| Vous êtes ici : Billet avion > Billet avion de Tunis à Paris |
Billet avion Tunis Paris
|
|
 _ |
Recherche de billets avion Tunis Paris |
 _ |
| |
|
|
 |
_ |
 |
|
|
 |
|
 |
|
Vous recherchez le meilleur prix pour votre billet avion Tunis - Paris ? Trouvez votre Billet avion pour Paris pas cher avec Jetcost. Comparez les meilleurs tarifs : promotions, billet avion moins cher, voyages degriffes et offres de derniere minute pour Paris parmi de nombreuses agences de voyage en ligne, de compagnies aériennes régulières et low cost.
Jetcost vous permet de trouver votre billet avion pas cher à destination de tous les aéroports de Paris.
Avec Jetcost, faites votre réservation pour Paris au départ de Tunis en quelques clics. Les vacances à Paris sont au meilleur prix avec Jetcost.com : reservez votre billet avion Tunis Paris, votre hotel et même votre voiture de location pour découvrir Paris , destination dépaysante.
Grace au comparateur de billet avion Tunis Paris Jetcost, effectuez votre recherche instantanement et reserver votre billet avion Tunis - Paris pas cher en un petit clic. |
|
 |
|
 |
|
 |
Billet avion pour Paris (France) |
 |
| |
ParisPrésentation
Paris est une ville française, capitale de la France, chef-lieu de la région d'Île-de-France et unique ville-département du pays. Elle se situe sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine en amont, et de l'Oise et de la Seine en aval. Ses habitants s'appellent les Parisiens.
La position de Paris à un carrefour entre les itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux au coeur d'une riche région agricole en a fait une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, Paris devient un des premiers centres en Europe pour l'enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant dans cette ville, son importance économique et politique ne cessera de croître. Ainsi, au début du XIVe siècle, Paris est la ville la plus importante de tout le monde chrétien. Au XVIIe siècle, elle est la capitale de la première puissance politique européenne, au XVIIIe le centre culturel de l'Europe et au XIXe capitale des arts et des plaisirs.
Paris est la capitale économique et commerciale de la France, sa première place financière et boursière. La densité de son réseau ferroviaire, autoroutier et sa structure aéroportuaire, plaque tournante du réseau aérien français et européen, en fait un point de convergence pour les transports internationaux. Cette situation est issue d'une longue évolution, en particulier de l'absolutisme puis du jacobinisme révolutionnaire. Cette conception est celle d'une vision centralisatrice de la Monarchie puis de la République française qui donne un rôle considérable à la capitale dans le pays et tend à concentrer à l'extrême les pouvoirs. Cette suprématie de Paris sur sa province tend à amoindrir le rôle des autres villes de France ; l'autorité et l'attitude qualifiée d'arrogante du « Parisien » ailleurs en France tendent à être qualifiés de parisianisme. Cette dichotomie a poussé les gouvernements successifs depuis les années 1960 à développer la décentralisation afin de mieux rééquilibrer le pays.
Connue dans le monde entier pour ses monuments et sa vie artistique et culturelle, Paris est aussi une ville importante dans l'histoire mondiale, un centre politique et économique majeur. Symbole de la culture française, son animation et ses grands musées en font une attraction pour près de trente millions de visiteurs internationaux par an. Paris est également considérée comme une des capitales mondiales de la mode et du luxe.
En 2005, la population de Paris intra-muros est de 2 153 600 habitants d'après l'estimation de l'Insee. Néanmoins, au cours du XXe siècle, l'agglomération de Paris s'est largement développée hors des limites de la commune. Son aire urbaine, qui inclut l'agglomération et la couronne périurbaine, comprenait 11 174 740 habitants en 1999. Elle est, avec celles de Moscou et de Londres, l'une des trois plus peuplées d'Europe.
Géographie physique
Au coeur du bassin parisien, vaste plaine sédimentaire, Paris est implantée sur la Seine où se situent deux îles qui constituent le coeur historique de la ville : l'île de la Cité à l'ouest, où se trouvent aujourd'hui la Conciergerie (actuel palais de justice), la Préfecture de police, l'Hôtel-Dieu et la cathédrale Notre-Dame de Paris, et l'île Saint-Louis, à l'est. De là, la ville s'étend inégalement sur les deux rives du fleuve, la superficie de la rive droite est nettement supérieure à celle de la rive gauche.
Paris intra-muros, délimité en 1860 par les fortifications, est aujourd'hui séparée de la banlieue par le boulevard périphérique, une voie rapide urbaine circulaire d'une longueur de trente-cinq kilomètres. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou indirectement par les autoroutes et routes nationales qui rejoignent cette rocade routière. Le boulevard périphérique constitue de fait une frontière artificielle entre la ville et les communes limitrophes ; la couverture progressive de cette voie permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération.
À l'extérieur de cette limite, Paris s'étend également sur des extensions accueillant l'héliport (15e arrondissement) et surtout deux grands espaces boisés aménagés par Haussmann sur des communes voisines avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (846 hectares, 16e) et à l'est, le Bois de Vincennes (995 hectares, 12e), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 kilomètres.
De part et d'autre du fleuve, plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines. Sur la rive droite : Montmartre (131 mètres d'altitude), point culminant au cimetière du Calvaire, Belleville (128,5 mètres d'altitude), point culminant rue du Télégraphe, Ménilmontant (108 mètres d'altitude), les Buttes-Chaumont (103 mètres d'altitude), Passy (71 mètres d'altitude) et Chaillot (67 mètres d'altitude). Sur la rive gauche : Montparnasse (66 mètres d'altitude), la Butte aux Cailles (63 mètres d'altitude) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 mètres d'altitude).
La ville de Paris n'est pas très étendue, avec 105 km2, elle ne se situe qu'au 113e rang des communes de France métropolitaine. En revanche, l'unité urbaine de Paris, c'est-à-dire la ville et son agglomération urbaine, recouvre une superficie de 2 723 km2 rassemblant en 1999 9 644 507 habitants répartis dans 396 communes d'Île-de-France.
Le point zéro des routes de France, point de repère situé devant Notre-Dame de Paris et matérialisé sur une dalle, a pour coordonnées géographiques 48,85341°N, 2,34880°E sur l'ellipsoïde WGS84, soit 452 230 m, 5 411 365 m dans le système de repérage UTM fuseau 31.
La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, entrant dans la ville par le sud-est, remontant vers le centre puis redescendant pour sortir au sud-ouest. De ce fait, la rive droite (située au nord du fleuve), est environ deux fois plus étendue que la rive gauche (partie située au sud). Plus de trente ponts permettent de franchir la Seine dans Paris.
La ville est également traversée par deux autres cours d'eau : la Bièvre, qui arrive du sud de Paris, aujourd'hui entièrement souterraine, et le canal Saint-Martin, inauguré en 1825 et long de 4,5 kilomètres. Il est en partie souterrain de la rue du Faubourg-du-Temple à la Bastille et constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq, long de 108 kilomètres, qui entre dans la ville par le nord-est. Il alimente le bassin de la Villette, passe sous la place de la Bastille avant de rejoindre la Seine en amont de l'île Saint-Louis, après le port de l'Arsenal. Un canal s'en détache au bassin de la Villette en direction de Saint-Denis, le canal Saint-Denis, long de 4,5 kilomètres et ouvert en 1821, il permet de rejoindre la Seine en aval et d'éviter la traversée de la capitale.
Le bassin parisien forme un grand paysage de couches sédimentaires successives. C'est l'un des premiers lieux qui a fait l'objet d'une carte géologique et a permis de fonder de nombreuses théories en géologie comme la paléontologie et l'anatomie comparée, théories de Georges Cuvier. Le bassin parisien s'est formé il y a 41 million d'années. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque que sont le massif des Vosges, le massif central et le massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique. Cela préfigure les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'oligocène, le bassin parisien devient continental.
En 1911, Paul Lemoine montre que le bassin est constitué de strates disposés en cuvettes concentriques,. Plus tard, des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits ont permis d'avoir une image précise du bassin parisien. Celles-ci confirment les strates en cuvettes concentriques mais avec des objets complexes comme des failles. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion.
La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de la Seine d'époque moderne. Les plus anciens dépôts sont constitués de sables et des argiles datant de l'étage sparnacien présent dans le 16e arrondissement d'Auteuil à Trocadéro. Mais l'étage le plus connu est le lutétien riche en gypse et en calcaire.
Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière. Le calcaire a été exploité jusqu'au XIVe siècle sur la rive gauche de la place d'Italie à Vaugirard. Aujourd'hui, son extraction s'est déplacée vers l'Oise à Saint-Maximin par exemple. L'exploitation du gypse a été très active à Montmartre et Bagneux. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public.
L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au XIXe siècle pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines sont présentes dans le sous-sol parisien comme les nappes de sable d'Auteuil qui fournissent par un forage de l'eau à la ville. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle.
Paris a un climat de type océanique dégradé : l'influence océanique est prépondérante et se traduit par des étés relativement frais (18°C en moyenne), des hivers doux (6°C en moyenne) avec des pluies fréquentes en toute saison et un temps changeant mais avec des pluies plus faibles (641 millimètres) que sur les côtes et quelques pointes de température au coeur de l'hiver ou de l'été. Le climat de la ville connaît par ailleurs une certaine variabilité d'une année sur l'autre, certains hivers ou étés pouvant connaître des pointes de température ou de précipitations.
L'ensoleillement est d'environ 1 800 heures par an ce qui est relativement faible (1 595 heures dans les monts d'Arrée, 2 917 heures à Toulon), la ville étant connue pour son ciel laiteux et souvent voilé, conséquence directe des influences maritimes. Le nombre de jours de brouillard est faible : en moyenne il y en a treize jours par an, en net recul depuis un siècle. Le vent, généralement modéré (cinquante jours avec des rafales supérieures à 50 km/h), est majoritairement de secteur ouest/sud-ouest. Le 26 décembre 1999 durant la première grande tempête qui a balayé l'Europe, des rafales de 169 km/h ont été enregistrées à la station de Paris-Montsouris. Elles ont dépassé 220 km/h au sommet de la Tour Eiffel et constituent le record absolu de vitesse instantanée depuis les premières mesures météorologiques en 1873.
Les 641 millimètres de précipitations se répartissent de manière très égale durant l'année puisque les valeurs extrêmes sont de 45,4 millimètres en février et de 62 millimètres en mai. Paris connaît en moyenne 111 jours de pluie par an, mais si celles-ci sont fréquentes, elles sont en revanche peu soutenues. Les orages se produisent environ 18 jours par an en moyenne, pour l'essentiel de mai à août. Les chutes de neige sont rares (15 jours par an en moyenne) ; la neige tient rarement plus d'une journée dans Paris intra-muros. Depuis le début des relevés au Parc Montsouris, l'année la plus sèche a été 1921 avec seulement 267 millimètres et la plus arrosée 2000 avec plus de 900 millimètres. La température dépasse 25 °C 43 jours par an en moyenne ; 9 jours par an, elle est supérieure à 30 °C. Conséquence de l'urbanisation importante de l'agglomération, la température dans Paris peut-être de 4°C plus élevée que dans les banlieues les plus lointaines durant la nuit et au lever du soleil.
Étymologie
Paris tire son nom du peuple gaulois des Parisii (un Parisius, des Parisii). Le mot Paris est en fait la transformation, avec le temps, du latin Civitas Parisiorum (la Cité des Parisii), désignation qui l'a emporté sur Lutetia (Lutèce). L'origine du nom des Parisii n'est pas connue avec certitude. Il pourrait dériver du mot gaulois kwar (carrière), par référence aux nombreuses carrières de la région parisienne.
Héraldique
Les armes de Paris se blasonnent ainsi : « De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef cousu d'azur fleurdelysé d'or »
Devise : « Fluctuat nec mergitur », ce qui signifie « Il est battu par les flots mais ne sombre pas ». Elle évoque le Scilicet, navire également représenté sur le blason de la ville et symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge.
La patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville au Ve siècle par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont.
Histoire
Un habitat permanent à Paris est attesté pour la période chasséenne (entre 4 000 et 3 800 av. J.-C.), sur la rive gauche d'un ancien bras de la Seine dans le 12e arrondissement,. La présence humaine semble avoir été permanente durant le Néolithique.
Le flou le plus total existe entre cette occupation préhistorique du site et la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, peuple gaulois, sont les maîtres des lieux quand les troupes de César arrivent, en 52 av. J.-C., et la renomment Lutetia (Lutèce). On ne connaît pas encore avec certitude l'emplacement de la cité gauloise : île de la Cité (hypothèse aujourd'hui très discutée), île Saint-Louis ou une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche voire Nanterre.
La cité romaine a été construite, selon un plan hippodamien au Ier siècle sur la rive gauche. On pense qu'elle s'étendait approximativement du boulevard Saint-Germain au Val-de-Grâce et de la rue Descartes au jardin du Luxembourg. Le centre de la ville est au croisement du cardo et du decumanus, au niveau actuel des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques, le cardo. Elle disposait d'un forum,, de thermes alimentés par un aqueduc depuis le plateau de Rungis, au sud, d'un théâtre et d'arènes. Un cimetière (la nécropole Saint-Jacques) est implanté au sud. Lutèce n'avait probablement que cinq à six mille habitants à son apogée : une cité modeste du monde romain, (Lugdunum au IIe siècle comptant de 40 000 à 400 000 habitants).
Selon la tradition, la ville aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250. Durant le Bas-Empire, Lutèce est touchée par les grandes invasions et sa population se replie dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. Néanmoins dès le IVe siècle, l'existence de faubourgs est attestée, et la ville reprend le nom du peuple dont elle est la capitale, les Parisii.
En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila qui s'en détournent effectivement sans combat.
Clovis en fait la capitale du royaume des Francs vers 508. Elle le demeure jusqu'au début du VIIe siècle au moins. Au VIe siècle, l'église Saint-Gervais est le premier lieu de culte implanté sur la rive droite, signe que la ville s'y étend. Au IXe siècle, des enceintes y sont donc édifiées, approximativement au niveau des rues des Barres, de Rivoli et de la Tacherie.
Les Vikings, grâce à leurs drakkars à faible tirant d'eau, pillent une première fois en 845 la cité abandonnée par ses habitants. Ces incursions se prolongent jusqu'au début du Xe siècle. Systématiquement, la ville est mise à sac et incendiées, sauf versement de forte rançon (le roi Charles le Chauve verse 7 000 livres d'argent en 845). En 885, l'évêque Gozlin fait réparer la muraille gallo-romaine juste avant une nouvelle attaque. La rive gauche est cependant entièrement détruite après un siège d'un an. Les raids ne prennent fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911.
Paris est, avec Orléans qu'ils préfèrent, une des deux grandes villes du domaine personnel des Capétiens qui règnent à partir de 987. Hugues Capet malgré sa résidence dans l'Île de la Cité y séjourne peu. Robert le Pieux y vient plus fréquemment. Il fait restaurer le palais de la Cité et les abbayes. La ville devient un important centre d'enseignement religieux dès le XIe siècle. Le pouvoir royal se fixe progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108-1137) et plus encore de Philippe Auguste (1179-1223). La ville redevient capitale du royaume. La rive gauche n'est véritablement reconstruite qu'au XIIe siècle. La rive droite est alors constituée de quatre quartiers : le quartier de Grève (Saint-Gervais), le Châtelet, les Halles et Saint-Germain-l'Auxerrois,.
Sa position privilégiée au débouché des grandes routes commerciales fait que la ville profite de l'activité marchande. Le blé entre par la rue Saint-Honoré, les draps du Nord par la rue Saint-Denis et le poisson de la mer du Nord et de la Manche par la rue des Poissonniers. L'importance de son marché, en liaison avec la foire du Lendit à Saint-Denis, nécessite de la place et son établissement dans un lieu plus dégagé que l'île de la cité : Louis VI l'installe vers 1137 au lieu-dit Les Champeaux, les petits champs ; les Halles de Paris y restent durant plus de huit siècles.
En 1163, l'évêque Maurice de Sully entreprend l'édification de la cathédrale notre-Dame à l'emplacement de deux églises mérovingiennes. Une enceinte est construite par Philippe-Auguste pour protéger la ville en pleine expansion : de la rue Étienne-Marcel à la rue de l'Estrapade et de la nouvelle forteresse du Louvre aux Fossés-Saint-Bernard. Par la suite, Paris s'étend surtout sur la rive droite.
Maîtres et élèves des écoles épiscopales entourant le cloître notre-Dame cherchent à se soustraire de la tutelle de l'évêque et à créer des écoles indépendantes. Ils s'installent sur la rive gauche et se placent sous le patronage du pape Innocent III. Ils fondent une organisation de défense, l'Universitas, reconnue en 1209-1210. Son renom attire très vite des étudiants de tout l'occident chrétien.
L'importance de la ville augmente, tant sur le plan politique et financier que marchand. Les organes centraux du gouvernement y ayant leur siège, le roi souhaite mieux contrôler Paris et ne lui accorde pas de charte de commune. Néanmoins, il concède des privilèges de bourgeois du roi et accorde des faveurs à la hanse des marchands de l'eau. En 1258, Saint-Louis ôte la prévôté des mains des marchands et la confie à un proche, Étienne Boileau. En 1263, la hanse des marchands élit une première municipalité composée d'un prévôt des marchands, Evrard de Valenciennes, assisté de quatre échevins. Ainsi se met en place un système de double autorité Ville - État.
Vers 1328, la population parisienne est estimée à 200 000 habitants, ce qui en fait la cité la plus peuplée d'Europe . Mais en 1348, la Peste noire décime la population. Au XIVe siècle, l'enceinte de Charles V (1371-1380) englobe l'ensemble des actuels 3e et 4e arrondissements et s'étend du Pont Royal à la Porte Saint-Denis.
Durant la Guerre de Cent Ans, le mécontentement populaire nourrit l'ambition du prévôt des marchands Étienne Marcel, provoquant la grande ordonnance de 1357 puis la première grande émeute politique de l'histoire de Paris, nouvelle rupture entre le roi et la ville. Les rois ne séjournent alors plus au centre de la cité, préférant d'abord l'Hôtel Saint-Pol, (détruit sur ordre de Charles VI suite au bal des ardents) puis l'Hôtel des Tournelles, dont on peut plus facilement s'échapper en cas de troubles. En 1407, suite à l'assassinat de Louis d'Orléans), éclate une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui durera jusqu'en 1420 et la cité basculera dans le camp Bourguignon en septembre 1411.
Paris sort ruinée de la Guerre de Cent Ans, en particulier à cause du siège de 1429 par Jeanne d'Arc qui veut la reprendre aux Anglais et à leurs alliés bourguignons. Charles VII et son fils Louis XI s'en méfient et n'y séjournent qu'exceptionnellement, lui préférant le Val de Loire. La ville sort lentement du marasme de la guerre. Sa population augmente entre 1422 et 1500, remontant de cent mille à cent cinquante mille âmes. Une modeste expansion économique reprend vers le milieu du XVe siècle, mais la ville souffre de l'absence de la Cour. Paris se transforme en une ville administrative et judiciaire.
La Renaissance, liée aux résidences du roi et de la cour dans le val de Loire, n'influence donc guère Paris. Aussi le gothique flamboyant reste le style parisien par excellence, tant pour l'architecture civile (hôtel de Cluny ou hôtel de Sens) que pour l'architecture religieuse (église Saint-Séverin ou église Saint-Étienne-du-Mont).
Malgré son éloignement, la monarchie s'inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première règlementation d'urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII.
En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. La reconstruction du Louvre est décidée en 1546. Les portes des anciennes enceintes sont démolies, le premier quai de pierre édifié, les principales rues alignées et un hôtel de ville construit. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville d'Europe de l'Ouest.
Le 24 août 1572, sous Charles IX, le massacre de la Saint-Barthélémy se prolonge plusieurs jours. On compte entre deux mille et dix mille victimes. La ligue catholique, particulièrement puissante dans la capitale, se dresse contre Henri III durant la journée des barricades en 1588. Ce dernier s'enfuit avant d'assiéger la ville. Il est assassiné au château de Saint-Cloud le 1er août 1589.
Le siège est maintenu par Henri de Navarre, devenu le roi Henri IV. La ville pourtant ruinée et affamée lui refuse l'entrée. Lorsqu'il abjure le protestantisme en se convertissant à la cathédrale de Chartres (le fameux mais apocryphe « Paris vaut bien une messe »), les portes de la cité lui sont finalement ouvertes en 1594.
Lors de son règne, Henri IV multiplie les chantiers dans la ville pour réduire la misère et la pauvreté, l'embellir et servir sa gloire. Le Pont Neuf, dont les travaux avaient été engagés par Henri III, est achevé, offrant pour la première fois accès au paysage fluvial, les précédents ponts étant édifiés avec des maisons en surplomb. Les premiers ensembles architecturaux modernes bordés de pavillons de brique et pierre uniformes sont construits place des Vosges. Hors du périmètre de la ville, l'hôpital Saint-Louis est créé. Les premiers règlements d'urbanisme sont élaborés par le ministre Sully en concertation avec le prévôt des marchands, François Miron.
Sous Louis XIII, le mouvement de construction se poursuit à l'initiative de promoteurs privés. De nouvelles rues sont tracées et des parcelles viabilisées. Christophe Marie, qui laisse son nom au pont Marie, réunit deux îlots pour en faire l'île Saint-Louis dotée d'un ensemble architectural édifié par Louis Le Vau. Richelieu fait détruire de 1633 à 1636 l'enceinte de Charles V sur la rive droite et la remplace par une enceinte bastionnée dite des Fossés Jaunes pour englober l'équivalent des quatre premiers arrondissements actuels. Le mouvement de la Contre-Réforme suscite l'édification de soixante nouveaux couvents entre 1600 et 1639, en particulier dans le Marais, le faubourg Saint-Honoré et le faubourg Saint-Jacques. Dans ce dernier, Anne d'Autriche fait édifier le Val-de-Grâce sur de vastes terrains libres afin de célébrer la naissance tant attendue du Dauphin. Les fondations hospitalières et charitables se multiplient sur l'initiative de saint Vincent de Paul, sans réellement réussir à réduite la misère ou l'analphabétisme. En 1622, Paris accède enfin au rang d'archevêché.
En 1648, la journée des barricades marque le début de la Fronde qui provoque une importante crise économique et une nouvelle défiance du roi vis-à-vis de sa capitale. La sécurité du royaume étant assuré par les places fortes de Vauban, Louis XIV détruit les remparts en 1670 et les remplace par une promenade plantée, le nouveau cours, ancêtre des Grands boulevards. Les anciennes portes fortifiées sont remplacées par des arcs de triomphe à la gloire du roi, les portes Saint-Denis et Saint-Martin.
La ville qui atteint les 400 000 habitants ne doit son accroissement démographique qu'à l'immigration provinciale, la mortalité l'emportant sur les naissances. Paris est à cette époque misérable et marquée par une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée de ses faux infirmes et mendiants à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie. Le roi choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Il implante l'observatoire, l'hôpital de la Salpêtrière puis l'hôtel des Invalides sur la rive gauche, la seule à disposer des terrains nécessaires. Le faubourg Saint-Germain s'étend jusqu'aux Invalides, le Louvre et les Tuileries sont embellis et la place Vendôme aménagée. Durant tout son règne, le roi soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi une hostilité envers la cité durement ressentie par les Parisiens.
Au XVIIIe siècle, Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le XVIIIe siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui provoque une importante croissance démographique, la ville atteint 650 000 habitants à la veille de la Révolution française.
En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV se réinstalle au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien.
La ville s'étend alors à peu près sur la superficie des six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville à partir de 1748. La place Louis XV, devenue plus tard place de la Concorde, est aménagée de 1763 à 1772. Puis c'est l'église Sainte-Geneviève (l'actuel Panthéon), le théâtre de l'Odéon, l'école militaire et l'esplanade du Champ-de-Mars. Tous ces édifices font partie de vastes réaménagements urbains qui transforment la physionomie des quartiers qui les entourent. En 1785, le mur des Fermiers généraux entoure approximativement les onze premiers arrondissements actuels et n'a pas de vocation militaire : elle n'est édifiée que pour taxer le transit des marchandises via les barrières d'octroi.
C'est à Versailles que débute la Révolution française par la convocation des États généraux puis le serment du Jeu de paume. Mais, les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières mais également par une rancoeur à l'égard du pouvoir royal qui a abandonné la ville depuis plus d'un siècle lui donnent une nouvelle orientation. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine en est une première étape. Le 15 juillet 1789, l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de Ville la charge de premier maire de Paris. Le 5 octobre, menée par les femmes, l'émeute se déclenche sur les marchés parisiens. Le soir, la foule atteint Versailles. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d'y appeler l'Assemblée constituante qui s'installe le 19 octobre dans le Manège des Tuileries. « Le boulanger, la boulangère et le petit mitron » ramenés de Versailles deviennent de fait des prisonniers de la Révolution.
Le 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars mais le même lieu est le théâtre de la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791. Bailly mis en cause est guillotiné pour avoir fait tirer sur le peuple. Le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, occupés après la mise en vente des biens nationaux à partir de mai 1790, constituent de hauts lieux du Paris révolutionnaire ; ils marquent la toute puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution.
Dans la nuit du 9 août 1792, une Commune révolutionnaire prend possession de l'Hôtel de Ville. Lors de la journée du 10 août 1792, la foule assiège le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française (restaurée en 1814) est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces et écarté en 1793.
Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement et de règne de la Terreur sous la poigne du comité de salut public. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la mairie, s'emploient à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire de Paris est aujourd'hui encore le seul de France à être privé de tout pouvoir de police,. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution ». Il est suivi sur l'échafaud en seulement quelques semaines par 1 119 personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).
La Révolution n'est pas une époque de développement pour la ville et peu de monuments sont édifiés. En revanche, de nombreux couvents et églises sont rasés. Ils laissent place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.
En 1799, le pouvoir politique passe à Napoléon Bonaparte qui écarte les assemblées du Directoire réunies à Saint-Cloud. Le 2 décembre 1804, il est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire. Il en fait même la capitale de l'Europe impériale. En 1801, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte 546 856 habitants ; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint 1 096 784 habitants.
L'empereur veut de grands monuments à sa gloire comme l'arc de triomphe ou le pont d'Iéna. L'approvisionnement en eau est amélioré par la création du canal de l'Ourcq et de nombreuses fontaines publiques sont mises à la disposition des Parisiens. La voirie est entièrement réorganisée. Des quais, des égouts, des cimetières, des marchés ou la numérotation des maisons sont mis en place ainsi que des abattoirs et la halle aux vins. Une grande percée est-ouest (la rue de Rivoli) est réalisée.
La chute de l'Empire en 1814-1815 amène à Paris les armées anglaises et cosaques qui campent sur les Champ-Élysées. Louis XVIII de retour d'exil rentre dans Paris où il se fait couronner et s'installe aux Tuileries.
Louis XVIII et Charles X puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien et la construction privée à l'initiative de la bourgeoisie d'argent connaît une importante flambée. En 1837, Paris entre dans l'ère du chemin de fer avec l'ouverture de la gare Saint-Lazare. Elle est rapidement suivie par cinq autres. Le prolétariat ouvrier en forte expansion s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui atteignent plus de cent-mille habitants au kilomètre carré et constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux-tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. Les quartiers centraux constituent par ailleurs d'importants foyers de révoltes populaires ; les barricades font tomber Charles X lors des trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.
Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers Généraux. Entre 1840 et 1845, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au coeur de la ville, la rue Rambuteau est percée.
Avec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. Ville à la structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme ou le logement. S'entourant de Georges Eugène Haussmann, nommé préfet de la Seine en 1853, d'Eugène Belgrand, l'ingénieur hydraulicien, et de Jean-Charles Alphand, architecte paysagiste, il engage de gigantesques travaux de modernisation. Le réseau des égouts passe de 150 à 500 kilomètres. De nombreux quartiers insalubres, traditionnels foyers révolutionnaires et lieux de barricades, disparaissent. Paris est doté de larges avenues (Boulevard de Sébastopol ou Saint-Michel), de somptueux monuments tels que l'Opéra Garnier et enfin de nombreux parcs et jardins (parcs Monceau ou des Buttes-Chaumont) et, à la périphérie de la ville, les bois de Boulogne et de Vincennes). L'île de la Cité est quasiment vidée de ses habitants qui laissent la place à de vastes bâtiments administratifs, l'Hôtel-Dieu et la Préfecture de police. Un nouveau style architectural apparaît avec les immeubles en pierre de taille au décor sculpté dits « Haussmanniens ». Sur les terrains libérés par l'expropriation, les prix montent en flèche. La population ouvrière est chassée. Le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann.
Le le 1er janvier 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines : Belleville, Grenelle, Vaugirard et La Villette dans leur totalité ; Auteuil, Les Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle-Saint-Denis, Charonne, Montmartre et Passy en majeure partie (les parties situées à l'extérieur des fortifications sont rattachées aux communes voisines) ; ainsi que des quartiers d'Aubervilliers, Bagnolet, Gentilly, Issy, Ivry, Montrouge, Neuilly, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Saint-Mandé, Saint-Ouen et Vanves. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares, mais les limites administratives de la ville sont aussi figées. La croissance urbaine continue de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle ne s'accompagne en effet plus d'une expansion des frontières communales ce qui est à l'origine de la « banlieue ».
plus d'infos sur Paris
|
|
 |
_ |
 |
 |
Billet avion pour la France |
 |
| |
FrancePrésentation
La France, officiellement la République française (souvent appelée l'hexagone dans la presse), est un pays constitué d'un territoire situé en Europe et nommé Métropole ainsi que de territoires situés outre-mer. La France est l'État de l'Union européenne dont le territoire européen est le plus étendu. Ce territoire, situé en Europe occidentale, est bordé par l'océan Atlantique à l'ouest, par la Manche (qui la sépare du Royaume-Uni) et la mer du Nord au nord, par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie à l'est, et par la mer Méditerranée, l'Andorre, Monaco et l'Espagne au sud. Par les DOM-TOM, la France est également bordée par les Pays-Bas, le Brésil, le Suriname, l'Australie, mais aussi par l'océan Pacifique, l'océan Indien, la mer des Caraïbes, etc.
La France est, parmi tous les grands États européens, le plus anciennement constitué, autour d'un domaine royal initialement centré sur l'Île-de-France, sa capitale étant Paris. Membre du Conseil de l'Europe, c'est l'un des pays fondateurs de l'Union européenne, de la zone euro et de l'espace Schengen. Elle est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et fait partie de l'Union latine, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de la Francophonie et du Groupe des huit (G8).
Les valeurs qu'elle défend et auxquelles elle est très attachée se fondent sur la démocratie et les droits de l'homme et du citoyen de 1789, dont elle est la patrie d'origine.
Militairement, la France est membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) - elle s'est retirée en 1966 de l'organisation militaire intégrée pour y revenir partiellement en 2002 - et dispose de la dissuasion nucléaire.
Son économie est de type capitaliste avec une intervention étatique non négligeable depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, depuis une trentaine d'années, des réformes successives ont entraîné un désengagement progressif de l'État de plusieurs entreprises publiques.
Au cours du « Grand Siècle », la France a été façonnée par les arts et la philosophie. Berceau des « Lumières », elle a influencé les révolutions américaines, puis la Révolution française a insufflé l'élan et l'exemple démocratique dans le monde entier, développant des valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité. La culture française rayonne au-delà du cadre européen : du fait des explorations de la Renaissance, des XVIIIe et XIXe siècles, la France a diffusé sa culture et sa langue à de nombreux peuples, au Canada, en Afrique, mais aussi dans quelques régions du Moyen Orient, d'Asie et du Pacifique. Sa gastronomie est de réputation mondiale. De nos jours la France subit de plus en plus l´influence culturelle des États-Unis.
Le français est la langue officielle de la République, mais on y compte aussi 77 langues régionales.
Histoire
La France actuelle, pays de langue romane mais de superstrat germanique, occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie « hommes libres », qui se forma tardivement et s'installa sur une partie des terres de l'Empire romain.
Francia désigne à l'origine la région du nord de l'Europe, peuplée, ou plutôt dominée, par un peuple de guerriers germaniques qui se nomment eux-mêmes les Francs. Francia n'a alors pas une connotation politique mais plutôt géographique ou sociologique, comme Maghreb ou Balkans au XXIe siècle. Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élit un chef de guerre nommé roi des Francs, et se place librement sous son autorité pour les affaires militaires. La guerre étant considérée comme la valeur par excellence de l'homme libre, franc finit par devenir synonyme de libre.
En 1204, le mot Francia désigne, pour la première fois, le territoire sur lequel s'exerce l'autorité de ce roi des Francs, qui commence sporadiquement à se nommer rex Francie. Cette autorité se limite encore à celle qu'autorise le lien de vassalité, et ne porte donc que sur les seigneurs eux-mêmes, à l'exclusion de leurs territoires, de la population de ceux-ci, et même des propres vassaux de ces seigneurs. On peut donc par exemple rapprocher cet événement de l'utilisation à partir de 1957 d'Europe dans un sens politico-économique. Ceci ouvre toutefois la porte au concept d'une autorité civile du roi sur un territoire. Mais il faut attendre le XVe siècle pour que ce concept soit reconnu, bon gré mal gré, sinon accepté (guerre folle), par la plupart des seigneurs.
Au début du XVIe siècle le concept de « chose publique » fait une réapparition timide après avoir disparu avec la chute de l'empire romain. En 1499, le contrat de mariage du roi de France, qui dispose de la propriété de la France, tente, sans succès, de constituer un engagement non seulement entre les signataires, mais aussi entre leurs descendants, et même leurs successeurs. La nationalité française est définie à cette époque.
C'est aussi vers cette époque qu'un embryon d'État commence progressivement à se mettre en place. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, le roi est un nomade qui se déplace avec toute son administration, ne restant jamais plus de quelques semaines dans la même résidence, ce qui limite singulièrement les possibilités de centralisation des fonctions étatiques.
Au début du XVIIe siècle, la politique étrangère de la France commence à dépasser les seules agressions militaires directes. Richelieu introduit la diplomatie comme une façon de faire mener ses guerres par d'autres pays.
La révolution française constitue l'acte de naissance de la Nation française, et du peuple français en tant qu'acteur politique. Il ne s'agit alors pourtant encore que de concepts tout théoriques. Ce sont les guerres napoléoniennes, et surtout les grandes guerres de 1870, 1914 et 1939 qui font de la Nation française une image mentale partagée par les Français. Les difficultés économiques liées à la mondialisation du début et de la fin du XXe siècle exacerbent (comme dans le reste de l'Europe) ce sentiment national en un nationalisme.
La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur. L'un des sites les plus anciens (- 1 800 000 ans), contesté par certains auteurs, est le site de Chilhac (Haute-Loire). Plusieurs sites français ont donné leur nom à des faciès culturels, tels que l'Acheuléen, le Moustérien, le Solutréen ou le Magdalénien. Le territoire national compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur dont la plus connue est sans doute Lascaux (Dordogne, -15 000). À partir de -7000 environ, la région entre dans le Néolithique, le plus ancien village connu étant le site de Courthézon (Vaucluse), daté de 4560 av. J.-C. environ.
Arrivés vers -900 sur le territoire de la France actuelle, les Celtes en occupent l'ensemble au IIIe siècle av. J.-C.. Vers 680 av. J.-C., le littoral méditerranéen voit l'arrivée des premiers colons grecs, avec la fondation du comptoir d'Antibes.
La Gaule passe sous la domination romaine vers 125 av. J.-C. pour la Gaule narbonnaise, et en 51 av. J.-C., après la guerre des Gaules, pour le reste du territoire. Sous l'Empire, une civilisation gallo-romaine prospère se développe, apportant à la France une base de culture latine et conduisant indirectement à la christianisation, qui s'opère lentement du IIe au VIe siècle.
La Gaule connaît à partir du Ve siècle l'époque des migrations barbares, avec la présence de plusieurs peuples, notamment les Burgondes, les Wisigoths et les Francs.
Une grande partie des régions constituant la France actuelle sont réunies sous Clovis en 507 (réunion sous la domination franque, ou regnum francorum, des Alamans, des Burgondes et des Wisigoths au nord des Pyrénées). Ce « royaume des Francs » qui s'exerce sur ce que l'on appelait encore la Gaule tire sa légitimité et son unité de sa romanité culturelle. Mais il est partagé puis réuni à de multiples reprises au gré des héritages des héritiers de Clovis (dynastie des Mérovingiens). Ces royaumes ultérieurs s'appellent Neustrie (Paris), Austrasie (Metz), Bourgogne (Chalon), Aquitaine (Bordeaux).
À partir du milieu du VIIIe siècle Pépin le Bref, roi des Francs non mérovingien, étend considérablement le royaume des Francs, bientôt érigé en Empire par son fils Charlemagne et son petit-fils Louis le Pieux. Après la mort de Louis, son domaine est partagé en trois parties où l'autorité centrale s'effondre rapidement, ramenant l'organisation de la région à la situation antérieure : la Francia orientalis (à l'est), la Francia occidentalis (à l'ouest) et entre les deux l'éphémère Lotharingie, domaine d'un empereur très théorique. La partie orientale correspond à ce qui devint plus tard l'Allemagne et la partie occidentale, à la France. C'est de 842, avec les serments de Strasbourg passés entre les petits-fils de Charlemagne, que date la source la plus ancienne attestant l'usage de deux langues différentes de part et d'autre du Rhin (le tudesque et le roman). Ce texte a donc souvent été présenté comme l'acte fondateur de la France (et de l'Allemagne). Des descendants de Charlemagne » les Carolingiens » conservent une influence symbolique sur des territoires correspondant très grossièrement à la France jusqu'en 987, date à laquelle le duc Hugues Capet est élu roi des Francs.
Hugues Capet, en modifiant les règles de succession, crée les conditions qui permettront, au long des siècles suivants, la constitution de la France. Ses descendants, les Capétiens règnent alors sur la France, en trois dynasties successives (Capétiens directs, Valois et Bourbons), jusqu'en 1792 lorsque Louis XVI est déposé lors de la Révolution française, puis durant un intermède de trente ans, de 1814 à 1848.
Les premiers rois de la dynastie étendent progressivement le domaine royal, consolident la royauté franque malgré l'opposition des Plantagenêts, qui se matérialise par la guerre de Cent Ans. Mais ce n'est qu'à la fin du XIIe siècle que Philippe Auguste étend pour la troisième fois en un millénaire l'autorité du roi des Francs des Pyrénées à la Manche. C'est à cette époque qu'on commence à employer l'expression royaume de France, et que celui-ci acquiert un poids comparable à celui de l'Angleterre ou du Saint Empire romain germanique. Les derniers siècles du Moyen Âge, marqués par les crises de la Guerre de Cent Ans et de la peste noire, renforcent finalement l'autorité royale, qui ne devient incontestable qu'au XVe siècle, avec Louis XI.
À la fin du Moyen Âge l'Espagne des rois catholiques et les possessions des Habsbourg s'unissent, ce qui donne naissance à l'empire de Charles Quint. François Ier et son fils Henri II luttent contre cette nouvelle puissance avec des succès et des revers. Mais les guerres de religion qui marquent la seconde moitié du XVIe siècle et le règne des derniers Valois (François II, Charles IX, Henri III) éloignent la France du théâtre européen.
Il faut attendre Henri IV, puis Louis XIII et son ministre Richelieu, pour que la prépondérance espagnole soit remise en cause au profit de la France. Malgré la disparition prématurée de ces acteurs, l'équilibre des forces est rétabli puis renversé, par de grands politiques comme Mazarin, notamment en 1648 (traité de Westphalie) et 1659 (traité des Pyrénées).
plus d'infos sur la France
|
|
 |
_ |
 |
 |
Billet avion au départ de Tunis (Tunisie) |
 |
| |
TunisPrésentation
Tunis (?) est la principale ville de la Tunisie. Capitale du pays sans interruption depuis le règne de la dynastie des Hafsides en 1229, elle est également le chef-lieu du gouvernorat du même nom depuis sa création en 1956.
Située au nord du pays, au fond du golfe de Tunis dont elle est séparée par le lac de Tunis, la cité s'étend sur la plaine côtière et les collines avoisinantes. Peuplée de 728 453 habitants » appelés les Tunisois », elle est englobée dans une agglomération très étendue (jusqu'à 30 kilomètres pour atteindre la banlieue nord de La Marsa) et peuplée (2 000 242 pour l'ensemble de l'agglomération).
Le saint patron de Tunis est Sidi Mahrez qui a donné son nom à une mosquée de la ville.
Étymologie
Tunis est la transcription française d'un nom qui se prononce en arabe tûnus, tûnas ou tûnis (û ayant la valeur du ou français). Les trois vocables sont indiqués par le géographe arabe Yaqout al-Rumi dans son ouvrage Mu'jam al-Bûldan. Le dernier est celui qui prédomine dans le nom de la ville de même que dans le gentilé tûnisi (tunisien).
Ce vocable, issu du terme verbal ens des dialectes berbères, se définit comme « être couché » ou « se coucher » et par extension « aller passer la nuit à », « arriver de manière à passer la nuit », « aller passer la nuit chez ». Parmi les très nombreux dérivés de ce terme, on trouve tinés (pluriel de ténésé) indiquant « le fait d'être couché » et par extension le « fait de passer la nuit ». Compte tenu des variations vocaliques dans le temps et l'espace, le nom de Tunis a donc très probablement le sens de « campement de nuit », « bivouac » ou « halte ». Dans la toponymie antique de l'Afrique romaine, on note également les noms proches des localités de Tuniza (actuelle El Kala), Thunusuda (actuelle Sidi Meskine), Thinissut (actuelle Bir Bouregba), Thunisa (actuelle Ras Jebel) ou Cartennae (actuelle Ténès en Algérie). Toutes ces localités berbères se situaient sur des voies romaines et ont sans doute servi de relais ou de halte.
Du nom de Tunis est dérivé en français le terme Tunisie qui désigne le pays dont cette ville est la capitale. Ce nom est lancé par des géographes et historiens français par analogie avec le mot Algérie forgé à partir d'Alger. Ce mot s'est depuis répandu dans toutes les langues européennes. Or, le terme arabe désignant à la fois la ville et le pays, il ne peut être clairement compris que lu dans son contexte : c'est donc le sens de la phrase qui permet de savoir si l'on parle de la Tunisie ou de Tunis.
Géographie
La ville de Tunis est construite sur un ensemble de collines descendant en pente douce vers le lac de Tunis mais présentant un versant abrupt dans la direction opposée (au dessus de la sebkha Séjoumi). Ces collines, qui font suite aux coteaux de l'Ariana et correspondant aux lieux dits Notre-Dame de Tunis, Ras Tabia, La Rabta, La Kasbah, Montfleury et La Manoubia, ont des altitudes qui dépassent à peine 50 mètres.
La ville naît, à une époque reculée, au carrefour de routes qui se constituent naturellement à travers l'étroite bande de terre resserrée entre les vastes cuvettes du lac de Tunis et du Séjoumi. L'isthme qui les sépare constitue ce que les géologues appellent le « dôme de Tunis », lequel comprend des collines de roches calcaires et de sédiments d'origine éolienne et lacustre. C'est une sorte de pont naturel par où passent, dès l'Antiquité, plusieurs routes importantes reliant la Berbérie à l'Égypte et dont le tronçon tunisien passe par Utique et Hadrumète. La deuxième route est celle de Béja qui longe la Medjerda et rejoint à Tunis la route d'Utique. La troisième est la route de Sicca qui met la Numidie en communication avec Hadrumète. Ces routes sont évidemment tributaires de Carthage quand celle-ci affirme sa primauté politique et économique en Afrique. Sur ces parcours routiers, les courants de trafic ont favorisé la naissance de relais et d'étapes parmi lesquelles Tunis.
Sur une superficie de 300 000 hectares, 30 000 sont urbanisés, le restant se partageant entre des plans d'eau (20 000 hectares de lagunes ou de sebkhas dont les plus importantes sont le lac de Tunis, la sebkha Ariana et la sebkha Sejoumi) et des espaces agricoles ou naturels (250 000 hectares). Toutefois, la croissance urbaine, qui est évaluée à 500 hectares par an, se fait au détriment de cet espace. Elle est d'autant plus coûteuse qu'elle consomme les terres de plaines les plus intéressantes pour les cultures.
Le climat tunisois appartient au climat méditerranéen caractérisé par une saison fraîche et pluvieuse et une saison chaude et sèche. Il doit ses traits essentiels à la latitude de la ville, à l'influence modératrice de la Méditerranée et au relief du Tell septentrional.
L'hiver est la saison la plus humide de l'année : il tombe ainsi plus du tiers des précipitations annuelles au cours de cette période, ce qui représente un jour de pluie tous les deux ou trois jours. L'ensoleillement entretient tout de même une certaine douceur : les températures évoluent en moyenne entre 7 °C le matin et 16 °C l'après-midi. Les gelées sont donc très rares voire inexistantes. Au printemps, il tombe moins de pluie : le cumul des précipitations diminue ainsi de moitié. L'ensoleillement devient prépondérant au fil des mois pour atteindre 10 heures en moyenne par jour au mois de mai. Les températures s'en ressentent, variant en mars entre 8 et 18 °C, en mai entre 13 et 24 °C. Cette saison peut également connaître des chaleurs caniculaires, Tunis ayant déjà enregistré des températures record de 40 °C en avril et mai. En été, la pluie se fait totalement absente et l'ensoleillement maximum. Les valeurs moyennes des températures sont très élevées. Les brises marines atténuent la chaleur mais le sirocco renverse parfois la tendance. En automne, il se remet à pleuvoir, souvent à l'occasion d'orages brefs, ce qui peut parfois favoriser de rapides crues voire des inondations dans certains quartiers de la ville. Le mois de novembre marque en général une coupure thermique avec des températures qui évoluent en moyenne entre 11 et 20 °C.
La métropole de Tunis, dont la superficie a beaucoup augmenté au cours de la seconde moitié du XXe siècle, s'étend maintenant sur plusieurs gouvernorats : le gouvernorat de Tunis accueille une minorité de la population de l'agglomération tandis que la banlieue s'étend sur les gouvernorats de Ben Arous, de l'Ariana et de La Manouba.
La municipalité de Tunis est divisée en 15 arrondissements municipaux : Bab El Bhar, Bab Souika, Cité El Khadra, Djebel Jelloud, El Kabaria, El Menzah, El Ouardia, Ettahrir, Ezzouhour, Hraïria, Médina, El Omrane, El Omrane Supérieur, Séjoumi, Sidi El Béchir et Sidi Hassine.
Histoire
L'existence de la localité est attestée dès le début du IVe siècle av. J.-C.. Perchée sur sa colline, Tunis est un excellent observatoire d'où les Libyens peuvent suivre aisément les manifestations extérieures de la vie de Carthage (allées et venues des navires ou des caravanes vers l'intérieur du pays). Tunis est l'une des premières cités libyennes à passer sous la domination carthaginoise étant donné son voisinage avec la grande cité et sa position stratégique. Plus d'une fois, dans les siècles qui suivent, il est fait mention de Tunes dans l'histoire militaire de Carthage. Ainsi, durant l'expédition d'Agathoclès de Syracuse, qui débarque en 310 av. J.-C. au cap Bon, Tunis change de main à plusieurs reprises. Par ailleurs, son rôle durant la guerre des Mercenaires laisse penser qu'elle est alors « un des principaux centres de la race aborigène ». Selon toute vraisemblance, le gros de sa population est alors constitué de paysans, de pêcheurs et d'artisans. Toutefois, en regard de la Carthage punique, l'antique Tunes reste d'une taille très modeste. Détruite selon Strabon par les Romains pendant la Troisième Guerre punique, elle aurait été reconstruite avant Carthage. Elle ne fait toutefois l'objet que de rares témoignages dont la Table de Peutinger qui mentionne Thuni. Dans le système de voies de la province d'Afrique, Tunes n'a que le titre de mutatio (relais de poste). La ville latinisée est progressivement christianisée et devient le siège d'un évêché. Toutefois, Tunes reste sans doute une modeste bourgade tant que Carthage existe.
La région est conquise par les troupes arabes menées par Hassan ibn Noôman au VIIe siècle. En effet, la cité est pourvue d'une position privilégiée au fond du golfe et au carrefour des flux commerciaux avec l'Europe et son arrière-pays. Très tôt, Tunis joue le rôle militaire pour lesquelles les Arabes l'ont choisi car elle est désormais la seule cité importante dans les parages du détroit de Sicile. Dès les premières années du VIIIe siècle, le chef-lieu de district qu'est alors Tunis se voit renforcer dans son rôle militaire : devenue la base navale des Arabes en Méditerranée occidentale, elle prend une importance militaire considérable. Sous le règne des Aghlabides, Tunis profite de l'embellie économique et devient rapidement la deuxième cité du royaume. Devenue la capitale du pays à la fin du règne d'Ibrahim II (902), elle le demeure jusqu'en 909, date à laquelle des Berbères chiites prennent l'Ifriqiya et fondent la dynastie des Fatimides, puis redevient chef-lieu de district. En septembre 945, des insurgés kharidjistes occupent Tunis et la livrent au pillage. Avec l'avènement de la dynastie des Zirides, Tunis gagne en importance mais la population sunnite supporte de plus en plus mal le règne chiite et perpétue des massacres contre cette communauté. C'est pourquoi, en 1048, le Ziride al-Muizz ibn Badis rejette l'obédience fatimide et rétablit dans toute l'Ifriqiya le rite sunnite. Cette décision provoque la colère du calife chiite Al-Mustansir Billah. Pour punir les Zirides, il lâche sur l'Ifriqiya des tribus arabes dont les Hilaliens. Une grande partie de l'Ifriqiya est mise à feu et à sang, la capitale ziride Kairouan est détruite en 1057 et seules quelques villes côtières dont Tunis et Mahdia échappent à la destruction. Néanmoins, exposée aux exactions des tribus hostiles qui campent aux environs de la ville, la population de Tunis, qui ne reconnaît plus l'autorité des Zirides repliés à Mahdia, prête allégeance au prince hammadide El Nacer ibn Alennas, basé à Bougie, en 1059. Le gouverneur nommé par ce dernier, ayant rétabli l'ordre dans le pays, ne tarde pas à s'affranchir des Hammadides et fonde la dynastie des Khourassanides avec Tunis pour capitale. Le petit royaume indépendant renoue alors avec le commerce extérieur et retrouve la paix et la prospérité.
En 1159, l'Almohade Abd al-Mumin s'empare de Tunis, destitue le dernier souverain khourassanide et installe à sa place un gouvernement en charge de l'administration de toute l'Ifriqiya. La conquête almohade ouvre une nouvelle période dans l'histoire de Tunis. La ville, qui jouait jusque-là un rôle de second plan derrière Kairouan et Mahdia, se trouve promue au rang de capitale de province. En 1228, le gouverneur Abû Zakariyâ' Yahyâ s'empare du pouvoir et, un an plus tard, s'affranchit du pouvoir almohade, prend le titre d'émir et fonde la dynastie des Hafsides. Avec l'avènement de cette dynastie, la cité devient la capitale d'un royaume s'étendant progressivement vers Tripoli et Fès. À la ville primitive s'ajoutent au nord et au sud d'importants faubourgs enserrés par une deuxième enceinte entourant la médina, la kasbah et ces faubourgs. En 1270, Tunis se retrouve prise dans la huitième croisade : Louis IX de France, espérant convertir le souverain hafside au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte, s'empare facilement de Carthage mais son armée est rapidement victime d'une épidémie de dysenterie. Louis IX lui-même en meurt le 25 août 1270 devant les remparts de la capitale. Dans le même temps, chassés par la reconquête espagnole, les premiers Andalous arrivent à Tunis et vont participer activement à la prospérité économique et à l'essor de la vie intellectuelle dans la capitale hafside.
Au cours du XVIe siècle, la Tunisie est l'un des principaux théâtres où s'affronte la monarchie espagnole et l'Empire ottoman. Les troupes ottomanes, sous la conduite de Khayr ad-Din Barberousse, se présentent devant Bab El Jazira le 18 août 1534 et livrent la ville au pillage. Charles Quint, appelé à la rescousse par les dirigeants européens menacés par l'avancée ottomane en Méditerranée, prend la ville le 6 août 1535 et rétablit le souverain hafside.
Face aux difficultés rencontrées par ce dernier, l'Ottoman Uludj Ali, à la tête d'une armée de janissaires et de Kabyles reprend Tunis en 1569. Toutefois, suite à la bataille de Lépante en 1571, les Espagnols parviennent à reprendre la ville et rétablissent le souverain hafside. Après les derniers combats, la ville tombe finalement aux mains des Ottomans en août 1574. Devenu une province ottomane gouvernée par un pacha nommé par le sultan ottoman basé à Istanbul, le pays ne tarde pas de accéder à une certaine autonomie (1591). Sous le règne des deys puis des beys mouradites, la capitale prend un nouvel essor : sa population grossit grâce à de multiples apports ethniques, dont les Maures chassés d'Espagne, et les activités économiques se diversifient. Aux industries traditionnelles et aux échanges avec les pays lointains s'ajoute la course qui connaît alors son âge d'or. Les profits assurés par le rachat des esclaves chrétiens permettent également aux souverains d'élever des constructions fastueuses qui renouvellent la parure monumentale héritée du Moyen Âge.
Au début du XVIIIe siècle, la Tunisie entre dans une nouvelle période de son histoire avec l'avènement de la dynastie des Husseinites. Dans ce cadre, de multiples initiatives émanant des princes se succédant au pouvoir ou de hauts dignitaires apportent de nombreuses retouches urbaines qui renouvellent et enrichissent la parure monumentale de la ville. Durant cette période, la ville prospère à nouveau comme centre de commerce mais aussi de piraterie jusqu'au XIXe siècle, période durant laquelle sa population est évaluée, selon les différentes sources, sur une échelle allant de 90 000 à 110 000 habitants. Profitant des dissensions internes à la dynastie, les Algériens s'emparent de Tunis en 1756 et placent le pays sous tutelle. Au début du XIXe siècle, Hammouda Bey doit faire face aux bombardements de la flotte vénitienne mais réussit à se défaire de la tutelle algérienne et dissout la milice des janissaires après une révolte en 1811. Sous le règne de Hussein II Bey, les victoires navales des Anglais (1826) et des Français (1827) mettent fin à la course, privant le pays des revenus en découlant. Pendant le demi-siècle qui va de la conquête de l'Algérie au traité du Bardo, des colonies européennes, de plus en plus nombreuses chaque année, viennent grossir la population tunisoise. En conséquence, l'organisation spatiale de la ville est remise en cause par les premières démolitions des remparts, à partir de 1860, et l'ouverture des portes dès 1870. La cité s'étend dès lors hors de ses murs, entre la médina et les rives du lac, pour accueillir les nouvelles populations et reçoit les premiers équipements modernes en matière d'adduction d'eau (1860), d'éclairage au gaz (1872), de voirie, de l'enlèvement des ordures ménagères (1873) ainsi que de communications avec la proche banlieue et l'arrière-pays. En marge de l'artisanat et du commerce traditionnels qui déclinent, les nouveaux venus développent les échanges avec l'Europe, introduisent les premières industries modernes et acclimatent ainsi sur les marges de la cité arabe de nouvelles formes de vie urbaine.
L'année 1881, qui est celle de l'instauration du protectorat français, marque un tournant dans l'histoire de Tunis. La ville entre dans une ère de mutations rapides qui la transforment profondément en deux ou trois décennies. Restée pendant des siècles contenue derrière ses fortifications, la ville s'étend donc rapidement : elle se dédouble en une ville ancienne peuplée par la population arabe et une ville nouvelle peuplée par les nouveaux arrivants et différente de par sa structure avec la ville arabe. Tunis fait également l'objet d'importants travaux qui la dotent d'adductions d'eau, de gaz naturel et d'électricité, de transports publics et d'équipements sociaux. À l'économie traditionnelle s'ajoute une économie capitaliste de type colonial.
La Première Guerre mondiale marque un temps d'arrêt dans l'histoire de Tunis. Après la guerre, la cité connaît de nouvelles transformations : la ville moderne gagne en importance et étend son réseau de rues quadrillées dans toutes les directions possibles. De plus, un ensemble de cités satellites font leur apparition et repoussent encore les limites de l'aire urbaine tunisoise. Au niveau économique, les activités se développent et se diversifient : les industries modernes voient leurs opérations commerciales prendre de l'ampleur alors que l'industrie traditionnelle poursuit son déclin. Au cours de la période qui s'ouvre avec la Seconde Guerre mondiale, Tunis connaît un ensemble de mutations qui lui donnent un nouveau visage. C'est dans ce contexte qu'apparaît une ceinture de « faubourgs spontanés » (appelés gourbivilles) qui entourent rapidement la capitale. Après la guerre, l'industrialisation de la capitale s'accélère mais ne permet pas de subvenir aux besoins d'une population en pleine croissance. Du même coup, les contrastes au sein de la ville s'accentuent.
Lors de l'indépendance du pays en 1956, Tunis est confirmée dans son rôle de capitale, la constitution du 1er juin 1959 disposant que la Chambre des députés et la présidence de la république doivent avoir leurs sièges à Tunis ou sa banlieue. Dans un laps de temps très court, les changements se succèdent et transforment la ville coloniale. Les Européens qui voient leurs conditions de vie bouleversées se résolvent progressivement au départ. Au fur et à mesure, les Tunisiens les remplacent et la population de l'agglomération continue de croître. L'opposition entre la ville arabe et la ville européenne s'atténue progressivement avec l'arabisation de la population. Sous la pression démographique, la ville s'étend encore avec la création de nouveaux quartiers qui englobent peu à peu les banlieues les plus proches. Les équipements hérités du protectorat sont progressivement renouvelés et modernisés et de nouvelles constructions enrichissent le paysage urbain. Dans le même temps, une politique active d'industrialisation développe l'économie municipale. Le 12 juin 1979, Tunis devient le siège de la Ligue arabe après la signature par l'Égypte des accords de Camp David avec Israël. Elle le restera jusqu'au 31 octobre 1990.
Architecture et urbanisme
La médina s'est bâtie sur une colline aux pentes douces descendant vers le lac de Tunis à l'est et la sebkha Séjoumi à l'ouest. La ville européenne s'est construite par la suite entre la médina et le lac. Depuis, la métropole s'étend vers les collines du nord et vers la plaine du sud en constituant divers quartiers :
plus d'infos sur Tunis
|
|
 |
_ |
 |
 |
Billet avion au départ de la Tunisie |
 |
| |
TunisiePrésentation
La Tunisie (?) est un pays d'Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Elle est bordée au nord et à l'est par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest s'ouvre sur l'Algérie (965 km) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 km). Son nom est dérivé de celui de sa capitale, Tunis, située dans le nord du pays.
Près de 40 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de terres très fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l'Empire romain.
Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français en 1881. Avec l'avènement de l'indépendance, le 20 mars 1956, le pays prend l'appellation officielle de Royaume de Tunisie sous le règne de Lamine Bey, seul souverain tunisien à porter le titre de roi. Avec la proclamation de la république, le 25 juillet 1957, c'est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, au terme de 30 ans de règne dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l'islamisme, le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer mais poursuit dès lors les principaux objectifs du bourguibisme tout en libéralisant l'économie.
Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l'Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.
Histoire
De nombreuses traces d'industrie humaine datant du Paléolithique inférieur témoignent de l'ancienneté du peuplement de l'actuelle Tunisie.
À 20 kilomètres à l'est de Gafsa, le site moustérien d'El Guettar (vieux de plus de 40 000 ans) a livré une structure formée par un amas de pierres rondes disposées en un cône d'environ 75 centimètres de haut pour un diamètre de 130 centimètres. Ces pierres rondes, en calcaire ou en silex, sont parfois façonnées. Elle sont associées à des ossements d'animaux, des dents et des objets de silex taillé moustériens ainsi qu'une pointe pédonculée atérienne. M. Gruet, l'archéologue qui l'a découverte, interprète cette structure comme un édifice réalisé en offrande à la source voisine, aujourd'hui asséchée, et traduisant un sentiment religieux ou magique, . Elle est connue sous le nom d'Hermaïon d'El Guettar, par référence aux tas de pierre édifiés dans l'Antiquité en relation avec le culte d'Hermès, et se trouve exposée au Musée national du Bardo.
À une civilisation épipaléolithique littorale dite ibéromaurusienne et à une autre dite capsienne succède le Néolithique. À cette période, la présence humaine est conditionnée par la formation du Sahara qui acquiert son climat actuel. De même, c'est à cette époque que le peuplement de l'actuelle Tunisie voit sa population s'enrichir par l'apport des Berbères.
La Tunisie entre dans l'Histoire avec l'expansion des Phéniciens qui, cherchant à développer leur réseau commercial, fondèrent une série de comptoirs dans le bassin occidental de la Méditerranée et au-delà du détroit de Gibraltar. Celui de ces comptoirs qui connaît le développement le plus considérable est Carthage qui est fondé sur la côte tunisienne par des Tyriens en 814 av. J.-C.. D'après la légende, c'est la reine Élyssa (Didon chez les Romains), soeur de Pygmalion, roi de Tyr, qui fonde la cité.
Entre le VIe et le Ve siècle, la rivalité avec les Grecs amène Carthage à développer ses ressources propres : contrôlant bientôt tout le nord-est du pays, cette colonie renforce son autorité sur les autres comptoirs phéniciens de la côte d'Afrique. Elle entreprend alors de plus lointaines reconnaissances vers le nord, attirée par le commerce de l'étain, et vers le sud pour bénéficier du commerce de l'or avec le Soudan.
Au début du IIIe siècle av. J.-C., Carthage s'affirme comme une grande puissance maritime et commerciale qui contrôle la totalité du commerce et de la navigation dans les eaux de la Méditerranée occidentale. Elle possède également de nombreux territoires hors d'Afrique : sud de la péninsule Ibérique, îles Baléares, ouest de la Sicile, Corse, Sardaigne et Malte. Mais son incapacité à intégrer les populations berbères dans sa civilisation la rendent vulnérable lorsque les Romains supplantent les Grecs comme principaux concurrents. Rivales pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale, les deux puissances entrent en conflit (guerres puniques). La possession de la Sicile est alors au centre des enjeux qui opposent à trois reprises les deux cités à partir de 264 av. J.-C..
Une révolte des Berbères durant la Première Guerre punique contribue à éviter la victoire de Carthage sur Rome. La victoire d'Hannibal Barca à la bataille de Cannes en 216 av. J.-C. donne un moment l'avantage à Carthage mais, à l'issue de la Deuxième Guerre punique, la victoire romaine, encore une fois facilitée par une révolte des Berbères sous la conduite de leur roi Massinissa, se matérialise par la conquête de nombreux territoires carthaginois. Enfin, à l'issue de la Troisième Guerre punique, Rome écrase définitivement Carthage et s'installe sur les décombres de la ville en 146 av. J.-C.. La fin des guerres puniques marque alors l'établissement de la province romaine d'Afrique. Utique en devient la première capitale mais le site de Carthage va s'imposer à nouveau par ses avantages. En 44 avant J.-C., Jules César décide d'y fonder une colonie romaine mais c'est Auguste qui lance véritablement les travaux quelques décennies plus tard.
Elle devient plus tard la capitale de la province. C'est alors une période de prospérité où l'Afrique devient pour Rome un fournisseur essentiel de blé et d'huile, aidé en cela par sa position de plaque tournante du négoce d'esclaves africains. Le fameux port circulaire de Carthage se mue en port d'attache monumental d'une flotte céréalière dont l'arrivée est chaque année impatiemment attendue à Rome. Partie intégrante de la République puis de l'Empire, avec la Numidie, la Tunisie devient pendant six siècles le siège d'une civilisation romano-africaine.
En s'implantant en Tunisie, et au Maghreb en général, le christianisme ne se heurte pas seulement aux édits impériaux mais d'abord à une véritable opposition populaire. En effet, en s'implantant parmi ces populations, le christianisme déchire un tissu social très serré. Le paganisme imprégnant la vie quotidienne, les chrétiens sont conduits à vivre à l'écart de la vie domestique et de la vie publique. La cohésion de la famille et de la cité est donc menacée, ce qui entraîne des ripostes comme le saccage de tombes chrétiennes par ces populations. Dès le IIe siècle, Carthage applique également les persécutions impériales : la mise en oeuvre de l'édit impérial est conduite avec vigueur. Ceux qui refusent de se rallier au culte officiel sont soumis à la torture pour leur arracher un simulacre de soumission. S'ils s'obstinent dans le refus, leurs biens sont confisqués et ils sont bannis ou même déportés. Mais, malgré cette situation difficile, la nouvelle foi s'implante beaucoup plus rapidement qu'en Europe notamment en raison du rôle social de l'Église qui apparaît dans la seconde moitié du IIIe siècle. L'Église d'Afrique s'implantant progressivement, Carthage devient, au IVe siècle, l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident : Tertullien, saint Cyprien ou saint Aurèle en sont originaires et le donatisme, doctrine schismatique puis déclarée hérétique, prend son essor entre le IVe et le Ve siècle.
En 429, menés par leur chef Genséric, les Vandales franchissent le détroit de Gibraltar. Dix ans plus tard, après s'être rendus maîtres d'Hippone, ils entrent dans Carthage où ils installent leur royaume pour près d'un siècle. Ces derniers sont adeptes de l'arianisme, ce qui ne facilite pas les relations entre eux et les notables locaux majoritairement catholiques. Ces derniers sont persécutés dès lors qu'ils tentent de s'opposer au pouvoir vandale : de nombreux hommes d'église sont martyrisés, emprisonnés voire exilés dans des camps au sud de Gafsa. Cependant, la culture latine est largement préservée et le christianisme prospère tant qu'il ne s'oppose pas au souverain en place.
Les Vandales eux-mêmes, devenus les maîtres de la province romaine la plus riche de l'Empire, se laissent aller à la douceur de vivre de la Tunisie. Le recrutement de leur armée en souffre à tel point qu'ils préfèrent enrôler des autochtones berbères (romanisés pour la plupart). Toutefois, incapables de contenir les tribus hostiles qui s'agitent aux frontières de leur territoire, leur défaite devant ces dernières, en 530, fournit à l'empereur byzantin Justinien l'occasion de s'emparer du territoire (septembre 533). La majeure partie du peuple vandale est déportée vers l'Orient, servant comme esclaves, tandis que d'autres sont enrôlés de gré ou de force dans l'armée byzantine comme soldats auxiliaires. Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d'Afrique. À la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l'Église locale, se détournent de Carthage. De plus, en proie à d'incessantes querelles et luttes religieuses, les Byzantins ne peuvent pas davantage intégrer dans la structure de leur empire les Berbères qui se soulèvent à plusieurs reprises.
Dans ce contexte, trois expéditions sont nécessaires pour que les Arabes réussissent à conquérir la Tunisie. De plus, la conversion des tribus ne se déroule pas uniformément et connaît des résistances, des apostasies ponctuelles ou l'adoption de syncrétismes. L'arabisation se fera de manière plus lente encore mais finira par être totale.
La première expédition est lancée en 647. L'exarque Grégoire est battu à Sbeïtla, ce qui démontre l'existence de points faibles chez les Byzantins. En 661, une seconde expédition est lancée et se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafaa est décisive : Ibn Nafaa fonde la ville de Kairouan durant la même année et la ville devient le centre des expéditions lancées contre le nord et l'ouest du Maghreb. L'invasion complète faillit échouer avec l'assassinat d'Ibn Nafaa en 683 et les Maures parviennent à chasser les troupes arabes hors de Kairouan. Ces dernières reviennent en 688 mais sont repoussées en Libye. En 695, elles réussissent à prendre Carthage aux Grecs mais les Byzantins la reprennent en 696. La ville est définitivement conquise en 698.
Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d'occuper la côte et entreprennent de conquérir l'intérieur du pays. Après avoir une fois de plus vaillamment résisté, les Berbères, après la défaite de la Kahena, se convertissent à la religion de leurs nouveaux conquérants. Toutefois, refusant l'assimilation, ils sont nombreux à rejeter la religion dominante et à adhérer au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l'égalité de tous les musulmans sans distinction de races ni de classes. En 745, les kharidjites berbères s'emparent d'ailleurs de Kairouan. La région reste une province omeyyade jusqu'en 750.
En 800, le calife Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l'émir Ibrahim ibn Al-Aghlab qui établit la dynastie des Aghlabides qui y règne durant un siècle. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan. Des vagues importantes et successives d'immigrants arabes, venus de la péninsule arabique et plus généralement du Moyen-Orient, s'installent sur le territoire tunisien et se mélangent souvent aux populations berbères autochtones. Les Aghlabides se dotent d'une importante flotte de combat pour écarter le danger venant de la mer. En décembre 909, Abu Abd Allah al-Husayn al-Shi'i, aidé par les Berbères qui refusent la domination aghlabide, déclare descendre de Fatima Zahra (fille de Mahomet), se proclame chef et imam de Tunisie et fonde la dynastie chiite des Fatimides. Ces derniers déclarent dès lors comme usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme.
En 921, la ville de Mahdia est fondée et proclamée capitale du califat fatimide. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère la capitale fatimide à Kairouan et s'empare de la Sicile en 948.
Quand les Fatimides déplacent leur base en Égypte en 972, les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis de ceux-ci. Installés à Kairouan puis à Mahdia, la rupture avec les Fatimides intervient en 1048 à l'initiative du souverain qui reçoit alors du calife abbasside le titre de « commandeur des croyants au gouvernement de tout le Maghreb ». En rompant avec son suzerain fatimide, il inaugure ainsi l'ère de l'émancipation des Berbères. En représailles, les Fatimides envoient des tribus nomades d'Égypte, comptant plusieurs centaines de milliers de membres, les Hilaliens, envahir la région. Kairouan, pourtant fortifiée, résiste pendant cinq ans mais finit par être occupée. Les boutiques sont pillées, les édifices publics abattus et les maisons saccagées. Cette « invasion » nomade se caractérise pourtant par une intégration diffuse de familles entières, rompant l'équilibre traditionnel entre Berbères nomades et sédentaires. Il s'ensuit tout naturellement un métissage de la population. Toutefois, l'effritement politique de l'Ifriqiya, conséquence de la disparition des Zirides, plonge le pays dans l'anarchie. Mais, comme Mahdia et les autres villes d'Ifriqiya, Tunis finit par tomber aux mains du sultan almohade Abd al-Mumin lors de son expédition qui appareille du nord du Maroc en 1159. Bien avant l'arrivée des Hilaliens, et à compter de la seconde moitié du VIIe siècle, la région s'ouvre à l'islam mais la langue arabe classique demeure encore l'apanage des élites citadines et des gens de la cour. Avec l'invasion hilalienne et l'établissement supplémentaire de centaines de milliers d'immigrants arabes, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe, du moins devenir plus ou moins marqués par l'arabisation.
À partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l'Italie (Royaume normanno-sicilien). En 1135, le roi normand Roger II s'empare de Djerba. En 1148, c'est Mahdia, Sousse et Sfax qui tombent aux mains des Normands. Toutefois, ils seront progressivement chassés et Mahdia, leur dernière place forte, n'est reprise par les Almohades marocains qu'en janvier 1160. Dans le même temps a lieu l'unification du Maghreb. L'économie devient florissante et des relations commerciales s'établissent avec les principales villes du pourtour méditerranéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d'Espagne). L'essor touche également le domaine culturel avec les oeuvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun. Les Almohades confient la Tunisie à Abd al-Wâhid ibn Hafs mais son fils Abû Zakariyâ' Yahyâ se sépare d'eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie des Hafsides. Elle règne durant trois siècles et devient totalement indépendante dès 1236. Les XVe et XVIe siècles voient l'arrivée des maures musulmans et juifs andalous chassés d'Espagne par la reconquête (ou Reconquista).
Au début du XVIe siècle, le Maghreb traverse une crise politique profonde qui permet l'émergence de principautés et de cités portuaires indépendantes qui relancent l'activité des corsaires. Les souverains d'Espagne, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille, pour protéger leurs côtes, décident de poursuivre la reconquête jusque sur les côtes maghrébines. En une dizaine d'années, ils conquièrent plusieurs places : Mers el Kébir, Oran, Bougie, Tripoli et l'îlot situé en face d'Alger. Pour s'en libérer, les autorités d'Alger sollicitent l'aide de deux corsaires renommés : les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse. Cette intervention est un événement majeur qui marque le début d'une période de confrontation entre l'Espagne et l'Empire ottoman pour la domination des territoires du Maghreb et celle du bassin occidental de la Méditerranée. En 1534, Khayr ad-Din Barberousse s'empare de Tunis mais est obligé de s'enfuir après la prise de la ville par les Espagnols de Charles Quint. Le gouvernement ottoman décide alors de se doter enfin de la flotte qui lui manque. En 1560, Dragut prend Djerba à la suite de la bataille éponyme et, 35 ans plus tard, Tunis est définitivement reprise par les Ottomans. En 1575, la Tunisie devient une province de l'empire mais les gouverneurs vivent retranchés dans les ports, les Bédouins étant livrés à eux-mêmes. La conquête de l'intérieur n'est vraiment achevée que par Ali I Bey et Hammouda Bey. Tunis, mais également Alger et Tripoli, deviennent dès lors pour les chrétiens les « régences barbaresques ». Le XVIIe siècle voit une émancipation progressive des régences vis-à-vis de la tutelle ottomane car, les Ottomans étant peu nombreux au Maghreb, leur rôle ne cesse de décroître au profit des indigènes.
Au bout de quelques années d'administration turque (1590), les 4 000 janissaires de Tunis s'insurgent et placent à la tête de l'État un dey, et sous ses ordres, un bey chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Rapidement, ce dernier devient le personnage principal de la régence aux côtés du pacha, qui est confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point que qu'une dynastie beylicale est fondée par Mourad Ier en 1612. Durant la même période, les activités des corsaires connaissent leur paroxysme car l'autonomie croissante vis-à-vis du sultan entraîne une baisse de son soutien financier et les régences doivent donc accroître le nombre de leurs prises sur mer afin de survivre.
Le XVIIIe siècle voit s'ériger Tunis et ses voisins en États quasi-indépendants, la dynastie des Husseinites ne reconnaissant plus qu'un vague lien de sujétion vis-à-vis du sultan. Ils ne lui paient plus de tribut mais lui envoient des cadeaux. Dans le même temps, la course, si elle ne disparaît pas, décline largement. De plus, le détournement vers l'Atlantique d'une grande partie du trafic commercial ainsi que la mauvaise gestion beylicale entraînent l'asphyxie financière du territoire qui est de plus en plus convoité par les Européens.
plus d'infos sur la Tunisie
|
|
 |
_ |
 |
|
|