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Billet d'avion pour Paris (France)
 

Paris

Histoire

Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. Refusant l'armistice signé le 26 janvier 1871 et suite aux élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le 18 mars 1871. C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, l'écrase entre les 22 et 28 mai lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connu Paris,.

Pendant la Belle Époque, l'expansion Ă©conomique de la capitale est importante. Deux expositions universelles en 1889 et 1900 laissent une large empreinte dans la capitale et contribue Ă  apaiser les tensions politiques telle que l'Affaire Dreyfus. La tour Eiffel est construite pour l'exposition de 1889 (centenaire de la RĂ©volution française). La première ligne du mĂ©tropolitain, le Grand Palais, le Petit Palais et le pont Alexandre-III sont inaugurĂ©s Ă  l'occasion de celle de 1900. L'industrie se dĂ©place progressivement en proche banlieue oĂą se trouve l'espace nĂ©cessaire : Renault Ă  Boulogne-Billancourt ou CitroĂ«n Ă  Suresnes. Cette migration est Ă  l'origine de la « banlieue rouge Â». NĂ©anmoins certains secteurs restent fortement implantĂ©s dans la ville intra-muros, en particulier la presse et l'imprimerie.

De la Belle Époque aux Années folles, Paris connaît l'apogée de son influence culturelle, notamment autour des quartiers de Montparnasse et de Montmartre et accueille de très nombreux artistes tels Picasso, Matisse, Braque ou Fernand Léger.

En 1910, une crue centennale de la Seine provoque l'une des plus graves inondations que la ville ait connue et fait pour trois milliards de francs de dégâts. Lors de la Première Guerre mondiale, Paris, épargnée par les combats, subit des bombardements et des tirs de canon allemand. Ces bombardements restent épisodiques et ne constituent que des opérations à caractère psychologique.

L'entre-deux-guerres se dĂ©roule sur fond de crise sociale et Ă©conomique. Les pouvoirs publics, pour rĂ©pondre Ă  la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crĂ©e les habitations Ă  bon marchĂ© ou HBM. De nombreux immeubles en briques sont Ă©rigĂ©s le long des boulevards extĂ©rieurs, Ă  l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. L'essentiel des immeubles parisiens sont dĂ©labrĂ©s et constituent des foyers de tuberculose, la densitĂ© urbaine culmine en 1931, Paris intra-muros compte 2 891 000 habitants, le maximum atteint par la ville. Parallèlement, des lotissements se dĂ©veloppent partout autour de la citĂ© et marquent le dĂ©but du dĂ©veloppement de la banlieue mais cette expansion se fait de façon anarchique et ces nouveaux quartiers Ă©difiĂ©s en plein champs souffrent d'un manque chronique d'amĂ©nagements et d'Ă©quipements publics.

Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques. Le 6 février 1934 se déroule la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire, qui dégénère en émeutes et fait dix-sept tués et mille-cinq-cents blessés, puis le 14 juillet 1935, un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq-cent-mille manifestants.

Pendant la Seconde guerre mondiale, Paris, dĂ©clarĂ©e ville ouverte dès la dĂ©bâcle de 1940, sera Ă©pargnĂ© dans l'immĂ©diat. Le gouvernement du marĂ©chal PĂ©tain Ă©tant installĂ© Ă  Vichy, Paris cesse d'ĂŞtre la capitale du pays et devient le siège du commandement militaire allemand en France (Militärbefelschaber in Frankreich). La pĂ©nurie et le rationnement deviennent le quotidien des habitants, provoquant le dĂ©veloppement du marchĂ© noir. Le 23 dĂ©cembre 1940, l'ingĂ©nieur Jacques Bonsergent est le premier rĂ©sistant fusillĂ© Ă  Paris. Les 16 et 17 juillet 1942, se dĂ©roule la rafle du Vel' d'Hiv', arrestation de 12 884 Juifs, la plus massive en France, pour l'essentiel des femmes et des enfants.

À partir du 19 août 1944, à l'approche des troupes alliées arrivant de Normandie, se produit un soulèvement armé sous l'impulsion de la Résistance intérieure. Le 25 août, après l'entrée dans Paris de la 2e division blindée du général Leclerc, le commandant de la garnison allemande, le général von Choltitz, capitule sans exécuter les ordres d'Hitler qui étaient de détruire la ville. Les ponts et les monuments de Paris sont ainsi relativement épargnés par les combats. La ville est l'une des seules communes de France à se voir décerner le titre de compagnon de la Libération.

En 1956, Paris se lie à Rome dans un jumelage exclusif, avec une forte valeur de symbole et de réconciliation après la Seconde Guerre mondiale,.

Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs événements politiques se déroulent dans la capitale. Le Massacre du 17 octobre 1961 frappe une manifestation pacifique en faveur de l'indépendance de l'Algérie et fait selon les estimations, entre 32 et 325 morts maghrébins sous les coups de la police française, alors dirigée par le préfet de police Maurice Papon.

Ă€ partir du 22 mars 1968, un important mouvement Ă©tudiant qui dĂ©marre Ă  l'universitĂ© de Nanterre entraĂ®ne dans le quartier latin des manifestations qui dĂ©gĂ©nèrent en Ă©meutes. Le mouvement se mue très vite en crise politique et sociale nationale. Le 13 mai, d'immenses manifestations rassemblent 800 000 personnes venues protester contre les violences policières. Après deux mois de troubles, les Parisiens votent fortement en faveur du gĂ©nĂ©ral de Gaulle lors des Ă©lections lĂ©gislatives des 22 et 29 juin et le calme revient.

Le successeur du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, Georges Pompidou s'intĂ©resse de près Ă  la capitale. Il laisse son nom au centre qui abrite le musĂ©e national d'Art moderne et la bibliothèque publique d'information et Ă  la voie express rive droite. Son successeur, le prĂ©sident Giscard d'Estaing ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prĂ©vu pour les Halles et interrompt partiellement le projet de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalitĂ© autonome Ă  la capitale. Jacques Chirac est alors Ă©lu maire de Paris. Sous le premier mandat du prĂ©sident Mitterrand, une rĂ©forme est adoptĂ©e par la loi de dĂ©centralisation du 31 dĂ©cembre 1982 : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un Conseil municipal propre et non plus dĂ©signĂ© par le maire de Paris.

En 1991, les quais de la Seine du pont Sully en amont au pont d'Iéna en aval sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO pour son urbanisme remarquable d'ensemble fluvio-urbain et ses monuments dont plusieurs constituent des chef-d'oeuvres au rayonnement mondial.

Devenu prĂ©sident de la RĂ©publique en mai 1995, Jacques Chirac est remplacĂ© Ă  la mairie par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marquĂ© par la mise au jour de nombreuses affaires politico-financières : emplois fictifs, corruption liĂ©e au financement du RPR et fraudes Ă©lectorales.

En 2001, le socialiste Bertrand Delanoë remporte les élections municipales. Il se démarque surtout de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la capitale au profit notamment des piétons et des transports en commun et de promouvoir la vie culturelle parisienne par de grandes manifestations comme Nuit Blanche ou Paris-Plage.

Paris et sa banlieue

Entre 1870 et 1940, la capitale de la France prend peu Ă  peu un nouveau visage : Paris laisse place au « Grand Paris Â». L'organisation administrative de Paris avait connu sous NapolĂ©on III une adaptation Ă  l'Ă©volution dĂ©mographique. Mais la ville est restĂ©e ensuite Ă  peu de choses près enfermĂ©e dans l'enceinte de Thiers, soit ses limites de 1860, sans connaĂ®tre de nouvelle Ă©volution administrative afin d'accompagner la croissance des communes pĂ©riphĂ©riques. En effet, le vieux Paris, surpeuplĂ© et incapable de loger en totalitĂ© l'importante immigration provinciale, celles-ci absorbent alors le trop plein de l'expansion dĂ©mographie liĂ©e Ă  l'exode rural et Ă  la croissance Ă©conomique de la ville. ApparaĂ®t alors la notion contemporaine de la « banlieue Â». DĂ©sormais, on parle moins de Paris que de la rĂ©gion parisienne, alors qu'apparaissent de nouveaux problèmes jusqu'alors largement nĂ©gligĂ©s, comme celui des transports. En 1961, Ă  la demande du GĂ©nĂ©ral de Gaulle, Paul Delouvrier planifie enfin l'Ă©volution urbaine et Ă©labore la construction de cinq villes nouvelles et du rĂ©seau de RER. Mais cette Ă©volution majeure ne s'accompagne pas de la crĂ©ation d'une autoritĂ© unique, voyant au contraire deux dĂ©partements de la rĂ©gion parisienne (la Seine et la Seine-et-Oise) laisser place Ă  sept dĂ©partements qui, s'ils sont plus proches des habitants, divisent Ă©galement les ressources fiscales et les compĂ©tences politiques. Tandis que la population de la ville de Paris stagne, celle de la banlieue s'accroĂ®t sans discontinuer depuis la fin du XIXe siècle jusqu'Ă  totaliser au XXIe siècle près de 80% de la population du grand Paris.

La gĂ©ographie sociale de l'agglomĂ©ration parisienne a suivi les grandes tendances de la ville dans ses limites intra-muros dessinĂ©es durant le XIXe siècle : les classes aisĂ©es se retrouvent Ă  l'ouest et au sud-ouest de l'agglomĂ©ration et les plus populaires au nord-est. Les autres secteurs connaissant une population de classe moyenne, avec cependant des variations liĂ©es Ă  la gĂ©ographie et Ă  l'histoire des communes. Le chĂ´mage et l'augmentation de la pauvretĂ© qui ont suivi les trente glorieuses ont contribuĂ© Ă  accentuer la dichotomie sociale entre les secteurs et Ă  renforcer la ghettoĂŻsation.

L'édification des grands ensembles construits durant les années 1960 et 1970 afin de loger rapidement et à bas coût une population en rapide expansion sont devenus un symbole de cette ghettoïsation. Une certaine mixité sociale y existe à l'origine, mais l'accession à la propriété ouverte aux classes moyennes à partir des années 1970, la piètre qualité de construction et la mauvaise insertion dans le tissu urbain de ces grands ensembles ont contribué à les faire déserter par ceux qui le pouvaient et à n'y laisser qu'une population essentiellement constituée d'ouvriers et d'employés, la proportion d'immigrés pauvres y est très forte.

L'intensification de la crise économique entraîne un processus accéléré de paupérisation qui développe la délinquance et l'insécurité, ce qui aggrave encore le phénomène de marginalisation de ces quartiers et des villes concernées. Au nord de Paris intra-muros, on trouve des quartiers sensibles, comme par exemple dans les 18e et 19e arrondissement. En banlieue, ces quartiers sont essentiellement concentrés dans la banlieue nord, dans une grande partie du département de la Seine-Saint-Denis et dans une moindre mesure à l'est du Val-d'Oise. D'autres, plus épars, se trouvent par exemple dans la vallée de la Seine, en amont à Évry et Corbeil-Essonnes dans le département de l'Essonne, aux Mureaux et Mantes-la-Jolie dans le département des Yvelines ou encore dans les villes nouvelles. La sectorisation sociale n'est cependant pas une spécificité parisienne, elle se rencontre dans toutes les grandes agglomérations de France et du monde occidental car liée à l'évolution générale, économique et sociale.

L'automne 2005 est marqué par d'importantes émeutes urbaines en banlieue qui commencent à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis le 27 octobre 2005 par la mort de deux jeunes poursuivis par la police, avant de se répandre dans un grand nombre de banlieues pauvres à travers la France. Les violences urbaines concernent peu les centre-ville dont la ville de Paris intra-muros. Cet épisode relayé par les médias de nombreux pays montre alors l'état de ghettoïsation ethnique et social de nombreux quartiers et l'incapacité du pouvoir politique à faire face à l'échec de l'intégration d'une importante population immigrée.

L'absence d'une organisation administrative gĂ©rant le « grand Paris Â», butant sur des considĂ©rations historiques et politiques, est un des problèmes majeurs de l'agglomĂ©ration parisienne en ce dĂ©but de XXIe siècle.

Les limites communales actuelles résultent de vieilles traditions historiques anachroniques ou topographiquement disparues, fondues dans l'agglomération, les communes s'interpénétrent les unes aux autres. Les populations ont pourtant les mêmes besoins administratifs et préoccupations économiques et sociales. Cependant chaque commune étant administrativement et fiscalement indépendante, l'organisation des besoins collectifs (transports, logement, etc) qui dépassent de loin le cadre communal voire départemental n'a de fait aucune autorité organisatrice à l'échelle de l'agglomération, la région Île-de-France dépassant largement ce cadre (près de 80% de l'espace régional reste rural).

La fiscalité locale est de même très concentrée dans certaines communes riches en entreprises et/ou populations aisées (cas typique de Neuilly-sur-Seine par exemple qui concentre les rentrées fiscales d'une population parmi les plus aisées de France et de nombreuses entreprises, tout en ne possédant que 2,8% de logements sociaux), alors que les charges qu'entraîne l'afflux sur un territoire de populations de conditions modestes sont supportées par des communes qui n'ont pas toujours la possibilité de trouver dans leurs limites administratives les ressources nécessaires pour les compenser (Clichy-sous-Bois est ainsi une des villes les plus pauvres de France, elle cumule une population pauvre et des ressources fiscales très limitées, vivant essentiellement de dotations de l'État).

Cette problĂ©matique globale est Ă  l'origine de la confĂ©rence mĂ©tropolitaine de l'agglomĂ©ration parisienne qui s'est rĂ©unie pour la première fois en mairie de Vanves le 7 juillet 2006. Le prĂ©sident de la RĂ©publique Nicolas Sarkozy s'est Ă©galement saisi du problème dans son discours du 26 juin 2007, critiquant le projet de SDRIF, se disant repenser « l'organisation des pouvoirs Â» et crĂ©er une communautĂ© urbaine, imposant de fait la vision d'une reprise en main par l'État,, ce qui n'a pas manquĂ© de provoquer de nombreuses rĂ©actions parmi les Ă©lus locaux de l'agglomĂ©ration.

Démographie

Selon l'Insee, la population de la ville de Paris est de 2 142 800 habitants au 1er janvier 2004 (cinquième ville de l'Union europĂ©enne) pour une superficie de 10 540 hectares soit une densitĂ© de 20 408 habitants par km², l'une des plus fortes d'Europe. En 1999, l'agglomĂ©ration dĂ©finie par l'Insee comprend 396 communes et totalise 9 644 507 habitants. Toujours en 1999, son aire urbaine, incluant des communes situĂ©es dans une zone d'influence forte de la capitale, atteint 11 174 743 habitants ce qui en fait la 23e aire urbaine du monde.

Sociologie de Paris

La hausse continue des prix de l'immobilier provoque le remplacement progressif des populations modestes ou intermĂ©diaires par une nouvelle classe plus aisĂ©e. On constate ce processus dans de nombreuses autres mĂ©gapoles comme Londres ou New-York : on le nomme Gentrification. Ă€ Paris, cette Ă©volution a vulgarisĂ© le terme de bobos, pour bourgeois-bohème, caractĂ©risant cette classe plus favorisĂ©e ayant progressivement remplacĂ© les populations ouvrières du centre avant de provoquer une mutation sociale de quartier encore rĂ©cemment considĂ©rĂ©s comme populaires, tels le 10e arrondissement ou certaines communes de proche-banlieue comme Montreuil en Seine-Saint-Denis. Paris est la 12e ville de France de plus de 20 000 habitants pour la proportion d'assujettis Ă  l'impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF), soit 34,5 foyers fiscaux pour 1 000 habitants. 73 362 foyers fiscaux dĂ©claraient un patrimoine moyen de 1 961 667 euros en 2006. Le 16e arrondissement arrive en tĂŞte pour le nombre de redevables avec 17 356 contribuables,. Avec 27 400 euros de revenu moyen par unitĂ© de consommation en 2001, les mĂ©nages parisiens sont les plus aisĂ©s de France. Les quatre autres dĂ©partement en tĂŞte du palmarès sont tous franciliens : Hauts-de-Seine, Yvelines, Essonne et Val-de-Marne, ce qui reflète la concentration de professions très qualifiĂ©es Ă  haut revenu dans la rĂ©gion ĂŽle de France.

Mais si la ville connaĂ®t une proportion de classes sociales Ă©levĂ©es plus importante qu'ailleurs, ce qui lui donne l'image d'une « ville de riches Â», la sociologie du Paris intra-muros reste en rĂ©alitĂ© très contrastĂ©e. Les diffĂ©rences de classes sociales sont traditionnellement marquĂ©es entre les habitants de l'Ouest de Paris et ceux de l'Est. C'est Ă  l'Ouest essentiellement que l'on trouve les classes aisĂ©es. Ainsi, le revenu mĂ©dian dĂ©clarĂ© dans le 7e arrondissement, le plus Ă©levĂ©, Ă©tait de 31 521 euros par unitĂ© de consommation en 2001, soit plus du double de celui du 19e arrondissement qui n'Ă©tait de 13 759 euros, valeur proche Ă  la mĂ©diane des revenus de la Seine-Saint-Denis de 13 155 euros. Les 6e, 7e, 8e et 16e arrondissements sont classĂ©s parmi les dix communes franciliennes au revenu mĂ©dian le plus Ă©levĂ© alors que les 10e, 18e, 19e et 20e arrondissements sont parmi les communes les plus pauvres d'ĂŽle-de-France.

NĂ©anmoins, la pauvretĂ© Ă  Paris reste très prĂ©sente : 12 % des familles parisiennes soit 210 000 personnes vivent sous le seuil de pauvretĂ© fixĂ© par l'INSEE Ă  670 euros par mois. Ce taux est très lĂ©gèrement supĂ©rieur Ă  la moyenne rĂ©gionale de 11,3 % mais nĂ©anmoins infĂ©rieur Ă  la moyenne Française de 13,7% en 2001.

La sociologie de certains arrondissements de l'Est de Paris (comme le 19e arrondissement) ressemble Ă  celle de certains quartiers sensibles de banlieue qui ne constituent que le prolongement extra-muros de la cartographie sociale de la ville : le 16e arrondissement se prolonge par des communes de banlieue aisĂ©es, alors que le Nord-Est de la ville se prolonge par les communes de la Seine-Saint-Denis, rĂ©putĂ©es pauvres. Les 18e, 19e et 20e arrondissements concentrent 40 % des pauvres Ă  Paris, certains quartiers cumulent toutes les difficultĂ©s sociales, Ă©chec scolaire, chĂ´mage Ă©levĂ© ou encore santĂ© des habitants dĂ©ficiente. 32,6 % des familles d'origine Ă©trangères hors Union europĂ©enne de la ville vivent sous le seuil de pauvretĂ© ; ce n'est le cas que pour 9,7 % des Français de souche.

Certains quartiers se caractĂ©risent par des regroupements communautaires : le quartier du Marais a la particularitĂ© de regrouper une importante communautĂ© homosexuelle Ă  proximitĂ© de la communautĂ© juive ashkĂ©naze dont l'implantation autour de la rue des Rosiers remonte au XIIIe siècle. Le XIIIe arrondissement concentre quant Ă  lui la plus importante communautĂ© asiatique d'Europe dans le quartier des Olympiades.

Il faut noter aussi que la sociologie d'un quartier peut varier au cours de la journĂ©e : par exemple le quartier de la place de la Bastille devient le soir un lieu de sortie pour beaucoup de jeunes (prĂ©sence de nombreux bars et lieux de vie nocturne) tandis que la journĂ©e, il jouit d'une relative tranquillitĂ©.

Paris rassemble comme toutes les mĂ©tropoles une concentration plus importante d'Ă©tudiants, jeunes adultes actifs et de personnes âgĂ©es que la moyenne du pays ; les familles sont par consĂ©quent sous-reprĂ©sentĂ©es. En 1999, 22 % des mĂ©nages parisiens sont constituĂ©s d'une famille avec au moins un enfant de moins de 25 ans ce qui reprĂ©sente 865 000 personnes vivant en famille soit 40,7 % de la population, devant les personnes seules (27 %) et les couples (19 %). 47 % des personnes sont cĂ©libataires, contre 35 % en moyenne en France, et seuls 37 % des parisiens sont mariĂ©s, contre plus de 50 % des Français. Les familles parisiennes se caractĂ©risent par la sur-reprĂ©sentation de familles monoparentales (26 % en 1999 contre 17 % en France), consĂ©cutives au plus fort taux de divorce qui reprĂ©sentent 55 divorces pour 100 mariages et 7,7 % des Parisiens. La proportion de jeunes adultes explique un taux de natalitĂ© Ă©levĂ© de 14,8 naissances pour 1 000 habitants contre 13,2 au niveau national. Ă€ l'inverse, le taux de fĂ©conditĂ© de 1,75 enfants par famille est infĂ©rieur Ă  la moyenne rĂ©gionale (1,87) et nationale (1,86). Le nombre d'enfants par foyer est faible : 50 % des mĂ©nages n'ont qu'un enfant et la part des familles nombreuses est largement infĂ©rieure Ă  la moyenne rĂ©gionale et nationale (17 % de familles de trois enfants et plus), essentiellement Ă  cause de la petite surface des logements et du niveau Ă©levĂ© de l'immobilier.

Près de la moitiĂ© des appartements de Paris (47,1 % en 1999) ne possèdent qu'une ou deux pièces ce qui explique en partie que Paris se caractĂ©rise par une forte proportion de personnes cĂ©libataires ou de couples sans enfants. En raison de la taille rĂ©duite des appartements et des coĂ»ts Ă©levĂ©s de l'immobilier qui rendent difficile l'acquisition de surfaces plus importantes, beaucoup de familles partent vivre en banlieue. Ce choix peut Ă©galement s'expliquer par le fait que Paris, malgrĂ© la beautĂ© de certains quartiers, est une ville assez difficile Ă  vivre : surpopulation, pollution, insĂ©curitĂ©, coĂ»t de la vie, etc. Ă€ noter qu'en 1999, 55,4 % des logements avaient Ă©tĂ© construits antĂ©rieurement Ă  1949 contre seulement 3,8 % Ă©difiĂ©s depuis 1990 ce qui marque l'anciennetĂ© du bâti, et 10,3 % des logements parisiens Ă©taient dĂ©clarĂ©s vacants, soit 136 554 sur les 1 322 540 logements de la ville.

Le logement social reprĂ©sente un peu plus de 17 % du parc immobilier de la ville mais ce taux moyen cache de fortes disparitĂ©s dans sa rĂ©partition spatiale : les dix premiers arrondissements du centre historique ne totalisent que 6 % des logements sociaux de la ville, pour 23 % du parc total. Les 13e, 19e et 20e arrondissement en comptaient 96 000 en 1999, soit 47 % du parc social parisien concentrĂ© dans seulement trois arrondissements. Si on ajoute les 12e, 14e, 15e et 18e arrondissements, on atteint un taux de 81 % concentrĂ© dans un croissant pĂ©riphĂ©rique du sud au nord-est de la capitale. La proportion de logements sociaux comptabilisĂ©s selon la loi SRU en 2006 varie de 1,2 % dans le 7e arrondissement (357) Ă  34,1 % dans le 19e arrondissement (28 147). Entre 2001 et 2006, 23 851 logements ont Ă©tĂ© agréés dans la capitale mais 88 131 Parisiens Ă©taient demandeurs d'un logement social en 2006 ainsi que 21 266 non-Parisiens et la rotation des locataires est faible en raison du niveau Ă©levĂ© des prix de l'immobilier. Ce taux est de 10 % par an en France, 7,5 % en ĂŽle-de-France mais de seulement 5 % Ă  Paris intra-muros[100].

D'après le classement du groupe immobilier Knight Frank et de la Citi Private Bank, Paris est la neuvième ville la plus chère du monde en ce qui concerne les prix de l'immobilier de luxe : 12 600 euros par mètre carrĂ© en 2007 (contre 36 800 pour Londres, la plus chère)[101],[102].

Les recensements français, comme l'impose la lĂ©gislation, ne posent aucune question concernant l'appartenance ethnique ou religieuse mais recueillent des informations au sujet du pays natal. Il est ainsi possible de dĂ©terminer que la zone mĂ©tropolitaine de Paris est une des plus multiculturelle en Europe : au recensement de 1999, 19.4% de sa population totale Ă©taient nĂ©e Ă  l'extĂ©rieur de la France mĂ©tropolitaine[103]. Selon ce mĂŞme recensement, 4.2% de la population de la zone mĂ©tropolitaine de Paris Ă©taient des immigrĂ©s rĂ©cents (c'est-Ă -dire les gens qui ont Ă©migrĂ© en France entre les recensements de 1990 et 1999), dans leur majoritĂ© de Chine et du continent Africain[104]. Par ailleurs, la zone mĂ©tropolitaine de Paris compte Ă©galement 15% de musulmans[105],[106].

La première vague de migration internationale vers Paris commence dès 1820 avec l'arrivĂ©e des paysans allemands fuyant la crise agricole. Plusieurs vagues d'immigration ont ensuite suivi sans interruption jusqu'Ă  nos jours : Italiens et Juifs d'Europe centrale pendant le XIXe siècle, Russes après la rĂ©volution de 1917, habitants des colonies pendant la Première Guerre mondiale, Polonais entre les deux guerres mondiales, Espagnols, Portugais et Africains du Nord des annĂ©es 1950 aux annĂ©es 1970, Juifs sĂ©farades après l'indĂ©pendance des pays d'Afrique du Nord, Africains et Asiatiques depuis lors[107].

La localisation des immigrĂ©s dans la capitale varie en fonction de l'appartenance communautaire : les 18e et 19e arrondissements concentrent une forte part des immigrĂ©s originaire d'Afrique sub-saharienne, en particulier dans le quartier de Château rouge, tandis que Belleville rassemble d'importantes communautĂ©s maghrĂ©bines et chinoises. Dans le 13e arrondissement se situe le quartier asiatique de Paris, plus important « chinatown Â» d'Europe[108].

Organisation administrative

Depuis la loi du 10 juillet 1964[109] sur la rĂ©organisation de la rĂ©gion parisienne entrĂ©e complètement en vigueur le 1er janvier 1968, la ville de Paris est Ă  la fois un dĂ©partement et une commune. Auparavant et depuis 1790, Paris Ă©tait le chef-lieu du dĂ©partement de la Seine.

Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité à fiscalité propre entre Paris et sa banlieue[110]. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales.

Le département de la Ville de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux créés lors de sa dernière extension territoriale en 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant depuis le 11 octobre 1795 et en 21 circonscriptions électorales.

Le statut de la ville a changĂ© plusieurs fois. Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel : la Commune de Paris avec une assemblĂ©e dĂ©mocratiquement Ă©lue. La Troisième RĂ©publique fut dirigĂ©e par des conservateurs effrayĂ©s par l'Ă©pisode de gestion dĂ©mocratique de la Commune. Ceux-ci Ă©dictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exĂ©cutif au prĂ©fet de Paris et les pouvoirs de police au prĂ©fet de police. Le conseil de Paris, Ă©lu lors des Ă©lections municipales, dĂ©signait chaque annĂ©e un prĂ©sident dont le rĂ´le est principalement reprĂ©sentatif. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait ĂŞtre approuvĂ© par l'État.

La loi du 31 décembre 1975 entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977, instaure un Conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent le Maire de Paris.

Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parts égales par les électeurs, le Maire de Paris et le Conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conserve les pouvoirs de police. Enfin la loi du 31 décembre 1982 (dite loi PLM) entre en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983. Elle a porté à 163 le nombre de conseillers de Paris et étend ses pouvoirs, principalement en matière budgétaire.

Les pouvoirs de police administrative sont partagés entre le maire de Paris et le préfet de police qui se prêtent réciproquement leurs moyens d'action à cet effet. Ce dernier peut siéger au Conseil de Paris et doit lui soumettre chaque année son budget et son compte (bien que ce budget reste d'État). Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police.

Trois maires de Paris se sont succĂ©dĂ© depuis 1977 : Jacques Chirac de 1977 Ă  1995, réélu en 1983 et en 1989, Jean Tiberi de 1995 Ă  2001 et Bertrand DelanoĂ« depuis 2001.

Pour les maires plus anciens, voir la liste des maires de Paris.

Au budget primitif 2004, la masse budgétaire consolidée (Ville et Département) s'élevait à 6,015 milliards d'euros dont 4,567 milliards d'euros consacrés au fonctionnement et 1,448 à l'investissement. La part du budget départemental représente moins d'un quart du budget municipal (1,1 milliards d'euros contre 5,4).

Le Conseil de Paris a reconduit en 2004 les taux d'imposition au mĂŞme niveau qu'en 2001 et 2002, soit 8,8% pour la taxe d'habitation, 7,11% pour la taxe sur le foncier bâti, 13,5 % pour la taxe sur le foncier non bâti et 12,35% pour la taxe professionnelle[111]. Ă€ noter que la fiscalitĂ© reprĂ©sente 53,2% des recettes de la Ville[112].

Le tribunal de grande instance de Paris est situé dans le Palais de Justice, dans l'île de la Cité. Certains de ses services occupent d'autres sites de la capitale. C'est la juridiction qui traite le plus grand nombre d'affaires en France. Dans chaque arrondissement se trouve un tribunal d'instance. La ville compte par ailleurs trois maisons de la justice et du droit, dans les 10e, 14e et 17e arrondissements, créées afin de faciliter l'accès au droit[113].

Le tribunal de commerce de Paris se situe quant à lui quai de Corse, également dans l'île de la Cité. Le tribunal de police de Paris se situe rue Ferrus dans le 14e arrondissement et le conseil de prud'hommes de Paris se situe rue Louis-Blanc dans le 10e arrondissement.

Outre les tribunaux de la ville, les tribunaux de plusieurs dĂ©partements relèvent de la Cour d'appel de Paris : la Seine-et-Marne, l'Essonne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Yonne. Le ressort de cette cour concerne 12,6% de la population Française soit 7 605 603 personnes en 2004[114]. Les autres dĂ©partement d'ĂŽle-de-France ainsi que l'Eure-et-Loir relèvent quant Ă  eux de la cour d'appel de Versailles[115].

Dans l'ordre administratif, Paris constitue le ressort du tribunal administratif de Paris. Les appels sont portĂ©s devant la Cour administrative d'appel de Paris, laquelle connaĂ®t aussi les appel des tribunaux administratifs de Mata-Utu, Melun, de la Nouvelle-CalĂ©donie et de la PolynĂ©sie française. Ă€ Paris siègent Ă©galement les juridictions suprĂŞmes française : Conseil constitutionnel, Cour de cassation et Conseil d'État.

La rĂ©gion ĂŽle-de-France totalise Ă  elle seule plus du quart des crimes et dĂ©lits commis en France mĂ©tropolitaine. Au sein de la rĂ©gion, la grande Couronne, la petite Couronne et Paris intra muros comptabilisent chacune environ un tiers du total des faits constatĂ©s. La typologie de la criminalitĂ© parisienne reste largement dominĂ©e par les vols qui reprĂ©sentent les deux-tiers des crimes et dĂ©lits. En 2006, 255 238 faits ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s soit un taux de criminalitĂ© de 118,58 actes pour 1 000 habitants (crimes et dĂ©lits) ce qui reprĂ©sente près du double de la moyenne nationale (61,03 Â»Â°) mais se situe dans la moyenne des grandes villes de France (Lyon : 109,22, Lille : 118,93, Nice : 119,52, Marseille : 120,62). La part des femmes mises en cause est infĂ©rieure Ă  15 % (lĂ©gèrement sous la moyenne nationale) et la part des mineurs est de 11,02 % soit sept points de moins que la moyenne française de 18,33 %. Ă€ l'inverse, la part des Ă©trangers (rĂ©sidents en France titulaires d'une carte de sĂ©jour) est supĂ©rieure Ă  la moyenne française de 20,73 %[116],[117].

Ă€ Paris, certaines prisons sont restĂ©es cĂ©lèbres : le Grand Châtelet sur la rive droite abritait la prison du roi, son annexe, le Petit Châtelet, au dĂ©bouchĂ© du Petit-Pont sur la rive gauche servit de lieu d'incarcĂ©ration Ă  partir du XIVe siècle et fut dĂ©moli en 1782. Trois prisons sont devenues des symboles historiques : la Conciergerie, la Bastille et le donjon de Vincennes. Le Palais de justice possĂ©dait sa propre prison, la Conciergerie, qui après avoir accueilli parmi d'autres les Girondins et Marie-Antoinette pendant la RĂ©volution française, continua Ă  servir de prison temporaire jusqu'en 1914. La Bastille Ă©difiĂ©e Ă  partir de 1370, devint exclusivement une prison d'État sous Richelieu, contrairement Ă  l'idĂ©e gĂ©nĂ©rale, elle constituait une prison de « luxe Â» pour un nombre de prisonniers n'excĂ©dant jamais la quarantaine. Le donjon de Vincennes servit Ă©galement de prison d'État jusqu'en 1784 ; il constituait plus une rĂ©sidence surveillĂ©e qu'un vĂ©ritable lieu d'incarcĂ©ration. Il continua Ă  servir occasionnellement de prison jusque sous le Second Empire. Il ne subsiste qu'une seule prison Ă  Paris, la prison de la SantĂ©, ouverte en 1867. Les principales prisons d'ĂŽle-de-France se situent maintenant hors les murs, Ă  Fresnes et Fleury-MĂ©rogis, auxquelles il faut ajouter la maison centrale de Poissy[118].

Économie

Paris, comme le reste de l'Île-de-France mais de façon plus marquée encore, est plus riche et plus tertiarisé que la moyenne française. L'agglomération parisienne est toutefois nettement moins spécialisée économiquement que d'autres grand centres économiques mondiaux, notamment que Londres, sa grande rivale en Europe, qui est particulièrement dynamique dans le secteur financier.

Paris intra-muros reste de loin le dĂ©partement qui regroupe le plus d'emplois dans la rĂ©gion avec près d'1 650 600 en 2004, soit 31 % des emplois privĂ©s de la rĂ©gion, devant les Hauts-de-Seine avec 848 200 emplois (16 %)[119].

Les salaires parisiens sont très lĂ©gèrement supĂ©rieurs Ă  ceux de la rĂ©gion (19 euros de l'heure en moyenne annuelle au lieu de 18,2 euros, chiffres de 2002) et largement supĂ©rieurs Ă  la moyenne des salaires en France (13,1 euros). NĂ©anmoins, cet Ă©cart s'explique essentiellement par la forte sur-reprĂ©sentation de cadres qui constituent 25 % des salariĂ©s. La ville se caractĂ©rise surtout par sa forte inĂ©galitĂ© salariale : les 10 % des salariĂ©s les mieux payĂ©s touchent quatre fois plus que les 10 % les moins payĂ©s, ce qui dĂ©passe un peu la moyenne rĂ©gionale (3,7), mais est largement supĂ©rieur Ă  l'Ă©cart constatĂ© en province (2,6). De mĂŞme, les inĂ©galitĂ©s gĂ©ographiques se constatent Ă©galement au sein mĂŞme de la ville : le salaire horaire moyen offert dans le 8e arrondissement (24,2 euros) est supĂ©rieur de 82 % Ă  celui du 20e arrondissement (13,3 euros). En revanche, les Ă©carts salariaux homme-femme Ă  niveau Ă©gal ne sont que de 6 % Ă  Paris contre 10 % en province[120].

La ville de Paris connaît une tertiarisation croissante de son économie avec une part croissante des sociétés de services, néanmoins, l'artisanat et l'industrie représentent toujours une part non négligeable des emplois. Le commerce maintient son attractivité malgré le développement des grandes surfaces commerciales, néanmoins sous-représentées en Île-de-France en proportion du nombre d'habitants.

Le secteur de l'industrie comptait près de 25 000 Ă©tablissements en 2003 et employait 110 000 salariĂ©s en l'an 2000. L'imprimerie-presse-Ă©dition reprĂ©sentait l'essentiel de l'activitĂ© avec 40 % des emplois industriels parisiens, et celui de l'habillement et du cuir 23 %. Le secteur de l'artisanat totalisait 36 237 entreprises, soit 28% des entreprises artisanales de la rĂ©gion, et rassemblait 123 000 salariĂ©s en 2003. Ces entreprises sont pour l'essentiel concentrĂ©es dans le Nord et l'Est de la ville. En effet, depuis les annĂ©es 1980, la municipalitĂ© Ă  organisĂ© la production artisanale et industrielle par la crĂ©ation d'hĂ´tels d'activitĂ©s, en particulier dans les quartiers extĂ©rieurs de l'Est de la capitale. Les services rassemblent 35 % des effectifs salariĂ©s des entreprises artisanales suivis par la fabrication avec 28,9 %, celui du bâtiment avec 22,4 % et enfin de l'alimentation avec 13,7%.

Le commerce parisien reste particulièrement attractif bien au-delĂ  des limites de la ville avec près de 80 000 locaux et 30 000 commerces de dĂ©tail et se caractĂ©rise par son extrĂŞme diversitĂ© et sa rĂ©partition spatiale relativement Ă©quilibrĂ©e. NĂ©anmoins, l'attractivitĂ© des grandes surfaces en pĂ©riphĂ©rie ou l'augmentation des baux ont entraĂ®nĂ© d'importantes mutations Ă  la fin du XXe siècle. La monoactivitĂ© commerciale a progressivement remplacĂ© les petits commerces de bouche par une forte concentration de boutiques d'informatique (rue Montgallet et rue de Charenton en particulier dans le 12e arrondissement) ou de commerce de gros du textile (quartier du Sentier et une partie du 11e arrondissement). L'arrivĂ©e massive de chaĂ®nes internationales de magasins, de vĂŞtements pour l'essentiel (Celio, Zara, etc), a encore accru le phĂ©nomène au point de faire craindre aux Parisiens la disparition rapide du petit commerce de proximitĂ©, commerce de bouche ou librairies de quartier en particulier, phĂ©nomène qui s'est produit dans de nombreux quartiers de Londres par exemple. La municipalitĂ© a finalement jouĂ© de son droit de prĂ©emption afin de lutter contre ce phĂ©nomène et le plan local d'urbanisme tente de limiter l'impact de cette Ă©volution dans l'avenir en interdisant par exemple le changement d'affectation d'un local commercial revendu[121].

Le secteur des services aux entreprises est le plus important. Au 31 dĂ©cembre 2001, près de 122 300 entreprises employaient au moins un salariĂ©. En effet, une des caractĂ©ristiques de l'Ă©conomie parisienne tient Ă  la forte prĂ©sence aux cĂ´tĂ©s des grands sièges sociaux de petites entreprises de un Ă  dix salariĂ©s qui rassemblent plus d'un quart des emplois. Ce secteur regroupe le secteur du conseil et de l'assistance, les services opĂ©rationnels, les postes et tĂ©lĂ©communications et le secteur de la recherche et du dĂ©veloppement. Un tiers des Ă©tablissements parisien est classĂ© dans ce secteur d'activitĂ©[122].

Un large espace que la Chambre de commerce et d'industrie de Paris appelle pĂ´le « Paris-La DĂ©fense Â» domine le monde des affaires francilien. Il regroupe la partie Ouest de la rive droite parisienne et une dizaine de communes des Hauts-de-Seine[123]. On trouve dans cette zone la plupart des grands sièges sociaux et des emplois Ă  haut revenu. Deux espaces compris dans ce pĂ´le sont particulièrement importants : le centre de Paris intra muros et le quartier de La DĂ©fense, en banlieue Ouest.

Dans le centre de Paris, le quartier des affaires s'étend sur un périmètre assez large autour de l'opéra et de la gare Saint-Lazare[124]. Il garde un rôle majeur mais les prix de l'immobilier de bureau y sont particulièrement élevés et les surfaces limitées par les règles de l'urbanisme. Entre 1994 et 2005, le nombre d'emplois privé a assez nettement diminué dans cette partie du pôle au profit de la proche banlieue Ouest[125] dans laquelle la Défense a une place centrale.


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France

Histoire

Dans le domaine colonial, le bilan est en revanche mitigĂ© : malgrĂ© un bon dĂ©part en AmĂ©rique avec l'expĂ©dition de Jacques Cartier sous François Ier, une implantation rĂ©ussie aux Antilles, en Louisiane, et au SĂ©nĂ©gal sous Louis XIV, le manque de dĂ©termination de Louis XV a conduit Ă  de graves Ă©checs devant les Anglais en Inde et au Canada, et, ainsi, Ă  rompre la dynamique créée par ses prĂ©dĂ©cesseurs.

Les difficultés financières, le refus des réformes et l'impatience du peuple conduisent à la Révolution française, de 1789 à 1799. Cet épisode marquant dans la construction de l'histoire nationale voit naître notamment la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de la promotion des idéaux de liberté, égalité, fraternité.

La Révolution se déroule en plusieurs phases et commence par un essai de monarchie constitutionnelle, avec la réunion des États généraux, puis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, les troubles politiques et sociaux (opposition du tiers état face à la noblesse) aboutissent à la chute de la monarchie, le 10 août 1792. L'ébullition révolutionnaire conduit à une succession de régimes (République de la Convention, Directoire, Consulat) en conflit quasi permanent avec les autres pays européens inquiets d'une propagation des idées républicaines.

À partir de 1799, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir, d'abord comme Premier consul, puis comme empereur. Cette période voit l'instauration de nouvelles institutions, tandis que la France s'étend à travers l'Europe avant une période de revirements militaires. L'épisode s'achève par la restauration des Bourbons en 1815.

La Restauration de 1815 marque le début d'une nouvelle tentative de monarchie constitutionnelle, mais les tensions des règnes de Louis XVIII puis surtout de Charles X conduisent à la Révolution de 1830 qui porte Louis-Philippe Ier au pouvoir. De 1830 à 1848, la Monarchie de Juillet est un régime soutenu par la bourgeoisie, mais qui suscite une opposition légitimiste, bonarpartiste et surtout républicaine.

Cette dernière entraîne la révolution de février 1848 qui voit une tentative de régime présidentiel, la Seconde République.

Le 2 dĂ©cembre 1851, le prĂ©sident de la RĂ©publique, Louis-NapolĂ©on Bonaparte, neveu de NapolĂ©on Ier, organise un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il est nommĂ© empereur sous le nom de NapolĂ©on III. Sous le Second Empire, le pays connaĂ®t les dĂ©buts de la deuxième industrialisation, impulsĂ©e par des orientations Ă©conomiques libĂ©rales, fondĂ©es sur des constructions capitalistiques fortement structurantes (banques d'affaires, compagnies de chemin de fer et maritimes, industries lourdes et textiles, grands magasins, etc.). Sur le plan de la politique extĂ©rieure, NapolĂ©on III s'assure la confiance du Royaume-Uni (guerre de CrimĂ©e) qui permet d'assoir l'influence de la France au Proche-Orient tandis que son action en Italie, contre l'Autriche, est couronnĂ©e de succès et conduit Ă  la rĂ©union Ă  la France de rĂ©gions du PiĂ©mont (Savoie]], Nice). NĂ©anmoins, de graves revers ternissent considĂ©rablement l'image du rĂ©gime, et renforcent une opposition extĂ©rieure (Victor Hugo) et intĂ©rieure. Le pari de la lutte contre la Prusse pour redonner un certain lustre Ă  l'Empire, prĂ©cipite en fait sa chute. Il se termine ainsi en 1870 après la dĂ©faite de Sedan. La perte de l'Alsace-Lorraine et les considĂ©rables indemnitĂ©s dues Ă  l'Empire allemand créé Ă  la faveur de l'avantage pris par la Prusse, conduisent Ă  un ressentiment national fort (la Revanche).

La guerre de 1870 entraîne la chute du Second Empire et le retour à la république, après l'insurrection de la Commune de Paris. Le Second Empire avait évolué vers un régime parlementaire, et son héritage est en partie repris par la IIIe République. Après quelques années d'hésitation, la Troisième République est finalement confirmée en 1875, la pratique des institutions en faisant un régime d'assemblée.

Sous la Troisième RĂ©publique, la France Ă©tend son empire colonial, dont la conquĂŞte avait commencĂ© sous les monarchies du XIXe siècle (Afrique occidentale et Ă©quatoriale, Maroc, Tunisie, Madagascar, Indochine).

Sortie victorieuse, mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première Guerre mondiale, la France connaît une période de crise économique et politique dans les années 1930. La défaite de 1940 conduit à l'attribution par vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci remplace la république par un État français contesté par la France libre du général de Gaulle jusqu'en 1944.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la Quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946, mais elle fait face à de graves difficultés dans l'Empire colonial, d'abord en Indochine, puis en Algérie, tandis qu'ailleurs la décolonisation se fait par négociation. L'instabilité gouvernementale qui en résulte, génère finalement une crise qui conduit à un changement de constitution. Pourtant, malgré les changements fréquents de ministères, une certaine constance de la politique de construction européenne a permis de participer activement tout d'abord à la Communauté européenne du charbon et de l'acier en 1950, puis à la signature du traité de Rome en 1957 fondateur du Marché commun. Par ailleurs, la politique de développement de l'industrie nucléaire tant civile que militaire, a permis d'assoir une politique indépendante dans les années 1960.

La Constitution de la Ve RĂ©publique, rĂ©digĂ©e sous l'influence du gĂ©nĂ©ral de Gaulle et de Michel DebrĂ©, est adoptĂ©e le 4 octobre 1958. Elle met en place une RĂ©publique Ă  rĂ©gime parlementaire qui s'avère mieux rĂ©sister aux instabilitĂ©s que les rĂ©publiques parlementaires prĂ©cĂ©dentes. En 1962, la conjonction de l'Ă©lection du prĂ©sident de la RĂ©publique au suffrage universel direct et du fait majoritaire au Parlement favorable au prĂ©sident vont modifier la Constitution pour en avoir une lecture favorable au prĂ©sident. On parle alors de rĂ©gime parlementaire prĂ©sidentialisĂ©. Ce cas est unique Ă  la France ; dans tous les autres rĂ©gimes parlementaires, le chef de l'État s'est systĂ©matiquement effacĂ© au profit du chef de gouvernement, qui est soutenu par la majoritĂ© parlementaire. Maurice Duverger, lui, a souhaitĂ© dĂ©finir la Ve comme relevant d'une nouvelle catĂ©gorie, celle du rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel. Cette typologie n'est cependant pas acceptĂ©e par tous.

À partir de 1973, l'économie française connaît une succession de crises économiques et de périodes de faible croissance, qui entraînent une alternance fréquente au sein du pouvoir. De 1986 à 1988, puis de 1993 à 1995 et enfin de 1997 à 2002, le phénomène de la cohabitation (annulation du fait majoritaire favorable au Président, ce qui fait que le Premier ministre est d'un différent bord politique que celui du Président) modifie encore la lecture de la Constitution, pour revenir à une lecture plus proche de sa conception en 1958, c'est-à-dire un régime parlementaire.

Depuis les années 1950, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Elle est devenue l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisan d'une Europe politique forte, bien qu'elle ait rejetée la Constitution européenne par 55% des suffrages le 29 mai 2005.

Politique

La France est une RĂ©publique constitutionnelle, « indivisible, laĂŻque, dĂ©mocratique et sociale Â» (article Ier de la Constitution de 1958) Ă  rĂ©gime parlementaire prĂ©sidentialisĂ© (dont la lecture se fait en faveur du PrĂ©sident de la RĂ©publique, parfois appelĂ© Ă  tort ou Ă  raison rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel). La rĂ©forme constitutionnelle du 28 mars 2003 (acte II de la dĂ©centralisation) a rajoutĂ© dans ce mĂŞme article que l'organisation de la RĂ©publique Ă©tait dĂ©centralisĂ©e.

Avant 1962, le président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous la IVe République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrès. Ce choix a entraîné le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la Ve République à avoir réussi.

Dans la Constitution de la Ve République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif. Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution). En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée nationale.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2001, le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct (contre 7 ans auparavant). Il nomme le Premier ministre.

Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (il y en aura 346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêts défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.

La France fait partie des cinq pays qui sont juridiquement reconnus comme « Ă‰tats dotĂ©s de l'arme nuclĂ©aire Â» par le traitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire. L'armĂ©e française est, avec celle du Royaume-Uni, l'une des plus dotĂ©es financièrement en Europe. En effet, Ă  elles deux, elles reprĂ©sentent plus de 40 % des dĂ©penses militaires de l'Union europĂ©enne. La France lui consacre 2,5 % de son PIB (pour un budget de 38 milliards d'euros en 2006), lĂ  oĂą ses homologues europĂ©ens (hors Royaume-Uni et Grèce) y consacrent 1,5 % de leur PIB, d'après l'OTAN.

Depuis 1996, l'armĂ©e est devenue professionnelle et le service militaire rĂ©duit Ă  une journĂ©e d'appel (mixte). D'une capacitĂ© de plus de 330 000 hommes, elle est dĂ©ployĂ©e Ă  travers le monde notamment au Kosovo, en CĂ´te d'Ivoire, dans ses territoires d'outre-mer, mais Ă©galement au Moyen-Orient oĂą elle assure un maintien de la paix, ou une sĂ©curisation de ses moyens d'approvisionnement en pĂ©trole notamment. Elle mobilise Ă©galement plus de 1000 hommes dans le cadre du plan Vigipirate.

Géographie

La France est le 47e État par sa surface terrestre et le 2e par la surface de sa zone économique exclusive.

La France mĂ©tropolitaine est localisĂ©e en Europe occidentale (voir la liste de points extrĂŞmes de la France). La France possède aussi des territoires, sous diffĂ©rents statuts administratifs, en dehors du territoire europĂ©en : en AmĂ©rique du Nord, dans les Antilles, en AmĂ©rique du Sud, dans l'ocĂ©an Indien, dans le nord et le sud de l'ocĂ©an Pacifique et en Antarctique. Elle partage en mĂ©tropole 2970 km de frontières terrestres avec huit pays limitrophes : Espagne (650 km), Belgique (620 km), Suisse (572 km), Italie (515 km), Allemagne (450 km), Luxembourg (73 km), Andorre (57 km), Monaco (4,5 km). En Guyane, les frontières sont de 700 km avec le BrĂ©sil et 520 km avec le Suriname. Une frontière longue de 10,2 km (mais non matĂ©rialisĂ©e) sur l'Ă®le de Saint-Martin aux Antilles, sĂ©pare la partie française de celle sous souverainetĂ© des Pays-Bas. Enfin la Terre AdĂ©lie (TAAF) revendiquĂ©e par la France est enclavĂ©e dans une partie de l'Antarctique revendiquĂ©e par l'Australie. Les cĂ´tes françaises prĂ©sentent quatre façades maritimes tournĂ©es vers la mer du Nord, la Manche, l'ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e, ce qui fait de la France un carrefour de cultures et de communications unique en Europe.

D'une superficie mĂ©tropolitaine de 551 500 km² (675 417 km² avec l'outre-mer), la France s'Ă©tend sur 1000 km du nord au sud et d'est en ouest (plus grande distance nord-sud : Bray-Dunes - Cerbère). C'est le troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine (2e si on compte l'outre-mer) et le plus grand de l'Union EuropĂ©enne. La France mĂ©tropolitaine a quatre façades maritimes sur (du nord au sud) : la Mer du Nord, la Manche, l'ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e. La longueur totale de ses cĂ´tes atteint 3427 km. La France est un isthme.


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Bordeaux

Géographie

Bordeaux a connu des hivers très froids en 1985 et en 1987, puis une sécheresse de 1988 à 1992. Plus récemment Bordeaux a connu une sécheresse importante de 2002 à 2005.

La ville de Bordeaux est divisée en huit arrondissements (voir carte des cantons). Les arrondissements 1 à 6 sont situés sur la rive gauche de la Garonne en bordure du fleuve. Le septième correspond à la rive droite et au quartier de la Bastide. Enfin, le huitième correspond au quartier de Caudéran. Cette division purement administrative n'ayant rien d'historique, les habitants s'identifient plus à leur quartier qu'à leur arrondissement.

La vieille ville de Bordeaux est la partie située à l'intérieur des anciens murs de la ville, qui correspondent aujourd'hui aux cours de Verdun, Clemenceau, place Gambetta, cours d'Albret, cours Aristide Briand, place de la Victoire, et cours de la Marne. À l'est, la vieille ville est délimitée par la Garonne.

On trouve deux grands axes qui traversent la partie historique de la ville : la rue Sainte-Catherine qui coupe la ville du Nord au Sud et le cours Victor-Hugo, prolongĂ© par le pont de Pierre qui coupe la vieille ville d'Ouest en Est.

La rue Sainte-Catherine, rue piétonne de près de 1,3 kilomètre, relie la place de la Comédie (Grand Théâtre) et la place de la Victoire, où se situe encore des vieux bâtiments de l'Université (Université Bordeaux 2). La rue Sainte-Catherine et les quartiers situés à l'Ouest de cette rue sont très commerçants. À l'Est de la rue, jusqu'aux quais, se situent des quartiers de logement.

L'axe Est-Ouest, formé par le pont de Pierre, seule traversée de la Garonne de la vieille ville, et le cours Victor-Hugo, coupe le vieux Bordeaux en une partie Nord, plus aisée, et une partie Sud, plus pauvre.

Dans le quart Nord-Ouest de la vieille ville (quartier des Quinconces et de l'hĂ´tel de ville), se situent des restaurants et des cafĂ©s aisĂ©s, des Ă©tablissements bancaires et des prestataires de services financiers, ainsi que des commerces de luxe. C'est dans cette partie Nord-Ouest que se situe le "Triangle d'Or" de Bordeaux. Ce secteur, dont la forme est un triangle presque Ă©quilatĂ©ral dĂ©limitĂ© par les cours Clemenceau, de l'Intendance et les allĂ©es de Tourny, est considĂ©rĂ© comme la vitrine du luxe bordelais. En 1789, l'actuel "Triangle d'Or" n'Ă©tait qu'un espace de couvents, mais lors de la rĂ©volution, ces biens du clergĂ© furent rĂ©quisitionnĂ©s et la ville se trouva en possession de vastes terrains vacants. C'est en 1790 que l'architecte Chalifour proposa un plan de rĂ©organisation du quartier, avec une place centrale (place des Grands-Hommes) et des rues rayonnantes. Les travaux commencèrent en 1792, mais furent interrompus par la Terreur et ne reprirent qu'en 1797. Les rues furent baptisĂ©es du nom des grands esprits ayant inspirĂ© la RĂ©volution française (Montesquieu, Rousseau, Voltaire). De nos jours, le cours de l'Intendance, rĂ©novĂ© et devenu piĂ©ton avec l'arrivĂ©e du tramway, permet d'admirer les façades du XVIIIe et du XIXe siècle de ces bâtiments luxueux.

Dans la partie Nord-Est (quartiers Saint-Pierre et Saint-Eloi), se trouvent de nombreux restaurants, hĂ´tels et bistros. Au bord de la Garonne se situent les quais, en plein rĂ©amĂ©nagement depuis l'arrivĂ©e du tramway. L'amĂ©nagement de la face Est de la ville, tournĂ©e vers le fleuve, date du XVIIIe siècle. Le but Ă©tait de donner une bonne impression aux voyageurs arrivant du fleuve. La place de la Bourse, ancienne place Royale, fut inaugurĂ©e en 1755.

La partie Sud-Ouest de la vieille ville (autour de la place de la Victoire) se caractérise par la présence de nombreux étudiants. Le quartier est en effet proche d'une partie de l'Université Bordeaux 2 et est aussi bien desservi par les transports en commun en direction du domaine universitaire (notamment la ligne B du tramway), ce qui explique en partie la présence de nombreux étudiants. Ce quartier est aussi un lieu de résidence de la classe moyenne.

Enfin, la partie sud-est du centre ville (autour des Capucins, de Saint-Michel et de Sainte-Croix) est un lieu de rĂ©sidence des populations aux revenus plus faibles (personnes âgĂ©es, ouvriers, chĂ´meurs et immigrĂ©s). C'est Ă©galement dans ce secteur de la ville que se situe la gare Saint-Jean, construite au XIXe siècle.

À l'extérieur des murs de la ville, les cours actuels, des faubourgs sont apparus. De nos jours, ces faubourgs, compris entre les cours et les boulevards, entourent la vieille ville. Malgré quelques exceptions, le développement de ces quartiers s'est fait de façon semblable.

Au Nord, le long de la Garonne, se situent les quartiers du Grand-Parc et des Chartrons. Ces quartiers abritaient de nombreux commerçants en vin.

Le quartier des Chartrons doit soit nom au couvent des Chartrons fondé en 1381, lors de la guerre de Cent Ans par des chartreux du Périgord venus se réfugier dans ce quartier marécageux. L'intendant Tourny, a relié les Chartrons à la ville par une promenade, (l'actuel cours Xavier-Arnozan) et une grande allée (l'actuel Cours de Verdun), et a fait construire de somptueuses demeures de style Louis XV et XVI, par les frères Laclotte, ainsi que le jardin public. La rénovation actuelle des quais du quartier des Chartrons et l'arrivée prochaine du tramway B dans ce quartier ont entraîné une augmentation importante du prix de l'immobilier. Le quartier du Grand Parc, au nord du quartier Saint-Seurin, quant à lui est très différent. Bien que compté dans le même arrondissement, il a pris son essor dans les années 1960 et 1970 avec la réalisation de grands ensembles urbains qui aujourd'hui vieillissent, malgré la réalisation de vastes projets immobiliers non loin de là, telle la place Ravezies.

Le quartier Saint-Seurin (du nom de la basilique Saint-Seurin), situé au Nord-Ouest et construit autour du palais Gallien, est un lieu d'habitation aisé. Ce quartier et le quartier des Chartrons accueillent de nombreux consulats.

Ă€ l'ouest de la ville s'Ă©lève le quartier MĂ©riadeck. Le quartier doit son nom au prince cardinal de Rohan, Ferdinand Maximilien MĂ©riadec, archevĂŞque de Bordeaux qui y fit construire le palais Rohan en 1771 (qui, en 1835, deviendra l'hĂ´tel de ville) et qui offrit les terres Ă  la ville, alors Ă  l'Ă©troit dans ses limites gĂ©ographiques hĂ©ritĂ©es du Moyen Ă‚ge. C'est un quartier moderne, essentiellement commercial et administratif. Pendant longtemps, cette partie de la ville ne fut qu'un vaste marais bordant la ville. Mais les maladies dues Ă  la prĂ©sence de ce marais (et notamment la peste) ont conduit au XVIIe siècle Ă  son assèchement. Au XIXe siècle, des Ă©choppes y sont construites et une population pauvre, ouvrière et artisane s'y installe. Des maisons closes, cafĂ©s et bals animent ce quartier cosmopolite. En 1955, la municipalitĂ© dirigĂ©e par Jacques Chaban-Delmas dĂ©cide la rĂ©novation totale de ce quartier pauvre. Le projet prĂ©voit la construction d'immeubles "barres" typiques de ces annĂ©es. En 1963, la rĂ©novation devient restructuration et le quartier MĂ©riadeck sera finalement le quartier d'affaires de Bordeaux avec des bâtiments modernes commerciaux et administratifs, ainsi que des Ă©quipements sportifs (patinoire...). De nombreuses administrations et services sont regroupĂ©s dans ces grands bâtiments, dont la hauteur a finalement Ă©tĂ© limitĂ©e, construits autour d'un jardin central. De plus, la circulation automobile et celle des piĂ©tons ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es par la construction d'une dalle, l'actuelle esplanade Charles de Gaulle. Ce quartier abrite de nos jours des centres commerciaux, la CommunautĂ© urbaine de Bordeaux, la prĂ©fecture de la rĂ©gion Aquitaine, le conseil gĂ©nĂ©ral de la Gironde et certains services du TrĂ©sor public. Ce quartier voulu par Jacques Chaban-Delmas a de nombreux dĂ©tracteurs, notamment Ă  cause de l'architecture du quartier (typique des annĂ©es 1960-1970), de la sĂ©paration des voitures et des piĂ©tons et de l'utilisation massive du bĂ©ton. Cependant certains bâtiments plus rĂ©cents (comme la prĂ©fecture d'Aquitaine) tendent Ă  rajeunir l'architecture vieillissante de ce quartier. Ce quartier a quand mĂŞme eu des points positifs, il a notamment permis la construction de bâtiments administratifs et commerciaux Ă  proximitĂ© du centre ville sans dĂ©grader l'architecture historique du vieux Bordeaux. Les quartiers autour de MĂ©riadeck sont composĂ©s de nombreuses Ă©choppes, maisons Ă  un Ă©tage typiquement bordelaises, qui accueillent des habitants de la classe moyenne. Il est Ă©galement Ă  quelques pas du centre "officiel", c'est-Ă -dire de la Place Gambetta (oĂą se trouve une borne en pierre d'oĂą partent les numĂ©rotations des maisons), ensemble XVIIIe qui tranche avec l'architecture moderne du quartier MĂ©riadeck.

Au Sud-Ouest, le quartier Saint-Genès abrite une population aisée voire bourgeoise. Enfin, les quartiers Sud (Nansouty, barrière de Toulouse, Saint-Jean, Belcier...) accueillent une population aux revenus modestes. La présence de zones industrielles, de nombreuses voies ferrées de la SNCF et d'infrastructures telles que les abattoirs centraux ternissent nettement l'image des quartiers Sud, notamment de ceux situés près de la Garonne. D'une manière générale, que ce soit dans la vieille ville ou dans les anciens faubourgs, la partie Sud accueille une population plus pauvre que les quartiers Nord.

La rive droite de la ville s'est longtemps développée loin du regard des urbanistes de la rive gauche, et de manière plus anarchique. Les quartiers de la Bastide et de la Benauge qui composent cette partie de la ville accueillent une population modeste mais aussi de nombreuses industries. La rive droite comporte également de nombreuses friches industrielles dégradant fortement l'image de ces quartiers qui font face à la rive gauche. Cependant depuis une dizaine d'années, des plans de rénovation de cette partie de la ville ont vu le jour. De nouveaux bâtiments résidentiels sont en phase de réalisation. Un pôle universitaire de Gestion a été inauguré à la rentrée 2007 et devrait accueillir à terme quelques 3000 étudiants. L'arrivée du tramway sur la rive droite a également permis de rénover une partie de ces quartiers comme la place Stalingrad ou l'avenue Thiers. Aujourd'hui le quartier de la Bastide s'est considérablement orienté vers le futur avec la reconversion de l'ancienne gare d'Orléans en cinéma (multiplex). Un projet de nouveau pont entre l'esplanade des Quinconces et La Bastide ou entre la Place de la Bourse et la Bastide, est prévu pour 2009-2011.

Sur la rive gauche, au Nord de la ville se situent les quartiers de Bordeaux-Lac et de Bacalan. La construction du quartier de Bordeaux-Lac fut entreprise par la municipalité dirigée par Jacques Chaban-Delmas, après l'assèchement de marais et la création d'un lac artificiel. Ce quartier, dessiné par l'architecte-urbaniste Xavier Arsène-Henry, accueille des tours de logement, quelques bureaux et des centres commerciaux. Le parc des expositions y a aussi été construit. Le bilan de la construction de ce nouveau quartier est mitigé, ce quartier étant peu attractif et trop excentré. C'est dans ce quartier que se situe le pont d'Aquitaine construit avec la rocade à la même époque. L'arrivée du tramway en 2007 ou en 2008 devrait redynamiser ce quartier. Le quartier de Bacalan se situe à proximité des bassins à flot et de l'ancienne zone portuaire de Bordeaux. Ce quartier qui abritait autrefois les dockers accueille aujourd'hui encore une population modeste. Là aussi, l'arrivée du tramway et la restructuration du quartier et des anciens hangars devraient le modifier en profondeur.

À l'ouest se situe Caudéran. Cette ancienne commune de l'agglomération a fusionné avec Bordeaux en 1965 et constitue maintenant l'un des quartiers de la ville. Cette ancienne banlieue "chic" de Bordeaux est l'un des quartiers les plus calmes de la ville. Sa fusion a permis l'extension de Bordeaux vers l'ouest. Le Parc Bordelais, plus grand espace vert de la ville, se situe dans ce quartier. Au sud-ouest, Saint-Augustin accueille une population de la classe moyenne supérieure. On y trouve le stade Chaban-Delmas (ou Lescure), l'hôpital Pellegrin (CHU de Bordeaux) et la faculté de médecine (Université Bordeaux 2).

Démographie

La ville de Bordeaux compte 230 600 habitants (recensement 2006) ; c'est la neuvième ville de France. L'agglomĂ©ration compte 753 931 habitants (recensement 1999). C'est la septième agglomĂ©ration française après Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse et Nice. L'aire urbaine compte 925 253 habitants (recensement 1999), c'est la septième aire urbaine française. Après une pĂ©riode de rapide dĂ©peuplement (280 000 habitants en 1946, 208 159 habitants en 1982) et d'importants travaux de rĂ©novation des quartiers les plus anciens, la population de la ville centre recommence Ă  augmenter. La commune de Bordeaux, qui a gagnĂ© plus de 20 000 habitants en 20 ans, connaĂ®t actuellement un bel essor dĂ©mographique Ă  tel point que la ville devrait dĂ©passer les 250.000 habitants en 2008 et 300.000 habitants en 2020. Un projet de fusion de communes est Ă  l'Ă©tude, semblable aux cas de Lille-Lomme ou Cherbourg-Octeville, afin de porter la population communale au dessus de 300 000 habitants ; certains y voient un moyen de la rendre plus compĂ©titive et de lui permettre de jouer un vĂ©ritable rĂ´le de mĂ©tropole europĂ©enne.

Les recensements menĂ©s par l'INSEE en 2004 et 2005 montrent que la population bordelaise compte 126 046 mĂ©nages et 139 707 logements. Parmi les 229 900 bordelais, la part des hommes reprĂ©sente 46 %, celle des femmes 54 %. L'Ă©tat matrimonial de la population bordelaise de 15 ans et plus indique que 54 % de la population est cĂ©libataire, 32 % mariĂ©(e), 8 % divorcĂ©(e) et 6 % veuf ou veuve. Le nombre moyen de personnes par mĂ©nage est de 1,8.

Économie

Bordeaux est considĂ©rĂ©e par beaucoup comme la capitale mondiale du vin. Ă€ proximitĂ© de Bordeaux, un vignoble important produit de nombreux vins, dont certains parmi les plus prestigieux du monde, collectivement dĂ©signĂ©s sous le terme de vins de Bordeaux, ou simplement de bordeaux. Il y a autour de Bordeaux 14 000 producteurs de vin, 117 514 hectares de vigne, 400 nĂ©gociants et un chiffre d'affaires de 14,5 milliards d'euros. La production annuelle est de 700 millions de bouteilles, vins de consommation courante et vins de qualitĂ© supĂ©rieure confondus.

Ce sont des vins blancs ou rouges, ces derniers sont à l'origine de la couleur bordeaux. Les vins rouges sont généralement produits à partir de cépages Cabernet-sauvignon, Merlot, Cabernet franc, Petit Verdot, Malbec, et de moins en moins fréquemment de Carménère. Les vins blancs sont produits à partir de cépages Sauvignon blanc, Sémillon et Muscadelle.

Le vignoble bordelais est subdivisĂ© en cinq rĂ©gions : l'Entre-Deux-Mers, le Libournais, le Bourgeais-Blayais, les Graves et le MĂ©doc. Les terroirs les plus cĂ©lèbres sont ceux de Saint-Émilion, Pauillac, Saint-Estèphe, Sauternes et Pomerol. Un classement des vins de Bordeaux est Ă©tabli depuis 1855, mais il est fortement remis en question par la critique et certains producteurs du fait de son caractère presque immuable.

Actuellement, le vignoble bordelais connaît une relative crise en raison de la concurrence internationale et de la baisse des prix. Ces dernières années, le nombre de producteurs a diminué de façon significative.

Mais Bordeaux est aussi une ville industrielle. L'industrie emploie 28 000 salariĂ©s (dont 16 000 pour le bois et le papier), le constructeur automobile Ford Aquitaine Industrie Ă©tant le premier employeur industriel aquitain. Bien que l'industrie bordelaise ait souffert ces dernières dĂ©cennies (rive droite de Bordeaux), la ville a su se repositionner dans les technologies de pointe et les nouvelles technologies, notamment l'aĂ©ronautique. L'agglomĂ©ration bordelaise est en effet un pĂ´le majeur dans le secteur aĂ©ronautique spatiale et de dĂ©fense, second pĂ´le national après Toulouse, avec 20 000 emplois directs et 8 000 emplois en sous-traitance. Sont notamment implantĂ©es Ă  Bordeaux les entreprises Dassault, Safran (l'ancienne Snecma), EADS et Thales. C'est notamment en pĂ©riphĂ©rie de Bordeaux que sont construits les avions Falcon, le cockpit de l'Airbus A380, les propulseurs d'appoint de la fusĂ©e Ariane et le missile servant de vecteur Ă  l'arme nuclĂ©aire, embarquĂ© dans les SNLE, le M-51. Le laser MĂ©gajoule est en constuction en pĂ©riphĂ©rie de Bordeaux, plus prĂ©cisement Ă  Le Barp : ce projet, capital pour le renouvellement du dispositif de dissuasion nuclĂ©aire français, dans lequel le ministère de la dĂ©fense compte investir plus de deux milliards d'euros, serait associĂ© Ă  un pĂ´le industriel en industrie optique et laser de niveau europĂ©en.

Sont aussi présentes la pétrochimie et l'industrie pharmaceutique (Sanofi-Aventis), ainsi que l'industrie agroalimentaire (30 000 emplois) (LU), et en particulier les vins et spiritueux (Marie Brizard, Ricard), mais aussi bien sûr les vins de Bordeaux, secteur dans lequel certaines entreprises peuvent être considérées comme de véritables industries.

Le secteur tertiaire reste dominant dans la capitale girondine notamment grâce à la forte attractivité commerciale et à une concentration des services liés aux entreprises. De plus, le tourisme est en plein essor, Bordeaux disposant d'un riche patrimoine historique et servant de relais vers les côtes d'Aquitaine et l'arrière-pays qui bénéficie considérablement des progrès du tourisme rural.

Bordeaux est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux. Elle gère l'aéroport de Bordeaux - Mérignac, l'École supérieure de commerce (ESC) de Bordeaux et l'Aire de Cestas.

La ville de Bordeaux a également une activité portuaire importante. En effet, le port autonome de Bordeaux accueille chaque année 1 600 navires et traite environ 9 millions de tonnes de marchandises (dont 4,1 millions de tonnes d'hydrocarbures). Le port autonome de Bordeaux accueille également les éléments de l'A380 en transit vers Toulouse.

Administration

Parmi les projets dont Hugues Martin a hĂ©ritĂ© au dĂ©part d'Alain JuppĂ©, figurent notamment : le dĂ©veloppement et l'amĂ©lioration du rĂ©seau Tramway dans la CUB, l'amĂ©lioration du cadre de vie avec amĂ©nagement des quais, Ă©tude de diverses lignes TGV rapides et plus directes vers diffĂ©rentes grandes villes...

Le 19 juin 2005, Hugues Martin inaugure sur la place de la Victoire l'Obélisque, un monument dédié à la gloire du vin.

Le 28 aoĂ»t 2006, les conseillers municipaux de la majoritĂ© municipale UMP-UDF-DVD dĂ©missionnent afin de dĂ©clencher des Ă©lections municipales anticipĂ©es et de permettre le retour d'Alain JuppĂ© Ă  la tĂŞte de la ville, après des Ă©lections que ce dernier remportera avec 56,24 % des votes.

En 1995, la mairie de Bordeaux a divisé la ville en 12 quartiers administratifs pour permettre la mise en place de conseils de quartiers. Ces conseils permettent un meilleur lien entre les bordelais et leurs élus ainsi qu'un traitement plus efficace des problèmes locaux. Les 12 quartiers créés regroupent plusieurs quartiers historiques (22, voir partie quartiers historiques de Bordeaux).

En 1965, la commune de Caudéran a été rattachée à Bordeaux, elle forme maintenant le 8e canton.

Enseignement

Bordeaux est la 6e ville universitaire française après Paris, Toulouse, Lille, Lyon et Montpellier.


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Billet d'avion au départ de la France
 

France

Histoire

Dans le domaine colonial, le bilan est en revanche mitigĂ© : malgrĂ© un bon dĂ©part en AmĂ©rique avec l'expĂ©dition de Jacques Cartier sous François Ier, une implantation rĂ©ussie aux Antilles, en Louisiane, et au SĂ©nĂ©gal sous Louis XIV, le manque de dĂ©termination de Louis XV a conduit Ă  de graves Ă©checs devant les Anglais en Inde et au Canada, et, ainsi, Ă  rompre la dynamique créée par ses prĂ©dĂ©cesseurs.

Les difficultés financières, le refus des réformes et l'impatience du peuple conduisent à la Révolution française, de 1789 à 1799. Cet épisode marquant dans la construction de l'histoire nationale voit naître notamment la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de la promotion des idéaux de liberté, égalité, fraternité.

La Révolution se déroule en plusieurs phases et commence par un essai de monarchie constitutionnelle, avec la réunion des États généraux, puis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, les troubles politiques et sociaux (opposition du tiers état face à la noblesse) aboutissent à la chute de la monarchie, le 10 août 1792. L'ébullition révolutionnaire conduit à une succession de régimes (République de la Convention, Directoire, Consulat) en conflit quasi permanent avec les autres pays européens inquiets d'une propagation des idées républicaines.

À partir de 1799, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir, d'abord comme Premier consul, puis comme empereur. Cette période voit l'instauration de nouvelles institutions, tandis que la France s'étend à travers l'Europe avant une période de revirements militaires. L'épisode s'achève par la restauration des Bourbons en 1815.

La Restauration de 1815 marque le début d'une nouvelle tentative de monarchie constitutionnelle, mais les tensions des règnes de Louis XVIII puis surtout de Charles X conduisent à la Révolution de 1830 qui porte Louis-Philippe Ier au pouvoir. De 1830 à 1848, la Monarchie de Juillet est un régime soutenu par la bourgeoisie, mais qui suscite une opposition légitimiste, bonarpartiste et surtout républicaine.

Cette dernière entraîne la révolution de février 1848 qui voit une tentative de régime présidentiel, la Seconde République.

Le 2 dĂ©cembre 1851, le prĂ©sident de la RĂ©publique, Louis-NapolĂ©on Bonaparte, neveu de NapolĂ©on Ier, organise un coup d'État. Le 14 janvier 1852, il est nommĂ© empereur sous le nom de NapolĂ©on III. Sous le Second Empire, le pays connaĂ®t les dĂ©buts de la deuxième industrialisation, impulsĂ©e par des orientations Ă©conomiques libĂ©rales, fondĂ©es sur des constructions capitalistiques fortement structurantes (banques d'affaires, compagnies de chemin de fer et maritimes, industries lourdes et textiles, grands magasins, etc.). Sur le plan de la politique extĂ©rieure, NapolĂ©on III s'assure la confiance du Royaume-Uni (guerre de CrimĂ©e) qui permet d'assoir l'influence de la France au Proche-Orient tandis que son action en Italie, contre l'Autriche, est couronnĂ©e de succès et conduit Ă  la rĂ©union Ă  la France de rĂ©gions du PiĂ©mont (Savoie]], Nice). NĂ©anmoins, de graves revers ternissent considĂ©rablement l'image du rĂ©gime, et renforcent une opposition extĂ©rieure (Victor Hugo) et intĂ©rieure. Le pari de la lutte contre la Prusse pour redonner un certain lustre Ă  l'Empire, prĂ©cipite en fait sa chute. Il se termine ainsi en 1870 après la dĂ©faite de Sedan. La perte de l'Alsace-Lorraine et les considĂ©rables indemnitĂ©s dues Ă  l'Empire allemand créé Ă  la faveur de l'avantage pris par la Prusse, conduisent Ă  un ressentiment national fort (la Revanche).

La guerre de 1870 entraîne la chute du Second Empire et le retour à la république, après l'insurrection de la Commune de Paris. Le Second Empire avait évolué vers un régime parlementaire, et son héritage est en partie repris par la IIIe République. Après quelques années d'hésitation, la Troisième République est finalement confirmée en 1875, la pratique des institutions en faisant un régime d'assemblée.

Sous la Troisième RĂ©publique, la France Ă©tend son empire colonial, dont la conquĂŞte avait commencĂ© sous les monarchies du XIXe siècle (Afrique occidentale et Ă©quatoriale, Maroc, Tunisie, Madagascar, Indochine).

Sortie victorieuse, mais au prix de souffrances démographiques et économiques immenses de la Première Guerre mondiale, la France connaît une période de crise économique et politique dans les années 1930. La défaite de 1940 conduit à l'attribution par vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci remplace la république par un État français contesté par la France libre du général de Gaulle jusqu'en 1944.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la Quatrième République est promulguée le 27 octobre 1946, mais elle fait face à de graves difficultés dans l'Empire colonial, d'abord en Indochine, puis en Algérie, tandis qu'ailleurs la décolonisation se fait par négociation. L'instabilité gouvernementale qui en résulte, génère finalement une crise qui conduit à un changement de constitution. Pourtant, malgré les changements fréquents de ministères, une certaine constance de la politique de construction européenne a permis de participer activement tout d'abord à la Communauté européenne du charbon et de l'acier en 1950, puis à la signature du traité de Rome en 1957 fondateur du Marché commun. Par ailleurs, la politique de développement de l'industrie nucléaire tant civile que militaire, a permis d'assoir une politique indépendante dans les années 1960.

La Constitution de la Ve RĂ©publique, rĂ©digĂ©e sous l'influence du gĂ©nĂ©ral de Gaulle et de Michel DebrĂ©, est adoptĂ©e le 4 octobre 1958. Elle met en place une RĂ©publique Ă  rĂ©gime parlementaire qui s'avère mieux rĂ©sister aux instabilitĂ©s que les rĂ©publiques parlementaires prĂ©cĂ©dentes. En 1962, la conjonction de l'Ă©lection du prĂ©sident de la RĂ©publique au suffrage universel direct et du fait majoritaire au Parlement favorable au prĂ©sident vont modifier la Constitution pour en avoir une lecture favorable au prĂ©sident. On parle alors de rĂ©gime parlementaire prĂ©sidentialisĂ©. Ce cas est unique Ă  la France ; dans tous les autres rĂ©gimes parlementaires, le chef de l'État s'est systĂ©matiquement effacĂ© au profit du chef de gouvernement, qui est soutenu par la majoritĂ© parlementaire. Maurice Duverger, lui, a souhaitĂ© dĂ©finir la Ve comme relevant d'une nouvelle catĂ©gorie, celle du rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel. Cette typologie n'est cependant pas acceptĂ©e par tous.

À partir de 1973, l'économie française connaît une succession de crises économiques et de périodes de faible croissance, qui entraînent une alternance fréquente au sein du pouvoir. De 1986 à 1988, puis de 1993 à 1995 et enfin de 1997 à 2002, le phénomène de la cohabitation (annulation du fait majoritaire favorable au Président, ce qui fait que le Premier ministre est d'un différent bord politique que celui du Président) modifie encore la lecture de la Constitution, pour revenir à une lecture plus proche de sa conception en 1958, c'est-à-dire un régime parlementaire.

Depuis les années 1950, la réconciliation, puis la coopération avec l'Allemagne ont permis à la France de jouer un rôle de moteur dans la construction européenne, notamment avec la Communauté économique européenne. Elle est devenue l'un des principaux pays de l'Union européenne, partisan d'une Europe politique forte, bien qu'elle ait rejetée la Constitution européenne par 55% des suffrages le 29 mai 2005.

Politique

La France est une RĂ©publique constitutionnelle, « indivisible, laĂŻque, dĂ©mocratique et sociale Â» (article Ier de la Constitution de 1958) Ă  rĂ©gime parlementaire prĂ©sidentialisĂ© (dont la lecture se fait en faveur du PrĂ©sident de la RĂ©publique, parfois appelĂ© Ă  tort ou Ă  raison rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel). La rĂ©forme constitutionnelle du 28 mars 2003 (acte II de la dĂ©centralisation) a rajoutĂ© dans ce mĂŞme article que l'organisation de la RĂ©publique Ă©tait dĂ©centralisĂ©e.

Avant 1962, le président de la République française était élu au suffrage universel indirect par un collège électoral élargi. Celui-ci était élargi pour éviter la prépondérance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif qui s'était produit sous la IVe République et qui avait provoqué le blocage des institutions. En novembre 1962, le président de la République a demandé par référendum qu'il soit élu au suffrage universel direct, en utilisant l'article 11 de la Constitution et non l'article 89 de celle-ci. L'article 11 permet de soumettre au référendum des lois sur les pouvoirs publics, sur l'organisation des institutions ou encore sur les traités internationaux tandis que l'article 89 permet de soumettre une révision constitutionnelle au peuple mais après l'accord du Parlement réuni en Congrès. Ce choix a entraîné le renversement du gouvernement Pompidou par une motion de censure. Cette motion de censure est la seule de la Ve République à avoir réussi.

Dans la Constitution de la Ve République, le pouvoir exécutif est renforcé au détriment du pouvoir législatif. Le président a acquis des pouvoirs propres tels que le droit de dissolution de l'Assemblée nationale (article 12 de la Constitution), le droit de soumettre au peuple un référendum (article 11 de la Constitution), le pouvoir de nommer le Premier ministre (article 8 de la Constitution) ou encore le droit de message au Parlement (article 18 de la Constitution). En ce qui concerne le gouvernement, celui-ci détermine et mène la politique de la nation. Il dispose également du pouvoir réglementaire lui permettant de faire adopter des lois. Il fixe également les 3/4 des ordres du jour à l'Assemblée nationale.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2001, le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct (contre 7 ans auparavant). Il nomme le Premier ministre.

Le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale, réunissant 577 députés, et du Sénat, comprenant actuellement 331 sénateurs (il y en aura 346 en 2010) élus pour six ans au suffrage indirect et renouvelé de moitié tous les trois ans (à partir de 2010). Les Français de l'étranger voient leurs intérêts défendus auprès du Parlement par l'Assemblée des Français de l'Étranger.

La France fait partie des cinq pays qui sont juridiquement reconnus comme « Ă‰tats dotĂ©s de l'arme nuclĂ©aire Â» par le traitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire. L'armĂ©e française est, avec celle du Royaume-Uni, l'une des plus dotĂ©es financièrement en Europe. En effet, Ă  elles deux, elles reprĂ©sentent plus de 40 % des dĂ©penses militaires de l'Union europĂ©enne. La France lui consacre 2,5 % de son PIB (pour un budget de 38 milliards d'euros en 2006), lĂ  oĂą ses homologues europĂ©ens (hors Royaume-Uni et Grèce) y consacrent 1,5 % de leur PIB, d'après l'OTAN.

Depuis 1996, l'armĂ©e est devenue professionnelle et le service militaire rĂ©duit Ă  une journĂ©e d'appel (mixte). D'une capacitĂ© de plus de 330 000 hommes, elle est dĂ©ployĂ©e Ă  travers le monde notamment au Kosovo, en CĂ´te d'Ivoire, dans ses territoires d'outre-mer, mais Ă©galement au Moyen-Orient oĂą elle assure un maintien de la paix, ou une sĂ©curisation de ses moyens d'approvisionnement en pĂ©trole notamment. Elle mobilise Ă©galement plus de 1000 hommes dans le cadre du plan Vigipirate.

Géographie

La France est le 47e État par sa surface terrestre et le 2e par la surface de sa zone économique exclusive.

La France mĂ©tropolitaine est localisĂ©e en Europe occidentale (voir la liste de points extrĂŞmes de la France). La France possède aussi des territoires, sous diffĂ©rents statuts administratifs, en dehors du territoire europĂ©en : en AmĂ©rique du Nord, dans les Antilles, en AmĂ©rique du Sud, dans l'ocĂ©an Indien, dans le nord et le sud de l'ocĂ©an Pacifique et en Antarctique. Elle partage en mĂ©tropole 2970 km de frontières terrestres avec huit pays limitrophes : Espagne (650 km), Belgique (620 km), Suisse (572 km), Italie (515 km), Allemagne (450 km), Luxembourg (73 km), Andorre (57 km), Monaco (4,5 km). En Guyane, les frontières sont de 700 km avec le BrĂ©sil et 520 km avec le Suriname. Une frontière longue de 10,2 km (mais non matĂ©rialisĂ©e) sur l'Ă®le de Saint-Martin aux Antilles, sĂ©pare la partie française de celle sous souverainetĂ© des Pays-Bas. Enfin la Terre AdĂ©lie (TAAF) revendiquĂ©e par la France est enclavĂ©e dans une partie de l'Antarctique revendiquĂ©e par l'Australie. Les cĂ´tes françaises prĂ©sentent quatre façades maritimes tournĂ©es vers la mer du Nord, la Manche, l'ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e, ce qui fait de la France un carrefour de cultures et de communications unique en Europe.

D'une superficie mĂ©tropolitaine de 551 500 km² (675 417 km² avec l'outre-mer), la France s'Ă©tend sur 1000 km du nord au sud et d'est en ouest (plus grande distance nord-sud : Bray-Dunes - Cerbère). C'est le troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine (2e si on compte l'outre-mer) et le plus grand de l'Union EuropĂ©enne. La France mĂ©tropolitaine a quatre façades maritimes sur (du nord au sud) : la Mer du Nord, la Manche, l'ocĂ©an Atlantique et la mer MĂ©diterranĂ©e. La longueur totale de ses cĂ´tes atteint 3427 km. La France est un isthme.


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