo (ethnie Fang). Ce pays est souvent qualifié de « démocrature » (dictature sous des oripeaux démocratiques) puisqu'il existe une « opposition légale » contrôlée par la présidence et que l'opposition réelle est réfugiée en Espagne. Son chef, Severino Moto Nsa, a déjà été condamné à plus de 100 ans de prison par contumace, accusé par le président d'avoir participé à la tentative de coup d'État lancée en 1997 contre lui.
Arrivé au pouvoir le 3 août 1979 suite à un coup d'État, Teodoro Obiang Nguema est régulièrement reconduit par lui-même à la tête du pouvoir :
1996 : élu avec 97% des voix comme candidat unique, dans un scrutin officiellement multipartite
2003 : élu avec 97,1% des voix dans un scrutin multipartite (5 candidats autorisés).
Manuel Ruben N'dongo, un opposant équato-guinéen en exil à Paris, qui dirige le collectif des partis démocratiques d'opposition résume ainsi l'exercice du pouvoir : « Le pouvoir est aujourd'hui entre les mains d'une dizaine de personnes, toutes proches de la famille du président. Vous avez d'un côté le président Obiang, sous l'influence de sa femme dont la volonté manifeste est de propulser à tout prix son fils au sommet de l'État. De l'autre côté, Armengol et le général Mba Nguema, les frères du président, qui considèrent Teodorin comme incapable, voire dangereux »
Géographie
Cette province comprend les anciennes îles de Fernando Póo et d'Annobón ou Pagalú. Elle a une superficie totale de 2.034 km², dont 2.017 correspondent à l'île de Bioko elle-même et 17 km² au territoire d'Annobón.
Nommée « Isla de Fernando Póo » durant la colonisation espagnole, en l'honneur du marin portugais qui la découvrit, elle se trouve au fond du golfe de Guinée, dans la Baie du Biafra, à 33 kilomètres de la côte africaine, en face du Cameroun. L'aventurier Stanley l'avait surnommée la « perle de l'Atlantique ».
Elle a la forme d'un rectangle irrégulier, mesurant 76 kilomètres du Nord au Sud, avec une largeur moyenne de 35 Km. À ses angles se trouvent Punta Hermosa (Nord), Punta Europa (Nord-Ouest), Punta Santiago (Sud-Est) et Punta Sagre (Sud-Ouest).
Elle est de forme ovale, de 17 km de long et se trouve à 355 kilomètres du continent. Elle est d'origine volcanique et ne compte que 1.500 habitants. Elle fut découverte en 1471 par les Portugais, le jour de l'an, d'où son nom (Anno Bon), et fut cédée en 1778 à l'Espagne.
Culture
Loi constitutionnelle portant modification de l'article 4 de la Loi fondamentale, établissant que « les langues officielles de la République de Guinée équatoriale sont l'espagnol et le français ». Les langues autochtones sont reconnues comme faisant partie intégrante de la culture nationale (Loi constitutionnelle No 1/1998 du 21 janvier). Au juillet 2007, presidént Teodoro Obiang Ngumema a anoncé la decision du gouvernement d'adopter le portugais comme troisième langue du pays pour devenir memble plein de la CPLP.
La fête nationale est l'évènement majeur de l'année en Guinée-Équatoriale. Il s'agit d'une manifestation tournante organisée chaque année dans une ville différente. Tout le pays est mis à contribution pour organiser l'évènement. La ville sélectionnée est ainsi rénovée pour accueillir le président, sa cour et les nombreux équato-guinéens venu prêter allégeance au président.
Divers
Population : 486 060 habitants (en 2001). 0-14 ans : 42,56% ; 15-64 ans : 53,68% ; + 65 ans : 3,76% Superficie : 28,051 km² Densité : 17 hab./km² Frontières terrestres : 539 km (Gabon 350 km; Cameroun 189 km) Littoral : 296 km Extrémités d'altitude : 0 m > + 3 008 m Espérance de vie des hommes : 52 ans (en 2001) Espérance de vie des femmes : 56 ans (en 2001) Taux de croissance de la population : 2,46% (en 2001) Taux de natalité : 37,72 »° (en 2001) Taux de mortalité : 13,11 »° (en 2001) Taux de mortalité infantile : 92,9 »° (en 2001) Taux de fécondité : 4,9 enfants/femme (en 2001) Taux de migration : 0 »° (en 2001) Indépendance : 12 octobre 1968 (ancienne colonie espagnole) Lignes de téléphone : 6.000 (en 2004) Téléphones portables : 20.000 (en 2004) Postes de radio : 180 000 (en 1997) Postes de télévision : 4 000 (en 1997) Utilisateurs d'Internet : 500 (en 2000) Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 1 (en 2000) Routes : 2 880 km (0 km goudronnés) (en 1996) Voies ferrées : 0 km Voies navigables : 0 km Nombre d'aéroports : 3 (dont 2 avec des pistes goudronnées) (en 2000)
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