| | BordeauxPrésentation
Bordeaux (Bordèu en occitan gascon, Burdigala en latin, Commune-Franklin pendant la Révolution française) est une ville du sud-ouest de la France, chef-lieu de la région Aquitaine et du département de la Gironde. La commune est peuplée de 230 600 habitants (2007), tandis que l'aire urbaine compte 1 000 000 habitants et que l'axe Arcachon-Bordeaux-Libourne en compte 1 250 000. Ses habitants sont appelés les Bordelais. La ville est connue dans le monde entier pour ses vignobles, surtout depuis le XVIIIe siècle, qui fut pour elle un véritable âge d'or. Capitale de l'ancienne Guyenne (approximativement l'Aquitaine actuelle), Bordeaux fait partie de la Gascogne et elle est située en bordure des Landes de Gascogne.
Une partie de la ville, le port de la Lune, est classée depuis juin 2007 au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO pour l'ensemble urbain exceptionnel qu'il représente.
Devise
LILIA SOLA REGVNT LVNAM, VNDAS, CASTRA, LEONEM, « Les lis seuls règnent sur la lune, les flots, le château et le lion ».
Héraldique
Les armes de la ville sont « De gueules à la Grosse Cloche d'argent (château de quatre tours crénelées et couvertes d'argent et sommé d'un clocher du même portant une cloche aussi d'argent, le tout) maçonnée de sable, surmontée d'un léopard d'or et posée sur des ondes d'azur mouvant de la pointe et chargées d'un croissant d'argent ; au chef cousu de France Ancienne. »
Dans les anciennes armoiries de la Ville de Bordeaux, les Fleurs de lis représentent les armes des rois de France ; le léopard rappelle les armes de la province de Guyenne dont Bordeaux était la capitale ; le Château reproduit les tours de l'ancien hôtel de ville dont il reste aujourd'hui la Grosse Cloche ; le Croissant figure la courbe décrite par la Garonne devant la ville qui était nommée "port de la Lune" ; les eaux du fleuve baignent les tours de l'hôtel de ville.
Les croissants entrelacés qui sont les petites armoiries ou le chiffre de Bordeaux ont pour origine le croissant symbolique qui figure seul dans les armes de la ville. Ils furent aussi le chiffre de Diane de Poitiers.
Ils apparaissent au milieu du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, on les trouve fréquemment par exemple sur le fronton de la fontaine Saint-Projet (1736). De nos jours, ils figurent un peu partout et marquent discrètement tout ce qui est la propriété de la ville.
Pour couronne, Bordeaux a une couronne murale à sept créneaux (ville de premier ordre) d'or. En lieu et place de cette couronne murale, on fait souvent figurer sur les armes de cette ville une couronne comtale, qui rappelle que la jurade de Bordeaux (conseil municipal, sous l'Ancien Régime) possédait le comté d'Ornon (comprenant approximativement les actuelles communes de Gradignan et de Villenave d'Ornon) depuis le XVIe siècle. Ainsi la ville de Bordeaux est l'une des très rares collectivités locales, en France, qui "porte" un titre de noblesse remontant avant la Révolution française !
Comme supports : deux antilopes blanches colletées d'une couronne fleurdelisée d'or et enchaînée du même.
Histoire
Bordeaux est fondée au IIIe siècle av. J.-C. sous le nom de Burdigala en latin, par les Bituriges Vivisques (littéralement 'Bituriges déplacés'), qui sont un peuple gaulois de la région de Bourges. Le premier emplacement est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde. La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est longtemps cernée de marais pestilentiels. C'est précisément ce sens de "marais boueux" que conserve encore de nos jours une rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville.
En 56 av. J.-C. est accueilli à Bordeaux le lieutenant de César, Publius Crassus et, en 52 av. J.-C., Bordeaux accueille le premier urbanisme romain. Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à -dire un comptoir de commerce, contrôlant les routes de l'étain et du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine. Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus opulentes de la Gaule. Entre 40 et 60 sont implantés sur les coteaux nords de la rive gauche les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais. En 70, elle est déclarée par l'empereur Vespasien capitale administrative de la province romaine d'Aquitaine qu'elle ravit à Mediolanum Santonum (Saintes) . La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobe alors le mont Judaïque, actuel quartier Saint-Sernin. De cet âge d'or datent des monuments illustres dont le forum (Pilliers de Tutelle) et le Palais Gallien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois). Mais en 276, la ville est pillée et incendiée. Elle s'enferme alors dans une enceinte qui est construite en 286. Ses murs ont une hauteur de 10m et une largeur de 5m. On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par 26 bouches de bronze. La ville continue à briller pendant près d'un siècle, illustrée par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).
Mais cette période de prospérité de Burdigala est interrompue par différentes invasions : les Vandales en 409, les Wisigoths en 414 et les Francs en 498. L'émir Abd al-Rahman pille la ville en 731, et Charles Martel la conquiert sur Eudes d'Aquitaine en 735. Au Xe siècle la ville est également pillée par les Normands : une bande menée par le chef viking Hasting met le siège fin 847. Le roi d'Aquitaine Pépin II ne fait rien pour aider la ville, et c'est Charles le Chauve qui détruit une flottille de neuf drakkars sur la Dordogne, mais ne peut faire lever le siège. Bordeaux est prise en février 848, mais les Grands d'Aquitaine élisent néanmoins Charles le Chauve roi d'Aquitaine le six juin.
Il faut attendre le XIIe siècle pour que Bordeaux retrouve sa splendeur. En effet, suite au mariage d'Aliénor d'Aquitaine, ancienne épouse de Louis VII, avec Henri II Plantagenêt en 1154, la ville devient anglaise. Elle le reste pendant trois siècles, tout comme l'Aquitaine, qui, prononcée à l'anglaise, devient la Guyenne. Bordeaux s'agrandit et se dote d'une deuxième enceinte. C'est au cours du XIIIe siècle que Bordeaux redevient prospère grâce au commerce du vin avec l'Angleterre. C'est à cette époque que la cathédrale Saint-André est construite. Son archevêque, Bertrand de Got, devient pape sous le nom de Clément V en 1305. De 1362 à 1372, sous le règne du Prince Noir, Bordeaux devient capitale d'un État indépendant, mais le Prince Noir doit renoncer à son projet d'ériger la Guyenne en État souverain.
En 1453, suite à la bataille de Castillon, la ville redevient une possession française et la guerre de Cent Ans s'achève. Mais la ville n'apprécie guère la tutelle du roi de France. Afin de surveiller la ville devenue hostile, le roi Charles VII fait bâtir à Bordeaux le château Trompette et le fort du Hâ. Le commerce du vin avec l'Angleterre s'arrête et la ville perd alors sa prospérité. En 1462, le roi Louis XI rend ses libertés à la ville en lui donnant un Parlement.
En 1548, Bordeaux est contaminé par la jacquerie des pitauds où 20 officiers gabelleurs sont tués, ansi que le lieutenant du gouverneur, le 21 août.
Le roi Henri II bloque Bordeaux (aide anglaise possible) et commence la répression. Bordeaux perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende, voit son parlement suspendu, 1 401 personnes sont condamnées à mort. La répression s'effectue ensuite dans la campagne où l'on pend les meneurs : ni les prêtres, ni les gentilhommes ne sont épargnés.
En 1562, Duras, capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant d'être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville le 9 avril 1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d'Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. Ce voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion. Les protestants on été éliminés de la ville, et un syndicat ou ligue de bourgeois se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3 octobre, où les protestants sont exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les massacreurs étant excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi tente d'empêcher les tueries, mais le maire laisse lui aussi faire, le bilan se montant à 200 ou 300 morts.
En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.
Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l' Ormée. Ce n'est qu'en 1653, après l'entrée du jeune Louis XIV dans la ville soumise par les armes, que Bordeaux est soumise. En 1675, les parlementaires laissent se développer la révolte du papier timbré, provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs années à Condom, et la ville doit loger plusieurs régiments.
Bordeaux connaît sa seconde apogée du milieu du XVIIe siècle jusqu'à la Révolution française. Cette prospérité provient à nouveau de son port. La ville commerce le vin, mais aussi le sucre colonial et les esclaves. Au même titre que Nantes, elle devient en effet un centre négrier et s'enrichit beaucoup grâce au commerce triangulaire. Les archevêques, les intendants et les gouverneurs installés par le roi, embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres et aménagent les anciens remparts. Les intendants Tourny et Boucher font, à moindre échelle, ce que fit 100 ans plus tard le baron Haussmann à Paris. L'architecte André Portier construit, à la place des portes fortifiées de la vieille ville, des arcs de triomphe majestueux comme la porte d'Aquitaine (place de la Victoire), la porte Dijeaux (place Gambetta/ Rue Porte Dijeaux), la porte de la Monnaie (quai de la Monnaie) ou encore la porte de Bourgogne (place Bir-Hakeim). La ville se dote également d'un opéra construit par Victor Louis.
L'architecte de Louis XV, Ange-Jacques Gabriel, crée à la demande de Tourny le Jardin public, voulu comme un espace vert et un haut lieu de promenade qui rencontre très vite la faveur des Bordelais. Gabriel construit aussi la vitrine de la ville : la place de la Bourse, magnifique ensemble XVIIIe de type versaillais, qui donne sur les quais. Elle sert dans un premier temps d'écrin à la statue équestre du roi Louis XV, statue fondue en 1792 et remplacée en 1869 par la fontaine des Trois Grâces, réalisée d'après des plans de Louis Visconti. La ville devient une des capitales européennes des Lumières dont Montesquieu est le précurseur.
Bordeaux souffre beaucoup pendant la Révolution[réf. nécessaire], le Consulat et le premier Empire. En effet pendant ces trois périodes, la ville ne peut plus commercer via l'Atlantique. La ville songe alors à se révolter à l'appel des députés girondins, mais Jean-Lambert Tallien y fait régner la Terreur.
Quand le premier Empire s'effondre, la ville est la première à accueillir les princes de la maison de Bourbon.
À partir de 1840, la ville redevient un grand port colonial et commerce à nouveau avec l'Afrique. À la fin du siècle, la ville s'industrialise avec des entreprises chimiques, métallurgiques, alimentaires et les huileries. Au même moment le phylloxéra touche le vignoble.
Le 7 mai 1841, la première ligne de chemin de fer est ouverte entre Bordeaux et la Teste. Les trains partent alors de la première gare de Bordeaux, la gare Bordeaux-Ségur située rive gauche. En 1852, la ligne entre Bordeaux et Angoulême est ouverte permettant de relier Bordeaux à Paris. Les trains à destination de la capitale partent de la gare de Bordeaux-Orléans située rive droite.
En 1870, Léon Gambetta forme un gouvernement à Tours qui se replie à Bordeaux. Antoine Alfred Eugène Chanzy rejoint le gouvernement à Bordeaux où il prône la poursuite de la résistance.
Pendant la Première Guerre mondiale, Paris étant menacée par l'avancée des armées allemandes, le gouvernement français se replie vers Bordeaux. La ville connaît alors une certaine prospérité grâce aux usines d'armement. En 1917, la ville devient le point de passage des soldats des États-Unis d'Amérique. Elle est aussi à cet instant la ville de l'Action française et des ligues qui rendent le climat politique agité.
La Seconde Guerre mondiale, marque une nouvelle période de troubles pour Bordeaux. La ville devient en 1940, pour la troisième fois de son histoire, le siège du gouvernement, à nouveau lorsque la France est en danger, ce qui lui vaut le surnom de « capitale tragique ». En juin 1940, alors que le gouvernement français s'apprête à signer l'armistice, le consul du Portugal, Aristides de Sousa Mendes délivre près de 30 000 visas à des réfugiés fuyant l'avancée de l'armée allemande. La ville est ensuite occupée par les Allemands avec des collaborateurs zélés comme le maire Adrien Marquet ou le secrétaire de préfecture Maurice Papon impliqué dans l'arrestation et la déportation de juifs bordelais. Le port de Bordeaux acquiert durant la guerre un rôle nouveau et majeur dans l'économie de guerre du Reich (voir Histoire du port de Bordeaux durant la Seconde Guerre mondiale). Une base sous-marine bétonnée est construite et des cargos forcent le blocus britannique pour approvisionner l'Allemagne en matières premières (caoutchouc naturel notamment) venus d'Extrême-Orient. Le maire de Bordeaux, Adrien Marquet, s'engage dans la collaboration aux côtés de Marcel Déat avec lequel il avait fondé avant-guerre le parti des néo-socialistes, proches des idées fascistes. Après avoir quitté Périgueux et Agen le 19 août 1944 et Pau le 20, les Allemands quittent Bordeaux le 28 août 1944.
En 1947, Jacques Chaban-Delmas, général de la Résistance, devient maire. Il industrialise la ville alors que le négoce s'effondre. Il reste maire jusqu'en 1995, année où Alain Juppé lui succède à ce poste. Le nouveau maire tente de redonner à la ville un second souffle et pour ce faire engage une rénovation de la ville, une réhabilitation de certains quartiers, la construction d'un tramway. Suite à sa condamnation en 2004, Alain Juppé est remplacé par Hugues Martin, provisoirement. La mairie d'Hugues Martin démissionne alors le 28 août 2006, et sont organisées les élections municipales anticipées le 8 octobre 2006. Alain Juppé, de retour d'un séjour d'un an au Canada où il a été enseignant à l'université, est ainsi réélu au premier tour, avec 56,24 % des suffrages.
Géographie
Bordeaux est situé près de la côte Atlantique, dans le sud-ouest de la France.
La ville est traversée par la Garonne. C'est un port accessible aux navires de haute mer. Mais la plupart s'arrêtent plus en aval sur la Gironde, principalement au Verdon. Elle possède le dernier pont en aval sur la Garonne, le pont d'Aquitaine. Au-delà , la Garonne, puis l'estuaire de la Gironde, ne sont franchissables que par des bacs.
L'agglomération s'est développée à un rythme rapide, du fait d'un fort étalement urbain. Cet étalement est notamment lié au fait que les habitations de l'agglomération bordelaise excèdent rarement trois, voire deux niveaux, y compris dans les faubourgs proches du centre-ville.
En centre-ville, l'opération de transformation du quartier Mériadeck a visé à séparer les circulations piétonnes et automobiles, en construisant une dalle piétonne au-dessus de la voirie. Le bilan de cette opération est contesté.
Bordeaux, à l'image de son climat, est une ville charnière. Encore du Nord, et déjà du Sud. De la domination anglaise au Moyen Âge, elle cultive un certain flegme, une grande classe. Des courants commerciaux avec les pays de la Hanse et de la Hollande, elle garde le professionnalisme, l'ouverture sur le monde. De l'époque de Louis XIV, elle garde une architecture droite, alignée, classique, que l'on retrouve dans les innombrables châteaux en pierre blonde. Mais Bordeaux se vit aussi au rythme latin. Elle se montre gourmande et fêtarde, car sa population vient de toute l'Aquitaine, cette belle province qui touche l'Espagne. On est ici plus près de Bilbao et de Toulouse que de Paris.
La rive gauche de la Garonne, où se situe la majeure partie de la ville, se compose de grandes plaines, souvent marécageuses (comme vers Bordeaux-Lac). Bien qu'il y ait quelques collines, l'altitude moyenne de la rive gauche est faible. Ces plaines sont formées de sédiments et le sous-sol est principalement composé de gravier. Les sols y sont maigres, perméables à l'eau et stockent facilement la chaleur. Ces sols sont cependant tout à fait adaptés à la viticulture. La ville de Bordeaux est située entre le Médoc (en aval) et les Graves (en amont) qui sont très semblables au niveau géologique. La rive droite est très différente puisque l'on passe presque directement à un plateau de chaux. L'altitude passe alors de façon abrupte à 90 mètres. C'est sur ce même plateau, à environ 20 kilomètres, que se situent des domaines viticoles mondialement connus comme Saint-Emilion, Pomerol et Fronsac, où l'on trouve certains des vins les plus chers au monde.
Le climat de Bordeaux est de type océanique ce qui se caractérise par un écart plus faible entre les températures hivernales et estivales. Les hivers y sont très doux et les étés sont chauds. Les précipitations sont fréquentes et réparties tout au long de l'année avec 820 mm d'eau et environ 150 jours pluvieux par an. L'été, les précipitations sont souvent dues à des orages de chaleurs. En juillet 1883, les plus importantes précipitations jamais tombées en France en 30 minutes ont été observées à Bordeaux.
Les températures moyennes sont de 6,4°C en janvier et de 20,9°C en août avec une moyenne annuelle de 13,3°C. Bordeaux connaît en moyenne 16 jours en été où les températures dépassent les 30°C. Des températures extrêmes peuvent aussi être observées comme lors de l'été 2003 où la température a atteint 41°C. Ce même été, il y a eu 12 jours consécutifs où les maximales ont atteint ou dépassé les 35°C. Bordeaux bénéficie d'un ensoleillement élevé avec environ 1 990 heures de soleil par an.
plus d'infos sur Bordeaux
| |