MarseilleHistoire de Marseille
À la suite du débarquement américain en Afrique du Nord, Marseille se retrouve occupée par l'armée allemande le 12 novembre 1942, comme le reste de la Zone sud. La ville souffrira grandement de l'occupation, et en particulier le quartier du Panier au nord du Vieux-Port, qualifié de quartier criminel par les nazis. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 1943, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées, et deux jours plus tard, le 24 janvier, le général SS Oberg, assisté du préfet René Bousquet ordonne aux habitants du quartier du Vieux-Port d'évacuer leur domicile dans les deux heures, avec 30 kg de bagages. 30000 personnes sont expulsées. Dans les deux semaines qui suivent, 1500 immeubles sont dynamités, laissant un champ de ruines jusqu'à la libération.
Marseille subit également plusieurs alertes aériennes. Le bombardement américain du 27 mai 1944 est particulièrement dévastateur et cause près de 2000 victimes.
Le 15 août 1944 a lieu le débarquement en Provence. A cette occasion l'occupant fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur détruit.
Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le lundi 21 août, ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Mais mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens du général de Monsabert qui pénètrent dans Marseille le mercredi 23. Les combats avec l'armée allemande se poursuivront plusieurs jours, jusqu'à la capitulation du général Schaeffer le 28 août. Le 29, le général de Lattre assiste au défilé de l'Armée d'Afrique sur la canebière.
Population
Marseille a toujours été le « carrefour du monde ». À la fin du XVIIIe siècle, la moitié de la population n'était pas d'origine marseillaise : parmi les principaux groupes d'étrangers se trouvaient les Italiens (Génois ou Piémontais pour la majorité) ainsi que des Espagnols, Grecs ou Levantins.
La cité phocéenne a accueilli plusieurs groupes nationaux durant le seul XXe siècle : Italiens pauvres et Grecs à partir de la fin du XIXe siècle, Russes émigrés en 1917, Arméniens en 1915 et 1923, Espagnols après 1936, Maghrébins depuis l'entre-deux-guerres, Africains après 1945, Pieds-Noirs après 1962.
Marseille est la première ville corse de France, la seconde ville arménienne et compte environ 200 000 musulmans (25% de la population), 80 000 israélites, 50 000 protestants et plus de 10 000 bouddhistes.
Pour commémorer les 2600 ans de la ville, toutes les composantes du cosmopolitisme local étaient réunies: 6.000 artistes de toutes les origines, affirmant leur fierté d'être Marseillais, proposèrent des spectacles aussi divers que des danses orientales, hip-hop, rap, chants provençaux, techno, percussions africaines, polyphonies corses ou variété française. Son succès fut rendu possible grâce à une forte mobilisation d'artistes, instituteurs, employés de mairie, tous bénévoles.
Les jeunes dans les quartiers, se rencontrent, vivent et agissent ensemble, se retrouvent une fois l'an à la Fiesta des suds (quatre concerts par soir, 25 000 m² de musique, de fête, deux salles de concerts). Ils sont « fiers d'être marseillais » et d'aimer l'OM malgré ses vicissitudes.
De nombreuses fêtes de quartiers ont lieu, principalement au début et à la fin de l'été, et permettent à tous de se rencontrer : Fête du Panier, de La Plaine, de la Belle de Mai...
Toutefois l'unanimité ne règne pas pour l'acceptation d'une Marseille " black, blanc, beur " : Le Front national a obtenu régulièrement à Marseille un nombre record de voix à toutes les élections précédant celles de 2007 où Nicolas Sarkozy a été élu par la majorité de la population votante.
Après une grave crise dans les années 1970 et 1980 (dûe en partie à la fermeture du canal de Suez) qui a vu la population passer de plus de 900 000 à moins de 800 000 habitants, l'État et les autorités marseillaises décidèrent dans les années 1990 et 2000 de relancer l'économie de la ville : le programme Euroméditerranée est un vaste programme visant à attirer les entreprises et s'accompagnant d'une importante réhabilitation urbaine dans les quartiers du centre ville jouxtant le port autonome.
Deuxième ville de France avec plus de 820 000 habitants, Marseille est aussi la 3e unité urbaine du pays (après Paris et Lyon) avec 1 350 000 habitants (1999), incluant Aix-en-Provence au nord, Martigues et Vitrolles à l'ouest et Aubagne à l'est.
Économie
Marseille et ses alentours représentent un vivier d'environ un millier d'entreprises dont 90% sont des TPE.
Marseille est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence et de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse. Elle gère l'aéroport de Marseille Provence à Marignane, qui est la 3e plateforme aérienne de France.
Un des principaux ports de pêche de la côte méditerranéenne française mais loin derrière Sète et Port-Vendres : Pour tout le quartier maritime de Marseille, on ne compte plus que 260 marins pour 125 navires pratiquant une pêche traditionnelle. Les apports annuels sont d'environ 1 000 tonnes.
Entre le XVIIe siècle et le XXe siècle, l'industrie florissante du savon de Marseille, des tuiles et de la céramique, des produits alimentaires, huiles ou pâtes, de la construction navale, a été une vitrine pour la ville. Tous les chemins de fer du midi de la France convergeaient aussi vers le port et docks de Marseille. Deux financiers ont beaucoup compté dans la deuxième moitié du XIXe siècle, en transformant et modernisant l'urbanisme de la ville et son tissu industriel : Paulin Talabot (1799-1886)et Jules Mirès (1809-1871). Jules Mirès a en outre conçu, sans les réaliser, les plans de rénovation urbaine du port de la Joliette repris aujourd'hui, et il a tracé les grandes avenues haussmanniennes de Marseille. Une rue porte son nom dans la cité phocéenne. En 1854 sa Société sidérurgique "de l'éclairage au Gaz, des fonderies et hauts fourneaux de Marseille" obtenait le monopole de l'éclairage de la ville et celle d'Arles. La fin des colonies, la crise de l'industrie française et le déplacement géographique des implantations (zones de la vallée de l'Huveaune, de Vitrolles et de l'Etang de Berre-Fos sur Mer) ont quasiment réduit à néant l'emploi industriel dans la ville.
La Délégation Provence et Corse, est le second pôle régional du CNRS après l'Île-de-France : par son budget de 140 M?, par ses effectifs : près de 1900 agents CNRS (dont 853 chercheurs) et 2000 personnels (dont plus de 1600 chercheurs) des universités d'Aix-Marseille et des autres organismes (INSERM, INRA...) participent activement à la recherche, par ses 110 structures opérationnelles de recherche et de service dont 90 unités de recherche.
La majorité des structures opérationnelles (94%) se trouve implantée à Marseille et Aix-en-Provence, et répartie sur 23 sites. L'aire Marseille-Aix regroupe, à elle seule, 95 % des agents CNRS de la Délégation : 77 % sur la zone marseillaise et 18% sur la zone aixoise.
Il s'agit de recherche de pointe au niveau mondial : 3 chercheurs marseillais ont participé à la découverte (qui reste à valider) de la « fabrication » de « sang universel » ; des scientifiques marseillais ont découvert de nouvelles exoplanètes.
Tous les principaux domaines de recherche sont représentés, avec toutefois une prédominance des sciences de la vie et des sciences de l'homme et de la société :
L'Assistance publique des hôpitaux de Marseille est spécialisée dans toutes les disciplines, et dispose d'un niveau technologique qui lui permet de prendre en charge les demandes médicales les plus pointues. Son attractivité dépasse les frontières régionales pour les cas qui nécessitent une haute technicité et des équipements sophistiqués.
Le domaines d'excellence sont : hôpital d'enfants (médecine néonatale), pathologies rares (grands brûlés, hématologie, neurochirurgie) ; transplantation d'organes (traumatologie, greffes osseuses...).
Les principaux établissements publics rattachés à l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille sont : l' hôpital Sainte-Marguerite et l'hôpital Salvator (9e arrondissement), l'hôpital de la Timone et l'hôpital de la Conception (5e arrondissement), l'hôpital Nord (15e arrondissement).
L'Hôpital d'instruction des armées (HIA) Laveran (13e arrondissement) participe au service public hospitalier
Les principaux établissements privés sont l'Institut Paoli Calmettes (Centre régional de lutte contre le cancer) (9e arrondissement), l'hôpital Paul Desbief (2e arrondissement), l'hôpital Saint-Joseph (8e arrondissement) et l'hôpital Ambroise Paré (6e arrondissement).
Il existe trois universités sur Marseille regroupant plus de 60 000 étudiants : l'Université de Provence - U1: Sciences exactes, lettres et sciences humaines, l'Université de la Méditerranée - U2 : Sciences exactes, santé, sport et économie et l'Université Paul Cézanne - U3 : Sciences exactes, droit, science politique, économie appliquée et gestion.
Celles-ci se partagent l'ensemble des enseignements scientifiques (sciences exactes), constituant l'un des plus important ensemble de recherche et d'enseignement scientifique en France. Un projet de fusion des 3 universités est en cours.
Les principaux campus sont situés à Luminy, Saint Charles, Saint Jérôme, Château Gombert, et pour les enseignements médicaux La Timone et l'Hôpital Nord . Ces universités ont aussi des établissements principalement sur Aix-en-Provence mais aussi dans toute l'académie. Les universités U1 et U3 ayant d'ailleurs leur siège à Aix-en-Provence. Le caractère bicéphale de ces universités est principalement hérité de leur histoire : les enseignements sur Marseille portaient de manière générale sur les sciences exactes, alors que sur Aix-en-Provence, ce sont les sciences humaines qui prédominaient.
Le lycée Thiers propose les classes préparatoires les plus réputées de la région, toutefois Marseille ne dispose pas de grandes écoles renommées, les seules ayant leur siège à Marseille étant : l'École centrale de Marseille, Ecole d'ingénieurs dont la première promotion est sortie en 2006, née de la fusion de divers Ecoles d'ingénieurs ; Euromed Marseille Ecole de Management, anciennement "École supérieure de commerce de Marseille" qui n'avait jamais acquis de renom particulier ; l'ESIL (École supérieure d'ingénieurs de Luminy), présente sur Marseille depuis 1993, qui forme des Ingénieurs spécialisés dans 6 domaines : informatique, biomédical, biotechnologie, matériaux, réseaux et multimédia (ancienne École de l'Internet, ouvert depuis 2005) ; Polytech'Marseille (Ecole Polytechnique Universitaire de Marseille) née du regroupement de 3 écoles d'ingénieurs en 2001 (IUSTI, IUSPIM, ICF) formant des Ingénieurs spécialisés dans 4 domaines : Mécanique-Energétique, Génie Industriel et Informatique, Microélectronique et Télécommunication, Génie Civil.
Parmi les sociétés de renommée on trouve : CMA-CGM (l'un des leaders mondiaux du transport maritime), le Groupe des Eaux de Marseille (quatrième groupe français dans le secteur de l'eau), le Groupe ONET (N°1 national du nettoyage), la Comex (explorations sous-marines), Eurocopter (premier fabricant d'hélicoptères au monde) filiale d'EADS, La Provence, La Marseillaise (quotidiens régionaux), l'Olympique de Marseille, la SNCM. (compagnie de navigation qui a en particulier assuré jusqu'à présent la continuité territoriale avec la Corse).
Le renouveau de la ville et la nouvelle image dont elle jouit, matérialisés par les travaux importants » notamment dans le cadre du projet Euroméditerranée, entre la gare Saint-Charles, la Belle de Mai et les anciens docks. La ville se veut le carrefour de la Méditerranée et de l'Europe » qui sont entrepris en son sein, et une forte médiatisation, attirent sans cesse de nouveaux touristes : le trafic de la gare Saint-Charles est passé de 7,1 millions de passagers annuels en 2000 à 15 millions en 2007 dû à l'effet TGV mettant Marseille à 3h de Paris, 1h20 de Lyon et 4h de Lille.
Marseille compte désormais 6 hôtels 4 étoiles ce qui est peu comparé aux 14 de Lyon mais un gros progrès par rapport à il y a une dizaine d'années, toutefois peu de congrès et de séminaires se tiennent à Marseille.
En l'espace de 10 ans, Marseille a multiplié par 30 le nombre de croisiéristes y faisant escale, avec des paquebots de plus en plus prestigieux, comme par exemple le Queen Mary II.
Marseille a même postulé pour l'organisation de la Coupe de l'America 2007 (l'épreuve la plus prestigieuse du monde opposant des voiliers tous les 4 ans), a été retenue dans les 5 finalistes et a organisé l'Acte 1 de la Coupe Louis Vuitton 2007.
Depuis la fin des années 1980, Marseille jouit d'une image positive, lieu de solidarité et de pacification interethnique. L'image de la ville passe peu à peu d'une Cité mal famée où prospère le "milieu" » le Chicago français » à une ville largement ouverte sur la mer bénéficiant d'un site unique, à la pointe de la mode et de l'art. La mise en service du TGV Méditerranée a favorisé cet engouement mettant la Canebière à 3 heures de Paris.
Marseille a inauguré en 1999 le Parc du XXVIe centenaire, au sud de la ville, pour exprimer son histoire et écrire son avenir. Néanmoins, derrière cet apparat, la ville souffre toujours d'un taux de chômage élevé qui, bien qu'en forte baisse (Celui-ci a chuté de 8 points de pourcentage entre 1995 (20%) et 2005 (12%), reste préoccupant.
Enfin, les prix de l'immobilier n'ont jamais été aussi élevés de toute l'histoire à Marseille (2 652 ? le m² en moyenne), qui se paie désormais le « luxe » d'être pratiquement aussi chère que Lyon (2 662 ? le m²) et presque aussi chère, du moins dans les 7e et 8e arrondissements que Nice (3636.2 ? le m²).
Marseille et la Mer
La circonscription du port autonome de Marseille s'étend sur 70 km de côtes, allant d'est en ouest du Vieux-Port à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Il traite annuellement 100 millions de tonnes de marchandises (dont 60% d'hydrocarbures), ce qui en fait le premier port français, de la Méditerranée et le troisième port en Europe, et 1,8 million de passagers, essentiellement vers la Corse et l'Afrique du Nord, ainsi que les croisières en Méditerranée. Toutefois à cause de conflits sociaux répétitifs la croissance du trafic containers depuis 1990 a été très faible comparativement à ses principaux concurrents méditerranéens Barcelone et Gênes.
Marseille, qui figure dans les 3 premiers complexes de plaisance d'Europe compte 4 ports de plaisance importants : le Vieux-Port : 3500 places à quai 6 mètres de tirant d'eau, la Pointe Rouge : 1800 places à quai tirant d'eau de 4 à 6 mètres, Le Frioul : 1500 places à quai dont 150 anneaux réservés aux plaisanciers de passage, l'Estaque: 1500 places dont 145 pour la plaisance.
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