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Vol pour Dakar (Senegal)
 

Dakar

Culture

Haut-lieu d'échanges et de créativité, l'Institut français Léopold Sédar Senghor assure à la fois la diffusion de la culture française et la promotion de la culture du Sénégal. C'est l'un des derniers endroits où l'on peut voir des films après la fermeture des salles les unes après les autres.

Créé en 1999, le Festival international du film de quartier tente de redynamiser le Septième Art. C'est une vitrine pour les jeunes réalisateurs et le premier marché pour le cinéma, la télévision et le multimédia.

À côté de la scène classique du Théâtre national Daniel Sorano, inauguré en 1965 mais confronté à des difficultés budgétaires, le Festival international de toutes les danses Kaay Fecc, lancé en 2001, offre un nouvel espace à l'expression chorégraphique.

De renommée internationale, la Biennale d'art africain contemporain (Dak'Art) s'expose dans différents quartiers de la capitale depuis 1990.

Le Thiossane, la discothèque de Youssou Ndour, et Metissacana, le cybercafé de la styliste Oumou Sy, sont d'autres lieux qui comptent dans la vie culturelle dakaroise.

Éducation

En 2000 le Forum mondial sur l'éducation a été organisé à Dakar, sous l'égide de l'UNESCO.

Comme d'autres, le secteur de l'éducation doit faire face à l'explosion démographique de la capitale, une croissance qui, pour les plus favorisés, fait parfois la part belle à l'enseignement privé.

Dakar abrite une quinzaine d'établissements d'enseignement secondaire. Les lycées publics sont le gros lycée Blaise-Diagne, le lycée Lamine-Guèye (anciennement Van Vollenhoven), le lycée John-Fitzgerald-Kennedy destiné aux jeunes filles, le lycée Thierno-Seydou-Nourou-Tall (connu auparavant sous le nom de Lycée d'application), le lycée Galandou-Diouf, le lycée Seydina Limamou Laye ainsi que le lycée Maurice-Delafosse qui prépare également aux carrières industrielles ou commerciales.


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Vol pour le Sénégal
 

Sénégal

Démographie

Outre celle de Dakar, les régions les plus urbanisées sont Ziguinchor, Thiès et Saint-Louis. Les moins urbanisées sont celles de Kolda, Matam et Fatick. C'est dans la région de Tambacounda que l'on trouve la plus faible densité (11 habitants au km²).

Si le Sénégal accueille en outre des migrants, saisonniers ou non, des pays limitrophes ou lointain, une forte communauté sénégalaise vit à l'extérieur. Cette diaspora représente une ressource essentielle pour le pays, à la fois économique et identitaire. Les NTIC favorisent le maintien des liens familiaux et des réseaux traditionnels.

Ce sont principalement des hommes jeunes qui s'installent en Europe, principalement en France, ou en Amérique du Nord, notamment au Québec avec un projet de retour vers le pays au bout de quelques années. L'accroissement de l'immigration clandestine dans les pires conditions notamment vers les îles Canaries est une préoccupation majeure pour le Sénégal et les pays d'accueil.

Les plus désespérés veulent ignorer les risques, sensibles à la réussite de quelques-uns, et notamment de personnalités de la diaspora  »” nées au Sénégal ou de parents sénégalais  »” particulièrement dans les milieux artistiques ou sportifs.

On observe une grande diversité ethnique : Wolofs (43,3 %), Peuls (23,8 %), Sérères (14,7 %), Diolas (3,7 %), Malinkés (3,0 %), Soninkés (1,1 %) Mandjacks (2%) et quelques autres ethnies moins nombreuses et plus localisées, sans compter les Européens et les Libanais assez présents en milieu urbain.

Économie et développement

À l'origine, les colonies ne devaient que produire de la matière première et une main-d'oeuvre gratuite. Il était interdit de développer une activité industrielle. « Pas même un clou » selon Colbert. - Le Sénégal possède la troisième économie de la sous-région ouest-africaine après le Nigéria et la Côte d'Ivoire. Compte tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés avec la présence de multinationales qui sont majoritairement d'origine française et dans une moindre mesure américaine.

Son économie est principalement tournée vers l'Europe et l'Inde. Ses principaux partenaires économiques sont la France, l'Inde, l'Italie. Cependant, depuis plusieurs années, la Chine est un partenaire de plus en plus grandissant comme en témoigne les sommets Chine-Afrique.

Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles, ses principales recettes provenant de la pêche et du tourisme :

Le poids de la dette extérieure de ce pays pauvre très endetté (PPTE) et le secteur agricole qui emploie à peu près 70% de la population sénégalaise laisse peu de marge pour un décollage économique. De plus, l'agriculture sénégalaise est très sensible aux aléas climatiques et aux invasions acridiennes. En 1994, la monnaie est dévaluée et une politique de libéralisation est activement menée. Le Sénégal essaye de rentrer dans les conditions requises par le Fonds monétaire international (FMI) afin de bénéficier d'un allègement de la dette pour le développement du pays. Depuis 2006, le Sénégal est dans la liste des pays éligibles.

L'aéroport international de Dakar-Léopold Sédar Senghor est le principal point d'entrée aérien vers le Sénégal. Le 25 mai 1971, l'avion supersonique Concorde fait un premier vol de démonstration Paris-Dakar en 2h52mn (dont 2h07 en vol supersonique) et le 21 janvier 1976 ouvre pour la première fois sa ligne commerciale Paris-Dakar-Rio. Le président Senghor assiste à son arrivée à l'aéroport de Dakar ainsi que les premiers passagers supersoniques de l'histoire de l'aviation. Le 1er avril 1982, c'est la fin de la liaison Paris-Rio.

Depuis le 23 février 2001, la compagnie aérienne Air Sénégal International, filiale du groupe Royal Air Maroc, propose des destinations vers l'Europe et l'Afrique. Elle a été sacrée meilleure compagnie aérienne africaine en 2003. Elle est membre de l'IATA depuis le 28 mai 2002.

Le réseau routier est bon à l'ouest, mais se dégrade en allant de plus en plus profondément dans le pays. Le réseau de transport est bien développé dans les grandes villes avec les taxis, les bus ou les « cars rapides » plus ou moins en bon état (dans les banlieues et villes secondaires, ce sont des taxis clandos collectifs ou des charrettes). À l'intérieur du pays, ce sont des grands cars blancs Ndiaga Ndiaye et taxis-brousse.

La gare de Dakar est la plus ancienne du Sénégal. Elle n'offre plus qu'une seule destination pour les voyageurs, Bamako au Mali - la liaison avec Saint-Louis étant désormais réservée au transport de marchandises.

Le transport maritime est constitué soit de chaloupes pour rejoindre l'île de Gorée à partir de Dakar, soit de bateaux pour des croisières sur le fleuve Sénégal, soit de gros bateaux de transport de marchandises qui bénéficient de l'un des 3 ports en eau profonde de l'Afrique et d'un terminal pour les containers.

Les réseaux sont plus denses à l'Ouest du pays le long du littoral mais la circulation des marchandises et des personnes est particulièrement difficile vers Dakar et la presqu'île du Cap-Vert. Les infrastructures sont plus rares dans le Sénégal oriental et le désenclavement de ces régions constitue également un défi car les moyens de transport restent souvent traditionnels à l'intérieur du pays.

De gros efforts sont effectués au niveau des équipements. Ainsi de nombreux projets sont en cours :

Culture

La Constitution de 2001 a reconnu au français le statut de langue officielle et à six langues celui de langues nationales, le wolof  »” langue parlée par le plus grand nombre de personnes même appartenant à d'autres ethnies  »” le sérère, le peul, le mandingue, le soninké et le diola. Cinq autres langues vernaculaires ont été promues peu après (hassaniya, balante, mancagne, noon et manjaque), et d'autres ajouts de langues codifiées sont en cours. Au total ce sont près d'une vingtaine de langues qui pourraient bénéficier du statut de langue nationale au Sénégal.

La littérature du Sénégal a longtemps été connue dans le monde surtout à travers la personnalité exceptionnelle de Léopold Sédar Senghor, à la fois poète et homme d'État, chantre de la négritude et figure emblématique de la francophonie. Parmi les autres auteurs désormais classiques figurent notamment les romanciers Cheikh-Hamidou Kane, Birago Diop, Boubacar Boris Diop, mais aussi Ousmane Sembène qui portera à l'écran quelques-uns de ses propres romans. De leur côté les femmes sont particulièrement actives, voire incisives. En 1980, Mariama Bâ décrit avec une grande sensibilité la société polygame dans Une si longue lettre. Aminata Sow Fall, dans la Grève des Bàttu (1986), montre que le petit peuple n'était pas dépourvu de ressources. Plus récemment, Fatou Diome rencontre le succès avec Le Ventre de l'Atlantique (2004), un roman qui met en scène, souvent avec humour, les rêves d'évasion des jeunes Sénégalais.

La colonisation a laissé ses marques sur l'architecture du pays, comme à Gorée ou à Saint-Louis, et ces sites figurent aujourd'hui sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Sobre et fonctionnel, mais plus éphémère, l'habitat traditionnel utilise les matériaux locaux (pierre, terre, bois, paille), comme pour les cases peules ou les cases à impluvium casamançaises.

C'est précisément de Casamance qu'est originaire l'architecte diola aujourd'hui le plus productif dans son pays et à l'étranger, Pierre Goudiaby Atepa. Il a conçu plusieurs grandes réalisations contemporaines, telle la Porte du Troisième millénaire à Dakar.

Le cinéma sénégalais est l'un des plus anciens d'Afrique. Ses représentants les plus connus sont les cinéastes Ousmane Sembène  »” également romancier  »” et Djibril Diop Mambéty, auxquels il faut ajouter Safi Faye, réalisatrice de films documentaires.


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Vol au départ de Bruxelles (Belgique)
 

Bruxelles

Statut linguistique

Le bilinguisme de Bruxelles s'explique aussi par l'histoire de cette ville. Les premières décennies de l'indépendance de la Belgique, le néerlandais n'était pas une langue officielle dans le pays. Ceci a motivé beaucoup d'habitants de la capitale, dont la langue usuelle était alors issue du brabançon, proche du flamand, de commencer à parler le français avec leurs enfants afin de leur permettre d'avancer socialement. Graduellement, la ville est devenue presque entièrement francophone, bien que beaucoup de noms de rues, communes etc. soient d'origine flamande (Schaerbeek, Etterbeek, Molenbeek, etc.), et bien que beaucoup de ces francophones aient une partie de leurs racines flamandes.

Étant très largement majoritaires à Bruxelles, les francophones n'ont souvent (mais pas toujours) qu'une connaissance scolaire limitée du néerlandais ; en revanche, les Flamands minoritaires de Bruxelles sont généralement parfaitement bilingues néerlandais/français et n'hésitent pas à utiliser directement le français pour communiquer dans les commerces et autres lieux publics de la capitale.

Les partisans Flamands du maintien du bilinguisme dans la ville et la Région de Bruxelles considèrent que le statut linguistique actuel de la capitale n'est que la juste réciprocité de la parité linguistique qui existe au niveau fédéral (50% des ministres belges sont des francophones alors que les francophones représentent 39% de la population belge). Cette parité n'existe cependant pas au niveau des Chambres. Afin de justifier le statut actuel de Bruxelles, certains Flamands évoquent également le fait historique incontestable selon lequel, dans le passé, jusqu'à la fin du XIXe siècle, Bruxelles est une ville majoritairement de langue flamande (plus exactement de langue brabançonne). Au début du XXème siècle, la langue française devient majoritaire. Cette tendance se poursuit et s'amplifie durant les décennies suivantes. Avec la Flandre française (de Bailleul à Dunkerque), Bruxelles est le seul exemple d'une francisation accélérée et massive, aux XIXème et XXème siècles, dans un territoire d'expression flamande aussi peuplé.

Les partisans francophones d'une limitation du statut bilingue de Bruxelles (mais avec des droits étendus pour la minorité linguistique) estiment, en ce qui les concerne, que le rapport de force linguistique est disproportionné à Bruxelles par rapport à ce qu'il est au niveau fédéral, et que le régime bilingue à Bruxelles est inadapté, voire injuste à l'égard des francophones. Ils insistent sur le fait qu'au niveau fédéral, le taux de 39% de francophones en Belgique est équitablement comparable au pourcentage de 50% de ministres francophones, tandis que, dans le cas de Bruxelles, la proportion de néerlandophones au parlement et surtout au gouvernement est nettement disproportionnée par rapport aux 10% de la population que représentent les néerlandophones à Bruxelles.

Le débat est toujours en cours, mais, à l'heure actuelle, le statu quo prévaut tant au niveau fédéral qu'au niveau bruxellois. Certains affirment que la remise en cause de la parité à Bruxelles entraînerait la même remise en cause de la parité linguistique au sein du gouvernement fédéral. Pour ajouter à la complexité de ce débat, il est à noter que quelques communes situées autour de la région bruxelloise (c'est-à-dire sur le territoire de la région flamande) sont majoritairement peuplées de francophones. Une revendication francophone est donc l'élargissement de la région bruxelloise qui aurait pour effet, notamment, de créer une frontière commune, un couloir, entre la Wallonie et Bruxelles. Le débat est en cours.

Histoire

Bruxelles, qui a fêté son millénaire en 1979, a une histoire mouvementée liée à celle du continent européen dans la même période. Etymologiquement, le nom de "Bruxelles" est expliqué de diverses manières, pour les uns il serait d'origine flamande ("Broeksel") signifiant en vieux flamand "habitation" (sel) "des marais" ("broek"), en effet, jusqu'au voûtement de la Senne en 1871 (rivière qui traversait le centre de la ville du Sud au Nord), Bruxelles était marécageux et sujet à des inondations périodiques. Selon d'autres pour qui l'habitat primitif de Bruxelles est situé sur la Montagne Saint-Michel, il serait d'origine celtique, le lieu ayant été habité bien avant les Francs, et aurait la même étymologie que la ville de Gaule cisalpine « Brixellum », l'actuelle Brescello, et dérive de « briga » (hauteur) et « cella » (le temple), c'est-à-dire le temple sur la hauteur, comme c'est d'ailleurs toujours le cas de la cathédrale Sainte-Gudule.

Économie

L'économie de Bruxelles est dominée par des activités dans le secteur des services et des pouvoirs publics. Son rôle de métropole commerciale nord-européenne en fait aussi une grande ville de congrès. Souvent, ces activités sont directement ou indirectement liées avec les fonctions de capitale de la Belgique et de l'Union européenne :

Transports

Pour le transport aérien, voir aussi l'article détaillé : Aéroports internationaux de Bruxelles

Le TGV Thalys relie Bruxelles à Paris, Amsterdam et Cologne, tandis que le TGV "classique" relie directement la métropole aux villes françaises du sud (Lyon, Marseille, etc.) L'Eurostar relie Bruxelles à Londres. Enfin, les trains Eurocity Iris et Vauban relient Bruxelles respectivement à Zurich et à Brigue, tous les deux via Metz, Strasbourg et Bâle. Bruxelles est desservie par plusieurs gares :

Il existe un projet de RER devant apporter une réponse aux gros problèmes de mobilité rencontrés par la ville. Ce projet implique la création de nouveaux points d'arrêt : la Gare de l'Ouest et Simonis, en correspondance avec le métro ; la halte du Germoir à Etterbeek et la gare des Arcades à Watermael, la halte du Vivier d'Oie à Uccle, un arrêt à hauteur du CERIA à Anderlecht et d'autres arrêts qui devraient voir le jour avant, pendant et après la mise en place du RER.

Les transports urbains sont assurés par un réseau dense de tramways en surface et souterrains, et d'autobus. Trois lignes de métro desservent également la ville : les deux premières (lignes 1A et 1B) traversent la capitale d'est en ouest ; la troisième (ligne 2) suit le trajet de la petite ceinture. À noter qu'une quatrième ligne (ligne 3), reliant la gare du Nord à la gare du Midi et se prolongeant jusqu'à la station Albert, est exploitée avec des tramways souterrains ("prémétro"). Le métro bruxellois compte 69 stations.

Art et Culture

Bruxelles est une ville étendue, l'espace disponible par habitant dépasse la moyenne des autres capitales européennes. Une part importante du bâti est composé de maisons unifamiliales, maintenant divisées en appartements, et d'immeubles de faible hauteur. Dans ce paysage urbain s'élèvent cependant des tours de bureaux modernes (Tour du Midi, Tour Madou, Tour Dexia, Tours Belgacom, Tour des Finances, WTC, etc.), concentrées dans les quartiers d'affaires de la ville : Gare du nord (surnommé le petit Manhattan), quartier européen, avenue Louise. De nombreux parcs jalonnent la ville. La proportion d'espaces verts est également importante bien qu'inégalement répartie. Les jardins privés en intérieur d'îlot sont nombreux.


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Vol au départ de la Belgique
 

Belgique

Genèse du fédéralisme belge : nationalisme flamand, régionalisme wallon et « belgitude » bruxelloise

La régionalisation institutionnelle du pays amorcée dans les années 1970 est pour certains Wallons une manière de concrétiser la vingtaine de projets fédéralistes qu'ils ont rédigés depuis 1905 et, dès 1912, avec l'appui d'une majorité de parlementaires wallons, notamment lors du Congrès wallon de 1913, en 1938 lors du dépôt d'une révision de la Constitution allant dans ce sens par Georges Truffaut. En 1947, la majorité du groupe parlementaire wallon appuya une révision de la Constitution belge allant dans ce sens après la réunion du Congrès national wallon en 1945 et 1946. Une nouvelle tentative eut lieu en 1952 à l'initiative de Joseph Merlot. Le 13 janvier 1961, au plus fort de la grève qui paralysait la Wallonie 400 mandataires socialistes wallons se réunirent à Saint-Servais et rédigèrent une Adresse au Roi dans laquelle ils réclamaient la Wallonie le droit de disposer d'elle-même. Du mouvement social naquit un mouvement le Mouvement populaire wallon puis plus tard le Rassemblement wallon qui permettent de penser que ce sont les politiques wallons qui initièrent le passage de la Belgique de l'État unitaire à l'État fédéral amorcé dans les années 70.

Les Bruxellois francophones demeuraient en revanche partisans d'une Belgique centralisée, de crainte de perdre leur influence de ville-centre de la politique et de l'économie belges. Désormais, les Bruxellois (francophones) soutiennent à leur tour la régionalisation, puisqu'ils ont obtenu en 1989 leur propre Région fédérée et la garantie que celle-ci serait une Région à part entière.

Les Bruxellois francophones ne sont ni Wallons, ni Flamands : en revanche, les Bruxellois francophones ont avec les Wallons une langue commune, le français (en raison de la francisation de Bruxelles). Les Bruxellois de souche ont avec les Flamands de nombreuses ascendances familiales (les Bruxellois étaient en majorité des néerlandophones au XIXe siècle, parlant des dialectes flamands brabançons).

La population bruxelloise s'est enrichie d'une immigration soutenue en provenance de Wallonie aux XIXe et XXe siècles (dans des proportions équivalentes à celle en provenance de la Flandre), puis s'est encore diversifiée avec une immigration d'Europe de l'Est et du Sud au cours du XXe siècle (réfugiés russes fuyant le bolchevisme après 1917 ; travailleurs en provenance d'Italie, d'Espagne et du Portugal autour de la seconde guerre mondiale et pendant les Trente glorieuses ; etc.), et enfin une immigration plus récente (depuis les années 1960-1970) en provenance des anciennes colonies belges mais aussi du Maghreb, de Turquie, d'Amérique latine, etc. Ces vagues d'immigrations successives ont en commun d'avoir adopté la langue française.

Les Flamands de Bruxelles ont une position fort différente: ils défendent l'autonomie de la région-capitale, mais revendiquent avec force leur appartenance à la Communauté Flamande. Aucun de leurs élus ne voudrait laisser tomber cela. Ils se définissent comme Flamands et Bruxellois à la fois, l'une étant leur communauté (voir pour certains d'eux, leur 'nation'), l'autre leur ville.

Les deux Régions très majoritairement francophones de Belgique (Région wallonne et Région Bruxelles-Capitale), vivent dans le même espace linguistique, artistique et médiatique. Des solidarités multiples et fortes existent donc entre Wallons et Bruxellois. Les partis politiques belges se divisent selon la langue. Il existe depuis peu un consensus à l'intérieur des partis belges francophones pour faire face à l'indéniable puissance du mouvement nationaliste flamand (tous les partis politiques modérés de Flandre se déclarent "nationalistes flamands" aujourd'hui, le parti du ministre-président flamand envisage même l'indépendance à long terme). Wallons et Bruxellois demeurent très attachés à l'existence de leur région respective, tout en conservant une loyauté politique à la Belgique (cette dernière se manifestant à des degrés divers tant à Bruxelles qu'en Wallonie, mais également, dans une moindre mesure, en Flandre, cf. Sentiments d'appartenance en Belgique et Wallonie).

Le fédéralisme belge donne de fait la préséance aux Régions sur les Communautés puisque les députés des Parlements wallon et bruxellois sont élus directement, une partie des députés bruxellois francophones directement élus formant alors, avec la totalité des parlementaires wallons directement élus, le Parlement de la Communauté Wallonie-Bruxelles, institution parfois remise en cause par des Wallons, comme l'indique régulièrement le baromètre politique saisonnier de la Libre Belgique. Depuis, une contestation semblable a surgi à Bruxelles même avec un texte publié le 20 décembre 2006 dans le journal Le Soir, auquel des Wallons ont répondu positivement le 7 mai 2007. Il semble bien qu'on puisse dire que si la solidarité francophone n'est pas contestée, la manière de l'organiser institutionnellement pose actuellement problème puisque la Région bruxelloise, bien que majoritairement francophone, a à sa tête un Gouvernement où le nombre des ministres en titre flamands est strictement identique à celui des ministres francophones (alors que les Flamands représentent 10 % de la population bruxelloise comme le rappelle Philippe Van Parijs), ce qui constitue une asymétrie au niveau de la représentation démographique de la capitale. Comme nombre d'habitants francophones de Bruxelles ne votent pas, la représentation flamande tourne cependant autour de 14 % des suffrages, mais ces suffrages élisent 19% des sièges du Conseil régional (17 sièges contre 72 aux francophones). On a calculé qu'un siège francophone "coûtait" 44 % de voix de plus qu'un siège flamand. Dans le gouvernement fédéral, le nombre des ministres francophones équivaut à celui des néerlandophones (sans compter le premier ministre), bien que les francophones soient dans une position minoritaire (40 à 45 % au niveau fédéral, si l'on y ajoute aussi les francophones de Flandre). Mais ces deux positions minoritaires ne sont pas comparables. L'une (les Flamands de Bruxelles), constitue une communauté au sein d'une ville, l'autre - les Wallons et des Bruxellois francophones - soit constituent la population presque toute entière d'une entité fédérée (la Région wallonne), vivant sur la plus grande partie du territoire belge, soit constituent la grande majorité d'une ville qui a fait du français sa lingua franca.

Organisation de l'État fédéral belge

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et un État fédéral, dont le chef d'État actuel est le roi Albert II. En pratique le pays conserve quelques caractéristiques confédérales.

La Constitution fut amendée en 1993 pour adopter un système fédéral afin d'éviter la rupture entre néerlandophones et francophones. Malgré cela, les tensions politiques, culturelles, linguistiques et économiques existent toujours entre les deux communautés. Un parti politique flamand, le Vlaams Belang, prône ainsi l'indépendance de la Flandre à court terme tandis qu'un parti francophone très minoritaire, le RWF, souhaite le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France. Ces deux mouvements sont d'obédience républicaine par nature.

Le fédéralisme belge est bâti sur le concept d'équipollence des normes, c'est-à-dire que le niveau de pouvoir fédéral n'a aucune préséance par rapport aux entités fédérées. Un décret voté au Parlement wallon ne peut ainsi pas être contredit par une loi belge. De plus, comme les entités fédérées ont, pour l'essentiel, des compétences exclusives (y compris sur la scène internationale), une même compétence ne peut pas être détenue à la fois par les entités fédérées et par l'État belge.

En 1980 lors de la création des Régions, les Flamands ont immédiatement transféré toutes leurs compétences régionales à la Communauté flamande, comme l'autorise la Constitution. Les 6 députés du Parlement flamand provenant de la Région de Bruxelles-Capitale ne votent toutefois pas les décrets concernant les matières régionales.

Le pouvoir fédéral est entre les mains du Premier ministre et de son gouvernement. Depuis les élections de juin 2003 le gouvernement est une coalition de quatre partis politiques menée par Guy Verhofstadt, composée des partis socialistes francophone et néerlandophone, ainsi que des partis libéraux francophone et néerlandophone.

L'État fédéral est compétent dans tous les domaines d'intérêt national, tels que la défense et les affaires internationales, toute la sécurité sociale, 95% de la fiscalité, l'économie, les télécommunications et d'importantes compétences semi-fédéralisées, comme dans le domaine de la recherche scientifique, et dans l'enseignement (âge de l'obligation scolaire, diplômes, etc.).


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