YerevanGéographie
L'Arménie entière est située dans une zone à fort risque sismique. Elle est en effet à la limite convergente (zone de subduction) des plaques arabique et eurasienne.
Le pays, et Erevan en particulier, a déjà subi plusieurs séismes conséquents par le passé. Le plus récent et le plus marquant est le séisme du 7 décembre 1988, dont l'épicentre était situé à une centaine de kilomètres plus au nord, dans la région de Spitak, et qui avait fait entre 30 000 et 100 000 morts. D'une magnitude de 6,9 sur l'échelle de Richter, ses secousses furent ressenties jusque dans la capitale et plusieurs centaines de bâtiments furent éprouvés mais restèrent debout. Quelques siècles plus tôt, au XVIIe, la région subissait déjà un séisme d'une même ampleur qui détruisait une grande partie de la ville.
Aujourd'hui, certains sismologues arméniens craignent un séisme catastrophique qui ravagerait toute la ville et ferait plusieurs centaines de milliers de morts. Les inquiétudes sont surtout fondées sur le fait que la plupart des bâtiments erevanais sont soit fragilisés par le séisme de 1988, soit construits aux anciennes normes soviétiques qui sous-estimaient de beaucoup les risques réels.
Urbanisme
En tant que capitale de la république d'Arménie, Erevan est la plus grande ville du pays avec un peu plus d'un million d'habitants. C'est aussi la ville qui connaît le plus important développement du pays.
Elle est le principal centre industriel, commercial, culturel et scientifique de l'Arménie et le centre d'un réseau étendu de voies ferrées. Les industries de la ville - la plupart à l'abandon - produisant des métaux, outils, équipements électriques, produits chimiques, textiles et produits alimentaires constituent le principal de l'architecture du sud de la ville.
Le charme d'Erevan est accentué par l'irrégularité de son réseau routier. Les urbanistes ont dû se plier aux exigences de la nature et composer avec le relief. Effectivement, la ville est étagée entre 865 et 1 390 mètres d'altitude, et s'adosse aux gorges de la rivière Hrazdan.
Erevan est une ville faite de nombreux contrastes. La ville s'étend sur cinq collines, elle est composée de vastes terrains, de larges avenues, de jardins et parcs verdoyants et de constructions de tuf rose. La ville prend sa couleur rose non seulement par la couleur du tuf, mais aussi car lorsque le soleil se couche sur les sommets enneigés du mont Ararat à l'ouest de la ville, donnant à Erevan de jolies couleurs rosées.
Le centre de la ville héberge les universités, l'Académie des Sciences, les musées, les ministères, des bibliothèques publiques, des galeries d'art, des night-clubs, des salles de concerts... alors que les faubourgs sont principalement constitués d'immeubles de logement brejnevien.
Le Kentron (centre en arménien) se déploie principalement autour de la place de la République et de l'Opéra. Il est essentiellement composé de longues avenues ombragées aboutissant sur de grandes places bordées de constructions monumentales de type soviétique. L'originalité de ces constructions tient dans le tuf (pierre d'origine volcanique) rose et ocre qui recouvre les façades, ornées de motifs inspirés de l'architecture médiévale. Une des originalités de la ville tient aussi dans le nombre de fontaines situées au coeur d'espaces verts imbriqués dans la ville.
Depuis l'indépendance, Erevan se libère peu à peu des symboles du régime communiste. Les artères et les places aux noms trop marqués sont rebaptisées, les statues des héros de l'Union soviétique sont déboulonnées.
La ville est également en pleine mutation : des commerces et des restaurants fleurissent un peu partout et surtout, de grands travaux transforment actuellement profondément son centre. Le plus marquant de ces travaux est sans nul doute la percée d'une avenue pietonnière - l'Avenue du Nord - de près de 800 mètres de long reliant les deux points névralgiques de la capitale, l'Opéra et la place de la République.
Par ailleurs, l'augmentation constante du trafic automobile a obligé la municipalité à entreprendre des travaux de construction d'une route périphérique pour désengorger le centre-ville (voir plus bas le chapitre "réseau routier").
Malgré la crise des années 1990, la ville prend aujourd'hui de plus en plus un aspect de capitale à l'occidentale. L'Arménie a la réputation de bien accueillir ses invités et cela est d'autant plus vrai à Erevan, qui a tous les avantages d'une capitale, en plus d'une atmosphère conviviale.
Erevan est une ville très verte, parsemée de parcs et de fontaines. Le centre de la ville est encerclé par une "ceinture verte", un parc long de plusieurs kilomètres, dans lequel s'enchaînent des dizaines de terrasses de café, des terrains de tennis et de basket-ball, des statues et beaucoup de zones boisées. La ceinture verte commence, au sud, au niveau de la cathédrale Sourp Krikor Loussavoritch et se termine au nord par un grand café-restaurant en forme de bateau, le Poplavok, sur l'avenue Machtots, derrière l'Opéra. Autour de ce dernier, la place de la liberté est un parc où son étang et sa douzaine de terrasses de café et restaurant attirent beaucoup d'Erevanais et de touristes. Sa position centrale en fait un endroit incontournable de la ville.
Sur les premières hauteurs de la ville, le parc de la victoire, hébergeant le monument de Mère Arménie, offre un panorama exceptionnel sur Erevan, le mont Ararat et une partie de sa plaine. On y trouve aussi un petit parc d'attraction avec une grande roue, des auto-tamponneuses et autres manèges, un étang avec des barques et des cafés et un grand hôtel de luxe, le Golden Palace.
D'autres grands parcs embellissent le centre-ville et les quartiers en périphérie sont aussi souvent entourés de zones naturelles, parfois très vastes. En définitive, il ne reste dans la capitale que peu de cicatrices de la crise économique de 1992 et 1993, années durant lesquelles les Erevanais durent couper la plupart des arbres de la ville et des environs pour se chauffer en hiver.
La plupart des monuments d'Erevan ont vu le jour au début du XXe siècle, sous l'ère soviétique.
Il ne faut pas oublier qu'Erevan n'était jusqu'à la Première guerre mondiale qu'une petite ville de moins de 30 000 habitants et n'est devenue une grande métropole que dans les années 1960.
Petite ville ancienne, mais grande capitale récente, Erevan possède une voirie moderne, construite sur un plan géométrique. La plupart des avenues du grand centre-ville sont larges (parfois jusqu'à 2x4 voies) pour permettre un transit efficace des véhicules. Cette vingtaine d'avenues croise des rues plus petites, souvent arborées, déstinées à la circulation locale, et finit souvent sur une des dizaines de places que comptent la ville.
Parmi les artères remarquables, on peut noter la large avenue Machtots qui relie l'entrée sud de la ville et le Matenadaran ; la prestigieuse avenue du Maréchal Baghramian qui relie Barekamoutioun à la place de France, et héberge le palais présidentiel, le parlement, etc. ; la rue Sayat Nova qui est le prolongement de Baghramian après la place de France, et héberge hôtels, restaurants et boutiques ; la rue Abovian, sorte de Champs-Élysées arménien, qui finit au sud sur la plus fameuse place érévanaise, la place de la République ; l'Avenue du Nord, artère piétonne actuellement en construction, qui traversera le centre-ville en biais par rapport aux autres rues.
Par ailleurs, pour traverser les profondes gorges de la rivière Hrazdan, il n'y a que trois ponts principaux, le pont de Davtachen, le grand pont de Hrazdan et le pont de la Victoire. Au fond du canyon, pour traverser la rivière, il y a cinq autres ponts plus petits, dont le remarquable pont Rouge qui permettait jusqu'en 1945 d'entrer dans la ville par le sud.
Dans les années 1920, l'architecte Alexandre Tamanian fut chargé de dessiner les plans d'une capitale d'Etat. La plupart des bâtiments voient leur architecture découler de ces plans. Tamanian fut à Erevan ce que Haussmann fut à Paris.
Le monument le plus important symboliquement est le mémorial du Génocide arménien appelé Tsitsernakapert, du nom de la colline surplombant la ville sur lequel il se situe. Sa construction a débuté en 1966 et s'est achevée en 1968.
En centre-ville, la place de la République est la place centrale de la capitale et l'un des principaux lieux de festivités et de rencontre. La plupart des ministères y ont aussi élu domicile ainsi que la Galerie nationale d'Arménie, le principal musée du pays, riche d'une collection d'oeuvres de peintres arméniens et européens parmi lesquels Aivazovsky, Ivan Chichkine, Théodore Rousseau, Monticelli et Eugène Boudin.
Non loin de là, l'opéra d'Erevan est la principale salle de spectacle de la capitale arménienne. Il abrite d'une part la salle de concert Aram Khatchatourian et, d'autre part, le théâtre national d'opéra et de ballet Alexandre Spendiarian. Quelques années après sa construction, il fut remarqué en 1937 à l'exposition internationale de Paris et remporta la Grande Médaille d'or. Il est, avec la place de la République, le point névralgique des festivités érévanaises.
Les deux lieux seront reliés d'ici 2008 par la future Avenue du Nord, artère piétonne de 800 mètres de long.
Imaginée dans les années 1970 pour être une simple oeuvre ornementale, la cascade - située à la fin de la perspective République-Opéra-Cascade - a connu avec la chute de l'URSS une nouvelle jeunesse. La privatisation du monument a permis l'émergence de plusieurs projets, notamment sa restauration, la construction d'un musée d'art contemporain, la mise en place de projets immobiliers, etc. Par ailleurs, l'endroit sert parfois de salle de concert en extérieur comme ce fut le cas en juin 2006 avec la représentation du Armenian Navy Band.
Parmi les autres monuments de la ville, il est à noter l'influence soviétique de la gare centrale (la statue de Sassountsi David qui trône devant est remarquable), de l'ancien aéroport (à 20 km du centre), du Matenadaran, musée des manuscrits anciens, et de l'omniprésence de statues dans la ville. Comme la plupart des capitales des anciennes républiques soviétiques, Erevan possède son antenne de télévision. Avec ses 311,7 mètres de haut, elle l'un des monuments les plus hauts du monde. Par ailleurs, après la mort de Staline, la statue géante à son éfigie qui dominait la ville depuis le parc de la Victoire, fut démontée et remplacée en 1967 par la Mère Arménie, une représentation d'une femme tenant un glaive à la main et veillant au sentiment de paix sur la capitale.
Achevé en 2001, le plus grand lieu de culte chrétien de la capitale, la cathédrale Sourp Krikor Loussavoritch a été construite pour célebrer le 1700e anniversaire de l'adoption du christianisme comme religion d'état par l'Arménie en 301 ; elle est d'ailleurs parfois surnommée l'église de l'anniversaire. Occupant une superficie de 3 200 m², la cathédrale est en fait composée de 3 églises, une principale de 1 700 places (référence à l'anniversaire) et deux autres plus petites, d'une capacité de 300 places.
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